Hespérie du Dakota (Hesperia dacotae) programme de rétablissement : chapitre 3
2 Rétablissement
- 2.1 Caractère réalisable du rétablissement
- 2.2 But du rétablissement
- 2.3 Objectifs en matière de population et de répartition (2007–2012)
- 2.4 Objectifs du rétablissement (2007–2012)
- 2.5 Approches recommandées pour l’atteinte des objectifs du rétablissement
- 2.6 Habitat essentiel
- 2.7 Effets sur les espèces non ciblées
- 2.8 Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement
- 2.9 Mesures de rendement
- 2.10 Énoncé sur les plans d’action
2.1 Caractère réalisable du rétablissement
Le rétablissement de l'hespérie du Dakota est considéré réalisable des points de vue biologique et technique d'après quatre critères (Environnement Canada, 2005).
Premièrement, il existe actuellement trois populations (22 sites) de l'hespérie du Dakota au Canada qui, d'après les estimations, totalisent entre 28 500 et 40 500 individus. L'hespérie du Dakota a démontré sa capacité à se maintenir à ces emplacement en prouvant qu'elle peut se reproduire, mais on ignore si ces populations ont atteint ou sont sous la capacité limite.
Deuxièmement, il semble y avoir suffisamment d'habitat pour maintenir l'hespérie du Dakota à son niveau de population actuel, tout au moins à court terme. Il faudra toutefois disposer d'habitat convenable additionnel pour rétablir l'hespérie du Dakota au Canada. Bien que l'hespérie du Dakota exige comme habitat les prairies indigènes intactes, il peut être possible d'acquérir et d'améliorer de l'habitat convenable, lequel serait adjacent aux populations connues ou situé à proximité de sites d'où l'espèce a disparu, comme la réserve de prairie à herbes hautes.
Troisièmement, les principales menaces pour l'hespérie du Dakota, y compris la perte et la dégradation de l'habitat, peuvent être atténuées par des mesures de rétablissement. Comme presque toutes les populations actuelles sont situées sur des terres privées, il faudra compter sur la collaboration des propriétaires fonciers pour assurer leur persistance. L'hespérie du Dakota est généralement observée sur des terres où le fauchage se déroule en fin de saison. Le maintien d'une telle utilisation des terres est donc la première étape pour la conservation de l'habitat de l'hespérie du Dakota.
Quatrièmement, la principale technique de rétablissement sera l'utilisation d'accords d'intendance pour conserver l'habitat de l'hespérie du Dakota. Les accords d'intendance ont été utilisés pour de nombreux autres projets de conservation et ont réussi à sécuriser l'habitat d'espèces en péril. Il faudra peut-être modifier quelque peu l'habitat à certains sites.
2.2 But du rétablissement
Le but global du rétablissement est l'atteinte d'une métapopulation autosuffisante de l'hespérie du Dakota dans des habitats sécurisés répartis dans toute son aire de répartition historique au Manitoba et en Saskatchewan.
Il n'existe pas d'information adéquate pour quantifier des cibles à long terme en matière de population et d'habitat. Les études futures pour combler les lacunes dans les connaissances identifiées dans le programme de rétablissement aideront à préciser le but du rétablissement pour la présente espèce.
2.3 Objectifs en matière de population et de répartition (2007–2012)
L'objectif à court terme en matière de population et de répartition se lit comme suit :
Maintenir les effectifs actuels des populations4 et prévenir toute nouvelle perte de populations ou diminution de la répartition5 de l'hespérie du Dakota au Canada.
2.4 Objectifs du rétablissement (2007–2012)
- Établir des estimations fiables de toutes les populations de l'hespérie du Dakota et évaluer leur viabilité dans les conditions actuelles.
- Cerner, sécuriser et améliorer l'habitat important pour l'hespérie du Dakota.
- Accroître les connaissances sur l'hespérie du Dakota au Canada, notamment dans les domaines de sa répartition, de son abondance, de sa biologie et des pratiques de gestion.
