Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) au Canada 2018, proposition

Hydraste du Canada

Photo de l'hydraste du Canada
Photo: © Adrianne Sinclair
Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) au Canada 2018, Proposition
Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada

Environnement et Changement climatique Canada. 2018. Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) au Canada [Proposition]. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa. 2 parties, 33 p. + vi + 37 p.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : Hydraste du Canada en fleurs. © Adrianne Sinclair

Also available in English under the title

“Recovery strategy for the Goldenseal (Hydrastis canadensis) in Canada [Proposed]”

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.

Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de l’Ontario a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) en Ontario (partie 2), en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement et Changement climatique Canada a inclus une addition fédérale (partie 1) dans le présent programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.

Le programme de rétablissement fédéral de l’hydraste du Canada est composé des deux parties suivantes :

Partie 1 - Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.

Partie 2 - Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) en Ontario, préparé pour le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario.

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de l’hydraste du Canada et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l'article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de l’Ontario en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). Le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario a dirigé l’élaboration du programme de rétablissement de l’hydraste du Canada ci-joint (partie 2), en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de l’hydraste du Canada et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d'autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsque l’habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP exige que l’habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéral Note1 soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l’ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action qui a désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées.

Si l’habitat essentiel d’un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l’intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l’interdiction de le détruire ne peut s’appliquer qu’aux parties de cet habitat essentiel -- constituées de tout ou partie de l’habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s’applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

L’addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de l’hydraste (Hydrastis canadensis) en Ontario (partie 1) a été préparée par Karolyne Pickett et Angela Darwin (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune - Ontario). Les premières ébauches ont été rédigées par Holly Bickerton, écologiste-conseil (Ottawa) et Lee Voisin (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune - Ontario). Nous tenons à remercier les propriétaires fonciers du sud-ouest de l’Ontario qui ont autorisé l’accès à leur propriété, ce qui a permis de mettre à jour l’information sur l’hydraste du Canada. Le personnel de l’Office de protection de la nature d’Ausable - Bayfield, de l’Office de protection de la nature de la région d’Essex et de Parcs Ontario a fourni de l’information et/ou participé aux travaux de terrain. En outre, les personnes et organisations suivantes ont apporté de précieux commentaires, révisions et suggestions : Krista Holmes, Judith Girard, Kim Borg, Ken Corcoran et Elizabeth Rezek (Environnement et Changement climatique Canada) ainsi que Michael Oldham, Martina Furrer, Jay Fitzsimmons, Leanne Jennings, Fiona McGuiness et Glenn Desy (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario).

Des remerciements sont aussi adressés à toutes les autres parties qui ont fourni des conseils et des commentaires ayant permis d’enrichir le programme de rétablissement, dont des organisations et des membres de communautés autochtones qui ont fait part de leurs idées et participé aux réunions de consultation.

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) en Ontario (partie 2 du présent document, ci-après appelé « programme de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

Environnement et Changement climatique Canada adopte le programme de rétablissement provincial (partie 2), à l’exception des sections 2.1 et 2.5. Environnement et Changement climatique Canada a établi ses propres objectifs en matière de population et de répartition (voir la partie 1, section 6), qui sont conformes au but de rétablissement provincial énoncé à la section 2.1 de la partie 2.

La section 4 de la partie 1 présente de l’information à jour sur les menaces pesant sur l’hydraste du Canada qui sont énumérées à la section 1.5 du programme de rétablissement provincial. Le tableau 1 de la section 5 de la partie 1 remplace l’information présentée au tableau 1 du programme de rétablissement provincial. Les approches de rétablissement portant les numéros 3.1, 3.2, 4.1 et 5.1 à la section 2.3 du programme de rétablissement provincial ont été modifiées (voir la partie 1, section 7).

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du programme de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de l’espèce peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.

D’après les quatre critères suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement de l’hydraste du Canada est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique.

  1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.

Oui. Lors des relevés visant neuf populations qui ont été effectués sur le terrain en 2014-2015 dans le sud de l’Ontario, Bickerton et Sinclair (2016) ainsi que Jolly (2016b) ont dénombré au total 73 794 tiges d’hydraste du Canada à l’état sauvage. Des individus matures capables de se reproduire, comme en témoignait la présence de fleurs et/ou de tiges fructifères, étaient présents à tous les sites. Compte tenu des différentes méthodes de dénombrement utilisées dans les deux études et du fait que chaque individu peut comprendre de une à huit tiges (Jolly, 2016a), le nombre d’individus de l’espèce au Canada est estimé à au moins 32 500. Ce nombre correspond à l’effectif total minimal de l’espèce, étant donné que les populations existantes et historiques (voir le tableau 1) n’ont pas toutes fait l’objet de relevés dans le cadre des études mentionnées précédemment.

  1. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.

Oui. L’hydraste du Canada se rencontre généralement dans les forêts et les boisés décidus du sud de l’Ontario situés en terrain élevé et dans les basses terres; malgré la perte de plus de 90 % de ces milieux depuis l’arrivée des colons Européens (Larson et al., 1999), les forêts décidues dominées par l’érable à sucre où l’espèce pousse le plus souvent sont néanmoins classées S5 (non en péril) Note2 en Ontario (NHIC, 2013). La rareté de l’hydraste du Canada est atypique pour une espèce dont la répartition globale est aussi vaste (McGraw et al., 2003; Sanders, 2004). Si l’hydraste du Canada a des besoins précis en matière d’environnement, ceux-ci n’ont pas encore été déterminés (McGraw et al., 2003). Par ailleurs, l’absence de l’hydraste du Canada dans des habitats apparemment convenables (Sinclair et Catling, 2000a) pourrait être due à la récolte passée de l’espèce ou à la dispersion limitée de ses graines dans le paysage du sud de l’Ontario, qui est aujourd’hui très fragmenté. Sur la base de la meilleure information accessible à l’heure actuelle, l’habitat n’est pas considéré comme un facteur limitatif pour l’espèce.

  1. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.

Oui. Les principales menaces qui pèsent sur l’espèce comprennent l’exploitation forestière, la récolte d’individus sauvages de l’espèce et le piétinement (voir la partie 1, section 4; partie 2, section 1.5). Les menaces associées à l’exploitation forestière peuvent être évitées ou atténuées par l’élaboration de plans d’aménagement forestier pour les terres des propriétaires qui désirent récolter des arbres. Un relevé réalisé dans 21 localités hébergeant l’hydraste du Canada a révélé que le couvert forestier y était de 65 % en moyenne (Sinclair et Catling, 2001). Conformément à ces résultats, la majorité des habitats occupés par l’espèce ayant été répertoriés par Bickerton et Sinclair (2016) de même que par Jolly (2016b) ont été classés comme des forêts, dont le couvert, par définition, est supérieur à 60 % (Lee et al., 1998). Ces constatations donnent à penser qu’une population d’hydraste du Canada moyenne peut se maintenir dans des milieux comportant un couvert forestier de 65 % ou plus, ce qui permettrait la récolte d’une certaine quantité d’arbres, pourvu que le couvert soit maintenu à au moins 65 % et que des pratiques d’aménagement forestier exemplaires soient utilisées. L’élimination complète des arbres à des fins de développement ou d’agriculture peut être évitée ou atténuée par le recours à des politiques de planification et à des outils législatifs municipaux et provinciaux, à des activités d’intendance et à des ententes d’acquisition/conservation de terres. La menace que représente la récolte d’hydraste du Canada dans la nature peut être atténuée par l’application des interdictions prévues concernant cette activité aux termes de la LEP et de la LEVD. La menace que représente le piétinement peut être atténuée par des initiatives de sensibilisation du public visant à sensibiliser les randonneurs et les utilisateurs de VTT à l’importance de demeurer sur les sentiers pour préserver l’habitat naturel. Les menaces qui pèsent sur les populations ayant fait l’objet de relevés récents sont considérées comme potentiellement très mineures (présence d’un petit nombre d’individus d’espèces végétales introduites, piétinement léger dans certains secteurs) à inexistantes (Bickerton et Sinclair, 2016; Jolly, 2016b).

  1. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.

Oui. Sur la base de la meilleure information accessible, il n’est pas nécessaire de mettre au point de nouvelles techniques de rétablissement pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition. Les approches de rétablissement comprennent l’inventaire et le suivi continus des populations, l’atténuation des menaces, notamment par la protection et la gestion de l’habitat, et l’approfondissement des recherches sur la biologie de l’espèce, notamment en vue de l’identification de ses agents de pollinisation et de dispersion (voir la partie 1, section 6 et la partie 2, section 2). Si une augmentation du nombre de populations, de la répartition de l’espèce et/ou de la taille d’une ou de plusieurs populations grâce à une intervention humaine active était jugée nécessaire à l’avenir pour atteindre les objectifs établis, il existe de l’information sur les techniques de multiplication et les pratiques culturales s’appliquant à l’hydraste du Canada (Davis et McCoy, 2000; Sinclair et Catling, 2001; Bedir et al., 2003; Van der Voort et al., 2003; Sanders et McGraw, 2005).

* COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)

L’hydraste du Canada est une herbacée vivace qui pousse dans les terrains boisés de l’est des États-Unis et du sud-ouest de l’Ontario, au Canada. La cote de conservation mondiale attribuée à l’hydraste du Canada, revue pour la dernière fois le 30 novembre 2012, est G3G4 (vulnérable - apparemment non en péril) (NatureServe, 2015). L’attribution d’une cote d’intervalle numérique indique qu’il existe une incertitude quant à la situation exacte du taxon (Master et al., 2012); dans le cas présent, on ne sait pas si l’hydraste du Canada est vulnérable (G3) ou apparemment non en péril (G4) à l’échelle mondiale. Au Canada, l’espèce est classée en péril tant à l’échelle nationale qu’infranationale (N2 au Canada, S2 en Ontario) (NatureServe, 2015). Les définitions des cotes nationales (N) et infranationales (S) ainsi que les cotes nationales et infranationales attribuées à l’espèce aux États-Unis sont fournies à l’annexe A.

L’hydraste du Canada est inscrite à titre d’espèce menacée Note3 à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral (LEP, 2002). En Ontario, l’espèce est aussi inscrite comme espèce menacée Note4 en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD).

La présente section présente de l’information à jour sur les menaces pesant sur l’hydraste du Canada qui sont énoncées à la section 1.5 du Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) en Ontario (partie 2).

Les processus suivants sont considérés comme des menaces pour l’hydraste du Canada dans le programme de rétablissement provincial : altération du régime de perturbations naturelles, déboisement, destruction ou fragmentation de l’habitat, changements touchant l’hydrologie et le drainage, récolte, colonisation par des espèces envahissantes et piétinement d’individus de l’espèce. Un examen de la littérature scientifique ainsi que les observations effectuées sur le terrain depuis la publication du programme de rétablissement provincial (Bickerton et Sinclair, 2016; Jolly, 2016b) donnent à penser que l’altération du régime de perturbations naturelles, les changements touchant l’hydrologie et le drainage de même que la présence d’espèces envahissantes pourraient ne pas constituer des menaces pour l’espèce, du moins pas autant que ce qui avait été suggéré auparavant.

L’hypothèse voulant que la diminution de la fréquence des incendies et des inondations à la suite de l’établissement des colons européens constitue une menace pour l’hydraste du Canada est principalement fondée sur la simulation expérimentale de perturbations (Sinclair et Catling, 2004) et sur l’observation de la présence accrue d’individus de l’espèce près des sentiers et en bordure des terrains boisés (Sinclair et Catling, 2000b). Cependant, ces études n’abordent pas directement les types de perturbations censés avoir une incidence sur l’hydraste du Canada ou d’autres facteurs possibles, tels que la concurrence réduite d’autres plantes et l’augmentation de l’éclairement. L’hydraste du Canada se rencontre dans les forêts et les terrains boisés décidus du sud de l’Ontario, qui sont considérés comme des habitats relativement stables, plutôt que dans les habitats qui dépendent des perturbations (comme les habitats de prairie qui dépendent des incendies), même si les premiers subissent des changements saisonniers et des perturbations régulières à petite échelle, sous forme de trouées créées par la chute d’arbres. De façon similaire, Bickerton et Sinclair (2016) signalent que les changements touchant l’hydrologie et le drainage ne semblent pas avoir d’effet notable sur les populations étudiées. Bickerton et Sinclair (2016) de même que Jolly (2016b) rapportent que malgré la présence d’espèces végétales non indigènes à plusieurs sites, rien ne prouve que ces espèces aient une incidence sur les populations d’hydraste du Canada étudiées. L’impact du creusage récent de plusieurs fossés de drainage à proximité de deux autres populations n’a cependant pas été étudié, et une espèce envahissante de phragmite (le roseau commun) se propage actuellement dans les marécages et les baissières qui entourent les terrains boisés abritant ces deux populations. De plus, l’impact de l’ouverture du couvert due à la mortalité d’arbres associée aux dommages causés par l’agrile du frêne dans ces localités (et peut-être dans d’autres localités, y compris l’abattage préventif) est inconnu pour l’instant.

À la lumière de ce qui précède, des études sont nécessaires pour déterminer l’importance relative de ces menaces potentielles pour le rétablissement de l’hydraste du Canada. Ces travaux de recherche font partie d’une approche de rétablissement énoncée à la section 2.3 du programme de rétablissement provincial. Entretemps, les approches de gestion des menaces devraient viser en priorité l’atténuation des effets du déboisement, de la destruction et de la fragmentation de l’habitat, de la récolte et du piétinement d’individus de l’espèce.

Une liste des populations de l’espèce au Canada est présentée au tableau 1. Ce tableau remplace l’information contenue dans le tableau 1 du programme de rétablissement provincial. L’information mise à jour sur le nombre de populations et la répartition de l’hydraste du Canada au pays depuis la publication du programme de rétablissement provincial est fondée sur les mentions d’occurrences de l’espèce en Ontario fournies à ECCC en avril 2016 par le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario (CIPN). Le CIPN, qui centralise toute l’information sur les espèces dont la conservation suscite des préoccupations en Ontario, détient les dossiers de mentions les plus complets de la province sur l’hydraste du Canada. Ces mentions comprennent des données qui n’étaient pas accessibles au moment de la publication du programme de rétablissement provincial.

Trente-et-une (31) populations d’hydraste du Canada ont été répertoriées au Canada, toutes situées dans la province de l’Ontario : 24 populations sont existantes, six sont historiques et une a disparu. Comme la récolte d’hydraste du Canada sauvage représente une menace pour l’espèce, seul le nom du comté où se trouvent les populations est indiqué dans le tableau 1. Le nombre de populations d’hydraste du Canada a été révisé selon la stratégie fondée sur l’habitat utilisée par NatureServe pour délimiter les occurrences d’éléments de végétaux (NatureServe, 2004), et les cotes attribuées aux populations ont été révisées en fonction des directives établies par NatureServe (Tomaino et al., 2008). Ces révisions et les changements qui en découlent sont expliqués en détail à l’annexe B.

