Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) au Canada - 2014 [Proposition]
Photo : © Denis Knopp, 2016
- Table des matières
- Partie 1 : Addition fédérale au Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) en Colombie-Britannique, élaborée par Environnement Canada
- Préface
- Ajouts et modifications apportés au document adopté
- 1. Information sur la situation de l’espèce
- 2. Considérations socioéconomiques
- 3. Caractère réalisable du rétablissement
- 4. Objectifs en matière de population et de répartition
- 5. Habitat essentiel
- 6. Énoncé sur les plans d’action
- 7. Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées
- 8. Références
- Annexe 1. Cartes de l’habitat essentiel de la musaraigne de Bendire au Canada
- Partie 2 : Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) en Colombie-Britannique, élaboré par l’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique
Environnement Canada. 2014. Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) au Canada [Proposition], Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, 36 p. + annexes.
Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du COSEPAC, les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.
Illustration de la couverture : © Denis Knopp
Also available in English under the title
« Recovery Strategy for the Pacific Water Shrew (Sorex bendirii) in Canada [Proposed] »
En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.
Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de la Colombie-Britannique a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le « Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) en Colombie-Britannique » (partie 2), en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril. Environnement Canada a inclus une addition à ce programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP, et a exclu la section relatives aux considérations socioéconomiques. Les facteurs socioéconomiques ne font pas partie du processus d’évaluation des programmes de rétablissement du gouvernement fédéral élaborés en vertu de la LEP. Ces facteurs sont exclus de la présente phase stratégique de la planification du rétablissement.
Le programme de rétablissement fédéral de la musaraigne de Bendire au Canada comprend deux parties :
Partie 1 : Addition fédérale au Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) en Colombie-Britannique, élaborée par Environnement Canada.
Partie 2 : Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) en Colombie-Britannique, élaboré par l’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique.
En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés d’ici cinq ans.
Le ministre fédéral de l’Environnement est le ministre compétent pour le rétablissement de la musaraigne de Bendire et a élaboré l’élément fédéral du présent programme de rétablissement (partie 1), conformément à l’article 37 de la LEP. Ce programme a été préparé en collaboration avec la Province de Colombie-Britannique. L’article 44 de la LEP autorise le Ministre à adopter une partie ou la totalité d’un plan existant concernant l’espèce, si ce dernier respecte les exigences relatives au contenu en vertu de la LEP, paragraphes 41(1) ou (2). Le Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire en Colombie-Britannique (partie 2 du présent document) a été transmis à titre d’avis scientifique aux compétences responsables de la gestion de l’espèce en Colombie-Britannique. Ce programme de rétablissement a été élaboré en collaboration avec Environnement Canada.
La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada, ou sur toute autre compétence. Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la musaraigne de Bendire et de l’ensemble de la société canadienne.
Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement Canada et d’autres compétences et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.
Les sections suivantes ont été ajoutées pour satisfaire à certaines exigences de la LEP qui ne sont pas abordées dans le « Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) en Colombie-Britannique » (partie 2 du présent document, désigné ci-après par le « programme de rétablissement provincial ») ou qui nécessitent des commentaires plus détaillés. Certaines de ces sections peuvent aussi comprendre de l’information à jour sur le programme de rétablissement provincial ou des modifications apportées à ce programme aux fins de son adoption par Environnement Canada.
Statut légal : Espèce inscrite à l’annexe 1 de la LEP en 2007.
Tableau 1. Cotes de conservation attribuées à la musaraigne de Bendire (NatureServe, 2010; B.C. Conservation Framework, 2010)
a gravement en péril; 2 – en péril; 3 – vulnérable; 4 – apparemment non en péril; 5 – non en péril; H – possiblement disparue; SNR – non classé; SNA – non applicable.
b Les trois buts fixés dans le B.C. Conservation Framework sont : 1. participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes; 2. empêcher que les espèces et les écosystèmes deviennent en péril; 3. maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes.
L’aire de répartition canadienne de l’espèce représenterait environ 5 % de son aire de répartition mondiale (COSEPAC, 2006).
Le programme de rétablissement provincial contient un bref énoncé sur les considérations socioéconomiques. Étant donné que les facteurs socioéconomiques ne sont considérés dans aucun aspect de la préparation d’un programme de rétablissement fédéral élaboré en vertu de la LEP (voir le paragraphe 41(1) de la LEP), la section du programme de rétablissement provincial traitant des considérations socioéconomiques n’est pas considérée comme faisant partie du programme de rétablissement établi pour cette espèce par le ministre fédéral de l’Environnement. En outre, les facteurs socioéconomiques ont été exclus de la préparation des autres sections de la présente addition fédérale, y compris les sections relatives aux objectifs en matière de population et de répartition et à l’habitat essentiel.
La présente section remplace la section « Caractère réalisable du rétablissement » du programme de rétablissement provincial.
L’évaluation du caractère réalisable du rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii), fondée sur les quatre critères énoncés dans l’ébauche des politiques de la LEP (Gouvernement du Canada, 2009), est présentée plus bas. Il existe une incertitude en matière disponibilité d’un habitat convenable suffisant pour que l’espèce se rétablisse. Conformément au principe de précaution, un programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, tel qu’il convient de le faire lorsque le rétablissement de l’espèce est jugé réalisable. Le calendrier des études présenté dans le présent programme de rétablissement (section 5.2) présente les études requises pour évaluer l’habitat nécessaire au rétablissement de l’espèce.
La présente section remplace les sections « But du rétablissement » et « Justification du but du rétablissement » du programme de rétablissement provincial.
Environnement Canada a établi les objectifs suivants en matière de population et de répartition pour la musaraigne de Bendire :
La musaraigne de Bendire est une espèce rare et discrète. Il existe peu de mentions de l’espèce, et le peu de données dont on dispose sur l’abondance ou les tendances de la population ne suffisent pas à soutenir une analyse de la viabilité des populations. Il faut effectuer d’autres études pour déterminer la taille actuelle de la population et établir la superficie et la qualité d’habitat nécessaires pour favoriser le rétablissement de l’espèce.
Au Canada, la musaraigne de Bendire a probablement toujours été limitée aux secteurs riverains des basses-terres continentales de la Colombie-Britannique (COSEPAC, 2006). Or, la disponibilité et le caractère convenable de ce type d’habitat sont en déclin dans l’aire de répartition de l’espèce (COSEPAC, 2006). En 2006, l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en raison de sa petite aire de répartition dans un habitat très fragmenté et des déclins continus de la qualité et de la superficie de l’habitat convenable (COSEPAC, 2006).
Au Canada, 157 captures ou recaptures de musaraignes de Bendire ont été mentionnées depuis 1888; la majorité de ces mentions visent des individus capturés ou recapturés il y a plus de 30 ans et ne sont pas associées à des coordonnées géographiques précises (K. Welstead et V. Craig, comm. pers.). Vingt-trois populations de l’espèce ont été repérées dans l’habitat convenable (figure A.1). Une population de musaraignes de Bendire a été définie en fonction de la distance entre les mentions. Les mentions séparées par plus de 1 km d’habitat de connexion non convenable, mais non infranchissable (c.-à-d. milieu sec) ou par plus de 5 km d’habitat de connexion convenable (milieu aquatique ou riverain) ont été considérées comme des populations distinctes (NatureServe, 2010). Ces populations sont fondées sur 48 captures ou recaptures de musaraigne de Bendire depuis 1991 et sur deux captures ou recaptures en 1981 (K. Welstead et V. Craig, comm. pers.). Une de ces récentes mentions (ruisseau Thunderbird – figure A.2) a fait augmenter l’aire de répartition de l’espèce par rapport à l’aire de répartition décrite dans le rapport de situation du COSEPAC (COSEPAC, 2006). Une population existante est considérée comme encore présente à l’emplacement des deux captures effectuées en 1981 en raison de la présence continue d’habitat convenable et du peu de modifications subies par l’habitat environnant. Afin d’assurer la survie de l’espèce au Canada et d’atteindre les objectifs en matière de population et de répartition pour l’espèce, il est nécessaire de maintenir les populations associées à ces 23 zones d’habitat convenable.
Compte tenu des mentions d’occurrence canadiennes connues, de la fréquence des captures de musaraignes de Bendire dans de nouveaux secteurs durant les relevés et de la présence durable d’habitat convenable dans l’aire de répartition de l’espèce (Craig, 2010; D. Knopp, comm. pers.), il est probable que d’autres populations existent. Le maintien ou l’augmentation du nombre de populations de musaraignes de Bendire et de leur habitat dans ces nouveaux secteurs sera nécessaire au rétablissement de l’espèce. La présente addition contient un calendrier des études visant à compléter la désignation de l’habitat essentiel par le repérage de populations supplémentaire et de l’habitat convenable associé à ces populations. Si d’autres populations de l’espèce étaient découvertes, elles devraient être maintenues, et l’habitat entourant l’emplacement de ces populations devrait être considéré comme étant de l’habitat essentiel.
La présente section remplace la section « Habitat essentiel » du programme de rétablissement provincial.
En vertu de l’alinéa 41(1)(c) de la LEP, le programme de rétablissement doit inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et énoncer des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Les données accessibles permettent de désigner l’habitat essentiel des 23 populations de musaraignes de Bendire dans les basses-terres continentales de la Colombie-Britannique (figures A.1 à A.22). Il est possible que de l’habitat essentiel supplémentaire s’ajoute dans le futur, si de nouvelles recherches justifiaient l’ajout de zones supplémentaires d’habitat essentiel. Les travaux futurs pourraient inclure une cartographie plus précise des limites des zones d’habitat essentiel. Les principaux facteurs à considérer dans la désignation de l’habitat essentiel sont la quantité, la qualité et l’emplacement de l’habitat nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.
La musaraigne de Bendire a besoin d’un habitat ayant les caractéristiques biophysiques suivantes :
- forêt de conifères ou forêt de feuillus, ou végétation dense de marais ou de milieu humide pour fournir l’abri et maintenir un microenvironnement humide (Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, données inédites);
- un plan d’eau (cours d’eau naturel, milieu humide ou cours d’eau canalisé, qu’il soit permanent, temporaire ou intermittent) pour soutenir l’alimentation et fournir un microenvironnement humide (Gomez, 1992; Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, données inédites);
- du bois mort pour servir d’abri et fournir un substrat pour la construction de nids et l’alimentation (Équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire, 2009).
Selon les observations de la musaraigne palustre (Sorex palustris) (Thomas, 1979), espèce apparentée à la musaraigne de Bendire, la longueur de cours d’eau nécessaire à une population de musaraignes de Bendire serait d’environ 1,5 km. En bordure des cours d’eau, la forêt ou la végétation dense devrait être intacte sur 100 m, pour maintenir l’habitat de nidification et l’habitat de dispersion ainsi que le microenvironment humide dont l’espèce a besoin. Pour déterminer cette largeur de 100 m, on s’est fondé sur le fait que la majorité des mentions de musaraignes de Bendire ont été faites à moins de 50 m de l’eau (Anthony et coll., 1987; Gomez, 1992; McComb et coll., 1993; Galindo-Leal et Runciman, 1994; Stinson et coll.; 1997; Gomez et Anthony; 1998; l’ensemble des mentions en Colombie-Britannique) et sur des études sur les effets de bordure (examinés dans Kremsater et Bunnell, 1999), qui laissent entendre que, dans l’habitat forestier, la majorité des effets de bordure liés au microclimat sont observés dans une marge de 50 mètres de la bordure (ce qui signifie qu’il faut 100 m d’habitat riverain pour assurer le maintien d’une marge de 50 m de microclimat convenable en bordure du cours d’eau).
