Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) au Canada - 2015 - Proposition

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces en péril partout au Canada.

Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de l’Ontario a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario (partie 2) en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement Canada a inclus une addition (partie 1) à ce programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.

Environnement Canada adopte le programme de rétablissement provincial, à l’exception de la section 2.0 (Rétablissement). Il lui substitue le but, les mesures menées et les mesures appuyées par le gouvernement de l’Ontario, qui sont énoncés dans la Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement de la mauve de Virginie Footnote1 (partie 3), à titre d’objectif en matière de population et de répartition, de stratégies et d’approches générales pour l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition. Environnement Canada adopte également l’habitat réglementé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario à titre d’habitat essentiel de la mauve de Virginie.

Le programme fédéral de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) au Canada comprend trois parties :

Partie 1 : Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario, préparé par Environnement Canada.

Partie 2 : Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario, préparé par Holly J. Bickerton pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.Footnote2

Partie 3 : Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement du mauve de Virginie, préparé par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.


Référence recommandée :

Environnement Canada. 2015. Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) au Canada [Proposition], Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, 24 p. + annexe.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du COSEPAC, les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : © Melinda Thompson-Black

Also available in English under the title
“Recovery Strategy for the Virginia Mallow (Sida hermaphrodita) in Canada [Proposed]”

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par la ministre de l’Environnement, 2015. Tous droits réservés.
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No de catalogue

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au « Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario », préparé par Environnement Canada

Partie 2 : Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario, préparé par Holly J. Bickerton pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.

Partie 3 : Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement du mauve de Virginie, préparé par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.


En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace aux espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition et menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés d’ici cinq ans.

Le ministre de l’Environnement et le ministre responsable de l’Agence Parcs Canada sont les ministres compétents pour le rétablissement de la mauve de Virginie et ont élaboré la composante fédérale du présent programme de rétablissement (partie 1), conformément à l’article 37 de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter un plan existant pour l’espèce, en partie ou en totalité, s’il estime que ce plan est conforme aux prescriptions de la LEP en matière de contenu [paragraphes 41(1) ou (2)]. Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (maintenant appelé ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario) a dirigé l’élaboration du Programme de rétablissement de la mauve de Virginie en Ontario (partie 2), en collaboration avec Environnement Canada.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada, ou sur toute autre compétence. Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la mauve de Virginie et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement Canada et d’autres compétences et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.

La version préliminaire de l’addition du gouvernement fédéral a été préparée par Bruna Peloso et Kathy St. Laurent (Environnement Canada, Service canadien de la faune – Ontario). Lee Voisin, Elizabeth Rezek, Krista Holmes, Madeline Austen et Lesley Dunn (Environnement Canada, Service canadien de la faune – Ontario) ainsi que Amelia Argue, Jay Fitzsimmons, Eric Snyder, Aileen Wheeldon, Vivian Brownell, Amanda Fracz et Michael Oldham (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario) ont révisé le texte et fourni des commentaires et des avis durant la préparation du présent document.

Nous tenons à remercier toutes les personnes dont les commentaires et les avis ont éclairé l’élaboration de ce programme de rétablissement, notamment les organisations et les membres des communautés autochtones, les propriétaires fonciers, les citoyens et les intervenants qui ont offert des commentaires ou qui ont participé aux rencontres de consultation.

Les sections qui suivent ont été ajoutées pour satisfaire aux exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) qui ne sont pas abordées dans le Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario (partie 2) et pour fournir des renseignements à jour ou supplémentaires.

La LEP fixe des exigences et prescrit des processus particuliers en matière de protection de l’habitat essentiel. Par conséquent, les parties d’un programme de rétablissement provincial ayant trait à la protection de l’habitat de l’espèce ne respectent pas toujours les exigences fédérales, et c’est pourquoi Environnement Canada ne les adopte pas pour le programme de rétablissement fédéral. L’évaluation de la mesure dans laquelle des dispositions ou des activités protègent l’habitat essentiel de l’espèce conformément à la LEP suivra la publication de la version définitive du programme de rétablissement fédéral.

La mauve de Virginie est une grande herbacée vivace qui pousse dans les zones riveraines périodiquement inondées et les plaines inondables; sa cote de conservation mondiale est « vulnérable » Footnote3 (G3). Il convient cependant de noter que la cote de l’espèce n’a pas été réévaluée depuis 2004 (NatureServe, 2013a). Le nombre total d’occurrences dans le monde est faible et en déclin. Le nombre d’occurrences est estimé à 21 à 80, dont seulement quelques unes (4 à 12) présentent une bonne viabilité Footnote4 (NatureServe, 2013a).

La cote de conservation de l’espèce à l’échelle nationale aux États-Unis est « vulnérable » (N3), et l’espèce est considérée comme possiblement disparue/vraisemblablement disparue, en péril ou gravement en péril dans 8 des 13 États américains (61,5 %) faisant partie de son aire de répartition (annexe A) (NatureServe, 2013a).

À l’échelle nationale au Canada, la cote de conservation de l’espèce est « gravement en péril » (N1); en Ontario, seule province canadienne où la mauve de Virginie est présente, la cote de conservation de l’espèce est également c« gravement en péril » (S1) (NatureServe, 2013a). Au Canada, la mauve de Virginie est inscrite comme espèce en voie de disparition Footnote5 à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). En Ontario, la mauve de Virginie est considérée comme une espèce en voie de disparition Footnote6 aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) provinciale.

En Ontario, la mauve de Virginie se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition nord américaine et ne pousse que dans la zone carolinienne située dans le sud ouest de la province. On estime que moins de 1 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada, le reste étant situé aux États Unis.

D’après les quatre critères suivants présentés par le Gouvernement du Canada (2009), le caractère réalisable du rétablissement mauve de Virginie comporte des inconnues. Conformément au principe de précaution, un programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, tel qu’il convient de faire lorsque le rétablissement est déterminé comme étant réalisable.

  1. Des individus de l'espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.

    Oui. Les activités de suivi ont montré que des individus capables de se reproduire étaient présents dans les deux emplacements connus de l’espèce en Ontario : celui du comté de Haldimand et celui de la municipalité régionale de Niagara (région de Niagara).

    La population du comté de Haldimand est passée d’environ 83 tiges en 2001 à environ 2 300 tiges en 2008 (COSEWIC, 2010). Bickerton (2011) a indiqué que les écologistes de l’Office de protection de la nature de la rivière Grand avaient estimé l’abondance à plus de 5 000 tiges à cet endroit en 2010, ce qui constitue une nouvelle augmentation de population. La population de la municipalité régionale de Niagara est plus petite et comprend 210 tiges au total; son abondance est demeurée constante entre les relevés effectués en 2008 et en 2010 (Bickerton, 2011). Il faudra toutefois exercer un suivi continu de la stabilité de cette population.

    Des études récentes ont montré que des graines viables étaient produites à l’emplacement du comté de Haldimand et qu’on y trouvait un important réseau de longs rhizomes Footnote7 (K. Stevens, comm. pers. adressée à E. Snyder, 2014). Il est probable que la reproduction de l’espèce se fasse à la fois par voie sexuée et par voie asexuée, la reproduction sexuée étant principalement responsable de l’établissement de nouvelles tiges (K. Stevens, comm. pers. adressée à E. Snyder, 2014).

    Bien que la population située dans la municipalité régionale de Niagara se reproduise aussi, on ne sait pas si l’espèce s’y multiplie par voie sexuée, par ses graines, ou par voie asexuée, par production de rhizomes. Il est néanmoins établi que l’espèce produit un grand nombre de graines (un gros plant peut produire plusieurs milliers de graines), dont la plupart sont viables (Spooner et coll., 1985; Kujawski et coll., 1997).
  2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l'espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l'habitat.

    Inconnu. La mauve de Virginie semble avoir des besoins précis en matière d’habitat : habitats ouverts à partiellement ombragés, créés par des inondations périodiques dans les zones riveraines humides et les plaines inondables (Thomas, 1979; Bickerton, 2011). À l’état non perturbé, ces habitats sont exceptionnellement rares dans la zone carolinienne en Ontario et dans l’aire de répartition de l’espèce aux États Unis; par conséquent, la disponibilité de l’habitat est vraisemblablement un facteur limitatif pour les occurrences naturelles de l’espèce (Thomas, 1979; Spooner et coll., 1985; COSEWIC, 2010; NatureServe, 2013a). La mauve de Virginie peut cependant prospérer dans des zones perturbées, comme les talus de chemin de fer et les bordures des routes et, bien qu’il semble exister de nombreux habitats perturbés convenables pour la mauve de Virginie dans son l’aire de répartition de l’espèce en Ontario, ces habitats demeurent inoccupés, ce qui porte à croire que d’autres facteurs encore inconnus pourraient limiter l’espèce (p. ex. habitat, facteurs biologiques ou autres) (COSEWIC, 2010; Bickerton, 2011). La mise hors service récente d’un barrage dans un site occupé par la mauve de Virginie en Ontario a entraîné une augmentation de l’abondance et de l’aire de répartition de l’espèce. L’espèce a colonisé l’habitat créé à la suite du démantèlement du barrage (Bickerton, 2011; Zammit, comm. pers., 2013), ce qui indique qu’il pourrait être possible d’améliorer ou de remettre en état l’habitat à certains endroits.
  3. Les principales menaces pesant sur l'espèce ou sur son habitat (y compris les menaces à l'extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.

