Module 2 : La violence fondée sur le sexe et vous

Introduction

Il peut être difficile de parler de violence fondée sur le sexe (VFS), mais le fait d’en parler ouvertement contribue à sensibiliser le public à ce problème et à réduire la stigmatisation dont elle fait l’objet. Cela peut contribuer à briser le cycle de la violence et à promouvoir une société plus sûre et plus compatissante.

De plus, si vous avez été victime de VFS ou si vous en avez été témoin, le fait de partager votre expérience avec d’autres personnes susceptibles de vous apporter du soutien, ou d’offrir vous-même du soutien et de l’empathie à d’autres personnes, peut constituer un aspect important du processus de guérison.

Dans ce module, nous verrons comment parler de la VFS avec vos proches, une personne de confiance, etc. Nous aborderons également un concept important, l’intersectionnalité, qui peut déterminer comment une personne peut être touchée par la violence fondée sur le sexe.

Avant de commencer

S’il est important de parler de la VFS pour contribuer à la guérison et la sensibilisation, il est également essentiel de se protéger et d’avoir pleinement conscience de ses propres déclencheurs. Les déclencheurs sont tout ce qui peut amener une personne à se rappeler une expérience traumatisante qu’elle a vécue. Par exemple, des images graphiques de violence peuvent être un déclencheur pour certaines personnes. Des éléments moins évidents, comme des chansons, des odeurs ou même des couleurs peuvent également être des déclencheurs, selon l’expérience vécue par chaque personne.

Si aborder la VFS est trop difficile pour vous, il n’y a pas de mal à prendre du recul et à vous concentrer sur votre sécurité personnelle et votre bien-être. Consultez les ressources mentionnées au besoin, ou essayez des stratégies d’autosoins comme l’exercice, la méditation ou le fait de passer du temps avec des proches, qui peuvent vous aider à vous enraciner et à vous sentir en contrôle.

Besoin d’en parler?

Vous trouverez ici une liste de ressources canadiennes, dont des lignes d’assistance téléphonique, des services de conseil et des groupes de soutien pour les jeunes.

Vous hésitez quant à la signification d’un terme? Un glossaire sur la VFS est disponible.

Rappelez-vous : la VFS n’est jamais de votre faute. Des personnes et des ressources sont là pour vous soutenir.

Section 1 : Parler de la VFS

Qu’est-ce qu’une saine communication?

La communication saine ne se limite pas à la parole, c’est une voie à double sens qui consiste à écouter, dans le respect, et à discuter de sujets difficiles sans insulter ni blesser l’autre personne. Il ne s’agit pas de faire passer un message mais bien d’être là pour l’autre.

8 conseils pour une communication saine

1. Parlez au « Je ». Dites des choses comme « Je me sens mal quand tu ___ », plutôt que « Tu me contraries ». Évitez de blâmer ou d’accuser l’autre de vouloir vous faire du mal.

2. Dites les choses clairement et directement. Personne ne peut lire dans vos pensées, alors dites ce que vous pensez, ce que vous ressentez et ce dont vous avez besoin.

3. Ne mettez pas vos sentiments de côté. Parlez rapidement des choses qui vous dérangent pour ne pas qu’elles s’accumulent et deviennent des problèmes plus importants.

4. Instaurer la confiance. À moins qu’une personne ne vous ait donné des raisons de ne pas le faire, croyez qu’elle vous dit la vérité et supposez qu’elle est bien intentionnée – cela contribuera à établir la confiance.

5. Posez des questions. Si vous ne comprenez pas ce qu’on vous dit ou pourquoi on vous le dit, posez des questions. Ne faites pas de suppositions.

6. Discutez en personne. Il est très facile de mal comprendre ou de mal interpréter un message texte ou un courriel. Parler en personne (ou par appel vidéo) vous permettra d’entendre le ton de sa voix et de voir son langage corporel.

7. Ne criez pas. Durant une dispute, il est tout à fait normal de se mettre en colère ou sur la défensive. Mais si vous vous sentez mal ou en colère, faites une pause jusqu’à ce que vous soyez tous les deux calmes.

8. Acceptez de présenter des excuses. Tout le monde commet des erreurs. Le fait de présenter des excuses (et de le faire sincèrement) aide beaucoup à aller de l’avant après une dispute.