L’habitat essentiel de la musaraigne de Bendire est désigné comme étant les sites où des individus de l’espèce ont été capturés ou une carcasse de l’espèce a été observée) pour lesquels les coordonnées sont associées à un fort degré de certitude et/ou situés dans l’habitat convenable (c.-à-d. habitat possédant les caractéristiques biophysiques essentielles décrites plus haut) ou à proximité. Une zone d’habitat essentiel comprend au moins 1,5 km linéaire de cours d’eau en aval et en amont de l’occurrence le long de tous les cours d’eau affluents et effluents et une marge de 100 m d’habitat riverain sur les deux rives de ce ou de ces cours d’eau. L’habitat essentiel a été agrandi au-delà de cette définition de base lorsque l’information accessible justifiait la désignation d’une superficie accrue d’habitat essentiel et/ou le maintien de la connectivité entre les sous-populations. L’habitat de connexion entre les sous-populationsNote1de bas de page a été inclus lorsque des sous-populations se trouvent à moins de 1 km l’une de l’autre et que l’habitat de connexion est non convenable, mais franchissable (c.-à-d. milieu sec) ou lorsque les sous-populations sont situées à moins de 5 km l’une de l’autre et que l’habitat de connexion est convenable (c.-à-d. milieu aquatique ou riverain; NatureServe, 2010). L’habitat de connexion a été inclus aussi entre des zones d’habitat essentiel désigné autour de l’occurrence et des zones protégées renfermant de l’habitat convenable supplémentaire lorsque ces zones étaient situées à moins de 1 km ou de 5 km l’une de l’autre (selon les critères définis plus haut). Les zones d’agrandissement de l’habitat ont été déterminées par un spécialiste de l’espèce (qui a utilisé l’imagerie satellitaire ou la validation sur le terrain).
Les 23 zones renfermant de l’habitat essentiel sont montrées à l’annexe 1 (figures A.1 à A.22). À l’intérieur des carrés qui figurent sur les cartes, les parties qui ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable ne sont pas désignées comme étant de l’habitat essentiel (routes, édifices, etc.). La désignation complète de l’habitat essentiel sera effectuée lorsque les études prévues au calendrier (section 5.2) seront terminées.
La présente section remplace la section « Calendrier recommandé des études visant à désigner l’habitat essentiel » du programme de rétablissement provincial.
Le calendrier des études suivant (tableau 2) indique les recherches qu’il faudra mener pour désigner l’habitat essentiel suplémentaire nécessaire pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition.
| Description de l’activité | Justification | Échéancier |
|---|---|---|
| Amélioration du protocole d’échantillonnage de la musaraigne de Bendire. Les options incluent notamment : ajout de nasses à vairons avec remise à l’eau, ajout de pièges permettant de capturer les individus vivants, utilisation de tubes à appât. | La méthode d’évaluation actuelle de la présence ou de l’absence est exigeante en main-d’œuvre et limite les relevés à grande échelle de l’espèce; or, ces relevés seront nécessaires à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition, afin d’augmenter le nombre de populations connues dans l’aire de répartition de l’espèce. | 2014-2017 |
Déterminer la quantité, la superficie et l’étendue de l’habitat convenable supplémentaire nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition de la musaraigne de Bendire :
|
L’existence de populations autres que celles qui ont été définies dans le présent programme de rétablissement est jugée possible. Afin d’atteindre l’objectif en matière de population et de répartition qui est d’augmenter le nombre de populations connues (et de maintenir ces populations lorsqu’elles ont été découvertes), il est nécessaire de mener des relevés ciblés (dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce), puis de désigner l’habitat essentiel afin de protéger ces populations lorsque leur habitat existe toujours. | 2014-2017 |
La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à sa protection et à sa gestion. La destruction ou le risque de destruction sont déterminés au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps.
Les activités décrites au tableau 3 sont des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de la musaraigne de Bendire; cette liste d’activités n’est pas exhaustive. Lorsqu’une situation ne correspond pas exactement aux activités décrites au tableau 3, mais qu’elle pourrait avoir une incidence sur l’habitat riverain dans l’habitat essentiel désigné et/ou sur la qualité de l’eau des cours d’eau ou des milieux humides qui influent sur l’habitat essentiel désigné, le promoteur doit communiquer avec Environnement Canada – Service canadien de la faune, Région du Pacifique et du Yukon, pour obtenir des lignes directrices relatives à l’activité.
| Activité | Description de l’effet destructeur de l’activité sur l’habitat essentiel |
|---|---|
| Élimination partielle ou totale de la végétation riveraine (exploitation forestière, urbanisation ou conversion en terres agricoles, aménagements linéaires, pâturage par le bétail ou piétinement par le bétail, etc.). |
|
| Enlèvement des débris ligneux dans le sous-étage riverain |
|
| Modification des cours d’eau ou des milieux humides (aménagement de fossés, de canaux, construction de ponceaux, nettoyage des fossés, etc.) |
|
| Rejet de polluants dans les cours d’eau ou à proximité (application d’herbicide ou d’autres pesticides, eaux de ruissellement des routes et eaux de ruissellement agricole, etc.) |
|
| Aménagement d’obstacles infranchissables (autoroutes à plusieurs voies sans ponceaux, etc.) |
|
Un ou plusieurs plans d'action fédéraux seront affichés dans le Registre public des espèces en péril d’ici 2018.
La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même.
Il est mentionné dans le programme de rétablissement provincial qu’il est peu probable que les mesures de rétablissement visant la musaraigne de Bendire aient des effets négatifs sur des espèces ou des communautés non ciblées dans l’aire de répartition de l’espèce, et que ces mesures pourraient profiter à d’autres espèces en péril. Les exigences en matière d’habitat de la musaraigne de Bendire recoupent celles du meunier de Salish (Catostomus catostomus ssp.), du naseux de la Nooksack (Rhinichthys cataractae ssp.) et de la grenouille maculée de l’Oregon (Rana pretiosa), qui sont toutes des espèces inscrites comme étant en voie de disparition aux termes de la LEP, et celles de la tortue de l’Ouest (Actinemys marmorata), espèce inscrite comme étant disparue. Les menaces qui pèsent sur ces espèces sont semblables à celles qui pèsent sur la musaraigne de Bendire et comprennent la dégradation de l’habitat, la perte d’habitat et la fragmentation de l’habitat. Les mesures de rétablissement visant la musaraigne de Bendire comme la protection ou la réhabilitation de l’habitat amélioreront l’habitat de ces autres espèces en péril, là où elles cohabitent avec la musaraigne de Bendire. De même, la musaraigne de Bendire devrait profiter des mesures de rétablissement axées sur l’habitat visant ces autres espèces en péril.
Les mesures proposées mettent l’accent sur la protection et la remise en état de l’habitat, sur les liens avec les communautés naturelles et les processus naturels, et sur le rétablissement du bon fonctionnement des écosystèmes riverains; ces mesures profitent aux autres espèces indigènes, dont plusieurs espèces de poissons commerciales.
Anthony, R.G., E.D. Forsman, G.A. Green, G. Witmer et S.K. Nelson. 1987. Small mammal populations in riparian zones of different-aged coniferous forests, The Murrelet 68:94-102.
B.C. Conservation Framework. 2010. Conservation Framework Summary: Pterygoneurum kozlovii, B.C. Ministry of Environment. (consulté le 8 décembre 2010; en anglais seulement).
COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) au Canada – Mise à jour, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vii + 33 p.
Craig, V. J. 2010. Predictive mapping landscape model for Pacific water shrew (Sorex bendirii), élaboré pour le ministère de l’environnement de la Colombie-Britannique, Surrey, 32 p.
Équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire. 2009. Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) en Colombie-Britannique, élaboré pour le ministère de l’environnement de la Colombie-Britannque, Victoria (Colombie-Britannique), 27 p.
Galindo-Leal, C., et J.B. Runciman. 1994. Status report on the Pacific water shrew (Sorex bendirii) in Canada, Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa (Ontario).
Gomez, D.M. 1992. Small mammal and herpetofauna abundance in riparian and upslope areas of five forest conditions, mémoire de maîtrise ès sciences, Oregon State University, 118 p.
Gomez, D.M., et R.G. Anthony. 1998. Small mammal abundance in riparian and upland areas of five seral stages in western Oregon, Northwest Science 72:293-302.
Gouvernement du Canada. 2009. Politiques de la Loi sur les espèces en péril, Cadre général de politiques [Ébauche], Séries de politiques et de lignes directrices, Environnement Canada, Ottawa, 42 p.
McComb, W.C., K. McGarigal et R.G. Anthony. 1993. Small mammal and amphibian abundance in streamside and upslope habitats of mature Douglas-fir stands, western Oregon, Northwest Science 67:7-15.
Stinson, D.W., D.E. Runde et K.A. Austin. 1997. A small mammal community in managed forest of southwestern Washington, Draft Technical Report, Western Timberlands Research, Weyerhaeuser, Tacoma (État de Washington), 19 p.
Thomas, J.W. (éd.). 1979. Wildlife habitats in managed forests, USDA Forest Service Agricultural Handbook No. 533, Washington D.C.
Craig, V. Environmental Consultant and Pacific Water Shrew Expert,EcoLogic Research, Île Galiano (Colombie-Britannique).
Knopp. D. Environmental Consultant and Pacific Water Shrew Expert, B.C.’s Wild Heritage, Sardis (Colombie-Britannique).
Welstead, K. Species at Risk Biologist and Pacific Water Shrew Recovery Team Chair, B.C. Ministry of Forests, Lands, and Natural Resource Operations, Surrey (Colombie-Britannique).
Photo : © Denis Knopp, 2016
Élaboré par l’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire
Juin 2009
- Table des matières
- Contexte
- Rétablissement
- Caractère réalisable du rétablissement
- But du rétablissement
- Justification du but du rétablissement
- Objectifs du rétablissement
- Approches recommandées pour l’atteinte des objectifs du rétablissement
- Mesures de rendement
- Habitat essentiel
- Approches existantes et recommandées en matière de protection de l’habitat
- Effets sur les espèces non ciblées
- Considérations socioéconomiques
- Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement
- Énoncé sur les plans d’action
- Références
- Annexe A
- Annexe 2
La série présente les programmes de rétablissement qui sont préparés en tant qu’avis à l’intention de la province de la Colombie-Britannique sur l’approche stratégique générale nécessaire pour rétablir les espèces en péril. La province prépare des programmes de rétablissement qui répondent à ses engagements relatifs au rétablissement des espèces en péril en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.
Le rétablissement des espèces en péril est l'ensemble des mesures visant à arrêter ou à renverser le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays et à réduire ou à supprimer les menaces pesant sur l'espèce, de manière à améliorer ses chances de persistance à l’état sauvage.
Un programme de rétablissement représente les meilleures connaissances scientifiques disponibles sur ce qui doit être effectué pour en arriver au rétablissement d’une espèce ou d’un écosystème. Un programme de rétablissement énonce ce qui est connu et ce qui n’est pas connu au sujet d’une espèce ou d’un écosystème. Il définit également les menaces qui pèsent sur l’espèce ou l’écosystème, et ce qui doit être réalisé pour atténuer ces menaces. Les programmes de rétablissement établissent des buts et des objectifs de rétablissement et recommandent des approches pour le rétablissement de l’espèce ou de l’écosystème.
Les programmes de rétablissement sont généralement préparés par une équipe de rétablissement composée de membres provenant d’organismes responsables de la gestion de l’espèce ou de l’écosystème, de spécialistes d’autres organismes, d’universités, de groupes de conservation, de groupes autochtones et d’intervenants, au besoin.
Dans la plupart des cas, on procédera à l'élaboration d'un ou de plusieurs plans d'action visant à préciser et à orienter la mise en oeuvre du programme de rétablissement. Les plans d’action comprennent des renseignements plus détaillés sur ce qui doit être accompli pour répondre aux objectifs du programme de rétablissement. Cependant, le programme de rétablissement offre des renseignements importants sur les menaces qui pèsent sur les espèces et sur les besoins en matière de rétablissement de ces dernières, renseignements qui peuvent servir aux particuliers, aux collectivités, aux utilisateurs des terres et aux conservationnistes s’intéressant au rétablissement des espèces en péril.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, veuillez consulter le site Web du ministère de l’Environnement portant sur la planification du rétablissement (Ministry of Environment Recovery Planning) (en anglais seulement).