    Oui. Les principales menaces qui pèsent sur l’espèce sont la destruction de l’habitat, les espèces envahissantes et les activités d’entretien des sites. La présence de l’espèce est associée aux milieux ouverts, aux terrasses riveraines et aux plaines inondables (Spooner et coll., 1985; Bickerton, 2011). Il semble possible d’atténuer ou d’éviter la destruction de ces milieux par la remise en état d’anciens milieux humides (p. ex. rétablissement des réseaux hydrographiques naturels) et la conservation des milieux humides existants. Bien que difficiles à éradiquer, les espèces envahissantes, plus particulièrement le roseau commun non indigène (Phragmites australis), peuvent souvent être combattues au profit d’autres espèces poussant aux côtés de la mauve de Virginie. Les sites occupés qui font l’objet de travaux d’entretien (p. ex. fauchage, débroussaillage, application d’herbicides) peuvent être gérés au moyen d’activités d’intendance qui permettront de déterminer des pratiques exemplaires de gestion visant la protection des plantes et au moyen de mesure de sensibilisation visant les personnes responsables de l’entretien des sites.
  4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.

    Oui. Des techniques de rétablissement permettant d’améliorer l’habitat et de lutter contre les espèces envahissantes existent actuellement ou pourraient être élaborées dans un délai raisonnable. L’une des populations (comté de Haldimand) se trouve dans une aire de conservation qui est déjà gérée de manière à offrir un environnement naturel sain et durable grâce à la protection des milieux naturels et de la biodiversité. Certains travaux y ont été entrepris en 2010 pour lutter contre le roseau commun non indigène (Bickerton 2011) : on a procédé au fauchage de cette espèce non indigène près des colonies les plus petites et les plus vulnérables de mauve de Virginie (Zammit, comm. pers., 2013). Il est difficile de déterminer si ces activités de lutte contre le roseau commun ont profité aux populations de mauve de Virginie, car l’abondance des deux espèces a augmenté au site (Zammit, comm. pers., 2013).

    La possibilité d’adopter des mesures incitatives visant la protection de l’espèce – acquisition de terres et servitudes de conservation, par exemple – pourrait être explorée pour le site de la municipalité régionale de Niagara. On pourrait faire la promotion de pratiques exemplaires de gestion pour l’entretien des sites et la lutte contre les espèces envahissantes dans le cadre de ces mesures incitatives.

    De plus, il existe des techniques de recherche et de suivi pouvant être utilisées pour combler les principales lacunes dans les connaissances sur l’espèce. On pourrait utiliser ces techniques pour en arriver à une meilleure compréhension de l’écologie et des populations de l’espèce en Ontario, ce qui contribuerait à la réalisation de l’objectif établi en matière de population et de répartition.

Comme les populations ontariennes de mauve de Virginie se trouvent à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce en Amérique du Nord et que la plus grande partie de l’aire de répartition et des populations de mauve de Virginie à l’échelle continentale se trouve plus au sud, aux États Unis, il est important de noter que les changements démographiques à l’échelle continentale peuvent avoir une incidence importante sur le caractère réalisable du rétablissement de l’espèce au Canada (p. ex. capacité d’obtenir des graines ou des individus adaptés aux conditions locales pour soutenir la population, au besoin). L’espèce est confinée à deux sites se trouvant dans la zone carolinienne, dans le sud-ouest de l’Ontario. Étant donné que la répartition de la mauve de Virginie est naturellement limitée au Canada, l’espèce sera probablement toujours vulnérable aux facteurs de stress anthropiques et naturels.

Le Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario établit les menaces qui sont actuellement préoccupantes pour les populations de l’espèce en Ontario. D’autres facteurs et activités peuvent aussi menacer la mauve de Virginie ou son habitat lorsqu’ils sont présents dans les sites occupés par les populations connues de l’espèce ou à proximité.

La mauve de Virginie pousse dans les zones riveraines, les plaines inondables et les basses terres, dans des milieux ouverts, humides et ensoleillés à partiellement ombragés qui sont habituellement inondés de façon périodique (Thomas, 1979; COSEWIC, 2010; Bickerton, 2011). La modification des réseaux hydrographiques et des niveaux d’eau entraînant la réduction ou l’élimination des inondations périodiques dont la mauve de Virginie a besoin pourraient menacer la qualité et la disponibilité de l’habitat convenable à l’espèce. En ce qui concerne cette menace potentielle, une « modification importante des cours d’eau adjacents ou des niveaux d’eau de surface ou souterraine locale » est considérée comme une activité « généralement non compatible » dans le document Résumé des mesures de protection de l’habitat pour la mauve de Virginie (Ministère des Richesses naturelles, 2012), et c’est pourquoi cette menace est incluse ici à titre de menace potentielle supplémentaire pour l’espèce et son habitat.

Le Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario énonce le but suivant pour le rétablissement de l’espèce :

L’objectif énoncé pour le rétablissement de la mauve de Virginie en Ontario dans la Déclaration du gouvernement de l’Ontario en réponse au programme de rétablissement de l’espèce est le suivant :

Environnement Canada appuie le but visé par le gouvernement provincial pour le rétablissement, qui est de protéger et de maintenir la mauve de Virginie en Ontario. Pour se conformer aux exigences et aux processus énoncés dans la LEP, Environnement Canada a utilisé ce but du rétablissement pour énoncer un objectif en matière de population et de répartition pour l’espèce. L’objectif en matière de population et de répartition établi par Environnement Canada pour la mauve de Virginie est le suivant :

Bien que le nombre de populations soit extrêmement limité en Ontario, les deux populations de la province sont considérées comme étant naturelles (Spooner et coll., 1985). L’abondance de l’une des deux populations ontariennes a récemment augmenté, tandis que celle de l’autre population est demeurée stable sur une période de trois ans (Bickerton, 2011). Il faudrait toutefois exercer un suivi continu pour déterminer avec précision les tendances des populations afin de détecter les variations de l’abondance. Cependant, jusqu’à ce qu’on dispose d’information supplémentaire sur l’abondance minimale d’une population viable (voir la sixième mesure appuyée par le gouvernement, dans la partie 3) permettant de mieux comprendre les exigences liées à la persistance à long terme de l’espèce, l’objectif prioritaire en matière de rétablissement de la mauve de Virginie sera d’effectuer un suivi de la population et de mettre en œuvre des pratiques exemplaires de gestion pour lutter contre le roseau commun non indigène (Bickerton, 2011; voir également la partie 3).

Bien que la mauve de Virginie ne soit pas cultivée à grande échelle en Amérique du Nord, des spécimens horticoles de l’espèce ont été plantés dans des jardins paysagers et des parcs. Les plants de mauve de Virginie ne provenant pas de plants indigènes de l’Ontario ou qui ont été plantés à d’autres fins que le rétablissement de l’espèce, la restauration ou la réhabilitation écologiques ou la création d’un habitat ne sont pas considérés comme faisant partie des populations existantes (ou de parties de celles ci) au titre de l’objectif ci dessus.

Les mesures menées par le gouvernement et les mesures appuyées par le gouvernement qui sont énoncées dans la Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement de la mauve de Virginie, préparée par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (partie 3), sont adoptées à titre de stratégies et d’approches générales pour l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition. Environnement Canada n’adopte pas les approches en matière de rétablissement énoncées à la section 2.0 du Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario (partie 2).

Aux termes de l’alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent comprendre une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et donner des exemples d’activités susceptibles d’en entraîner la destruction. Aux termes de la LEP, l’habitat essentiel est l’« habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ».

La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario n’exige pas que les programmes de rétablissement provinciaux comprennent une désignation de l’habitat essentiel. Toutefois, après l’achèvement du programme de rétablissement provincial visant la mauve de Virginie, un règlement provincial sur l’habitat de l’espèce a été élaboré; ce règlement est entré en vigueur en juillet 2012. Le règlement sur l’habitat est l’instrument juridique par lequel la Province de l’Ontario prescrit une aire à protéger Footnote8 à titre d’habitat de l’espèce. Ce règlement désigne les aires géographiques au sein desquelles l’habitat de l’espèce est présent et là où le règlement est applicable, et il explique de quelle manière les limites de l’habitat réglementé sont établies (p. ex. selon des caractéristiques biophysiques). Le règlement explique également comment les limites de l’habitat réglementé sont déterminées (en fonction d’attributs biophysiques ou autres). Le règlement est de nature dynamique et s’applique automatiquement lorsque les conditions qui y sont énoncées sont satisfaites.

Dans le présent programme de rétablissement fédéral, Environnement Canada désigne l’habitat décrit à l’article 29.2 du Règlement de l’Ontario 242/08 Footnote9 pris en application de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario comme étant l’habitat essentiel de la mauve de Virginie. L’aire visée par ce règlement possède les caractéristiques biophysiques dont la mauve de Virginie a besoin pour mener ses besoins vitaux. Pour satisfaire aux exigences de la LEP, les caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel sont précisées ci-dessous.

