Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) au Canada - 2015
- Table des matières
- Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au programme de rétablissement de la mauve de Virginie (sida hermaphrodita) en Ontario, préparée par Environnement Canada.
- Partie 2 – Programme de rétablissement de la téphrosie de la mauve de Virginie (sida hermaphrodita) en Ontario, préparé par holly j. bickerton pour le ministère des richesses naturelles de l'Ontario
- Partie 3 – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissemen
- Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario, préparée par Environnement Canada.
- Table des matières
- Référence recommandée
- Préface
- Remerciements
- Ajouts et modifications apportés au document adopté
- 1. Information sur la situation de l'espèce
- 2. Caractère réalisable du rétablissement
- 3. Menaces
- 4. Objectifs en matière de population et de répartition
- 5. Stratégies et approches générales pour l'atteinte des objectifs
- 6. Habitat essentiel
- 7. Mesure des progrès
- 8. Énoncé sur les plans d'action
- 9. Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées
- Références
- Partie 2 – Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario, préparé par Patricia Mohr pour le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario.
- Partie 3 – Mauve de Virginie – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement, préparée par le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario.

- Table des matières
- Référence recommandée
- Préface
- Remerciements
- Ajouts et modifications apportés au document adopté
- 1. Information sur la situation de l'espèce
- 2. Caractère réalisable du rétablissement
- 3. Menaces
- 4. Objectifs en matière de population et de répartition
- 5. Stratégies et approches générales pour l'atteinte des objectifs
- 6. Habitat essentiel
- 7. Mesure des progrès
- 8. Énoncé sur les plans d'action
- 9. Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées
- Références
- Figure 1. Aires géographiques dans lesquelles le règlement sur l'habitat de la mauve de Virginie peut s'appliquer si l'habitat satisfait aux conditions énoncées à l'article 29.2 du Règlement de l'Ontario 242/08 pris en vertu de la LEVD provinciale.
- Figure 2. Carrés du quadrillage renfermant de l'habitat essentiel de la mauve de Virginie au Canada. L'habitat essentiel de la mauve de Virginie se trouve à l'intérieur de ces carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (carrés rouges hachurés), là où la description de l'habitat essentiel est respectée.

Environnement Canada. 2015. Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) au Canada, Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa. 26 p.+ annexes.
Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d'information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d'action et d'autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.
Illustration de la couverture : © Melinda Thompson-Black
Also available in English under the title
"Recovery Strategy for the Virginia Mallow (Sida hermaphrodita) in Canada"
Le contenu du présent document (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d'indiquer la source.
En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.
Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de l’Ontario donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario (Partie 2) en vertu de l'article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP).Environnement Canada a inclus une addition fédérale (Partie 1) au présent programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.
Environnement Canada adopte le programme de rétablissement provincial, à l’exception de la section 2 (Rétablissement). En remplacement de la section 2, Environnement Canada a établi son propre objectif en matière de population et de répartition qui concorde avec le but du rétablissement provincial, adopte les mesures menées et appuyées par le gouvernement dans le document intitulé Mauve de Virginie : Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissementContent Footnote1 (Partie 3), à titre des stratégies et des approches générales pour l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition. Environnement Canada adopte également l’habitat réglementé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario à titre d’habitat essentiel de la mauve de Virginie.
Le Programme fédéral de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) au Canada comprend trois parties :
Partie 2 - Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario, préparé par Holly J. Bickerton pour le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario. Content Footnote2
En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.
Le ministre de l’Environnement est le ministre compétent en vertu de la LEP de la mauve de Virginie et a élaboré lacomposante fédérale du présent programme de rétablissement (partie 1), conformément à l’article 37 de la LEP.L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (devenu le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario) a dirigé l’élaboration du Programme de rétablissement de la mauve de Virginie en Ontario (partie 2), en collaboration avec Environnement Canada.
La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada, ou sur toute autre compétence. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la mauve de Virginie et de l’ensemble de la société canadienne.
Le présent programme de rétablissement sera suivi d'un ou de plusieurs plans d'action qui présenteront de l'information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement Canada et d'autres compétences et/ou organisations participant à la conservation de l'espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.
Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsqu’un programme de rétablissement désigne de l’habitat essentiel, il peut y avoir des incidences réglementaires futures, selon l’endroit où se trouve l’habitat essentiel désigné. En ce qui concerne l’habitat essentiel situé sur le territoire domanial à l’extérieur des aires protégées fédérales, le ministre de l’Environnement doit présenter un énoncé sur la protection juridique existante ou prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées. En ce qui concerne l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre de l’Environnement estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par les dispositions de la LEP, par les mesures prises aux termes de cette dernière ou par toute autre loi fédérale, et que cette partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée efficacement par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant à étendre l’interdiction de détruire à cette partie de l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.
La version préliminaire de l'addition du gouvernement fédéral a été préparée par Bruna Peloso et Kathy St. Laurent (Environnement Canada, Service canadien de la faune – Ontario). Lee Voisin, Elizabeth Rezek, Krista Holmes, Madeline Austen et Lesley Dunn (Environnement Canada, Service canadien de la faune – Ontario) ainsi que Amelia Argue, Jay Fitzsimmons, Eric Snyder, Aileen Wheeldon, Vivian Brownell, Amanda Fracz et Michael Oldham (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario) ont révisé le texte et fourni des commentaires et des avis durant la préparation du présent document.
Nous tenons à remercier toutes les personnes dont les commentaires et les avis ont éclairé l'élaboration de ce programme de rétablissement, notamment les organisations et les membres des communautés autochtones, les propriétaires fonciers, les citoyens et les intervenants qui ont offert des commentaires ou qui ont participé aux rencontres de consultation.
Les sections qui suivent ont été ajoutées pour satisfaire aux exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) qui ne sont pas abordées dans le Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario, préparé par le gouvernement de l'Ontario (partie 2) et pour fournir des renseignements à jour ou supplémentaires.
En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du programme de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de survie et de rétablissement peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP
La mauve de Virginie est une grande herbacée vivace qui pousse dans les zones riveraines périodiquement inondées et les plaines inondables; sa cote de conservation mondiale est « vulnérable » Content Footnote3(G3). Il convient cependant de noter que la cote de l'espèce n'a pas été réévaluée depuis 2004 (NatureServe, 2013a). Le nombre total d'occurrences dans le monde est faible et en déclin. Le nombre d'occurrences est estimé à 21 à 80, dont seulement quelques-unes (4 à 12) présentent une bonne viabilité Content Footnote4 (NatureServe, 2013a).
La cote de conservation de l'espèce à l'échelle nationale aux États-Unis est « vulnérable » (N3), et l'espèce est considérée comme possiblement disparue/vraisemblablement disparue, en péril ou gravement en péril dans 8 des 13 États américains (61,5 %) faisant partie de son aire de répartition (annexe A) (NatureServe, 2013a).
À l'échelle nationale au Canada, la cote de conservation de l'espèce est « gravement en péril » (N1); en Ontario, seule province canadienne où la mauve de Virginie est présente, la cote de conservation de l'espèce est également c« gravement en péril » (S1) (NatureServe, 2013a). Au Canada, la mauve de Virginie est inscrite comme espèce en voie de disparition Content Footnote5 à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). En Ontario, la mauve de Virginie est considérée comme une espèce en voie de disparition Content Footnote6 aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) provinciale.
En Ontario, la mauve de Virginie se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition nord-américaine et ne pousse que dans la zone carolinienne située dans le sud-ouest de la province. On estime que moins de 1 % de l'aire de répartition mondiale de l'espèce se trouve au Canada, le reste étant situé aux États-Unis.
D'après les quatre critères suivants présentés par le Gouvernement du Canada (2009), le caractère réalisable du rétablissement mauve de Virginie comporte des inconnues. Conformément au principe de précaution, un programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, tel qu'il convient de faire lorsque le rétablissement est déterminé comme étant réalisable.
- Des individus de l'espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.
Oui. Les activités de suivi ont montré que des individus capables de se reproduire étaient présents dans les deux emplacements connus de l'espèce en Ontario : celui du comté de Haldimand et celui de la municipalité régionale de Niagara (région de Niagara).
La population du comté de Haldimand est passée d'environ 83 tiges en 2001 à environ 2 300 tiges en 2008 (COSEWIC, 2010). Bickerton (2011) a indiqué que les écologistes de l'Office de protection de la nature de la rivière Grand avaient estimé l'abondance à plus de 5 000 tiges à cet endroit en 2010, ce qui constitue une nouvelle augmentation de population. La population de la municipalité régionale de Niagara est plus petite et comprend 210 tiges au total; son abondance est demeurée constante entre les relevés effectués en 2008 et en 2010 (Bickerton, 2011). Il faudra toutefois exercer un suivi continu de la stabilité de cette population.
Des études récentes ont montré que des graines viables étaient produites à l'emplacement du comté de Haldimand et qu'on y trouvait un important réseau de longs rhizomes Content Footnote7 (K. Stevens, comm. pers. adressée à E. Snyder, 2014). Il est probable que la reproduction de l'espèce se fasse à la fois par voie sexuée et par voie asexuée, la reproduction sexuée étant principalement responsable de l'établissement de nouvelles tiges (K. Stevens, comm. pers. adressée à E. Snyder, 2014).
Bien que la population située dans la municipalité régionale de Niagara se reproduise aussi, on ne sait pas si l'espèce s'y multiplie par voie sexuée, par ses graines, ou par voie asexuée, par production de rhizomes. Il est néanmoins établi que l'espèce produit un grand nombre de graines (un gros plant peut produire plusieurs milliers de graines), dont la plupart sont viables (Spooner et coll., 1985; Kujawski et coll., 1997).
- De l'habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l'espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l'habitat.
Inconnu. La mauve de Virginie semble avoir des besoins précis en matière d'habitat : habitats ouverts à partiellement ombragés, créés par des inondations périodiques dans les zones riveraines humides et les plaines inondables (Thomas, 1979; Bickerton, 2011). À l'état non perturbé, ces habitats sont exceptionnellement rares dans la zone carolinienne en Ontario et dans l'aire de répartition de l'espèce aux États-Unis; par conséquent, la disponibilité de l'habitat est vraisemblablement un facteur limitatif pour les occurrences naturelles de l'espèce (Thomas, 1979; Spooner et coll., 1985; COSEWIC, 2010; NatureServe, 2013a). La mauve de Virginie peut cependant prospérer dans des zones perturbées, comme les talus de chemin de fer et les bordures des routes et, bien qu'il semble exister de nombreux habitats perturbés convenables pour la mauve de Virginie dans son l'aire de répartition de l'espèce en Ontario, ces habitats demeurent inoccupés, ce qui porte à croire que d'autres facteurs encore inconnus pourraient limiter l'espèce (p. ex. habitat, facteurs biologiques ou autres) (COSEWIC, 2010; Bickerton, 2011). La mise hors service récente d'un barrage dans un site occupé par la mauve de Virginie en Ontario a entraîné une augmentation de l'abondance et de l'aire de répartition de l'espèce. L'espèce a colonisé l'habitat créé à la suite du démantèlement du barrage (Bickerton, 2011; Zammit, comm. pers., 2013), ce qui indique qu'il pourrait être possible d'améliorer ou de remettre en état l'habitat à certains endroits.