Élaboré par l’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire
Juin 2009
Équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire. 2009. Programme de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) en Colombie-Britannique. Élaboré pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 31 p.
Denis Knopp
Il est possible de télécharger la présente publication sur la page du site Web du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique qui traite de la planification du rétablissement (en anglais seulement).
Date: 9 juin 2009
British Columbia. Ministry of Environment.
Recovery Strategy for the Pacific Water Shrew (Sorex bendirii) in British Columbia [document électronique]
Le présent programme de rétablissement a été préparé par l’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire en tant qu’avis à l’intention des compétences et des organismes responsables susceptibles de participer au rétablissement de l’espèce. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique le présent avis afin de respecter son engagement en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.
Le présent document détermine les programmes de rétablissement qui sont jugés nécessaires au rétablissement des populations de la musaraigne de Bendire en Colombie-Britannique, et ce, en se fondant sur les meilleurs renseignements scientifiques et les meilleures connaissances traditionnelles disponibles. Les mesures de rétablissement visant à réaliser les buts et les objectifs déterminés dans le présent document sont sujettes aux priorités et aux restrictions budgétaires des organismes et des organisations participants. Ces buts, ces objectifs et ces approches de rétablissement peuvent être modifiés dans le futur afin de répondre aux nouveaux objectifs et aux nouveaux résultats des recherches.
Les compétences responsables et tous les membres de l’équipe de rétablissement ont eu l’occasion d’examiner le présent document.Cependant, le document ne représente pas nécessairement les positions officielles des organismes ni les opinions personnelles de tous les membres de l’équipe de rétablissement.
La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Le ministre de l’Environnement encourage toute la population de la Colombie-Britannique à prendre part au rétablissement de la musaraigne de Bendire.
| Rôles | Nom | Représentant | Affiliation |
|---|---|---|---|
| Membres | Kym Welstead (présidente) | Province de la Colombie-Britannique | Présidente; ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Regional Species at Risk Recovery Biologist |
| Membres | Allan Johnsrude | Province de la Colombie-Britannique | Ministère des Forêts et du Territoire de la Colombie-Britannique, Stewardship Officer |
| Membres | Dave Dunkley | District régional | District régional de Vancouver [DRV], Colombie-Britannique (Greater Vancouver Regional District) |
| Membres | Ken Bennett | Municipalité | District de North Vancouver |
| Membres | David Urban | District régional | District régional de la vallée du Fraser (Fraser Valley Regional District) |
| Membres | Lisa Fox | Organisation non gouvernementale de l’environnement | Abbotsford Land Trust Society |
| Membres | Lucy Reiss | Gouvernement du Canada | Service canadien de la faune d’Environnement Canada |
| Membres | Marie Goulden | Gouvernement du Canada | Ministère de la Défense nationale (MDN) (Chilliwack) |
| Membres | Danielle Smith | Gouvernement du Canada | MDN (Esquimalt) |
| Membres | Denis Knopp | Organisation non gouvernementale de l’environnement | Federation of B.C. Naturalists |
| Membres | Vanessa Craig | Établissements d’enseignement | EcoLogic Research |
| Membres | Todd Ewing | Industrie | Cattermole Timber |
| Membres | Matt Wealick | Industrie | Ch-ihl-kway-uhk Forest Limited |
| Observateurs | Dave Dunbar | Province de la Colombie-Britannique | Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique |
| Observateurs | Arthur Robinson | Gouvernement du Canada | Service canadien des forêts |
| Observateurs | Derek Stinson | Gouvernement des États-Unis | Washington Department of Fish and Wildlife |
| Anciens membres | Ross Vennesland | Province de la Colombie-Britannique | Ancien président; ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique |
| Anciens membres | Claire Beaton | Municipalité | District d’Abbotsford |
| Anciens membres | Christine Chapman | Municipalité | District régional de la vallée du Fraser (Fraser Valley Regional District) |
| Anciens membres | Gene MacInnis | Province de la Colombie-Britannique | Ministère des Forêts et du Territoire de la Colombie-Britannique, gestionnaire des opérations |
| Anciens membres | David Nagorsen | Établissements d’enseignement | Mammalia Biological Consulting |
| Anciens membres | Laura Friis | Province de la Colombie-Britannique | Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique |
| Anciens membres | David Cunnington | Gouvernement du Canada | Service canadien de la faune d’Environnement Canada |
| Anciens membres | Meeri Durand | District régional | District régional de la vallée du Fraser (Fraser Valley Regional District) |
| Anciens membres | Stephanie Blouin | Gouvernement du Canada | Ministère de la Défense nationale (Esquimalt) |
| Anciens membres | Doug Aberley | Première nation | Première nation de Burrard |
| Anciens membres | George Guérin | Première nation | Première nation de Musqueam |
Vanessa J. Craig, Kym E. Welstead et Ross G. Vennesland.
Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique est responsable de l’élaboration d’un programme de rétablissement pour la musaraigne de Bendire en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada. Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada a également participé à l’élaboration de ce programme de rétablissement.
La musaraigne de Bendire, Sorex bendirii, est associée à un habitat riverain et semi-aquatique, dont l’aire de répartition au Canada se limite à environ 5 700 km2 dans les basses-terres continentales (de la vallée du Fraser) de la Colombie-Britannique, une région très urbanisée. Ce mammifère a été désigné comme espèce en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 2006. L’urbanisation croissante et les effets qu’elle entraîne, comme la construction de routes et la pollution, de même que les activités forestières sur des terres publiques et les activités agricoles, réduisent la superficie de l’habitat convenable disponible pour la musaraigne de Bendire. La perte, la dégradation et la fragmentation de l’habitat résultant de l’expansion urbaine, de la foresterie et de l’agriculture sont les principales menaces pesant sur l’espèce au Canada. D’autres menaces potentielles comprennent la pollution des eaux, la prédation par les chats domestiques, la mortalité découlant des activités de recherche (capture) et les inondations.
Le but général du rétablissement de la musaraigne de Bendire en Colombie-Britannique est le suivant :
Ce but est mieux défini en deux parties distinctes :
Les objectifs spécifiques et les approches recommandées pour réaliser le but du rétablissement sont les suivants :
- Protéger tous les sites existants connus (protection et gestion de l’habitat – dans un délai de deux ans).
- Remettre en état les habitats potentiels historiques et importants (remise en état de l’habitat – dans un délai de 10 ans).
- Prévenir la fragmentation de l’habitat et assurer la connectivité de l’habitat (interconnectivité des habitats, modélisation, cartographie et remise en état – dans un délai de 10 ans).
- Empêcher la perte par inadvertance de populations qui n’ont pas encore été découvertes (relevés, modélisation et cartographie, gestion des données et sensibilisation ou éducation – dans un délai de 5 ans).
- Contrer les menaces immédiates (atténuer la mortalité directe – dans un délai de 5 ans).
- Évaluer les mesures de protection et les activités relatives au rétablissement ayant été mises en œuvre (suivi et évaluation – dans un délai de 5 ans).
- Approfondir notre compréhension des besoins en matière d’habitat essentiel, du cycle biologique, de la dynamique des populations et de l’utilisation de l’habitat de l’espèce, et préciser les menaces qui pèsent sur les populations (recherche – dans un délai de 10 ans).
L’importance de la dégradation de l’habitat dans l’aire de répartition de l’espèce au Canada semble indiquer que la capacité (potentiel) de l’habitat actuel est bien inférieure à celle de l’habitat historique. Certains secteurs de l’aire de répartition historique de l’espèce ont été modifiés à un tel point que la remise en état de l’habitat pourrait ne pas être possible. L’habitat essentiel tel que l’entend la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral n’est pas désigné dans le présent document. L’équipe de rétablissement recommande la mise en place d’une protection de l’habitat actuellement occupé, c.-à-d. de l’habitat qui, à l’heure actuelle, entoure 19 sites d’occurrence récente de la musaraigne de Bendire. Selon les connaissances actuelles sur les besoins biologiques et les besoins en matière d’habitat de la musaraigne de Bendire, la zone d’habitat nécessaire à la survie de l’espèce doit comprendre une bande riveraine d’une largeur de 100 m sur les deux rives des cours d’eau ou en périphérie des plans d’eau près desquels on trouve des sites de capture (et où l’habitat est disponible), ainsi qu’un tronçon de cours d’eau d’au moins 1,5 km de longueur. La désignation des zones d’habitat supplémentaire, nécessaires au rétablissement de l’espèce, figurera dans le plan d’action qui sera élaboré. Étant donné que la musaraigne de Bendire se trouve principalement sur des terres privées, les mesures d’intendance (exigeant la coopération volontaire des propriétaires fonciers) joueront un rôle clé dans la conservation et le rétablissement de l’espèce.
L’équipe de rétablissement a jugé que le rétablissement de l’espèce est réalisable sur les plans technique et biologique, à condition que des mesures permanentes de gestion soient mises en œuvre. Une intervention est nécessaire pour s’assurer que l’habitat est protégé et remis en état et que les menaces sont atténuées. Il est possible d’intégrer la planification du rétablissement de la musaraigne de Bendire à d’autres mesures de conservation et à des plans plus globaux, comme le South Coast Conservation Program.
Un plan d’action pour la musaraigne de Bendire doit être élaboré et approuvé par l’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire dans un délai de deux ans après le dépôt du programme de rétablissement au Registre public des espèces en péril.
La musaraigne de Bendire est la plus grosse musaraigne de la Colombie-Britannique et l’une des deux musaraignes semi-aquatiques de la province. Elle mesure en moyenne 15,4 cm de long (longueur totale comprenant la queue de 7 cm; Nagorsen, 1996). Son poids moyen est de 13,2 g (Nagorsen, 1996). Son pelage va du brun foncé au noir sur le dos et est marron foncé sur le dessous (Nagorsen, 1996). Ses pattes postérieures sont pourvues d’une frange de poils raides qui s’entremêlent et l’aident à nager. Cette espèce ne peut être confondue avec la plupart des autres espèces de musaraignes présentes en Colombie-Britannique. Les espèces de musaraignes terrestres présentes dans l’aire de répartition de la musaraigne de Bendire en Colombie-Britannique, Sorex cinereus, S. monticolus, S. trowbridgii, et S. vagrans, sont beaucoup plus petites (elles font en moyenne moins de 12 cm de longueur totale et leur poids est inférieur ou égal à 7 g; Nagorsen, 1996) et leurs pattes postérieures ne sont pas pourvues d’une frange de poils raides. La musaraigne de Bendire partage son habitat avec une autre grande musaraigne semi-aquatique, la musaraigne palustre (S. palustris), dans une partie restreinte de son aire de répartition en Colombie-Britannique. Cette dernière est généralement capturée à de plus hautes altitudes que la musaraigne de Bendire (Nagorsen, 1996). La musaraigne palustre (en moyenne 15,2 cm de long et 10,6 g; Nagorsen, 1996) est légèrement plus petite que la musaraigne de Bendire et s’en distingue par son ventre blanc et son pelage dorsal gris foncé à noir et sa queue bicolore (plus pâle sur le dessous). Afin de pouvoir identifier de façon certaine la musaraigne de Bendire, il faut la capturer pour examiner de plus près ses caractéristiques.
