Limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) : programme de rétablissement 2018

Titre officiel : Programme de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) au Canada 2018

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de Rétablissement
Adoption en vertu de l’article 44 de la LEP

Limace-prophyse bleu-gris
Limace-prophyse bleu-gris
  • Information sur le document

    Référence recommandée :

    Environnement et Changement climatique Canada. 2018. Programme de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa, 2 parties, 22 p. + 43 p.

    Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d'information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d'action et d'autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

    Illustration de la couverture : © Kristiina Ovaska (reproduction autorisée).

    Also available in English under the title “Recovery Strategy for the Blue-gray Taildropper(Prophysaon coeruleum) in Canada

    Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

    En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.

    Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de la Colombie-Britannique a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) en Colombie-Britannique (partie 2) en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement et Changement climatique Canada a inclus une addition fédérale (partie 1) dans le présent programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.

    Le programme de rétablissement fédéral de la limace-prophyse bleu-gris au Canada est composé des deux parties suivantes :

    Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.

    Partie 2 – Plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) en Colombie-Britannique, préparé par l’Équipe de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique.

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est la ministre compétente en vertu de la LEP de la limace-prophyse bleu-gris et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la province de la Colombie‑Britannique en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise la ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). La province de la Colombie-Britannique a remis le plan de rétablissement de la limace‑prophyse bleu-gris ci-joint (partie 2), à titre d’avis scientifique, aux autorités responsables de la gestion de l’espèce en Colombie-Britannique. Ce plan a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la limace‑prophyse bleu-gris et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsque l’habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP exige que l’habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote de bas de page 1  soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l’ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action qui a désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées.

Si l’habitat essentiel d’un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l’intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l’interdiction de le détruire ne peut s’appliquer qu’aux parties de cet habitat essentiel — constituées de tout ou partie de l’habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s’applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) qui ne sont pas prises en considération dans le Plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) en Colombie-Britannique (partie 2 du présent document, appelé ci-après « plan de rétablissement provincial ») et pour présenter des renseignements à jour ou additionnels. Dans certains cas, ces sections peuvent également comprendre une mise à jour de l’information figurant dans le plan de rétablissement provincial ou des modifications apportées à ce plan aux fins de son adoption par Environnement et Changement climatique Canada.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du plan de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de survie/rétablissement peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.

Remerciements

Kristiina Ovaska, Lennart Sopuck et Christian Engelstoft, de Biolinx Environmental Research Inc., ont élaboré une version préliminaire du présent document et/ou y ont contribué en fournissant des données et/ou en partageant leur expertise.

1 Population et répartition

Cette section remplace le sommaire des informations sur les mentions connues de la limace-prophyse bleu-gris en Colombie-Britannique (tableau 1 dans le plan de rétablissement provincial).

Le tableau à jour présenté ci-après (tableau 1) indique brièvement la répartition et l’abondance des populationsNote de bas de page 2  répertoriées au Canada. Depuis la publication du plan de rétablissement provincial, deux nouvelles populations ont été découvertes. Dans West Saanich, un individu a été observé en 2014 (Ovaska et Sopuck, 2014b), à l’ouest de la population no 10 (colline Observatory), et deux individus ont été observés en 2014 au mont Tzouhalem (Chase Woods) (Ovaska et Sopuck, 2014a). La localité de Chase Woods, qui se trouve au pied du mont Tzouhalem, près de Duncan, se trouve à 25 km au nord de la population déjà connue la plus proche. La population du lac Prior (no 12) a été incluse dans l’occurrence du lac Thetis (no 9) dans le plan de rétablissement provincial, mais elle se trouve à plus de 1 km de celle-ci et est donc considérée comme une population distincte. La numérotation des populations utilisée dans la présente section correspond à celle utilisée dans le tableau 1 du plan de rétablissement provincial, sauf dans le cas des populations additionnelles susmentionnées.

Tableau 1. Sommaire des populations de limaces-prophyses bleu-gris au Canada. La localité et la date de la dernière observation sont indiquées pour chaque population. La numérotation des populations correspond à celle utilisée dans le tableau 1 du plan de rétablissement provincial.
Population Nom de la population Année de la dernière observation
1 Devonian 2012
2 Lac Durrance (mont Work/colline Cole) 2014
3 Galloping Goose (rivière Sooke) 2004
4 Logan 2010
5 Lac Matheson 2014
6 Colline Mill - Colwood 2009
7 Rocky Point 2014
8 Collines Sooke 2009
9 Lac Thetis 2010
10 Colline Observatory 2015
11 Lac Trevlac 2011
12 * Lac Prior 2011
13 ** Mont Tzouhalem (Chase Woods) 2014
14 ** West Saanich 2014
* La population du lac Prior (no 12) a été incluse dans l’occurrence du lac Thetis (no 9) dans le plan de rétablissement provincial, mais elle se trouve à plus de 1 km de celle-ci et est donc considérée comme une population distincte
** Occurrence découverte après la publication du plan de rétablissement provincial

2 Habitat essentiel

2.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

La présente section remplace la section « Description de l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce » (section 7.1) du plan de rétablissement provincial.

En vertu de l’alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Il se peut que les limites de l’habitat essentiel soient établies avec plus de précision et que de l’habitat essentiel additionnel soit ajouté dans l’avenir si des informations additionnelles appuient l’inclusion de zones au-delà de celles qui sont actuellement désignées. Pour la désignation de l’habitat essentiel, il est de première importance de prendre en compte la quantité, la qualité et les emplacements de l’habitat requis pour l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

Il est reconnu que l’habitat essentiel désigné plus bas est insuffisant pour l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition fixés pour la limace prophyse bleu‑gris. Toutes les populations connues (et nouvellement signalées) et l’habitat nécessaire à leur soutien sont jugés nécessaires à la survie de l’espèce. Environnement et Changement climatique Canada n’a actuellement pas accès aux informations précises sur l’emplacement de certaines populations connues (nos 11 et 14). Environnement et Changement climatique Canada collaborera avec les organisations et/ou parties concernées pour achever la désignation de l’habitat essentiel sur ces terres. Le calendrier des études (section 3.2) décrit les activités requises pour désigner l’habitat essentiel additionnel nécessaire à l’atteinte de ces objectifs.

Emplacement géospatial des zones renfermant de l’habitat essentiel

De l’habitat essentiel pour la limace-prophyse bleu-gris a été désigné dans 12 localités en Colombie-Britannique, au Canada :

Population 1. Devonian (figure 1)
Population 2. Lac Durrance (mont Work/colline Cole) (figure 6)
Population 3. Galloping Goose (rivière Sooke) (figure 2)
Population 4. Logan (figure 4)
Population 5. Lac Matheson (figure 1)
Population 6. Colline Mill – Colwood (figure 4)
Population 7. Rocky Point (figure 1)
Population 8. Collines Sooke (figure 3)
Population 9. Lac Thetis (figure 4)
Population 10. Colline Observatory (figure 5)
Population 12. Lac Prior (figure 4)
Population 13. Mont Tzouhalem (Chase Woods) (figure 7)

L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris au Canada est désigné à l’intérieur de deux zones :

  1. zone occupée :
    • occurrences pour lesquelles Environnement et Changement climatique Canada dispose d’information détaillée sur la localité, entourées par une zone d’une distance radiale de 25 m prenant en compte les déplacements saisonniers limités et les erreurs associées à la cartographie par GPS
  2. zone d’influence :
    • zone additionnelle d’une distance radiale de 240 m tracée autour de la zone occupée, destinée à maintenir un microclimat humide de « forêt intérieure » (c.-à-d. des températures plus fraîches et un niveau d’humidité plus élevé) dans les sites abritant la limace-prophyse bleu-gris. Cette zone de distance radiale de 240 m a été établie d’après des études sur les effets de lisière réalisées dans des forêts côtières (Voller, 1998; Chen et al., 1995). Voller (1998) a constaté que les effets microclimatiques de la lisière de forêt (c.‑à‑d. niveau d’humidité plus faible) sont perceptibles jusqu’à une distance de 200 m ou plus à l’intérieur des forêts côtières matures; dès lors, une zone tampon boisée de plus de 200 m est donc nécessaire pour maintenir des conditions « de forêt intérieure » non modifiées au centre d’une parcelle. De la même façon, Chen et al. (1995) ont constaté une tendance similaire : le niveau d’humidité est altéré jusqu’à 240 m de la lisière de la forêt. Par mesure de précaution, il a été décidé d’utiliser cette distance légèrement plus grande de 240 m

Caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel

La limace-prophyse bleu-gris a besoin d’habitats comportant des éléments qui lui offrent des conditions humides et assurent le maintien de telles conditions, et lui procurent des abris, des sources de nourriture (champignons et plantes du sous-étage) et un substrat approprié pour la ponte et le développement des jeunes (Blue-grey Taildropper Recovery Team, 2012; Ovaska et Sopuck, 2010, 2012, 2014b). Les caractéristiques biophysiques particulières sont décrites brièvement ci-après.

Dans les zones occupées (figures 1-7), de l’habitat essentiel est désigné partout où est présente l’une ou l’autre des caractéristiques biophysiques suivantes :

  • étage dominant mixte à couvert semi-ouvert (fermeture de 20-70 %; Ovaska et Sopuck, 2010) constitué d’arbres matures (> 50 ans), pouvant comporter des douglas de Menzies (Pseudotsuga menziesii), des sapins grandissimes (Abies grandis) et/ou des thuyas géants (Thuja plicata) et, chez les feuillus, des arbousiers d’Amérique (Arbutus menziesii), des chênes de Garry (Quercus garryana), des érables à grandes feuilles (Acer macrophyllum) et/ou des peupliers faux-trembles (Populus tremuloides), contribuant au maintien de conditions humides, fournissant des champignons mycorhiziens (sources de nourriture) et un apport en débris ligneux grossiers et en litière procurant localement des conditions humides, des abris et un substrat approprié pour la ponte et le développement des jeunes
  • sous-étage constitué d’arbustes (en particulier des espèces suivantes : holodisque discolore [Holodiscus discolor], salal [Gaultheria shallon], mahonia à nervures saillantes [Mahonia nervosa], rosiers [Rosa spp.] et ronce à grands pétales [Rubus ursinus]) et de graminées/herbacées (comprenant souvent le polystic à épées [Polystichum munitum]) procurant des abris et contribuant au maintien de conditions humides
  • dépressions, baissières, zones de suintement ou zones humides éphémères procurant des conditions humides
  • épaisse couche de litière et d’humus et/ou débris ligneux grossiers (à n’importe quel stade de décomposition) procurant localement des conditions humides, des abris et un substrat pour la ponte et le développement des jeunes et favorisant la croissance de champignons (comme sources de nourriture)

Dans les zones d’influence (figures 1-7), de l’habitat essentiel est désigné partout où est présente la caractéristique biophysique suivante :

  • étage dominant mixte, à couvert présentant un degré de fermeture supérieur à 20 %, constitué d’arbres matures (> 50 ans) pouvant comporter des douglas de Menzies (Pseudotsuga menziesii), des sapins grandissimes (Abies grandis) et/ou des thuyas géants (Thuja plicata) et, chez les feuillus, des arbousiers d’Amérique (Arbutus menziesii), des chênes de Garry (Quercus garryana), des érables à grandes feuilles (Acer macrophyllum) et/ou des peupliers faux-trembles (Populus tremuloides), contribuant au maintien de conditions humides

Données spatiales sur l’habitat essentiel

Les zones contenant de l’habitat essentiel pour la limace-prophyse bleu-gris sont présentées aux figures 1 à 7. L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris au Canada se trouve à l’intérieur des polygones jaunes illustrés sur chaque carte, là où sont présentes les caractéristiques biophysiques décrites dans la présente section. Les habitats qui ne sont pas convenables, tels les prés secs, les zones d’eau libre et les éléments d’origine humaine (p. ex. immeubles et routes), ne comportent pas les caractéristiques requises par la limace-prophyse et ne sont donc pas désignés à titre d’habitat essentiel. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km montré dans ces figures est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel, à des fins de planification de l’aménagement du territoire et/ou d’évaluation environnementale.

L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris au lac Matheson, à Devonian et à Rocky Point, en Colombie-Britannique
Figure 1. L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris au lac Matheson, à Devonian et à Rocky Point, en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 2.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve de l’habitat essentiel. Les zones situées à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue
    La figure 1 montre l’habitat essentiel de la limace‑prophyse bleu‑gris à la pointe Rocky, au lac Matheson et à Devonian, en Colombie‑Britannique. L’habitat essentiel a été désigné conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 2.1 et est illustré à l’aide d’un quadrillage UTM de référence à carrés de 1 km × 1 km. Il y a quatre carrés du quadrillage UTM près de la pointe Rocky, deux au lac Matheson et quatre autres à Devonian. 
L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris à Galloping Goose, en Colombie-Britannique
Figure 2. L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris à Galloping Goose, en Colombie-Britannique, est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 2.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve de l’habitat essentiel. Les zones situées à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue
    La figure 2 montre l’habitat essentiel de la limace‑prophyse bleu‑gris à Galloping Goose, en Colombie‑Britannique, à l’aide d’un quadrillage UTM de référence à carrés de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel a été désigné conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 2.1. Il y a quatre carrés du quadrillage UTM au sud‑est de Galloping Goose sur la rivière Sooke.
. L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris dans les collines Sooke, en Colombie-Britannique
Figure 3. L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris dans les collines Sooke, en Colombie-Britannique, est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 2.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve de l’habitat essentiel. Les zones situées à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue
    La figure 3 montre l’habitat essentiel de la limace‑prophyse bleu‑gris dans les collines Sooke, en Colombie‑Britannique, à l’aide d’un quadrillage UTM de référence à carrés de 1 km × 1 km, conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 2.1. Il y a quatre carrés du quadrillage UTM autour du réservoir Humpback dans les collines Sooke.  
L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris à Logan, au lac Prior, au lac Thetis et à la colline Mill-Colwood, en Colombie-Britannique
Figure 4. L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris à Logan, au lac Prior, au lac Thetis et à la colline Mill-Colwood, en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 2.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve de l’habitat essentiel. Les zones situées à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue
    La figure 4 montre l’habitat essentiel de la limace‑prophyse bleu‑gris à Logan, au lac Prior, au lac Thetis, et à la colline Mill‑Colwood, en Colombie‑Britannique, à l’aide d’un quadrillage UTM de référence à carrés de 1 km × 1 km. Il y a sept carrés s’étendant depuis le lac Prior jusqu’au terrain de golf Juan De Fuca Rotary. Il y a deux autres carrés du quadrillage UTM sur le lac Logan.
L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris à la colline Observatory, en Colombie-Britannique
Figure 5. L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris à la colline Observatory, en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unité), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 2.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve de l’habitat essentiel. Les zones situées à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue
    La figure 5 montre l’habitat essentiel de la limace‑prophyse bleu‑gris à la colline Observatory, en Colombie‑Britannique, à l’aide d’un quadrillage UTM de référence à carrés de 1 km × 1 km, conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 2.1. Il y a deux carrés du quadrillage UTM de référence tout juste au sud de la colline Observatory.
L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris au lac Durrance, en Colombie-Britannique
Figure 6. L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris au lac Durrance, en Colombie-Britannique, est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 2.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve de l’habitat essentiel. Les zones situées à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue
    La figure 6 montre l’habitat essential de la limace‑prophyse bleu‑gris au lac Durrance, en Colombie-Britannique, à l’aide d’un quadrillage UTM de référence à carrés de 1 km × 1 km conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 2.1. Il y a cinq carrés du quadrillage UTM au lac Durrance.
L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris au mont Tzouhalem, en Colombie-Britannique
Figure 7. L’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris au mont Tzouhalem, en Colombie-Britannique, est représenté par le polygone ombré en jaune (unité), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 2.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve de l’habitat essentiel. Les zones situées à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue
    La figure 7 montre l’habitat essentiel de la limace‑prophyse bleu‑gris au mont Tzouhalem, en Colombie‑Britannique, à l’aide d’un quadrillage UTM de référence à carrés de 1 km × 1 km, conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 2.1. Il y a quatre carrés du quadrillage UTM tout juste au sud de la réserve écologique du mont Tzouhalem.