- Les principales menaces pesant sur l'espèce ou son habitat (y compris les menaces à l'extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.
Oui. Les principales menaces qui pèsent sur l'espèce sont la destruction de l'habitat, les espèces envahissantes et les activités d'entretien des sites. La présence de l'espèce est associée aux milieux ouverts, aux terrasses riveraines et aux plaines inondables (Spooner et coll., 1985; Bickerton, 2011). Il semble possible d'atténuer ou d'éviter la destruction de ces milieux par la remise en état d'anciens milieux humides (p. ex. rétablissement des réseaux hydrographiques naturels) et la conservation des milieux humides existants. Bien que difficiles à éradiquer, les espèces envahissantes, plus particulièrement le roseau commun non indigène (Phragmites australis), peuvent souvent être combattues au profit d'autres espèces poussant aux côtés de la mauve de Virginie. Les sites occupés qui font l'objet de travaux d'entretien (p. ex. fauchage, débroussaillage, application d'herbicides) peuvent être gérés au moyen d'activités d'intendance qui permettront de déterminer des pratiques exemplaires de gestion visant la protection des plantes et au moyen de mesure de sensibilisation visant les personnes responsables de l'entretien des sites.
- Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.
Oui. Des techniques de rétablissement permettant d'améliorer l'habitat et de lutter contre les espèces envahissantes existent actuellement ou pourraient être élaborées dans un délai raisonnable. L'une des populations (comté de Haldimand) se trouve dans une aire de conservation qui est déjà gérée de manière à offrir un environnement naturel sain et durable grâce à la protection des milieux naturels et de la biodiversité. Certains travaux y ont été entrepris en 2010 pour lutter contre le roseau commun non indigène (Bickerton 2011) : on a procédé au fauchage de cette espèce non indigène près des colonies les plus petites et les plus vulnérables de mauve de Virginie (Zammit, comm. pers., 2013). Il est difficile de déterminer si ces activités de lutte contre le roseau commun ont profité aux populations de mauve de Virginie, car l'abondance des deux espèces a augmenté au site (Zammit, comm. pers., 2013).
La possibilité d'adopter des mesures incitatives visant la protection de l'espèce – acquisition de terres et servitudes de conservation, par exemple – pourrait être explorée pour le site de la municipalité régionale de Niagara. On pourrait faire la promotion de pratiques exemplaires de gestion pour l'entretien des sites et la lutte contre les espèces envahissantes dans le cadre de ces mesures incitatives.
De plus, il existe des techniques de recherche et de suivi pouvant être utilisées pour combler les principales lacunes dans les connaissances sur l'espèce. On pourrait utiliser ces techniques pour en arriver à une meilleure compréhension de l'écologie et des populations de l'espèce en Ontario, ce qui contribuerait à la réalisation de l'objectif établi en matière de population et de répartition.
Comme les populations ontariennes de mauve de Virginie se trouvent à la limite septentrionale de l'aire de répartition de l'espèce en Amérique du Nord et que la plus grande partie de l'aire de répartition et des populations de mauve de Virginie à l'échelle continentale se trouve plus au sud, aux États-Unis, il est important de noter que les changements démographiques à l'échelle continentale peuvent avoir une incidence importante sur le caractère réalisable du rétablissement de l'espèce au Canada (p. ex. capacité d'obtenir des graines ou des individus adaptés aux conditions locales pour soutenir la population, au besoin). L'espèce est confinée à deux sites se trouvant dans la zone carolinienne, dans le sud-ouest de l'Ontario. Étant donné que la répartition de la mauve de Virginie est naturellement limitée au Canada, l'espèce sera probablement toujours vulnérable aux facteurs de stress anthropiques et naturels.
Le Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario établit les menaces qui sont actuellement préoccupantes pour les populations de l'espèce en Ontario. D'autres facteurs et activités peuvent aussi menacer la mauve de Virginie ou son habitat lorsqu'ils sont présents dans les sites occupés par les populations connues de l'espèce ou à proximité.
La mauve de Virginie pousse dans les zones riveraines, les plaines inondables et les basses terres, dans des milieux ouverts, humides et ensoleillés à partiellement ombragés qui sont habituellement inondés de façon périodique (Thomas, 1979; COSEWIC, 2010; Bickerton, 2011). La modification des réseaux hydrographiques et des niveaux d'eau entraînant la réduction ou l'élimination des inondations périodiques dont la mauve de Virginie a besoin pourraient menacer la qualité et la disponibilité de l'habitat convenable à l'espèce. En ce qui concerne cette menace potentielle, une « modification importante des cours d'eau adjacents ou des niveaux d'eau de surface ou souterraine locale » est considérée comme une activité « généralement non compatible » dans le document Résumé des mesures de protection de l'habitat pour la mauve de Virginie (Ministère des Richesses naturelles, 2012), et c'est pourquoi cette menace est incluse ici à titre de menace potentielle supplémentaire pour l'espèce et son habitat.
Le Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontarioénonce le but suivant pour le rétablissement de l'espèce :
- Le but du présent programme de rétablissement est de protéger et de maintenir toutes les populations existantes de la mauve de Virginie dans le sud de l'Ontario et d'assurer la persistance à long terme de l'espèce dans son aire de répartition actuelle
L'objectif énoncé pour le rétablissement de la mauve de Virginie en Ontario dans la Déclaration du gouvernement de l'Ontario en réponse au programme de rétablissement de l'espèce est le suivant :
- L'objectif du gouvernement pour le rétablissement de la mauve de Virginie est de protéger toutes les populations existantes de la mauve de Virginie dans le sud de l'Ontario et d'assurer la longévité de l'espèce dans son aire de répartition actuelle.
Environnement Canada appuie le but visé par le gouvernement provincial pour le rétablissement, qui est de protéger et de maintenir la mauve de Virginie en Ontario. En vertu de la LEP, un objectif en matière de population et de répartition doit être établi pour l’espèce. Conformément à l’objectif énoncé dans la Déclaration du gouvernement de l’Ontario en réponse au programme de rétablissement, l’objectif en matière de population et de répartition établi par Environnement Canada pour la mauve de Virginie est le suivant :
- Maintenir l'abondance et l'aire de répartition actuelles de toutes les populations existantes de la mauve de Virginie au Canada.
Bien que le nombre de populations soit extrêmement limité en Ontario, les deux populations de la province sont considérées comme étant naturelles (Spooner et coll., 1985). L'abondance de l'une des deux populations ontariennes a récemment augmenté, tandis que celle de l'autre population est demeurée stable sur une période de trois ans (Bickerton, 2011). Il faudrait toutefois exercer un suivi continu pour déterminer avec précision les tendances des populations afin de détecter les variations de l'abondance. Cependant, jusqu'à ce qu'on dispose d'information supplémentaire sur l'abondance minimale d'une population viable (voir la sixième mesure appuyée par le gouvernement, dans la partie 3) permettant de mieux comprendre les exigences liées à la persistance à long terme de l'espèce, l'objectif prioritaire en matière de rétablissement de la mauve de Virginie sera d'effectuer un suivi de la population et de mettre en œuvre des pratiques exemplaires de gestion pour lutter contre le roseau commun non indigène (Bickerton, 2011; voir également la partie 3).
Bien que la mauve de Virginie ne soit pas cultivée à grande échelle en Amérique du Nord, des spécimens horticoles de l'espèce ont été plantés dans des jardins paysagers et des parcs. Les plants de mauve de Virginie ne provenant pas de plants indigènes de l'Ontario ou qui ont été plantés à d'autres fins que le rétablissement de l'espèce, la restauration ou la réhabilitation écologiques ou la création d'un habitat ne sont pas considérés comme faisant partie des populations existantes (ou de parties de celles-ci) au titre de l'objectif ci-dessus.
Les mesures menées par le gouvernement et les mesures appuyées par le gouvernement qui sont énoncées dans le document intitulé Mauve de Virginie : Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement, préparée par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (partie 3), sont adoptées à titre de stratégies et d'approches générales pour l'atteinte de l'objectif en matière de population et de répartition. Environnement Canada n'adopte pas les approches en matière de rétablissement énoncées à la section 2.0 du Programme de rétablissement de la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) en Ontario (partie 2).
Aux termes de l'alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent comprendre une désignation de l'habitat essentiel de l'espèce, dans la mesure du possible, et donner des exemples d'activités susceptibles d'en entraîner la destruction. Aux termes de la LEP, l'habitat essentiel est l'« habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce ».
La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario n'exige pas que les programmes de rétablissement provinciaux comprennent une désignation de l'habitat essentiel. Toutefois, après l'achèvement du programme de rétablissement provincial visant la mauve de Virginie, un règlement provincial sur l'habitat de l'espèce a été élaboré; ce règlement est entré en vigueur en juillet 2012. Le règlement sur l'habitat est l'instrument juridique par lequel la Province de l'Ontario prescrit une aire à protéger Content Footnote8 à titre d’habitat de l’espèce. Ce règlement désigne l’aire géographique au sein de laquelle l’habitat de l’espèce est présent et là où le règlement est applicable, et il explique de quelle manière les limites de l’habitat réglementé sont établies (p. ex. selon des caractéristiques biophysiques). Le règlement explique également comment les limites de l’habitat réglementé sont déterminées (en fonction d’attributs biophysiques ou autres). Le règlement est de nature dynamique et s’applique automatiquement lorsque les conditions qui y sont énoncées sont satisfaites dans l’aire géographique précisée.
Environnement Canada adopte la description de l'habitat de la mauve de Virginie indiquée à l'article 29.2 du Règlement de l'Ontario 242/08 prise en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario comme étant l'habitat essentiel dans le programme de rétablissement. L'aire visée par ce règlement possède les caractéristiques biophysiques dont la mauve de Virginie a besoin pour mener ses besoins vitaux. Pour satisfaire aux exigences de la LEP, les caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel sont précisées ci-dessous.
La description des aires prescrites comme étant l'habitat de la mauve de Virginie dans leRèglement de l'Ontario 242/08 est la suivante :
29.2 (1)Pour l'application de l'alinéa a) de la définition de «habitat» au paragraphe 2 (1) de la Loi, les aires visées au paragraphe (2) qui sont situées dans les cantons géographiques suivants sont prescrites comme étant l'habitat de la mauve de Virginie :
- Les cantons géographiques de Cayuga et d'Oneida dans le comté de Haldimand.
- Les cantons géographiques de Clinton et Grimsby dans la municipalité régionale de Niagara. Règl. de l'Ont. 122/12, art. 4.