L’aire de répartition de la musaraigne de Bendire se limite à l’ouest de l’Amérique du Nord, de la côte de la Colombie-Britannique jusqu’au nord de la Californie (figure 1). À l’échelle mondiale, la musaraigne de Bendire est classée par NatureServe (2007) comme apparemment non en péril (G4). Aux États-Unis, elle est classée N4 (apparemment non en péril), et au Canada N1 (gravement en péril). Au Canada, la musaraigne de Bendire ne se trouve qu’en Colombie-Britannique, où elle est classée S1S2 (gravement en péril à en péril) par le Centre de données sur la conservation (Conservation Data Centre) de la Colombie-Britannique (2007) et figure également sur la liste rouge de la province. Des trois sous-espèces de musaraigne de Bendire reconnues en Amérique du Nord (S. b. albiventer, S. b. bendirii et S. b. palmeri), seule la sous-espèce S. b. bendirii est présente au Canada. La sous-espèce S. b. bendirii se trouve également dans la chaîne des Cascades, dans l’ouest de l’État de Washington, en Oregon et en Californie. La sous-espèce S. b. albiventer est présente dans la péninsule olympique de Washington, et la sous-espèce S. b. palmeri vit le long des côtes de l’Oregon. Dans les États de Washington et de l’Oregon, l’espèce Sorex bendirii est classée comme étant apparemment non en péril (S4), et en Californie, elle est classée comme étant vulnérable à apparemment non en péril (S3S4) (NatureServe, 2007). La validité de la division en sous-espèces est toutefois remise en question, à la suite de la comparaison de l’ADN mitochondrial de spécimens de S. b. bendirii et de S. b. palmeri (O’Neill et coll., 2005). On a attribué à la musaraigne de Bendire la priorité no 1 dans le contexte du but 3 du cadre de conservation de la Colombie-Britannique. Pour obtenir de plus amples renseignements, consulter le site (en anglais seulement).
Description longue pour la figure 1
La figure 1 présente l'aire de répartition de la musaraigne de Bendire, que l'on retrouve le long de la côte ouest de l'Amérique du Nord, du centre de la Californie jusqu'au sud de la Colombie-Britannique.
En Colombie-Britannique, la musaraigne de Bendire a été signalée dans l’extrême sud-ouest, de Point Grey (à l’ouest) jusqu’à la vallée de Chilliwack (à l’est), et elle a récemment été capturée au nord aussi loin que Squamish (figure 2). Il existe environ 138 mentions d’occurrence (mentions d’occurrence historiques – spécimens de musée – et captures récentes, figure 2), et au moins 6 autres mentions d’observation potentielle. En raison de certaines mentions d’observation de musaraignes qu’on pense être des observations de musaraignes de Bendire, on pense que l’espèce est susceptible d’être présente plus loin vers l’est qu’on ne le pensait. Il faudra toutefois que des individus soient capturés pour déterminer que les musaraignes observées sont bel et bien des musaraignes de Bendire et non des musaraignes palustres : les deux espèces coexistent dans la région et peuvent être difficiles à distinguer l’une de l’autre sans examen minutieux. La superficie de la zone d’occurrence de la musaraigne de Bendire, qui englobe toutes les captures récentes et historiques (sans inclure les observations), est estimée à 5 700 km2. La zone d’occupation actuelle de l’espèce n’est pas connue (COSEPAC, 2006).
On sait de la musaraigne de Bendire qu’elle vit à moins de 650 mètres d’altitude, en Colombie-Britannique. Toutefois, cette affirmation pourrait avoir été faite à partir d’un échantillon biaisé, puisque l’espèce a été découverte à des altitudes pouvant atteindre 850 mètres, dans le parc provincial du mont Seymour (Nagorsen, 1996), et 1 330 m, dans la chaîne des Cascades (Pattie, 1969). À l’heure actuelle, les lignes directrices en matière de pratiques exemplaires de gestion recommandent que la présence de la musaraigne de Bendire soit évaluée dans les sites allant jusqu’à 1 000 m d’altitude (Craig et Vennesland, 2007).
Description longue pour la figure 2
La figure 2 montre l'emplacement des données de capture de la musaraigne de Bendire au sud de la Colombie-Britannique.
Pour obtenir des données sur les tendances relatives à l’abondance ou à la dynamique des populations de la musaraigne de Bendire (y compris sur les taux de reproduction, de croissance et de survie), il faudrait procéder à des captures intensives et répétées de musaraignes vivantes ce qui, à l’heure actuelle, n’a pas lieu. Par le passé, la majorité des captures ont été accessoires; les captures réalisées plus récemment étaient associées à des évaluations environnementales dont le protocole ne permettait pas d’effectuer des évaluations de l’abondance de l’espèce. Par ailleurs, deux études fournissent des données sur la présence et l’absence de l’espèce ainsi que sur des travaux d’échantillonnage (COSEPAC, 2006). Seip et Savard (Seip et Savard, 1990, et Seip, données inédites mentionnées dans COSEPAC, 2006) ont effectué un relevé des petits mammifères en faisant appel à une diversité de techniques. Au total, 22 sites, situés dans des forêts d’âge varié dans les bassins de Seymour, de Capilano et de Coquitlam, ont fait l’objet d’un inventaire. Au cours de cet inventaire, 3 types de piège ont été utilisés (28 340 nuits-pièges), mais seulement 5 musaraignes de Bendire ont été capturées dans 2 sites. Zuleta et Galindo-Leal (1994) ont prélevé des échantillons sur 55 sites à 39 emplacements dans l’aire de répartition connue de la musaraigne de Bendire (19 810 nuits-pièges au moyen de pièges à fosse), mais seulement 3 musaraignes de Bendire ont été capturées. Malheureusement, ni l’une ni l’autre de ces études n’a fourni de renseignements sur l’emplacement des pièges (distance par rapport à l’eau, distance par rapport aux gros débris ligneux), lequel peut influer sur la réussite du piégeage (D. Knopp, comm. pers., 2007). Les données disponibles sur la réussite de la capture en fonction de l’intensité des activités de piégeage d’un grand nombre d’études semblent indiquer que l’espèce est rare dans son aire de répartition (COSEPAC, 2006).
Bien que la tendance en matière d’abondance de la musaraigne de Bendire soit inconnue, on peut présumer que l’espèce subit un déclin, dans la foulée de la perte d’habitat dulcicole convenable dans son aire de répartition (COSEPAC, 2006). Boyleet coll.(1997) ont estimé que 87 % des milieux humides dans les basses-terres continentales ont été perdus entre les années 1820 et 1990. Moore et coll. (2003) ont examiné des orthophotos de 320 milieux humides prises en 1989 et en 1999 et ont documenté la disparition (complète ou partielle) de 22 % des milieux humides. En outre, Pêches et Océans Canada (1997) a étudié des ruisseaux d’eau douce dans les basses-terres continentales et a déterminé que seulement 14 % de ces ruisseaux étaient demeurés à l’état sauvage (non dégradés). En outre, 15 % de ces ruisseaux ont été classés comme état « perdus » (pavés ou pourvus de ponceaux), 23 % ont été classés comme étant « menacés » et les 48 % restant ont été classifiés comme étant « en péril » selon le degré de dégradation de l’habitat. Une immigration en provenance des populations adjacentes de l’État de Washington est peu probable en raison du manque d’habitats de connexion convenables existant encore en Colombie-Britannique (COSEPAC, 2006).
Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat
Habitat convenable
La musaraigne de Bendire est associée à un habitat riverain et elle est capturée dans les zones riveraines, les marais, les terres humides et les forêts denses et humides (COSEPAC, 2006). Les sites de capture en Colombie-Britannique semblent être principalement associés aux cours d’eau et aux terres humides dans les forêts de conifères (thuyas géants, pruches de l’Ouest) ou des forêts caducifoliées. L’espèce a également été capturée dans des milieux plus ouverts, associés à une végétation dense de marais ou de milieu humide (ministère de l’Environnement, données non publiées). Gomez (1992) a découvert que les captures faites en amont de pente (transects de 350 m les plus éloignés du cours d’eau et en hauteur par rapport à ce cours d’eau) de la musaraigne de Bendire, dans l’ouest de l’Oregon, étaient associées à des cours d’eau intermittents. Il y a peu de temps, en Colombie-Britannique, des musaraignes de Bendire ont été capturées le long de cours d’eau canalisés (fossés; ministère de l’Environnement, données non publiées). En Oregon, les musaraignes de Bendire sont principalement associées aux marais peuplés de lysichitons d’Amérique et aux petits cours d’eau coulant dans des peuplements d’aulnes (Maser et coll., 1981).
Le bois mort semble constituer un élément important de l’habitat pour cette espèce, tout comme pour les musaraignes terrestres et d’autres espèces de petits mammifères. Le seul nid connu d’une musaraigne de Bendire était construit sous l’écorce d’un gros débris ligneux (Maser et coll., 1981) et les musaraignes de Bendire sont souvent capturées sous de gros débris ligneux (Ingles, 1965; D. Knopp, comm. pers., 2007). Les longues branches ou les troncs qui surplombent le sol créent des couloirs de déplacement idéaux pour les musaraignes et autres petits mammifères (Hayes et Cross, 1987; Craig, 1995) et augmentent la continuité de la couverture (Terry, 1981). Les gros débris ligneux (p. ex. troncs) en décomposition servent également d’habitat d’alimentation pour les musaraignes : le bois en décomposition abrite différentes communautés d’invertébrés (Maser et Trappe, 1984; Harmon et coll., 1986). Les musaraignes terrestres chassent à découvert, puis utilisent les débris ligneux pour cacher le produit de leur chasse ou le consommer en sécurité (McLeod, 1966; Yoshino et Abe, 1984). Il est probable que les musaraignes de Bendire utilisent les débris ligneux de la même manière.
Selon les données accessibles (limitées), la musaraigne de Bendire serait présente dans les forêts de tout stade structurel, mais pas dans les coupes à blanc (Corn et Bury, 1991; Lomolino et Perault, 2001; COSEPAC, 2006; ministère de l’Environnement, données non publiées). Cependant, les données de capture donnent à penser que la musaraigne de Bendire est plus abondante dans les forêts anciennes que dans les jeunes forêts (COSEPAC, 2006).
Il est probable que les domaines vitaux soient de longues bandes étroites qui suivent le bord de l’eau, similaires à celles décrites pour les autres musaraignes aquatiques, comme Neomys fodiens (musaraigne aquatique européenne; Churchfield, 1990). Harris (1984) a estimé que les domaines vitaux des musaraignes ont une superficie de 1,09 ha, mais la source de cette estimation est incertaine. On ne sait pas si les musaraignes de Bendire sont territoriales.
La capacité de dispersion de la musaraigne de Bendire n’est pas connue. Pattie (1973) a indiqué que des musaraignes de Bendire ont été trouvées jusqu’à 1 km d’un point d’eau dans des forêts humides, McComb et coll. (1993) ont souligné que des musaraignes de Bendire ont été capturées jusqu’à 350 mètres d’un point d’eau permanent, et Maser et coll. (1981) ont suggéré que les jeunes se dispersent dans de l’habitat boisé humide pendant l’hiver. Des recherches additionnelles sont nécessaires pour déterminer si les musaraignes de Bendire capturées dans un endroit éloigné d’un point d’eau étaient en déplacement, si elles résidaient dans cet habitat ou si elles étaient associées à des cours d’eau non permanents. Bien que les musaraignes de Bendire semblent être en mesure de se déplacer dans les forêts humides, leur capacité à faire de même dans de l’habitat fragmenté, non boisé ou forestier aride est mal connue. Adoptant une approche de précaution, on présumera que l’habitat habituel de la musaraigne de Bendire résidente est une bande de 60 m longeant un cours d’eau.
Aucune recherche n’a été menée sur la longueur des cours d’eau nécessaire au maintien d’une population de musaraignes de Bendire. Thomas (1979) a estimé qu’une population viable de musaraignes palustres (S. palustris), dont les caractéristiques du cycle biologique sont similaires à celles de la musaraigne de Bendire, pourrait avoir besoin d'un minimum de 1 600 m d’habitat lotique (c.-à-d. d’eaux courantes) linéaire.