2.2 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

La présente section remplace la section « Études requises afin de décrire l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce » (section 7.2) du plan de rétablissement provincial. Le calendrier des études suivant permettra de désigner l’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris à des localités additionnelles en Colombie-Britannique.

Tableau 2. Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris.
Description de l’activité Justification Échéancier
Conclure des ententes de partage de données avec les personnes concernées afin d’avoir accès à des informations détaillées connues mais encore inaccessibles sur l’emplacement de certaines populations (populations 11 et 14). Cette activité permettra de désigner l’habitat essentiel nécessaire au soutien de toutes les populations connues. 2018 à 2022

 

2.3 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps.

Les activités décrites dans le tableau 3 incluent les activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce dans la « zone occupée ». Le tableau 4 incluent les activités susceptibles de causer la destruction de l’habitat essentiel dans la « zone d’influence ». Il peut toutefois exister d'autres activités destructrices.

Tableau 3. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de la « zone occupée » de l’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris.
Description de l’activité Description de l’effet Détails de l’effet
Activités entraînant l’élimination ou la perte totale de l’habitat essentiel (p. ex. construction de nouvelles zones résidentielles, industrielles ou récréatives ou infrastructures de transport ou expansion des zones et infrastructures existantes). Ces activités peuvent entraîner la perte de toutes les caractéristiques biophysiques essentielles. Menaces connexes de l’UICN 1.1, 1.2, 1.3 et 4.1.
Activités de déboisement réduisant le couvert forestier à moins de 20 % (p. ex. exploitation forestière). L’élimination d’une partie importante de l’étage dominant peut entraîner la disparition ou l’altération du microclimat humide et réduire l’abondance des champignons mycorhiziens (sources de nourriture) et l’apport de débris ligneux grossiers et de litière (abris et substrats pour la ponte et le développement des jeunes). Menace connexe de l’UICN 5.3. L’élimination limitée ou à petite échelle d’arbres (non accompagnée d’une perturbation importante du sous‑étage/tapis forestier) peut être bénéfique pour la limace‑prophyse bleu-gris si elle permet le maintien de conditions de couvert forestier typiques des forêts anciennes.
Activités altérant le sous-étage et le substrat du tapis forestier (p. ex. débroussaillage, brûlage, élimination des débris ligneux, ajout de paillis d’écorce ou d’autre substrat [pour l’aménagement de sentiers] et application d’herbicides). L’élimination de la végétation du sous-étage et des débris ligneux grossiers ou l’ajout de substrats non naturels peut entraîner la disparition ou l’altération du microclimat humide et compromettre la disponibilité des matières procurant à l’espèce des abris essentiels, des sources de nourriture (plantes et champignons) et des substrats pour la ponte et le développement des jeunes. Menace connexe de l’UICN 7.1. L’élimination des plantes envahissantes est recommandée, mais elle doit être effectuée avec soin de manière à limiter le plus possible la perturbation du sol et le compactage du tapis forestier dû au piétinement. Les informations disponibles à ce stade-ci sont insuffisantes pour établir un seuil pour cette activité.
Utilisation intensive de l’habitat à des fins récréatives (p. ex. camping, randonnée pédestre intensive, utilisation hors-route de véhicules motorisés ou non motorisés, tels que des vélos de montagne, des VTT et des motos tout-terrain). L’utilisation intensive de l’habitat à des fins récréatives peut entraîner le compactage des sols et, de ce fait, l’altération ou l’élimination des micro‑caractéristiques d’habitat humide (p. ex. zones de suintement et baissières) et compromettre la croissance des champignons (sources de nourriture). Les véhicules récréatifs peuvent également favoriser l’introduction de plantes envahissantes en propageant leurs graines depuis des régions voisines; certaines espèces de plantes envahissantes peuvent former des colonies monospécifiques denses qui réduisent ou modifient l’humidité du sol. Menace connexe de l’UICN 6.1. Des sentiers récréatifs sont présents à proximité de toutes les populations de l’espèce. Les informations disponibles à ce stade-ci sont insuffisantes pour établir un seuil pour cette activité.
Plantation ou introduction intentionnelle de plantes envahissantes (p. ex. rejet de résidus de jardinage ou d’autres matières végétales dans des milieux naturels, ensemencement hydraulique avec des espèces non indigènes). Certaines espèces de plantes envahissantes (p. ex. genêt à balais [Cytisus scoparius] et daphnée lauréole [Daphne laureola]) peuvent former des colonies monospécifiques denses et réduire ou modifier l’humidité du sol. Menace connexe de l’UICN 8.1. Le genêt à balais est présent dans les sites abritant les populations 7 et 9. La daphnée lauréole a été trouvée au site abritant la population 9.
Tableau 4. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de la « zone d’influence » de l’habitat essentiel de la limace-prophyse bleu-gris.
Description de l’activité Description de l’effet Détails de l’effet
Activités de déboisement réduisant le couvert forestier à moins de 20 % (p. ex. exploitation forestière, construction de nouvelles zones résidentielles, industrielles ou récréatives ou infrastructures de transport ou expansion des zones et infrastructures existantes). L’élimination d’une grande partie de l’étage dominant dans la zone d’influence peut entraîner la disparition ou l’altération du microclimat humide dans la zone occupée. Menaces connexes de l’UICN 1.1, 1.2, 1.3, 4.1 et 5.3. L’élimination limitée ou à petite échelle d’arbres peut être bénéfique pour la limace‑prophyse bleu-gris si elle permet le maintien de conditions de couvert forestier typiques des forêts anciennes.

3 Mesure des progrès

La présente section remplace la section « Mesure des progrès » du plan de rétablissement provincial.

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition énoncé dans le plan de rétablissement provincial.

  • les populations de limaces-prophyses bleu-gris sont stables ou en hausse

Outre cet indicateur de rendement, les mesures de rendement énoncées dans le plan de rétablissement provincial (section 8) fourniront des renseignements pertinents en vue de l’évaluation des progrès vers l’atteinte du but ultime en matière de population et de répartition.

4 Énoncé sur les plans d’action

La présente section remplace la section « Énoncé sur les plans d’action » du plan de rétablissement provincial.

Un ou plusieurs plans d’action visant la limace-prophyse bleu-gris seront publiés dans le Registre public des espèces en péril d’ici 2021.

5 Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées

La présente section remplace la section « Effets sur les espèces non ciblées » du plan de rétablissement provincial.

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci‑dessous.

Des effets négatifs sur les espèces non ciblées ne sont pas prévus et sont peu probables. Les mesures de protection et de gestion de l’habitat favorisant la conservation de la limace-prophyse bleu-gris devraient être bénéfiques pour d’autres organismes occupant des milieux boisés similaires, ainsi que pour les écosystèmes du chêne de Garry, considérés comme en voie de disparition.

Les espèces en péril suivantes coexistent ou sont susceptibles de coexister avec la limace-prophyse bleu-gris :

Gastéropodes terrestres (statut selon le COSEPAC) :

  • Limace-sauteuse glanduleuse (Hemphillia glandulosa) (espèce préoccupante, 2003) : occupe des habitats similaires dans le sud de l’île de Vancouver et partage l’habitat de la limace-prophyse bleu-gris dans au moins une localité
  • Vertigo à crêtes fines (Nearctula sp. 1) (espèce préoccupante, 2010) : occupe des habitats similaires dans le sud de l’île de Vancouver et partage l’habitat de la limace-prophyse bleu-gris dans au moins deux localités
  • Escargot du Puget (Cryptomastix devia) (espèce disparue du pays, 2002) : l’utilisation de l’habitat par cet escargot et la limace-prophyse bleu-gris se chevauche aux États-Unis (Pilsbry, 1940); aucune mention récente de l’espèce au Canada

Plantes (statut selon le COSEPAC) :

  • Corydale de Scouler (Corydalis scouleri) (espèce menacée, 2001)
  • Céphalanthère d’Austin (Cephalanthera austiniae) (espèce menacée, 2000)
  • Dryoptéride côtière (Dryopteris arguta) (espèce préoccupante, 2001)
  • Lupin des ruisseaux (Lupinus rivularis) (espèce en voie de disparition, 2002)

La section 9 (Effets sur les espèces non ciblées) du plan de rétablissement provincial donne la liste complète des espèces qui pourraient tirer profit des mesures visant à assurer le rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris. Dans la mise en œuvre des activités de planification du rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris, il sera tenu compte de toutes les espèces partageant son habitat, de manière à ce que ces activités n’aient aucun effet néfaste sur ces espèces ou leur habitat.

6 Références

Blue-grey Taildropper Recovery Team. 2012. Recovery plan for Blue-grey Taildropper (Prophysaon coeruleum) in British Columbia. Prepared for the B.C. Ministry of Environment, Victoria, BC. 36 pp. (Également disponible en français : Équipe de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris. 2012. Plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) en Colombie-Britannique. Préparé pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique). 43 p.)

Chen, J., J.F. Franklin et T.A. Spies. 1995. Growing-season Microclimate Gradients from Clearcut Edges into Old-Growth Douglas-Fir Forests. Ecological Applications 5:74-86.

Cordeiro, J. 2004. Population/occurrence delineation – terrestrial snails. Section in NatureServe. 2013. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web]. Version 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia. (consulté en février 2013).

COSEWIC 2006. COSEWIC assessment and status report on the Blue-grey Taildropper slug Prophysaon coeruleum in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. vi + 27 pp. Disponible à l’adresse : www.sararegistry.gc.ca/status/status_e.cfm (Également disponible en français : COSEPAC 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Limace‑prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 32 p. Disponible à l’adresse : http://www.sararegistry.gc.ca/status/status_f.cfm.)

NatureServe. 2015. NatureServe Explorer: an online encyclopedia of life [application Web]. Version 7.1. Arlington, VA. (consulté en mai 2015).

Ovaska, K. et L. Sopuck. 2010. Surveys for the Blue-grey Taildropper and other gastropods at risk with focus on Capital Regional District Parks, fall 2010. Report prepared for Habitat Acquisition Trust, Victoria, BC. 30 pp.

Ovaska, K. et L. Sopuck. 2012. Surveys for the Blue-grey Taildropper and other gastropods at risk with focus on Capital Regional District Parks, fall 2011. Report prepared for Habitat Acquisition Trust, Victoria, BC.30 pp.

Ovaska, K. et L. Sopuck. 2014a. Surveys for Blue-grey Taildropper and other gastropods at risk on southern Vancouver Island in 2014. Report prepared for Habitat Acquisition Trust, Victoria, BC. 28pp. + appendices.

Ovaska, K. et L. Sopuck. 2014b. Surveys and Stewardship for Blue-grey Taildropper on southern Vancouver Island, autumn 2013. Report prepared for Habitat Acquisition Trust, Victoria, BC. 23pp. + appendices.

Pilsbry, H.A. 1940. Land mollusca of North America (north of Mexico). Academy of Natural Sciences of Philadelphia, Monograph 3, 1(2):575–994, i–ix.

Sopuck, L. et K. Ovaska. 2012. Surveys for the Blue-grey Taildropper and other gastropods at risk in the Capital Regional District, autumn 2011. Report prepared for Habitat Acquisition Trust, Victoria, BC. 30 pp.

Voller, J. 1998. Biodiversity and Interior Habitats: The need to minimize edge effects. Part 6 of 7. Extension Note 21. BC Ministry of Forests. 8 pp.

Partie 2 – Plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) en Colombie-Britannique, préparé par l’Équipe de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique

  • Information sur le document

    À propos de la série des programmes de rétablissement de la Colombie-Britannique

    La série présente les programmes et plans de rétablissement qui sont élaborés dans le but de conseiller la Province de la Colombie-Britannique sur l’approche stratégique générale à adopter pour le rétablissement des espèces en péril. Ces documents sont préparés conformément aux priorités et aux mesures de gestion assignées en vertu du cadre de conservation (Conservation Framework) de la Colombie-Britannique. La Province prépare ces documents pour veiller à ce les mesures de conservation soient coordonnées et pour respecter ses engagements dans le cadre de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

    Qu’est-ce que le rétablissement?

    Le rétablissement des espèces en péril est le processus visant à arrêter ou à inverser le déclin des espèces en voie de disparition, menacées ou disparues de la province ainsi qu’à éliminer ou à réduire les menaces auxquelles elles sont exposées, de façon à augmenter leurs chances de survie à l’état sauvage.

    Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?

    Un programme de rétablissement résume les meilleures connaissances scientifiques disponibles sur une espèce ou un écosystème pour déterminer les buts, les objectifs et les approches stratégiques qui assureront une orientation coordonnée du rétablissement. Il indique ce qu’on sait et ce qu’on ignore à propos de l’espèce ou de l’écosystème visé, décrit les menaces qui pèsent sur l’espèce ou l’écosystème et ce qu’il faut faire pour atténuer ces menaces, et fournit des renseignements sur l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce (si cette information est disponible). La Province de la Colombie-Britannique accepte l’information présentée dans ce document à titre d’avis destiné à orienter la mise en œuvre de mesures de rétablissement de l’espèce, y compris les décisions concernant les mesures à prendre pour protéger son habitat. Lorsqu’on dispose d’emblée de suffisamment d’information pour orienter la mise en œuvre, toute l’information existante est présentée dans un plan de rétablissement, et il n’est pas nécessaire d’élaborer un plan d’action distinct.

    Pour de plus amples renseignements

    Pour en apprendre davantage sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, veuillez consulter la page Web du ministère de l’Environnement portant sur la planification du rétablissement à l’adresse suivante (en anglais seulement) : <http://www.env.gov.bc.ca/wld/recoveryplans/rcvry1.htm>

    Référence recommandée

    Équipe de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris. 2012. Plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) en Colombie-Britannique. Préparé pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique). 43 p.

    Illustration/photographie de la couverture : Kristiina Ovaska, Biolinx Environmental Research Ltd., Sidney (Colombie-Britannique).

    Exemplaires supplémentaires

    On peut télécharger la version anglaise du présent document à partir de la page Web du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique portant sur la planification du rétablissement à l’adresse suivante : <http://www.env.gov.bc.ca/wld/recoveryplans/rcvry1.htm>

    Données de la publication originale anglaise

    Données de catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

    Blue-grey Taildropper Recovery Team (Canada)
    Recovery plan for blue-grey taildropper (Prophysaon coeruleum) in British Columbia [electronic resource] / prepared by Blue-grey Taildropper Recovery Team.

    (British Columbia recovery strategy series)
    Includes bibliographical references.
    Electronic monograph in PDF format.
    ISBN 978-0-7726-6567-6

                1. Arionidae--Conservation--British Columbia.  2. Rare invertebrates--British Columbia.  I. British Columbia. Ministry of Environment II. Title.  III. Series: British Columbia recovery strategy series

    QL430.5 A7 B58 2012                    333.95'54838                            C2012-980066-X

    Avis

    Ce plan de rétablissement a été préparé par l’Équipe de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris à titre d’avis aux autorités responsables et aux organismes responsables qui pourraient participer au rétablissement de l’espèce. Le Ministère a obtenu cet avis afin de respecter ses engagements aux termes de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

    Ce document présente les stratégies de rétablissement jugées nécessaires pour rétablir les populations de la limace-prophyse bleu-gris en Colombie-Britannique, à la lumière des meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles dont nous disposons. Les mesures de rétablissement à adopter pour atteindre les buts et les objectifs exposés dans le présent plan sont assujetties aux priorités et aux contraintes budgétaires des organismes participants. Ces buts, objectifs et approches pourraient être modifiés de manière à tenir compte de nouveaux objectifs et de nouvelles conclusions.