2.5 Approches recommandées pour l'atteinte des objectifs du rétablissement
2.5.1 Planification du rétablissement
| Priorité | Menaces abordées | Stratégie générale pour aborder les menaces | Approches recommandées pour l'atteinte des objectifs du rétablissement |
|---|---|---|---|
| Objectif 1. Établir des estimations fiables de toutes les populations de l'hespérie du Dakota et évaluer leur viabilité dans les conditions actuelles. | |||
| Élevée | Toutes | Inventaire et suivi |
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| Élevée |
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| Élevée |
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| Élevée |
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| Élevée |
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| Élevée | Modélisation de la population |
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| Objectif 2. Cerner, sécuriser et améliorer l'habitat important pour l'hespérie du Dakota. | |||
| Élevée | Perte d'habitat, dégradation de l'habitat | Inventaire de l'habitat, modélisation de l'habitat |
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| Élevée |
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| Élevée |
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| Moyenne |
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| Élevée | Perte d'habitat, dégradation de l'habitat | Intendance, gestion de l'habitat |
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| Élevée |
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| Élevée |
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| Moyenne |
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| Moyenne | Dégradation de l'habitat | Remise en état de l'habitat, intendance |
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| Moyenne |
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| Moyenne |
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| Moyenne | Fragmentation de l'habitat | Intendance |
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| Élevée |
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| Moyenne | Toutes | Réintroduction de populations |
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| Faible | Toutes | Communication/ éducation/diffusion |
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| Objectif 3. Accroître les connaissances sur l'hespérie du Dakota au Canada, notamment dans les domaines de sa répartition, de son abondance, de sa biologie et des pratiques de gestion. | |||
| Élevée | Toutes | Recherche |
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| Moyenne |
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| Élevée |
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| Moyenne |
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| Moyenne |
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| Faible |
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2.5.2 Stratégies générales pour mettre en œuvre le rétablissement et aborder les menaces
Intendance
Presque toutes les populations existantes de l'hespérie du Dakota au Canada se trouvent sur des terres privées; par conséquent, la protection de l'habitat pour cette espèce demandera une approche d'intendance qui fait appel à la collaboration volontaire des propriétaires fonciers et des gestionnaires. Cela peut comprendre la mise en place d'accords d'intendance, de servitudes de conservation, de clauses rattachées aux terres, et de suivre les meilleures pratiques de gestion existantes. Une fois les habitats cernés et l'ordre de priorité établi, des lignes directrices relatives à une meilleure gestion seront élaborées pour aborder toutes les menaces potentielles pesant sur l'habitat. Celles-ci peuvent inclure des lignes directrices sur la période de fauchage, l'utilisation du brûlage, le pâturage domestique et l'utilisation de pesticides (voir la section Gestion de l'habitat ci-dessous). Dans de nombreux cas, les propriétaires fonciers utilisent déjà de bonnes pratiques de gestion compatibles avec l'hespérie du Dakota; s'il en était autrement, l'espèce ne serait plus présente sur leurs terres.
Pour la conservation de l'habitat, une approche se fondant sur la métapopulation devrait être utilisée là où l'habitat occupé et l'habitat inoccupé qui pourrait être utilisé par les hespéries en dispersion est conservé. Par exemple, certaines études ont suggéré que la gestion de la végétation indigène sur les bords de routes peut être bénéfique aux communautés de papillons en leur permettant de se disperser entre les habitats convenables (p. ex. Ries et al., 2001). Les habitats qui seront sécurisés en priorité sont ceux qui sont actuellement occupés par l'hespérie du Dakota ainsi que ceux qui sont adjacents aux populations existantes. Les régions qui ont historiquement soutenu l'hespérie du Dakota pourraient aussi être conservées pour des réintroductions potentielles, une fois que la raison de leur disparition aura été déterminée et abordée.
Inventaire et suivi
Des relevés supplémentaires sont nécessaires pour estimer les tailles et les tendances des populations ainsi que la zone d'occupation de l'hespérie du Dakota au Canada. L'inventaire de l'habitat potentiel est incomplet, en particulier dans le sud-est de la Saskatchewan, le sud-ouest du Manitoba et la région Interlake au Manitoba. Dans la région Interlake, la plupart des secteurs faisant l'objet de relevés étaient adjacents à des routes principales et à des autoroutes; il est probable que d'autres populations existent à l'écart de ces routes (COSEPAC, 2003). De l'habitat convenable à l'hespérie du Dakota a été trouvé près de Baldur dans le sud-ouest du Manitoba, bien qu'on n'y ait recensé aucune hespérie du Dakota; la présence de cet habitat de prairie indique que d'autres sites peuvent exister (COSEPAC, 2003).