Tableau 1. Populations d’hydraste du Canada au Canada, selon les données fournies par le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario (NHIC, 2016).
Emplacement de la population (comté/région, province de l’Ontario) Code de la population (numéro d’occurrence d’élémenta) Nom de la population dans le programme de rétablis-sement provincial Dernière
observation/
recherche (si plus récente)
Statut
(population existante,
historiqueb),
ou disparue)
Brant EO94889 Site A 2014 Existante
Chatham-Kent EO11336 Site B 1986 Existante
Chatham-Kent EO2520 Site C 2015 Existante
Chatham-Kent EO67097 Site D 2010 Existante
Essex EO11337 Non incluse 1948 Historique
Essex EO11338 Site E 2015 Existante
Essex EO2519 Site F 2015 Existante
Grey Non suiviec Site Q 1976 Historique
Halton EO115688 Non incluse 1996 Existante
Halton EO115689 Non incluse 2003 Existante
Halton EO115690 Non incluse 1996 Existante
Halton EO115691 Non incluse 1996 Existante
Halton EO115693 Non incluse 1996 Existante
Huron EO23277 Non incluse 1975/1998 Historique
Huron EO11344 Non incluse 1889 Historique
Huron EO11345 Non incluse 1942/1998 Historique
Huron EO11346 Site H 2015 Existante
Lambton EO11339 Site J 1958 Historique
Lambton EO11340 Site K 2015 Existante
Lambton EO11341 Sites M et O 2015 Existante
Lambton EO11342 Site I 2008 Existante
Lambton EO11343 Site L 2015 Existante
Lambton EO11334 Non incluse 1989 Existante
Lambton EO5514 Site Gd 1998 Existante
Lambton EO5516 Site G 1998 Existante
Lambton Non suiviee Site T 1994 Existante
Middlesex EO115695 Non incluse 2010 Existante
Middlesex EO94890 Site N 2007 Existante
Niagara EO115697 Non incluse 2004 Existante
Niagara EO92213 Site S Avant 1943/ 2007 Disparuef
Wellington EO115696 Site P 2015 Existante

a Une occurrence d’élément (OE; EO en anglais) est une superficie terrestre et/ou aquatique abritant ou ayant déjà abrité une espèce ou une communauté naturelle. Lorsque l’élément est une espèce, l’OE correspond généralement à une population ou à une métapopulation (NatureServe, 2002). Dans le présent document, une OE d’hydraste du Canada correspond à une population de l’espèce.

b Historique : une occurrence est dite historique lorsqu’on manque de données de terrain récentes confirmant son existence continue (Hammerson et al., 2008). L’annexe B présente des renseignements détaillés sur le classement de populations d’hydraste du Canada dans la catégorie « historique ».

c Il s’agit d’une population naturalisée issue d’individus de l’espèce plantés provenant d’une localité du sud de l’Ontario (Owen Sound Field Naturalists, 2001).

d Le programme de rétablissement provincial indique que le site G comprend sept populations, mais ce nombre a été ramené à deux (EO5514 et EO5516) à la suite d’un nouvel examen. L’annexe B présente des renseignements détaillés sur les distances de séparation établies entre les populations.

e Cette population ne fait pas partie de la mention provinciale. Elle est répertoriée dans Thompson, 1994, un rapport inédit préparé à l’intention du gouvernement.

f Disparue : La réalisation de relevés adéquats par au moins un observateur expérimenté, à une période et dans des conditions appropriées pour l’espèce, ou d’autres éléments convaincants, indiquent que l’espèce n’est plus présente à cet endroit ou que son habitat ou le milieu ont été détruits de manière telle qu’ils ne peuvent plus soutenir l’espèce (Hammerson et al., 2008). Dans le cas présent, il semble rester de l’habitat convenable, mais les relevés effectués en 1980, 1993, 1995, 2004 et 2007 n’ont pas permis de retrouver l’espèce.

L'alinéa 41 (1) de la LEP stipule que le programme de rétablissement doit inclure un énoncé des objectifs en matière de population et de répartition visant à favoriser la survie et le rétablissement de l’espèce.

Le programme de rétablissement provincial recommande le but suivant pour le rétablissement de l’hydraste du Canada en Ontario (voir la partie 2, section 2.1) :

« Le but du rétablissement pour l’hydraste du Canada en Ontario consiste à maintenir les populations existantes à des niveaux durables. »

Conformément à ce qui précède, Environnement et Changement climatique Canada établit les objectifs suivants en matière de population et de répartition pour l’hydraste du Canada au Canada :

D’après les mentions provinciales, la disparition d’une seule population a été confirmée au cours du passé récent, et cette perte n’a pas entraîné de diminution notable de la répartition de l’hydraste du Canada au pays. De plus, l’observation d’individus de l’espèce dans la localité de cette population a été qualifiée de très rare, seulement rarement trouvés (Hamilton, 1943), ce qui donne à penser que la contribution de cette population à l’abondance de l’espèce au Canada était probablement relativement faible. En conséquence, le premier objectif sera d’agir pour à tout le moins maintenir la répartition actuelle de l’espèce au Canada.

La population du comté de Grey résulte de la naturalisation d’individus de l’espèce plantés provenant d’une localité du sud de l’Ontario (Owen Sound Field Naturalists, 2001). Bien que la population se trouve bien au nord de son aire de répartition historique, elle s’est propagée naturellement dans le terrain boisé environnant (Sinclair et Catling, 2000a). Dans le contexte du changement climatique, cette population périphérique d’hydraste du Canada, située à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce, pourrait revêtir une grande importance sur le plan de la conservation en raison de son potentiel d’adaptation et de dispersion, si son existence était confirmée (Gibson et al., 2009).

Le deuxième objectif est de maintenir l’abondance de l’hydraste du Canada et, dans la mesure du possible, de soutenir un accroissement naturel de son abondance totale au pays. Des travaux de terrain récents fournissent une estimation de l’abondance pour neuf populations d’hydraste du Canada (Bickerton et Sinclair, 2016; Jolly, 2016b), mais on ne dispose d’aucune estimation de l’abondance totale de l’espèce au Canada à l’heure actuelle. Il n’est pas simple d’estimer l’abondance de l’hydraste du Canada, car il s’agit d’une espèce clonale (Sanders, 2004), ce qui signifie qu’une de ses racines (appelées rhizomes) peut produire de une à huit tiges (appelées ramets) (Jolly, 2016a). Par conséquent, le nombre total de ramets dans une population ne correspond pas au nombre total d’individus composant cette population. Comme les colonies d’hydraste du Canada peuvent comprendre plus de 1 000 ramets (Sanders, 2004), les compter pour déterminer le nombre d’individus présents nécessite beaucoup de main-d’œuvre et comporte un risque d’erreurs. De plus, comme les méthodes de relevé varient d’une étude à l’autre (p. ex. dénombrement du nombre total de tiges, dénombrement des ramets les plus hauts seulement comme substitut au dénombrement des individus, ou encore dénombrement des individus fondé sur le jugement professionnel), il est difficile pour l’instant d’établir une estimation fiable de l’abondance de l’espèce au Canada. Toutefois, comme l’hydraste du Canada forme des colonies denses et continues, il est facile d’estimer la zone d’occupation Note5 de ses populations, et cette méthode de mesure de l’abondance de l’espèce devrait être considérée pour l’élaboration d’une méthode de relevé normalisée (voir la partie 2, tableau 3, approche 1.1).

Environnement et Changement climatique Canada adopte les approches énoncées à la section 2.3 du Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) en Ontario (partie 2) à titre de stratégies et d’approches générales pour l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition établis pour l’espèce, à l’exception des approches 3.1, 3.2, 4.1 et 5.1. Compte tenu de l’analyse des menaces qui pèsent sur la survie de l’espèce et son habitat (voir la partie 1, section 4), ces approches ont été modifiées comme suit aux fins du présent programme de rétablissement :

3.1 Collaborer avec les propriétaires de terres privées, les municipalités, les offices de protection de la nature et les groupes autochtones pour intégrer des pratiques de gestion exemplaires aux plans de gestion des propriétés.

3.2 Chercher activement à établir des partenariats avec les propriétaires fonciers, les municipalités, les offices de protection de la nature, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts et les groupes autochtones.

4.1 Mettre en place et maintenir un réseau de propriétaires fonciers et de groupes autochtones bien informés au sujet de l’hydraste du Canada.

5.1 Évaluer le caractère réalisable des mesures de réintroduction de l’espèce et de remise en état de l’habitat.

En vertu de l’alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Aux termes du paragraphe 2(1) de la LEP, l’habitat essentiel est « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ».

La LEVD de l’Ontario n’exige pas que les programmes de rétablissement provinciaux comprennent une désignation de l’habitat essentiel. Aux termes de la LEVD, une espèce qui est inscrite sur la Liste des espèces en péril en Ontario comme espèce en voie de disparition ou menacée bénéficie automatiquement d’une protection générale de son habitat. L’hydraste du Canada bénéficie actuellement d’une protection générale de son habitat en vertu de la LEVD. Dans certains cas, un règlement sur l’habitat peut être élaboré en remplacement de la protection générale de l’habitat. Le règlement sur l’habitat est l’instrument juridique par lequel la Province de l’Ontario prescrit une aire à protéger à titre d’habitat de l’espèce. Aucun règlement sur l’habitat de l’hydraste du Canada n’a été élaboré en vertu de la LEVD; le programme de rétablissement provincial (partie 2) contient toutefois une recommandation concernant l’aire à prendre en compte dans l’élaboration d’un règlement sur l’habitat.

L’habitat essentiel de l’hydraste du Canada au pays est désigné dans le présent programme de rétablissement fédéral pour 14 des 24 populations existantes connues de l’espèce (figure 1, tableau 2). Il n’a pu être désigné pour les autres populations existantes, soit que l’information (sur l’espèce et/ou son habitat) existe, mais ne peut être obtenue pour l’instant par Environnement et Changement climatique Canada, soit parce que l’information accessible est insuffisante et ne permet pas de déterminer les zones d’habitat occupées. Pour ces raisons, l’habitat essentiel désigné est considéré comme insuffisant pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition fixés pour l’espèce. Un calendrier des études (section 8.2, tableau 3) décrit les activités requises pour la désignation d’habitat essentiel additionnel. De l’habitat essentiel additionnel pourrait être ajouté si de nouvelles données soutiennent l’inclusion de zones au-delà de celles qui sont déjà désignées (p. ex. populations nouvelles ou retrouvées). Pour obtenir plus d’information sur la désignation de l’habitat essentiel, veuillez communiquer avec Environnement et Changement climatique Canada - Service canadien de la faune, à ec.planificationduretablissement-recoveryplanning.ec@canada.ca.

Au Canada, la présence et la persistance de l’hydraste du Canada dans une localité donnée dépendent d’une zone plus grande que celle qui est occupée par les individus de l’espèce. L’hydraste du Canada a besoin des éléments écologiques ou des éléments du paysage qui favorisent le maintien d’un habitat convenable Note6 pour l’espèce et qui permettent aux processus naturels associés à la dynamique des populations et à la reproduction (p. ex. pollinisation et dispersion) de se produire. L’emplacement géographique des zones renfermant de l’habitat essentiel de l’hydraste du Canada est déterminé dans la mesure du possible Note7; l’habitat essentiel se trouve là où les caractéristiques biophysiques nécessaires (définies ci-après) sont présentes à l’intérieur de ces zones. De plus, une distance relative à la zone de fonctions essentiellesNote8 de 50 m est désignée comme habitat essentiel lorsque les caractéristiques biophysiques entourant un individu ou une colonie de l’espèce s’étendent sur moins de 50 m. Les chemins entretenus ou les structures artificielles, comme les bâtiments, ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable et ne participent pas au maintien des processus naturels; ils ne sont donc pas considérés comme de l’habitat essentiel.

Caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel

Au Canada, l’hydraste du Canada se rencontre dans les forêts et les terrains boisés décidus du sud de l’Ontario situés en terrain élevé, dans les basses terres ainsi que dans les zones associées aux berges de cours d’eau et aux plaines inondables (Sinclair et Catling, 2000b). L’habitat convenable présente habituellement les caractéristiques biophysiques suivantes (Sinclair et Catling, 2000b; Sinclair et Catling, 2001; Bickerton et Sinclair, 2016) :

Dans les habitats boisés :
Dans les habitats forestiers :

L’habitat convenable peut être décrit à l’aide de la Classification écologique des terres (CET) établie pour le sud de l’Ontario (Lee et al., 1998; Lee, 2008) Note9; d’après la meilleure information accessible, cet habitat correspond aux écotypes de la CET ci-dessous (ABCA, 2010; Bickerton et Sinclair, 2016; Jolly, 2016b; NHIC, 2016) :

Emplacement géographique des zones renfermant de l’habitat essentiel

L’emplacement géographique d’une zone renfermant de l’habitat essentiel de l’hydraste du Canada correspond à la portion de l’élément écologique ou de l’élément du paysage continu dont les limites sont relativement distinctes (soit le(s) polygone(s) de la série de communautés végétales de la CET Note10) et où des individus ou des colonies de l’espèce sont présents Note11.

Compte tenu de la vulnérabilité de l’hydraste du Canada à la cueillette illégale, l’emplacement géographique des zones renfermant de l’habitat essentiel n’est pas cartographié dans le présent programme de rétablissement fédéral. Les emplacements sont toutefois indiqués à une échelle moins précise, au moyen du quadrillage UTM de 100 km × 100 km (figure 1). Le quadrillage UTM est le système national de quadrillage de référence qui permet de mettre en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel, à des fins de planification de l’aménagement du territoire et/ou d’évaluation environnementale, sans divulguer d’information sensible sur l’emplacement.

Figure 1. Carrés du quadrillage renfermant de l’habitat essentiel de l’hydraste du Canada au Canada. L’habitat essentiel de l’hydraste du Canada se trouve dans les carrés du quadrillage UTM de 100 km × 100 km (bordés de rouge), là où la description de l’habitat essentiel est respectée. L’emplacement précis des zones renfermant de l’habitat essentiel n’est pas indiqué compte tenu de la vulnérabilité de l’espèce à la récolte illégale.
Carrés du quadrillage renfermant de l’habitat essentiel de l’hydraste du Canada au Canada
Description longue de la figure 1

La figure 1 montre huit carrés de quadrillage renfermant de l’habitat essentiel de l’espèce dans le sud de l’Ontario. Les carrés s’étendent depuis l’extrême sud de l’Ontario jusqu’à Niagara Falls à l’est, Point Clark à l’ouest et Shelburn au nord.