(2) Le paragraphe (1) s'applique aux aires suivantes :
- Si la mauve de Virginie existe dans une aire appartenant à un type de végétation indiqué dans le système de classification écologique des terres du Sud de l'Ontario et que ce type de végétation croît à l'état naturel en Ontario, la totalité de l'aire ainsi classée.
- Si la mauve de Virginie existe dans une autre aire qu'une aire visée à la disposition 1, l'aire située dans un rayon de 50 mètres d'une mauve de Virginie qui offre des conditions propices à ses processus de vie. Règl. de l'Ont. 122/12, art. 4.
Au Canada, la mauve de Virginie se trouve généralement dans des zones riveraines, des plaines inondables et des basses terres qui sont périodiquement inondées et dans des zones ouvertes telles que des fossés et des corridors de services publics (Bickerton, 2011). Les caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel comprennent les caractéristiques décrites ci-après.
- Pré marécageux, pré cultural et fourré cultural
- Végétation type dans le site du pré marécageux occupé par l'espèce (comté de Haldimand) : quenouille à feuilles larges (Typha latifolia), roseau commun non indigène, salicaire commune (Lythrum salicaria), impatiente du Cap (Impatiens capensis), cardère des bois (Dipsacus fullonum), scirpes (Scirpus spp.) et joncs (Juncus ssp.). Des espèces riveraines sont également présentes, les principales étant le noyer noir (Juglans nigra), le cornouiller stolonifère (Cornus stolonifera) et le sumac vinaigrier (Rhus typhina).
- Végétation type au site à la végétation de pré cultural/fourré cultural occupé par l'espèce (municipalité régionale de Niagara) : cardère des bois (Dipsacus fullonum), carotte sauvage (Daucus carota), cornouiller à grappes (Cornus racemosa), sumac vinaigrier et verges d'or (Solidago spp.).
- Habitat ouvert ensoleillé à partiellement ombragé.
- Sols présentant une vaste gamme de textures et de valeurs de pH ainsi qu'une teneur en matière organique moyenne à élevée.
L'habitat essentiel de la mauve de Virginie est défini actuellement comme l'étendue des caractéristiques biophysiques des lieux où l'espèce est présente en Ontario, selon la meilleure information accessible.
L'étendue des caractéristiques biophysiques propices à la mauve de Virginie est définie à l'aide du système de classification écologique des terres (CET) de l'Ontario (Lee et al., 1998), tel qu'il est décrit dans le document Résumé des mesures de protection de l'habitat pour la mauve de Virginie (Ontario Ministry of Natural Resources, 2012). En Ontario, le système CET fournit une méthode normalisée pour la détermination et l'interprétation des limites dynamiques des écosystèmes, et la terminologie et les méthodes connexes sont connues de nombreux gestionnaires des terres et spécialistes de la conservation qui l'ont adopté comme la méthode normalisée pour l'Ontario.
Dans le système CET de l'Ontario, la limite de type de végétation représente le mieux l'étendue des caractéristiques biophysiques requises par l'espèce. Le type de végétation comprend les zones où la mauve de Virginie est présente et la communauté végétale environnante. La zone additionnelle peut maintenir les conditions écologiques requises pour la persistance et la viabilité à long terme de la mauve de Virginie et devrait permettre que les processus naturels liés à la dynamique des populations et à la reproduction (p. ex. dispersion et pollinisation) aient lieu. En Ontario, la mauve de Virginie est présente dans les types de végétation suivants : pré marécageux à sol minéral et à plantes herbacées non graminoïdes (Forb Mineral Meadow Marsh), pré cultural (Cultural Meadow) et fourré cultural (Cultural Thicket). À l'heure actuelle, les limites de types de végétation ne sont pas disponibles pour permettre la désignation de l'habitat essentiel de la population qui se trouve dans le comté de Haldimand, en Ontario. Dans l'intervalle, il existe des cartes des séries de communautés végétales CET concernées, qui représentent l'étendue maximale à l'intérieur de laquelle se trouve de l'habitat essentiel. Lorsque les limites de types de végétation seront déterminées, la désignation de l'habitat essentiel sera mise à jour.
Lorsque l'espèce est présente dans une zone où le type de végétation n'est pas naturel en Ontario (p. ex. dans un fossé sur le bord d'une route ou un corridor de services publics), elle n'occupe habituellement qu'une petite portion d'une très grande superficie culturale (c.-à-d. un endroit où l'étendue immédiate de l'habitat convenable n'est pas limitée). Actuellement, nous disposons de données limitées sur la dispersion des graines et la longueur des rhizomes chez la mauve de Virginie. Le regroupement observé de plantules laisse penser que la majorité des graines tombent et germent tout près du sujet parent. Par conséquent, une distance de 50 m est une distance prudente pour assurer le maintien des conditions écologiques nécessaires à la persistance et à la viabilité à long terme de la mauve de Virginie incluant la dispersion.
Dans le présent programme de rétablissement, les aires prescrites comme étant l'habitat de la mauve de Virginie aux termes de l'article 29.2 du Règlement de l'Ontario 242/08 sont désignées à titre d'habitat essentiel en vertu de la LEP. Comme le règlement est dynamique et qu'il s'applique automatiquement lorsque les conditions qui y sont énoncées sont satisfaites, si de nouveaux emplacements occupés par la mauve de Virginie étaient confirmés dans les cantons géographiques énumérés au paragraphe (1) du règlement (voir la figure 1), le règlement sur l'habitat pris en vertu de la LEVD s'appliquerait. Le document Résumé des mesures de protection de l'habitat pour la mauve de Virginie (Ontario Ministry of Natural Resources, 2012) contient des renseignements détaillés sur le règlement sur l'habitat provincial et son application. Si de nouvelles occurrences de mauves de Virginie satisfaisant aux critères indiqués précédemment étaient découvertes, de l'habitat essentiel additionnel serait désigné dans un programme de rétablissement mis à jour ou un plan d'action subséquent.
L'application des critères de désignation de l'habitat essentiel, indiqués précédemment, aux meilleures données accessibles (en avril 2014) permet de désigner l'habitat essentiel pour les deux populations existantes connues de mauves de Virginie au Canada (figure 2; voir aussi le tableau 1), totalisant approximativement 49 ha Content Footnote9. L'habitat essentiel désigné est considéré comme suffisant pour l'atteinte de l'objectif en matière de population et de répartition établi pour la mauve de Virginie. Aucun habitat essentiel n'est désigné pour les individus de l'espèce ne provenant pas de plants indigènes de l'Ontario ou qui ont été plantés à d'autres fins que le rétablissement de l'espèce, la restauration ou la réhabilitation écologique ou la création d'un habitat.
L'habitat essentiel de la mauve de Virginie est présenté à l'aide de carrés du quadrillage UTM de 1 km x 1 km. Les carrés du quadrillage UTM présentés à la figure 2 font partie d'un système de quadrillage de référence qui indique les zones géographiques générales renfermant de l'habitat essentiel, qui peut être utilisé à des fins de planification de l'aménagement du territoire et/ou d'évaluation environnementale. Les zones d'habitat essentiel à l'intérieur de chaque carré se trouvent là où la description de l'habitat essentiel est respectée. Des renseignements supplémentaires sur l'habitat réglementé peuvent être obtenus, sur justification, auprès du Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario. De plus amples informations sur l'emplacement de l'habitat essentiel afin de soutenir la protection de l'espèce et de son habitat peuvent être obtenues, sur justification, auprès d'Environnement Canada – Service canadien de la faune, à RecoveryPlanning_Pl@ec.gc.ca.


Remarque : Tableau 1 - (format d'accessibilité).
| Population | Code d'identification du carré du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km Table Footnotea | Coordonnées du carré du quadrillage UTM Table Footnoteb UTM Est |
Coordonnées du carré du quadrillage UTM Table Footnoteb UTM Nord |
Superficie estimée (ha) renfermant l'habitat essentiel Table Footnotec | Régime foncierTable Footnoted |
|---|---|---|---|---|---|
| Comté de Haldimand | 17TNH8585 | 588000 | 4755000 | 43 | Territoire non domanial |
| Comté de Haldimand | 17TNH8586 | 588000 | 4756000 | 43 | Territoire non domanial |
| Comté de Haldimand | 17TNH8595 | 589000 | 4755000 | 43 | Territoire non domanial |
| Comté de Haldimand | 17TNH8596 | 589000 | 4756000 | 43 | Territoire non domanial |
| Comté de Haldimand | 17TNH8574 | 587000 | 4754000 | 43 | Territoire non domanial |
| Comté de Haldimand | 17TNH8575 | 587000 | 4755000 | 43 | Territoire non domanial |
| Comté de Haldimand | 17TNH8584 | 588000 | 4754000 | 43 | Territoire non domanial |
| Municipalité régionale de Niagara | 17TPH2725 | 622000 | 4775000 | 6 | Territoire non domanial |
| Municipalité régionale de Niagara | 17TPH2724 | 622000 | 4774000 | 6 | Territoire non domanial |
| - | - | - | Total | ~ 49 | - |
La compréhension de ce qui constitue la destruction de l'habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de l'habitat essentiel. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu'il y a dégradation [d'un élément] de l'habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l'habitat essentiel n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions lorsque exigé par l'espèce. La destruction peut découler d'une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d'une ou de plusieurs activités au fil du temps (Gouvernement du Canada, 2009). Il convient de noter que les activités qui se déroulent à l'intérieur ou à proximité de l'habitat essentiel ne sont pas toutes susceptibles d'en entraîner la destruction.