La mâchoire de la musaraigne de Bendire est relativement peu puissante, ce qui signifie qu’elle a probablement un régime alimentaire de consistance plutôt molle (Carraway et Verts, 1994). Cette hypothèse est appuyée par les données de Pattie (1969), qui a indiqué que les musaraignes de Bendire en captivité ne mangeaient pas de coléoptères et d’écrevisses quand elles en avaient l’occasion, mais qu’elles se nourrissaient d’animaux au corps mou tels que les vers de terre, les cloportes, les termites, les mille-pattes et les araignées. La musaraigne de Bendire consomme également des arthropodes aquatiques (Pattie, 1969). Whitaker et Maser (1976) ont constaté que les invertébrés aquatiques constituaient 25 % du contenu de l’estomac de la musaraigne de Bendire. Le contenu de l’estomac comprenait des larves d’insectes, des limaces, des escargots, des carabes, des faucheurs et des vers de terre.
La musaraigne de Bendire chasse sous l’eau; ses plongées peuvent durer jusqu’à 3,5 minutes (Pattie, 1969). En captivité, elle cache ses proies ou les consomme sur la terre ferme (Pattie, 1969). En raison de son métabolisme élevé, de la spécificité de son habitat de prédilection et de son régime alimentaire particulier, la musaraigne de Bendire peut être plus fortement influencée par les changements que subit son habitat que les espèces plus grandes qui sont capables de parcourir des distances relativement grandes et de profiter d’une variété d’habitats et de sources de nourriture (Teferi et Millar, 1993).
La musaraigne de Bendire a une mauvaise vue, tout comme les autres espèces de musaraigne (Pattie, 1973) et, tout comme ces dernières, n’arrive probablement qu’à différencier la lumière de la noirceur (Branis et Burda, 1994). Les musaraignes du genre Sorex pourraient être dotées d’un système d’écholocalisation rudimentaire (Buchler, 1976; Branis et Burda, 1994), trop peu sensible pour servir dans leur quête de nourriture, mais suffisant pour servir à l’exploration des habitats terrestres (Nagorsen, 1996). La musaraigne de Bendire se sert de son museau comme d’un levier pour soulever des objets sous l’eau et de ses moustaches pour détecter la présence de nourriture (Nagorsen, 1996). L’espèce semble être principalement crépusculaire et nocturne, mais elle a parfois été piégée quand il fait jour.
Aucune étude n’a été menée en Colombie-Britannique, mais les données provenant de l’Oregon laissent entendre que la saison de reproduction s’étend de janvier à août (Maser et coll., 1981). Des femelles gravides ont été observées en avril et en mai (COSEPAC, 2006) et des femelles reproductrices ont été capturées de mai à juillet (Maser et coll., 1981). Des petits au nid ont été découverts en mars (Pattie, 1969; COSEPAC, 2006). Les portées observées comptaient de trois à quatre petits (Pattie, 1969) ou de cinq à sept (en Oregon; Verts et Carraway, 1998); une femelle pourrait avoir deux ou trois portées par an (COSEPAC, 2006). Un nid de musaraignes de Bendire, fabriqué à partir d’écorce déchiquetée, a été découvert sous l’écorce détachée d’un Douglas de Menzies (Maser et coll., 1981). La durée de vie de l’espèce est d’environ 18 mois (COSEPAC, 2006). Les mâles ne se reproduisent pas durant leur premier été (Nagorsen, 1996).
D’après les données accessibles, l’habitat de meilleure qualité pour l’espèce se définit actuellement comme suit :
Voici d’autres types d’habitat convenable et/ou important :
- Sites similaires à ceux décrits ci-dessus, mais à des stades structurels moins avancés
- Sites naturels non boisés ayant un couvert arbustif dense autour de cours d’eaux ou de milieux humides
- Cours d’eau éphémères ou intermittents
- Couloirs; habitat de connexion (de préférence de l’habitat riverain, mais potentiellement une forêt coniférienne ou caducifoliée mature et humide)
- Habitat entourant le cours d’eau ou suffisamment de terres humides pour protéger le fonctionnement normal de l’écosystème riverain
- Des indicateurs d’habitat riche comme le lysichiton d'Amérique (Lysichiton americanus)ou le bois piquant (Oplopanax horridus) peuvent révéler la présence d’habitat convenable
- Le bois mort constitue également un élément important de l’habitat
Étant donné que la musaraigne de Bendire est une espèce furtive, aucune étude n’a été réalisée sur la démographie de l’espèce selon l’habitat, ce qui est nécessaire pour bien évaluer le « meilleur » habitat pour l’espèce (les taux de survie, de croissance et de reproduction les plus élevés sont associés aux populations saines occupant le meilleur habitat; Van Horne, 1983).
Rôle écologique
La musaraigne de Bendire est un prédateur d’invertébrés aquatiques et terrestres; l’espèce est obligatoirement associée aux écosystèmes riverains. Bien que la musaraigne de Bendire soit vraisemblablement une proie pour les strigidés (hiboux et chouettes), les belettes et les grandes salamandres (Dicamptodon tenebrosus), elle ne constitue pas la source de nourriture de prédilection de la plupart de ces espèces.
Facteurs limitatifs
Les facteurs suivants sont susceptibles de limiter la répartition et le rétablissement potentiel de la musaraigne de Bendire :
- Spécificité de l’habitat : La musaraigne de Bendire a besoin d’un habitat riverain et de milieux humides à basse altitude. Cette spécificité pourrait augmenter les répercussions éventuelles de la perte et de la fragmentation de l’habitat sur l’espèce en limitant la capacité des musaraignes de Bendire à se déplacer entre les fragments d’habitat. Ainsi, de nombreux éléments anthropiques peuvent constituer des obstacles (p. ex. potentiellement les routes, les ponceaux, les terres agricoles).
- Répartition limitée (historique) : Au Canada, la musaraigne de Bendire se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition. Elle occupe un territoire restreint dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, qui est une région où la croissance démographique, l’aménagement du territoire et la transformation des habitats sont rapides (COSEPAC, 2006). La raison pour laquelle la distribution de l’espèce est limitée est inconnue, mais, selon toute vraisemblance, elle serait due, au moins en partie, à la concurrence avec la musaraigne palustre (COSEPAC, 2006).
Classification des menaces
| Types de la menace | Menaces | Caractéristiques de la menace |
|---|---|---|
| Catégorie de menace | Perte ou dégradation de l’habitat | Étendue: Généralisée |
| Menace générale | Expansion urbaine, incluant la construction résidentielle, la construction de routes et les terrains de golf. |
|
| Menace spécifique | Élimination de l’habitat riverain, destruction de petits cours d’eau ou de ruisseaux ou de milieux humides; empiètement dans les milieux riverains; modification du milieu aquatique (température de l’eau plus élevée, élimination de l’habitat, perte de bassins de proies aquatiques); envasement; passages de cours d’eau nécessitant des substrats artificiels; ponceaux faisant obstacle aux déplacements des musaraignes; eaux de ruissellement des routes ayant une incidence négative sur les proies aquatiques; fosses septiques mal entretenues qui polluent les cours d’eau mettant en péril les proies aquatiques; mauvaise gestion des eaux pluviales, création d’habitats canalisés; fragmentation de l’habitat. |
|
| Stress | Mortalité accrue, diminution de la disponibilité des ressources, isolation de la population, réduction des ressources alimentaires |
|
| Types de la menace | Menaces | Caractéristiques de la menace |
|---|---|---|
| Catégorie de menace | Perte ou dégradation de l’habitat | Étendue: Généralisée là où les terres sont boisées |
| Menace générale | Exploitations forestières à proximité des habitats riverains. |
|
| Menace spécifique | Élimination ou dégradation de l’habitat riverain; perte de petits cours d’eau, de ruisseaux ou de milieux humides; modification du milieu aquatique (température de l’eau plus élevée, élimination de l’habitat, perte de bassins de proies aquatiques); instabilité des berges, envasement, fragmentation de l’habitat. |
|
| Stress | Mortalité accrue, diminution de la disponibilité des ressources, isolation de la population, réduction des ressources alimentaires |
|
| Types de la menace | Menaces | Caractéristiques de la menace |
|---|---|---|
| Catégorie de menace | Perte ou dégradation de l’habitat | Étendue: Généralisée là où se trouvent des terres agricoles |
| Menace générale | Exploitation agricole à proximité des zones riveraines. |
|
| Menace spécifique | Élimination de l’habitat riverain; modification du milieu aquatique (température de l’eau plus élevée, élimination de l’habitat, perte de bassins de proies aquatiques); envasement; piétinement d’habitat riverain par le bétail; ruissellement d’engrais ou de pesticides dans les cours d’eau ayant une incidence sur les bassins de proies aquatiques; fragmentation de l’habitat. |
|
| Stress | Mortalité accrue, diminution de la disponibilité des ressources, isolation de la population, réduction des ressources alimentaires |
|
| Types de la menace | Menaces | Caractéristiques de la menace |
|---|---|---|
| Catégorie de menace | Pollution | Étendue: Inconnue, potentiellement généralisée |
| Menace générale | Construction résidentielle, routes, utilisation d’engrais et de pesticides en agriculture, utilisation de pesticides en foresterie. |
|
| Menace spécifique | Eaux de ruissellement des routes (sel, produits pétroliers, sable) qui peuvent avoir une incidence sur les bassins de proies aquatiques, envasement, ruissellement des pesticides, produits pétroliers dans l’eau susceptibles nuire aux propriétés isolantes du pelage des musaraignes. |
|
| Stress | Diminution des ressources alimentaires; augmentation de la mortalité. |
|
| Types de la menace | Menaces | Caractéristiques de la menace |
|---|---|---|
| Catégorie de menace | Prédation | Étendue: Localisée dans l’ensemble de l’aire de répartition |
| Menace générale | Chats domestiques – féraux et domestiqués. |
|
| Menace spécifique | Prédation par des chats domestiques, menace plus grande dans les zones urbaines et agricoles. |
|
| Stress | Augmentation de la mortalité. |
|
| Types de la menace | Menaces | Caractéristiques de la menace |
|---|---|---|
| Catégorie de menace | Mortalité accidentelle | Étendue: Localisée dans l’ensemble de l’aire de répartition |
| Menace générale | Piégeage. |
|
| Menace spécifique | Capture accessoire dans des nasses à vairon ou au cours de campagnes de capture de petits mammifères. |
|
| Stress | Augmentation de la mortalité. |
|
| Types de la menace | Menaces | Caractéristiques de la menace |
|---|---|---|
| Catégorie de menace | Climat et catastrophes naturelles | Étendue: Localisée dans l’ensemble de l’aire de répartition |
| Menace générale | Inondations, mauvaise gestion des eaux pluviales. |
|
| Menace spécifique | Crue soudaine de cours d’eau entraînant la noyade d’animaux, canalisation des cours d’eau, envasement et perte d’habitat. |
|
| Stress | Augmentation de la mortalité, diminution des ressources alimentaires, diminution de la disponibilité des ressources. |
|
Description des menaces Partie 2 Note1.1de bas de page
Menace 1 – Expansion urbaine
L’expansion urbaine, y compris la construction résidentielle, la construction des routes et les terrains de golf, à l’origine de la perte et de la dégradation de l’habitat riverain, constitue probablement la plus grande menace pesant sur la survie et le rétablissement de la musaraigne de Bendire (COSEPAC, 2006). L’expansion urbaine est chronique et répandue dans toute l’aire de répartition de la musaraigne de Bendire. C’est dans l’ouest de son aire de répartition (p. ex. dans le secteur Point Grey de Vancouver) que la menace est la plus pressante; elle commence à prendre forme dans la partie centre-sud de son aire de répartition (Surrey et ses environs). Les activités d’expansion nécessitent souvent l’élimination complète ou partielle de l’habitat riverain, se traduisant par des changements dans les conditions des cours d’eau, et pourraient avoir une incidence directe sur les musaraignes (p. ex. l’augmentation de la prédation dans les secteurs où le couvert est réduit) ou indirecte (p. ex. l’augmentation de la température de l’eau en raison de l’élimination de la végétation riveraine ayant des effets négatifs sur les bassins de proies aquatiques de la musaraigne). La suppression des arbres de l’étage dominant modifie le microclimat (Chen et coll., 1993) et l’apport de matières organiques à l’habitat aquatique. Ces changements nuisent à leur tour à la qualité de l’eau (température, pH, turbidité, etc.), accroissent le risque de ruissellement de pesticides, d’engrais, d’herbicides ou d’autres sources de pollution dans les cours d’eau, augmentent le débit des cours d’eau et peuvent altérer la stabilité du chenal des cours d’eau (Kelsey et West, 1998). L’empiètement des aménagements et des activités anthropiques dans les habitats riverains adjacents (p. ex. considérer l’habitat riverain adjacent comme une extension de la propriété) constitue une autre source potentielle de la dégradation de l’habitat. La perte ou la dégradation de l’habitat convenable de la musaraigne de Bendire et la construction de routes et de voies ferrées sont également à l’origine de la fragmentation de l’habitat, laquelle limite vraisemblablement la capacité des musaraignes de Bendire à se disperser (se déplacer d’un fragment à l’autre). La fragmentation de l’habitat représente une menace grandissante pesant sur la survie et le rétablissement de l’espèce dans toute son aire de répartition. Le règlement actuel sur la conservation vise à protéger l’habitat des poissons; il prévoit des zones tampons riveraines réduites à aussi peu que 5 m dans certaines conditions (Fish Protection Act, qui fait partie du Streamside Protection Regulation), ce qui n’est pas adapté à la protection de l’habitat de la musaraigne de Bendire.
