Allocution prononcée par l’honorable Sean Fraser, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté : Événement virtuel sur la protection et l’autonomisation des femmes et des filles déplacées en Amérique centrale et au Mexique

Discours

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté organise un événement virtuel sur la protection et l’autonomisation des femmes et des filles déplacées en Amérique centrale et au Mexique.

Ottawa (Ontario)

Le 7 décembre 2021

Tel que prononcé

Merci à notre animateur, et merci aussi à vous tous pour votre présence aujourd’hui. Welcome everyone, bienvenue tout le monde. (En espagnol) Je m’appelle Sean Fraser et je suis ravi de me joindre à vous à titre de nouveau ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada. J’aimerais commencer par souligner que je me joins à vous depuis Ottawa, la capitale de notre pays, qui se trouve sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinaabe.

Au nom du gouvernement du Canada, permettez-moi de souligner que c’est un véritable honneur pour moi de vous accueillir à notre événement de haut niveau, en tant que pays qui préside la plateforme de soutien du Cadre global régional de protection et de solutions, ou MIRPS, plus facile à prononcer. Comme le savent maintenant la plupart d’entre vous, le Canada a accepté plus tôt cette année la présidence de la plateforme de soutien.

J’estime que ce rôle arrive à point nommé. Pour aborder la crise migratoire, nous devons examiner la situation d’un point de vue global, et le déplacement forcé des êtres humains est l’un des enjeux fondamentaux de notre époque. La pandémie mondiale de COVID n’a fait qu’exacerber les défis auxquels nous sommes confrontés collectivement. Qu’il s’agisse d’accueillir des réfugiés vulnérables dans notre pays ou d’aider nos amis de la région, je peux vous assurer que le Canada sera présent. Et je le pense vraiment.

En sa qualité de président de la plateforme, le Canada se concentre sur l’aide à apporter aux pays d’Amérique centrale et au Mexique, et il vise à obtenir l’aide dont ces pays ont besoin pour mieux gérer les défis qu’ils doivent relever du point de vue des déplacements forcés et de la migration, qu’il s’agisse de soutien financier, technique ou politique. Nous espérons rallier les nations afin de renforcer leurs systèmes de protection, comme le prévoient les plans d’action nationaux dont j’ai pris connaissance au cours de ma récente visite au Guatemala.

Nous désirons soutenir la création et la promotion de voies d’accès régulières et sûres pour la migration et le déplacement des personnes. Il s’agira notamment de voies d’établissement des réfugiés ainsi que d’autres voies complémentaires comme les programmes de parrainage communautaire et de mobilité de la main d’œuvre. Dans la foulée de ces efforts, j’ai eu l’occasion de visiter le Guatemala la semaine dernière dans le cadre de la réunion annuelle du MIRPS, à ma toute première visite à l’étranger en tant que ministre fédéral du Canada.

Au cours des discussions, j’ai pu écouter attentivement la façon dont les pays du MIRPS décrivaient les progrès accomplis dans le cadre de leurs divers plans d’action nationaux, des plans qui définissent des priorités et des engagements concrets pour aborder la crise des déplacements forcés dans la région. Notre rôle en tant que plateforme de soutien est de participer activement à ces conversations avec les pays du MIRPS pour les aider à atteindre leurs objectifs.

Au cours de ce voyage, j’ai eu l’immense privilège de rencontrer des jeunes femmes et des filles inspirantes lors de notre visite de l’Allianza, et je sais qu’une invitée de cette organisation se joindra à nous plus tard aujourd’hui dans le cadre de la discussion. Cette organisation est un refuge et une école pour les jeunes femmes et les filles qui sont victimes d’agressions, de violence et de traite de personnes. Très honnêtement, les histoires et les expériences que j’ai entendues devraient heurter la conscience de chacune des personnes réunies ici aujourd’hui.