La description des aires prescrites comme étant l’habitat de la mauve de Virginie dans le Règlement de l’Ontario 242/08 est la suivante :

  1. Les cantons géographiques de Cayuga et d’Oneida dans le comté de Haldimand.
  2. Les cantons géographiques de Clinton et Grimsby dans la municipalité régionale de Niagara. Règl. de l’Ont. 122/12, art. 4.
  1. Si la mauve de Virginie existe dans une aire appartenant à un type de végétation indiqué dans le système de classification écologique des terres du Sud de l’Ontario et que ce type de végétation croît à l’état naturel en Ontario, la totalité de l’aire ainsi classée.
  2. Si la mauve de Virginie existe dans une autre aire qu’une aire visée à la disposition 1, l’aire située dans un rayon de 50 mètres d’une mauve de Virginie qui offre des conditions propices à ses processus de vie. Règl. de l’Ont. 122/12, art. 4.

Les types de végétation sont définis à l’aide du système de classification écologique des terres du sud de l’Ontario (Lee et coll., 1998), décrit dans le document provincial Résumé des mesures de protection de l’habitat pour la mauve de Virginie (Ontario Ministry of Natural Resources, 2012). Le système de classification écologique des terres fournit un cadre uniforme pour l’interprétation et la détermination des limites des écosystèmes dynamiques. Il catégorise les habitats non seulement en fonction des communautés végétales, mais aussi en fonction de leur hydrologie et de leur topographie. Il couvre donc les caractéristiques biophysiques de l’habitat de la mauve de Virginie. De plus, de nombreux gestionnaires de terres et spécialistes de la conservation connaissent bien la terminologie et les méthodes employées dans le système de classification écologique des terres et ont adopté cet outil comme approche uniforme en Ontario.

La mauve de Virginie est une espèce des zones riveraines, des plaines inondables et des basses terres qui sont périodiquement inondées (Bickerton, 2011). Les caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel (selon le programme de rétablissement provincial (partie 2) et COSEWIC, 2010) comprennent les caractéristiques décrites ci après.

Dans le présent programme de rétablissement, les aires prescrites comme étant l’habitat de la mauve de Virginie aux termes de l’article 29.2 du Règlement de l’Ontario 242/08 sont désignées à titre d’habitat essentiel en vertu de la LEP dans les cantons géographiques indiqués au paragraphe 29.2 (1). Comme le règlement est dynamique et qu’il s’applique automatiquement lorsque les conditions qui y sont énoncées sont satisfaites, si de nouveaux emplacements occupés par la mauve de Virginie étaient confirmés dans les cantons géographiques énumérés au paragraphe (1) du règlement (voir la figure 1), le règlement sur l’habitat pris en vertu de la LEVD s’appliquerait. Le document Résumé des mesures de protection de l’habitat pour la mauve de Virginie (Ontario Ministry of Natural Resources, 2012) contient des renseignements détaillés sur le règlement sur l’habitat provincial et son application. Si de nouvelles occurrences de mauves de Virginie satisfaisant aux critères indiqués précédemment étaient découvertes, de l’habitat essentiel additionnel serait désigné dans un programme de rétablissement mis à jour ou un plan d’action subséquent.

En appliquant les critères de désignation de l’habitat essentiel aux meilleures données accessibles (en avril 2014), on a établi la présence d’habitat essentiel aux emplacements occupés par les deux populations existantes connues de mauves de Virginie au Canada. La superficie totale de cet habitat est d’environ 49 ha Footnote10 (figure 2; voir aussi le tableau 1). L’habitat essentiel désigné est considéré comme suffisant pour l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition établi pour la mauve de Virginie. Aucun habitat essentiel n’est désigné pour les individus de l’espèce ne provenant pas de plants indigènes de l’Ontario ou qui ont été plantés à d’autres fins que le rétablissement de l’espèce, la restauration ou la réhabilitation écologique ou la création d’un habitat.

L’habitat essentiel de la mauve de Virginie est présenté à l’aide d’un quadrillage UTM de 1 km x 1 km. Ce quadrillage UTM de 1 km x 1km fait partie d’un système de quadrillage de référence qui indique les zones géographiques générales renfermant de l’habitat essentiel à des fins de planification de l’aménagement du territoire et/ou d’évaluation environnementale. Les zones d’habitat essentiel à l’intérieur de chaque carré se trouvent là où la description de l’habitat essentiel est respectée. Des renseignements supplémentaires sur l’habitat réglementé peuvent être obtenus, sur justification, auprès du Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario. De plus amples informations sur l’emplacement de l’habitat essentiel peuvent être obtenues, sur justification, auprès d’Environnement Canada – Service canadien de la faune, à RecoveryPlanning_Pl@ec.gc.ca.

Figure 1. Aires géographiques dans lesquelles le règlement sur l’habitat de la mauve de Virginie peut s’appliquer si l’habitat satisfait aux conditions énoncées à l’article 29.2 du Règlement de l’Ontario 242/08 pris en vertu de la LEVD provinciale.

La description de cette image suit
Carte : © Environnement Canada

Figure 2. Carrés de quadrillage renfermant de l’habitat essentiel de la mauve de Virginie au Canada, en date d’avril 2014. L’habitat essentiel de la mauve de Virginie se trouve à l’intérieur de ces carrés de 1 km x 1 km du quadrillage UTM de référence (carrés rouges hachurés), là où la description de l’habitat essentiel est respectée.

La description de cette image suit
Carte : © Environnement Canada
Tableau 1. Carrés de quadrillage renfermant de l’habitat essentiel de la mauve de Virginie au Canada, en date d’avril 2014. L’habitat essentiel de la mauve de Virginie se trouve à l’intérieur de ces carrés de 1 km x 1 km du quadrillage UTM de référence, là où la description de l’habitat essentiel est respectée.
Population
locale
Code d’identification du carré de 1 km x 1 km du quadrillage UTM de référence 1 Coordonnées du quadrillage UTM 2
Est
Coordonnées du quadrillage UTM 2
Nord
Superficie estimative d’habitat essentiel (ha) 3 Tenure des terres 4
  1. Code d’identification dans le système militaire de quadrillage UTM de référence (voir http://www.rncan.gc.ca/sciences-terre/geographie/information-topographique/cartes/9802); les deux premiers caractères correspondent à la zone UTM, les deux suivants (lettres) désignent le carré de 100 km x 100 km du quadrillage UTM de référence, les deux caractères suivants désignent le quadrillage UTM de référence de 10 km x 10 km qui contient au moins une partie d’une unité d’habitat essentiel. L’utilisation du code alphanumérique univoque du système militaire de quadrillage UTM de référence s’inspire de la méthodologie utilisée pour les Atlas des oiseaux nicheurs du Canada. (Pour en apprendre davantage sur les Atlas des oiseaux nicheurs, consulter le site http://www.bsc-eoc.org/index.jsp?lang=Fr&targetpg=index).
  2. Les coordonnées indiquées sont celles de la représentation cartographique de l’habitat essentiel, c.-à-d. du coin sud-ouest du carré de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence contenant au moins une partie de l’habitat essentiel. Elles sont données à titre indicatif seulement; le point correspondant ne fait pas nécessairement partie de l’habitat essentiel.
  3. La superficie indiquée est la superficie maximale de la zone renfermant de l’habitat essentiel (arrondie à l’hectare); la détermination de la superficie exacte d’habitat essentiel nécessiterait une vérification sur le terrain.
  4. Cette information est fournie à titre indicatif seulement, pour donner une idée générale des détenteurs des droits de propriété des terres où est situé l’habitat essentiel. Pour déterminer avec exactitude qui détient les droits de propriété d’une terre, il faudra comparer les limites de l’habitat essentiel aux informations figurant au cadastre.
1 17NH85_85
17NH85_86
17NH85_95
17NH85_96
17NH85_74
17NH85_75
17NH85_84
588000
588000
589000
589000
587000
587000
588000
4755000
4756000
4755000
4756000
4754000
4755000
4754000
43 Territoire non domanial
2 17PH27_25
17PH27_24
622000
622000
4775000
4774000
Territoire non domanial
Total ~ 49

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de l’habitat essentiel. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation [d’un élément] de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps (Gouvernement du Canada, 2009). Il convient de noter que les activités qui se déroulent à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel ne sont pas toutes susceptibles d’en entraîner la destruction.

Le tableau 2 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l'habitat essentiel de l'espèce; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.

Tableau 2. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de la mauve de Virginie
Description de l’activité Description de l’effet en termes de perte de fonction Détails de l’effet
Construction de maisons, d’autres structures ou de routes, y compris l’enlèvement de sol (p. ex. expansion des activités d’une carrière) Entraîne une perte directe d’habitat essentiel dont l’espèce a besoin pour sa survie, la germination des graines et l’établissement des plantules. De plus, la construction de maisons, d’autres structures et de routes peut modifier le réseau hydrographique naturel qui assure le maintien de l’habitat convenable à la mauve de Virginie.