Menace 2 – Foresterie
Les exploitations forestières près de l’habitat riverain peuvent entraîner la disparition de l’habitat riverain, donc la perte ou la dégradation de l’habitat de la musaraigne de Bendire, tel qu’il est décrit précédemment dans le paragraphe sur l’expansion urbaine. L’élimination du couvert forestier autour des habitats riverains provoque au moins une fragmentation temporaire de l’habitat, sauf si une bande riveraine (corridor) est préservée. En outre, le ruissellement ou la dérive d’engrais ou d’herbicides utilisés dans les exploitations forestières pourrait avoir une incidence négative sur les invertébrés aquatiques dont se nourrit la musaraigne de Bendire. La foresterie constitue une menace généralisée dans l’aire de répartition de la musaraigne de Bendire et une menace majeure pour les zones d’habitat relativement intactes.
Menace 3 – Agriculture
L’agriculture peut entraîner la dégradation (surtout; certains habitats peuvent également être perdus si de nouvelles régions sont converties à l’agriculture intensive) de l’habitat de la musaraigne de Bendire, tel qu’il est décrit ci-dessus dans le paragraphe sur l’expansion urbaine. De plus, la pollution de l’environnement aquatique due au ruissellement et à la dérive d’engrais, d’herbicide ou de pesticide utilisés sur les terres agricoles peut avoir des effets nocifs sur les invertébrés aquatiques dont se nourrit la musaraigne de Bendire. L’accès du bétail aux habitats riverains peut causer le piétinement de la végétation riveraine ou la dégradation du milieu aquatique (érosion des berges, envasement).
Menace 4 – Pollution
La pollution du système aquatique pourrait avoir un effet nocif sur les invertébrés aquatiques, qui sont une source alimentaire importante pour la musaraigne de Bendire. De plus, les contaminants tels que les produits pétroliers peuvent réduire les propriétés isolantes du pelage de la musaraigne de Bendire (COSEPAC, 2006). Voici les principales sources de pollution : eaux de ruissellement des routes (sel, produits pétroliers, sable), et ruissellement et dérive d’engrais, d’herbicides ou de pesticides utilisés en territoire agricole, forestier ou urbain.
Menace 5 – Prédation – animaux domestiques
Galindo-Leal et Runciman (1994) ont déterminé la mortalité due aux chats domestiques comme étant une menace potentiellement importante pesant sur la musaraigne de Bendire dans les zones urbaines et agricoles. Le taux de mortalité dû aux chats et l’incidence globale de ces derniers sur les populations de musaraignes de Bendire sont inconnus. La prédation par les chats domestiques pourrait être une importante cause de mortalité locale, là où vivent des chats qui chassent les musaraignes.
Menace 6 – Mortalité due à la capture
Il arrive parfois que les musaraignes de Bendire soient accidentellement capturées dans des nasses à vairon installées pour les relevés des ressources halieutiques, ainsi que dans des pièges mis en place pour capturer de petits mammifères pendant des projets de recherche. Il est probable que l’espèce soit présente naturellement à de faibles densités (COSEPAC, 2006); par conséquent, le taux de mortalité associé à ces sources peut être élevé à l’échelle locale, en particulier là où plusieurs musaraignes sont capturées. Le niveau de menace général relatif aux captures accidentelles musaraignes de Bendire est inconnu.
Menace 7 – Climat et catastrophes naturelles
Une crue soudaine, en particulier le long des cours d’eau et des ruisseaux, a le potentiel de nuire aux musaraignes de Bendire directement (noyade) et indirectement (canalisation, affouillement des berges causant la perte des terriers et de la végétation riveraine, instabilité des berges contribuant à l’envasement, lequel pourrait avoir une incidence négative sur les invertébrés aquatiques). La mauvaise gestion des eaux pluviales associée à la construction résidentielle pourrait contribuer aux inondations locales.
Les mesures suivantes ont été achevées ou sont en cours :
- Un document sur les pratiques exemplaires de gestion (PEG) (Craig et Vennesland, 2007) est disponible. Il fournit des lignes directrices sur le moment opportun et la manière de procéder à des évaluations environnementales pour la musaraigne de Bendire. Le document inclut également des suggestions relatives à la protection de l’habitat, lorsqu’il existe de l’habitat convenable ou une occurrence de musaraigne de Bendire. Ce document a été largement utilisé dans les secteurs où des travaux d’aménagement étaient prévus (principalement de la construction résidentielle ou routière), et son utilisation a permis de formuler des recommandations relatives à la protection des habitats dans de nombreux secteurs des basses-terres continentales.
- Des documents de vulgarisation permis de mieux faire connaître la musaraigne de Bendire aux consultants du domaine de l’évaluation environnementale et des pêches.
- Des modèles d’analyse de la capacité (c.-à-d. du potentiel) et du caractère convenable de l’habitat ont été créés pour la musaraigne de Bendire (Craig, 2006, 2007). Les ébauches de modèles font appel aux données de la cartographie des écosystèmes terrestres (Terrestrial Ecosystem Mapping [TEM]) et de la cartographie de l’inventaire de l’habitat vulnérable (Sensitive Habitat Inventory Mapping [SHIM]) et permettent d’attribuer une cote (élevé, modéré, faible ou nul) à la capacité (TEM) et au caractère convenable de l’habitat (TEM et SHIM). Les pratiques exemplaires de gestion (PEG) pour l’espèce proposent de faire appel au modèle de cartographie des écosystèmes terrestres pour appuyer les évaluations environnementales. Les modèles actuels doivent être régulièrement mis à jour pour intégrer les plus récentes données sur les associations d’habitat.
- Trois zones entourant des emplacements connus de la musaraigne de Bendire ont été approuvées à des fins de protection dans les aires d’habitat faunique (AHF) (voir annexe A). Au fur et à mesure que des sites convenables supplémentaires à protéger sont découverts sur des terres publiques provinciales, d’autres zones seront proposées aux fins de protection dans les AHF.
- L’équipe de rétablissement travaille à l’élaboration d’un plan d’action.
- L’équipe de rétablissement examine une ébauche de la désignation partielle de l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de la musaraigne de Bendire.
La connaissance de l’écologie et de la distribution de la musaraigne de Bendireau Canada est limitée. Certains renseignements généraux sur les tendances en matière d’habitat en Colombie-Britannique sont suffisants pour déterminer plusieurs menaces potentielles qui pèsent sur l’espèce, mais ils sont inappropriés pour déterminer l’étendue de certaines menaces, pour servir à l’élaboration de programmes de rétablissement détaillés ou pour évaluer en profondeur les progrès réalisés en matière de rétablissement. Les lacunes importantes en matière de connaissances comprennent ce qui suit :
- Distribution actuelle de l’espèce : la détermination de l’aire de répartition actuelle de l’espèce ainsi que de la présence ou de l’absence de l’espèce pour certains secteurs de l’aire de répartition n’est pas achevée. Ces données sont utiles pour préciser les mesures de rétablissement spécifiques (comme la remise en état de l’habitat ou la mise en valeur de la connectivité entre les parcelles d’habitat) et pour évaluer les mesures de rétablissement. Il s’agit de la plus grande priorité en matière d’acquisition de connaissances.
- Besoins en matière d’habitat et obstacles au déplacement : cette information est utile pour parfaire la définition de l’habitat de la plus haute qualité pour la musaraigne de Bendire, pour mieux définir l’habitat essentiel, et pour veiller à ce que les projets de remise en état de l’habitat tiennent compte des éléments de l’habitat les plus importants pour les musaraignes. Des recherches visant à comprendre les obstacles au déplacement (p. ex. déterminer si les ponceaux ou les milieux agricoles ouverts sont des obstacles au déplacement) et des recherches sur le caractère convenable des cours d’eau canalisés pour la musaraigne de Bendire sont nécessaires pour évaluer le caractère convenable de l’habitat actuel et favoriser la connectivité entre les parcelles d’habitat.
- Capacité de dispersion et caractéristiques nécessaires des corridors de dispersion pour la musaraigne de Bendire : la capacité de la musaraigne de Bendire à se disperser vers des habitats adjacents peut dépendre de la présence de certaines des caractéristiques ou de l’adéquation de la taille du corridor. La compréhension des besoins de l’espèce en cette matière permettra de créer des corridors de dispersion convenables pour la musaraigne de Bendire.
- Taille minimale des parcelles d’habitat : la taille minimale des parcelles d’habitat nécessaire pour assurer l’autosuffisance d’une population de musaraignes de Bendire.
Le rétablissement de la musaraigne de Bendire est réalisable sur les plans biologique et technique. Les captures de l’espèce au fil du temps indiquent que des individus reproducteurs sont disponibles et capables de se reproduire. Les principales menaces qui pèsent sur les populations de la musaraigne de Bendire sont la perte, la dégradation et la fragmentation de l’habitat. Ces menaces peuvent être atténuées par des mesures de protection, de gestion et de remise en état de l’habitat. Il existe peu de données sur les associations d’habitat de la musaraigne de Bendire. Des recherches supplémentaires sont nécessaires afin de s’assurer qu’une superficie suffisante d’habitat convenable existe ou peut être aménagée afin de maintenir la population à long terme. Les techniques de rétablissement sont des mesures d’atténuation des menaces; l’atténuation des menaces est considérée comme étant l’approche la plus efficace en matière de rétablissement de cette espèce.
Le but général du rétablissement de la musaraigne de Bendire en Colombie-Britannique est le suivant :
Ce but à long terme peut être atteint en assurant une protection efficace des populations connues, en conservant et en restaurant la connectivité entre les habitats, et en enrichissant les connaissances en matière d’occurrence et de besoins en matière d’habitat.
Ce but est mieux défini en deux parties distinctes :
L’aire de répartition historique de la musaraigne de Bendire au Canada a probablement toujours été restreinte aux secteurs riverains des basses-terres continentales de la Colombie-Britannique. La zone d’occurrence estimée de la musaraigne de Bendire, qui englobe toutes les occurrences récentes et historiques (sans inclure les observations), occupe une superficie d’environ 5 700 km2; la zone d’occupation actuelle de l’espèce n’est pas connue (COSEPAC, 2006). L’habitat riverain au sein de cette zone restera sous la menace continue de l’urbanisation, de l’agriculture, de la foresterie, des activités industrielles et leurs effets collatéraux, comme la construction de routes, les champs d’épuration mal entretenus, la planification inappropriée du drainage des eaux pluviales et les eaux de ruissellement. Il est fort probable que le maintien de l’espèce nécessite une gestion continue de l’habitat et, à ce titre, il se peut qu’elle ne soit jamais considérée comme étant « non en péril » au Canada.