Tableau 2. Carrés du quadrillage renfermant de l’habitat essentiel de l’hydraste du Canada au Canada. L’habitat essentiel de l’hydraste du Canada se trouve dans ces carrés du quadrillage UTM de 100 km × 100 km, là où la description de l’habitat essentiel est respectée.
Code de la population (numéro d’occurrence d’élément) Code d’identification du carré du quadrillage UTM de référence de
100 km 100 kmg
Province/ territoire Coordonnées UTM du quadrillageh
UTM Est
Coordonnées UTM du quadrillageh
UTM Nord
Régime foncieri
EO2519 17TLG Ontario 300000 4600000 Territoire non domanial
EO11338 17TLG Ontario 300000 4600000 Territoire non domanial
EO11342 17TLH Ontario 300000 4700000 Territoire non domanial
EO67097 17TMG Ontario 400000 4600000 Territoire non domanial
EO2520 17TMH Ontario 400000 4700000 Territoire non domanial
EO11340 17TMH Ontario 400000 4700000 Territoire non domanial
EO11343 17TMH Ontario 400000 4700000 Territoire non domanial
EO115695 17TMH Ontario 400000 4700000 Territoire non domanial
EO11341 17TMH Ontario 400000 4700000 Territoire non domanial
EO94890 17TMH Ontario 400000 4700000 Territoire non domanial
EO11346 17TMJ Ontario 400000 4800000 Territoire non domanial
EO94889 17TNH Ontario 500000 4700000 Territoire non domanial
EO115696 17TNJ Ontario 500000 4800000 Territoire non domanial
EO115697 17TPH Ontario 600000 4700000 Territoire non domanial

g Fondé sur le système militaire de quadrillage UTM de référence; les deux premiers caractères et la lettre qui suit correspondent à la zone UTM, et les deux lettres suivantes indiquent le quadrillage UTM de référence de 100 km × 100 km renfermant la totalité ou une partie d’une unité d’habitat essentiel. Ce code alphanumérique unique s’inspire de la méthodologie utilisée pour les Atlas des oiseaux nicheurs du Canada. (Pour en apprendre davantage sur les Atlas des oiseaux nicheurs, consulter le site Études d'oiseaux nicheurs Canada.)

h Les coordonnées indiquées sont une représentation cartographique de l’emplacement de l’habitat essentiel, présenté comme étant le coin sud-ouest du carré du quadrillage UTM de référence de 100 km × 100 km renfermant la totalité ou une partie d’une unité d’habitat essentiel. Les coordonnées peuvent ne pas faire partie de l’habitat essentiel et ne fournissent qu’une indication générale de l’emplacement.

i Le régime foncier est fourni à titre indicatif seulement, pour donner une idée générale des détenteurs des droits de propriété des terres où sont situées les unités d’habitat essentiel. Pour déterminer avec exactitude le régime foncier d’une terre, il faudra comparer les limites de l’habitat essentiel aux informations figurant au cadastre.

Tableau 3. Calendrier des études pour la désignation de l’habitat essentiel
Description de l’activité Justification Échéancier
Travailler avec les organisations concernées afin d’obtenir l’information nécessaire pour la désignation de l’habitat essentiel. D’autres travaux sont nécessaires pour achever la désignation de l’habitat essentiel en vue de l’atteinte des objectifs visés en matière de population et de répartition. 2018-2023
En collaboration avec les propriétaires fonciers, recueillir des renseignements plus précis/plus récents sur l’emplacement et l’habitat des populations existantes, là où l’habitat essentiel n’est pas désigné à l’heure actuelle. Il faut obtenir des renseignements sur les emplacements et l’habitat afin de désigner suffisamment d’habitat essentiel pour pouvoir atteindre les objectifs visés en matière de population et de répartition. 2018-2023
En collaboration avec les propriétaires fonciers, effectuer des relevés dans les secteurs où des populations historiques ont été répertoriées (y compris la population du comté de Grey, pour les raisons expliquées dans la section 6 de la partie 1). Selon la meilleure information accessible, un habitat forestier subsiste à proximité de toutes les populations historiques. Cette activité permettra de vérifier si des populations historiques ont persisté et, le cas échéant, d’évaluer des zones additionnelles pouvant renfermer de l’habitat essentiel. 2018-2023

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une ou de plusieurs activités à un moment donné, ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps. Il convient de noter que les activités qui se déroulent à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel ne sont pas toutes susceptibles d’en entraîner sa destruction. Le tableau 4 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’hydraste du Canada; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.

Tableau 4. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.
Description de l’activité Description de l’effet relatif à la perte de fonction Détails de l’effet
Construction d’ouvrages (maisons, bâtiments, etc.), d’infrastructures (routes, lignes de services publics, installations énergétiques); aménagement de carrières d’agrégats ou autres, de champs agricoles et de jardins; enlèvement de sols et/ou de couverture végétale lié à ces activités Les travaux de construction réalisés dans l’habitat essentiel causent la perte directe de l’habitat essentiel dont dépend l’espèce pour sa survie, la germination des graines et l’établissement des semis. Les travaux de construction réalisés dans l’habitat essentiel et dans l’habitat adjacent peuvent aussi avoir une incidence sur le régime d’humidité de l’habitat essentiel. L’enlèvement direct de sol ou de substrat, en éliminant les caractéristiques biophysiques nécessaires à la survie de l’hydraste du Canada, rendrait l’habitat non convenable pour l’espèce. Si cette activité a lieu dans l’habitat essentiel et dans l’habitat adjacent, peu importe le moment de l’année, elle aura des effets directs et entraînera assurément la destruction permanente de l’habitat essentiel. Aucun seuil ne peut être établi pour cette activité.
Exploitation forestière selon certains régimes de récolte, comme la coupe à blanc, la coupe à diamètre limite et l’écrémage La perte d’ombrage due à l’enlèvement d’arbres entraîne une réduction de l’humidité du sol, ce qui fait en sorte que l’habitat ne peut plus soutenir l’hydraste du Canada. Si cette activité a lieu dans l’habitat essentiel, peu importe le moment de l’année, elle aura des effets directs et entraînera, dans la plupart des cas, la destruction de l’habitat essentiel à long terme. Dans les habitats forestiers comportant un couvert arborescent de plus de 65 %, la coupe sélective d’arbres n’entraînant pas une diminution du couvert en deçà de 65 % dans l’habitat essentiel, à l’échelle des zones occupées par des individus de l’espèce et à l’échelle de l’écosite, n’est pas susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel si cette coupe est effectuée selon des pratiques d’aménagement forestier exemplaires (portant notamment sur les périodes propices de l’année et l’utilisation de véhicules et de machinerie). L’exploitation forestière dans les habitats boisés (où le couvert est actuellement inférieur à 65 %) entraînerait probablement la destruction de l’habitat essentiel.
Utilisation de véhicules motorisés hors sentier (p. ex. véhicules tout terrain, camions), utilisation de matériel lourd et circulation pédestre intensive Le piétinement résultant de ces activités peut causer le compactage du sol et ainsi nuire à la germination des graines et au développement des racines ou les empêcher. Si cette activité a lieu dans l’habitat essentiel, ses effets seront directs (compactage du sol) et cumulatifs; il est très probable qu’elle entraîne la destruction de l’habitat essentiel, car l’espèce a besoin de sols forestiers meubles pour que ses graines puissent germer. Faute de données suffisantes, il est actuellement impossible d’établir un seuil pour cette activité. Les activités qui se limitent à la surface de routes, de voies d’accès et de sentiers récréatifs autorisés n’entraîneraient pas la destruction de l’habitat essentiel.

Le seuil d’exploitation forestière se fonde sur les résultats d’un relevé mené dans 21 localités, selon lesquels le couvert forestier des milieux occupés par l’hydraste du Canada s’établit en moyenne à 65 % (Sinclair et Catling, 2001). Corroborant ces résultats, les relevés visant neuf populations d’hydraste du Canada réalisés par Bickerton et Sinclair (2016) ainsi que Jolly (2016b) ont révélé que la majorité des habitats hébergeant l’espèce étaient des forêts, caractérisées par un couvert arborescent supérieur à 60 % selon la définition de Lee et al. (1998). Ces constatations donnent à penser qu’une population d’hydraste du Canada moyenne peut se maintenir dans des milieux comportant un couvert forestier de 65 % ou plus.

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

Tous les cinq ans, les progrès accomplis dans la mise en œuvre du programme de rétablissement seront évalués en fonction des mesures de performance suivantes :

Un ou plusieurs plans d’action visant l’hydraste du Canada seront préparés et publiés dans le Registre public des espèces en péril d’ici 2023.

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement élaborés en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

La protection de l’habitat boisé de l’hydraste du Canada au pays aura un effet bénéfique sur de nombreuses autres espèces et fonctions écosystémiques de la zone biologique carolinienne, qui est grandement altérée. À certains sites, l’hydraste du Canada pousse tout près d’espèces rares et en péril, dont le noyer cendré (Juglans cinerea, en voie de disparition), le cornouiller fleuri (Cornus florida, en voie de disparition), le châtaignier d’Amérique (Castanea dentata, en voie de disparition), l’isopyre à feuilles biternées (Enemion biternatum, menacée) et l’arisème dragon (Arisaema dracontium, préoccupante) (ABCA, 2010; Bickerton et Sinclair, 2016). L’hydraste du Canada se rencontre également dans des zones de protection de la nature hébergeant des espèces telles que le caryer lacinié (Carya laciniosa, S3), la cimicaire à grappes (Cimicifuga racemosa, S2), le fusain pourpre (Euonymus atropurpurea var. atropurpurea, S3), le trioste perfolié (Triosteum perfoliatum, S1), le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata, S3) et le chêne de Shumard (Quercus shumardii, S3) (Lebedyk, comm. pers., 2015), ces deux dernières espèces étant inscrites à titre d’espèce menacée et d’espèce préoccupante, respectivement, à la fois en vertu de la LEP et de la LEVD (voir l’annexe A pour connaître les définitions des cotes de conservation).

La création et l’amélioration de conditions de couvert dégagé pourraient ne pas être bénéfiques pour les espèces tolérantes à l’ombre et les espèces de l’intérieur des forêts. Il faudra prendre des précautions pour réduire tout impact sur la communauté des terrains boisés durant les activités de suivi et de remise en état et pour éviter de favoriser la croissance d’espèces envahissantes.

La possibilité que la mise en œuvre du présent programme de rétablissement ait des conséquences néfastes imprévues sur d’autres espèces a été envisagée. Actuellement, les mesures de rétablissement ciblant l’hydraste du Canada sont axées sur la reconnaissance, la protection et le suivi des populations et de leur habitat, sur la réalisation de recherches visant à mieux comprendre l’espèce et son habitat et sur la gestion des menaces. De façon générale, il est peu probable que ces activités aient des effets néfastes sur d’autres espèces qui partagent le même habitat ou ont la même aire de répartition que l’hydraste du Canada. Seules les mesures de gestion de l’habitat (p. ex. lutte contre les espèces envahissantes, ouverture du couvert) pourraient avoir des effets directs sur d’autres espèces indigènes, et la possibilité que ces mesures produisent par inadvertance des effets négatifs sur d’autres espèces sera prise en compte au cours de l’élaboration du plan d’action.

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Cotes de conservation nationales et infranationales (tableau)
Pays (cote N) État ou province (cote S)
Canada (N2) Ontario (S2)
États-Unis (N3N4) Alabama (S2), Arkansas (S4S5), Caroline du Nord (S3), Connecticut (S1), Delaware (S3), Géorgie (S2), Illinois (S4), Indiana (S3), Iowa (S3), Kansas (S1), Kentucky (S4), Maryland (S2), Massachusetts (S1), Michigan (S2), Minnesota (S1), Mississippi (S1), Missouri (S5), New Jersey (S1), New York (S2), Ohio (S4S5), Pennsylvanie (S4), Tennessee (S4), Vermont (S1), Virginie (S3), Virginie-Occidentale (S3S4), Wisconsin (S3S4)
Définition des cotes de conservation nationales (N) et infranationales (S) (Master et al., 2012). Source : NatureServe, 2015 (tableau)
Cote Définition
N1
S1
Gravement en péril - Espèce extrêmement susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition très limitée, d’un nombre très restreint de populations ou d’occurrences, de déclins très marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
N2
S2
En péril - Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition limitée, d’un nombre restreint de populations ou d’occurrences, de déclins marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
G3
N3
S3
Vulnérable - Espèce modérément susceptible de disparaître de la planète (G3) ou du territoire (N3, S3) en raison d’une aire de répartition plutôt limitée, d’un nombre relativement faible de populations ou d’occurrences, de déclins récents et généralisés, de menaces ou d’autres facteurs.
G4
N4
S4
Apparemment non en péril - Espèce assez peu susceptible de disparaître de la planète (G4) ou du territoire (N4, S4) en raison de la grande étendue de son aire de répartition et/ou du grand nombre de populations ou d’occurrences, mais pour laquelle il existe des sources de préoccupations en raison de déclins localisés récents, de menaces ou d’autres facteurs.
N5
S5
Non en péril - Espèce très peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la très vaste étendue de son aire de répartition ou de l’abondance de populations ou d’occurrences et ne suscitant aucune préoccupation associée à des déclins ou des menaces ou n’en suscitant que très peu.
N#N#
S#S#
Cote d’intervalle numérique - Une cote combinant deux valeurs numériques (p. ex. S2S3 ou S1S3) est utilisée pour indiquer l’intervalle d’incertitude quant à la situation d’une espèce ou d’un écosystème. Les intervalles ne peuvent sauter plus d’un rang (p. ex. on utilise la cote SU plutôt que la cote S1S4).
  1. La population d’individus plantés associée au « site R » (comté de Stormont) dans le programme de rétablissement provincial n’est pas incluse dans le tableau 1. Bien que Sinclair et Catling (2000a) aient mentionné la culture d’hydraste du Canada à Cornwall, dans le comté de Stormont, rien n’indique que l’espèce y était présente sous forme de population naturalisée.
  2. La date de la « dernière observation » indiquée pour la population associée au « site T » dans le programme de rétablissement provincial est maintenant 1994, et le statut de la population a été modifié en conséquence, la population étant maintenant considérée comme existante. Voir le point c) ci-après pour plus de détails sur la détermination du statut.
  3. Durant la préparation de l’addition fédérale, ECCC et le CIPN ont réexaminé ensemble le statut (population existante/historique/disparue) des populations énumérées au tableau 1 en fonction de la clé de classement des occurrences d’éléments d’espèces de NatureServe (Tomaino et al., 2008). C’est ainsi que le statut d’une population du comté de Chatham-Kent (EO11336) a été modifié, passant de « population historique » à « population existante », car l’existence de cette population a été vérifiée au cours des 40 dernières années (en 1986), mais aucune donnée probante n’indique que la population a disparu. Étant donné que l’hydraste du Canada est une espèce vivace du sous-étage qui pousse dans des habitats stables (forêts décidues matures), il est approprié de classer les populations de ce taxon comme existantes même si leur présence n’a pas été vérifiée depuis plus de 20 ans (mais a été vérifiée au cours des 40 dernières années) lorsque aucun relevé récent n’a été réalisé et que rien n’indique qu’une perturbation majeure ou une perte ou dégradation importantes de l’habitat se sont produites dans le secteur (Hammerson et al., 2008; Tomaino et al., 2008). Les six populations classées comme historiques dans le tableau 1 satisfont à ces critères (NHIC, 2016).