    Les autorités responsables et tous les membres de l’Équipe de rétablissement de la limace‑prophyse bleu-gris ont eu l’occasion d’examiner ce document. Malgré tout, le contenu ne reflète pas nécessairement la position officielle des organismes concernés ou les opinions personnelles de tous les particuliers qui siègent à l’équipe de rétablissement.

    Le rétablissement de cette espèce dépend de l’engagement et de la coopération d’un grand nombre d’intervenants qui participent à la mise en œuvre des orientations exposées dans le présent plan. Le ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique encourage toute la population de la province à participer au rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris.

Membres de l'équipe de rétablissement

Trudy Chatwin, Ministry of Natural Resource Operations, Nanaimo (Colombie-Britannique)
Tracy Cornforth, ministère de la Défense nationale, base des Forces canadiennes Esquimalt, Victoria (Colombie-Britannique)
Jennifer Heron (présidente), Ministry of Environment (MoE), Vancouver (Colombie-Britannique)
Suzie Lavallee, University of British Columbia, Vancouver (Colombie-Britannique)
Cory Manton, District of Saanich, Victoria (Colombie-Britannique)
Adriane Pollard, District of Saanich, Victoria (Colombie-Britannique)
Andrea Schiller, Centre de foresterie du Pacifique, Ressources naturelles Canada, Victoria (Colombie-Britannique)
Maureen Scott, Centre de foresterie du Pacifique, Ressources naturelles Canada, Victoria (Colombie-Britannique)
Dan Shervill, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Delta (Colombie‑Britannique)

Autorités responsables

Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique est responsable de l’élaboration d’un plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada. Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada a participé à l’élaboration de ce plan de rétablissement.

Remerciements

Ce plan de rétablissement a été élaboré par Jennifer Heron et a subséquemment fait l’objet d’un examen et de commentaires effectués par les membres de l’équipe de rétablissement. Marilyn Fuchs (Capital Regional District), Nicole Kroeker (Agence Parcs Canada), Bill Woodhouse (BC Parks), Mike Rody (BC Parks), Ross Vennesland (Agence Parcs Canada), Arthur Robinson (Service canadien des forêts, Centre de foresterie du Pacifique) et Geoff Scudder (University of British Columbia) ont également examiné le document et formulé des commentaires utiles. La révision scientifique du document a été effectuée par Kristiina Ovaska et Lennart Sopuck (Biolinx Environmental Research Ltd, Sidney), avec l’appui financier du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique (BC MoE). Byron Woods (BC MoE) a élaboré les cartes et offert un soutien pour les données SIG. Jeff Brown (BC MoE) et Leah Westereng (BC MoE) ont effectué une révision rédactionnelle et technique du document. Le présent plan de rétablissement a été élaboré conformément aux directives énoncées dans le document B.C. Guide for Recovery Planning for Species and Ecosystems (Ministry of Environment, 2010a).

Sommaire

La limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) est endémique de l’ouest de l’Amérique du Nord. Les adultes sont de petites limaces au corps effilé qui peuvent atteindre 45 mm de longueur. Au plan morphologique, cette espèce se distingue principalement par sa coloration bleutée uniforme et souvent vive.

La limace-prophyse bleu-gris a été évaluée comme étant en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Elle est inscrite au Canada comme espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en considération de ses zone d’occurrence (~ 150 km2) et zone d’occupation (< 5 km2) très restreintes et du déclin continu prévu de la qualité de son habitat. La limace-prophyse bleu-gris a été observée dans seulement 11 localités dans la région de Victoria, dans le sud de l’île de Vancouver. En Colombie-Britannique (C.‑B.), elle est classée S1 (gravement en péril) par le Conservation Data Centre et figure sur la liste rouge de la province. Le cadre de conservation de la Colombie-Britannique (B.C. Conservation Framework) classe la limace-prophyse bleu-gris comme une priorité 1 sous l’objectif 3 (maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes). Le rétablissement de l’espèce est considéré comme réalisable du point de vue biologique et technique.

La limace-prophyse bleu-gris atteint la limite septentrionale de son aire de répartition mondiale en Colombie-Britannique. Vers le sud, elle se rencontre dans l’ouest de l’État de Washington et en Orégon jusque dans le nord de la Californie. Elle est également présente dans un certain nombre de localités isolées dans le nord de l’Idaho. L’aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris en Colombie-Britannique représente moins de 3 % de son aire de répartition mondiale.

La limace-prophyse bleu-gris se rencontre dans un large éventail de forêts conifériennes et mixtes constituées d’arbres d’âges multiples, où elle est associée à des communautés végétales humides. À l’échelle du microhabitat, l’espèce a besoin de nombreux débris ligneux grossiers et autres abris, d’une épaisse couche de litière et d’un tapis forestier ombragé et humide. Les sites présentant des conditions optimales pour l’espèce abritent très peu de plantes introduites et d’espèces concurrentes de gastéropodes introduits.

Les menaces qui pèsent sur la limace-prophyse bleu-gris comprennent le développement résidentiel et commercial (p. ex. conversion des terres en zones résidentielles et urbaines, en zones commerciales et industrielles et en zones touristiques et récréatives); les corridors de transport et de service; l’exploitation forestière et la récolte du bois dans l’habitat potentiel; les intrusions et perturbations humaines telles que les activités récréatives dans les localités situées dans des parcs; les modifications des systèmes naturels (p. ex. suppression des incendies); les espèces de plantes non indigènes envahissantes susceptibles d’entraîner des changements dans l’habitat et les espèces de gastéropodes non indigènes envahissants; la pollution causée par les effluents agricoles; les sécheresses induites par les changements climatiques.

Le but en matière de population et de répartition consiste à assurer la persistance de toutesNote de bas de page 3  les localités connues (et nouvellement signalées) de la limace-prophyse bleu-gris à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce en Colombie-Britannique.

Les objectifs de rétablissement sont les suivants :

  1. assurer la protectionNote de bas de page 4  des localités connues (et nouvellement signalées) et des habitats connus de la limace-prophyse bleu-gris
  2. évaluer et atténuer l’ampleur des menaces actuelles (menacesNote de bas de page 5  1, 4, 5, 6, 7, 8, 9 [IUCN-CMP]) dans toutes les localités en Colombie-Britannique
  3. combler les lacunes dans les connaissances sur la limace-prophyse bleu-gris (p. ex. besoins en matière d’habitat, étendue de l’aire de répartition sur l’île de Vancouver, et étendue de l’aire de répartition potentielle dans la région de Kootenay)

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris en Colombie-Britannique est jugé réalisable sur les plans technique et biologique selon les critères énoncés par le gouvernement du Canada (2009) :

  1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.

    Oui. L’espèce a été observée dans 11 localités. Bien que peu d’information soit disponible sur les populations présentes dans chacune des localités connues, la limace-prophyse bleu-gris a été observée récemment dans toutes ces localités.

  2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.

    Oui. La limace-prophyse bleu-gris persiste dans de petites parcelles d’habitat dans chacune des onze localités connues, dans le sud de l’île de Vancouver. D’autres localités pour l’instant non documentées existent probablement. De plus grandes parcelles d’habitat convenable mais encore non fouillées sont présentes dans le sud de l’île de Vancouver, dans la vallée du bas Fraser et la région de Kootenay ainsi que dans certaines régions réparties le long de la rive sud du Fraser, de Langley à Bridal Veil Falls, près de Hope, vers l’est.

  3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou sur son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.

    Oui. Les principales menaces qui pèsent sur la limace-prophyse bleu-gris peuvent être évitées ou atténuées dans chacune des onze localités. Les gestionnaires des terres sont au fait des occurrences de l’espèce et s’emploient à intégrer les mesures de rétablissement dans la planification de la gestion des terres et les décisions y afférant.

  4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.

    Oui. Des techniques de rétablissement telles que l’élaboration de plans de gestion propres aux sites, la modification du tracé des sentiers récréatifs, l’élimination des plantes envahissantes susceptibles d’avoir un impact sur l’habitat et l’utilisation d’abris artificiels aux fins du suivi des populations sont des exemples de techniques qui peuvent être utilisées avec succès pour atteindre le but en matière de population et de répartition. Dans certains cas, la restauration de milieux modifiés par des pratiques urbaines ou agricoles serait possible.

1 Évaluation de l'espèce par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Date de l’évaluation : Avril 2006

Nom commun (population) : Limace-prophyse bleu-gris

Nom scientifique : Prophysaon coeruleum Cockerell, 1890

Statut selon le COSEPAC : Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation : La zone d’occurrence (~ 150 km2) et la zone d’occupation (< 5 km2) de cette espèce sont très petites, et un déclin continu est anticipé quant à la qualité de l’habitat. L’espèce se trouve dans des parcelles reliques de forêts plus vieilles comportant un élément caducifolié. Elle est actuellement connue dans seulement 5 emplacements dans le sud de l’île de Vancouver. Les menaces présentes dans ces emplacements comprennent une grande utilisation récréative et les impacts de plantes et animaux introduits, incluant l’introduction de limaces et d’escargots envahissants.

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2006. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

2 Information sur la situation de l'espèce

Limace-prophyse bleu-grisa

Désignation légale :

Cotes de conservation (en anglais seulement)d

B.C. Conservation Framework (en anglais seulement) (CF)f

  • But 1 : Contribuer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes. Prioritég : 2 (2009)
  • But 2 : Empêcher que les espèces et les écosystèmes ne deviennent en péril. Priorité : 6 (2009)
  • But 3 : Maintenir la diversité des espèces et écosystèmes indigènes. Priorité : 1 (2009)

Groupes de mesures du CF :

  • élaboration d’un rapport de situation
  • protection de l’habitat
  • inscription à la Wildlife Act
  • transmission au COSEPAC
  • planification
  • intendance des terres privées
  • restauration de l’habitat
  • gestion de l’espèce et des populations

a Source des données : B.C. Conservation Data Centre (2012), à moins d’indication contraire.
b Espèce sauvage désignée (Identified Wildlife) en vertu de la Forest and Range Practices Act, qui vise les catégories d’espèces en péril, les ongulés et les espèces sauvages importantes à l’échelle régionale (Province of British Columbia, 2002).
c Espèce désignée en voie de disparition (Endangered) ou menacée (Threatened) en vertu de la Wildlife Act (Province of British Columbia, 1982).
d S = cote infranationale; N = cote nationale; G = cote mondiale; B = population reproductrice; X = vraisemblablement disparue du territoire considéré; H = possiblement disparue du territoire considéré; 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = préoccupante, vulnérable à la disparition du territoire considéré ou de la planète; 4 = apparemment non en péril; 5 = manifestement largement répandue, abondante et non en péril; NA = sans objet; NR = non classée; U = non classable.
e Source des données : NatureServe (2010).
f Source des données : Ministry of Environment (2010b).
g Échelle à six niveaux : de la priorité 1 (la plus élevée) à la priorité 6 (la plus faible).

3 Information sur l'espèce

3.1 Description de l’espèce

La limace-prophyse bleu-gris est une petite limace au corps effilé qui peut atteindre à l’âge adulte une longueur de 45 mm en extension quand elle est en mouvement (Forsyth, 2004). Elle se reconnaît principalement à sa coloration uniforme bleutée souvent vive piquée de mouchetures éparses plus claires, à l’absence de bandes et à la présence de crêtes et de sillons parallèles longitudinaux sur la queue (figures 1, 2). Le ton et la luminosité de la couleur peuvent varier d’un individu à l’autre. Une légère constriction oblique est généralement visible sur la queue à l’endroit où la queue se détache (autotomie ou auto-amputation) lorsque la limace est perturbée. Forsyth (2004) et le rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2006) donnent une description morphologique détaillée de la limace-prophyse bleu-gris.

Limace-prophyse bleu-gris adulte
Figure 1. Limace-prophyse bleu-gris adulte (Photo : K. Ovaska).
  • Description longue
    La figure 1 est une photo d’une limace‑prophyse bleu‑gris adulte, repliée sur elle‑même, prise par K. Ovaska.
Limace-prophyse bleu-gris adulte
Figure 2. Limace-prophyse bleu-gris adulte (Photo : K. Ovaska).
  • Description longue
    La figure 2 est une photo d’une limace‑prophyse bleu‑gris adulte, prise par K. Ovaska.

3.2 Populations et répartition

L’aire de répartition mondiale de la limace-prophyse bleu-gris s’étend depuis le sud de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, jusque dans le nord de la Californie, en passant par l’ouest de l’État de Washington et l’Orégon (figure 3) (COSEWIC, 2006). La répartition de l’espèce dans la portion septentrionale de son aire semble très fragmentée (K. Ovaska, comm. pers., 2010). L’espèce est également présente dans un ensemble isolé de localitésNote de bas de page 6  dans le nord de l’Idaho (Ovaska et al., 2004a). Les populations du sud de l’Orégon et du nord de la Californie sont génétiquement distinctes des populations établies dans le reste de l’aire de répartition de l’espèce (Wilke et Duncan, 2004) et appartiennent peut-être à une espèce distincte (COSEWIC, 2006).

Répartition de la limace-prophyse bleu-gris au Canada et en Amérique du Nord
Figure 3. Répartition de la limace-prophyse bleu-gris au Canada et en Amérique du Nord (carte tirée de COSEWIC, 2006).
  • Description longue
    La figure 3 montre l’aire de répartition de la limace‑prophyse bleu‑gris au Canada et en Amérique du Nord (carte tirée de COSEWIC, 2006). La répartition s’étend depuis le sud de l’île de Vancouver jusqu’au nord de la Californie. Il y a également une localité isolée de la limace‑prophyse bleu‑gris dans le nord de l’Idaho.

 

Au Canada, la limace-prophyse bleu-gris est présente dans le sud de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, qui constitue la limite septentrionale de son aire de répartition mondiale (figure 3). L’aire de répartition de l’espèce en Colombie-Britannique couvre moins de 150 km2, soit moins de 3 % de son aire de répartition mondiale (COSEWIC, 2006). Le dernier rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2006) consacré à l’espèce mentionne sa présence dans cinq localités, mais depuis sa publication, six autres localités ont été découvertes. En date de novembre 2011, le nombre total de localités existantes et distinctes abritant l’espèce au Canada s’élevait à onze (figure 4). Moins de 25 km séparent les deux localités les plus éloignées l’une de l’autre.

La présence de la limace-prophyse bleu gris en Colombie-Britannique a été confirmée pour la première fois en 2002, dans le sud-est de l’île de Vancouver (Ovaska et Sopuck, 2002a, 2002b; COSEWIC, 2006). D’autres localités abritent peut-être l’espèce en Colombie-Britannique, car certaines parties de la vallée du bas Fraser comportent de l’habitat convenable. Toutefois, en dépit des recherches approfondies effectuées dans la régionNote de bas de page 7 , la présence de l’espèce n’y a pas été décelée. Il existe également une faible possibilité que la limace-prophyse bleu-gris soit présente dans la région de Kootenay, dans le sud-est de la Colombie-Britannique. L’espèce a été trouvée récemment dans une nouvelle localité dans le nord de l’Idaho (Ovaska et al., 2004). Compte tenu de la proximité de la frontière canado-américaine, il est possible que l’aire de répartition mondiale de l’espèce s’étende jusque dans l’extrême-sud de la région de Kootenay. Les recherches effectuées dans la région de Kootenay, dans le sud-est de la Colombie-Britannique, en 2007 (Ovaska et Sopuck, 2007a), en 2008 (Ovaska et Sopuck, 2008a), en 2009 (Ovaska et Sopuck, 2009a) et en 2010 (Ovaska et al., 2010), se sont toutes révélées infructueuses.