Entamer une conversation sur la VFS

Il est important de reconnaître que les conversations sur la VFS peuvent être délicates pour toutes les personnes impliquées. Avant d’entamer une conversation, il est important de penser à soi, à son bien-être et à sa sécurité physique et émotionnelle.

« N’hésitez pas à fixer des limites. Ne partagez que ce que vous êtes à l’aise de partager ».

Niko C

Leader jeunesse

Avant

Pendant

Après

N’oubliez pas qu’il est essentiel de vous ancrer dans la réalité pendant la conversation, non seulement pour votre propre bien-être mais aussi pour que la discussion demeure respectueuse et productive. En prenant soin de vous, vous pourrez aborder la conversation avec compassion et compréhension.

5 façons de décompresser après une conversation difficile

1. Atténuez le stress à l’aide de cette méthode.

2. Ressentez et évacuez vos émotions

Exprimez vos sentiments de manière positive en faisant quelque chose qui vous aide à vous détendre.

3. Prenez soin de vous sans dépenser

Offrez-vous un petit automassage, détendez-vous en prenant un bain, faites une sieste ou allez-vous promener, par exemple.

4. Prenez une minute pour prendre pleinement conscience de vous-même

5. Concentrez-vous sur les aspects positifs et sur vos points forts pour vous sentir mieux.

Activité 1 : Cartographie des forces

La connaissance de soi et de ses points forts permet de créer des relations authentiques avec les personnes qui vous entourent, et d’avoir davantage conscience de vous-même dans vos interactions avec les autres. De plus, elle peut vous permettre d’avoir des conversations pertinentes, informées et empathiques sur la violence fondée sur le sexe, contribuant ainsi à une société plus sûre et plus égalitaire pour tout le monde.

La création d’une cartographie des forces est un moyen d’identifier vos forces et vos capacités, et peut-être même d’en découvrir certaines auxquelles vous n’aviez jamais pensé! Pour commencer :

  1. Commencez par écrire votre nom au milieu d’une feuille blanche.
  2. Créez des catégories en répondant aux questions.
  3. Après avoir créé vos catégories, faites un remue-méninge sur certaines des qualités personnelles qui sont associées à ces aspects de votre vie. Par exemple, si vous avez écrit « m’adonner à l’art » sous la catégorie « Ce que je fais », vous pourriez dire que vous êtes une personne créative.
Questions: Ce que je fais, les choses qui me procurent de la fierté, ce que je fais pour aider les autres, les rôles que je joue, ce dont je fais partie, ce que j'admire de ma personnalité

Être une personne alliée pour quelqu’un dans le besoin

Il peut être difficile de savoir ou de penser qu’une personne qui vous est chère vit une relation malsaine ou abusive. Vous pouvez vous inquiéter pour sa sécurité et vouloir l’aider à sortir de la situation. Mais il est important de se rappeler que chaque personne a le droit de prendre ses propres décisions, y compris celles qui peuvent être mauvaises pour elle.

Voici ce que vous pouvez faire pour aider une personne de votre entourage qui est touchée par la violence fondée sur le sexe :

N’oubliez pas : pensez toujours à votre propre sécurité lorsque vous aidez une personne victime de VFS. Si vous croyez qu’une situation peut être dangereuse, demandez de l’aide.

Activité 2 : Réflexion sur vos relations

Lisez les pages précédentes de ce module et reportez-vous au glossaire si certains termes ne vous sont pas familiers. Après avoir lu les définitions, réfléchissez à vos relations et à la façon dont les gens en parlent. Posez-vous les questions suivantes :

Section 2 : Identité, pouvoir et privilège

Qu’est-ce que l’intersectionnalité?

Vidéo sur l’intersectionalité 101 (en anglais seulement)

L’identité de chaque personne se compose de plusieurs éléments différents : certains sont innés, comme notre date de naissance ou notre ethnicité, et d’autres se développent au fil du temps, comme notre langue, nos habiletés et nos aptitudes. Certaines parties de notre identité sont visibles, comme notre apparence physique, tandis que d’autres, comme nos valeurs et nos croyances, sont invisibles.

Lorsque nous parlons d’intersectionnalité, nous examinons la manière dont toutes ces différentes parties de notre identité se chevauchent ou s’entrecroisent, et comment cela modifie la manière dont nous percevons le monde.