La population du comté de Grey, qui était considérée comme existante, est maintenant classée historique, car sa présence a été vérifiée pour la dernière fois il y a 40 ans (en 1976). Or, selon les directives de NatureServe, à part quelques rares exceptions, les occurrences doivent être considérées comme historiques lorsque leur présence n’a pas été vérifiée depuis plus 40 ans, même lorsque aucun effort n’a été fait pour retrouver l’espèce (Hammerson et al., 2008).

  1. Le nombre de populations d’une espèce au Canada est un paramètre important pour l’évaluation de son statut de conservation (voir les critères B et C dans COSEWIC, 2015). Pour cette raison, ECCC et le CIPN ont examiné ensemble la manière dont les observations de l’espèce étaient regroupées spatialement en populations selon les données provinciales. Cet examen était également nécessaire pour effectuer un rapprochement des écarts entre le nombre de populations d’hydraste du Canada indiqué auparavant dans différents documents. Les auteurs du premier et du deuxième rapport de situation du COSEPAC sur l’hydraste du Canada (White, 1991, et Sinclair et Catling, 2000a, respectivement) considéraient les groupes d’individus de l’espèce comme des populations lorsque ces groupes étaient séparés par une distance de plus de 500 m, alors que l’auteur du programme de rétablissement provincial a établi la distance de séparation à 1 km (Jolly, 2016a). Par ailleurs, NatureServe recommande, précisément dans le cas de l’hydraste du Canada, d’utiliser une distance de séparation de 1,5 km lorsque l’habitat entre deux occurrences est convenable (Weldy et Young, 2000). L’utilisation d’une distance de séparation trop petite entraîne une surestimation du nombre de populations, le statut de conservation de l’espèce au Canada étant alors faussé.

L’établissement des populations dépend de deux facteurs liés à la biologie d’une espèce : la reproduction et la dispersion. Compte tenu de la biologie de la dispersion des végétaux en général, NatureServe reconnaît qu’une distance de séparation minimale par défaut de 1 km entre les occurrences d’éléments est trop petite (NatureServe, 2004). Pour remédier à ce problème, NatureServe a élaboré des lignes directrices sur la délimitation des occurrences d’éléments de végétaux fondée sur l’habitat. Selon ces lignes directrices, en fonction de l’habitat occupé par une espèce, des groupes d’individus situés à moins de 2 km, 3 km ou même 10 km les uns des autres dans certains cas sont considérés comme formant une même population (NatureServe, 2004).

En appliquant ces lignes directrices aux données sur les occurrences d’éléments de l’hydraste du Canada, on obtient une distance de séparation d’au moins 1 600m entre les populations (NHIC, 2016). Cette distance correspond à celle que l’on obtient compte tenu de la distance maximale à laquelle deux hydrastes du Canada peuvent se reproduire par voie sexuée (transfert de pollen). Comme la distance parcourue par les insectes pollinisateurs pour se nourrir augmente généralement avec leur poids corporel (Gathmann et Tscharntke, 2002; Greenleaf et al., 2007), les hydrastes du Canada séparés par une distance inférieure à la distance maximale parcourue par les plus gros pollinisateurs connus de l’espèce, soit les bourdons (Sinclair et al., 2000), peuvent se reproduire par voie sexuée. Dans leur compilation des données publiées sur les distances maximales parcourues par les bourdons et les abeilles pour s’alimenter, Zurbuchen et al. (2010) ont rapporté différents résultats sur les distances parcourues par une espèce de bourdon dont la taille est semblable aux espèces présentes dans l’aire de répartition de l’hydraste du Canada en Ontario. La distance maximale mesurée dans le cadre d’études de marquage-recapture était de 1 750 m (Walther-Hellwig et Frankl, 2000).

En conclusion, l’analyse qui précède rend compte des différences suivantes entre le tableau 1 et le programme de rétablissement provincial en ce qui concerne le nombre de populations :

  1. La population désignée EO2519, dans le comté d’Essex, comprend les quatre groupes d’hydraste du Canada considérés comme des populations distinctes associées au site F dans le programme de rétablissement provincial;
  2. Les deux populations désignées EO5514 et EO5516 dans le comté de Lambton comprennent les sept groupes d’hydraste du Canada considérés comme des populations distinctes associées au site G dans le programme de rétablissement provincial (le site G se trouve dans la région géographique du comté de Lambton, et non dans le comté d’Essex, comme il est indiqué dans le programme de rétablissement provincial);
  3. La population désignée EO11341, dans le comté de Lambton, comprend les deux groupes d’hydraste du Canada considérés comme des populations distinctes associées au site M et le groupe considéré comme une population associée au site O dans le programme de rétablissement provincial.

Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) en Ontario

Plan de rétablissement de l'hydraste du Canada
Photo © Sam Brinker
Programme de rétablissement préparé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.

Ministère des Richesses naturelles

Septembre 2010

Cette série présente l’ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l’intention du gouvernement de l’Ontario en ce qui concerne l’approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La Province s’assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l’état sauvage.

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce. Un programme de rétablissement présente de l’information sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement visant l’habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l’élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l’inscription d’une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d’un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu’au 30 juin 2013) est prévue pour l’élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l’Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Neuf mois après l’élaboration d’un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l’Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d’un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles

Jolly, D.W. 2016. Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) en Ontario. Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario. Préparé pour le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, Peterborough, Ontario. vi + 37 p.

Sam Brinker

Dave Jolly, EARTHQUEST (Canada) for the Environment

L’auteur a bénéficié de l’aide et du soutien de nombreuses personnes dans son travail. Les personnes suivantes ont fourni de l’information et des conseils lors de la préparation du présent document : Mike Oldham, Centre d’information sur le patrimoine naturel; Emily Slavik, Services aux visiteurs, parc provincial Rondeau; et Rhonda Donley, district de Cochrane, ministère des Richesses naturelles et des Forêts (MRNF). Rachel White, du Huron Stewardship Council, a produit un rapport pertinent demeuré inédit sur les populations historiques du comté de Huron qui a fourni de nouvelles données sur ces populations.

Nous soulignons la participation des personnes suivantes à la réalisation des relevés des populations de l’espèce :

Shannon Wood, de l’Office de protection de la nature de la vallée de la Saugeen, Jarmo Jalava, de la Carolinian Canada Coalition, et Nancy Davy, du COSEPAC, ont enrichi le présent rapport en fournissant une version préliminaire très utile de la mise à jour du rapport de situation du COSEPAC sur l’espèce, rédigée par Adrianne Sinclair et Paul Catling, qui est actuellement en cours de préparation. Adrianne Sinclair (Ph. D.) et Holly Bickerton ont également fourni un rapport confidentiel sur les relevés qu’elles ont menés en 2015. M. Charles Cecile, qui a récemment découvert une nouvelle population d’hydraste du Canada dans le comté de Wellington, en 2013, a fourni à l’auteur des preuves de ses résultats et observations. L’auteur remercie également David White, consultant indépendant retraité, de lui avoir fourni un exemplaire du rapport de situation du COSEPAC, ainsi que Melody Cairns, écologiste de zone, MRNF, Parcs Ontario - Zone du Sud-Ouest, qui a fourni de l’information à jour sur les deux populations d’hydraste du Canada se trouvant dans des parcs provinciaux. Liezl Arciaga, de Premier Environmental, a offert des services de correction et participé à la préparation du programme de rétablissement en vue du processus de révision. Enfin, Amelia Argue et Jay Fitzsimmons, de la Section du rétablissement des espèces en péril, Direction des politiques de conservation des espèces du MRNF, ont révisé la version provisoire du programme de rétablissement, participé au processus de révision et fourni des commentaires instructifs et très utiles.

Le Programme de rétablissement de l’hydraste du Canada a été élaboré conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD), afin de conseiller le gouvernement de l’Ontario, d’autres autorités responsables et les nombreuses parties concernées par le rétablissement de l’espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les points de vue de toutes les personnes qui ont prodigué des conseils ou participé à son élaboration, ni la position officielle des organismes avec lesquels ces personnes sont associées.

Les buts, les objectifs et les approches de rétablissement présentés dans le programme se fondent sur les meilleures connaissances disponibles et pourraient être modifiés au fur et à mesure que de nouveaux renseignements deviennent disponibles. La mise en œuvre du présent programme de rétablissement est assujettie aux crédits budgétaires, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences responsables et des organisations participantes.

Le succès du rétablissement de l’espèce dépend de l’engagement et de la coopération des nombreuses parties qui participeront à la mise en œuvre des mesures définies dans ce programme.

Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario

Environnement et Changement climatique Canada -Service canadien de la faune, Ontario

Agence Parcs Canada

L’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) est une herbacée vivace longévive qui pousse dans les terrains boisés décidus humides en Ontario. L’hydraste du Canada est actuellement inscrit à titre d’espèce menacée en Ontario en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) de la province. Le Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) a attribué une cote de conservation de S2 à l’espèce, signifiant qu’elle est en péril en Ontario.

En Ontario, la situation de l’hydraste du Canada est demeurée relativement stable au cours des quatre dernières décennies, l’espèce comptant environ 24 populations naturelles existantes (qui sont, par définition, séparées par au moins 1 km). Ces populations sont disséminées dans sept comtés et municipalités régionales. L’espèce était plus largement répartie par le passé, peut-être même jusque dans l’est de l’Ontario. Les populations actuelles de la province sont essentiellement confinées à la région de la forêt décidue (écorégion 7E) du sud-ouest de l’Ontario, et se trouvent pour la plupart dans la moitié ouest de cette région, autour du lac Huron. Il existe une population non indigène dans la région de la forêt des Grands-Lacs et du Saint-Laurent (écorégion 6E).

Les principales menaces qui pèsent sur les populations de l’Ontario sont l’altération du régime de perturbations naturelles, le déboisement, la destruction ou la fragmentation de l’habitat, les changements touchant l’hydrologie et le drainage, la récolte, les espèces envahissantes et le piétinement d’individus de l’espèce. Le but du rétablissement pour l’hydraste du Canada en Ontario consiste à maintenir les populations existantes à des niveaux durables. La réalisation de recherches sur le régime de perturbations naturelles privilégié par l’hydraste du Canada devrait orienter les approches à adopter en matière de gestion de la conservation. Les objectifs de protection et de rétablissement suivants sont recommandés en vue de la réalisation du but du rétablissement de l’espèce.

  1. Effectuer l’inventaire et le suivi de toutes les populations existantes d’hydraste du Canada et de l’habitat de l’espèce dans son aire de répartition indigène du sud de l’Ontario.
  2. Combler les lacunes dans les connaissances concernant les besoins de l’espèce en matière d’habitat.
  3. Gérer et protéger l’habitat dans tous les sites des populations existantes en Ontario.
  4. Élaborer et mettre en œuvre des programmes de sensibilisation et d’intendance destinés aux propriétaires de terres privées.
  5. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie et la conservation de l’espèce, notamment sur sa multiplication et sa réintroduction potentielles.

Il est recommandé que l’aire à prescrire comme habitat dans un règlement sur l’hydraste du Canada comprenne la zone d’occupation au sein de laquelle l’espèce se trouve, le polygone de l’écosite de la Classification écologique des terres (CET), plus une zone additionnelle de végétation naturelle large de 50 m. Dans le cas des individus de l’espèce se trouvant à moins de 50 m de la bordure d’un polygone, une distance minimale de 50 m calculée à partir de la limite extérieure de la population et autour de chaque individu est recommandée aux fins du règlement sur l’habitat. Il est par ailleurs recommandé d’exclure du règlement sur l’habitat les plants d’hydraste du Canada qui sont cultivés (c.-à-d. les plants cultivés commercialement, à des fins de multiplication ou à des fins médicinales).

Les termes techniques, y compris la signification des abréviations ci-dessus, sont définis dans le glossaire.

Description de l’espèce

L’hydraste du Canada (Hydrastis canadensis), aussi appelé « sceau d’or » en français ainsi que « Orangeroot » et « Yellow-puccoon » à l’échelle locale en anglais, est une herbacée vivace longévive qui mesure 20 à 50 cm de hauteur. Les feuilles inférieures, intermédiaires et supérieures de l’hydraste du Canada sont palmées Note1.1 et comportent un à neuf lobes divergents par rapport à la partie centrale de la feuille (NatureServe, 2014). Les feuilles de l’espèce ressemblent superficiellement à celles des érables (Acer spp.). Elles sont habituellement alternes ou sub-opposées sur la tige principale de la plante (Jolly, 2015). Leur marge est généralement doublement dentée ou grossièrement dentée en scie. Le nombre de feuilles varie en fonction de l’âge, les jeunes plantes possédant une seule feuille et les plantes plus âgées et matures sur le plan reproducteur en possédant deux ou trois. Les plantes produisant une fleur ont une seule feuille et sont âgées d’au moins deux ou trois ans. Les plantes à deux feuilles ont de quatre à six ans et les plantes à trois feuilles ont plus de six ans (Jolly, 2015).

Les feuilles de l’hydraste du Canada peuvent être confondues avec celles d’autres espèces en Ontario, particulièrement aux premiers stades de la croissance. Les plantules de l’espèce âgées de un ou de deux ans sont reconnaissables à leur tige, qui peut être pubescente, mesure environ 5 cm de hauteur, est rougeâtre vers la base et est rattachée à une racine jaune vif (Riley, 2009). Certains individus plus âgés possèdent seulement des cotylédons, soit leur première paire de feuilles, au début du printemps (NatureServe, 2014). La structure générale des individus possédant uniquement des cotylédons peut faire en sorte que ceux-ci soient confondus sur le terrain avec d’autres espèces à feuilles palmées poussant au début du printemps, dont le géranium maculé (Geranium maculatum) et la sanicule du Maryland (Sanicula marilandica). Plus tard durant la saison, après le déploiement et l’expansion complets des feuilles, les feuilles de l’hydraste du Canada peuvent ressembler à celles en forme de feuille d’érable d’autres espèces, comme le podophylle pelté (Podophyllum peltatum) et le pétasite palmé (Petasites frigidus var. palmatus) (Cherniawsky et Bayer, 1998).

La racine est un rhizome jaune vif ou orange mesurant 4 à 7 cm de longueur et 0,5 à 2 cm de largeur à l’état frais (Sinclair et Catling, 2000b), recouvert de fines radicelles jaunes. Des cernes annuels de croissance ont été observés dans des rhizomes (Jolly, 2016) et peuvent servir à mesurer l’âge des individus de l’espèce.