Répartition de la limace-prophyse bleu-gris en Colombie-Britannique
Figure 4. Répartition de la limace-prophyse bleu-gris en Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2012).
  • Description longue
    La figure 4 est une carte de la répartition de la limace‑prophyse bleu‑gris en Colombie‑Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2012). On y voit 11 localités en Colombie‑Britannique, toutes dans le sud de l’île de Vancouver. Les localités de la limace‑prophyse bleu‑gris sont les suivantes : Devonian (localité n° 1), mont Work/lac Durrance (localité n° 2), Galloping Goose (localité n° 3), parc Logan (localité n° 4), lac Matheson (localité n° 5), colline Mill‑Colwood (localité n° 6), Pointe Rocky (localité n° 7), collines Sooke (localité n° 8), lac Thetis (localité n° 9), colline Observatory (localité n° 10) et étang Trevlac (localité n° 11).
Tableau 1. Localitésa abritant la limace-prophyse bleu-gris en Colombie-Britannique.
Numéro sur la carte (figure 4) Nom de la localitéb, c Description de l’emplacement géographique général de la localitéd Régime foncierd Année de l’observation la plus récente Référence pour la mention
1 Devonian Parc régional Devonian (DRC), ruisseau Sherwood, Metchosin DRC 2009 Ovaska et Sopuck (2009b)
2 Mont Work, lac Durrance

Parc régional Mount Work (DRC)

Champ de tir Heal, région du lac Durrance

DRC

MDN

2010 Ovaska et Sopuck (2010)
3 Galloping Goose Parc régional Galloping Goose (DRC), rivière Sooke DRC 2004 Ovaska et Sopuck (2004a)
4 Logan Parc Logan, Saanich Parc municipal de Saanich 2010 Ovaska et Sopuck (2010)
5 Lac Matheson Parc régional Matheson Lake (DRC), Metchosin DRC 2011 L. Sopuck, comm. pers., 2011
6

Colline Mill - Colwood

Parc régional Mill Hill (DRC), Colwood

Dépôt de carburant et d’approvisionnement de la BFC Colwood

DRC

MDN

2008

2009

Ovaska et Sopuck (2009b)

DND (2010)

7 Rocky Point Rocky Point, Metchosin MDN 2009 DND (2010)
8 Collines Sooke Aire de nature sauvage Sooke Hills, réserve de parc du DRC DRC 2009 Ovaska et Sopuck (2009b)
9 Lac Thetis Parc régional Thetis Lake (DRC) DRC 2010 Ovaska et Sopuck (2010)
10 Colline Observatory Observatoire fédéral de radioastrophysique Propriété fédérale 2011 B.C. Conservation Data Centre (2012)
11 Étang Trevlac Parc Calvert, Saanich Parc municipal de Saanich 2011 Ovaska et Sopuck (2011)

a Aucune information sur la taille de la population ou la zone d’occupation n’est disponible à chaque localité.
b Des occurrences de l’espèce sont peut-être présentes dans les secteurs entourant les terres privées comprenant les localités connues, mais d’autres contacts avec les propriétaires fonciers et des inventaires additionnels s’imposent pour vérifier cette hypothèse. Ces superficies d’habitat non fouillées sont petites et seraient de toute façon considérées comme faisant partie de la même localité.
c La majorité des recherches ciblant la limace-prophyse bleu-gris menées autour de chacune des localités désignées se sont déroulées à l’intérieur des limites des parcs existants. Des quantités substantielles d’habitat existent à l’extérieur de ces parcs, mais du fait de leur relative inaccessibilité, ces secteurs n’ont pas été fouillés. Les localités ont été nommées d’après le nom de la région générale et ne se limitent pas uniquement au parc auquel elles réfèrent, car des occurrences pourraient être découvertes à l’extérieur de ces parcs dans le cadre de relevés futurs.
d BFC = Base des Forces canadiennes; DRC = district régional de la capitale; MDN = Ministère de la Défense nationale.

 

La taille et les tendances de la population dans chaque localité sont inconnues, et aucune information permettant d’évaluer la densité approximative des populations n’est disponible. On ne dispose d’aucune information sur les déplacements et le domaine vital de la limace-prophyse bleu-gris, mais cette espèce présente probablement une capacité de dispersion limitée en raison principalement de sa taille et de sa faible occurrence par unité d’effort de recherche (COSEWIC, 2006). Si l’on fait exception d’une localité où les recherches ont mené à la découverte de plusieurs individus (Rocky Point; Ovaska et Sopuck, 2004b), seulement un ou deux individus ont été trouvés dans chaque localité en Colombie-Britannique (annexe 1). Les populations semblent donc petites et discrètes. Malgré leur ampleur, les relevés effectués en 2006 dans deux localités où l’espèce avait été observée en 2004 (parc régional Mill Hill et sentier régional Galloping Goose) se sont révélés infructueux (Ovaska et Sopuck, 2006). Comme la limace-prophyse bleu‑gris a peut-être toujours été rare à l’échelle du paysage, et vu sa nature discrète et les facteurs limitatifs décrits à la section 3.3.3, il est difficile de détecter, d’étudier et de suivre ses populations à l’une ou l’autre des onze localités existantes.

3.3 Besoins de la limace-prophyse bleu-gris

La limace-prophyse bleu gris est hermaphrodite (c.-à-d. chaque individu possède les organes reproducteurs femelles et mâles) et a probablement un cycle annuel, accomplissant sa croissance jusqu’à la maturité sexuelle et se reproduisant (ponte) la même année (Burke et al., 2000). La période de reproduction de la limace-prophyse bleu gris est incertaine. Sur l’île de Vancouver, les adultes ont tous été trouvés en automne (COSEWIC, 2006), ce qui donne à croire que l’oviposition (ponte) pourrait avoir lieu de septembre jusqu’en novembre; les œufs passent l’hiver et éclosent au printemps suivant. Comme aucun adulte n’a été observé au début du printemps à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce, il y a tout lieu de croire que très peu d’individus sinon aucun individu ne survit à sa première année (COSEWIC, 2006).

Le comportement reproducteur de la limace-prophyse bleu gris est peu connu, et aucun œuf ni aucun nid n’a été trouvé en Colombie-Britannique. Les œufs des espèces du genre Prophysaon sont blanc opaque et ovales, mais ceux de la limace-prophyse bleu-gris n’ont jamais été décrits. Les nids sont vraisemblablement bien dissimulés et découverts seulement de façon fortuite dans les forêts conifériennes ou mixtes humides situées à faible altitude abritant l’espèce (voir la section 3.3). Les œufs qui ont été découverts aux États-Unis étaient réunis en masses plus ou moins importantes dans des milieux frais, humides et ombragés, sous des grumes ou des débris ligneux jonchant le tapis forestier (Burke et al., 2000). Les nids peuvent contenir des œufs ou des individus fraîchement éclos entre septembre et mai. Les grosses grumes et souches humides abritent probablement plus d’un nid par année et continuent d’offrir des conditions propices à de nombreuses générations de limaces pendant des décennies. Il est plus facile de repérer les nids si l’on découvre des limaces en train de pondre ou à proximité de masses d’œufs.

Le comportement de la limace-prophyse bleu-gris n’a jamais été étudié. Divers facteurs environnementaux tels que la température, la disponibilité d’eau et la durée du jour influent sur le régime d’activité de toutes les espèces de limaces et sur leur présence dans une région donnée. D’autres espèces de limaces sont grégaires et se rassemblent en groupes pour contrer la déshydratation (Cook, 1981a, 1981b; Prior, 1981; Prior et al., 1983, cité par Prior, 1985). Ces rassemblements contribuent à créer un microenvironnement très humide et à prévenir la déshydratation des limaces, mais ils ne semblent pas avoir de fonction sociale (Cook, 1981a, cité par Prior, 1985). Lorsqu’une limace devient déshydratée, elle s’aplatit sur une surface mouillée de manière à maximiser la surface d’absorption de l’eau par leur pied (Prior, 1985). La limace‑prophyse bleu-gris manifeste probablement ces deux comportements (rassemblement et aplatissement) pour échapper à la déshydratation.

Le comportement de retour vers l’abri demeure à étudier chez la limace-prophyse bleu-gris, mais celui de certaines espèces de limaces et d’escargots a été décrit brièvement par Prior (1985). Il a été fait mention de limaces quittant leur abri la nuit venue pour s’alimenter pendant quelques heures avant de regagner leur abri avant le lever du jour. Ce comportement permet aux limaces de retrouver un abri approprié et de limiter au maximum les risques de déshydratation en évitant de s’exposer à des conditions asséchantes (Prior, 1985). La limace-prophyse bleu-gris manifeste probablement ce type de comportement de retour.

3.3.1 Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat

Aucune information n’est disponible concernant les besoins biologiques particuliers de la limace-prophyse bleu-gris en Colombie-Britannique. En Colombie-Britannique, les occurrences sont des populations isolées qui atteignent la limite septentrionale de l’aire de répartition mondiale de l’espèce, et il est donc possible que les besoins biologiques de ces populations diffèrent légèrement de ceux des autres populations établies ailleurs à l’échelle de l’aire de répartition mondiale de l’espèce.

Toutes les mentions de l’espèce enregistrées en Colombie-Britannique proviennent de localités situées à moins de 100 m d’altitude (COSEWIC, 2006; B.C. Conservation Data Centre, 2012). En Orégon, l’espèce a été observée jusqu’à 1 650 m d’altitude (Wilke et Duncan, 2004).

La limace-prophyse bleu-gris se rencontre dans un large éventail de forêts conifériennes et mixtes, où elle est associée à des communautés végétales humides (Kelley et al., 1999; Burke et al., 2000; COSEWIC, 2006; B.C. Conservation Data Centre, 2012). En Colombie-Britannique, toutes les mentions ont été enregistrées dans des forêts mixtes de seconde venue (tableau 1) comportant souvent un sous-étage dominé par le polystic à épées (Polystichum munitum). L’érable à grandes feuilles (Acer macrophyllum) (localité 1, Devonian; localité 2, mont Work-lac Durrance; localité 7, Rocky Point) ou le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) (localité 7, Rocky Point) sont présents dans certaines localités. Une localité (localité 4, parc Logan) est immédiatement adjacente à un petit milieu humide (Ovaska et Sopuck, 2004a), et une autre (localité 9, lac Thetis) est immédiatement adjacente à un pré à chêne de Garry (Quercus garryana). Dans les localités connues aux États-Unis, la limace-prophyse bleu-gris a été observée dans des forêts matures et anciennes, mais elle se rencontre également dans des peuplements plus jeunes comportant des caractéristiques de forêts anciennes (COSEWIC, 2006).

La limace-prophyse bleu-gris est souvent associée au bois pourri (Ovaska et al., 2004a; COSEWIC, 2006). À l’échelle du microhabitat, l’espèce a besoin de nombreux débris ligneux grossiers et autres abris, d’une épaisse couche de litière et d’un tapis forestier ombragé et humide (Burke et al., 2000; COSEWIC, 2006; Ovaska et Sopuck, 2004a, 2004b, 2007b, 2007c, 2007d, 2009a, 2009b, 2010).

Durant les périodes d’accouplement et de ponte, les nids se trouvent généralement dans des grumes ou des souches partiellement décomposées, sous l’écorce déhiscente de grosses grumes ou possiblement dans la litière (K. Ovaska, données inédites). Ces sites procurent le microenvironnement humide stable indispensable au développement des œufs. La présence de sites de nidification appropriés est essentielle au développement des œufs et à la survie hivernale des populations locales. Comme les adultes vivent rarement plus d’un an (Burke et al.,2000; COSEWIC, 2006), le nid joue le rôle de site d’hibernation pour les œufs et assure la survie de la population jusqu’au printemps suivant. Les œufs des limaces résistent mal à la dessiccation et s’assèchent rapidement s’ils ne sont pas abrités dans un site humide protégé (South, 1992). Sous le couvert forestier, le bois pourri ou l’épaisse couche de litière protège les œufs de la limace-prophyse bleu-gris des fluctuations de température et d’humidité et assure le maintien d’un microclimat propice à leur développement. Si la recherche montre qu’une caractéristique ou un microsite en particulier abrite au moins un nid chaque année, cette localité devra être jugée importante tant et aussi longtemps qu’elle procurera des conditions propices à la nidification.

La limace-prophyse bleu-gris est fongivore-herbivore. En Orégon, où son régime alimentaire a été étudié, elle se nourrit intensivement de divers champignons microscopiques, dont des espèces entretenant des associations mycorhyziennes symbiotiques avec les racines des plantes (McGraw et al., 2002). La limace-prophyse bleu-gris consomme également des lichens et des plantes vasculaires, de même que des champignons macroscopiques tels que le Tubulicrinis sororius (L. Sopuck, comm. pers., 2011, transmise au B.C. Conservation Data Centre, 2012). En captivité, la limace-prophyse bleu-gris s’accommode très bien de matières végétales fraîches (K. Ovaska, comm. pers., 2007).

3.3.2 Rôle écologique

La limace-prophyse bleu-gris joue un rôle écologiqueNote de bas de page 8  en contribuant aux processus de décomposition, en participant à l’enrichissement des sols, en consommant des matières végétales fraîches ou en décomposition et en servant de proie à divers prédateurs vertébrés et invertébrés. Certains gastéropodes forestiers semblent contribuer à la dispersion des spores de champignons, y compris d’espèces de champignons qui entretiennent des associations mycorhyziennes essentielles avec les racines de conifères et de feuillus. En favorisant la croissance vigoureuse des arbres, les spores de ces champignons contribuent à l’enrichissement naturel des écosystèmes forestiers. Les gastéropodes participent également à la dispersion des graines de plantes (Richter, 1980; Gervais et al., 1998). Enfin, les limaces sont les proies de divers prédateurs, dont des oiseaux, des amphibiens, des carabes (espèces de coléoptères) et des petits mammifères. On ignore si la limace-prophyse bleu-gris entretient des relations écologiques particulières (p. ex. mutualisme ou parasitisme) avec d’autres espèces.

3.3.3 Facteurs limitatifs

Capacité de dispersion : La capacité de dispersion de la limace-prophyse bleu-gris est probablement limitée, et l’on ignore la superficie d’habitat nécessaire au maintien d’une population à une localité donnée. Le caractère très fragmenté des forêts conifériennes de faible altitude dans le sud de l’île de Vancouver entrave probablement la dispersion naturelle de l’espèce. De par leur nature intrinsèque, les limaces sont des animaux sédentaires et de mœurs discrètes, et leur aptitude à coloniser naturellement de nouvelles régions est vraisemblablement faible.

Faible densité des populations : La limace-prophyse bleu-gris semble principalement nocturne et de mœurs discrètes et répartie en populations de faible densité (comme l’ont démontré les relevés documentés par Ovaska et Sopuck, 2004a, 2004b, 2007b, 2007c, 2007d, 2009a, 2009b, 2010). Il y a donc lieu de croire que son potentiel reproducteur est faible, même dans les milieux qui lui sont optimaux.

Limite septentrionale de l’aire de répartition mondiale de l’espèce : En Colombie-Britannique, la limace-prophyse bleu-gris atteint la limite septentrionale de son aire de répartition mondiale, ce qui accroît sa vulnérabilité aux changements climatiques et aux fluctuations stochastiques de ses populations.