Malheureusement, je crains qu’elles ne surprennent personne. Le souvenir de l’une des filles qui guidait notre visite est demeuré dans mon esprit depuis que j’ai quitté le Guatemala. Cette jeune fille s’exprimait avec éloquence en nous faisant visiter l’installation, et elle a ainsi décrit son expérience à cet endroit et l’importance qu’elle revêtait pour elle. À un moment de notre visite, elle a fait un exposé de cinq minutes sans jamais consulter de notes.

Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’elle aurait pu s’adresser à un ministre du Cabinet la semaine dernière, mais ce que j’espère réellement, c’est qu’en investissant dans le type de programmes qui appuient les personnes dans sa situation, elle puisse la semaine prochaine voir qu’elle a le potentiel d’être elle-même ministre un jour. J’ai quitté l’Allianza avec un sentiment de fierté pour certaines des contributions apportées par le Canada et par d’autres donateurs à cette organisation et à des organisations similaires de la région.

Mais j’avais également le sentiment accablant de devoir faire plus, afin que d’autres personnes du monde entier puissent obtenir le soutien qu’elles méritent tant. Je désire remercier tout particulièrement Mme Carolina Escobar Sartir, qui est avec nous aujourd’hui en tant que panéliste, pour les efforts incroyables qu’elle déploie dans la région et pour avoir pris le temps de m’expliquer les principes, les approches et les stratégies qui sous-tendent le travail de transformation effectué par l’Allianza sur le terrain, auprès des jeunes femmes et des filles.

De ce voyage, j’ai tiré des leçons que j’espère pouvoir transmettre aux centres de ressources pour femmes de ma propre communauté au Canada, parce qu’aucun pays n’a le monopole des bonnes idées. L’occasion d’apprendre les uns des autres est l’un des atouts les plus précieux qu’offrira cette plateforme. Il me tarde d’en apprendre davantage de Carolina et des autres panélistes, parce que nous avons tant à apprendre les uns des autres.

Ce voyage au Guatemala a renforcé pour moi l’importance de la plateforme de soutien du MIRPS pour aborder la question du déplacement forcé, tant du point de vue de ses causes que de ses répercussions en Amérique centrale et au Mexique. Ce qui m’amène à mon prochain point : l’aspect que privilégiera le Canada à titre de président de la plateforme cette année, sous la direction de notre premier ministre. Le Canada est fier de sa politique étrangère féministe et de sa politique d’aide internationale féministe.

C’est une approche qui guide chacun des engagements internationaux du Canada, y compris sa contribution à titre de président de la plateforme de soutien du MIRPS. C’est aussi le sujet de notre séance d’aujourd’hui, les femmes et les filles déplacées en Amérique centrale et au Mexique qui se servent du cadre du MIRPS pour obtenir une protection, de l’aide et une plus grande autonomisation. Ce thème met en évidence la nature multidimensionnelle des mouvements dans la région, y compris les besoins en matière de protection internationale et les droits de la personne des femmes, des filles et des personnes LGBTQI+, qu’elles soient réfugiées ou migrantes.

Notre objectif avec ce thème est d’attirer l’attention sur les besoins particuliers des femmes et des filles qui sont déplacées de force, et de rallier des partenaires pour aider à protéger les dizaines de milliers de femmes et de filles qui ont fui des pays du nord de l’Amérique centrale pour échapper tout particulièrement à la violence conjugale et sexuelle. Et pourtant, le voyage vers le nord est souvent tout aussi périlleux que les situations qu’elles cherchent à fuir.

Le Canada souhaite accroître la sensibilisation aux dangers auxquels sont confrontés ces groupes en déplacement tout en prenant des mesures pour s’attaquer de façon significative à la violence fondée sur le genre dans les pays du MIRPS. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (le HCR), des dizaines de milliers de femmes et de filles ont fui des pays de la région tandis que des membres des communautés LGBTQI+ font aussi face à la discrimination, à la violence et à la persécution.

Ces pays démontrent qu’ils mettent en œuvre leurs plans d’action nationaux, soit une série de mesures concrètes qui prennent en considération les femmes et les filles déplacées en particulier, de même que les membres de la communauté LGBTQI+. Ces mesures reflètent l’engagement des pays du MIRPS à aborder des domaines comme la protection, les emplois et les moyens de subsistance, l’éducation, la santé et la protection sociale.