L’enlèvement direct de sol ou de substrat éliminerait les caractéristiques biophysiques nécessaires à la mauve de Virginie, rendant l’habitat non convenable à l’espèce, et pourrait également modifier les réseaux hydrographiques naturels (p. ex. le réseau hydrographique de surface).
Si cette activité devait se dérouler dans les limites de l’habitat essentiel, ses effets seraient directs et cumulatifs, peu importe le moment de l’année, et entraîneraient très vraisemblablement la destruction d’habitat essentiel. Même l’élimination d’une partie d’habitat essentiel pourrait compromettre le maintien de la population à long terme. À l’extérieur des limites de l’habitat essentiel, la conversion de terres ayant pour effet de modifier le réseau hydrographique naturel assurant le maintien de l’habitat de la mauve de Virginie pourrait aussi causer la destruction d’habitat essentiel.

L’usage restreint à la surface des routes, des chemins d’accès et des sentiers récréatifs existants n’entraînerait pas la destruction d’habitat essentiel.
Modification des réseaux hydrographiques naturels et des taux d’humidité (p. ex. variation du niveau des eaux de surface ou des eaux souterraines à l’échelle locale ou modification de plans d’eau voisins) découlant d’activités comme l’aménagement de barrages ou la construction de routes La construction de routes et d’autres infrastructures peut avoir une incidence sur les réseaux hydrographiques et les taux d’humidité dans l’habitat essentiel. La modification des réseaux hydrographiques et des taux d’humidité peut entraîner la destruction d’habitat essentiel en rendant l’habitat non convenable à l’espèce (l’habitat de la mauve de Virginie doit être inondé périodiquement pour demeurer convenable à l’espèce).

De plus, la modification des taux d’humidité et des réseaux hydrographiques peut permettre à d’autres espèces (dont des espèces envahissantes) de s’établir et de créer des conditions ombragées. Ces espèces peuvent aussi faire compétition à la mauve de Virginie pour la lumière, l’espace et les nutriments.
Les effets sont directs et cumulatifs. Cette activité peut entraîner la destruction d’habitat essentiel si elle se produit à l’intérieur ou à l’extérieur des limites de l’habitat essentiel, à n’importe quel moment de l’année.
Introduction d’espèces exotiques envahissantes (p. ex. roseau commun non indigène) Les espèces exotiques peuvent rendre l’habitat non convenable pour la mauve de Virginie en créant des conditions ombragées. Les espèces exotiques peuvent faire compétition à la mauve de Virginie pour les ressources, comme la lumière, l’espace et les nutriments, et entraîner une réduction de l’abondance de la population, voire la disparition de populations locales. Les effets sont directs et cumulatifs et peuvent se produire à n’importe quel moment de l’année. Cette activité peut détruire l’habitat essentiel de la mauve de Virginie si elle se produit à l’intérieur de cet habitat ou à proximité (p. ex. propagation d’espèces envahissantes dans l’habitat essentiel).
Activités d’entretien des sites (p. ex. pulvérisation d’herbicide, débroussaillage ou élimination de la végétation) Les activités d’entretien des sites peuvent empêcher l’établissement de nouveaux individus de l’espèce en modifiant les conditions du sol; l’application d’herbicide ou le compactage du sol dû à l’utilisation de machinerie lourde peuvent empêcher les graines de germer ou les plants de s’établir.

Les graines transportées par le matériel d’entretien peuvent être à l’origine de l’introduction d’espèces végétales exotiques envahissantes. Il est également possible que la perturbation de la végétation indigène au sol favorise la colonisation par des espèces envahissantes dans certaines zones de l’habitat essentiel de la mauve de Virginie.
Les effets sont directs et cumulatifs et peuvent se produire à n’importe quel moment de l’année. Cette activité doit avoir lieu dans l’habitat essentiel de la mauve de Virginie pour en provoquer la destruction (p. ex. lessivage de substances chimiques ou propagation d’espèces envahissantes dans l’habitat essentiel).

L’émondage ou l’élimination d’arbustes ou d’arbres à des fins d’entretien, s’ils ne causent pas le compactage du sol, la modification des conditions du sol ou l’établissement d’espèces envahissantes, n’entraîneraient pas la destruction d’habitat essentiel.

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Tous les cinq ans, le succès de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera évalué au moyen des indicateurs de rendement suivants :

Un ou plusieurs plans d’action visant la mauve de Virginie sera élaboré et publié dans le Registre public des espèces en péril d’ici décembre 2022.

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à La directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement.

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous. Le présent programme de rétablissement contribue directement à l’atteinte des objectifs et des cibles de la Stratégie fédérale de développement durable pour le Canada (SFDD). Il permettra plus particulièrement de rétablir les populations fauniques à des niveaux sains et de conserver des écosystèmes productifs et résilients ayant la capacité de se rétablir et de s’adapter (objectifs 5 et 6 de la SFDD).

Les populations canadiennes de mauve de Virginie se trouvent dans la zone carolinienne, dans l’extrême sud-ouest de l’Ontario. La zone carolinienne est l’une des zones naturelles les plus riches du Canada : elle renferme une grande diversité d’habitats (p. ex. forêt de feuillus, prairie, alvar, rivages et habitats aquatiques) qui abritent plus de 125 espèces en péril (Kanter, 2005). Cette zone représente moins de 1 % de la masse terrestre du Canada et est occupée par 25 % de la population humaine du pays. De nombreuses espèces en péril sont présentes dans les milieux humides de la zone carolinienne. Les mesures de gestion et de protection visant la mauve de Virginie devraient contribuer à la diversité de l’ensemble de l’écosystème de la zone carolinienne et profiter à de nombreuses espèces qui y sont présentes.

Plusieurs études ont montré que le roseau commun non indigène était une espèce envahissante à croissance rapide qui cause de graves dommages en diminuant la biodiversité et en détruisant l’habitat d’autres espèces, plus particulièrement dans les milieux assez ou très humides ou détrempés (Ontario Ministry of Natural Resources, 2011). Le roseau commun non indigène est jugée menaçant pour de nombreuses espèces, y compris des espèces en péril comme la mauve de Virginie, l’éléocharide géniculée, le polygale incarnat et le crapaud de Fowler. La lutte contre le roseau commun non indigène dans le cadre des mesures de gestion visant l’habitat de la mauve de Virginie dans les zones riveraines ouvertes bénéficiera à d’autres espèces en favorisant la biodiversité et en améliorant les conditions générales de l’habitat (Benoit et Askins, 1999; Bickerton, 2011; Ontario Ministry of Natural Resources, 2011; Greenberg et Green, 2013; Perez et coll., 2013).

Certaines pratiques de gestion, telles que le brûlage dirigé et l’application d’herbicide contre des espèces envahissantes, comme la sous-espèce indigène du roseau commun, pourraient avoir des effets néfastes sur certaines espèces, du moins à court terme. Il convient donc d’examiner individuellement les risques écologiques associés à ces pratiques avant d’en autoriser l’application. Par exemple, le moment de la mise en œuvre de certaines activités de gestion peut être choisi (p. ex. brûlage dirigé au début du printemps ou à d’autres périodes appropriées) de manière à minimiser les impacts sur les amphibiens, les reptiles et/ou les insectes.

Tableau. Cotes de conservation attribuées à la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) au Canada et aux États-Unis.
Cote mondiale
(G)
Cote nationale (N)
(Canada)
Cote infranationale (S)
(Canada)
Cote nationale (N)
(États-Unis)
Cotes infranationales (S)
(États-Unis)
Définitions des cotes (NatureServe, 2013a)

G3 : vulnérable – Espèce modérément susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition plutôt limitée, d’un nombre relativement faible de populations ou d’occurrences, de déclins récents et généralisés, de menaces ou d’autres facteurs.

N1/S1 : gravement en péril – Espèce extrêmement susceptible de disparaître du territoire (N – pays, S État ou province) en raison d’une aire de répartition très limitée, d’un nombre très restreint de populations ou d’occurrences, de déclins très marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.

S2 : en péril – Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition limitée, d’un nombre restreint de populations ou d’occurrences, de déclins marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.

N3/S3 : vulnérable – Espèce modérément susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition plutôt limitée, d’un nombre relativement faible de populations ou d’occurrences, de déclins récents et généralisés, de menaces ou d’autres facteurs.

SH : possiblement disparue – L’espèce n’est connue que par des mentions historiques, mais l’espoir de la retrouver existe toujours. Des indications donnent à penser que l’espèce ou l’écosystème n’est plus présent dans le territoire, mais elles sont insuffisantes pour qu’on puisse l’affirmer avec certitude. Voici des exemples : (1) la présence de l’espèce n’a pas été signalée au cours des 20 à 40 dernières années malgré les recherches effectuées, et/ou on a trouvé des preuves de perte ou de dégradation importante de son habitat; (2) des recherches infructueuses ont été menées pour trouver l’espèce ou l’écosystème, mais pas de façon suffisamment rigoureuse pour que l’on puisse présumer qu’ils ne sont plus présents dans le territoire.

SNA : sans objet – Aucune cote de conservation ne s’applique, car l’espèce ou l’écosystème n’est pas une cible appropriée en matière de conservation.

SU : non classable – Espèce actuellement impossible à classer en raison d’un manque de données ou de données largement contradictoires sur sa situation ou sur les tendances la concernant.