Dépendance à l’égard des milieux présentant un taux d’humidité de l’air élevé : La limace-prophyse bleu-gris est associée aux forêts conifériennes et aux forêts mixtes de faible altitude qui comportent un sous-étage dense et bien développé procurant le microhabitat humide nécessaire au maintien d’une humidité élevée. Cette limace présente une répartition éparse à l’échelle de son aire de répartition, probablement en raison de la nature isolée des parcelles d’habitat convenable et de sa faible capacité de dispersion. Dans les localités connues aux États-Unis, la limace-prophyse bleu-gris a été observée dans des forêts matures et anciennes, mais elle se rencontre également dans des peuplements plus jeunes comportant des caractéristiques de forêts anciennes (COSEWIC, 2006).

Vulnérabilité à la déshydratation : En cas de risque de déshydratation, les limaces se mettent à la recherche d’eau, après une brève baisse d’activité locomotrice (Prior, 1985). Du fait de ses caractéristiques physiologiques et de son régime d’activité, la limace-prophyse bleu-gris est continuellement vulnérable à la déshydratation. Toutes les limaces laissent derrière elles une traînée de mucus dilué au fil de leurs déplacements et subissent en permanence une perte d’eau par évaporation pulmonaire et tégumentaire. De nombreuses études écologiques et physiologiques ont fait état d’un lien entre la température corporelle, le niveau d’hydratation et l’activité locomotrice (Machin, 1975; Peake, 1978; Burton, 1983; Riddle, 1983; Martin, 1983, cité par Prior, 1985). En l’espace de deux heures, une limace active peut perdre entre 30 et 40 % de son poids corporel, et le choix de l’habitat par les limaces est lié à la présence d’eau (Prior, 1985). Même si les études susmentionnées se rattachent à d’autres espèces de gastéropodes, leurs conclusions s’appliquent probablement à la limace-prophyse bleu-gris.

4 Menaces

Les menaces sont définies comme étant les activités (humaines) ou les processus immédiats qui ont causé, causent ou pourraient causer la destruction, la dégradation ou la perturbation de la biodiversité et des processus naturels. Elles peuvent être passées (historiques), en cours ou susceptibles de survenir dans l’avenir. Les menaces ne comprennent pas les caractéristiques biologiques intrinsèques de l’espèce ou de la population (p. ex. dépression de consanguinité, petite taille de la population, isolement génétique), qui sont considérées comme des facteurs limitatifs.

4.1 Évaluation des menaces

La classification des menaces présentée ci-dessous est fondée sur le système unifié de classification des menaces de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN ou, en anglais, IUCN) et du Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership, ou CMP) et est compatible avec les méthodes utilisées par le British Columbia Conservation Data Centre. Pour une description détaillée du système de classification des menaces, veuillez consulter le site Web du CMP (en anglais seulement) (CMP, 2010). Pour des précisions sur l’établissement des valeurs, veuillez consulter Master et al. (2009) et les notes au bas du tableau. Les menaces qui pèsent sur la limace-prophyse bleu-gris ont été évaluées pour l’ensemble de la province (tableau 2).

Tableau 2. Tableau de classification des menaces pour la limace-prophyse bleu-gris
No de la menace Description de la menace Impacta Portéeb Gravitéc Immédiatetéd Localitése
1 Développement résidentiel et commercial Moyen Restreinte Extrême Élevée -
1.1 Zones résidentielles et urbaines Faible Petite Extrême Élevée
  • Menace pour les parcelles d’habitat potentiel non fouillées et d’autres localités potentielles.
1.2 Zones commerciales et industrielles Faible Petite Extrême Élevée
  • Menace pour les parcelles d’habitat potentiel non fouillées et d’autres localités potentielles.
1.3 Zones touristiques et récréatives Moyen-faible Restreinte Élevée-modérée Élevée
  • Les onze localités connues.
  • Menace pour les parcelles d’habitat potentiel non fouillées et d’autres localités potentielles.
4 Corridors de transport et de service Moyen Grande-restreinte Modérée Élevée -
4.1 Routes et voies ferrées Moyen Grande-restreinte Modérée Élevée
  • Menace aux localités connues : 1, 3, 4, 5, 8 et 9.
  • Menace pour les parcelles d’habitat potentiel non fouillées et d’autres localités potentielles.
5 Utilisation des ressources biologiques Faible Petite Élevée-modérée Élevée -
5.3 Exploitation forestière et récolte du bois Faible Petite Élevée-modérée Élevée
  • Menace pour les parcelles d’habitat potentiel non fouillées et d’autres localités potentielles.
6 Intrusions et perturbations humaines Élevé Grande Élevée Élevée -
6.1 Activités récréatives Élevé Grande Élevée Élevée
  • Les onze localités connues.
7 Modifications des systèmes naturels Moyen Restreinte Élevée Élevée -
7.1 Incendies et suppression des incendies Moyen Restreinte Élevée Élevée
  • Les onze localités connues.
8 Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques Élevé Grande Élevée Élevée -
8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes Élevé Grande Élevée Élevée
  • Les onze localités connues.
9 Pollution Inconnu Grande Inconnue Élevée -
9.3 Effluents agricoles et sylvicoles Inconnu Grande Inconnue Élevée
  • Les onze localités connues.
10 Phénomènes géologiques Inconnu Inconnue Inconnue Inconnue -
10.2 Tremblements de terre et tsunamis Inconnu Inconnue Inconnue Modérée-faible
  • Les onze localités connues.
11 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents Inconnu Généralisée Inconnue Faible -
11.2 Sécheresses Inconnu Généralisée Inconnue Faible
  • Les onze localités connues.

a Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution ou de la dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues).
b Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %).
c Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %).
d Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); insignifiante/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.
e Localités – Voir le tableau 1 pour les noms des localités.

4.2 Description des menaces

L’impact global des menaces pesant sur la limace-prophyse bleu-gris à l’échelle de la province est très élevéNote de bas de page 9  (tableau 2). Les principales menaces pesant sur l’espèce comprennent les activités récréatives en cours, qui sont susceptibles d’entraîner la dégradation de l’habitat aux localités connues, et la propagation accrue des espèces introduites. Des précisions sont fournies ci‑dessous, par catégorie de menace de niveau 1 de l’UICN.

L’aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris au Canada couvre une superficie de 150 km2 et chevauche une des régions les plus densément peuplées et les plus développées de l’île de Vancouver. Les activités historiques (p. ex. exploitation forestière, agriculture, urbanisation) ont entraîné une importante perte d’habitat. En particulier, les milieux situés à faible altitude (< 100 m) dans la zone biogéoclimatique côtière à douglas ont été fortement altérés au cours du siècle dernier par l’urbanisation et les activités agricoles et forestières, et il reste peu de chose de la forêt originale (MacKinnon et Eng, 1995). Le développement résidentiel et commercial a entraîné la destruction d’environ 90 % des écosystèmes à chêne de Garry (GOERT, 2011). Le déclin et la répartition éparse des milieux forestiers donnent à croire que les populations de cette limace en Colombie-Britannique sont de plus en plus fragmentées. Par exemple, les plus grandes forêts mixtes de seconde venue plus anciennes dans le district régional de la capitale (région du Grand Victoria, qui correspond à l’aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris) sont souvent fragmentées. Bien que les menaces historiques soient prises en compte ici, la présente évaluation des menaces pesant sur la limace-prophyse bleu-gris est fondée sur les menaces actuelles et futures.

4.2.1 Menaces à impact élevé

Menace 6 (IUCN-CMP). Intrusions et perturbations humaines (6.1 Activités récréatives)

Les activités récréatives pratiquées en milieu forestier comprennent le camping, la randonnée pédestre, la marche et le vélo ainsi que l’utilisation de véhicules tout-terrain (VTT) et de motos tout terrain (en particulier hors des sentiers). Ces activités peuvent entraîner la dégradation de l’habitat en causant le compactage du sol et provoquer la mort accidentelle de limaces. La randonnée pédestre et les activités connexes peuvent favoriser la propagation d’espèces exotiques (voir la menace 8.1). Au parc Logan (localité 4), l’utilisation récréative des sentiers par les amateurs de randonnée équestre est intensive et a vraisemblablement un impact sur l’habitat (p. ex. piétinement des sentiers et de leurs abords et accumulation de crottin, qui accroît le risque de propagation de champignons et de graines) (A. Pollard, comm. pers., 2011).

Des activités récréatives sont pratiquées dans toutes les localités abritant l’espèce, incluant des endroits éloignés fréquentés par des utilisateurs de VTT, comme les collines Sooke (localité 8), même si cette activité y est interdite.

Menace 8 (IUCN-CMP). Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes)

Des espèces introduites de gastéropodes, d’invertébrés et de plantes sont présentes dans les onze localités connues abritant la limace-prophyse bleu-gris, mais l’ampleur des introductions et l’identité des espèces introduites dans chaque localité demeurent à déterminer.

Gastéropodes envahissants : Les gastéropodes envahissants peuvent représenter une menace pour la limace-prophyse bleu-gris dans les onze localités connues en lui faisant compétition pour la nourriture et les abris ou en en faisant leur proie (K. Ovaska, comm. pers., 2009). Les gastéropodes envahissants d’origine européenne sont répandus dans les zones urbaines et agricoles du sud de l’île de Vancouver, et plusieurs espèces ont gagné les milieux forestiers et peuvent être localement abondants (Forsyth, 1999, 2004). Les humains peuvent favoriser involontairement la propagation de ces espèces dans de nouvelles régions en y transportant des végétaux de pépinière, des plantes ornementales ou d’autres matières avec de la terre ou en y rejetant des résidus de jardins (Forsyth, 1999).

Les espèces de gastéropodes envahissants qui peuvent livrer compétition à la limace-prophyse bleu-gris incluent l’escargot des haies (Cepaea nemoralis) et plusieurs espèces de limaces, dont l’Arion subfuscus (Dusky Arion) et l’Arion rufus (Chocolate Arion), la limace léopard (Limax maximus) et le Deroceras panormitanum (Longneck Fieldslug). Rollo et Wellington (1979) ont observé des agressions intraspécifiques et interspécifiques chez les limaces et une compétition pour les refuges. Trois espèces envahissantes localement communes, à savoir la limace léopard, l’Arion subfuscus et la petite limace grise (Deroceras reticulatum), sont particulièrement agressives. L’escargot Oxychilus draparnaudi (Dark-bodied Glass-snail), espèce carnivore introduite, est commun à l’échelle locale dans le sud de l’île de Vancouver (région de Victoria) (Forsyth, 1999) et pourrait être un prédateur important des jeunes limaces-prophyses bleu-gris et des œufs (Ovaska, comm. pers., 2003). Cette espèce envahissante est considérée comme une menace potentielle pour les espèces de gastéropodes indigènes dans d’autres régions où elle a été introduite (Frest et Rhodes, 1982).

Bien que la majorité des espèces de gastéropodes envahissants se rencontrent principalement dans les zones intensivement utilisées et modifiées par les humains, certaines se sont propagées à des forêts conifériennes intactes et ont ainsi étendu leur aire de répartition (Ovaska, comm. pers., 2008). Dans l’État de Washington, l’Arion subfuscus est maintenant présent dans les forêts anciennes et pourrait y déplacer la limace-banane (Ariolimax columbianus), une espèce indigène (Burke et al., 1999).

La limace-prophyse bleu-gris est probablement vulnérable à la pression de prédation exercée par les gastéropodes indigènes, probablement plus intense dans les paysages modifiés par les humains. Les invertébrés prédateurs indigènes potentiels de la limace-prophyse bleu-gris comprennent l’escargot carnivore Haplotrema vancouverense (Robust Lancetooth) et diverses espèces de coléoptères de la famille des Carabidés telles que le Scaphinotus angusticollis (Ovaska, comm. pers., 2008; Sopuck, comm. pers., 2008). Ces deux espèces sont considérées comme des spécialistes des gastéropodes (Thiele, 1977), et des individus ont été observés en train de suivre la traînée de mucus laissée par des limaces au fil de leurs déplacements. Un H. vancouverense a même été observé en train d’attaquer et de tuer des limaces (K. Ovaska et L. Sopuck, données inédites, 2000). Ces invertébrés prédateurs (et d’autres espèces) sont communs dans les forêts du sud de l’île de Vancouver, mais aucun d’entre eux n’est reconnu comme un prédateur obligatoire de la limace-prophyse bleu-gris. La prédation par des espèces animales indigènes n’est pas considérée comme une menace pour l’espèce, bien qu’elle ait été observée et que son importance demeure à évaluer de façon plus approfondie.

Invertébrés prédateurs envahissants : La concentration d’invertébrés prédateurs dans de petites parcelles d’habitat comportant peu de refuges peut accroître la pression de prédation pesant sur la limace-prophyse bleu-gris. La compétition et la prédation considérées comme un facteur limitatif peuvent devenir davantage une menace si elles sont combinées à la compétition et à la prédation exercées par des espèces introduites et à une pression de développement accrue. Par exemple, il a été démontré que les routes favorisent la propagation d’espèces introduites et la pression de prédation sur les gastéropodes (Trombulak et Frissell, 2000). Les Carabidés sont reconnus comme des prédateurs d’escargots terrestres (Digweed, 1993), et la présence de nombreux Carabidés introduits a été signalée à l’intérieur de l’aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris (C. Copley, comm. pers., 2011). Ces espèces introduites représentent une menace potentielle pour la limace-prophyse bleu-gris, mais la portée et la gravité de cette menace demeurent à évaluer.

En 2011, la présence de la fourmi rouge européenne (Myrmica rubra) a fréquemment été signalée dans la région du Grand Victoria. Cette espèce est associée aux milieux à graminées hautes et peut déplacer des espèces d’invertébrés indigènes (Higgins, comm. pers., 2011). Elle n’a toutefois pas été observée dans les milieux abritant la limace-prophyse bleu-gris. La transplantation dans des parcs par des gens bien intentionnés de plantes provenant de jardins contenant des populations de fourmis rouges européennes est une des voies de propagation documentées de cette espèce envahissante (Higgins, comm. pers., 2011).

Espèces de plantes envahissantes : Les plantes envahissantes peuvent altérer la composition végétale du tapis forestier et la structure du sol et, quand elles inhibent la croissance de la flore indigène, accroître la quantité de lumière qui filtre jusqu’au tapis forestier à travers le sous-étage. Par exemple, la ronce discolore (Rubus discolor), une espèce envahissante, peut envahir le sous‑étage des parcelles de forêts décidues urbaines et inhiber la croissance des plantes de plus petite taille du sous-étage, et elle ne semble pas assurer le maintien d’un microhabitat humide au niveau du sous-étage. L’augmentation de la luminosité entraîne un assèchement du microclimat et du sous-étage et la dessiccation du tapis forestier et intensifie le stress liés à déshydratation chez les gastéropodes qui ont besoin d’un taux d’humidité élevé. Des plantes envahissantes comme le genêt à balais (Cytisus scoparius), l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) et la daphnée lauréole (Daphne laureola) peuvent envahir les zones perturbées. Le lierre commun (Hedera helix) peut se propager et remplacer la végétation indigène du tapis forestier. Aucun gastéropode indigène ne semble capable de vivre dans les parcelles envahies par le lierre commun (Burke et al., 1999). Le houx commun (Ilex aquifolium) et la ronce discolore sont des plantes envahissantes largement réparties dans les écosystèmes indigènes du sud de l’île de Vancouver, et il est établi qu’ils peuvent déloger la végétation indigène en place.

4.2.2 Menaces à impact moyen et faible

Menace 1 (IUCN-CMP). Développement résidentiel et commercial (1.1 Zones résidentielles et urbaines; 1.2 Zones commerciales et industrielles)

À l’intérieur de l’aire de répartition connue de l’espèce, d’autres localités comportant de l’habitat similaire à celui des localités connues demeurent probablement à découvrir. Une bonne partie de cet habitat se trouve sur des terres privées susceptibles de faire l’objet de développement.