Il faut établir des estimations fiables des populations de l'hespérie du Dakota à tous les sites connus. De plus, il faut recueillir des données démographiques complètes, y compris de l'information sur la survie, la fécondité, l'immigration/émigration, le temps de résidence dans la parcelle, les distances de dispersion, et la dépendance à la densité. Un plan de suivi devrait être élaboré avec l'aide d'un biologiste spécialisé dans le domaine des populations afin d'assurer une collecte complète des données. Une collaboration avec des chercheurs des États-Unis pourrait être bénéfique.
Modélisation de la population
L'analyse de viabilité de la population pourrait être utilisée pour évaluer la persistance dans les conditions actuelles. L'ajout de données démographiques complètes ainsi que de données sur le paysage et la dispersion pourrait être utilisé dans une analyse spatiale et explicite de la viabilité de la population afin d'évaluer le nombre, la taille et l'emplacement des parcelles d'habitat nécessaires pour soutenir à long terme une population autosuffisante de l'hespérie du Dakota. Ces analyses permettront de mieux préciser le but du rétablissement.
Gestion de l'habitat/remise en état de l'habitat
De meilleures pratiques de gestion devront être élaborées pour chaque site de l'hespérie du Dakota. Quelques lignes directrices en matière de conservation ont été préparées pour l'hespérie du Dakota et sont résumées dans Cochrane et Delphey (2002) et USFWS (2005). Il en est brièvement question plus bas et ces lignes directrices devraient généralement être suivies jusqu'à ce que de l'information nouvelle indique le contraire. Les pratiques de gestion devraient faire l'objet d'un suivi et être évaluées quant à leurs effets sur l'hespérie du Dakota.
Perte d'habitat : Pour réduire la menace de la perte d'habitat, des accords d'intendance, y compris l'utilisation possible de servitudes, devraient être mis en place là où c'est possible afin de prévenir la conversion de la prairie en terres agricoles. Des accords d'intendance pour des terres adjacentes ou à proximité de l'habitat occupé par l'hespérie du Dakota sont aussi bénéfiques afin de fournir des corridors de dispersion ou de protéger, au besoin, les sites occupés de menaces extérieures, telles que la dérive de pesticides.
Fauchage : Le fauchage représente peut être la meilleure méthode pour maintenir les populations de l'hespérie du Dakota. Le fauchage à la fin de l'automne (septembre-octobre) devrait être encouragé. Lorsque l'activité se déroule ainsi tard en saison, l'hespérie a terminé sa saison de vol, les œufs sont éclos et les larves se sont déplacées vers des abris situés près du sol. Cela assure également que les végétaux sont arrivés à maturité et ont produit des graines. Si possible, on conseille de différer le fauchage en alternant les années, ou d'effectuer un fauchage en rotation qui laisse certaines portions non fauchées chaque année. Afin de fournir un habitat aux larves hivernantes, il faudrait laisser au moins 20 cm de chaume. Dans les prairies mésiques à herbes hautes, le fauchage au milieu de l'été peut être profitable pour l'hespérie du Dakota car cela élimine la masse des graminées qui se sont élevées en hauteur durant la saison chaude et qui peuvent empêcher la floraison des plantes herbacées non graminoïdes (Dana, 1991; Swengel, 1998b).
Pâturage : Dans les sites qui abritent l'hespérie du Dakota, l'intensité et la durée du pâturage devraient être limitées. Règle générale, les prairies mésiques-sèches ne devraient pas servir au pâturage afin d'éviter de supprimer les sources de nectar et afin de maintenir la végétation qui sert comme sites de ponte et à l'alimentation des larves. Les prairies humides-mésiques se prêtent cependant à un pâturage léger au printemps.