SX : vraisemblablement disparue – Espèce ou écosystème considéré disparu du territoire (non retrouvé malgré des recherches intensives dans les sites historiques et d’autres habitats convenables, et associé à une probabilité pratiquement nulle d’être redécouvert. (Équivaut à « disparu à l’échelle régionale » [Regionally Extinct] dans la terminologie de la liste rouge de l’UICN.)
G3 N1 Ontario (S1) N3 District de Columbia (SX)
Indiana (S1)
Kentucky (S2)
Maryland (S1)
Massachusetts (SNA)
Michigan (SU)
New Jersey (SNA)
New York (SNA)
Ohio (S3)
Pennsylvanie (S2)
Tennessee (SH)
Virginie (S1)
Virginie-Occidentale (S2)

Cette série présente l’ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l’intention du gouvernement de l’Ontario en ce qui concerne l’approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La province s’assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l’état sauvage.

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce. Un programme de rétablissement présente de l’information sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement visant l’habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l’élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l’inscription d’une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d’un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu’au 30 juin 2013) est prévue pour l’élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l’Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Neuf mois après l’élaboration d’un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l’Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d’un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles à l’adresse : www.mnr.gov.on.ca/fr/Business/Species/index.html

Bickerton, H.J 2011. Recovery strategy for the Virginia Mallow (Sida hermaphrodita) in Ontario. Ontario Recovery Strategy Series. Prepared for the Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough, Ontario. vi + 16 pp.

Illustration de la couverture : Melinda Thompson-Black.

© Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, 2011
ISBN 978-1-4435-4961-5 (PDF) (version anglaise)

Le contenu du présent document (à l’exception de l’illustration de la couverture) peut être utilisé sans permission, à condition que la source soit bien indiquée.

Holly J. Bickerton, écologiste-conseil, Ottawa (Ontario)

Nous remercions vivement Melinda Thompson-Black, qui a fourni de l’information utile ainsi que des figures pour le présent rapport. Karine Beriault, Donald Kirk et Tony Zammit ont également fourni de l’information sur les populations qu’ils connaissaient.

Le programme de rétablissement de la mauve de Virginie a été élaboré conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD, 2007). Ce programme de rétablissement représente également un avis à l’intention du gouvernement de l’Ontario, d’autres compétences responsables et des nombreuses organisations susceptibles de participer au rétablissement de l’espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les opinions de toutes les personnes qui ont prodigué des conseils ou participé à sa préparation, ni la position officielle des organisations auxquelles ces personnes sont associées.

Les buts, les objectifs et les méthodes de rétablissement présentés dans le programme se fondent sur les meilleures connaissances actuelles et pourraient être modifiés au fur et à mesure que de nouveaux renseignements deviennent disponibles. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration des nombreuses parties appelées à participer à la mise en œuvre des orientations énoncées dans le présent programme.

Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Environnement Canada, Service canadien de la faune – Ontario

Le mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) est une grande herbacée vivace de la famille des Malvacées. L’espèce, facile à reconnaître, est présente dans l’est de l’Amérique du Nord et est rare à l’échelle mondiale (G3). Elle est considérée comme extrêmement rare dans le bassin versant des Grands Lacs, où elle atteint la limite septentrionale de son aire de répartition. On ne compte que deux populations connues au Canada, toutes deux en Ontario, où l’espèce est désignée « en voie de disparition » en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario (LEVD). L’une des populations se trouve dans une aire de conservation du comté de Haldimand et est gérée par l’Office de protection de la nature de la rivière Grand. L’autre population se trouve dans une carrière autorisée et le long d’un couloir de gazoduc, dans la région de Niagara. Aucun déclin n’a été signalé dans l’un ou l’autre de ces emplacements : la population du comté de Haldimand a récemment augmenté, et on croit que celle de la région de Niagara est stable.

La mauve de Virginie pousse dans des milieux riverains humides et des plaines inondables. Elle croît en plein soleil ou en milieu partiellement ombragé et semble tolérer une vaste gamme de conditions physiques et chimiques du sol. L’espèce a été cultivée par le passé et pousse le plus souvent dans les milieux perturbés, notamment en bordure de routes ou d’autres types de couloirs. On soupçonne que la dispersion des graines se fait par l’eau. Bien que certaines populations aient probablement été adventices à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce, on croit que les deux populations de l’Ontario sont indigènes.

La mauve de Virginie est limitée par la grande spécificité dont elle fait preuve à l’égard de son habitat, constitué de milieux riverains et de plaines inondables qui ont été aménagés et modifiés dans tout l’est de l’Amérique du Nord. En Ontario, les principales menaces qui pèsent sur la mauve de Virginie sont la destruction de l’habitat, la compétition des espèces envahissantes non indigènes (dont le roseau commun) et l’entretien des sites.

Le but du rétablissement de la mauve de Virginie est de protéger et de maintenir toutes les populations existantes de cette espèce dans le sud de l’Ontario et d’assurer la persistance à long terme de l’espèce dans son aire de répartition actuelle. Les objectifs établis en matière de protection et de rétablissement sont les suivants : protéger les populations existantes de la mauve de Virginie; évaluer régulièrement la situation de l’espèce dans tous les sites et en rendre compte, et effectuer des recherches dans l’habitat convenable pour trouver de nouvelles populations; gérer les sites de manière à réduire les menaces; combler les lacunes dans les connaissances, surtout à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce. Le présent rapport renferme un tableau résumant les diverses approches adoptées pour atteindre les objectifs et le but du rétablissement de l’espèce.

Il est recommandé que la zone prescrite comme étant l’habitat de l’espèce dans le règlement sur l’habitat de la mauve de Virginie comprenne le polygone ou les polygones contigus d’écosite(s) de la Classification écologique des terres (CET) (Lee et coll., 1998) où se trouve l’espèce. Si une population (y compris les sous-populations) occupe plus d’un type d’écosite, tous les polygones contigus d’écosites doivent être inclus. Les écosites d’origine anthropique (p. ex. prés ou fourrés culturaux) peuvent être prescrits comme habitat. Il est recommandé de cartographier l’habitat pour toutes les sous populations de mauve de Virginie, surtout si le processus permet de mobiliser les propriétaires et les gestionnaires de terres autour de la conservation de l’espèce.

La signification des abréviations apparaissant ci-dessus est fournie dans le glossaire.

La mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) est une grande herbacée vivace qui peut atteindre une hauteur de un à trois mètres. Ses feuilles sont alternes et présentent trois à sept lobes pointus et irrégulièrement dentés, ce qui les fait ressembler aux feuilles de l’érable. Le lobe central de chaque feuille est allongé, ce qui est caractéristique de l’espèce. La tige peut présenter des poils étoilés lorsqu’elle est jeune, mais devient lisse avec l’âge (Gleason et Cronquist, 1991). Les fleurs blanches se présentent en inflorescences pédonculées qui poussent à l’aisselle des feuilles de la partie supérieure de la tige (Spooner et coll., 1985). Les fleurs sont « parfaites » (c. à d. qu’elles renferment les organes des deux sexes) et comptent cinq pétales d’environ 8 mm de longueur chacun (Gleason et Cronquist, 1991). On trouvera des descriptions détaillées de l’espèce, des clés permettant l’identification de l’espèce et des illustrations techniques dans Gleason et Cronquist (1991) ainsi que dans Holmgren (1998).

La mauve de Virginie est facilement reconnaissable à son aspect inhabituel au sein de la famille des Malvacées et du genre Sida. Aucune espèce similaire avec laquelle la mauve de Virginie pourrait facilement être confondue ne pousse au Canada.

Toutes les publications scientifiques mentionnées ci après rendent compte d’études réalisées sur des populations américaines de mauve de Virginie. Les populations canadiennes de l’espèce n’ont fait l’objet d’aucune des études sur la biologie de l’espèce publiées à ce jour. Or, il est possible que les populations canadiennes, qui se trouvant à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce, présentent des différences importantes. Des études sont néanmoins présentées ci-dessous, car elles représentent la meilleure information scientifique accessible à l’heure actuelle sur la mauve de Virginie.

Dans des sites de l’Ohio et de la Virginie-Occidentale, les pousses de la mauve de Virginie émergent du sol à la fin d’avril ou au début de mai, à partir de bourgeons se trouvant à la base des tiges de l’année précédente (Spooner et coll., 1985). Les plants peuvent également produire un grand nombre de rhizomes, et de nombreuses populations semblent être clonales, ce qui rend difficile la détermination du nombre réel d’individus dans une population (COSEWIC, sous presse).

Chez les populations américaines étudiées, la floraison commence au début d’août et se poursuit jusqu’à une forte gelée (Spooner et coll., 1985). Aucune information sur les pollinisateurs de cette espèce n’a pu être trouvée. On sait toutefois que les fleurs d’une espèce étroitement apparentée, le Napaea dioica, sont pollinisées principalement par des insectes appartenant à l’ordre des Hyménoptères (fourmis, abeilles et guêpes), des Diptères (mouches) et des Hémiptères (punaises) (Iltis, 1963).