Menace 1 (IUCN-CMP). Développement résidentiel et commercial (1.3 Zones touristiques et récréatives)

La demande visant à accroître le nombre de zones touristiques et récréatives dans le sud de l’île de Vancouver s’est accrue de façon substantielle au cours de la dernière décennie. La conversion d’aires naturelles, y compris celles qui se trouvent déjà dans des parcs et des aires protégées, en terrains de golf, en terrains de camping, en parcs, en installations récréatives et en centres communautaires se poursuit. À l’intérieur des propriétés régionales et municipales, la conservation de l’habitat et le développement récréatif peuvent entrer en conflit. Cette menace pourrait avoir un impact dans les onze localités connues.

Menace 4 (IUCN-CMP). Corridors de transport et de service (4.1 Routes et voies ferrées)

À l’intérieur de l’aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris dans le sud de l’île de Vancouver, une large part de l’habitat potentiel (p. ex. de l’habitat encore non fouillé) et connu (p. ex. de l’habitat situé dans des parcs ou des aires protégées et sur le territoire domanial) de l’espèce est fragmentée par de nombreuses routes, des corridors de service et d’autres corridors de transport similaires. L’expansion du réseau de routes, de sentiers et de corridors accroît la fragmentation de l’habitat de la limace-prophyse bleu-gris et contribue à modifier encore davantage cet habitat en en intensifiant l’utilisation par les humains et en y favorisant la propagation d’espèces introduites (menace 8.1 de l’IUCN-CMP). La bordure des routes agit comme un corridor vers les milieux naturels et favorise la propagation rapide d’espèces introduites, par exemple lorsque des graines attachées aux pneus de voiture se détachent dans un nouvel environnement (Trombulak et Frissell, 2000). La propagation potentielle d’espèces introduites le long des routes peut avoir un impact sur les populations locales en favorisant la propagation d’espèces concurrentes ou prédatrices, altérer la flore indigène et, ultimement, modifier les régimes hygrométriques des microclimats nécessaires pour assurer le maintien des populations de limaces-prophyses bleu-gris (p. ex. pour limiter la déshydratation des limaces) (voir la menace 8.1).

Menace 5 (IUCN-CMP). Utilisation des ressources biologiques (5.3 Exploitation forestière et récolte du bois)

L’aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris en Colombie-Britannique a été perturbée dans le passé par l’exploitation forestière intensive. Le territoire forestier est encore l’objet d’une gestion intensive modulée par la forte demande de produits forestiers. Les pratiques de gestion intensive des forêts, notamment les coupes d’éclaircie pré-commerciale, l’élagage, le prélèvement sélectif de certaines essences, les pratiques de fertilisation, la récolte par blocs et les coupes à blanc, ont vraisemblablement des impacts négatifs sur les populations de limaces-prophyses bleu-gris.

Les coupes d’éclaircie pré-commerciale et l’élagage ont pour effet de réduire la quantité de feuilles et de branches qui tombent au sol et procurent des abris à l’espèce et/ou de modifier le moment où ces matières tombent au sol. En réduisant le couvert forestier global, l’élagage des branches latérales entraîne une baisse des taux d’humidité relative et l’assèchement subséquent du tapis forestier. Les méthodes et la machinerie utilisées aux fins du déboisement peuvent provoquer le compactage du parterre forestier, l’écrasement de limaces-prophyses bleu-gris, le déplacement des débris ligneux grossiers et l’altération des abris utilisés par l’espèce et avoir des impacts localisés à l’intérieur de la zone de récolte.

Toutes les mentions de l’espèce en Colombie-Britannique proviennent de forêts de seconde venue. La survie de l’espèce dans un paysage exploité ou dans une forêt de seconde venue est peut-être liée à la disponibilité de vieilles grumes pourries procurant des abris et des sites de ponte à l’espèce. Les pratiques d’aménagement forestier intensif actuelles prévoient l’enlèvement des gros débris ligneux grossiers durant la récolte de deuxième rotation, ce qui entraîne une raréfaction de ces débris dans les forêts soumises à un aménagement intensif. Ces grumes jouent vraisemblablement un rôle important dans le maintien d’un microclimat stable pour les œufs en développement, et donc d’un microhabitat convenable pour la limace-prophyse bleu-gris.

Menace 7 (IUCN-CMP). Modifications des systèmes naturels (7.1 Incendies et suppression des incendies)

Les activités humaines telles que le brûlage et le fauchage des broussailles aux fins de la suppression des incendies ont des effets néfastes sur la limace-prophyse bleu-gris. Le feu faisait partie des menaces mentionnées par Burke et al. (1999) pour les populations de gastéropodes vivant dans l’État de Washington. Les forêts conifériennes situées sur le côté est du sud de l’île de Vancouver sont généralement sèches et donc beaucoup plus vulnérables aux incendies, en particulier de juillet jusqu’en septembre. Divers facteurs humains telles que la gestion négligente des feux de camp, le rejet de mégots de cigarettes et l’utilisation d’équipement de camping et de machinerie mal câblés contribuent à exacerber le risque d’incendie dans les régions sauvages.

Le débroussaillage, l’empilement des broussailles et le brûlage périodique de la végétation et des débris ligneux sont des pratiques courantes sur les terres publiques et privées comprises dans l’aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris. Même si le brûlage ne couvre que de petites superficies, il se peut que des occurrences encore inconnues de l’espèce soient touchées. La fumée produite par le brûlage périodique des broussailles et les produits de carbonisation et les débris brûlés qui en résultent ont également un impact néfaste sur la qualité de l’habitat.

Le fauchage et l’élimination de la végétation dans les localités peuvent également avoir un impact négatif sur les populations de limaces-prophyses bleu-gris en compromettant la rétention de l’humidité dans les habitats et en intensifiant le stress lié à la déshydratation chez les limaces. La prévention de la déshydratation occupe une place importante dans le régime d’activités des limaces (Prior, 1985). Les limaces sont constamment à la recherche d’abris et d’un microhabitat capables de conserver l’eau, l’humidité et la fraîcheur. La déshydratation est associée à une baisse de l’activité locomotrice (Prior, 1985).

Les incendies et les activités de suppression des incendies constituent une menace aux onze localités abritant l’espèce, mais cette menace n’est jamais présente en un même moment dans tous les habitats. Ainsi, les activités de suppression des incendies telles que le fauchage et le brûlage des broussailles n’ont pas nécessairement cours tous les ans dans un habitat donné et ne se déroulent pas nécessairement chaque année dans le même habitat.

4.2.3 Menaces à impact inconnu

Menace 9 (IUCN-CMP). Pollution (9.3 Effluents agricoles et sylvicoles)

L’utilisation de pesticides d’usage courant, notamment de produits utilisés contre les gastéropodes, ainsi que d’herbicides à des fins de gestion de la végétation ont un impact négatif sur la qualité de l’habitat. Dans certaines localités, on utilise des herbicides pour éliminer la végétation en bordure des routes et des sentiers. Anciennement et encore aujourd’hui, des herbicides étaient et sont utilisés le long des sentiers de randonnée pédestre, dans les aires de pique-nique dans les parcs et le long des routes et des emprises ferroviaires. L’efficacité de divers herbicides a notamment été évaluée contre deux plantes très envahissantes, le genêt à balais (Cytisus scoparius) et l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus), en bordure de routes dans la région de Duncan, sur l’île de Vancouver (Zielke et al. 1992). Même si les épandages d’herbicides sont moins fréquents de nos jours, on ignore dans quelle mesure on a eu recours ou on a toujours recours aux herbicides à l’intérieur de l’aire de répartition potentielle de la limace‑prophyse bleu-gris dans le sud de l’île de Vancouver.

L’utilisation des bords de route par les gastéropodes a été documentée par Baur et Baur (1990), (cités dans Trombulak et Frissell, 2000), selon qui l’escargot terrestre Arianta arbustorum préfère se déplacer le long des routes sans toutefois les traverser, même lorsqu’il s’agit de routes non revêtues de seulement 3 m de largeur. L’application d’herbicides pour éliminer la végétation en bordure des routes a vraisemblablement des effets nocifs pour les gastéropodes qui s’y trouvent, et les effets cumulatifs et persistants des herbicides dans ces environnements risquent d’y provoquer un déclin à long terme des populations de gastéropodes. Toutefois, comme ces hypothèses n’ont pas été confirmées, la gravité de cette menace est inconnue.

Menace 10 (IUCN-CMP). Phénomènes géologiques (10.2 Tremblements de terre et tsunamis)

Les zones de faible altitude situées dans la région du Grand Victoria se trouvent dans la zone à risque de tsunami. Si un désastre naturel devait se produire, une grande partie de cette région serait inondée, et les populations connues de limaces-prophyses bleu-gris seraient entièrement décimées.

Menace 11 (IUCN-CMP). Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (11.2 Sécheresses)

L’augmentation des sécheresses estivales aura un impact sur les habitats occupés et entraînera une diminution de l’humidité assurant le maintien d’un microhabitat convenable. Ces effets seront plus prononcés dans les habitats isolés de qualité marginale et dégradés (COSEWIC, 2006).

5 But et objectifs de rétablissement

5.1 But en matière de population et de répartition

Le but en matière de population et de répartition consiste à assurer la persistance de la limace-prophyse bleu-gris dans toutesNote de bas de page 10  les localités connues (et nouvellement signalées) à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce au Canada.

5.2 Justification du but en matière de population et de répartition

Cette espèce a une répartition restreinte au Canada et est présente en faible densité dans toutes les localités connues, et de façon générale, le but en matière de population et de répartition vise à faire en sorte qu’aucune des populations ne disparaisse au Canada. La limace-prophyse bleu-gris sera probablement toujours considérée comme « en voie de disparition », à moins qu’un certain nombre de nouvelles localités soient découvertes et que son aire de répartition s’étende de façon substantielle. Selon les informations historiques sur l’abondance et la répartition de cette espèce, il n’y a qu’un petit nombre de populations dont l’existence est confirmée, et les spécimens de musée sont peu nombreux. Comme rien ne permet de croire que la limace-prophyse bleu-gris ait déjà été plus largement répartie, un objectif d’accroître activement le nombre de populations, ce qui pourrait permettre l’inscription de l’espèce à une catégorie de moindre risque, n’est pas approprié.

Le but en matière de population et de répartition pour la limace-prophyse bleu-gris ne peut être quantifié en raison de lacunes dans les connaissances relatives à la taille de la population dans chacune des onze localités abritant l’espèce. La limace-prophyse bleu-gris n’est pas fréquemment observée dans les localités connues, et la majorité des mentions réfèrent à l’observation d’un ou de deux individus par relevé par site (voir l’annexe 1). La difficulté que soulève l’estimation de populations de faible densité, couplée à celle de marquer les petits gastéropodes à corps mou et d’en faire le suivi, rend l’estimation de la taille des populations un exercice à la fois fastidieux et difficile du point de vue logistique. Il convient également de prendre en compte le risque d’infliger un stress inutile aux populations de l’espèce et de causer la mort accidentelle de limaces lors de la manipulation. Le but en matière de population et de répartition énoncé ci-haut fixe un objectif minimal en matière de population (> 1 limace) pour chaque localité. Cela permet de guider l’établissement de l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce, qui doit viser l’identification et la protection de l’habitat nécessaire à la persistance des localités.

5.3 Objectifs de rétablissement

  1. assurer la protectionNote de bas de page 11  des localités connues (et nouvellement signalées) et des habitats connus de la limace-prophyse bleu-gris
  2. évaluer et atténuer l’ampleur des menaces actuelles (menaces 1, 4, 5, 6, 7, 8, 9 [IUCN-CMP]) dans toutes les localités en Colombie-Britannique
  3. combler les lacunes dans les connaissances sur la limace-prophyse bleu-gris (p. ex. besoins en matière d’habitat, étendue de l’aire de répartition sur l’île de Vancouver, et étendue de l’aire de répartition potentielle dans la région de Kootenay)

6 Approches pour l'atteinte des objectifs

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Les mesures suivantes ont été classées d’après les groupes de mesures du cadre de conservation de la Colombie-Britannique (Ministry of Environment, 2010b). Leur état d’avancement pour l’espèce est indiqué entre parenthèses.

Élaboration du rapport de situation (terminée)

  • l’élaboration du rapport de situation du COSEPAC est terminée (COSEWIC, 2006). Une mise à jour est prévue pour 2016.

Transmission au COSEPAC (terminée)

  • la limace-prophyse bleu-gris a été désignée espèce en voie de disparition (COSEWIC, 2006). Le statut de l’espèce sera réévalué en 2016.

Inventaire

  • des relevés de gastéropodes ciblant l’habitat de la limace-prophyse bleu-gris ont été effectués dans la région de Kootenay en 2007, 2008, 2009 et 2010 (Ovaska et Sopuck, 2007a, 2008a; Ovaska et al., 2010).Note de bas de page 12  Aucune nouvelle localité n’a été découverte.
  • un inventaire ciblant la limace-prophyse bleu-gris a été mené à bien dans des parcs du district régional de la capitale (DRC) en 2006, 2007, 2008, 2009 et 2010 (Ovaska et Sopuck, 2006, 2007b, 2008b, 2009b, 2010)
    • un inventaire ciblant la limace-prophyse bleu-gris a été réalisé sur des terres gérées par le ministère de la Défense nationale (MDN) en 2006, 2007 et 2008 (Ovaska et Sopuck, 2004b, 2007c, 2009c) ainsi que dans d’autres propriétés administrées par le gouvernement fédéral, notamment par le Conseil national de recherches du Canada (colline Observatory) et Parcs Canada (colline Fort Rodd) en 2008 (Ovaska et Sopuck, 2009b)

Planification (terminée)

  • l’élaboration du plan de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris en Colombie-Britannique est terminée (le présent document, 2012)

Protection de l’habitat, restauration de l’habitat et intendance des terres privées (en cours)

Les populations de limaces-prophyses bleu-gris et leur habitat dans les localités connues se trouvent sur des terres qui appartiennent au gouvernement fédéral, au district de Saanich ou à l’administration du DRC et/ou qui sont gérées par ces instances. Au sein de leur organisation respective, des gestionnaires des terres mènent à bien des activités d’intendance et de gestion visant à protéger les habitats naturels de la limace-prophyse bleu-gris, ou sont bien au fait de la présence de l’espèce et de ses besoins.

Les autorités responsables des parcs régionaux et municipaux abritant des populations de limaces-prophyses bleu-gris ont élaboré des plans de gestion. Ces plans de gestion ne ciblent pas des espèces en particulierNote de bas de page 13 , mais ils visent à assurer la protection générale des milieux naturels.

Le MDN participe à plusieurs activités d’intendance axées sur la gestion et la protection d’espèces en péril, dont la limace-prophyse bleu-gris. Pour sa part, le gouvernement de la Colombie-Britannique vise à faciliter la ratification entre le MDN et le British Columbia Conservation Data Centre d’ententes de partage de données sur les occurrences de la limace‑prophyse bleu-gris et sur ses habitats dans les localités se trouvant en territoire de propriété fédérale.

L’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry (GOERT) participe à un programme visant à sensibiliser et à informer les propriétaires fonciers en ce qui concerne les espèces en péril, et bien que la limace-prophyse bleu-gris ne soit pas propre aux écosystèmes du chêne de Garry, l’équipe de rétablissement est au fait de sa présence et fournit des informations sur cette espèce dans le cadre de ses activités d’intendance.

Une ébauche de rapport d’espèce sauvage désignée (identified wildlife account) a été rédigée pour la limace-prophyse bleu-gris.

6.2 Tableau de planification du rétablissement

Tableau 3. Tableau de planification du rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris.

Objectif 1 - Assurer la protectionc des localités connues (et nouvellement signalées) et des habitats connus de la limace-prophyse bleu-gris (groupe de mesures du cadre de conservation - protection de l’habitat; intendance des terres privées).