J’ai été enchanté de découvrir certains des efforts déployés sur le terrain pendant les présentations faites dans le cadre de nos réunions au Guatemala. Dans ce contexte particulier, nous avons choisi de planifier le présent événement de sorte qu’il se déroule pendant les 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre organisés par le HCR. Bon nombre d’entre vous le savent, cette campagne annuelle internationale commence le 25 novembre, qui est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

L’événement se conclut le 10 décembre, Journée internationale des droits de la personne. De nombreux pays du MIRPS s’emploient déjà à diriger ces efforts au moyen de plans d’action nationaux et de mesures destinées à mieux protéger les femmes et les filles, et nous devons tous les appuyer. C’est la raison pour laquelle je suis si fier d’annoncer aujourd’hui, au nom de mon collègue Harjit Sajjan, ministre du Développement international du Canada, une nouvelle initiative visant à autonomiser et à protéger les femmes et les filles du Honduras, du Guatemala et du Salvador.

Cette annonce prévoit un engagement de dix millions de dollars au cours des quatre prochaines années, et nous travaillerons en collaboration l’Organisation internationale pour les migrations et le HCR afin d’aider les femmes qui ont été déplacées de force. Nous allons ainsi nous attaquer aux causes de la migration irrégulière et aider les femmes à retourner volontairement et en toute sécurité dans leurs pays d’origine.

Enfin, nous allons travailler à améliorer la protection des femmes, des filles et des personnes LGBTQI+, et en particulier celle des personnes déplacées au sein de leur pays, des réfugiés et des demandeurs d’asile. Et ce n’est pas tout. Au cours des prochains mois, le Canada fera progresser des initiatives, grandes et petites, dans le cadre de son rôle de président. Deux priorités favorisent tout particulièrement l’intégration des nouveaux arrivants et font la promotion de voies complémentaires qui offrent de nouvelles options pour accueillir encore plus de réfugiés dans nos pays.

Afin de démontrer le type d’approches que les pays du MIRPS pourraient adopter, nous comptons présenter le projet pilote innovateur canadien de la voie d’accès à la mobilité économique destiné aux réfugiés, ainsi que notre programme de parrainage communautaire de renommée internationale. La semaine dernière, le Canada a commencé à recevoir des demandes dans le cadre du programme pilote élargi qui permet aux réfugiés qualifiés de venir au Canada en soumettant une demande au titre de programmes d’immigration économique existants.

Si vous me permettez de m’éloigner un peu du sujet pour un moment, j’aimerais dire que j’ai constaté directement la valeur que procure ce programme au Canada en tant que pays de destination pour ces réfugiés. Je veux parler d’une installation de soins de longue durée qui se trouve à cinq minutes de chez moi, appelée Glen Haven Manor, qui a récemment contribué à la réinstallation de 32 réfugiés offrant des soins aux aînés de notre communauté. Cette initiative permet à ces personnes de demeurer au sein de la communauté, sans quoi elles auraient été obligées de partir pour recevoir les soins dont elles ont besoin.

Ce programme procure des avantages au Canada. Parallèlement, nous aidons à atténuer certaines des pressions auxquelles sont confrontées des personnes de partout dans le monde. Il s’agit d’une petite communauté de quelques milliers de personnes seulement. Imaginez ce qu’une initiative comme celle-là pourrait apporter si cette ambition était propagée aux petites communautés comme celle d’où je viens, mais dans le monde entier.

Je dois aussi dire que nous célébrons ce mois-ci le cinquième anniversaire de l’Initiative mondiale de parrainage des réfugiés, qui aide d’autres pays à élaborer des modèles de parrainage communautaire. Cette initiative s’est traduite par des programmes ou des projets pilotes de parrainage dans huit autres pays. De tels programmes ne nous permettent pas seulement d’accueillir un plus grand nombre de réfugiés; ils nous aident également à redéfinir la façon dont une société voit ses réfugiés.