La fructification a généralement lieu en septembre et en octobre (NatureServe, 2009). Les grands individus, du moins ceux des populations étudiées en Ohio et en Virginie-Occidentale, peuvent produire plusieurs milliers de graines dont la plupart sont viables, selon les études de germination réalisées (Spooner et coll., 1985). En culture, il est cependant nécessaire de prétraiter les graines par scarification mécanique ou par trempage à l’eau chaude pour augmenter le taux de germination (Kujawski et coll., 1997). L’espèce peut également se multiplier par voie végétative à partir de ses rhizomes (Kujawski et coll., 1997).

Les graines sont libérées tout au long de l’hiver, et on soupçonne qu’elles sont dispersées par l’eau, peut être au printemps. L’âge de la première floraison en milieu naturel n’est pas connu, mais des individus cultivés ont produit des graines la première année (Spooner et coll., 1985). La durée d’une génération en milieu naturel est également mal connue. On sait toutefois que les individus cultivés peuvent vivre jusqu’à 15 ans (Krzaczek et coll., 2006, cité dans COSEWIC, sous presse).

On compte deux emplacements connus de l’espèce en Ontario : le premier se trouve dans une aire de conservation du comté de Haldimand, et le deuxième, dans une carrière et le long d’un corridor de transport d’énergie situé à proximité, dans la région de Niagara (figure 1). Une distance d’environ 35 km sépare les deux emplacements. La superficie réelle occupée par l’espèce est inférieure à un kilomètre carré. Aucun déclin de population n’a été signalé dans l’un ou l’autre des emplacements. À moins d’indication contraire, l’information qui suit provient du rapport de situation du COSEPAC sur l’espèce (COSEWIC, sous presse).

Figure 1. Répartition (emplacements connus) de la mauve de Virginie en Ontario (M. Thompson Black, 2009).

La description de cette image suit
Carte : © Environnement Canada

Étant donné la nature clonale de l’espèce et la difficulté de distinguer les individus, on a eu recours au dénombrement des tiges pour estimer l’abondance de la mauve de Virginie dans les deux emplacements de l’Ontario. La population du comté de Haldimand semble avoir augmenté entre les visites effectuées en 2001 et en 2010. En 2001, une seule sous population était connue, la population totale étant estimée à 83 tiges. Deux sous populations ont été répertoriées en 2008, pour un nombre total de tiges estimé à 2 300. En juillet 2010, des écologistes de l’Office de protection de la nature de la rivière Grand ont estimé la taille totale de la population du comté de Haldimand en comptant le nombre de tiges de chaque colonie. Ils ont relevé au moins 24 colonies, comptant chacune de quelques tiges à plus de 1 000 tiges. L’abondance de la population totale a été estimée à plus de 5 000 tiges (T. Zammit, comm. pers., 2010).

L’augmentation récente de l’abondance pourrait être due à la mise hors service, en 2006, d’un ancien réservoir se trouvant sur les lieux. On a asséché ce réservoir pour rétablir un cours d’eau froid traversant la propriété, ce qui a pu créer de l’habitat convenable à la colonisation de la mauve de Virginie (T. Zammit, comm. pers., 2010). La plupart des sous populations se trouvent dans un grand milieu humide, et d’autres petites sous populations pourraient également être présentes.

La deuxième population, dans la région de Niagara, est beaucoup plus petite : on y a dénombré seulement 210 tiges au total, réparties en deux sous-populations. Il est impossible de déterminer les tendances en matière d’abondance, aucun dénombrement des tiges n’ayant été effectué au cours de la visite du site effectuée en 2001. Le nombre de touffes est toutefois demeuré constant, et la population semble généralement stable. Elle se trouve en partie dans une carrière autorisée et le long d’un couloir de gazoduc.

La mauve de Virginie est également rare et localisée dans l’ensemble de son aire de répartition en Amérique du Nord (NatureServe, 2009). Cette aire de répartition est centrée sur les Appalaches et s’étend jusqu’au bassin du Mississippi à l’ouest, jusqu’à l’Atlantique à l’est et jusqu’au bassin des Grands Lacs au nord, où les populations naturelles sont considérées comme extrêmement rares (Spooner et coll., 1985; voir aussi COSEWIC, sous presse). Bien que l’espèce puisse être commune à l’échelle locale le long des plaines inondables en Ohio, en Virginie-Occidentale et au Kentucky, de nombreuses populations américaines disparaissent à l’échelle de l’aire de répartition à cause de travaux d’aménagement, de gestion des crues et d’entretien (p. ex. fauchage, utilisation d’herbicide) (NatureServe, 2009).

La mauve de Virginie est cultivée dans les jardins de l’Amérique du Nord depuis le 18e siècle (Iltis, 1963). On croit que certaines populations, à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce, auraient été introduites (NatureServe, 2009). Bien que les botanistes soient divisés quant à l’origine de la mauve de Virginie au Canada (voir par exemple Brouillet et coll., 2006; NatureServe, 2009), les deux populations de l’Ontario sont considérées comme indigènes.

La mauve de Virginie est une espèce des milieux riverains, des plaines inondables et des basses terres. Bien qu’elle préfère les milieux ouverts et ensoleillés, on la trouve aussi à des endroits partiellement ombragés (Thomas, 1979; NatureServe, 2009). De nombreux sites occupés par l’espèce sont périodiquement inondés (Thomas, 1979). À l’échelle de son aire de répartition, la mauve de Virginie est souvent présente dans des milieux perturbés, notamment sur des talus de chemin de fer et en bordure de routes et de couloirs d’infrastructure, surtout lorsque ceux ci traversent une plaine inondable ou une zone riveraine (NatureServe, 2009). Parce que la mauve de Virginie semble avoir besoin des perturbations associées à l’inondation périodique des milieux ouverts le long des plaines inondables, NatureServe (2009) considère que l’espèce fait preuve d’une très grande spécificité à l’égard de son habitat.

Les types de sols ne semblent pas limiter la répartition de l’espèce, qui pousse dans des sols présentant une vaste gamme de textures (loam limoneux, loam sablo-argileux, loam argileux) et de valeurs de pH (5,4 à 7,5) ainsi qu’une teneur en matière organique moyenne à élevée (Spooner et coll., 1985). Dans les sites étudiés aux États Unis, Thomas (1979) a constaté que le sol était meuble, et donc bien aéré. Compte tenu de la tolérance de la mauve de Virginie aux perturbations et à une grande variété de conditions du sol, on ne sait pas exactement pourquoi l’espèce est absente de nombreux habitats apparemment convenables.

La végétation dominante présente dans les deux emplacements de l’Ontario a été décrite de manière générale dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, sous presse) et plus en détail par des écologistes de l’Office de protection de la nature de la rivière Grand. La plupart des individus de la population du comté de Haldimand poussent dans un pré marécageux à sol minéral et à plantes herbacées non graminoïdes (Forb Mineral Meadow Marsh, MAM 2-10) dominé par la quenouille à feuilles larges (Typha latifolia), le roseau commun (Phragmites australis subs. australis), la salicaire commune (Lythrum salicaria), l’impatiente du Cap (Impatiens capensis), la cardère des bois (Dipsacus fullonum), des scirpes (Scirpus spp.) et des joncs (Juncus spp.) (T. Zammit, comm. pers., 2010). Des espèces riveraines sont également présentes, les principales étant le noyer noir (Juglans nigra), le cornouiller stolonifère (Cornus stolonifera) et le sumac vinaigrier (Rhus typhina). L’habitat semble relativement naturel, bien qu’une grande partie de la population pousse à proximité de l’exutoire d’un réservoir, ce qui indique que la zone a été perturbée par le passé.

La deuxième population présente en Ontario pousse dans une zone beaucoup plus perturbée, dans des sols peu profonds recouvrant un substrat de calcaire. L’une des sous-populations se trouve le long d’un chemin d’accès à la carrière qui est rarement emprunté. La deuxième sous-population est située le long d’un couloir de gazoduc où poussent principalement des espèces des prés ouverts comme la cardère des bois (Dipsacus fullonum), la carotte sauvage (Daucus carota), le cornouiller à grappes (Cornus racemosa), le sumac vinaigrier et des verges d’or (Solidago spp.) (COSEWIC, sous presse). Le sol calcaire peu profond offre un drainage médiocre. On croit que l’endroit est humide ou mouillé au printemps, mais sec par la suite.

Dans une certaine mesure, la mauve de Virginie est limitée par la grande spécificité dont elle fait preuve à l’égard de son habitat, constitué de milieux riverains et de plaines inondables de plus en plus rares situés dans la zone carolinienne du Canada et des États Unis, qui est fortement développée. D’autres facteurs biologiques que l’on considérait auparavant comme limitatifs pour l’espèce (faible taux de germination et besoins particuliers en matière de sol) sont maintenant en grande partie écartés (Spooner et coll., 1985; Kujawski et coll., 1997). Cependant, comme il arrive souvent que la mauve de Virginie soit absente de milieux qui lui semblent convenables, il est possible que d’autres facteurs limitatifs soient déterminés à l’avenir.

La destruction de l’habitat est probablement la principale menace qui pèse sur cette espèce. Par le passé, les terrasses riveraines et les plaines inondables ont été aménagées à des fins résidentielles ou agricoles et ont été modifiées de façon à prévenir les inondations. En 2008, la zone voisine d’une sous population de l’Ontario a été préparée en vue de l’extraction de granulats : à moins de cinq mètres d’individus de l’espèce, des travaux de débroussaillage et d’enlèvement de la couche arable ont été réalisés. Cependant, les individus qui se trouvent dans cette carrière poussent tout près d’un chemin d’accès (peut être le long d’une emprise routière) où aucune activité d’extraction n’est prévue. On ne les croit donc pas menacés dans l’immédiat (M. Thompson-Black, comm. pers., 2010).