Par exemple, imaginez que vous avez deux camarades, Abdul et Caroline. Caroline est une jeune fille blanche de 15 ans qui vit dans une grande ville, tandis qu’Abdul, également âgé de 15 ans, est un jeune homme noir et vit dans une petite ville. Parce qu’ils ont tous les deux 15 ans, Abdul et Caroline ont beaucoup de choses en commun, mais aussi beaucoup de choses qui les différencient. En tant que fille, Caroline a été confrontée toute sa vie aux stéréotypes de genre, ce qui n’est pas le cas d’Abdul. Et en tant que personne racisée, Abdul a subi de la discrimination fondée sur la couleur de sa peau, ce que Caroline n’a pas vécu. De plus, comme il habite dans une petite ville, Abdul a dû également faire face à des défis différents, comme un accès limité aux ressources, ce qui n’est pas le cas de Caroline.

Imaginez maintenant que Caroline et Abdul aient d’autres différences. Peut-être qu’Abdul souffre d’un handicap physique et que Caroline est homosexuelle. Ces éléments supplémentaires de leur identité rendent leurs expériences uniques l’une par rapport à l’autre, même si tous les deux ont des loisirs et des centres d’intérêt similaires.

L’intersectionnalité nous aide à comprendre que la vie et les expériences des gens sont façonnées par chaque partie de leur identité. Elle nous rappelle que chaque personne a plusieurs facettes et que nous devons prendre en compte tous les éléments qui la composent lorsque nous réfléchissons à ses sentiments, à ses expériences et à ses besoins.

Comment l’intersectionnalité est-elle liée à la VFS?

La violence fondée sur le sexe touche tout le monde, mais pas tout le monde de la même manière. Les femmes, les filles et les personnes de genre différent courent un plus grand risque d’être touchées par la violence fondée sur le sexe. Et si elles font également partie de l’un des groupes ci-dessous, elles peuvent être confrontées à la violence fondée sur le sexe plus souvent ou de manière différente que certains de leurs pairs.

En ce qui concerne la VFS, l’intersectionnalité nous rappelle que les expériences ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Certaines personnes peuvent être confrontées à des difficultés supplémentaires en raison de la façon dont les différentes parties de leur identité se chevauchent. Il est essentiel de prendre en compte toutes les composantes possibles de l’identité d’une personne lorsque nous abordons des questions telles que la violence et de traiter tout le monde avec équité et respect.

Que sont les privilèges?

Le module 1 nous a appris que le pouvoir n’est pas toujours également distribué. Les systèmes et les préjugés au sein de notre société peuvent permettre à certaines personnes d’avoir des privilèges que d’autres n’ont pas. Les personnes privilégiées peuvent avoir plus de facilité à trouver un emploi ou un logement, ou être moins susceptibles d’être confrontées à la violence fondée sur le sexe.

Les privilèges peuvent être difficiles à reconnaître lorsqu’on en bénéficie. Lorsque vous avez habitude de bénéficier de certains avantages, ceux-ci peuvent ne pas vous sembler évidents parce qu’ils font partie de votre expérience quotidienne. Apprendre à reconnaître les privilèges nécessite une réflexion personnelle, de l’empathie et une volonté d’écouter les expériences d’autrui.

Lorsque nous réfléchissons à l’intersectionnalité, nous devons également penser aux avantages que nous pouvons avoir et à l’injustice qui existe dans le monde. Il est essentiel d’utiliser nos avantages pour aider les autres et pour s’opposer aux systèmes injustes qui permettent à la violence fondée sur le sexe de se produire.

Activité 3: Votre roue de l’identité

Avant de commencer cette activité, lisez les 2 sections précédentes et visionnez cette vidéo (en anglais seulement) pour en savoir plus sur l’intersectionnalité et comment elle est liée à la violence fondée sur le sexe. E. Ensuite, faites un remue-méninge concernant certaines de vos identités visibles et invisibles.

Complétez la roue de l’identité en utilisant vos propres identités. N’oubliez pas : vous ne devez partager que ce qui vous met à l’aise! N’oubliez pas : vous ne devez partager que ce qui vous met à l’aise. Si vous avez des doutes sur l'un des termes de la roue, consultez les informations ci-dessous pour plus d'explications.