Le tableau 2 donne des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de l'espèce; il peut toutefois exister d'autres activités destructrices.
| Description de l'activité | Description de l'effet en termes de perte de fonction | Détails de l'effet |
|---|---|---|
| Construction de maisons, d'autres structures ou de routes, y compris l'enlèvement de sol (p. ex. expansion des activités d'une carrière) | Entraîne une perte directe d'habitat essentiel dont l'espèce a besoin pour sa survie, la germination des graines et l'établissement des plantules. De plus, la construction de maisons, d'autres structures et de routes peut modifier le réseau hydrographique naturel qui assure le maintien de l'habitat convenable à la mauve de Virginie. L'enlèvement direct de sol ou de substrat éliminerait les caractéristiques biophysiques nécessaires à la mauve de Virginie, rendant l'habitat non convenable à l'espèce, et pourrait également modifier les réseaux hydrographiques naturels (p. ex. le réseau hydrographique de surface). |
Si cette activité devait se dérouler dans les limites de l'habitat essentiel, ses effets seraient directs et cumulatifs, peu importe le moment de l'année, et entraîneraient très vraisemblablement la destruction d'habitat essentiel. Même l'élimination d'une partie d'habitat essentiel pourrait compromettre le maintien de la population à long terme. À l'extérieur des limites de l'habitat essentiel, la conversion de terres ayant pour effet de modifier le réseau hydrographique naturel assurant le maintien de l'habitat de la mauve de Virginie pourrait aussi causer la destruction d'habitat essentiel. L'usage restreint à la surface des routes, des chemins d'accès et des sentiers récréatifs existants n'entraînerait pas la destruction d'habitat essentiel. |
| Modification des réseaux hydrographiques naturels et des taux d'humidité (p. ex. variation du niveau des eaux de surface ou des eaux souterraines à l'échelle locale ou modification de plans d'eau voisins) découlant d'activités comme l'aménagement de barrages ou la construction de routes | La construction de routes et d'autres infrastructures peut avoir une incidence sur les réseaux hydrographiques et les taux d'humidité dans l'habitat essentiel. La modification des réseaux hydrographiques et des taux d'humidité peut entraîner la destruction d'habitat essentiel en rendant l'habitat non convenable à l'espèce (l'habitat de la mauve de Virginie doit être inondé périodiquement pour demeurer convenable à l'espèce). De plus, la modification des taux d'humidité et des réseaux hydrographiques peut permettre à d'autres espèces (dont des espèces envahissantes) de s'établir et de créer des conditions ombragées. Ces espèces peuvent aussi faire compétition à la mauve de Virginie pour la lumière, l'espace et les nutriments. |
Les effets sont directs et cumulatifs. Cette activité peut entraîner la destruction d'habitat essentiel si elle se produit à l'intérieur ou à l'extérieur des limites de l'habitat essentiel, à n'importe quel moment de l'année. |
| Introduction d'espèces exotiques envahissantes (p. ex. roseau commun non indigène) | Les espèces exotiques peuvent rendre l'habitat non convenable pour la mauve de Virginie en créant des conditions ombragées. Les espèces exotiques peuvent faire compétition à la mauve de Virginie pour les ressources, comme la lumière, l'espace et les nutriments, et entraîner une réduction de l'abondance de la population, voire la disparition de populations locales. | Les effets sont directs et cumulatifs et peuvent se produire à n'importe quel moment de l'année. Cette activité peut détruire l'habitat essentiel de la mauve de Virginie si elle se produit à l'intérieur de cet habitat ou à proximité (p. ex. propagation d'espèces envahissantes dans l'habitat essentiel). |
| Activités d'entretien des sites (p. ex. pulvérisation d'herbicide, débroussaillage ou élimination de la végétation) | Les activités d'entretien des sites peuvent empêcher l'établissement de nouveaux individus de l'espèce en modifiant les conditions du sol; l'application d'herbicide ou le compactage du sol dû à l'utilisation de machinerie lourde peuvent empêcher les graines de germer ou les plants de s'établir. Les graines transportées par le matériel d'entretien peuvent être à l'origine de l'introduction d'espèces végétales exotiques envahissantes. Il est également possible que la perturbation de la végétation indigène au sol favorise la colonisation par des espèces envahissantes dans certaines zones de l'habitat essentiel de la mauve de Virginie. |
Les effets sont directs et cumulatifs et peuvent se produire à n'importe quel moment de l'année. Cette activité doit avoir lieu dans l'habitat essentiel de la mauve de Virginie pour en provoquer la destruction (p. ex. lessivage de substances chimiques ou propagation d'espèces envahissantes dans l'habitat essentiel). L'émondage ou l'élimination d'arbustes ou d'arbres à des fins d'entretien, s'ils ne causent pas le compactage du sol, la modification des conditions du sol ou l'établissement d'espèces envahissantes, n'entraîneraient pas la destruction d'habitat essentiel. |
Dans certains cas, une activité susceptible d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de la mauve de Virginie peut également améliorer l'habitat convenable à l'espèce ou en créer. Par exemple, le fauchage peut endommager les plants existants ou empêcher l'établissement de nouveaux plants; par contre, le fauchage effectué en fin de saison (en évitant la mauve de Virginie) afin de limiter la croissance de la végétation ligneuse (arbustes et jeunes arbres), de même que l'élimination de la végétation, peuvent améliorer les conditions pour la mauve de Virginie en dégageant l'habitat et en réduisant la concurrence des autres espèces végétales. Il en va de même pour les herbicides, s'ils sont appliqués de manière appropriée à certains moments de l'année par une personne compétente dans le but de remettre en état ou d'améliorer l'habitat.
Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Tous les cinq ans, le succès de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera évalué au moyen des indicateurs de rendement suivants :
L'abondance et l'aire de répartition actuelles de toutes les populations existantes de la mauve de Virginie au Canada ont été maintenues.
Un ou plusieurs plans d'action visant la mauve de Virginie sera élaboré et publié dans le Registre public des espèces en péril d'ici le 31 décembre 2022.
Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à La directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L'objet de l'EES est d'incorporer les considérations environnementales à l'élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement.
La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous. Le présent programme de rétablissement contribue directement à l'atteinte des objectifs et des cibles de la Stratégie fédérale de développement durable pour le Canada (SFDD). Il permettra plus particulièrement de rétablir les populations fauniques à des niveaux sains et de conserver des écosystèmes productifs et résilients ayant la capacité de se rétablir et de s'adapter (objectifs 5 et 6 de la SFDD).
Les populations canadiennes de mauve de Virginie se trouvent dans la zone carolinienne, dans l'extrême sud-ouest de l'Ontario. La zone carolinienne est l'une des zones naturelles les plus riches du Canada : elle renferme une grande diversité d'habitats (p. ex. forêt de feuillus, prairie, alvar, rivages et habitats aquatiques) qui abritent plus de 125 espèces en péril (Kanter, 2005). Cette zone représente moins de 1 % de la masse terrestre du Canada et est occupée par 25 % de la population humaine du pays. De nombreuses espèces en péril sont présentes dans les milieux humides de la zone carolinienne. Les mesures de gestion et de protection visant la mauve de Virginie devraient contribuer à la diversité de l'ensemble de l'écosystème de la zone carolinienne et profiter à de nombreuses espèces qui y sont présentes.
Plusieurs études ont montré que le roseau commun non indigène était une espèce envahissante à croissance rapide qui cause de graves dommages en diminuant la biodiversité et en détruisant l'habitat d'autres espèces, plus particulièrement dans les milieux assez ou très humides ou détrempés (Ontario Ministry of Natural Resources, 2011). Le roseau commun non indigène est jugée menaçant pour de nombreuses espèces, y compris des espèces en péril comme la mauve de Virginie, l'éléocharide géniculée, le polygale incarnat et le crapaud de Fowler. La lutte contre le roseau commun non indigène dans le cadre des mesures de gestion visant l'habitat de la mauve de Virginie dans les zones riveraines ouvertes bénéficiera à d'autres espèces en favorisant la biodiversité et en améliorant les conditions générales de l'habitat (Benoit et Askins, 1999; Bickerton, 2011; Ontario Ministry of Natural Resources, 2011; Greenberg et Green, 2013; Perez et coll., 2013).
Certaines pratiques de gestion, telles que le brûlage dirigé et l'application d'herbicide contre des espèces envahissantes, comme la sous-espèce indigène du roseau commun, pourraient avoir des effets néfastes sur certaines espèces, du moins à court terme. Il convient donc d'examiner individuellement les risques écologiques associés à ces pratiques avant d'en autoriser l'application. Par exemple, le moment de la mise en œuvre de certaines activités de gestion peut être choisi (p. ex. brûlage dirigé au début du printemps ou à d'autres périodes appropriées) de manière à minimiser les impacts sur les amphibiens, les reptiles et/ou les insectes.
noit, L.K. et R.A. Askins. 1999. Impact of the spread of Phragmites on the distribution of birds in Connecticut marshes. Wetlands 19:194-208.
Bickerton, H.J. 2011. Recovery Strategy for the Virginia Mallow (Sida hermaphrodita) in Ontario. Ontario Recovery Strategy Series. Prepared for the Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough, Ontario. vi + 16 pp.
COSEWIC. 2010. COSEWIC Assessment and Status Report on the Virginia Mallow Sida hermaphrodita in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. ix + 18 pp. (Également disponible en français : COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la mauve de Virgine (Sida hermaphrodita) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 19 p.)
Government of Canada. 2009. Species at Risk Act Policies, Overarching Policy Framework [Draft]. Species at Risk Act Policy and Guidelines Series. Environment Canada. Ottawa. 38 pp. (Également disponible en français : Gouvernement du Canada. 2009. Politiques de la Loi sur les espèces en péril, Cadre général de politiques [Ébauche]. Loi sur les espèces en péril, Séries de politiques et de lignes directrices. Environnement Canada, Ottawa. 42 p.)
Greenberg, D.A., et D.M. Green. 2013. Effects of an invasive plant on population dynamics in toads, Conservation Biology 27:1049–1057.
Kanter, M. 2005. The Future of Species and Ecosystems at Risk in Carolinian Canada: Are We on the Right Track? Parks Research Forum of Ontario (PRFO). Species and Ecosystems at Risk: Theme Papers. Pg. 15-31. [consulté en novembre 2013].
Kujawski , J.L., D. Woolston et J.M. Englert. 1997. Propagation of Virginia Mallow (Sida hermaphrodita (L.) Rusby) from seeds, rhizomes (Virginia). Restoration and Management Notes 15(2): 193-194. Winter 1997.
Lee, H., W. Bakowsky, J. Riley, J. Bowles, M. Puddister, P. Uhlig, P. et S. McMurray. 1998. Ecological Land Classification for Southern Ontario: First Approximations and Its Application. Ontario Ministry of Natural Resources. SCSS Field Guide FG-02.
NatureServe. 2013a. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application web], version 7.1., NatureServe, Arlington (Virginie).[consulté en octobre 2013; en anglais seulement].
NatureServe. 2013b. NatureServe Conservation Status. NatureServe, Arlington (Virginie), [consulté en octobre 2013; en anglais seulement].
Ontario Ministry of Natural Resources (OMNR). 2011. Invasive Phragmites – Best Management Practices. Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough, Ontario. Version 2011. 15 pp. (Également disponible en français : Phragmite envahissant – Pratiques de gestion exemplaires. Ministère des Richesses naturelles, Peterborough, Ontario. Version 2011. 15 p.)
Ontario Ministry of Natural Resources (OMNR). 2012. Habitat Protection Summary for Virginia Mallow. Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough, Ontario. 2 pp. fichier PDF [consulté en février 2014]. (Également disponible en français : Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (MRNO). 2012. Résumé des mesures de protection de l'habitat pour la mauve de Virginie, ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, Peterborough, Ontario. 2 p. fichier PDF).
Perez, A., M.J. Mazerolle et J. Brisson. 2013. Effects of exotic common reed (Phragmites australis) on wood frog (Lithobates sylvaticus) tadpole development and food availability. Journal of Freshwater Ecology 28(2):165-177.
Spooner, D.M., A.W. Cusick, G.F. Hall et J.M. Baskin. 1985. Observations on the distribution and ecology of Sida hermaphrodita (L.) Rusby (Malvaceae). Sida 11(2): 215-225.
Stevens, K., comm. pers. 2014. Information transmise au Service canadien de la faune – Ontario par Eric Snyder, Species-At-Risk Plant Specialist, Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough (information obtenue auprès de Kevin Stevens (Ph. D.), Assistant Professor, Wilfrid Laurier Faculty of Science.
omas, L.K. Jr. 1979. Distribution and ecology of Sida hermaphrodita (L.) Rusby: A rare plant species. Bartonia 46:51-59.