La fleur solitaire (figure 1), située à la base de la feuille supérieure, se distingue par le fait qu’elle est dépourvue de pétales ou de sépales faciles à voir (Gleason et Cronquist, 1991; Jolly, 2015). Elle possède de nombreuses étamines (organes mâles de la fleur) blanches et voyantes, dont le nombre peut atteindre 50. Le diamètre moyen de la fleur est de 1,4 cm (EARTHQUEST, 2014). Les fleurs fécondées produisent des fruits qui parviennent à maturité en juin ou juillet et contiennent chacun 10 à 30 graines foncées et luisantes (Sinclair, 2002; USDA Forest Service, 2003; NatureServe, 2014; Jolly, 2015). Le fruit ressemble quelque peu à une framboise et est issu d’un ensemble de pistils, ou carpelles (organes femelles de la fleur), fécondés (Sinclair et Catling, 2000b). Chacun des pistils, ou carpelles, fécondés (par des insectes pollinisateurs) qui forment cet ensemble peut contenir 1 ou 2 akènes.

Figure 1. Structure de la fleur de l’hydraste du Canada.
Structure de la fleur de l’hydraste du Canada
Photo: © Dave Jolly
Biologie de l’espèce

L’émergence d’individus de l’espèce sous forme de plantules pourvues de cotylédons a été observée en Ontario entre le 28 avril et le 10 mai, avant la fermeture complète du couvert de l’étage supérieur (EARTHQUEST, 2014). La floraison peut se produire plusieurs jours après l’émergence. La floraison a été observée jusqu’au 30 mai en Ontario (EARTHQUEST, 2014). À la première gelée (mi-octobre à fin octobre), la plupart des individus de l’espèce meurent (Sinclair et Catling, sous presse), certains pouvant persister jusqu’en décembre (D. Jolly, obs. pers., 2014). L’hydraste du Canada passe l’hiver sous forme de graines ou de rhizomes. Peu de données ont été publiées sur le temps qui s’écoule entre la germination des graines et l’obtention d’individus sexuellement matures produisant des fruits viables en milieu naturel.

L’hydraste du Canada peut se reproduire à la fois par voie asexuée (nouvelles pousses issues des rhizomes) et par voie sexuée (graines produites par autofécondation ou par fécondation croisée). L’autofécondation est courante chez la plupart des plantes à fleurs possédant à la fois des organes reproducteurs mâles et femelles, et a été observée par des chercheurs chez l’hydraste du Canada (Sanders, 2004). La reproduction asexuée est assurée par la formation de ramets végétatifs sur les rhizomes entre le 27 octobre et le 8 novembre (Jolly, 2015; Jolly, 2016; Sinclair et Catling, sous presse). Chaque rhizome peut produire de une à huit tiges, ce qui complique l’estimation du nombre d’individus composant une population. La reproduction sexuée par fécondation croisée est probablement assurée par l’intervention d’insectes pollinisateurs. Les plantes ne fleurissent pas avant d’avoir atteint deux ou trois ans et de posséder au moins une feuille. L’âge le plus avancé observé pour une première floraison est de cinq ans (NatureServe, 2014). Les quelques insectes observés sur des fleurs d’hydraste du Canada en Ontario comprennent des halictidés (Lasioglossum spp.), des bourdons (Bombus spp.) (Sinclair et al., 2000; Sinclair, 2002) et des mouches de la famille des Syrphidés (Environment Canada, 2011). La pollinisation ne semble pas être un facteur qui limite la croissance de la population et la multiplication de l’hydraste du Canada en Ontario (Environment Canada, 2011).

On croit que la dispersion des graines serait facilitée par les animaux qui se nourrissent des fruits mûrs de l’espèce (Tait, 2006; Lonner, 2007; D. Jolly, obs. pers., 2014). Sinclair et al. (2000) ont constaté que le Carouge à épaulettes (Agelaius phoeniceus) pouvait être un agent de dispersion efficace, mais qu’il ne dispersait peut-être pas les graines dans des sites de germination appropriés (Environment Canada, 2011). Tait (2006) a inféré que les oiseaux pouvaient transporter les fruits rouge vif contenant les graines sur de plus grandes distances que les autres organismes contribuant à la dispersion de celles-ci. Certains chercheurs avancent que ces autres organismes pourraient être des fourmis, mais sans préciser les espèces en cause (Albrecht et McCarthy, 2011).

L’hydraste du Canada forme souvent des touffes, car elle se reproduit en partie par voie asexuée et que la dispersion de ses graines est probablement limitée (Eichenberger et Parker, 1976; Sinclair et Catling, 2000a). Dans une étude portant sur l’hydraste du Canada en Ohio, Eichenberger et Parker (1976) ont constaté que les touffes présentes dans les forêts intérieures comptaient plus d’individus que les touffes se trouvant à la lisière des forêts. Les individus issus d’une reproduction asexuée (formation de pousses sur les rhizomes) présentent un taux de croissance inférieur à celui des individus issus de graines (Lonner, 2007). Sanders (2004) a noté que le mode de reproduction de l’hydraste du Canada (reproduction sexuée ou végétative) ne constituait probablement pas un facteur limitatif important pour la répartition ou l’abondance de l’espèce. Dans le cadre d’une étude portant sur trois populations d’hydraste du Canada de l’Ohio, 87,5 % des nouvelles plantules résultaient d’une reproduction asexuée, et 12,5 % résultaient d’une reproduction sexuée (Christensen et Gorchov, 2010). Sinclair et Catling (sous presse) ont observé que 24 % des populations de l’Ontario en moyenne produisaient des fleurs saines et viables au cours d’une année donnée. Lors des relevés qu’ils ont réalisés sur le terrain en 2015, Sinclair et Bickerton ont toutefois noté que 31 % des 14 populations étudiées étaient en fleurs (COSEWIC, 2016). Les individus florifères produisent habituellement des fruits en Ontario (Sinclair et al., 2005).

Comme les rhizomes de l’hydraste du Canada sont parfois récoltés illégalement (voir la section sur les menaces), l’impact de la coupe de rhizomes est un aspect très important de la biologie de l’espèce du point de vue de la gestion de la conservation. On ignore les taux de rétablissement auxquels on peut s’attendre en fonction de différents niveaux de récolte, compte tenu des taux de mortalité naturels. Selon des résultats limités obtenus en laboratoire et sur le terrain, l’hydraste du Canada peut produire de nouvelles tiges à partir de fragments de racines laissés après la récolte, mais ces tiges sont généralement plus courtes et moins nombreuses et portent moins souvent de fleurs que les tiges issues de racines intactes (Van der voort et al., 2003). Ces résultats sont corroborés par les observations faites par Tait (2006) dans des populations d’hydraste du Canada de l’Ohio.

La répartition mondiale de l’hydraste du Canada se limite à l’est de l’Amérique du Nord, principalement aux États-Unis. Aux États-Unis, l’espèce pousse dans les sols riches et humides des forêts décidues. Son aire de répartition s’étend de la Nouvelle-Angleterre, à l’est, jusqu’au sud du Minnesota et au nord-est du Kansas, à l’ouest, et du Mississippi, de l’Alabama et de la Géorgie, au sud, jusqu’au Wisconsin, au nord. L’hydraste du Canada est actuellement classé comme espèce rare (S3) en Indiana et dans la plupart des autres États américains sauf l’Illinois, le Kentucky, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie-Occidentale et le Wisconsin (BONAP, 2013; NatureServe, 2014).

Au Canada, l’hydraste du Canada est en grande partie confiné à la région de la forêt décidue (écorégion 7E) du sud-ouest de l’Ontario, entre la rive nord du lac Érié et les extrémités sud du lac Huron, de Windsor à Goderich (COSEWIC, 2000). L’occurrence la plus septentrionale de l’espèce en Ontario se trouve dans le comté de Grey, mais cette population a été plantée et s’est propagée dans le terrain boisé voisin (White, 1990; J. Penner, comm. pers., 2014).

De façon générale, l’abondance de l’hydraste du Canada en Ontario semble augmenter; l’abondance diminue dans certaines colonies (sites C, E, L et O, tableau 1), alors qu’elle augmente dans d’autres (Sinclair et Catling, sous presse). On ignore combien de colonies d’hydraste du Canada (groupes d’individus de l’espèce séparés par une distance de 500 m) existaient en Ontario avant 1957, mais elles étaient probablement plus étendues qu’aujourd’hui. La plupart des études sur des colonies de l’Ontario ont été réalisées entre 1989 et 2001 (A. Sinclair, comm. pers., 2014); environ 14 500 tiges ont été répertoriées en 1998 (Sinclair et Catling, 2002). L’origine de la population récemment découverte dans le comté de Wellington (site P, tableau 1 ) est incertaine, même si cette population est considérée comme indigène (COSEWIC, 2016). Néanmoins, si on l’ajoute aux 13 populations connues qui ont fait l’objet de nouveaux relevés (COSEWIC, 2016) en 2015, le nombre total de tiges d’hydraste du Canada indigène présentes à l’état sauvage en Ontario est estimé à environ 76 053 tiges, réparties en 24 populations (figure 2 ; tableau 1 ). L’augmentation de certaines populations observée entre 1998 et 2015 pourrait être attribuable à des perturbations du couvert forestier notamment dues à l’agrile du frêne (Agrilus planipennis) (site M, tableau 1 ) et à la mortalité de caryers (site H, tableau 1 ) (COSEWIC, 2016). L’application non uniforme des protocoles de relevé complique l’interprétation des résultats des relevés antérieurs. Ainsi, dans le cadre de certains relevés, on a supposé que chaque tige représentait un individu de l’espèce, alors que dans la réalité, plusieurs tiges peuvent provenir d’une même racine. Un site est défini comme étant un groupe d’individus de l’espèce se trouvant à moins de 1,5 km les uns des autres. L’auteur considère que les populations sont distinctes lorsqu’elles sont séparées par au moins 1 km, conformément à l’approche employée par le COSEPAC, NatureServe et le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario (CIPN). Les groupes d’individus de l’espèce se trouvant à moins de 500 m les uns des autres sont considérés comme des sous-populations faisant partie d’une même population, et sont appelés « colonies » dans le présent rapport. Une population d’hydraste du Canada renferme souvent plus d’une colonie. On compte actuellement environ 79 colonies distinctes composées de quelques individus à plusieurs centaines de ramets (c.-à-d. de tiges végétatives issues d’un parent) dans les populations d’hydraste du Canada de la province de l’Ontario (Sinclair et Catling, 2000b; Mulligan et Gorchov, 2004; Sanders et McGraw, 2005). Les modèles matriciels de projection donnent à penser que les tiges florifères constituent le facteur le plus important qui contribue à la croissance de la population d’hydraste du Canada en Ontario (Sinclair et al., 2005).

Figure 2. Répartition par comté des populations d’hydraste du Canada existantes, disparues et historiques en Ontario (NHIC, 2014b). Les populations considérées comme plantées sont exclues.
Répartition par comté des populations d’hydraste du Canada existantes
Description longue de la figure 2

La répartition des types de populations par comté est la suivante : la région de Niagara renferme des populations historiques et disparues; dans les comtés de Brant et de Wellington, la population est existante; les comtés de Huron et d’Essex renferment des populations existantes, historiques et disparues; les comtés de Middlesex, de Lambton et de Chatam-Kent renferment des populations existantes et historiques.

Tableau 1. Sommaire des populations existantes connues d’hydraste du Canada en Ontario, répertoriées entre 1957 et 2015 (Botham, 1981; White, 1990; Morningstar, 2005; Environment Canada, 2011; NHIC, 2014b; Sinclair et Catling, sous presse; EARTHQUEST, 2014; C. Cecile, comm. pers., 2014).
Comté/ région Nom du site Statut du site Nombre de colonies/ populations connues Année du dernier relevé/de la dernière observation Nombre approximatif de tiges Observateur(s)
Comté de Brant A Existant 1 colonie; 1 population 2014 26 122 Dave Jolly, Nata Mateev, Kathryn Markham, Lindsay Campbell (2014), Derek Morningstar (2005)
Comté de Chatham- Kent B Historique 1 colonie; 1 population 1986 70 Ian Macdonald
Comté de Chatham- Kent C Existant 4 colonies; 1 population 2015 397 Adrianne Sinclair et Holly Bickerton (2015), Adrianne Sinclair et Paul Catling (1998), David White (1989), Mike Oldham et Gary Allen (1986), R. Zavitz (1964), James Soper et M. Landon (1957)
Comté de Chatham- Kent D Existant 2 colonies; 1 population 2014 100a Melody Cairns (2014), Dave Jolly (2009), Allen Woodliffe (2006), Ramsay Hart et al. (2002)
Comté d’Essex E Existant 6 colonies; 1 population 2015 2 179 Adrianne Sinclair et Holly Bickerton (2015), Adrianne Sinclair et Paul Catling (1998)
Comté d’Essex F Existant 27 colonies; 4 populations 2015 21 384 Adrianne Sinclair et Holly Bickerton (2015), Adrianne Sinclair et Paul Catling (1998), David White (1989), Mike Oldham et Gary Allen (1986), William Botham (1973)
Comté d’Essex G Existant 22 colonies; 7 populations 1998 1 607 Adrianne Sinclair et Paul Catling (1998), Gary Allen et Allen Woodliffe (1985 - 1989)
Comté de Huron H Existant 5 colonies; 1 population 2015 8 308
Adrianne Sinclair et Holly Bickerton (2015), Dave Jolly (2014; 1 colonie), Julia Riley (2009), K. Vlasman (2005), Adrianne Sinclair (1998), Mike Oldham (1995)
Comté de Lambton I Existant 1 colonie; 1 population 2008 6 (106 en 1998) Tim Payne (Office de la protection de la nature de la région de St. Clair, 2008), Adrianne Sinclair et Paul Catling (1998, 2000, 2001)
Comté de Lambton J Historique 1 colonie; 1 population 1958 Inconnu H. Lawrence
Comté de Lambton K Existant 2 colonies; 1 population 2015 6 832 Adrianne Sinclair et Holly Bickerton (2015), Adrianne Sinclair et Paul Catling (1998), David White (1991)
Comté de Lambton L Existant 2 colonies; 1 population 2015 149 Adrianne Sinclair et Holly Bickerton (2015), Adrianne Sinclair et Paul Catling, Larry Lamb (1980)
Comté de Lambton M Existant 4 colonies; 2 populations 2015 3 116 Confidentiel (2015, 2008)
Comté de Middlesex N Existant 1 colonie; 1 population 2010 430a + Melody Cairns (2014), Sandy Dobbyn (2007)
Comté de Middlesex O Existant 1 colonie; 1 population 2015 335 Adrianne Sinclair et Holly Bickerton (2015), Office de protection de la nature de la rivière Ausable (2008) Adrianne Sinclair et Paul Catling (1998)
Comté de Wellington P Existant 1 colonie; 1 population 2015 5 088 Adrianne Sinclair, Holly Bickerton, Charles Cecile (2015)
Tableau 1b. Populations considérées comme étant d’origine non indigène
Comté/ région Nom du site Statut du site Nombre de colonies/ populations connues Année du dernier relevé/de la dernière observation Nombre approximatif de tiges Observateur(s)
Comté de Grey Q Existant 1 colonie; 1 population 1998 50 544 Adrianne Sinclair (1998)
Comté de Stormont R Disparu 1 colonie; 1 population 1998 Inconnu Cité dans Sinclair et Catling (sous presse)
Tableau 1c. Populations auxquelles le CIPN n’a pas attribué de code d’occurrence d’élément (OE, EO en anglais)
Comté/ région Nom du site Statut du site Nombre de colonies/ populations connues Année du dernier relevé/de la dernière observation Nombre approximatif de tiges Observateur(s)
Région de Niagara S Disparu 1 colonie; 1 population 1894 Inconnu R. Cameron cité dans Plants of the Niagara Parks System of Ontario (1943)
Comté de Lambton T Disparu 1 colonie; 1 population Fin des années 1970 30 - 40 Environnement Canada (2011)

a Nombre exact d’individus de l’espèce non fourni par le ou les observateurs.