Brûlage dirigé : Le brûlage n'est pas recommandé sur les sites qui abritent l'hespérie du Dakota. D'autres méthodes telles que le fauchage, le pâturage et le débroussaillage peuvent être considérées. Si le brûlage semble nécessaire, il devrait être pratiqué modérément (Moffat et McPhillips, 1993). L'habitat devrait être divisé en autant d'unités de brûlage que possible, et à l'intérieur de chaque unité, les emplacements de brûlage devraient être séparés les uns des autres. Le brûlage dirigé ne devrait pas être utilisé si la plus petite unité possible entraînerait le brûlage de la plupart de l'habitat ou de tout l'habitat en une année. Il faudrait respecter un intervalle maximum entre deux feux en attendant au moins de 3 et 4 ans avant de procéder à un nouveau brûlage, et les unités adjacentes ne devraient pas être brûlées au cours des années suivantes. Les brûlages printaniers devraient être exécutés aussi tôt que possible pour limiter la mortalité des larves (avant qu'elles émergent de leurs abris enfouis). Il faudrait éviter de procéder à des brûlages tard au printemps et en automne. Les brûlages printaniers tardifs peuvent retarder la floraison et l'émergence des sources de nectar, alors que les brûlages d'automne entraînent généralement de plus grandes augmentations de la température du sol, qui se traduisent par une plus grande mortalité larvaire (Dana, 1983). Les brûlages d'automne peuvent aussi entraîner de plus grandes fluctuations de la température hivernale, ce qui nuit à la survie des larves hivernantes (Cochrane et Delphey, 2002). Si l'on pense effectuer un brûlage printanier, la quantité de matières combustibles pourrait être réduite en coupant l'herbe à l'automne. Les feux devraient être dirigés en s'éloignant des principaux sites de ponte de la saison précédente, s'ils sont connus (McCabe, 1981).
Fragmentation de l'habitat : La gestion de l'habitat devrait viser à maximiser des tailles de population génétiquement efficaces en conservant de larges parcelles et en maintenant les connexions potentielles entre les sites/emplacements. La gestion des bords de routes pour favoriser la végétation indigène peut profiter aux communautés de papillons en permettant aux individus de se disperser (Ries et al., 2001). Lorsqu'il est impossible ou irréalisable d'établir des liens entre les populations isolées, des plans de gestion devront être élaborés pour assurer la persistance de ces populations en l'absence d'immigration de nouveaux individus.
Contrôle des mauvaises herbes et des espèces envahissantes : Les traitements généralisés avec des pesticides ou des herbicides devraient être évités, et les sites devraient être gérés de manière à réduire au minimum la probabilité d'invasion par des espèces exotiques. Le contrôle biologique, l'application localisée d'herbicide et le débroussaillage localisé pourraient être utilisés pour contrôler les mauvaises herbes ou les espèces envahissantes.
Recherche
Il existe de nombreuses lacunes dans les connaissances sur le cycle biologique de l'hespérie du Dakota. Les domaines clés pour de futures recherches incluent les estimation des taux de survie (adultes et larves), des taux de fécondité, des distances de dispersion, et du temps moyen que les adultes passent dans une parcelle, l'évaluation de l'isolement des populations, l'évaluation de l'échange d'individus entre les emplacements, les caractéristiques importantes de l'habitat (voir section 2.6.2 ci-dessous), la détermination des facteurs environnementaux qui influencent la survie, et les effets potentiels de diverses utilisations des terres. Dans la mesure du possible, les chercheurs canadiens devraient collaborer avec ceux des États-Unis.
Réintroduction de populations
Des réintroductions de populations peuvent être considérées dans les emplacements historiques où l'habitat est propice; les réintroductions devraient cependant être considérées en second lieu, après le maintien de l'habitat existant et le maintien ou la restauration de la connectivité entre les parcelles d'habitat (Thomas, 1995).
Communication/diffusion/éducation
Un plan de communication devrait être élaboré pour accroître la sensibilisation des propriétaires fonciers et du public à cette espèce. Un tel programme de diffusion pourrait aussi englober d'autres espèces de lépidoptères afin d'utiliser plus efficacement les ressources.
2.6 Habitat essentiel
2.6.1 Désignation de l'habitat essentiel pour l'espèce
L'habitat essentiel pour l'hespérie du Dakota n'est pas désigné dans le présent programme de rétablissement, mais il sera désigné dans un plan d'action d'ici la fin de décembre 2010.
Bien qu'il existe certaines connaissances sur les besoins en matière d'habitat de l'hespérie du Dakota, des travaux sont nécessaires avant que l'habitat essentiel puisse être désigné raisonnablement. La majorité de l'information concernant la biologie de l'hespérie du Dakota et son utilisation de l'habitat provient de travaux réalisés aux État-Unis. L'habitat essentiel ne peut être désigné à l'heure actuelle en raison de l'inventaire incomplet de l'habitat potentiel pour l'hespérie du Dakota et des lacunes dans les connaissances sur les exigences spécifiques de l'espèce en matière d'habitat. De plus, d'autres recherches s'imposent sur les effets de diverses méthodes de gestion sur le maintien de l'hespérie du Dakota et de son habitat.