Zammit, T., comm. pers. 2013. Courriels à B. Peloso.Novembre 2013. Aquatic and Terrestrial Ecologist, Grand River Conservation Authority, Cambridge, ON.
| Cote mondiale (G) |
Cote nationale (N) (Canada) |
Cote infranationale (S) (Canada) |
Cote nationale (N) (États-Unis) |
Cote infranationale (S) (États-Unis) |
|---|---|---|---|---|
| G3 | N1 | Ontario (S1) | N3 | District de Columbia (SX) Indiana (S1) Kentucky (S2) Maryland (S1) Massachusetts (SNA) Michigan (SU) New Jersey (SNA) New York (SNA) Ohio (S3) Pennsylvanie (S2) Tennessee (SH) Virginie (S1) Virginie-Occidentale (S2) |
Définition des cotes (NatureServe, 2014)
S1 : Gravement en péril – Espèce extrêmement susceptible de disparaître du territoire considéré (N - national, S - État/province) en raison d'une aire de répartition très limitée, d'un nombre très restreint de populations ou d'occurrences, de déclins très marqués, de menaces graves ou d'autres facteurs.
S2 : En péril – Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d'une aire de répartition limitée, d'un nombre restreint de populations ou d'occurrences, de déclins marqués, de menaces graves ou d'autres facteurs.
S3 : Vulnérable – Espèce modérément susceptible de disparaître du territoire en raison d'une aire de répartition plutôt limitée, d'un nombre relativement faible de populations ou d'occurrences, de déclins récents et généralisés, de menaces ou d'autres facteurs.
S4 : Apparemment non en péril – Espèce assez peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la grande étendue de son aire de répartition ou du grand nombre de populations ou d'occurrences, mais pour laquelle il existe des sources de préoccupations en raison de déclins localisés récents, de menaces ou d'autres facteurs.
S5 : Non en péril – Espèce très peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la très vaste étendue de son aire de répartition ou de l'abondance de populations ou d'occurrences et ne suscitant aucune préoccupation associée à des déclins ou des menaces ou n'en suscitant que très peu.
SH : Possiblement disparue (historique) – Espèce ou communauté qui était présente au pays par le passé et qu'on n'a pas trouvée depuis 20 à 40 ans, mais qui pourrait être retrouvée. La cote SH peut être attribuée à une espèce ou à une communauté qui ne respecte pas ce délai de 20 à 40 ans si ses seules occurrences connues dans le pays sont détruites ou si l'on a effectué des recherches exhaustives infructueuses. La cote SH est réservée aux éléments dont on a cherché activement l'occurrence.
SNR/NNR : Non classée – Espèce dont le statut de conservation national ou infranational n'a pas encore été évalué.

- Table des matières
- À propos de la série de programmes de rétablissement de l'ontario
- Référence recommandée
- Auteurs
- Remerciements
- Déclaration
- Compétences responsables
- Sommaire
- 1.0 Contexte
- 1.1. Évaluation et statut de l'espèce
- 1.2 Description et biologie de l'espèce
- 1.3 Répartition, abondance et tendances des effectifs
- 1.4 Besoins en matière d'habitat
- 1.5 Facteurs limitatifs
- 1.6 Menaces pour la survie et le rétablissement
- 1.7 Lacunes dans les connaissances
- 1.8. Mesures déjà achevées ou en cours
- 2. Rétablissement
- Glossaire
- Références

Cette série présente l'ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l'intention du gouvernement de l'Ontario en ce qui concerne l'approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La province s'assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.
Qu'est-ce que le rétablissement?
Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l'état sauvage.
Qu'est-ce qu'un programme de rétablissement?
En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d'une espèce. Un programme de rétablissement présente de l'information sur les besoins de l'espèce en matière d'habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l'espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l'élaboration d'un règlement visant l'habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l'élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.
Après l'inscription d'une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d'un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu'au 30 juin 2013) est prévue pour l'élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l'Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.
Et ensuite?
Neuf mois après l'élaboration d'un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l'Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d'un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.
Pour plus d'information
Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles.
Bickerton, H.J 2011. Recovery strategy for the Virginia Mallow (Sida hermaphrodita) in Ontario. Ontario Recovery Strategy Series. Prepared for the Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough, Ontario. vi + 16 pp.
Illustration de la couverture : © Photo par Melinda Thompson-Black
Le contenu du présent document (à l'exception de l'illustration de la couverture) peut être utilisé sans autorisation, mais en prenant soin d'indiquer la source.
Holly J. Bickerton, écologiste-conseil, Ottawa (Ontario)
Nous remercions vivement Melinda Thompson-Black, qui a fourni de l'information utile ainsi que des figures pour le présent rapport. Karine Beriault, Donald Kirk et Tony Zammit ont également fourni de l'information sur les populations qu'ils connaissaient.
Le programme de rétablissement de la mauve de Virginie a été élaboré conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD). Il a été préparé à titre d'avis au gouvernement de l'Ontario, d'autres instances responsables et des nombreuses parties susceptibles de participer au rétablissement de l'espèce.
Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les opinions de toutes les personnes qui ont transmis leur avis ou participé à son élaboration ni la position officielle des organisations auxquelles ces personnes sont associées.
Les buts, les objectifs et les approches de rétablissement présentés dans le programme reposent sur les meilleures connaissances accessibles et pourraient être modifiés à mesure que de nouveaux renseignements sont rendus accessibles. La mise en œuvre du programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et des organisations participantes.
La réussite du rétablissement de l'espèce dépendra de l'engagement et de la collaboration des nombreuses parties appelées à participer à la mise en œuvre des orientations énoncées dans le présent programme.
Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
Environnement Canada – Service canadien de la faune, Ontario
La mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) est une grande herbacée vivace de la famille des Malvacées. L'espèce, facile à reconnaître, est présente dans l'est de l'Amérique du Nord et est rare à l'échelle mondiale (G3). Elle est considérée comme extrêmement rare dans le bassin versant des Grands Lacs, où elle atteint la limite septentrionale de son aire de répartition. On ne compte que deux populations connues au Canada, toutes deux en Ontario, où l'espèce est désignée « en voie de disparition » en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario (LEVD). L'une des populations se trouve dans une aire de conservation du comté de Haldimand et est gérée par l'Office de protection de la nature de la rivière Grand. L'autre population se trouve dans une carrière autorisée et le long d'un couloir de gazoduc, dans la région de Niagara. Aucun déclin n'a été signalé dans l'un ou l'autre de ces emplacements : la population du comté de Haldimand a récemment augmenté, et on croit que celle de la région de Niagara est stable.
La mauve de Virginie pousse dans des milieux riverains humides et des plaines inondables. Elle croît en plein soleil ou en milieu partiellement ombragé et semble tolérer une vaste gamme de conditions physiques et chimiques du sol. L'espèce a été cultivée par le passé et pousse le plus souvent dans les milieux perturbés, notamment en bordure de routes ou d'autres types de couloirs. On soupçonne que la dispersion des graines se fait par l'eau. Bien que certaines populations aient probablement été adventices à l'échelle de l'aire de répartition de l'espèce, on croit que les deux populations de l'Ontario sont indigènes.
La mauve de Virginie est limitée par la grande spécificité dont elle fait preuve à l'égard de son habitat, constitué de milieux riverains et de plaines inondables qui ont été aménagés et modifiés dans tout l'est de l'Amérique du Nord. En Ontario, les principales menaces qui pèsent sur la mauve de Virginie sont la destruction de l'habitat, la compétition des espèces envahissantes non indigènes (dont le roseau commun) et l'entretien des sites.
Le but du rétablissement de la mauve de Virginie est de protéger et de maintenir toutes les populations existantes de cette espèce dans le sud de l'Ontario et d'assurer la persistance à long terme de l'espèce dans son aire de répartition actuelle. Les objectifs établis en matière de protection et de rétablissement sont les suivants : protéger les populations existantes de la mauve de Virginie; évaluer régulièrement la situation de l'espèce dans tous les sites et en rendre compte, et effectuer des recherches dans l'habitat convenable pour trouver de nouvelles populations; gérer les sites de manière à réduire les menaces; combler les lacunes dans les connaissances, surtout à la limite septentrionale de l'aire de répartition de l'espèce. Le présent rapport renferme un tableau résumant les diverses approches adoptées pour atteindre les objectifs et le but du rétablissement de l'espèce.
Il est recommandé que la zone prescrite comme étant l'habitat de l'espèce dans le règlement sur l'habitat de la mauve de Virginie comprenne le polygone ou les polygones contigus d'écosite(s) de la Classification écologique des terres (CET) (Lee et coll., 1998) où se trouve l'espèce. Si une population (y compris les sous-populations) occupe plus d'un type d'écosite, tous les polygones contigus d'écosites doivent être inclus. Les écosites d'origine anthropique (p. ex. prés ou fourrés culturaux) peuvent être prescrits comme habitat. Il est recommandé de cartographier l'habitat pour toutes les sous-populations de mauve de Virginie, surtout si le processus permet de mobiliser les propriétaires et les gestionnaires de terres autour de la conservation de l'espèce.
NOM COMMUN : mauve de Virginie
NOM SCIENTIFIQUE : Sida hermaphrodita
Statut selon la Liste des espèces en péril en Ontario : En voie de disparition
Historique dans la Liste des espèces en péril en Ontario : En voie de disparition (mars 2010)
Historique des évaluations du COSEPAC : En voie de disparition (avril 2010)
Statut selon l'annexe 1 de la LEP : s.o.
COTES DE CONSERVATION
COTE G : G3 COTE N : N1 COTE S : S1
La signification des abréviations apparaissant ci-dessus est fournie dans le glossaire
La mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) est une grande herbacée vivace qui peut atteindre une hauteur de un à trois mètres. Ses feuilles sont alternes et présentent trois à sept lobes pointus et irrégulièrement dentés, ce qui les fait ressembler aux feuilles de l'érable. Le lobe central de chaque feuille est allongé, ce qui est caractéristique de l'espèce. La tige peut présenter des poils étoilés lorsqu'elle est jeune, mais devient lisse avec l'âge (Gleason et Cronquist, 1991). Les fleurs blanches se présentent en inflorescences pédonculées qui poussent à l'aisselle des feuilles de la partie supérieure de la tige (Spooner et coll., 1985). Les fleurs sont « parfaites » (c.-à-d. qu'elles renferment les organes des deux sexes) et comptent cinq pétales d'environ 8 mm de longueur chacun (Gleason et Cronquist, 1991). On trouvera des descriptions détaillées de l'espèce, des clés permettant l'identification de l'espèce et des illustrations techniques dans Gleason et Cronquist (1991) ainsi que dans Holmgren (1998).