Mesures pour atteindre les objectifs Menacesa ou préoccupations visées Prioritéb
1. Mettre en place des mesures de protectionc (p. ex. protocole d’entente avec les propriétaires fonciers et les gestionnaires des terres pour les onze localités).

1.3
6.1
7.1
8.1

Essentielle
2. Collaborer avec les municipalités où la limace-prophyse bleu-gris est présente en vue d’inciter ces dernières à utiliser les outils de protection environnementale prévus par la réglementation en vigueur (p. ex. zones de permis d’aménagement, Riparian Areas Regulation, etc.). Toutes Essentielle
3. Déterminer la zone d’occupation des localités connues et délimiter le polygone d’habitat aux endroits où les populations de l’espèce sont présentes à chaque localité. Toutes Essentielle
4. Recommander l’inscription de la limace-prophyse bleu-gris à titre d’espèce sauvage désignée aux termes de la Forest and Range Practices Act.

5.3
9.3

Nécessaire
5. Élaborer ou améliorer les plans de gestion propres aux sites précisant les mesures d’aménagement et les activités d’exploitation autorisées dans les aires protégées, les terres municipales et le territoire domanial en vue de réduire ou d’éliminer les menaces pesant sur les populations et leur habitat. Toutes Essentielle
6. Intégrer la limace-prophyse bleu-gris dans les plans d’intendance multi-espèces existants et nouveaux afin de protéger et de gérer les habitats et d’éviter que les mesures de rétablissement ne compromettent le rétablissement d’autres espèces (p. ex. programmes d’intendance tels que le programme proposé par l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry). Toutes Nécessaire
7. Collaborer avec l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry et le Programme de conservation de la côte sud (South Coast Conservation Program) en vue d’élaborer un programme de communication avec les propriétaires fonciers en cas de découverte d’une nouvelle localité sur des terres privées.

1.1
1.2
1.3

Nécessaire
8. Élaborer des lignes directrices en matière de pratiques exemplaires de gestion ainsi que des documents d’information en vue de les distribuer aux administrations locales et aux propriétaires fonciers se trouvant à l’intérieur de l’aire de répartition potentielle de l’espèce susceptible de contenir une localité non documentée. Inclure des options pour la gestion de l’habitat des invertébrés vivant sur le tapis forestier sous divers scénarios de pratiques d’utilisation des terres. Toutes Nécessaire
9. Préparer un feuillet d’information ou une brochure énumérant toutes les espèces de gastéropodes terrestres rares vivant dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique et soulignant les services écosystémiques rendus par ces dernières. Toutes Bénéfique
10. Promouvoir l’inclusion de la limace-prophyse bleu-gris dans le matériel de vulgarisation élaboré par les administrations locales et les parcs nationaux et provinciaux compris dans l’aire de répartition potentielle de l’espèce. Toutes Bénéfique
11. Promouvoir l’inclusion de la limace-prophyse bleu-gris parmi les espèces couvertes par les ateliers sur la conservation et la restauration des écosystèmes forestiers restants compris dans l’aire de répartition de l’espèce. Toutes Bénéfique
Objectif 2 - Évaluer et atténuer l’ampleur des menaces actuelles (menaces 1, 4, 5, 6, 7, 8, 9 [IUCN-CMP]) dans toutes les localités en Colombie-Britannique (groupe de mesures du cadre de conservation - Protection de l’habitat; intendance des terres privées; restauration de l’habitat).
Mesures pour atteindre les objectifs Menacesa ou préoccupations visées Prioritéb
1. Durant la réalisation des inventaires, essayer de répertorier, de quantifier et de coter les menaces pesant sur l’habitat de l’espèce à l’aide de protocoles normalisés en vue d’évaluer les raisons de la présence ou de l’absence de l’espèce dans certains habitats. Toutes Élevée
2. Étudier la répartition de l’espèce et l’utilisation de l’habitat par celle-ci en relation avec ces mêmes paramètres chez les espèces prédatrices et espèces concurrentes introduites. 8.1 Essentielle
3. Collaborer avec les promoteurs immobiliers afin de les inciter à incorporer les besoins en matière d’habitat de la limace-prophyse bleu-gris dans les plans d’utilisation des terres en milieu urbain et rural et de faire en sorte que l’habitat se trouvant à proximité des parcelles d’habitat occupées ne soit pas dégradé par les travaux d’aménagement.

1.1
1.2
1.3

Essentielle
4. Dans les parcs et les aires récréatives, répertorier les menaces propres aux sites liées aux activités récréatives dans les parcelles d’habitat occupées connues de manière à y prévenir le plus possible les dommages infligés à l’habitat de l’espèce (p. ex. érosion et destruction de la végétation dans les parcelles d’habitat occupées causées par l’aménagement de sentiers ou par des activités récréatives intensives telles que le vélo de montagne ou la randonnée équestre).

1.3
6.1

Essentielle
5. Élaborer à l’intention de propriétaires fonciers et/ou de gestionnaires des terres ciblés des documents décrivant des pratiques exemplaires de gestion et fournissant des informations sur des menaces particulières et sur les méthodes permettant de les atténuer (p. ex. atténuation dans les habitats occupés de l’érosion et de la destruction de la végétation durant l’aménagement de sentiers; activités liées à la gestion, à la prévention ou à la suppression des incendies telles que le brûlage et le fauchage des broussailles; restriction des activités récréatives intensives telles que le vélo de montagne ou la randonnée équestre), et prodiguant des conseils sur les programmes d’élimination ou de gestion des espèces envahissantes (p. ex. élimination du houx commun, du genêt à balais ou d’autres espèces) et les applications d’herbicides (p. ex. le long des sentiers et des routes).

1.3
6.1
7.1
8.1
9.3

Élevée
6. Dans le cadre d’un programme de suivi à long terme, évaluer les changements touchant l’utilisation des terres et la répartition de l’espèce induits par les effets des changements climatiques (p. ex. augmentation de la fréquence des sécheresses). 11.2 Bénéfique
Objectif 3 - Combler les lacunes dans les connaissances sur la limace-prophyse bleu-gris (p. ex. besoins en matière d’habitat, étendue de l’aire de répartition sur l’île de Vancouver, et étendue de l’aire de répartition potentielle dans la région de Kootenay).
Mesures pour atteindre les objectifs Menacesa ou préoccupations visées Prioritéb
1. Élaborer un programme de suivi dans les localités connues et installer des abris artificiels afin de surveiller l’activité de la limace-prophyse bleu-gris dans les localités connues. Inventorier les composantes végétales et organiques de l’habitat (p. ex. débris ligneux grossiers) dans chaque localité et déterminer quelles caractéristiques de l’habitat sont préférées par l’espèce. Toutes Essentielle
2. Cartographier spatialement toutes les parcelles d’habitat potentiel de la limace-prophyse bleu-gris à l’échelle de son aire de répartition connue (sud de l’île de Vancouver) et de son aire de répartition potentielle (sud de la région de Kootenay et vallée du bas Fraser), établir l’ordre des priorités des sites en vue des inventaires, et mener à bien des inventaires dans les parcelles d’habitat potentiel.

1.1
1.2
1.3

Nécessaire
a La numérotation des menaces correspond à celles des catégories de l’IUCN-CMP (voir le tableau 2 pour des précisions).
b Essentielle = urgente et importante (la mesure doit être prise immédiatement); nécessaire = importante, mais non urgente (la mesure peut être prise dans les 2 à 5 prochaines années; bénéfique = bénéfique (la mesure pourra être prise quand cela sera possible).
c La protection peut être réalisée au moyen de divers mécanismes, y compris des accords volontaires d’intendance, des covenants de conservation, la vente de terres privées par des propriétaires consentants, des désignations relatives à l’utilisation des terres et l’établissement d’aires protégées.

7 Information sur l'habitat nécessaire pour atteindre le but du rétablissement

Aux fins de l’atteinte du but en matière de population et de répartition établi pour la limace‑prophyse bleu-gris, une description partielle de l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce a été incluse pour faciliter la gestion et l’atténuation des menaces pesant sur l’habitat.

7.1 Description de l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce

Des renseignements sur les besoins en matière d’habitat de la limace-prophyse bleu-gris sont présentés à la section 3.3.1 et résumés ici. Des travaux additionnels s’imposent pour être en mesure de cartographier l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce en Colombie-Britannique (voir la section 7.2). De façon minimale, l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce devrait inclure la zone d’occupation connue et une zone d’une distance radiale correspondant à la marge d’erreur de localisation potentielle de l’appareil GPS (système de positionnement global) utilisé, qui peut s’élever, selon la précision de l’appareil, à 25 m à certains endroits. Une zone additionnelle d’au moins 50 m (c.-à-d. distance relative à la zone de fonction de l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèceNote de bas de page 14 ) devrait également être incluse pour englober l’habitat convenable immédiatement adjacent à l’intérieur des zones adjacentes. Si la zone tampon de 50 m s’étent dans de l’habitat non convenable (p. ex. aire de stationnement, cour de travail ou installation d’entretien), ces zones devraient être exclues.

L’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce peut également comprendre toute la part du polygone d’habitat qui est associée à la production et au maintien des conditions d’habitat convenable et qui en fait partie intégrante et qui établit le contexte écologique des microhabitats occupés.

Les caractéristiques générales de l’habitat suivantes sont présentes dans les localités abritant la limace-prophyse bleu-gris. Ces caractéristiques permettent une description partielle des caractéristiques biophysiques de l’habitat nécessaire à la survie et rétablissement de l’espèce. De plus amples études s’imposent pour préciser certaines caractéristiques encore méconnues (p. ex. valeurs précises des taux d’humidité, informations sur les plantes et/ou composition en espèces).

  • classification biogéoclimatique : toutes les localités sont comprises dans la sous-zone maritime humide de la zone côtière à douglas (CDFmm)
  • altitude inférieure à 200 m (B.C. Conservation Data Centre, 2012)
  • toutes les mentions (tableau 1) proviennent de forêts mixtes de seconde venue. L’âge de ces peuplements varie entre 60 et 80 ans (peuplements de seconde venue)
  • description générale de l’habitat :
    • communautés végétales de sous-étage humide demeurant humides durant la majeure partie de l’année, à tapis forestier humide et ombragé
    • bordure de feuillus en périphérie d’un peuplement principalement coniférien; bords de petits milieux humides adjacents à un peuplement coniférien plus vieux; lisière d’un peuplement coniférien à la base d’un affleurement rocheux peuplé de chênes de Garry (Quercus garryana) et d’arbousiers d’Amérique (Arbutus menziesii); base d’une colline; parcelle relique de forêt dans une zone agricole
    • couverture végétale constituée de tapis de graminées denses, d’une dense couche de mousses et d’aiguilles, d’une dense couche de feuilles et d’une couche fine de débris ligneux grossiers et de litière
  • espèces d’arbres dominantes de l’étage supérieur :
    • espèces présentes : douglas de Menzies (Pseudotsuga menziesii), érable à grandes feuilles (Acer macrophylum), sapin grandissime (Abies grandis), thuya géant (Thuja plicata), peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), pruche de l’Ouest (Tsuga heterophylla), arbousier d’Amérique
    • Une localité est immédiatement adjacente à un pré à chêne de Garry
  • espèces d’arbustes et de fougères dominantes du sous-étage :
    • espèces d’arbustes indigènes : salal (Gaultheria shallon), airelle à petites feuilles (Vaccinium parvifolium) et autres espèces d’airelles (Vaccinium spp.), holodisque discolore (Holodiscus discolor), oemléria faux-prunier (Oemleria cerasiformis), mahonia à feuilles de houx (Mahonia aquifolium), rosier de Nootka (Rosa nutkana)
    • dans de nombreux sites, le mahonia à feuilles de houx et le salal dominent et forment des colonies denses
    • fougères : fougère-aigle (Pteridium aquilinum), polystic à épées (Polystichum munitum)
    • espèces non indigènes : ronce à grands pétales (Rubus ursinus), genêt à balais (Cytisus scoparius), houx commun (Ilex aquifolium), daphnée lauréole (Daphne laureola)
  • espèces d’herbacées dominantes du sous-étage :
    • les mousses et autres constituantes de la couverture végétale fournissent des abris et retiennent l’humidité
    • espèces présentes : chèvrefeuille toujours vert (Lonicera sempervirens), graminées diverses, tellime à grandes fleurs (Tellima grandiflora), osmorhize de Clayton (Osmorhiza claytonia), gaillet odorant (Gallium trifolium) et adénocaule bicolore (Adenocaulon bicolor)
  • proximité de milieux humides constituant des sources possibles de suintements souterrains vers l’habitat adjacent, permettant le maintien de conditions humides et ombragées et favorisant une forte croissance de la végétation durant les mois les plus chauds de l’année
  • présence de quantités appréciables de bois mort à tous les stades de décomposition, allant de débris fins (p. ex. ramilles, rameaux, fragments d’écorce et branches) aux débris plus grossiers de plus grandes dimensions (p. ex. arbres au sol et souches)
    • durant les périodes d’accouplement et de ponte, l’espèce est associée aux grumes ou aux souches partiellement décomposées et se rencontre sous l’écorce déhiscente de grosses grumes ou possiblement dans la litière. Ces sites offrent à l’espèce un microenvironnement stable humide indispensable au développement des œufs; les nids jouent le rôle de sites d’hibernation pour les œufs
    • sous le couvert forestier, le bois en décomposition ou l’épaisse couche de litière joue un rôle important en retenant l’humidité et en procurant des sites de nidification ou de repos aux limaces
  • épaisse couche de litière qui joue probablement un rôle important en protégeant l’espèce (à tous les stades de son développement) des fluctuations de température et d’humidité et en contribuant au maintien d’un microhabitat adéquat pour la survie de l’espèce
  • présence de champignons et d’autres matières végétales pouvant servir de sources de nourriture :
    • diverses espèces de champignons microscopiques, dont des espèces entretenant des relations symbiotiques mycorhiziennes avec les racines des plantes
    • lichens et plantes vasculaires, notamment des éléments végétaux humides et frais
    • champignons macroscopiques tels le Tubulicrinis sororius

De plus amples travaux sur le terrain s’imposent pour délimiter spatialement les polygones d’habitat dans chacune des onze localités. Les caractéristiques particulières des polygones d’habitat peuvent comprendre des éléments autres que les caractéristiques énumérées ci-dessus, et des recherches additionnelles s’imposent pour en préciser la nature.

7.2 Études requises afin de décrire l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce

Les études mentionnées au tableau 4 sont nécessaires pour décrire de façon exhaustive l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce.

Tableau 4. Études requises afin de décrire l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce et d’atteindre le but de rétablissement établi pour la limace-prophyse bleu-gris.
Description de l’activité de recherche Résultat / Justification Date du début
Réaliser des évaluations de l’habitat dans les localités connues. Cette activité permettra de comparer les localités quant aux paramètres des habitats 2012
Délimiter les polygones d’habitat dans chacune des localités abritant la limace-prophyse bleu-gris à l’aide de méthodes éprouvées de cartographie (p. ex. cartographie des écosystèmes terrestres), de systèmes de classification des communautés végétales, de lignes directrices relatives à la classification des débris ligneux grossiers et d’autres ressources existantes permettant de décrire les caractéristiques de l’habitat. Valider sur le terrain les limites des polygones d’habitat et ajuster les représentations cartographiques au besoin. Cette activité permettra de délimiter l’habitat de l’espèce à chaque localité et orientera la mise en œuvre de mesures destinées à atténuer les menaces. 2012

7.3 Activités humaines susceptibles d’endommager l’habitat de survie et de rétablissement

Les menaces (voir le tableau 2) pesant sur la limace-prophyse bleu-gris peuvent entraîner la disparition complète de l’habitat ou une réduction des fonctions et des caractéristiques de l’habitat assurant la viabilité de la population. Les principales menaces qui pèsent sur l’habitat de la limace-prophyse bleu-gris comprennent les activités suivantes : destruction ou dégradation de l’habitat occasionnée par le développement de zones urbaines et commerciales; activités liées à l’exploitation forestière entraînant l’élimination du sous-étage et, de là, l’assèchement de l’habitat et/ou une réduction des taux d’humidité; activités récréatives et activités similaires ayant un impact sur les sols et/ou entraînant une dégradation de l’habitat; dégradation de l’habitat résultant de l’introduction de plantes ou de gastéropodes exotiques; application d’herbicides ou d’autres produits chimiques causant directement la mort de gastéropodes ou persistant dans l’environnement.