Des espèces envahissantes menacent la mauve de Virginie dans l’ensemble de son aire de répartition. Dans le site du comté de Haldimand, l’abondance du roseau commun a augmenté en raison de l’abaissement des niveaux d’eau lié à la mise hors service d’un ancien barrage. Cette espèce pourrait faire compétition à la mauve de Virginie pour la lumière, l’espace et les nutriments. Bien que le roseau commun n’occupe pas la même zone que la mauve de Virginie pour l’instant, on croit qu’il est en l’expansion (T. Zammit, comm. pers., 2010). En 2010, on a constaté que la salicaire commune (Lythrum salicaria) était plus présente dans l’ancien réservoir qu’on ne l’avait d’abord cru. Cette espèce ne semble toutefois pas avoir d’incidence négative sur la mauve de Virginie.

Les travaux d’entretien des sites où se trouvent les deux populations de mauve de Virginie peuvent constituer une menace pour l’espèce. La population du comté de Haldimand est située tout près d’une aire de pique-nique gazonnée qui est entretenue par l’Office de protection de la nature de la rivière Grand. Le fauchage y est effectué jusqu’à la base des plantes (COSEWIC, sous presse), ce qui peut endommager les individus existants ou empêcher l’établissement de nouveaux individus. L’entretien régulier (débroussaillage, coupe de végétation) réalisé le long du couloir du gazoduc peut également nuire à l’espèce, surtout si des herbicides sont utilisés pour limiter la croissance de la végétation (COSEWIC, sous presse). Cependant, certaines populations américaines prospèrent dans des zones qui sont régulièrement perturbées, surtout lorsque le fauchage effectué en fin de saison limite la croissance de la végétation ligneuse (arbustes et jeunes arbres), ce qui favorise la production de graines chez la mauve de Virginie (NatureServe, 2009).

Bien que la mauve de Virginie ait déjà été populaire comme plante ornementale (Iltis, 1963), la cueillette ne semble pas constituer une menace pour cette espèce.

Les sites font l’objet d’un suivi sporadique depuis 2001 seulement, et il serait utile de disposer de données à plus long terme sur les deux populations. On ne sait pas non plus si les propriétés adjacentes comportent de l’habitat convenable à l’espèce, et l’existence d’autres populations en aval du site du comté de Haldimand est considérée comme probable (M. Thompson-Black, comm. pers., 2010). Les menaces qui pèsent actuellement sur l’espèce dans la carrière de la région de Niagara doivent être précisées.

Les communautés végétales des deux sites existants en Ontario n’ont pas été décrites à l’échelle de l’écosite au moyen de la Classification écologique des terres (CET) (Lee et coll., 1998). Cette information serait utile aux fins de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat de la mauve de Virginie en vertu de la LEVD.

Plusieurs questions écologiques fondamentales demeurent à propos de cette espèce rare à l’échelle mondiale. Ainsi, les paramètres démographiques de l’espèce (âge du plant au moment de la première floraison, durée d’une génération) sont mal compris. L’abondance minimale d’une population viable n’a pas été déterminée, et on ne sait pas si les populations de l’Ontario persisteront indéfiniment. Peu de données ont été publiées sur la biologie de la pollinisation de l’espèce (p. ex. pollinisateurs, autofécondation). Comme de nombreux milieux apparemment convenables demeurent inoccupés par l’espèce, des facteurs écologiques encore inconnus pourraient limiter son établissement. La réalisation d’études sur les populations de mauve de Virginie se trouvant à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce, dans le bassin des Grands Lacs, serait particulièrement utile et pourrait contribuer aux initiatives de gestion et de rétablissement des populations.

Le personnel du ministère des Richesses naturelles (MNR) a réalisé des relevés et a effectué un suivi informel au site du comté de Haldimand (K. Beriault, comm. pers., 2010). Des écologistes de l’Office de protection de la nature de la rivière Grand suivent aussi cette population et ont réalisé des relevés de l’espèce en juillet 2010.

À l’été 2010, l’Office de protection de la nature de la rivière Grand a également entrepris de lutter contre le roseau commun dans l’ancien réservoir en coupant les tiges des plantes avant la floraison. L’efficacité de cette méthode sera évaluée à l’avenir. Le personnel de l’Office de protection de la nature élabore aussi une stratégie visant les espèces envahissantes de ce secteur et d’autres propriétés clés du bassin versant (T. Zammit, comm. pers., 2010).

Le but du présent programme de rétablissement est de protéger et de maintenir toutes les populations existantes de la mauve de Virginie dans le sud de l’Ontario et d’assurer la persistance à long terme de l’espèce dans son aire de répartition actuelle.

Tableau 1. Objectifs en matière de protection et de rétablissement
No Objectif en matière de protection ou de rétablissement
1 Protéger les populations existantes de la mauve de Virginie.
2 Évaluer régulièrement la situation de la mauve de Virginie dans tous les sites connus de l’espèce et en rendre compte, et effectuer des recherches dans l’habitat convenable pour trouver de nouvelles populations.
3 Gérer les sites de manière à réduire les menaces.
4 Combler les lacunes dans les connaissances, surtout à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce.
Tableau 2. Approches pour le rétablissement de la mauve de Virginie en Ontario
Priorité relative Échéance relative Volet du rétablissement Approche de rétablissement Menaces ou lacunes dans les connaissances visées
1. Protéger les populations existantes de la mauve de Virginie. Critique Court terme Protection 1.1 Déterminer l’étendue des populations existantes et préciser le régime de propriété et de gestion des terres
  • Toutes les menaces
  • Description de l’habitat en Ontario
1. Protéger les populations existantes de la mauve de Virginie. Nécessaire Court terme Protection 1.2 Avec les propriétaires fonciers, envisager des options de protection à long terme pour les deux sites (p. ex. servitudes ou mesures de préservation dans le cas des terres privées, désignations supplémentaires ou zonage dans le cas des terres publiques, si cela est jugé nécessaire)
  • Destruction de l’habitat
1. Protéger les populations existantes de la mauve de Virginie. Nécessaire
Bénéfique
Court terme Protection, éducation et sensibilisation

1.3 Élaborer un règlement sur l’habitat de la mauve de Virginie en vertu de la LEVD :

  • Travailler avec les propriétaires fonciers afin de désigner et de cartographier l’habitat des deux sites au moyen de la Classification écologique des terres
  • Destruction de l’habitat
  • Description de l’habitat en Ontario
2. Évaluer régulièrement la situation de la mauve de Virginie dans tous les sites de l’espèce et en rendre compte. Nécessaire En cours Inventaire, suivi et évaluation

2.1 Faire le suivi des sites existants :

  • Élaborer une approche de suivi uniforme (méthodes, calendrier) et effectuer un suivi régulier
  • Situation des populations et de l’habitat
2. Évaluer régulièrement la situation de la mauve de Virginie dans tous les sites de l’espèce et en rendre compte. Bénéfique Long terme Éducation et sensibilisation 2.2 Informer les propriétaires fonciers voisins, les naturalistes et les consultants locaux de la présence de l’espèce afin d’augmenter la probabilité du signalement de nouvelles populations
  • Situation des populations et de l’habitat
2. Évaluer régulièrement la situation de la mauve de Virginie dans tous les sites de l’espèce et en rendre compte. Bénéfique En cours Inventaire, suivi et évaluation 2.3 Repérer les secteurs pouvant renfermer de l’habitat convenable à l’espèce et y effectuer des relevés
  • Situation des populations et de l’habitat
3. Gérer les sites de manière à réduire les menaces. Critique Long terme Gestion

3.1 Lutter contre les espèces envahissantes qui menacent la mauve de Virginie :

  • Élaborer et mettre en œuvre des plans de gestion des espèces envahissantes pour le site du comté de Haldimand
  • Lutter contre le roseau commun et suivre cette espèce dans le site du comté de Haldimand
  • Lutter contre d’autres espèces envahissantes, au besoin
  • Espèces envahissantes
3. Gérer les sites de manière à réduire les menaces. Critique Long terme Gestion, éducation et sensibilisation, recherche

3.2 Gérer les sites de façon à protéger les populations :

  • Préciser le régime de propriété et de gestion des terres pour les deux sous-populations de la région de Niagara
  • Travailler avec les propriétaires fonciers et les gestionnaires des terres des deux sites pour déterminer les pratiques de gestion actuellement utilisées et élaborer des lignes directrices visant à protéger l’espèce dans tous les sites
  • Suivre les populations à la suite de tout changement apporté à la gestion des sites et adapter les méthodes, au besoin
  • Gestion des sites
4. Combler les lacunes dans les connaissances, surtout à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce. Nécessaire Long terme Recherche

4.1 Effectuer des recherches pour répondre aux nombreuses questions qui demeurent sur l’écologie de l’espèce :

  • Démographie de l’espèce
  • Abondance minimale requise pour assurer la viabilité d’une population
  • Structure génétique et risque de dépression de consanguinité (le cas échéant)
  • Facteurs limitatifs
  • Écologie de l’espèce

L’accroissement de l’abondance et la remise en état des sites occupés par les deux populations connues de mauve de Virginie ne sont pas jugés nécessaires pour l’instant. Bien que le nombre de populations soit extrêmement limité, celles ci sont considérées comme naturelles. L’abondance de l’une des populations de l’Ontario a récemment augmenté, tandis que l’autre population semble stable (COSEWIC, sous presse; T. Zammit, comm. pers., 2010).