La mauve de Virginie est facilement reconnaissable à son aspect inhabituel au sein de la famille des Malvacées et du genre Sida. Aucune espèce similaire avec laquelle la mauve de Virginie pourrait facilement être confondue ne pousse au Canada.
Toutes les publications scientifiques mentionnées ci-après rendent compte d'études réalisées sur des populations américaines de mauve de Virginie. Les populations canadiennes de l'espèce n'ont fait l'objet d'aucune des études sur la biologie de l'espèce publiées à ce jour. Or, il est possible que les populations canadiennes, qui se trouvant à la limite septentrionale de l'aire de répartition de l'espèce, présentent des différences importantes. Des études sont néanmoins présentées ci-dessous, car elles représentent la meilleure information scientifique accessible à l'heure actuelle sur la mauve de Virginie.
Dans des sites de l'Ohio et de la Virginie-Occidentale, les pousses de la mauve de Virginie émergent du sol à la fin d'avril ou au début de mai, à partir de bourgeons se trouvant à la base des tiges de l'année précédente (Spooner et coll., 1985). Les plants peuvent également produire un grand nombre de rhizomes, et de nombreuses populations semblent être clonales, ce qui rend difficile la détermination du nombre réel d'individus dans une population (COSEWIC, sous presse).
Chez les populations américaines étudiées, la floraison commence au début d'août et se poursuit jusqu'à une forte gelée (Spooner et coll., 1985). Aucune information sur les pollinisateurs de cette espèce n'a pu être trouvée. On sait toutefois que les fleurs d'une espèce étroitement apparentée, le Napaea dioica, sont pollinisées principalement par des insectes appartenant à l'ordre des Hyménoptères (fourmis, abeilles et guêpes), des Diptères (mouches) et des Hémiptères (punaises) (Iltis, 1963).
La fructification a généralement lieu en septembre et en octobre (NatureServe, 2009). Les grands individus, du moins ceux des populations étudiées en Ohio et en Virginie-Occidentale, peuvent produire plusieurs milliers de graines dont la plupart sont viables, selon les études de germination réalisées (Spooner et coll., 1985). En culture, il est cependant nécessaire de prétraiter les graines par scarification mécanique ou par trempage à l'eau chaude pour augmenter le taux de germination (Kujawski et coll., 1997). L'espèce peut également se multiplier par voie végétative à partir de ses rhizomes (Kujawski et coll., 1997).
Les graines sont libérées tout au long de l'hiver, et on soupçonne qu'elles sont dispersées par l'eau, peut-être au printemps. L'âge de la première floraison en milieu naturel n'est pas connu, mais des individus cultivés ont produit des graines la première année (Spooner et coll., 1985). La durée d'une génération en milieu naturel est également mal connue. On sait toutefois que les individus cultivés peuvent vivre jusqu'à 15 ans (Krzaczek et coll., 2006, cité dans COSEWIC, sous presse).
On compte deux emplacements connus de l'espèce en Ontario : le premier se trouve dans une aire de conservation du comté de Haldimand, et le deuxième, dans une carrière et le long d'un corridor de transport d'énergie situé à proximité, dans la région de Niagara (figure 1). Une distance d'environ 35 km sépare les deux emplacements. La superficie réelle occupée par l'espèce est inférieure à un km carré. Aucun déclin de population n'a été signalé dans l'un ou l'autre des emplacements. À moins d'indication contraire, l'information qui suit provient du rapport de situation du COSEPAC sur l'espèce (COSEWIC, sous presse).

Étant donné la nature clonale de l'espèce et la difficulté de distinguer les individus, on a eu recours au dénombrement des tiges pour estimer l'abondance de la mauve de Virginie dans les deux emplacements de l'Ontario. La population du comté de Haldimand semble avoir augmenté entre les visites effectuées en 2001 et en 2010. En 2001, une seule sous-population était connue, la population totale étant estimée à 83 tiges. Deux sous-populations ont été répertoriées en 2008, pour un nombre total de tiges estimé à 2 300. En juillet 2010, des écologistes de l'Office de protection de la nature de la rivière Grand ont estimé la taille totale de la population du comté de Haldimand en comptant le nombre de tiges de chaque colonie. Ils ont relevé au moins 24 colonies, comptant chacune de quelques tiges à plus de 1 000 tiges. L'abondance de la population totale a été estimée à plus de 5 000 tiges (T. Zammit, comm. pers., 2010).
L'augmentation récente de l'abondance pourrait être due à la mise hors service, en 2006, d'un ancien réservoir se trouvant sur les lieux. On a asséché ce réservoir pour rétablir un cours d'eau froid traversant la propriété, ce qui a pu créer de l'habitat convenable à la colonisation de la mauve de Virginie (T. Zammit, comm. pers., 2010). La plupart des sous-populations se trouvent dans un grand milieu humide, et d'autres petites sous-populations pourraient également être présentes.
La deuxième population, dans la région de Niagara, est beaucoup plus petite : on y a dénombré seulement 210 tiges au total, réparties en deux sous-populations. Il est impossible de déterminer les tendances en matière d'abondance, aucun dénombrement des tiges n'ayant été effectué au cours de la visite du site effectuée en 2001. Le nombre de touffes est toutefois demeuré constant, et la population semble généralement stable. Elle se trouve en partie dans une carrière autorisée et le long d'un couloir de gazoduc.
La mauve de Virginie est également rare et localisée dans l'ensemble de son aire de répartition en Amérique du Nord (NatureServe, 2009). Cette aire de répartition est centrée sur les Appalaches et s'étend jusqu'au bassin du Mississippi à l'ouest, jusqu'à l'Atlantique à l'est et jusqu'au bassin des Grands Lacs au nord, où les populations naturelles sont considérées comme extrêmement rares (Spooner et coll., 1985; voir aussi COSEWIC, sous presse). Bien que l'espèce puisse être commune à l'échelle locale le long des plaines inondables en Ohio, en Virginie-Occidentale et au Kentucky, de nombreuses populations américaines disparaissent à l'échelle de l'aire de répartition à cause de travaux d'aménagement, de gestion des crues et d'entretien (p. ex. fauchage, utilisation d'herbicide) (NatureServe, 2009).
La mauve de Virginie est cultivée dans les jardins de l'Amérique du Nord depuis le 18e siècle (Iltis, 1963). On croit que certaines populations, à l'échelle de l'aire de répartition de l'espèce, auraient été introduites (NatureServe, 2009). Bien que les botanistes soient divisés quant à l'origine de la mauve de Virginie au Canada (voir par exemple Brouillet et coll., 2006; NatureServe, 2009), les deux populations de l'Ontario sont considérées comme indigènes.
La mauve de Virginie est une espèce des milieux riverains, des plaines inondables et des basses terres. Bien qu'elle préfère les milieux ouverts et ensoleillés, on la trouve aussi à des endroits partiellement ombragés (Thomas, 1979; NatureServe, 2009). De nombreux sites occupés par l'espèce sont périodiquement inondés (Thomas, 1979). À l'échelle de son aire de répartition, la mauve de Virginie est souvent présente dans des milieux perturbés, notamment sur des talus de chemin de fer et en bordure de routes et de couloirs d'infrastructure, surtout lorsque ceux-ci traversent une plaine inondable ou une zone riveraine (NatureServe, 2009). Parce que la mauve de Virginie semble avoir besoin des perturbations associées à l'inondation périodique des milieux ouverts le long des plaines inondables, NatureServe (2009) considère que l'espèce fait preuve d'une très grande spécificité à l'égard de son habitat.
Les types de sols ne semblent pas limiter la répartition de l'espèce, qui pousse dans des sols présentant une vaste gamme de textures (loam limoneux, loam sablo-argileux, loam argileux) et de valeurs de pH (5,4 à 7,5) ainsi qu'une teneur en matière organique moyenne à élevée (Spooner et coll., 1985). Dans les sites étudiés aux États-Unis, Thomas (1979) a constaté que le sol était meuble, et donc bien aéré. Compte tenu de la tolérance de la mauve de Virginie aux perturbations et à une grande variété de conditions du sol, on ne sait pas exactement pourquoi l'espèce est absente de nombreux habitats apparemment convenables.
La végétation dominante présente dans les deux emplacements de l'Ontario a été décrite de manière générale dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, sous presse) et plus en détail par des écologistes de l'Office de protection de la nature de la rivière Grand. La plupart des individus de la population du comté de Haldimand poussent dans un pré marécageux à sol minéral et à plantes herbacées non graminoïdes (Forb Mineral Meadow Marsh, MAM 2-10) dominé par la quenouille à feuilles larges (Typha latifolia), le roseau commun (Phragmites australis subs. australis), la salicaire commune (Lythrum salicaria), l'impatiente du Cap (Impatiens capensis), la cardère des bois (Dipsacus fullonum), des scirpes (Scirpus spp.) et des joncs (Juncus spp.) (T. Zammit, comm. pers., 2010). Des espèces riveraines sont également présentes, les principales étant le noyer noir (Juglans nigra), le cornouiller stolonifère (Cornus stolonifera) et le sumac vinaigrier (Rhus typhina). L'habitat semble relativement naturel, bien qu'une grande partie de la population pousse à proximité de l'exutoire d'un réservoir, ce qui indique que la zone a été perturbée par le passé.
La deuxième population présente en Ontario pousse dans une zone beaucoup plus perturbée, dans des sols peu profonds recouvrant un substrat de calcaire. L'une des sous-populations se trouve le long d'un chemin d'accès à la carrière qui est rarement emprunté. La deuxième sous-population est située le long d'un couloir de gazoduc où poussent principalement des espèces des prés ouverts comme la cardère des bois (Dipsacus fullonum), la carotte sauvage (Daucus carota), le cornouiller à grappes (Cornus racemosa), le sumac vinaigrier et des verges d'or (Solidago spp.) (COSEWIC, sous presse). Le sol calcaire peu profond offre un drainage médiocre. On croit que l'endroit est humide ou mouillé au printemps, mais sec par la suite.
Dans une certaine mesure, la mauve de Virginie est limitée par la grande spécificité dont elle fait preuve à l'égard de son habitat, constitué de milieux riverains et de plaines inondables de plus en plus rares situés dans la zone carolinienne du Canada et des États-Unis, qui est fortement développée. D'autres facteurs biologiques que l'on considérait auparavant comme limitatifs pour l'espèce (faible taux de germination et besoins particuliers en matière de sol) sont maintenant en grande partie écartés (Spooner et coll., 1985; Kujawski et coll., 1997). Cependant, comme il arrive souvent que la mauve de Virginie soit absente de milieux qui lui semblent convenables, il est possible que d'autres facteurs limitatifs soient déterminés à l'avenir.
La destruction de l'habitat est probablement la principale menace qui pèse sur cette espèce. Par le passé, les terrasses riveraines et les plaines inondables ont été aménagées à des fins résidentielles ou agricoles et ont été modifiées de façon à prévenir les inondations. En 2008, la zone voisine d'une sous-population de l'Ontario a été préparée en vue de l'extraction de granulats : à moins de cinq mètres d'individus de l'espèce, des travaux de débroussaillage et d'enlèvement de la couche arable ont été réalisés. Cependant, les individus qui se trouvent dans cette carrière poussent tout près d'un chemin d'accès (peut-être le long d'une emprise routière) où aucune activité d'extraction n'est prévue. On ne les croit donc pas menacés dans l'immédiat (M. Thompson-Black, comm. pers., 2010).