Trop souvent, j’entends les gens dire que les réfugiés cherchent à obtenir des avantages, qu’ils sont un fardeau pour le système, alors que de si nombreuses façons, d’après mon expérience, leur présence représente un gain pour nous. Les réfugiés que j’ai rencontrés au sein de ma propre communauté et qui sont venus ici dans le cadre de parrainages privés ont démarré des entreprises qui emploient des douzaines de personnes. Ils ont ouvert des restaurants qui font que ma communauté est un milieu de vie encore plus dynamique et vivant.

Ils apportent une vitalité et une culture à l’endroit que je considère comme chez moi. Je crois que nous pouvons partager ces leçons et ces histoires de réussite avec les pays du monde entier. Je veux également travailler à renforcer et à améliorer la capacité des systèmes de protection en rehaussant l’aide technique que nous offrons aux pays de la région.

Nous allons continuer de discuter activement avec des partenaires et des intervenants intéressés afin de cerner de nouvelles occasions de collaboration et d’élargir le fondement de l’engagement à l’égard de la plateforme de soutien du MIRPS elle-même. Notre intention est d’adopter une approche qui englobe l’ensemble de la société. Cette approche va dans le sens du pacte mondial sur les réfugiés, considérant la possibilité encore largement inexploitée pour les gouvernements de s’engager auprès d’intervenants non étatiques et de particuliers qui sont eux-mêmes des réfugiés pour trouver des solutions.

En dernier lieu, le Canada est convaincu que nous devons mettre au cœur de tout ce que nous faisons les personnes déplacées de force et les expériences qu’elles ont vécues. Nous devons soutenir les organisations dirigées par des réfugiés et accorder aux réfugiés, et en particulier aux femmes et aux filles, l’espace dont ils ont besoin pour faire connaître leurs histoires au reste du monde. Filippo Grande, haut commissaire du HRC, a récemment déclaré que le monde se trouvait à un moment décisif.

Nous sommes arrivés à un point où la gestion des déplacements forcés exige une approche plus exhaustive, de sorte que les pays et les communautés ne doivent pas faire face à cet enjeu de façon fragmentaire. J’espère non seulement que le Canada va revoir ses ambitions à la hausse, mais qu’il choisira de faire plus collectivement, en tant que communauté mondiale confrontée à des défis communs, non seulement à l’échelle régionale, mais à l’échelle mondiale.

Dans certaines parties du monde, y compris dans certaines régions de mon propre pays, certains estiment qu’il serait préférable d’agir seuls. Les mots me manquent pour dire à quel point je suis en désaccord avec cette mentalité, que nous parlions de réagir à la pandémie, d’aborder les conséquences du changement climatique ou de résoudre la crise de déplacements forcés dont nous discutons aujourd’hui.

Il est clair que les problèmes mondiaux exigent des solutions mondiales. Des nombres records de personnes se déplacent. À nous de décider de quelle façon nous allons gérer cette tendance collectivement. S’il n’y a aucun contrôle à cet égard, les personnes les plus vulnérables du monde demeureront à risque; la capacité de nos systèmes nationaux sera dépassée et les attitudes malsaines de discrimination envers nouveaux arrivants vont proliférer.

Mais si nous travaillons ensemble, nous pourrons affronter ces défis de manière à protéger les personnes vulnérables, à favoriser la croissance de nos économies et à faire de nos communautés de meilleurs endroits pour vivre, non seulement pour les nouveaux arrivants qui se joignent à nous, mais pour les personnes qui y vivent depuis des décennies. Pour conclure aujourd’hui, je désire souligner que le Canada est ici pour apporter de l’aide. Mais nous avons également beaucoup à apprendre.

Nous avons peut-être un système d’asile de renommée mondiale, mais nous savons aussi que notre géographie nous facilite les choses, comparativement à d’autres régions du monde. Apprenons les uns des autres et avançons tous ensemble. Nous ne vivons peut-être pas juste à côté, mais nous sommes indéniablement des voisins, et nous avons l’intention d’être de bons voisins. Mille mercis à tous et à toutes, gracias.

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