Voici les objectifs spécifiques du rétablissement :
- Protéger tous les sites existants connus en s’attaquant aux menaces, et protéger, remettre en état et gérer l’habitat de la musaraigne de Bendire afin d’empêcher une dégradation et une perte plus importantes de l’habitat et le déclin des populations (protection et gestion de l’habitat – dans un délai de deux ans).
- Remettre en état les habitats potentiels historiques et importants afin de restaurer ou de conserver les sites de rétablissement de la musaraigne de Bendire (remise en état de l’habitat – dans un délai de 10 ans).
- Prévenir la fragmentation de l’habitat et assurer la connectivité de l’habitat en déterminant, en maintenant ou en restaurant un réseau connecté d’habitat de dispersion pour soutenir la dynamique de la métapopulation au sein de l’aire de répartition historique connue de la musaraigne de Bendire (interconnectivité des habitats, modélisation, cartographie et remise en état – dans un délai de 10 ans).
- Empêcher la perte par inadvertance de populations qui n’ont pas encore été découvertes en procédant à un inventaire complet de l’habitat susceptible d’être convenable pour la musaraigne de Bendire (relevés); en tenant à jour les modèles et les cartes de l’habitat actuel (modélisation et cartographie); et en veillant à ce que les données sur les occurrences et l’habitat essentiel ainsi que les outils de gestion soient faciles à évaluer (gestion des données et sensibilisation ou éducation – dans un délai de 5 ans).
- Contrer les menaces immédiates comme la mortalité causée par les prédateurs introduits et des captures accidentelles (atténuer la mortalité directe – dans un délai de 5 ans).
- Évaluer les mesures de protection et les activités relatives au rétablissement ayant été mises en œuvre pour veiller à ce qu’elles soient efficaces en matière de conservation des populations connues et de l’habitat convenable (suivi et évaluation – dans un délai de 5 ans).
- Approfondir notre compréhension des besoins en matière d’habitat essentiel, du cycle biologique, de la dynamique des populations et de l’utilisation de l’habitat de l’espèce, et préciser les menaces qui pèsent sur ces populations afin que des mesures de conservation appropriées puissent être prises (recherche – dans un délai de 10 ans).
Tableau de planification du rétablissement
| Priorité | No de l’objectif | Menaces visées | Stratégie générale pour contrer les menaces | Approches recommandées pour atteindre les objectifs du rétablissement |
|---|---|---|---|---|
| Urgent | 1 | Expansion urbaine, foresterie, agriculture, climat et catastrophes naturelles | Gestion et protection de l’habitat |
|
| Urgent | 2, 3 | Expansion urbaine, foresterie, agriculture | Remise en état de l’habitat et de la connectivité |
|
| Urgent | 4, 6 | Toutes | Relevés, suivi et évaluation |
|
| Urgent | 4 | Perte, dégradation et fragmentation de l’habitat, pollution | Modélisation et cartographie, gestion des données |
|
| Urgent | 5 | Mortalité directe – prédation par les animaux domestiques et mortalité due à la capture | Atténuation de la mortalité directe |
|
| Néces-saire | Tous | Toutes | Éducation/sensibilisation |
|
| Néces-saire | 1, 2, 3, 5, 6, 7 | Tous | Recherche |
|
| Néces-saire | Tous | Toutes | Demandes de financement |
|
Commentaires à l’appui du tableau de planification du rétablissement
Pour réussir à atteindre les objectifs de rétablissement de la musaraigne de Bendire, il sera essentiel de s’engager dans des activités d’intendance dans divers contextes de tenure des terres. L’intendance repose sur une coopération volontaire des propriétaires fonciers pour protéger les espèces en péril et les écosystèmes desquels elles dépendent. Comme la musaraigne de Bendire occupe principalement des terres privées, la conservation et le rétablissement de l’espèce dépendront largement des mesures d’intendance. Ces mesures reposeront sur des initiatives volontaires des propriétaires fonciers visant à maintenir les écosystèmes naturels dont l’espèce dépend. Cette approche d’intendance pourra inclure toute une gamme d’activités, telles que le respect de lignes directrices ou de pratiques exemplaires de gestion visant la musaraigne de Bendire; la protection volontaire d’importantes zones d’habitat sur les propriétés privées; l’ajout de covenants de conservation aux titres de propriété; des dons écologiques ou la vente de propriété (en totalité ou en partie) à des fins de conservation.
Des critères de rendement quantitatifs détaillés seront élaborés à la suite de l’examen de l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce dans le cadre du plan d’action.
| Stratégie générale | No de l’objectif | Mesures de rendement |
|---|---|---|
| Gestion et protection de l’habitat | 1 |
|
| Remettre en état l’habitat et restaurer la connectivité | 2, 3 |
|
| Relevés/suivi | 4, tous |
|
| Modélisation et cartographie, et gestion de l’information | 4 |
|
| Atténuer la mortalité directe | 5 |
|
| Éducation/sensibilisation | 5 |
|
| Demandes de financement | Tous |
|
Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce
Aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral, l’habitat essentiel est défini comme étant « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce. » L’habitat essentiel tel que l’entend la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral n’est pas désigné dans le présent document. Pour pouvoir désigner officiellement l’habitat essentiel, il faudra procéder à une cartographie détaillée et à des consultations supplémentaires avec les propriétaires fonciers et les gestionnaires des terres. L’habitat nécessaire au rétablissement de l’espèce sera désigné au terme des études figurant au calendrier des études requises pour désigner l’habitat essentiel (ci-dessous); la désignation figurera dans le plan d’action qui sera élaboré. Bon nombre de sites potentiels d’habitat essentiel se trouvent sur des terres privées, et c’est pourquoi les propriétaires fonciers devront être consultés avant que les sites ne soient désignés.
L’habitat nécessaire à la survie de la musaraigne de Bendire est fondé sur les occurrences connues et l’habitat nécessaire à son rétablissement est lié à des sites historiques ou à des sites où l’habitat convenable est de grande qualité, lesquels sont nécessaires au maintien d’une population viable et autosuffisante. Selon les besoins biologiques et les besoins en matière d’habitat de l’espèce (voir la section sur les besoins biologiques et les besoins en matière d’habitat), la zone d’habitat nécessaire à la survie de l’espèce doit comprendre une bande riveraine d’une largeur de 100 m sur les deux rives des cours d’eau ou en périphérie des plans d’eau près desquels on trouve des sites des captures (et où l’habitat est disponible), ainsi qu’un tronçon de cours d’eau d’au moins 1,5 km de longueur. Cette définition pourrait être modifiée au fur et à mesure que de nouvelles données sont recueillies.
Calendrier recommandé des études visant à désigner l’habitat essentiel
| Description de l’activité | Résultat/justification | Échéance |
|---|---|---|
| Établir des relevés visant à déterminer la distribution de l’espèce | Élaborer une méthode plus efficace pour déterminer la présence ou l’absence de l’espèce. Préciser la distribution de l’espèce, déterminer d’autres secteurs où l’espèce est présente ou absente. Permet de préciser et de désigner de l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement de l’espèce supplémentaire et d’habitat de connexion potentiel. | 2009-2012 |
| Déterminer les cibles quantitatives en matière de population et d’habitat (p. ex. distribution des populations et/ou de l’habitat, densité de musaraignes de Bendire, caractéristiques des populations) | L’élaboration de cibles quantitatives en matière de population et d’habitat permet d’orienter la désignation de l’habitat essentiel de façon à s’assurer que de l’habitat est protégé dans toute l’aire de répartition de l’espèce. | 2010-2012 |
| Mener des recherches sur les associations d’habitats | L’accroissement des connaissances permettra de raffiner les caractéristiques biophysique et les éléments de l’habitat essentiel de l’espèce (en fonction des indicateurs de population). Les recherches doivent inclure une rétroaction sur les modèles d’analyse de la capacité (potentiel) et du caractère convenable de l’habitat, et étudier des habitats comme les cours d’eau canalisés afin d’évaluer leur utilité pour les musaraignes. Permet de raffiner les zones d’habitat essentiel. | 2009-2015 |
| Perfectionner les modèles d’analyse de la capacité (potentiel) et du caractère convenable de l’habitat | Procéder à la vérification au sol des prévisions des modèles d’analyse de la capacité (potentiel) et du caractère convenable de l’habitat et utiliser les résultats des recherches pour perfectionner le modèle. Le modèle aidera à désigner de l’habitat essentiel supplémentaire. | 2009-2012 |
La superficie de l’habitat de la musaraigne de Bendire protégé par la loi est inconnue (COSEPAC, 2006). À l’heure actuelle, il existe 5 parcs provinciaux et 26 parcs régionaux dans l’aire de répartition de la musaraigne de Bendire, mais l’habitat convenable protégé à l’intérieur des limites de ces parcs est restreint (COSEPAC, 2006). En outre, il existe 4 propriétés du ministère de la Défense nationale (MDN; 1 437 ha) et 62 propriétés situées sur des réserves indiennes (8 553 ha; COSEPAC, 2006) dans l’aire de répartition de l’espèce. De l’habitat convenable pour la musaraigne de Bendire a été repéré sur 2 des propriétés du MDN; le caractère convenable de l’habitat des 2 autres propriétés du MDN et des 62 propriétés situées sur des réserves indiennes n’a pas été évalué. Environ 20 % de l’aire de répartition de la musaraigne de Bendire se trouve sur des terres publiques, mais la plus grande partie de l’habitat convenable pour la musaraigne de Bendire se trouve sur des terres privées (COSEPAC, 2006). Au total, 3 zones situées sur des terres publiques (soit, au total, 21,7 ha en zone principale et 23,6 ha en zone de gestion; voir l’annexe A) où des musaraignes de Bendire ont été capturées sont sous la protection et la gestion des AHF (voir annexe A).
L’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire recommande la mise en place d’une protection de l’habitat fondée sur les occurrences connues récentes (moins de 20 ans) et confirmées qui ne sont pas protégées. L’équipe de rétablissement a désigné 19 zones englobant 24 sites d’occurrences récentes confirmées. D’autres zones devront être désignées pour respecter but en matière de rétablissement de l’espèce. Les zones de protection prioritaires comprendraient des zones entourant les sites de capture récente des musaraignes, comme les 19 zones prioritaires potentielles faisant l’objet d’un examen par l’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire (Équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire, 2007); les zones contiguës et/ou les habitats non perturbés; les secteurs où il existe de nombreuses mentions de la musaraigne de Bendire; les secteurs visés par une menace grave immédiate; ou les secteurs nécessaires pour préserver les corridors d’habitat reliant des parcelles; et les secteurs pour lesquels il existe des mentions historiques et où l’habitat existe toujours ou peut être remis en état.
Les mesures de rétablissement visant la musaraigne de Bendire n’auront probablement pas d’effet négatif sur les communautés ou les espèces non ciblées au sein de l’aire de répartition de l’espèce. Les mesures proposées mettent l’accent sur la protection, la remise en état de l’habitat et l’établissement de liens avec des communautés et des processus naturels, et sur la restauration du bon fonctionnement des écosystèmes riverains; toutes ces mesures seront profitables aux autres espèces indigènes, y compris à plusieurs espèces de poisson commerciales.
Bien que l’importance du rétablissement de l’espèce fasse consensus au sein de l’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire, l’équipe reconnait et comprend que le rétablissement présentera son lot de défis puisque les avantages et les coûts du rétablissement sont comparés à ceux de l’utilisation commerciale de certains éléments de l’habitat de la musaraigne de Bendire. Le principal défi est de trouver une solution qui équilibrera, d’une part, la conservation et le rétablissement des espèces (considérés en général comme générateurs d’effets positifs) et, d’autre part, la nécessité éventuelle de réduire l’utilisation des ressources et l’augmentation des coûts de recherche et de gestion (effets négatifs).