L’hydraste du Canada pousse généralement à l’intérieur ou en bordure des forêts décidues dont le sol est riche en nutriments et plutôt neutre (Sinclair et Catling, 2000a). Le couvert forestier peut être semi-ouvert à fermé, le pourcentage d’ombrage considéré comme optimal pour les populations de l’Ontario s’établissant à 47 à 80 % (Sinclair et Catling, 2001). L’hydraste du Canada est souvent associé aux zones forestières perturbées et à la lisière des forêts, ce qui donne à penser que l’espèce peut bénéficier d’un certain degré de perturbation (Sinclair et Catling, 2000b). Les populations de l’Ontario poussent dans des sols légèrement acides (5,4) à légèrement basiques (7,8) (Sinclair et Catling, sous presse), qui peuvent être des sols argileux, des loams sableux ou des loams (Riley, 2009). Le régime d’humidité peut être mésique-sec à mésique (Sinclair et Catling, sous presse).

Les essais de transplantation réalisés en Ontario ont donné de bons résultats. Les taux de germination mesurés lors d’expériences en phytotron étaient faibles (9 %) pour les graines sauvages de l’espèce, et l’ombrage favorisait la germination uniquement lorsque les conditions étaient sèches (Environment Canada, 2011). Les essais de transplantation menés sur le terrain en Ontario ont révélé que l’hydraste du Canada produisait plus de fleurs, de fruits et de graines lorsque le sol était perturbé (Sinclair et Catling, 2004). Il a été clairement démontré que la transplantation devait être considérée comme un outil efficace pour le rétablissement de l’hydraste du Canada et que le fait de retourner le sol pouvait augmenter le taux de réussite de la transplantation (Sinclair et Catling, 2004).

De nombreuses espèces végétales peuvent être présentes aux côtés de l’hydraste du Canada en Ontario, car l’hydraste du Canada peut pousser dans les communautés végétales basses, luxuriantes et diversifiées de plusieurs habitats (Sinclair et Catling, 2000b). Le sous-étage arbustif clairsemé peut être composé de diverses espèces, dont l’érable rouge (Acer rubrum) et le chêne bicolore (Quercus bicolor) (Sinclair et Catling, sous presse). Des listes d’espèces végétales associées aux populations d’hydraste du Canada en Ontario ont été compilées par White (1990), Sinclair et Catling (2000b, 2001) et le CIPN (NHIC, 2014b). Certaines espèces associées nouvelles ont été répertoriées dans la population du comté de Wellington découverte en 2013. Il s’agit notamment de la verge d’or à tige zigzaguante (Solidago flexicaulis), de la verge d’or géante (Solidago gigantea), du pigamon dioïque (Thalictrum dioicum), de l’érythrone d’Amérique (Erythronium americanum), de plusieurs espèces de carex (Carex spp.), de l’actée rouge (Actaea rubra), du trille blanc (Trillium grandiflorum), de la smilacine à grappes (Maianthemum racemosum) et de l’uvulaire à grandes fleurs (Uvularia grandiflora) (Cecile, 2014).

Les données sur la Classification écologique des terres (CET) concernant l’hydraste du Canada ont été mises à jour par le COSEPAC (COSEWIC, 2016) et par Jolly (2016). Jusqu’à présent, l’auteur et d’autres observateurs ont classé 12 communautés pour 11 sites abritant l’hydraste du Canada :

Cinq des 24 populations (21 %) d’hydraste du Canada sont situées sur des terres publiques, à l’intérieur de zones de protection de la nature, de parcs provinciaux et de réserves naturelles provinciales, qui sont des endroits relativement sûrs. Deux populations (8 %) se trouvent sur des terres des Premières Nations, alors que les 17 autres (71 %) sont situées sur des propriétés privées. Quelques populations pourraient subir des pressions découlant des activités humaines à cause du piétinement d’individus de l’espèce le long des sentiers, de la réduction du couvert forestier, de la coupe non sélective, de changements touchant l’hydrologie, dont le drainage, et de la récolte. Cependant, Sinclair et Catling (2000a, 2003, 2004) ont avancé que le piétinement d’individus de l’espèce, la réduction du couvert forestier et la coupe non sélective pouvaient avoir des effets bénéfiques, car ils stimulent les processus naturels de perturbation qui ont disparu des paysages du sud de l’Ontario à la suite de la colonisation. Les principales menaces qui pèsent sur les populations d’hydraste du Canada en Ontario comprennent l’altération du régime de perturbations naturelles, l’exploitation forestière, les changements touchant l’hydrologie et le drainage, la récolte, les inondations et les espèces envahissantes.

Altération du régime de perturbations naturelles

L’hydraste du Canada peut bénéficier des perturbations se produisant dans les terrains boisés, comme les inondations et les incendies. Ces perturbations étaient plus fréquentes avant l’établissement des colons européens (COSEWIC, 2000) et ont peut-être favorisé la dispersion de l’hydraste du Canada ou sa colonisation (Sinclair et Catling, 2004). La rareté récente de ces perturbations pourrait expliquer le fait que de nombreuses populations de l’espèce en Ontario vieillissent sans se propager (Sinclair et Catling, 2002; Sinclair et al., 2005). La réduction des perturbations dans les forêts peut avoir une incidence sur l’humidité du sol et les concentrations de nutriments et entraîner un ombrage excessif du sous-étage, autant de facteurs qui peuvent nuire à la colonisation de l’espèce. Les populations d’hydraste du Canada de l’Ontario sont souvent associées à des zones forestières perturbées, comme les sentiers et les bordures de forêt, ce qui donne à penser que les perturbations peuvent être bénéfiques (Sinclair et Catling, 2000a). De plus, les populations d’hydraste du Canada sont relativement plus grandes dans les petites parcelles d’habitat en Ontario, ce qui pourrait indiquer que la fragmentation de l’habitat favorise l’espèce (Sinclair et Catling, 2000a). Cette hypothèse a été vérifiée au moyen de relevés effectués dans l’un des plus grands peuplements indigènes d’hydraste du Canada en Ontario, dans le comté de Brant (site A) (Jolly, 2016), et au site H, dans le comté de Huron (COSEWIC, 2016). L’hydraste du Canada pourrait aussi avoir été favorisé par des animaux qui ont maintenant disparu, comme la Tourte voyageuse (Ectopistes migratorius), qui formait d’immenses bandes, ou des grands mammifères du Pléistocène. Ces animaux ont pu contribuer non seulement à la perturbation des milieux, mais aussi à la dispersion des graines (Sinclair et Catling, 2000b).

Déboisement

Une coupe sélective a été effectuée dans l’habitat de neuf populations, principalement sur des propriétés privées ou à proximité d’une zone d’intérêt naturel et scientifique (ZINS), et contribue à la disparition ou au déclin de l’hydraste du Canada dans trois localités (Environment Canada, 2011). Si des pratiques d’aménagement forestier exemplaires et normalisées ne sont pas mises en œuvre durant les activités de coupe sélective, le microhabitat modifié peut ne plus être en mesure de soutenir des populations saines d’hydraste du Canada. Les observations notées par Mulligan (2003) dans son étude sur l’impact des pratiques d’exploitation forestière sur l’hydraste du Canada sont également valables ici : une coupe sélective trop intensive permet à une trop grande quantité de lumière d’atteindre le sol de la forêt. Les pratiques d’exploitation forestière et les activités commerciales de déboisement ont été associées au déclin de populations d’hydraste du Canada aux États-Unis, particulièrement en Ohio. À un site de l’Ohio, qui avait fait l’objet d’une exploitation forestière quelques semaines auparavant, Mulligan (2003) a observé un vieillissement prématuré d’individus de l’espèce dû à leur pleine exposition aux rayons directs du soleil, le couvert forestier ayant été presque entièrement éliminé. Les perturbations causées par les débris ligneux laissés dans les colonies d’hydraste du Canada ou par le compactage du sol attribuable à la machinerie commerciale peuvent également nuire au drainage du sol. Il existe de nombreuses preuves attestant que des individus de l’espèce en Ontario et leur habitat immédiat sont fréquemment endommagés par les activités d’exploitation forestière (Environment Canada, 2011).

Destruction ou fragmentation de l’habitat

Les activités de développement, comme la construction d’habitations, peuvent entraîner la destruction ou la fragmentation de l’habitat. Cette menace a été documentée et aurait causé la disparition locale d’individus de l’espèce dans une population située en grande partie sur des terres des Premières Nations (A. Sinclair, comm. pers., 2014). En raison du déboisement, certains habitats de première qualité pour l’espèce ont pu être convertis en lotissements résidentiels. Sur le site de deux autres populations situées sur des propriétés privées, le couvert forestier a été altéré ou éliminé à la suite du défrichage de lots en vue de la construction de maisons. Cette activité pourrait avoir des effets négatifs sur la survie et le taux de croissance de l’hydraste du Canada en augmentant l’exposition aux rayons directs du soleil.

Changements touchant l’hydrologie et le drainage

Les végétaux sont affectés par les conditions de sécheresse prolongée; les graines peuvent se dessécher, et la production de fruits et de graines diminue (Sinclair et Catling, 2001). La modification du régime hydrique (p. ex. barrages), le drainage agricole et les variations des conditions climatiques locales peuvent restreindre la croissance et la multiplication de l’hydraste du Canada (Sinclair et Catling, 2001). Les crues des cours d’eau en bordure desquels pousse l’espèce ne semblent pas être aussi importantes qu’elles l’étaient par le passé (Environment Canada, 2011). Une population se trouve à proximité d’un important corridor routier (site L, tableau 1 ), ce qui pourrait avoir modifié l’hydrologie du sol et le drainage (Environment Canada, 2011; NHIC, 2014b). Comme l’hydraste du Canada est associé aux forêts qui se trouvent en bordure de cours d’eau en Ontario, les changements touchant l’hydrologie du sol et le drainage qui résultent de l’utilisation des terres adjacentes aux zones riveraines (comme l’agriculture, les travaux de nivellement, l’aménagement de fossés, l’exploitation de sablières ou de carrières) peuvent aussi représenter une menace importante pour la qualité de l’habitat et son caractère convenable.

Récolte

La racine de l’hydraste du Canada sauvage, utilisée à des fins médicinales, est prisée des cueilleurs en Ontario (NHIC, 2014a) et aux États-Unis (Gagnon, 1999; Mulligan, 2003; Lonner, 2007; NatureServe, 2014; Sinclair et Catling, sous presse). L’espèce est bien connue pour ses propriétés apaisantes et curatives agissant sur les muqueuses des voies respiratoires, du tube digestif et de l’appareil génito-urinaire qui sont affectées par des allergies ou des infections (Lenarduzzi, 2000). Les teintures fabriquées à partir des racines auraient le pouvoir de soulager les maux d’estomac (Sinclair, 2002) et sont utilisées pour favoriser la constriction des vaisseaux sanguins, ce qui diminue l’inflammation (Lenarduzzi, 2000; Plants for a Future, 2009).

Le taux de déclin de 10 % observé chez la population nord-américaine d’hydraste du Canada en raison de la récolte d’individus sauvages pourrait contribuer à la disparition de l’espèce au fil du temps (Mulligan et Gorchov, 2004). La menace posée par la récolte et le commerce international a justifié l’inscription de l’espèce à l’annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) le 8 juin 1998 (Sinclair et Catling, sous presse). La menace associée à la récolte est considérée comme moyenne en Ontario (Sinclair et Catling, sous presse). Bien que la menace ne soit pas aussi manifeste dans cette province qu’ailleurs, elle pourrait être plus importante dans le cas de certaines populations de petite taille qui poussent à proximité de sentiers. Ces populations se trouvent en grande partie sur des terres publiques et, dans une moindre mesure, sur des propriétés privées. Sinclair et Catling (sous presse) ont noté que comme l’accès du public aux terres privées était restreint, les plantes qui y poussaient étaient peut-être davantage à l’abri des cueilleurs. Une population risquerait d’être récoltée si son emplacement était révélé au public (C. Cecile, comm. pers., 2014). Sur une période de quatre ans (1998 - 2001), Sinclair et Catling (2000b) ont découvert que seulement 2 populations sur 20 présentaient des signes de récolte. Ils ont vu des trous dans le sol; les parties végétatives d’environ 90 individus de l’espèce avaient été laissées et les rhizomes avaient été prélevés. Toutefois, aucun signe de récolte n’a été observé durant les visites effectuées à 11 sites en 2003, 10 sites en 2004 (Environment Canada, 2011) et 13 sites en 2015 (COSEWIC, 2016). Trois populations de l’Ontario qui courent un risque de récolte en raison de leur proximité à des sentiers récréatifs sont situées sur des terres publiques détenues et gérées par des offices de protection de la nature ou des parcs provinciaux (NHIC, 2014b). Des gens ont été vus en train de récolter de l’ail des bois (Allium tricoccum) sur des terres publiques situées à proximité du site du comté de Brant (site A dans le tableau 1 ) en 2010 (Jolly, 2016).

Espèces envahissantes

La perturbation de l’habitat de l’hydraste du Canada par des facteurs naturels ou liés à l’activité humaine favorise l’expansion des espèces exotiques envahissantes comme l’alliaire officinale (Alliaria petiolata). L’alliaire officinale est présente en nombres importants dans trois populations indigènes d’hydraste du Canada et pourrait y supplanter cette dernière espèce. Les effets de l’alliaire officinale et la gravité de la menace qu’elle représente pour l’hydraste du Canada ne sont pas connus. On sait toutefois que l’alliaire officinale inhibe la germination des graines et la croissance de plusieurs autres espèces indigènes en interférant avec la croissance de leurs racines (Roberts et Anderson, 2001) et que cette espèce est considérée comme une menace pour la biodiversité indigène au Canada (Catling et al., 2015). De plus, trois sites abritant l’hydraste du Canada, soit le site F, dans la région d’Essex, le site H, dans le comté de Huron, et le site M, dans le comté de Lambton, hébergent aussi des espèces arbustives envahissantes comme l’herbe à puce (Toxicodendron radicans) et de nombreuses espèces ligneuses non indigènes comme le chèvrefeuille de Tartarie (Lonicera tatarica), l’épine-vinette commune (Berberis vulgaris), l’épine-vinette du Japon (Berberis thunbergii), le chèvrefeuille du Japon (Lonicera japonica), le troène commun (Ligustrum vulgare), le rosier multiflore (Rosa multiflora) et des framboisiers (Rubus spp.). Une autre espèce envahissante ayant été observée dans les populations des comtés de Brant et de Wellington est le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) (D. Jolly, obs. pers., 2014; C. Cecile, comm. pers., 2014).