Il est prévu que l'habitat essentiel sera désigné dans le plan d'action du rétablissement une fois réalisés : 1) la quantification des exigences précises en matière d'habitat et de superficie; 2) des relevés de l'habitat potentiel; 3) la consultation et l'élaboration de solutions efficaces en matière d'intendance avec les propriétaires fonciers pouvant être touchés.
2.6.2 Calendrier des études pour désigner l'habitat essentiel
| Description de l'activité | Résultat/justification | Calendrier |
|---|---|---|
| Inventaire et suivi de l'habitat occupé. | Détermination de la distribution de l'espèce, de la taille de la population et de sa persistance. Identification des menaces spécifiques à l'habitat à chacun des sites, des obstacles aux déplacements, et des droits de propriété. | 2007–2010 |
| Recherches pour quantifier les exigences en matière d'habitat et son utilisation. | Identification des exigences en matière d'habitat pour les adultes, les larves et les plantes hôtes. Détermination de la taille optimale des parcelles et précision des capacités de dispersion. | 2007–2010 |
| Effectuer des relevés dans de l'habitat inoccupé similaire et évaluer la possibilité de réétablir des populations. | Identification de l'habitat potentiel convenable et des exigences pour la réintroduction. | 2007–2011 |
| Élaborer un modèle de viabilité de la population. | Détermination des solutions pour établir un réseau de sites gérés de façon à soutenir une population viable à long terme. | 2007–2012 |
2.7 Effets sur les espèces non ciblées
L'hespérie du Dakota est tributaire de la prairie indigène à herbes hautes et de la prairie mixte; de ce fait, la conservation de cette espèce maintiendra à son tour quelques vestiges de cet écosystème menacé de disparaître. De nombreuses autres espèces de lépidoptère vivent en association avec l'hespérie du Dakota. La conservation de quelques uns de ces lépidoptères est préoccupante, y compris l'hespérie Ottoé et l'hespérie de Poweshiek. Au Canada, ces deux espèces sont respectivement inscrites comme espèce en voie de disparition et comme espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril.
Les espèces végétales qui pourraient bénéficier de la conservation de l'hespérie du Dakota comprennent la platanthère blanchâtre de l'Ouest (Platanthera praeclara) et le cypripède blanc (Cypripedium candidum), deux espèces végétales en voie de disparition que l'on trouve dans l'habitat de la prairie à herbes hautes. Ces espèces de plantes se trouvent dans la réserve de prairie à herbes hautes, une région où vivait autrefois l'hespérie du Dakota.
La stratégie de gestion de l'habitat préférée pour l'hespérie du Dakota est le fauchage tard en saison, qui permettra de maintenir la communauté végétale. Cela offre le meilleur couvert pour les oiseaux qui nichent au sol et bénéficie aux orchidées des prairies (McCabe, 1981), comme le cypripède blanc.
2.8 Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement
Le rétablissement de l'hespérie du Dakota fera probablement appel à une combinaison de l'approche monospécifique et de l'approche plurispécifique afin de tenir compte des besoins des autres espèces, en particulier du cypripède blanc et de la platanthère blanchâtre de l'Ouest qui coexistent.
2.9 Mesures de rendement
Le programme de rétablissement sera évalué dans 5 ans, à partir des nouveaux renseignements recueillis au cours de cette période. Le tableau 3 présente les mesures de rendement pour chaque objectif du rétablissement.
| Objectif du rétablissement | Mesures de rendement |
|---|---|
| 1. Établir des estimations fiables de toutes les populations de l'hespérie du Dakota et évaluer leur viabilité dans les conditions actuelles. |
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| 2. Cerner, sécuriser et améliorer l'habitat important pour l'hespérie du Dakota. |
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| 3. Accroître les connaissances sur l'hespérie du Dakota au Canada, notamment dans les domaines de sa répartition, de son abondance, de sa biologie et des pratiques de gestion. . |
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2.10 Énoncé sur les plans d'action
Un plan d'action pour l'hespérie du Dakota sera terminé d'ici la fin de décembre 2010.
4 Estimation approximative de 12 000 à 35 000 adultes dans la région Interlake, de 1 700 à 5 000 dans Griswold, et >250 dans le sud-est de la Saskatchewan.
5 Les trois centres actuels de population sont la région Interlake au Manitoba, Griswold au Manitoba, et le sud-est de la Saskatchewan.