L’équipe de rétablissement considère qu’il existe plusieurs avantages socioéconomiques relatifs au rétablissement de la musaraigne de Bendire; ces avantages sont liés : 1) à la biodiversité et à la gestion durable des ressources; 2) aux obligations découlant de la législation sur les espèces en péril et à l’autonomie de la province en cette matière; 3) au commerce mondial et à la coopération internationale; 4) à la certification forestière; 5) aux intérêts des Premières nations; 6) à l’écotourisme.
Le rétablissement de la musaraigne de Bendire entraînera également des coûts socioéconomiques. Au départ, le seul secteur économique qui devrait être directement touché de façon considérable par le processus de rétablissement est l’aménagement du territoire à des fins d’utilisations urbaine et rurale. Les coûts potentiels déterminés incluent : 1) l’augmentation de la protection et de la gestion des terres privées; 2) les coûts associés à une gestion gouvernementale accrue; 3) l’augmentation des ressources consacrées à la recherche en écologie. Comme, dans une première étape, la protection de la musaraigne de Bendire peut se faire dans le cadre des politiques existantes relatives aux limites en matière de prélèvement forestier dans les AHF, on ne prévoit pas que le processus de rétablissement mène à une réduction de récolte du bois. De plus, seule une petite partie de l’aire de répartition connue de l’espèce se trouve sur une terre publique consacrée à l’industrie forestière, on ne prévoit donc pas que le processus de rétablissement aura des répercussions notables sur l’approvisionnement forestier.
Il est possible d’intégrer les plans pour la musaraigne de Bendire à d’autres mesures de conservation dans la région. Plusieurs espèces en péril partagent l’aire de répartition et les caractéristiques de l’habitat de prédilection de la musaraigne de Bendire, comme le meunier de Salish (Catostomus catostomus ssp.), le naseux Nooky (Rhinichthys cataractae ssp.) et la grenouille maculée de l’Oregon (Rana pretiosa). La protection de l’habitat d’autres espèces pourrait également fournir de l’habitat convenable (habitat nécessaire à la survie ou corridor de connexion) pour la musaraigne de Bendire. Afin d’encourager la coordination à l’échelle du paysage des mesures de rétablissement pour les espèces en péril dans les basses-terres continentales de la Colombie-Britannique, le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a créé le South Coast Conservation Program (SCCP) en partenariat avec The Land Conservancy, Fraser Valley Conservancy, Community Mapping Network et l’Université de la Colombie-Britannique.
L’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire travaille actuellement à l’élaboration d’un plan d’action pour le rétablissement de la musaraigne de Bendire. La version définitive du plan d’action doit être terminée et approuvée par l’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire dans un délai de deux ans après la publication du programme de rétablissement dans le Registre public de la Loi sur les espèces en péril.
B.C. Ministry of Water, Land and Air Protection. 2004. Pacific Water Shrew, Accounts and measures for managing identified wildlife, Biodiv. Br., Identified Wildlife Management Strategy, Victoria (Colombie-Britannique).
Boyle, C.A., L. Lavkulich, H. Schreier et E. Kiss. 1997. Changes in land cover and subsequent effects on lower Fraser Basin ecosystems from 1827 to 1990, Environ. Manage. 21:185-196.
Buchler, E.R. 1976. The use of echolocation by the Wandering Shrew (Sorex vagrans), Anim. Behav. 24:858-873.
Chen, J., J.F. Franklin et T.A. Spies. 1993. Contrasting microclimates among clearcut, edge, and interior of old-growth Douglas-fir forest, Agric. For. Meteorol. 63:219-237.
Churchfield, S. 1990. The natural history of shrews, Cornell Univ. Press., Ithaca (New York), 178 p.
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) au Canada – Mise à jour, Ottawa (Ontario), 33 p.
Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. 2007. B.C. Species and Ecosystems Explorer, ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique). (Consulté le 7 août 2007; en anglais seulement).
Craig, V.J. 1995. Relationships between shrews (Sorex spp.) and downed wood in the Vancouver watersheds, B.C., mémoire de maîtrise es science, Université de la Colombie-Britannique,Vancouver (Colombie-Britannique), 98 p.
Craig, V.J. 2006. Species account and preliminary habitat ratings for Pacific Water Shrew (Sorex bendirii) using SHIM data, v. 2, rapport préliminaire élaboré pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Surrey (Colombie-Britannique).
Craig, V.J. 2007. Species account and preliminary habitat ratings for Pacific Water Shrew (Sorex bendirii) using TEM data, v. 2, rapport préliminaire élaboré pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Surrey (Colombie-Britannique).
Craig, V.J., et R.G. Vennesland. 2007. Best management practices guidelines for Pacific Water Shrew in urban and rural areas, projet de rapport, ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Ecosystem Standards and Planning, Biodiversity Branch, 38 p.
Équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire. 2007. Preliminary partial critical habitat identification for Pacific Water Shrew (Sorex bendirii), rapport préliminaire élaboré pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 26 p.
Forest Practices Code Act of B.C. 1995. Riparian Management Area guidebook, B.C. Min. For., Min. Environ., Lands and Parks, Victoria (Colombie-Britannique).
Galindo-Leal, C., et J.B. Runciman. 1994. Status report on the Pacific Water Shrew (Sorex bendirii) in Canada, Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa (Ontario).
Gomez, D.M. 1992. Small mammal and herpetofauna abundance in riparian and upslope areas of five forest conditions, mémoire de maîtrise en sciences, Oregon State University, Corvallis (Oregon), 118 p.
Harmon, M.E., J.F. Franklin, F.J. Swanson, P. Sollins, S.V. Gregory, G.W. Lienkaemper, J. Cromack et K.W. Cummins. 1986. Ecology of coarse woody debris in temperate ecosystems, Adv. Ecol. Res. 15:133-301.
Harris, L.D. 1984. The fragmented forest: Island biogeography and the preservation of biotic diversity, Univ. of Chicago Press, 211 p.
Hayes, J.P., et M.P. Cross. 1987. Characteristics of logs used by Western Red-backed Voles, Clethrionomys californicus, and Deer Mice, Peromyscus maniculatus, Can. Field-Nat. 101:543-546.
Ingles, L.G. 1965. Mammals of the Pacific states, Stanford Univ. Press., Stanford (Californie), (cité dans Maser et coll., 1981).
Lomolino, M.V., et D.R. Perault. 2001. Island biogeography and landscape ecology of mammals inhabiting fragmented, temperate rain forests, Global Ecol. Biogeogr. 10:113-132.
Maser, C., B.R. Mate, J.F. Franklin et C.T. Dyrness. 1981. Natural history of Oregon coast mammals, General Technical Report PNW-133, United States Department of Agriculture, Forest Service, Forest Products Laboratory.
Maser, C., et J.M. Trappe (éd.). 1984. The seen and unseen world of the fallen tree, General Technical Report PNW-164, United States Department of Agriculture, Forest Service, Forest Products Laboratory.
McComb, W.C., K. McGarigal et R.G. Anthony. 1993. Small mammal and amphibian abundance in streamside and upslope habitats of mature Douglas-fir stands, western Oregon, NW Sci. 67:7-15.
McLeod, J.M. 1966. The spatial distribution of cocoons of Neodiprion swainei Middleton in a Jack pine stand, I, A cartographic analysis of cocoon distribution, with special reference to predation by small mammals, Can. Entom. 98:430-447.
Moore, K.E., P. Ward et K. Roger. 2003. Urban and agricultural encroachment onto Fraser lowland wetlands, 1989 to 1999, procedings of the 2003 Georgia Basin/Puget Sound Research Conference, résumé et présentation Powerpoint, données inédites (cité dans COSEPAC, 2006).
Nagorsen, D.W. 1996. Opossums, shrews and moles of British Columbia, Royal B.C. Museum handbook, ISSN 1188-5114, University of British Columbia Press, Vancouver (Colombie-Britannique), 169 p.
NatureServe. 2007. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life (application Web), Version 6.2, NatureServe, Arlington (Virginie). (consulté le 7 août 2007; en anglais seulement).
O’Neill, M.B., D.W. Nagorsen et R.J. Baker. 2005. Mitochondrial DNA variation in water shrews (Sorex palustris, Sorex bendirii) from western North America: implications for taxonomy and phylogeography, Can. J. Zool. 83:1469-1475.
Pattie, D. 1973. Sorex bendirii. Am. Soc. Mammal., Mammal. Spec. No. 27.
Pêches et Océans Canada. 1997. Wild, threatened, endangered and lost streams of the Fraser Valley: summary report, Lower Fraser Valley Stream Review Vol. 3, plan d’action du Fraser, Direction de l’habitat et de la mise en valeur, Pêches et Océans Canada, 58 p.
Seip, D.R., et J. Savard. 1990. Maintaining wildlife diversity in old growth forests and managed stands, Ann. Progr. Rep. 1989-1990, B.C. Minist. For., Res. Br., Victoria (Colombie-Britannique), 46 p.
Stinson, D.W., D.E. Runde et K.A. Austin. 1997. A small mammal community in managed forest of southwestern Washington, rapport technique préliminaire, Western Timberlands Research, Weyerhaeuser, Tacoma (Washington), 19 p.
Teferi, T., et J.S. Millar. 1993. Long distance homing by the Deer Mouse, Peromyscus maniculatus, Can. Field-Nat. 107:109-111.
Terry, C.J. 1981. Habitat differentiation among 3 species of Sorex and Neurotrichus-gibbsii in Washington USA, Am. Midl. Nat. 106:119-125.
Thomas, J.W. (éd.). 1979. Wildlife habitats in managed forests, Agric. Handb. 533, US Department of Agriculture, Forest Service, Washington DC.
Van Horne, B. 1983. Density as a misleading indicator of habitat quality, J. Wildl. Manage. 47:893-901.
Verts, B.J., et L.N. Carraway. 1998. Land mammals of Oregon, University of California Press, Berkeley (Californie).
Whitaker, J.O. Jr., et C. Maser. 1976. Food habits of five western Oregon shrews, NW Sci. 50:102-107.
Yoshino, H., et H. Abe. 1984. Comparative study on the foraging habits of two species of Soricine shrews, Acta Theriologica 29:35-43.
Zuleta, G.A., et C. Galindo-Leal. 1994. Distribution and abundance of four species of small mammals at risk in a fragmented landscape, Wildl. Working Rep. No. WR-64, Minis. Environ., Lands and Parks, Wildl. Br., Victoria (Colombie-Britannique).
Knopp, Denis. BC’s Wild Heritage, Chilliwack (Colombie-Britannique).
| Nom | Identifiant de l’aire d’habitat faunique | Notes inscrites | Superficie (ha) |
|---|---|---|---|
| Musaraigne de Bendire | 2-140 | Zone principale de l’AHF | 11,7 |
| Musaraigne de Bendire | 2-140 | Zone de gestion de l’AHF | 8,7 |
| - | - | Sous-total – 2-140 | 20,4 |
| Musaraigne de Bendire | 2-144 | Zone centrale de l’AHF | 6,5 |
| Musaraigne de Bendire | 2-144 | Zone de gestion de l’AHF | 9,5 |
| - | - | Sous-total – 2-144 | 16,0 |
| Musaraigne de Bendire | 2-147 | Zone centrale de l’AHF | 3,5 |
| Musaraigne de Bendire | 2-147 | Zone de gestion de l’AHF | 5,4 |
| - | - | Sous-total – 2-147 | 8,9 |
| Total | - | - | 45,3 |
| - | Résumé | Total – zones principales | 21,7 |
| - | - | Total – zones de gestion | 23,6 |
| Total | - | - | 45,3 |