Piétinement d’individus de l’espèce

Treize populations d’hydraste du Canada de l’Ontario sont situées à proximité ou le long de sentiers fréquemment utilisés pour la randonnée pédestre ou d’autres activités récréatives. En raison de leur proximité aux sentiers, des individus de l’espèce peuvent être piétinés. L’impact d’un tel piétinement est visible dans au moins trois sites, soit le site A, dans le comté de Brant, le site F, dans la région d’Essex, et le site H, dans le comté de Huron ( tableau 1 ) (Riley, 2009; D. Jolly, obs. pers., 2014; COSEWC, 2016), qui se trouvent sur des terres publiques ou dans une zone de protection de la nature. De même, Riley (2009) a constaté, lors du relevé qu’elle a effectué, que les menaces les plus notables pesant sur l’hydraste du Canada étaient la proximité d’un sentier de randonnée et la mortalité de caryers cordiformes (Carya cordiformis) créant de grandes ouvertures dans le couvert forestier. Catling et Kostuik (2011) ont observé que les sentiers de randonnée avaient un effet bénéfique, plutôt que néfaste, sur des populations d’orchidées sauvages poussant à proximité. Cette constatation corrobore l’opinion de Sinclair (Environment Canada, 2011) selon laquelle les sentiers de randonnée pourraient aussi avoir un effet bénéfique sur l’hydraste du Canada. Le site C, dans le comté de Chatham-Kent, les sites E et F, dans la région d’Essex, le site L, dans le comté de Lambton, et le site O, dans le comté de Middlesex (tableau 1), pourraient subir des dommages causés par l’utilisation autorisée ou non de véhicules tout-terrain (VTT) en dehors des pistes, qui écrasent accidentellement la végétation sur leur passage. Cependant, cette menace à court terme pourrait être contrebalancée à long terme par la perturbation du sol et l’écrasement d’espèces végétales concurrentes.

Il existe un certain nombre de lacunes dans les connaissances qui pourraient nuire aux initiatives de rétablissement de l’hydraste du Canada en Ontario. Ces lacunes sont liées à notre compréhension de la qualité de l’habitat de l’hydraste du Canada et aux connaissances sur les pollinisateurs et les vecteurs de dispersion animaux de l’espèce, les pathogènes et les maladies qui l’affectent ainsi que les facteurs qui influent sur sa croissance et sa reproduction. Les lacunes dans les connaissances et les questions devant faire l’objet de recherches sont précisées ci-dessous.

Jusqu’à présent, les mesures visant le rétablissement de l’hydraste du Canada qui sont achevées ou en cours se limitent à des relevés des populations et à des initiatives de mobilisation des propriétaires fonciers, de suivi, de cartographie et d’éducation. Il n’existe aucun protocole de relevé officiel pour l’hydraste du Canada. Un tel protocole faciliterait la réalisation d’activités normalisées de relevé, de cartographie, d’inventaire et de suivi. EARTHQUEST élabore actuellement une méthode de relevé fondée sur les pratiques de gestion exemplaires pour les espèces végétales en péril de l’Ontario. Cette méthode pourrait être utilisée par les professionnels et les praticiens d’ici la fin de 2016. Une fois publiée, cette méthode pourrait constituer une base solide pour l’établissement de programmes de suivi. Les mesures de rétablissement en cours comprennent ce qui suit.

Le but du rétablissement pour l’hydraste du Canada en Ontario consiste à maintenir les populations existantes à des niveaux durables.

Tableau 2. Objectifs en matière de protection et de rétablissement.
No Objectif en matière de protection ou de rétablissement
No Objectif en matière de protection ou de rétablissement
1 Effectuer l’inventaire et le suivi de toutes les populations d’hydraste du Canada et de l’habitat de l’espèce dans son aire de répartition indigène du sud de l’Ontario.
2 Combler les lacunes dans les connaissances concernant les besoins de l’espèce en matière d’habitat.
3 Gérer et protéger l’habitat dans tous les sites des populations existantes en Ontario.
4 Élaborer et mettre en œuvre des programmes de sensibilisation et d’intendance destinés aux propriétaires de terres privées.
5 Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie et la conservation de l’espèce, notamment sur sa multiplication et sa réintroduction potentielles.
Tableau 3 . Approches de rétablissement de l’hydraste du Canada en Ontario.
Objectif en matière de protection ou de rétablissement Priorité relative Échéancier relatif Volet du rétablissement Approche de rétablissement Menaces ou lacunes dans les connaissances visées
1. Effectuer l’inventaire et le suivi de toutes les populations d’hydraste du Canada et de l’habitat de l’espèce dans son aire de répartition indigène du sud de l’Ontario. Critique En cours Inventaire, suivi et évaluation
  • Établir et structurer des programmes de suivi pour toutes les populations.
    • Veiller à ce que les données soient recueillies de manière systématique et uniforme, selon une méthode de relevé normalisée et un protocole établi spécifiquement pour l’hydraste du Canada d’après les techniques de relevé élaborées par Adrianne Sinclair (Ph. D.) (Sinclair, 2002).

Lacunes dans les connaissances :

  • habitat convenable
1. Effectuer l’inventaire et le suivi de toutes les populations d’hydraste du Canada et de l’habitat de l’espèce dans son aire de répartition indigène du sud de l’Ontario. Critique En cours Inventaire, suivi et évaluation
  • Effectuer l’inventaire de toutes les zones occupées et historiques des sites connus.
  • Assurer le suivi des populations d’hydraste du Canada aux sites occupés.
  • Assurer le suivi de l’habitat aux sites actuellement occupés et aux sites historiques, y compris des milieux présentant un régime de perturbations.
  • Réaliser des études démographiques pour quantifier davantage les paramètres démographiques (p. ex. croissance, production de graines, mortalité) dans le but d’estimer le taux de croissance des populations.

Lacunes dans les connaissances :

  • habitat convenable
  • germination des graines et établissement des semis
  • mode de reproduction
1. Effectuer l’inventaire et le suivi de toutes les populations d’hydraste du Canada et de l’habitat de l’espèce dans son aire de répartition indigène du sud de l’Ontario. Nécessaire Court terme Recherche
  • Localiser d’autres sites comportant de l’habitat convenable et y effectuer des relevés. Ces sites pourraient se situer en aval du site H, dans le comté de Huron, et de la population de la rivière Ausable, dans le comté de Middlesex, et dans le terrain boisé entourant le site P, dans le comté de Wellington.
  • Veiller à ce qu’un règlement sur l’habitat vise aussi toute population nouvellement découverte.

Lacunes dans les connaissances :

  • habitat convenable
2. Combler les lacunes dans les connaissances concernant les besoins de l’espèce en matière d’habitat. Critique Long terme Recherche
  • Encourager la recherche sur des sujets liés à la biologie et à l’habitat de l’hydraste du Canada.
  • Étudier les effets négatifs potentiels de l’alliaire officinale et d’autres espèces végétales non indigènes.
  • Étudier le régime de perturbations naturelles privilégié par l’hydraste du Canada.
  • Déterminer l’étendue exacte de l’habitat aux sites existants afin d’orienter la prise de décision en matière de protection de l’habitat.
  • Étudier la production, la dispersion, la fertilité et la vitalité des graines de l’espèce.
  • Réaliser des études sur l’habitat forestier intérieur et établir une comparaison avec les études sur les habitats de lisière.
  • Réaliser des études sur le terrain et des études démographiques sur les plus grandes populations indigènes de l’Ontario pour comprendre les facteurs favorisant leur taux de croissance élevé par rapport aux autres populations.
  • Étudier la modélisation de la qualité de l’habitat afin de déterminer les sites optimaux pour la germination des graines d’hydraste du Canada.
  • Identifier les pollinisateurs qui butinent les fleurs de l’hydraste du Canada et les animaux qui dispersent les graines de l’espèce, et déterminer la distance de dispersion des graines.
  • Étudier les agents pathogènes présents dans le sol et les maladies qui touchent les populations d’hydraste du Canada.

Menaces :

  • altération du régime de perturbations naturelles
  • espèces envahissantes

Lacunes dans les connaissances :

  • habitat convenable
  • superficie et type de forêt qui conviennent à l’hydraste du Canada
  • germination des graines et établissement des semis
  • mode de reproduction
  • dispersion des graines
  • pollinisateurs
  • pathogènes et maladies
2. Combler les lacunes dans les connaissances concernant les besoins de l’espèce en matière d’habitat. Bénéfique Court terme Recherche
  • Étudier l’état de santé, la vitalité et la structure d’âge.
    • Recueillir des données sur la santé et la vitalité des populations dans tous les sites.
    • Déterminer si les semis ont besoin d’habitats différents de ceux des individus de l’espèce déjà établis.

Lacunes dans les connaissances :

  • habitat convenable
  • germination des graines et établissement des semis
  • mode de reproduction
3. Gérer et protéger l’habitat dans tous les sites des populations existantes en Ontario. Critique Court terme Gestion
  • Établir des ententes de gestion formelles avec les propriétaires de terres privées afin d’élaborer des pratiques de gestion exemplaires pour les plans de gestion des propriétés.

Menaces :

  • toutes
3. Gérer et protéger l’habitat dans tous les sites des populations existantes en Ontario. Critique Long terme Gestion
  • Chercher activement à établir des partenariats avec les propriétaires fonciers, les municipalités, les offices de protection de la nature, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts et les Premières Nations.
  • Travailler avec les groupes pour éliminer les espèces envahissantes des sites où pousse l’hydraste du Canada afin d’améliorer les zones d’établissement des semis.
  • Surveiller et évaluer la récolte illégale possible d’individus de l’espèce.
  • Promouvoir et encourager l’éclaircissement du couvert forestier pour favoriser la croissance et l’augmentation des populations qui diminuent à cause d’un ombrage excessif.

Menaces :

  • altération du régime de perturbations naturelles
  • espèces envahissantes
  • récolte
3. Gérer et protéger l’habitat dans tous les sites des populations existantes en Ontario. Critique Long terme Gestion
  • Délimiter les écosites et les types de végétation convenables en tant qu’habitat prescrit en vertu d’un règlement sur l’habitat. Ajouter d’autres écosites et types de végétation à mesure que la CET se précise.

Lacunes dans les connaissances :

  • habitat convenable
3. Gérer et protéger l’habitat dans tous les sites des populations existantes en Ontario. Critique Court terme Intendance
  • Fournir des recommandations et des pratiques de gestion exemplaires aux municipalités, aux offices de protection de la nature, au ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, aux propriétaires des terres adjacentes, aux propriétaires de terres privées et aux membres de groupes des Premières Nations.
    • Axer l’accord sur l’intendance de l’habitat sur les aires naturelles occupées par l’hydraste du Canada dans les terres privées.

Menaces :

  • toutes
4. Élaborer et mettre en œuvre des programmes de sensibilisation et d’intendance destinés aux propriétaires de terres privées. Critique Court terme Protection, intendance
  • Mettre en place et maintenir un réseau de propriétaires fonciers bien informés au sujet de l’hydraste du Canada.
  • Protéger l’habitat sur les terres publiques en mettant à jour les plans d’aménagement forestier.
  • Protéger l’habitat sur les terres privées par l’acquisition de terres et l’établissement d’accords avec les propriétaires fonciers.

Menaces :

  • toutes
4. Élaborer et mettre en œuvre des programmes de sensibilisation et d’intendance destinés aux propriétaires de terres privées. Critique En cours Éducation et sensibilisation
  • Élaborer du matériel de sensibilisation pour faire connaître l’importance et la vulnérabilité de l’hydraste du Canada ainsi que les menaces qui pèsent sur l’espèce, en insistant sur les menaces que représentent la récolte illégale et le piétinement.

Menaces :

  • toutes
4. Élaborer et mettre en œuvre des programmes de sensibilisation et d’intendance destinés aux propriétaires de terres privées. Nécessaire Court terme Intendance
  • D’après les connaissances obtenues auprès des chercheurs et des membres des Premières Nations, fournir des ressources et des fiches d’information sur :
    • l’écologie de l’espèce;
    • les mécanismes de dispersion des graines;
    • les mesures de gestion favorisant l’établissement des semis;
    • les conditions optimales de l’habitat;
    • les facteurs de perturbation, etc.

Menaces :

  • toutes
4. Élaborer et mettre en œuvre des programmes de sensibilisation et d’intendance destinés aux propriétaires de terres privées. Nécessaire Court terme Éducation, sensibilisation, communication
  • Diffuser du matériel éducatif ciblant certains groupes (propriétaires fonciers et Premières Nations).
  • Continuer de communiquer avec la Première Nation de Walpole Island pour trouver des moyens de répondre aux besoins de la communauté tout en assurant la protection de l’espèce.

Menaces :

  • toutes
5. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie et la conservation de l’espèce, notamment sur sa multiplication et sa réintroduction potentielles. Nécessaire Long terme Recherche

5.1 Évaluer le caractère réalisable des mesures de réintroduction de l’espèce et de remise en état de l’habitat.

  • Évaluer la faisabilité de rétablir des populations historiques d’après les données de la CET et les résultats des études sur l’écologie des populations.
  • Si cela est jugé nécessaire et réalisable, établir des populations additionnelles dans un habitat convenable pour favoriser l’expansion des populations.
  • Accroître les populations dans les localités où les populations d’hydraste du Canadasont stables ou en déclin.
  • Réaliser d’autres travaux sur les modèles et les méthodes de germination des graines.

Lacunes dans les connaissances :

  • germination des graines et établissement des semis
5. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie et la conservation de l’espèce, notamment sur sa multiplication et sa réintroduction potentielles. Nécessaire Court terme Recherche

5.2 Gérer l’habitat.

  • Encourager la réalisation d’études établissant un lien entre la qualité de l’habitat (degré de fermeture du couvert forestier, hydrologie du sol, etc.), d’une part, et les menaces qui pèsent sur les populations d’hydraste du Canada (p. ex. altération du régime de perturbations) et les lacunes dans les connaissances, d’autre part.

Menaces :

  • toutes

Lacunes dans les connaissances :

  • habitat convenable
5. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie et la conservation de l’espèce, notamment sur sa multiplication et sa réintroduction potentielles. Nécessaire En cours Gestion, recherche

5.3 Réaliser des études sur la germination et la vitalité des graines.

  • Étudier les taux de germination et déterminer les conditions de germination optimales.