Des espèces envahissantes menacent la mauve de Virginie dans l'ensemble de son aire de répartition. Dans le site du comté de Haldimand, l'abondance du roseau commun a augmenté en raison de l'abaissement des niveaux d'eau lié à la mise hors service d'un ancien barrage. Cette espèce pourrait faire compétition à la mauve de Virginie pour la lumière, l'espace et les nutriments. Bien que le roseau commun n'occupe pas la même zone que la mauve de Virginie pour l'instant, on croit qu'il est en l'expansion (T. Zammit, comm. pers., 2010). En 2010, on a constaté que la salicaire commune (Lythrum salicaria) était plus présente dans l'ancien réservoir qu'on ne l'avait d'abord cru. Cette espèce ne semble toutefois pas avoir d'incidence négative sur la mauve de Virginie.
Les travaux d'entretien des sites où se trouvent les deux populations de mauve de Virginie peuvent constituer une menace pour l'espèce. La population du comté de Haldimand est située tout près d'une aire de pique-nique gazonnée qui est entretenue par l'Office de protection de la nature de la rivière Grand. Le fauchage y est effectué jusqu'à la base des plantes (COSEWIC, sous presse), ce qui peut endommager les individus existants ou empêcher l'établissement de nouveaux individus. L'entretien régulier (débroussaillage, coupe de végétation) réalisé le long du couloir du gazoduc peut également nuire à l'espèce, surtout si des herbicides sont utilisés pour limiter la croissance de la végétation (COSEWIC, sous presse). Cependant, certaines populations américaines prospèrent dans des zones qui sont régulièrement perturbées, surtout lorsque le fauchage effectué en fin de saison limite la croissance de la végétation ligneuse (arbustes et jeunes arbres), ce qui favorise la production de graines chez la mauve de Virginie (NatureServe, 2009).
Bien que la mauve de Virginie ait déjà été populaire comme plante ornementale (Iltis, 1963), la cueillette ne semble pas constituer une menace pour cette espèce.
Les sites font l'objet d'un suivi sporadique depuis 2001 seulement, et il serait utile de disposer de données à plus long terme sur les deux populations. On ne sait pas non plus si les propriétés adjacentes comportent de l'habitat convenable à l'espèce, et l'existence d'autres populations en aval du site du comté de Haldimand est considérée comme probable (M. Thompson-Black, comm. pers., 2010). Les menaces qui pèsent actuellement sur l'espèce dans la carrière de la région de Niagara doivent être précisées.
Les communautés végétales des deux sites existants en Ontario n'ont pas été décrites à l'échelle de l'écosite au moyen de la Classification écologique des terres (CET) (Lee et coll., 1998). Cette information serait utile aux fins de l'élaboration d'un règlement sur l'habitat de la mauve de Virginie en vertu de la LEVD.
Plusieurs questions écologiques fondamentales demeurent à propos de cette espèce rare à l'échelle mondiale. Ainsi, les paramètres démographiques de l'espèce (âge du plant au moment de la première floraison, durée d'une génération) sont mal compris. L'abondance minimale d'une population viable n'a pas été déterminée, et on ne sait pas si les populations de l'Ontario persisteront indéfiniment. Peu de données ont été publiées sur la biologie de la pollinisation de l'espèce (p. ex. pollinisateurs, autofécondation). Comme de nombreux milieux apparemment convenables demeurent inoccupés par l'espèce, des facteurs écologiques encore inconnus pourraient limiter son établissement. La réalisation d'études sur les populations de mauve de Virginie se trouvant à la limite septentrionale de l'aire de répartition de l'espèce, dans le bassin des Grands Lacs, serait particulièrement utile et pourrait contribuer aux initiatives de gestion et de rétablissement des populations.
Le personnel du ministère des Richesses naturelles (MNR) a réalisé des relevés et a effectué un suivi informel au site du comté de Haldimand (K. Beriault, comm. pers., 2010). Des écologistes de l'Office de protection de la nature de la rivière Grand suivent aussi cette population et ont réalisé des relevés de l'espèce en juillet 2010.
À l'été 2010, l'Office de protection de la nature de la rivière Grand a également entrepris de lutter contre le roseau commun dans l'ancien réservoir en coupant les tiges des plantes avant la floraison. L'efficacité de cette méthode sera évaluée à l'avenir. Le personnel de l'Office de protection de la nature élabore aussi une stratégie visant les espèces envahissantes de ce secteur et d'autres propriétés clés du bassin versant (T. Zammit, comm. pers., 2010).
Le but du présent programme de rétablissement est de protéger et de maintenir toutes les populations existantes de la mauve de Virginie dans le sud de l'Ontario et d'assurer la persistance à long terme de l'espèce dans son aire de répartition actuelle.
Tableau 1. Objectif de protection et de rétablissement
- Protéger les populations existantes de la mauve de Virginie.
- Évaluer régulièrement la situation de la mauve de Virginie dans tous les sites connus de l'espèce et en rendre compte, et effectuer des recherches dans l'habitat convenable pour trouver de nouvelles populations.
- Gérer les sites de manière à réduire les menaces.
- Combler les lacunes dans les connaissances, surtout à la limite septentrionale de l'aire de répartition de l'espèce.
| Priorité relative | Échéance relative | Volet du rétablissement | Approche de rétablissement | Menaces ou lacunes dans les connaissances visées |
|---|---|---|---|---|
| Critique | Court terme | Protection |
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| Nécessaire | Court terme | Protection |
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| Nécessaire Bénéfique |
Court terme | Protection, éducation et sensibilisation |
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| Priorité relative | Échéance relative | Volet du rétablissement | Approche de rétablissement | Menaces ou lacunes dans les connaissances visées |
|---|---|---|---|---|
| Nécessaire | En cours |
Inventaire, suivi et évaluation |
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Bénéfique |
Long terme |
Éducation et sensibilisation |
|
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Bénéfique |
En cours |
Inventaire, suivi et évaluation |
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| Priorité relative | Échéance relative | Volet du rétablissement | Approche de rétablissement | Menaces ou lacunes dans les connaissances visées |
|---|---|---|---|---|
| Critique | Long terme | Gestion |
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| Critique | Long terme | Gestion, éducation et sensibilisation, recherche |
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| Priorité relative | Échéance relative | Volet du rétablissement | Approche de rétablissement | Menaces ou lacunes dans les connaissances visées |
|---|---|---|---|---|
| Nécessaire | Long terme | Recherche |
|
|
L'accroissement de l'abondance et la remise en état des sites occupés par les deux populations connues de mauve de Virginie ne sont pas jugés nécessaires pour l'instant. Bien que le nombre de populations soit extrêmement limité, celles-ci sont considérées comme naturelles. L'abondance de l'une des populations de l'Ontario a récemment augmenté, tandis que l'autre population semble stable (COSEWIC, sous presse; T. Zammit, comm. pers., 2010).
On ne sait pas si le nombre actuel d'individus composant les deux populations de l'Ontario sera suffisant pour assurer la viabilité à long terme de la mauve de Virginie (voir la section Lacunes dans les connaissances). Cependant, jusqu'à ce qu'on dispose d'information supplémentaire sur l'abondance minimale d'une population viable, l'objectif prioritaire pour le rétablissement de la mauve de Virginie est de protéger et de surveiller les sites existants de l'espèce.
En vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, un programme de rétablissement doit comprendre une recommandation au ministre des Richesses naturelles concernant l'aire qui devrait être prise en considération lors de l'élaboration d'un règlement sur l'habitat. Un tel règlement est un instrument juridique qui prescrit une aire comme étant l'habitat de l'espèce. La recommandation énoncée ci-dessous par l'auteur sera l'un des nombreux éléments dont le ministre tiendra compte dans l'élaboration du règlement sur l'habitat de cette espèce.
Il est recommandé que l'aire désignée à titre d'habitat de l'espèce dans le règlement sur l'habitat de la mauve de Virginie comprenne le polygone ou les polygones contigus d'écosite(s) de la Classification écologique des terres (CET) (Lee et coll., 1998) où se trouvent des populations naturelles de l'espèce. Si une population (y compris les sous-populations) occupe plus d'un type d'écosite, tous les polygones contigus d'écosites doivent être inclus. Il est préférable de désigner l'aire prescrite en fonction de la communauté végétale environnante (plutôt qu'en fonction d'une marge arbitraire calculée depuis l'emplacement de la population), car cela contribue au maintien des conditions écologiques nécessaires à la persistance et à la viabilité à long terme de l'espèce. Il est toutefois recommandé de mettre à l'essai cette approche de désignation de l'habitat fondée sur l'écosite avant l'établissement du règlement.
Comme la mauve de Virginie peut s'établir dans des milieux perturbés, les écosites d'origine anthropique (p. ex. prés culturaux et fourrés culturaux) peuvent aussi être inclus dans la réglementation sur l'habitat.
Les secteurs renfermant des individus de mauve de Virginie qui sont considérés comme des spécimens d'origine horticole (c.-à-d. ceux qui sont plantés dans des jardins paysagers) ne doivent pas être désignés comme habitat dans le règlement sur l'habitat de l'espèce.
Clonal Content Footnote1 : Se dit d'un groupe d'individus génétiquement identiques issus d'un seul parent, résultant d'une reproduction asexuée (p. ex. croissance des rhizomes chez les végétaux).
Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) : Comité, créé en vertu de l'article 3 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, qui est responsable de l'évaluation et du classement des espèces en péril en Ontario.
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) : Comité responsable de l'évaluation et du classement des espèces en péril au Canada.
Cote de conservation : Classement attribué à une espèce ou à une communauté écologique, qui indique essentiellement le degré de rareté de cette espèce ou de cette communauté aux échelles mondiale (G), nationale (N) ou infranationale (S). Le statut de conservation d'une espèce ou d'un écosystème est désigné par un nombre de 1 à 5, précédé par les lettres G, N ou S indiquant l'échelle géographique de l'évaluation. Les significations des nombres sont les suivantes :
1 = gravement en péril
2 = en péril
3 = vulnérable
4 = apparemment non en péril
5 = non en péril
Fleur parfaite Content Footnote1 : Fleur possédant à la fois des étamines (parties mâles) et des carpelles (parties femelles).
Liste des espèces en péril en Ontario : Règlement, passé en vertu de l'article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, qui établit les statuts de conservation officiels des espèces en péril en Ontario. Cette liste a d'abord été publiée en 2004 à titre de politique, puis est devenue un règlement en 2008.
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) : La loi provinciale qui fournit une protection aux espèces en péril en Ontario.