Toute activité qui a pour effet de modifier le microclimat des nids, de perturber les œufs, de déplacer physiquement ou d’altérer les nids ou de compromettre l’occupation ou la productivité future de l’habitat doit être considérée comme endommageant ou détruisant l’habitat de l’espèce et, par conséquent, comme une menace pour la limace-prophyse bleu-gris. Les activités suivantes sont susceptibles d’endommager l’habitat de l’espèce : enlèvement ou élimination des débris ligneux grossiers; débitage du bois; écorçage ou toute autre activité entraînant la destruction des débris ligneux grossiers contenant un nid; excavation, contamination ou compactage du sol autour ou à l’intérieur d’un site de nidification dans la litière forestière. L’élimination du couvert forestier à proximité immédiate des nids entraîne l’assèchement du tapis forestier et peut être néfaste pour les œufs. Toute activité modifiant l’hydrologie d’un site et contribuant à accroître le risque d’inondation ou d’assèchement d’un site de nidification doit également être considérée comme néfaste. Le confinement de la limace-prophyse bleu-gris à des parcelles d’habitat plus petites contribue à accroître sa vulnérabilité à l’assèchement (p. ex. du tapis forestier (Prior, 1985; Burke et al., 1999) à l’inondation du tapis forestier, à la réduction de sa diversité génétique et aux fluctuations néfastes survenant à l’échelle du microclimat (Prior, 1985).

Tableau 5. Activités humaines susceptibles d’endommager l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris.
Activités Menacesa Localités
Activités, liées aux activités récréatives, telles que l’entretien des sentiers, la construction d’immeubles et/ou l’aménagement de nouveaux sentiers, l’expansion de terrains de camping et toute autre activité ayant un impact sur l’habitat à l’intérieur des parcs. 4.1
6.1

 

Toutes
Activités récréatives telles que la pratique du vélo de montagne ou l’utilisation de véhicules tout-terrain dans les habitats occupés. 6.1 Toutes
Plantation intentionnelle et propagation consécutive de plantes introduites pouvant avoir un impact sur le microhabitat et la structure du tapis forestier dans les localités. Cette activité peut concerner des membres du public ou des organisations horticoles qui favorisent la propagation d’espèces envahissantes en rejetant leur vieux compost ou leurs résidus de jardin dans des parcs, des aires protégées ou d’autres milieux naturels. 8.1 Toutes
Activités de suppression des incendies, notamment le fauchage, l’élagage et le brûlage des broussailles (à des moments inappropriés durant l’année). 7.1 Toutes
Développement en cours de zones urbaines et commerciales. 1.1, 1.2, 1.3 Toutes les localités.
Menaces historiques et actuelles pour les localités potentielles.
Applications dans les aires récréatives d’herbicides et d’autres produits chimiques contribuant à la pollution de l’habitat et ayant un impact direct (p. ex. mortalité) sur les limaces-prophyses bleu-gris. 9.3 Toutes

a La numérotation des menaces correspond à celles des catégories de l’IUCN-CMP (voir le tableau 2 pour des précisions).

8 Mesure des progrès

Le suivi dans le temps des populations et des tendances de leur habitat permettra d’évaluer l’efficacité des mesures mises en place pour assurer le rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris. La limace-prophyse bleu-gris a probablement un cycle annuel d’un an. En conséquence, la taille des populations peut fluctuer considérablement d’une année à l’autre, et la population totale peut varier (sur une période de plusieurs décennies) dans les différentes régions contenant de l’habitat convenable. Le suivi des populations fournira des indications sur la disparition éventuelle de l’espèce ou sur un éventuel changement de l’étendue de sa répartition à une localité donnée, et permettra de savoir si le nombre de populations existantes est stable ou en hausse. On reverra le présent plan de rétablissement dans cinq ans afin d’évaluer les progrès accomplis et de déterminer les approches additionnelles ou les éventuels changements requis pour assurer le rétablissement de l’espèce.

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès accomplis vers l’atteinte du but en matière de population et de répartition et des objectifs de rétablissement. Des indicateurs de rendement sont présentés ci-après pour chaque objectif.

Objectif 1 : Assurer la protectionNote de bas de page 15  des localités connues (et nouvellement signalées) et des habitats connus de la limace-prophyse bleu-gris.

  • l’inscription de la limace-prophyse bleu-gris à titre d’espèce sauvage désignée en vertu de la Forest and Range Practices Act de la province a été recommandée en priorité
  • des accords d’intendance et/ou des covenants de conservation ciblant les localités connues (et toute éventuelle nouvelle localité) de l’espèce se trouvant sur des terres du district régional ou des terres municipales ont été ratifiés en date de 2016

Objectif 2 : Évaluer et atténuer l’ampleur des menaces actuelles (menaces 1, 4, 5, 6, 7, 8, 9 [IUCN-CMP]) dans toutes les localités en Colombie-Britannique.

  • des lignes directrices en matière de pratiques exemplaires de gestion applicables à la limace-prophyse bleu-gris ont été rédigées en date de 2016 à l’intention de chaque propriétaire foncier ou gestionnaire des terres en considération des menaces répertoriées dans chaque localité

Objectif 3 : Combler les lacunes dans les connaissances sur la limace-prophyse bleu-gris (p. ex. besoins en matière d’habitat, étendue de l’aire de répartition sur l’île de Vancouver, et étendue de l’aire de répartition potentielle dans la région de Kootenay).

  • des études visant à combler les lacunes dans les connaissances ont été entreprises en date de 2016
  • les activités de repérage d’habitat potentiel additionnel et de recherche de l’espèce dans celui-ci se poursuivent à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce

9 Effets sur les espèces non ciblées

De nombreuses espèces en péril se rencontrent dans l’aire de répartition et l’habitat de la limace‑prophyse bleu-gris. Au total, approximativement 164 espèces de plantes préoccupantes sur le plan de la conservation et inscrites sur les listes rouge ou bleue de la province sont présentes dans l’aire de répartition de l’espèce. Environ 24 d’entre elles sont des espèces forestières et sont donc susceptibles de rechercher certaines des caractéristiques d’habitat privilégiées par la limace-prophyse bleu-gris.

L’adoption d’approches écosystémiques coordonnées s’impose pour s’assurer de la compatibilité des activités de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris avec celles visant d’autres espèces et écosystèmes, telles les activités ciblant les milieux riverains de faible altitude et les écosystèmes à chêne de Garry et autres écosystèmes associés dans le sud de l’île de Vancouver.

Les relevés ciblant la limace-prophyse bleu-gris et les évaluations de son habitat devraient permettre d’amasser des informations utiles sur d’autres espèces de gastéropodes en péril (statut selon le COSEPAC indiqué entre parenthèses), en particulier les espèces suivantes :

  • Escargot du Puget (Cryptomastix devia) (désigné espèce disparue du Canada en 2002) : il y a chevauchement d’utilisation d’habitat entre cet escargot et la limace-prophyse bleu-gris aux États-Unis (Pilsbry, 1940)
  • Limace-sauteuse dromadaire (Hemphillia dromedarius) (désignée espèce en voie de disparition en 2003) : observée dans des types d’habitats similaires dans le sud de l’île de Vancouver
  • Limace-sauteuse glanduleuse (Hemphillia glandulosa) (désignée espèce préoccupante en 2003) : observée dans des types d’habitats similaires dans le sud de l’île de Vancouver
  • Limace-grise vespérale (Deroceras hesperium) (classée dans la catégorie « données insuffisantes » en 2003)
  • Vertigo à crêtes fines (Nearctula sp. 1) (désigné espèce préoccupante en 2010)
  • Escargot-forestier de Townsend (Allogona townsendiana) (désigné espèce en voie de disparition en 2002)

Les mesures de rétablissement de la limace-prophyse bleu-gris pourraient également avoir des retombées bénéfiques pour les espèces végétales suivantes (statut selon le COSEPAC indiqué entre parenthèses) :

  • Corydale de Scouler(Corydalis scouleri) (désignée espèce menacée en 2001)
  • Céphalanthère d’Austin (Cephalanthera austiniae) (désignée espèce menacée en 2000)
  • Dryoptéride côtière (Dryopteris arguta) (désignée espèce préoccupante en 2001)
  • Lupin des ruisseaux (Lupinus rivularis) (désigné espèce en voie de disparition en 2002)

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Communications personnelles

Claudia Copley, Royal B.C. Museum, Victoria (Colombie-Britannique). Communication personnelle adressée à Jennifer Heron.
Rob Higgins, Thompson Rivers University, Williams Lake (Colombie-Britannique). Communication personnelle adressée à Jennifer Heron.
Kristiina Ovaska, Biolinx Environmental Research Ltd., Sidney (Colombie-Britannique). Communication personnelle adressée à Jennifer Heron, 2011.
Adriane Pollard, District de Saanich, Saanich (Colombie-Britannique). Communication personnelle adressée à Jennifer Heron, 2011.
Andrea Schiller, Ressources naturelles Canada, Victoria (Colombie-Britannique). Communication personnelle adressée à Jennifer Heron, 2006 – 2011.
Lennart Sopuck, Biolinx Environmental Research Ltd., Sidney (Colombie-Britannique). Communication personnelle adressée à Jennifer Heron, 2006 – 2011.

Annexe 1. Populations de limaces-prophyses bleu-gris en Colombie-Britannique.

Tableau A1. Statut et description des populations de limaces-prophyses bleu-gris en Colombie-Britannique.
Localité Date de l’observation Nombre de limaces observées Nom de la localité Régime fonciera Coordonnée générale dans la zone UTM 10U
(abscisse)
Coordonnée générale dans la zone UTM 10U
(ordonnée)
Référence pour la mention d’occurrence
1 2004
21 octobre
1 Devonian DRC 460081 5357048 Ovaska et Sopuck (2004a)
1 2007
9 novembre
1 Devonian DRC 460274 5356779 Ovaska et Sopuck (2007b)
1 2007
9 novembre
2 Devonian DRC 460140 5356870 Ovaska et Sopuck (2007b)
1 2008
9 juin
1 Devonian DRC 46024 5356779 Ovaska et Sopuck (2008b)
1 2008
12 novembre
1 Devonian DRC 460263 5356799 Ovaska et Sopuck (2008b)
1 2008
12 novembre
1 Devonian DRC 460290 5356798 Ovaska et Sopuck (2008b)
1 2009
20 novembre
1 Devonian DRC 460306 5356791 Ovaska et Sopuck (2009a)
1 2009
20 novembre
1 Devonian DRC 460234 5356837 Ovaska et Sopuck (2009a)
1 2009
1er décembre
2 Devonian DRC 460234 5356837 Ovaska et Sopuck (2009a)
1 2009
20 novembre
1 Devonian DRC 460163 5356878 Ovaska et Sopuck (2009a)
1 2009
1er décembre
2 Devonian DRC 460163 5356878 Ovaska et Sopuck (2009a)
2 2003
9 décembre
1 Mont Work, lac Durrance MDN, Forces canadiennes 465429 5377317 Hawkes (2004)
2 2007
18 octobre
1 Mont Work, lac Durrance MDN, Forces canadiennes 465733 5377207 Ovaska et Sopuck (2007c)
2 2008
11 novembre (1 limace), 22 novembre (2 limaces), 22 novembre (2 limaces)
5 Mont Work, lac Durrance MDN, Forces canadiennes 465728b 5377207b Ovaska et Sopuck (2009b)
2 2007
23 novembre
1 Mont Work, lac Durrance DRC 464991 5377219 Ovaska et Sopuck (2007b)
2 2008
5 juin
1 Mont Work, lac Durrance DRC 464949 5377295 Ovaska et Sopuck (2008b)
2 2009
26 novembre
1 Mont Work, lac Durrance DRC 465015 5377293 Ovaska et Sopuck (2009a)
2 2010
8 décembre
1 Mont Work, lac Durrance DRC 465078 5377226 Ovaska et Sopuck (2010)
3 2004
22 novembre
1 Galloping Goose DRC 447836 5361855 Ovaska. and Sopuck (2004a)
4 2010
6 décembre
2 Logan Parc municipal de Saanich 468110 5371657 Ovaska et Sopuck (2010)
5 2011
30 avril
2 Lac Matheson DRC 455721 5356816 L. Sopuck, comm. pers., 2011
5 2011
30 avril
1 Lac Matheson DRC 455721 5356816 L. Sopuck, comm. pers., 2011
6 2003
18 novembre
2 Colline Mill -Colwood MDN, BFC Colwood 466035 5366514 Ovaska et Sopuck (2004b)
6 2008
30 octobre (2 limaces); 10 novembre (1 limace); 18 novembre (4 limaces)
7 Colline Mill -Colwood MDN, BFC Colwood 466055b 5366500b Ovaska et Sopuck (2009b)
6 2009
9 novembre (1 limace); 26 novembre (2 limaces); 26 novembre (1 limace)
4 Colline Mill -Colwood MDN, BFC Colwood S/O S/O DND (2010)
7 2002
18 novembre
5 Rocky Point MDN 457957 5354106 Ovaska et Sopuck (2002a)
7 2002
29 octobre
1 Rocky Point MDN, BFC Rocky Point 457858 5354715 Ovaska et Sopuck (2002a)
7 2007
22 octobre (1 limace); 5 novembre (1 limace); 15 novembre (1 limace)
3 Rocky Point MDN, BFC Rocky Point 457938b 5354102b Ovaska et Sopuck (2007c)
7 2008
14 octobre (1 limace); 28 octobre (1 limace); 29 octobre (1 limace); 10 novembre (1 limace); 20 novembre (2 limaces); 21 novembre (4 limaces)
10 Rocky Point MDN, BFC Rocky Point 457853b 5354721b Ovaska et Sopuck (2009b)
7 2009
19 octobre (2 limaces); 9 novembre (1 limace); 27novembre (1 limace)
4 Rocky Point MDN, BFC Rocky Point S/O S/O DND (2010)
8 2009
11 novembre
1 Collines Sooke DRC 458899 5366129 Ovaska et Sopuck (2009a)
9 2008
15 novembre
1 Lac Thetis DRC 465812 5367884 Ovaska et Sopuck (2008b)
9 2009
30 novembre
1 Lac Thetis DRC 465829 5367860 Ovaska et Sopuck (2009a)
9 2010
13 novembre
1 Lac Thetis DRC 465408 5369560 Ovaska et Sopuck (2010)
9 2010
13 novembre
1 Lac Thetis DRC 465864 5367951 Ovaska et Sopuck (2010)
10 2011
1er novembre
1 Colline Observatory Fédéral 468947 5374273 K. Ovaska, comm. pers., 2011; L. Sopuck, comm. pers., 2011
11 2011
5 novembre
1 Étang Trevlac Parc municipal de Saanich 467268 5371647 Ovaska et Sopuck (2011)
a BFC = Base des Forces canadiennes; DRC = district régional de la capitale; MDN = Ministère de la Défense nationale.
b Coordonnées UTM approximatives.
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