Lacunes dans les connaissances :

  • germination des graines et établissement des semis
Commentaires à l’appui des approches de rétablissement

Le tableau 3 présente les approches de rétablissement à adopter pour combler les lacunes dans les connaissances, réduire les menaces pesant sur les populations d’hydraste du Canada en Ontario et mettre en œuvre des mesures de rétablissement de l’espèce. Certaines mesures critiques communes à la plupart des approches de rétablissement concernent le suivi, la réalisation de relevés, la protection, la réintroduction ou la remise en état. Une extension des initiatives de réintroduction et de remise en état consisterait à réaliser des études sur le taux de germination et la vitalité des graines, l’établissement des semis et les conditions de germination optimales. Il a été démontré que la transplantation de rhizomes était un moyen efficace de réintroduire l’hydraste du Canada. Une fois les taux de germination connus, les programmes de transplantation et de réintroduction pourraient être complétés par des programmes de germination de graines. De telles activités de réintroduction et de remise en état sont nécessaires pour assurer la multiplication de l’hydraste du Canada dans les habitats de piètre qualité, les zones où le régime de perturbations est altéré ou les zones où l’hydraste du Canada a déjà été présent par le passé. Parallèment, il est recommandé d’évaluer de façon continue l’état et la qualité de l’habitat pendant les activités de recherche pour établir l’ordre de priorité des initiatives de rétablissement. Il faudrait élaborer des pratiques de gestion exemplaires sur la gestion de l’hydraste du Canada afin de faciliter l’établissement des plans d’aménagement forestier et des bulletins de santé des bassins hydrographiques pour les offices de protection de la nature. Les mesures de rétablissement devraient être coordonnées avec les efforts déployés dans le cadre des plans d’action en matière de conservation de la Carolinian Canada Coalition et du programme de rétablissement de la forêt claire carolinienne. Le but visé par le programme de rétablissement de la forêt claire carolinienne est d’améliorer l’intégrité des portions du paysage de la forêt claire carolinienne qui abritent des espèces en péril (Jalava et Ambrose, 2012). Plusieurs des mesures de rétablissement recommandées dans ce programme pourraient être intégrées aux activités de planification, d’établissement de politiques, d’intendance et de remise en état de l’habitat qui sont associées à ces plans d’action, et bénéficieraient sans doute à l’espèce à long terme.

Il est essentiel d’effectuer régulièrement (soit une fois tous les trois ans) des relevés des colonies existantes pour estimer de façon systématique le taux de croissance des populations, d’après la comparaison de référence établie par Sinclair et Catling (sous presse) entre les populations historiques et les populations existantes. Ces relevés faciliteraient grandement les initiatives de rétablissement, de gestion et de protection de l’espèce. Un échantillonnage régulier pourrait aussi comprendre la recherche de nouvelles colonies et le suivi de la récolte illégale. L’échantillonnage devrait être effectué à différentes périodes, selon les objectifs du projet. Par exemple, dans le cas des études portant sur l’analyse de la structure démographique, l’échantillonnage devrait avoir lieu entre le milieu et la fin de mai, lorsque l’hydraste du Canada est en pleine floraison, et en juillet, lorsque la plupart des plantes ont produit des fruits. Au cours de cette période, les chercheurs pourraient facilement distinguer l’hydraste du Canada des espèces qui lui ressemblent et séparer les individus de l’espèce selon leur âge. Il est également suggéré d’éliminer les espèces envahissantes, comme l’alliaire officinale, dans les colonies d’hydraste du Canada et à proximité pour prévenir la compétition et encourager la multiplication de l’hydraste du Canada et des plantes indigènes qui y sont associées. L’éclaircissement du couvert arborescent peut favoriser la survie et l’expansion des populations qui ont subi un déclin en raison d’un ombrage important.

Les mesures de rendement pourront être abordées et évaluées en vue de leur mise en œuvre de façon optimale lorsqu’on aura recueilli plus d’information sur l’écologie des populations d’hydraste du Canada grâce aux activités de suivi et de recherche. Les mesures de rendement devraient refléter la mesure dans laquelle les buts et les objectifs peuvent être atteints à l’intérieur de plages mesurables et d’échéanciers visés. Les mesures visant à évaluer le rétablissement devraient comprendre des tendances à long terme concernant la taille et l’écologie des populations, la qualité de l’habitat et l’efficacité des mesures d’atténuation des menaces. Comme pour d’autres espèces en péril de l’Ontario, comme le trille à pédoncule incliné (Trillium flexipes), la qualité des sites pourrait être mesurée au moyen de la modélisation du caractère convenable de l’habitat ou d’un indice établi en fonction de paramètres liés aux besoins en matière d’habitat. En l’absence de protocole de relevé normalisé, Conservation de la nature Canada (CNC) a eu recours à la modélisation du caractère convenable de l’habitat pour repérer des habitats convenables de grande qualité pour le massasauga (Sistrurus catenatus) Note5.1, une espèce menacée.

Une fois que les données issues du dénombrement et du suivi habituels des populations auront été recueillies, il faudrait élaborer un système d’évaluation pour établir des comparaisons quantitatives entre les populations d’hydraste du Canada et les facteurs influant sur la qualité et l’étendue de l’habitat convenant à l’espèce. On pourrait ainsi évaluer l’ampleur et le type de menaces associées, par exemple, à la distance par rapport aux sentiers récréatifs et au degré d’utilisation des sentiers. Les mesures de rendement précises qui sont recommandées sont énumérées dans le tableau 4 qui suit.

Tableau 4 . Mesures de rendement pour le rétablissement de l’hydraste du Canada.
Objectif Mesure de rendement
1. Effectuer l’inventaire et le suivi de toutes les populations d’hydraste du Canada et de l’habitat de l’espèce dans son aire de répartition indigène du sud de l’Ontario.
  1. Établissement d’un protocole de suivi systématique et reproductible.
  2. Établissement et mise à jour d’une base de données accessible sur les caractéristiques de l’habitat et les résultats des relevés.
  3. Nécessité de réaliser plusieurs campagnes sur le terrain pour effectuer le suivi d’ici 2025.
2. Combler les lacunes dans les connaissances concernant les besoins de l’espèce en matière d’habitat.
  1. Conception de modèles sur la qualité de l’habitat.
  2. Évaluation de l’habitat en fonction de sa qualité en vue de l’établissement d’un indice.
  3. Nécessité de réaliser plusieurs campagnes sur le terrain; évaluation de tous les habitats d’ici 2025.
  4. Réalisation d’expériences sur la germination et la vitalité des graines et sur l’établissement des semis d’ici 2020.
  5. Communication des besoins en matière de recherche dans le milieu de la recherche.
  6. Révision de l’information recueillie à prendre en compte pour l’élaboration d’un règlement sur l’habitat.
  7. Travaux de recherche sur l’état de santé, la vitalité et la structure d’âge de la population terminés d’ici 2020.
  8. Autres recherches (p. ex. études démographiques visant la quantification des paramètres démographiques) terminées d’ici 2024.
  9. Sensibilisation des municipalités et des propriétaires fonciers touchés à l’habitat de l’hydraste du Canada.
3. Gérer et protéger l’habitat dans tous les sites des populations existantes en Ontario.
  1. Élaboration de pratiques exemplaires de gestion et d’outils en matière d’habitat et d’intendance à l’intention du public et des propriétaires de terres privées d’ici 2018.
  2. Coordination et mise en œuvre du plan de gestion de l’alliaire officinale (espèce envahissante) d’ici 2020.
  3. Mise en œuvre des accords sur l’intendance de l’habitat conclus avec les propriétaires fonciers d’ici 2020.
4. Élaborer et mettre en œuvre des programmes de sensibilisation et d’intendance destinés aux propriétaires de terres privées.
  1. Maintien d’un réseau de propriétaires fonciers bien informés au sujet de l’hydraste du Canada et intégration au moyen d’un accord sur l’intendance de l’habitat d’ici 2020.
  2. Élaboration de matériel de sensibilisation mettant l’accent sur l’importance et la vulnérabilité de l’hydraste du Canada ainsi que sur les menaces qui pèsent sur l’espèce d’ici 2018.
  3. Diffusion de matériel éducatif ciblant certains groupes (propriétaires fonciers et Premières Nations) d’ici 2020.
  4. Élaboration et diffusion du matériel de sensibilisation d’ici 2020.
  5. Rétablissement ou maintien de la communication avec les propriétaires fonciers, les gestionnaires de propriétés et les parties intéressées afin de les tenir au courant de la situation de l’hydraste du Canada.
5. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie et la conservation de l’espèce, notamment sur sa multiplication et sa réintroduction potentielles.
  1. Transmission d’informations sur les initiatives de réintroduction et de rétablissement de l’hydraste du Canada à des pépiniéristes et à des écologistes spécialisés en rétablissement; maintien de la communication avec la banque de clonesb de Harrow, en Ontario, qui conserve l’hydraste du Canada ex situ grâce à des spécimens de l’espèce prélevés dans différents sites en 1998.
  2. Nouvelle visite des parcelles où l’espèce a été réintroduite en 1999 pour mesurer les plantes et évaluer le succès à plus long terme.
  3. Élaboration de protocoles sur la germination des graines et l’établissement des semis.

b Les plantes clonales sont issues d’individus génétiquement identiques et sont produites par reproduction asexuée, soit par croissance végétative dans le cas présent (définition modifiée provenant de Allaby, 1992)

En vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, un programme de rétablissement doit comprendre une recommandation au ministre des Richesses naturelles et des Forêts concernant l’aire qui devrait être prise en considération lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Un tel règlement est un instrument juridique qui prescrit une aire qui sera protégée à titre d’habitat de l’espèce. La recommandation énoncée ci-dessous par l’auteur sera l’un des nombreux éléments dont le ministre tiendra compte dans l’élaboration du règlement sur l’habitat de cette espèce.

Il est recommandé que l’aire prescrite comme habitat dans un règlement sur l’hydraste du Canada comprenne les trois types d’aires suivants :

  1. La superficie totale du polygone de l’écosite de la CET à l’intérieur duquel se trouve une population.
  2. Une zone d’un rayon de 50 mètres entourant chaque individu de l’espèce qui se trouve à moins de 50 mètres de la bordure extérieure du polygone de l’écosite de la CET, pour la protection du microhabitat.
  3. En présence de végétation naturelle, une distance minimale de 50 mètres calculée à partir de la limite extérieure de l’écosite occupé par la population d’hydraste du Canada, pour la protection de l’intégrité de l’habitat terrestre et de la fonction hydrologique.

La prise en compte de l’écosite de la CET où se trouve une population est recommandée à des fins de protection, pour assurer les conditions d’habitat convenable (p. ex. boisés décidus mésiques et plaines inondables boisées avec couvert arborescent fermé ou semi-fermé) nécessaires aux processus vitaux de l’espèce. Ces éléments comprennent les sites de germination des graines, les éléments hydrographiques de surface qui influent sur les régimes de perturbations et favorisent ainsi les zones propices au recrutement, et les zones nécessaires à la dispersion des graines et à la pollinisation, qui favorisent la reproduction sexuée.

Les données précises sur l’habitat de certaines populations d’hydraste du Canada de l’Ontario ont été mises à jour pour être prises en compte dans l’élaboration d’un règlement sur l’habitat avec les données de la CET. Les 12 communautés végétales de la CET où l’hydraste du Canada a été observé peuvent être considérées comme un point de départ pour la délimitation de l’aire visée par un règlement sur l’habitat. Toutefois, comme on ne connaît pas tous les types de végétation de la CET associés à toutes les populations, il est recommandé de prendre en compte la superficie totale de l’écosite de la CET où se trouve une population pour l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Cette approche tient compte du fait que l’hydraste du Canada se rencontre dans divers écosites de forêts décidues. De plus, il est impossible de délimiter l’ensemble de l’habitat convenable à une échelle plus fine lorsqu’on utilise des techniques de relevé à distance telles que l’interprétation de photographies aériennes.

L’établissement d’une zone d’un rayon de 50 m autour des individus indigènes ou sauvages de l’espèce est recommandé lorsque ces individus se trouvent à l’intérieur du polygone de l’écosite de la CET, mais près de sa bordure extérieure (soit à moins de 50 m de cette bordure). Cette distance de 50 m joue un rôle important dans la protection du microhabitat de l’hydraste du Canada.

La prise en compte d’une zone de végétation naturelle large de 50 m calculée à partir de la limite extérieure de l’écosite est recommandée pour la protection de l’habitat de l’hydraste du Canada. Une zone tampon large de 50 à 120 m est nécessaire pour réduire au minimum les effets négatifs de l’abaissement des niveaux d’eau attribuable aux activités humaines; des changements touchant l’hydrologie peuvent ainsi se produire à cause d’une augmentation du niveau de l’eau (Brown et al., 1990). En outre, il a été démontré que des zones tampons larges d’au moins 30 m étaient nécessaires pour protéger l’intégrité biologique, chimique et physique des petits cours d’eau (Sweeney et Newbold, 2014). Brown et al. (1990) ont recommandé l’établissement d’une zone tampon d’au moins 80 m de rayon pour les milieux humides de moins de 2 ha. Dans le cas de l’hydraste du Canada, une espèce du sous-étage forestier qui dépend des perturbations du sol et du couvert arborescent et se multiplie principalement par voie végétative au moyen de rhizomes (Gagnon, 1999; COSEWIC, 2000; Environment Canada, 2011), la zone tampon de 50 m de rayon proposée pourrait contribuer au maintien des conditions locales de drainage nécessaires à la multiplication de l’espèce. La prescription d’une zone d’habitat large de 50 m au-delà de la limite de l’écosite permet également l’expansion des colonies d’hydraste du Canada, par voie végétative et sexuée, dans des secteurs soumis à un régime de perturbations naturelles (p. ex. les plaines inondables). Cette zone comprend des sites de germination potentiels pour les graines, les éléments hydrographiques de surface qui influent sur les régimes de perturbations et favorisent ainsi les zones propices au recrutement, et les zones nécessaires à la dispersion des graines et à la pollinisation, qui favorisent la reproduction sexuée. La zone de végétation naturelle large de 50 m entourant les écosites occupés par l’hydraste du Canada peut aussi contribuer à réduire les risques d’incursion, dans l’écosite forestier, d’espèces végétales envahissantes provenant de la périphérie.

La population du comté de Grey proviendrait de matériel non indigène et aurait été plantée. Compte tenu de sa taille, cette population pourrait être utilisée à des fins de rétablissement si la population sauvage de l’espèce en Ontario subissait des déclins notables. Pour l’instant, il n’est toutefois pas recommandé d’inclure cette population, ou toute population plantée à l’avenir, dans un règlement sur l’habitat de l’hydraste du Canada.

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2022-02-24