Loi sur les espèces en péril (LEP) : Loi fédérale qui assure la protection des espèces en péril au Canada. Dans cette loi, l'annexe 1 constitue la liste légale des espèces sauvages en péril auxquelles s'appliquent les dispositions de la LEP. Les annexes 2 et 3 renferment des listes d'espèces qui, au moment où la Loi est entrée en vigueur, devaient être réévaluées. Une fois réévaluées, les espèces des annexes 2 et 3 jugées en péril sont soumises au processus d'inscription à l'annexe 1 de la LEP.
Rhizome Content Footnote1 : Tige souterraine horizontale.
Scarification Content Footnote1 : Procédé consistant à inciser ou à ramollir le tégument d'une graine pour en accélérer la germination.
Zone carolinienne Content Footnote2 : Zone forestière située dans la région la plus méridionale de l'Ontario (immédiatement au nord du lac Érié). Cette zone est caractérisée par la présence de feuillus et abrite de nombreuses espèces qui se trouvent à la limite septentrionale de leur aire de répartition ou près de cette limite.
Beriault, K. 2010. Species at Risk Biologist, Ministry of Natural Resources, Guelph District. Communication personnelle, juillet 2010.
Brouillet, L., F. Coursol et M. Favreau. 2006. VASCAN. The database of Canadian vascular plants. (Également disponible en français : Base de données des plantes vasculaires du Canada). Herbier Marie-Victorin, Institut de recherche en biologie végétale, Université de Montréal.
COSEWIC. Sous presse. COSEWIC assessment and status report on the Virginia Mallow Sida hermaphrodita in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. ix + 18 pp. (Également disponible en français : COSEPAC. Sous presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 19 p.
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Zammit, T. 2010. Ecologist, Grand River Conservation Authority. Communication personnelle, juillet – septembre 2010.

- Table des matières
- Protection et le rétablissement des espèces en péril en Ontario
- Déclarations du gouvernement en réponse aux programmes de rétablissement
- Démarches futures pour protéger et rétablir la mauve de Virginie
- Mesures menées par le gouvernement
- Mesures appuyées par le gouvernement
- Mise en oeuvre des mesures
- Evaluation des progrès
- Remerciements

La mauve de Virginie est une herbacée vivace à fleurs qui peut atteindre de 1 à 3 m de haut. Les fleurs sont composées de cinq pétales blancs (environ 8 mm de long) qui poussent en grappe.
Le rétablissement des espèces en péril est un volet clé de la protection de la biodiversité en Ontario. La biodiversité - la diversité des organismes vivants sur la Terre - nous fournit de l'air et de l'eau propres, de la nourriture, des fibres, des médicaments et d'autres ressources dont nous avons besoin pour survivre.
La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) représente l'engagement juridique du gouvernement de l'Ontario envers la protection et le rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats. Dès qu'une espèce est désignée comme disparue de l'Ontario, en voie de disparition ou menacée aux termes de la LEVD, elle est automatiquement protégée contre toute forme de harcèlement. En outre, dès qu'une espèce est désigné comme en voie de disparition ou menacée, son habitat est protégé contre les dommages et la destruction.
Aux termes de la LEVD, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario (le ministère) doit veiller à ce qu'un programme de rétablissement soit élaboré pour chaque espèces inscrite à la liste des espèces en voie de disparition ou menacées. Un programme de rétablisesment offre des conseils scientifiques au gouvernement à l'égard de ce qui est nécessaire pour réaliser le rétablissement d'une espèce.
Dans les neuf mois qui suivent l'élaboration d'un programme de rétablissement, la LEVD exige que le ministère publie une déclaration qui résume les mesures que le gouvernement de l'Ontario prévoit prendre en réponse au programme de rétablissement et ses priorités à cet égard. Le programme de rétablissement pour la mauve de Virginie a été achevé le 18 février 2011 (Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario).
Cette déclaration est la réponse du gouvernement de l'Ontario aux conseils scientifiques fournis dans le programme de rétablissement. en plus de se fonder sur les renseignements fournis dans les programmes de rétablissement, elle tient compte des commentaires recus de la partr de parties intéressées, d'autres territoires de compétence, des collectivités autochtones et du public. Cette déclarations reflète les meilleures connaissances traditionnelles, locales et scientifiques auxquelles ont peut accéder an ce moment; elle pourrait etre modifiée si de nouveaux renseignements deviennent accessibles. En mettant en oeuvre les mesures prévues à la présente déclaration, la LEVD permet au ministère de déterminer ce qu'il est possible de réaliser, compte tenu des facteurs sociaux et économiques.
La mauve de Virginie est désignée comme espèce en voie de disparition aux termes de la LEVD qui protège à la fois la plante et son habitat. La LEVD interdit à quiconque de nuire à l'espèce ou de la harceler et d'endommager ou de détruire son habitat sans autorisation. Une telle autorisation exigerait que des conditions établies par le ministère des Richesses naturelles soient respectées.
En Ontario, la mauve de Virginie n'est présente que dans une zone de protection de la nature du comté d'Haldimand et dans une carrière et un couloir de transport d'électricité adjacent dans la région de Niagara. Les principales menaces pesant sur la mauve de Virginie en Ontario sont la destruction de l'habitat, la concurrence des espèces indigènes non invasives (par ex. : le roseau commun) et l'entretien des emplacements.
L'objectif du gouvernement pour le rétablissement de la mauve de Virginie est de protéger toutes les populations existantes de la mauve de Virginie dans le sud de l'Ontario et d'assurer la longévité de l'espèce dans son aire de répartition actuelle.
La protection et le rétablissement des espèces en péril sont une responsabilité partagée. Aucune agence ni aucun organisme n'a toutes les connaissances, l'autorité ni les ressources financières pour protéger et rétablir toutes les espèces en péril de l'Ontario. Le succès sur le plan du rétablissement exige une coopération intergouvernementale et la participation de nombreuses personnes, organismes et collectivités.
En élaborant la présente déclaration, le ministère a tenu compte des démarches qu'il pourrait entreprendre directement et de celles qu'il pourrait confier à ses partenaires en conservation, tout en leur offrant son appui.
Afin de protéger et de rétablir la mauve de Virginie, le gouvernement entreprendra directement les mesures suivantes :
- Renseigner les autres organismes et autorités qui prennent part aux processus de planification et d'évaluation environnementales quant aux exigences de protection prévues à la LEVD.
- Encourager la soumission de données sur la mauve de Virginie à l'entrepôt de données central du ministère des Richesses naturelles au Centre d'information sur le patrimoine naturel.
- Entreprendre des activités de communication et de diffusion afin d'augmenter la sensibilisation de la population quant aux espèces en péril en Ontario.
- Protéger la mauve de Virginie et son habitat par l'entremise de la LEVD. Élaborer un règlement prescrivant l'habitat de l'espèce et veiller à son application.
- Appuyer les partenaires en conservation, et les organismes, municipalités et industries partenaires pour qu'ils entreprennent des activités visant à protéger et rétablir la mauve de Virginie. Ce soutien prendra la forme de financement, d'ententes, de permis (assortis de conditions) et de services consultatifs.
- Établir et communiquer des mesures prioritaires annuelles pour l'appui gouvernemental en matière d'espèces multiples afin d'encourager la collaboration et réduire le chevauchement des travaux.
Le gouvernement appuie les mesures suivantes qu'il juge comme étant nécessaires à la protection et au rétablissement de la mauve de Virginie. On accordera la priorité aux mesures portant la mention « hautement prioritaire » en ce qui concerne le financement ou les autorisations aux termes de la LEVD. Le gouvernement ciblera son appui sur ces mesures hautement prioritaires au cours des cinq prochaines années.
Secteurs d'intervention : Protection et gestion
Objectif :Protéger la mauve de Virginie et réduire les menaces pesant sur les populations actuelles de l'espèce et son habitat.
Mesures :
- (HAUTEMENT PRIORITAIRE) Mettre en oeuvre les pratiques des gestions optimales du ministère afin d'éliminer le roseau commun dans les habitats vulnérables.
- Mettre au point et fournir des renseignements aux propriétaires fonciers et aux gestionnaires de terres en vue de les sensibiliser davantage quant à la protection de l'espèce et aux possibilités d'intendance.
- Au fur et à mesure que les occasions se présentent, appuyer l'acquisition de terres où poussent des populations de mauves de Virginie par l'entremise des programmes actuels d'acquisition de terres et d'intendance.
Secteurs d'intervention : Inventaire et surveillance
Objectif : Évaluer régulièrement tous les emplacements connus et chercher des habitats appropriés pour l'établissement de populations supplémentaires.
Mesures :
- (HAUTEMENT PRIORITAIRE) Mettre au point et en oeuvre un programme de surveillance normalisé pour déceler les changements relatifs à la répartition et à l'abondance de l'espèce.
- Effectuer des recensements aux emplacements pouvant potentiellement représenter des habitats appropriés afin de déterminer s'il s'y trouve des populations supplémentaires de cette espèce.
Secteurs d'intervention : Recherche
Objectif : Améliorer les connaissances sur l'écologie de la mauve de Virginie.
Mesures :
- Entreprendre des recherches sur les données démographiques de l'espèce, sa génétique, ses exigences minimales en matière de population viable ainsi que les facteurs qui peuvent entraver son rétablissement.
Le soutien financier pour la mise en oeuvre des mesures de rétablissement approuvées pourrait être fourni par l'entremise du Fonds d'intendance des espèces en péril, du Programme d'encouragement des exploitants agricoles à la protection des espèces en péril ou du Programme de participation communautaire à la gestion du poisson et de la faune. On encourage les partenaires en conservation à discuter de leurs propositions de projets liés à la présente déclaration avec le ministère des Richesses naturelles. Le ministère peut aussi conseiller ses partenaires à l'égard des autorisations exigées aux termes de la LEVD afin d'entreprendre le projet.
La mise en oeuvre des mesures pourra être modifiée si les priorités touchant l'ensemble des espèces en péril changent selon les ressources disponibles et la capacité des partenaires à entreprendre des activités de rétablissement. La mise en oeuvre des mesures visant plusieurs espèces sera coordonnée partout là où les déclarations du gouvernement en réponse au programme de rétablissement l'exigent.
Aux termes de la LEVD, le gouvernement doit évaluer l'efficacité des mesures de protection et de rétablissement visant une espèce au plus tard cinq ans après la publication de la présente déclaration en réponse au programme de rétablissement. Cette évaluation permettra de déterminer si des rectifications sont nécessaires pour en arriver à protéger et à rétablir l'espèce.
Nous tenons à remercier tous ceux et celles qui ont pris part à l'élaboration du Programme de rétablissement de la mauve de Virginie en Ontario pour leur dévouement en ce qui a trait à la protection et au rétablissement des espèces en péril.
Renseignements supplémentaires :
Consultez le site Web des espèces en péril à ontario.ca/especesenperil
Communiquez avec votre bureau de district du MRN
Communiquez avec le Centre d'information sur les ressources naturelles
1-800-667-1940
ATS 1-866-686-6072
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ontario.ca/mrn