On ne sait pas si le nombre actuel d’individus composant les deux populations de l’Ontario sera suffisant pour assurer la viabilité à long terme de la mauve de Virginie (voir la section Lacunes dans les connaissances). Cependant, jusqu’à ce qu’on dispose d’information supplémentaire sur l’abondance minimale d’une population viable, l’objectif prioritaire pour le rétablissement de la mauve de Virginie est de protéger et de surveiller les sites existants de l’espèce.

En vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, un programme de rétablissement doit comprendre une recommandation au ministre des Richesses naturelles concernant l’aire qui devrait être prise en considération lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Un tel règlement est un instrument juridique qui prescrit une aire comme étant l’habitat de l’espèce. La recommandation énoncée ci-dessous par l’auteur sera l’un des nombreux éléments dont le ministre tiendra compte dans l’élaboration du règlement sur l’habitat de cette espèce.

Il est recommandé que l’aire désignée à titre d’habitat de l’espèce dans le règlement sur l’habitat de la mauve de Virginie comprenne le polygone ou les polygones contigus d’écosite(s) de la Classification écologique des terres (CET) (Lee et coll., 1998) où se trouvent des populations naturelles de l’espèce. Si une population (y compris les sous-populations) occupe plus d’un type d’écosite, tous les polygones contigus d’écosites doivent être inclus. Il est préférable de désigner l’aire prescrite en fonction de la communauté végétale environnante (plutôt qu’en fonction d’une marge arbitraire calculée depuis l’emplacement de la population), car cela contribue au maintien des conditions écologiques nécessaires à la persistance et à la viabilité à long terme de l’espèce. Il est toutefois recommandé de mettre à l’essai cette approche de désignation de l’habitat fondée sur l’écosite avant l’établissement du règlement.

Comme la mauve de Virginie peut s’établir dans des milieux perturbés, les écosites d’origine anthropique (p. ex. prés culturaux et fourrés culturaux) peuvent aussi être inclus dans la réglementation sur l’habitat.

Les secteurs renfermant des individus de mauve de Virginie qui sont considérés comme des spécimens d’origine horticole (c. à d. ceux qui sont plantés dans des jardins paysagers) ne doivent pas être désignés comme habitat dans le règlement sur l’habitat de l’espèce.

Le rétablissement des espèces en péril est un volet clé de la protection de la biodiversité en Ontario. La biodiversité – la diversité des organismes vivants sur la Terre – nous fournit de l’air et de l’eau propres, de la nourriture, des fibres, des médicaments et d’autres ressources dont nous avons besoin pour survivre.

La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) représente l’engagement juridique du gouvernement de l’Ontario envers la protection et le rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats. Dès qu’une espèce est désignée comme disparue de l’Ontario, en voie de disparition ou menacée aux termes de la LEVD, elle est automatiquement protégée contre toute forme de harcèlement. En outre, dès qu’une espèce est désignée comme en voie de disparition ou menacée, son habitat est protégé contre les dommages et la destruction.

Aux termes de la LEVD, le ministère des Richesses naturelles (le ministère) doit veiller à ce qu’un programme de rétablissement soit élaboré pour chaque espèce inscrite à la liste des espèces en voie de disparition ou menacées. Un programme de rétablissement offre des conseils scientifiques au gouvernement à l’égard de ce qui est nécessaire pour réaliser le rétablissement d’une espèce.

Dans les neuf mois qui suivent l’élaboration d’un programme de rétablissement, la LEVD exige que le ministère publie une déclaration qui résume les mesures que le gouvernement de l’Ontario prévoit prendre en réponse au programme de rétablissement et ses priorités à cet égard. Le programme de rétablissement pour la mauve de Virginie a été achevé le 18 février 2011 (http://www.mnr.gov.on.ca/fr/Business/Species/2ColumnSubPage/STDPROD_075669.html).

Cette déclaration est la réponse du gouvernement de l’Ontario aux conseils scientifiques fournis dans le programme de rétablissement. En plus du programme de rétablissement, certaines parties intéressées, d’autres compétences, des collectivités autochtones et des citoyens ont demandé plus de renseignements sur la déclaration du gouvernement. Cette déclaration reflète les meilleures connaissances traditionnelles, locales et scientifiques auxquelles nous avons accès en ce moment; elle pourrait être modifiée si de nouveaux renseignements deviennent accessibles. En mettant en oeuvre les mesures prévues à la présente déclaration, la LEVD permet au ministère de déterminer ce qu’il est possible de réaliser, compte tenu des facteurs sociaux et économiques.

La mauve de Virginie est une herbacée vivace à fleurs qui peut atteindre de 1 à 3 m de haut. Les fleurs sont composées de cinq pétales blancs (environ 8 mm de long) qui poussent en grappe.

La mauve de Virginie est désignée comme espèce en voie de disparition aux termes de la LEVD qui protège à la fois la plante et son habitat. La LEVD interdit à quiconque de nuire à l’espèce ou de la harceler et d’endommager ou de détruire son habitat sans autorisation. Une telle autorisation exigerait que des conditions établies par le ministère des Richesses naturelles soient respectées.

En Ontario, la mauve de Virginie n’est présente que dans une zone de protection de la nature du comté d’Haldimand et dans une carrière et un couloir de transport d’électricité adjacent dans la région de Niagara. Les principales menaces pesant sur la mauve de Virginie en Ontario sont la destruction de l’habitat, la concurrence des espèces indigènes non invasives (par ex. : le roseau commun) et l’entretien des emplacements.

L’objectif du gouvernement pour le rétablissement de la mauve de Virginie est de protéger toutes les populations existantes de la mauve de Virginie dans le sud de l’Ontario et d’assurer la longévité de l’espèce dans son aire de répartition actuelle.

La protection et le rétablissement des espèces en péril sont une responsabilité partagée. Aucune agence ni aucun organisme n’a toutes les connaissances, l’autorité ni les ressources financières pour protéger et rétablir toutes les espèces en péril de l’Ontario. Le succès sur le plan du rétablissement exige une coopération intergouvernementale et la participation de nombreuses personnes, organismes et collectivités.

En élaborant la présente déclaration, le ministère a tenu compte des démarches qu’il pourrait entreprendre directement et de celles qu’il pourrait confier à ses partenaires en conservation, tout en leur offrant son appui.

Afin de protéger et de rétablir la mauve de Virginie, le gouvernement entreprendra directement les mesures suivantes :

Le gouvernement appuie les mesures suivantes qu’il juge comme étant nécessaires à la protection et au rétablissement de la mauve de Virginie. On accordera la priorité aux mesures portant la mention « hautement prioritaire » en ce qui concerne le financement ou les autorisations aux termes de la LEVD. Le gouvernement ciblera son appui sur ces mesures hautement prioritaires au cours des cinq prochaines années.

Le soutien financier pour la mise en oeuvre des mesures de rétablissement approuvées pourrait être fourni par l’entremise du Fonds d’intendance des espèces en péril, du Programme d'encouragement des exploitants agricoles à la protection des espèces en péril ou du Programme de participation communautaire à la gestion du poisson et de la faune. On encourage les partenaires en conservation à discuter de leurs propositions de projets liés à la présente déclaration avec le ministère des Richesses naturelles. Le ministère peut aussi conseiller ses partenaires à l’égard des autorisations exigées aux termes de la LEVD afin d’entreprendre le projet.

La mise en oeuvre des mesures pourra être modifiée si les priorités touchant l’ensemble des espèces en péril changent selon les ressources disponibles et la capacité des partenaires à entreprendre des activités de rétablissement. La mise en oeuvre des mesures visant plusieurs espèces sera coordonnée partout là où les déclarations du gouvernement en réponse au programme de rétablissement l’exigent.

Aux termes de la LEVD, le gouvernement doit évaluer l’efficacité des mesures de protection et de rétablissement visant une espèce au plus tard cinq ans après la publication de la présente déclaration en réponse au programme de rétablissement. Cette évaluation permettra de déterminer si des rectifications sont nécessaires pour en arriver à protéger et à rétablir l’espèce.

Nous tenons à remercier tous ceux et celles qui ont pris part à l’élaboration du Programme de rétablissement de la mauve de Virginie en Ontario pour leur dévouement en ce qui a trait à la protection et au rétablissement des espèces en péril.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s'adresser au :

Consultez le site Web des espèces en péril à
ontario.ca/especesenperil
Communiquez avec votre bureau de district du MRN
Communiquez avec le Centre d'information sur les ressources naturelles
Tél. : 1-800-667-1940
ATS 1-866-686-6072
Ministère des Richesses Naturelles Courriel
Ministère des Richesses Naturelles site Web

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