Votre roue de l’identité

Vous trouverez ci-dessous plusieurs exemples des termes qu’on retrouve dans la roue de l’identité. Cette liste n’est pas exhaustive et vous pouvez choisir plus d’une identité pour chaque facteur. N’hésitez pas à utiliser vos propres termes lors de la création de votre roue de l’identité!

Facteurs externes

Type d’habitation
Dans quel type de logement vivez-vous?

Citoyenneté et statut d’immigration
La citoyenneté fait référence au pays dont la personne est citoyenne. Une personne peut avoir plus d’une citoyenneté. Le statut d’immigration indique si la personne est non-immigrante, immigrante ou résidente non permanente.

Situation géographique
Dans quel type d’endroit vivez-vous?

Niveau d’éducation
Quelle est votre année de scolarité? Avez-vous sauté ou redoublé une année? À quel endroit accédez-vous à l’éducation?

Statut relationnel
Êtes-vous actuellement en relation amoureuse?

Environnement familial
Qui vit avec vous? Qui est votre système de soutien?

Apparence physique

Facteurs internes

Groupe ethnoculturel

À quel(s) groupe(s) ethnoculturel(s) vous identifiez-vous?

Ethnicité, patrimoine et culture
Quelles sont vos origines ethniques, patrimoniales et culturelles?

Classe et situation économiques
Quelle est la situation économique de votre famille?

Identité de genre
Comment vous identifiez-vous? Ne vous inquiétez pas si vous hésitez quant à la manière dont vous vous identifiez; votre identité peut également changer au fil du temps.

Orientation romantique et sexuelle
Qui vous attire et avec qui voulez-vous avoir des relations?

Âge
Veuillez indiquer votre âge.

Foi, croyances, valeurs et idéologies
De quelle confession êtes-vous ou quelle religion pratiquez-vous? Quelles sont les valeurs les plus importantes pour vous?

Capacités (ou incapacités) physiques ou de développement
Les troubles du développement sont des affections attribuables à une déficience physique, d’apprentissage, de langage ou de comportement.

Un handicap physique est une limitation de la fonction physique, de la mobilité, de l’agilité ou de l’endurance d’une personne.

Il existe quatre grands types de troubles du développement :

Capacités (ou incapacités) mentales ou émotionnelles
Les troubles mentaux ou émotionnels affectent la capacité d’une personne à reconnaître, interpréter, contrôler et exprimer efficacement ses émotions fondamentales, par exemple :

Utilisation langagière et première langue
Quelle langue utilisez-vous le plus souvent, en général? Quelle est votre première langue? Quelle est la langue que vous parlez le plus avec votre communauté?

Nationalité et lieu de naissance
Quelle est votre nationalité? Quel est votre lieu de naissance?

Activité 4 : Réflexion sur l’identité

Après avoir créé votre propre roue de l’identité, prenez le temps d’y réfléchir en répondant aux questions suivantes. Il s’agit d’un exercice individuel dans le cadre duquel vous pouvez réfléchir à des aspects personnels de vous-même et de votre vie. Vous êtes libre de partager ou non les réponses de cet exercice avec d’autres personnes.

  1. De quelles identités avez-vous le plus conscience ou auxquelles pensez-vous le plus souvent?
  2. De quelles identités avez-vous le moins conscience ou auxquelles pensez-vous le moins souvent?
  3. Sur laquelle ou lesquelles de vos propres identités aimeriez-vous en savoir plus?
  4. Quelles sont les identités qui ont le plus d’impact sur la façon dont vous vous percevez?
  5. Quelles sont les identités qui ont le plus d’impact sur la façon dont les autres vous perçoivent?
  6. Pourquoi est-ce important de réfléchir à nos identités?
  7. Comment nos identités nous donnent-elles ou nous enlèvent-elles du pouvoir et des privilèges dans la société?
  8. Comment vos identités influencent-elles votre sentiment d’appartenance au travail, à la maison, à l’école ou dans les communautés dont vous faites partie?
  9. Comment les différentes identités peuvent-elles être utilisées pour être une personne alliée?

Où puis-je trouver de l’aide?

Si vous êtes victime de violence fondée sur le sexe, vous n’avez pas à vivre cela dans la solitude. Que vous vouliez seulement parler à quelqu’un ou avez besoin d’aide pour vous sortir d’une situation dangereuse, de l’aide est à votre disposition.

Autres ressources

Détails de la page

2025-05-15