ARCHIVÉ – Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

Allocution au Conseil des relations internationales de Montréal

Montréal (Québec)
Le 20 avril 2012

Tel que prononcé

Je suis ici à la fin d’une tournée nationale sur un thème qui revêt une grande importance pour l’avenir de notre pays – la réforme fondamentale de notre système d’immigration.

Comme le prévoit l’Entente Canada-Québec sur l’immigration, le pouvoir de sélectionner des immigrants économiques et certains réfugiés réinstallés relève de la compétence du gouvernement provincial du Québec. J’ai une très bonne relation avec la ministre québécoise Kathleen Weil, qui prend les démarches requises pour contribuer à la croissance économique du Québec et donner suite à la question du vieillissement de la population.

Le Québec et le Canada ont besoin de nouveaux arrivants qui peuvent mettre à profit leurs compétences et leurs contributions économiques pour accroître la prospérité de notre pays. En tant que pays d’accueil, le Canada a l’obligation morale et légale d’aider les réfugiés – hommes, femmes et leurs familles – venant des quatre coins du monde, en leur offrant une protection.

En ce qui a trait à certaines préoccupations soulevées, j’aimerais souligner qu’en tant que ministre canadien de l’Immigration, je suis fier d’être citoyen d’un pays qui accueille un nombre plus élevé de réfugiés réinstallés par habitant que tout autre pays. À l’heure actuelle, nous accueillons un réfugié réinstallé sur 10. Cela veut dire que nous dépassons les exigences de l’ONU à cet égard, et que nous recevons le plus grand nombre de réfugiés réinstallés au monde. Nos efforts ne s’arrêtent pas là; nous augmenterons de 20 pour cent le nombre de réfugiés qui seront acceptés, parce que la protection des victimes de persécution est au cœur de l’identité canadienne.

En effet, c’est dans notre empreinte sociale. Cela fait partie de nous, de notre identité de défendre les victimes de persécution. Nous l’avons fait pour les loyalistes de l’Empire uni, les loyalistes noirs, les esclaves fugitifs du chemin de fer clandestin qui sont venus trouver refuge au Nord, les réfugiés qui ont frappé à notre porte tout au long du 20e siècle, les victimes des pogroms en Europe de l’Est, les survivants de l’Holocauste que nous soulignerons cette semaine dans le cadre du Jour commémoratif de l’Holocauste, les victimes des persécutions communistes à Budapest en 1956 et à Prague en 1968, et les réfugiés de la mer vietnamiens et indochinois en 1979. Sans compter que, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le Canada a accueilli près d’un million de réfugiés venant de partout au monde. Nous sommes fiers de cette tradition de protection de nos semblables.

Et c’est pourquoi nous accepterons 20 % plus de réfugiés réinstallés tout en renforçant les mécanismes de protection de notre régime de l’asile.

Toutefois, pour maintenir l’appui du public et établir un consensus tant au Québec qu’au Canada en faveur de l’immigration et de l’accueil des réfugiés, il faut montrer aux Canadiens que l’immigration contribue à renforcer notre économie. Le problème tient au fait que, depuis plusieurs années, nous acceptons un nombre record de nouveaux arrivants au Canada. Depuis l’entrée en fonction du gouvernement actuel en 2006, en moyenne, plus de 250 000 personnes se sont vu octroyer un statut de résident permanent. Il s’agit du niveau le plus élevé de l’histoire du Canada. L’immigration compte pour 0,8 pour cent de l’augmentation annuelle de la population. Parmi les pays développés, le Canada enregistre le taux le plus élevé.

Or, la situation actuelle est quelque peu paradoxale. Nous acceptons des centaines de milliers de nouveaux arrivants au Québec comme au Canada, mais bon nombre de ceux-ci se rendent compte, dès leur arrivée ici, qu’il y a une pénurie d’emplois dans leur domaine. Ainsi, trop d’immigrants se trouvent sans emploi. Ils sont trop nombreux à être sous-employés ou à occuper des emplois de base. Souvent, ces gens qui ont quitté leur pays sont bien instruits et cultivés, occupaient des postes dans les hauts rangs de leur société, et jouissaient d’une bonne situation financière. À leur arrivée au Canada, ils se trouvent au bas de l’échelle de la main-d’œuvre.

Et selon moi, cela est inacceptable. Si nous choisissons d’accueillir des nouveaux arrivants venant de partout au monde, nous devons leur offrir l’occasion de réaliser leur plein potentiel au Canada et leur permettre de trouver un emploi à la hauteur de leurs compétences. Ils doivent avoir la chance de participer pleinement à l’économie canadienne parce que vous savez, ces immigrants ne rêvent pas de venir s’établir ici pour y vivre dans un atelier sur la diversité. Ils sont à la recherche de prospérité économique pour leur famille et pour eux-mêmes.

Il y a deux mois, à Trois-Rivières, j’ai rencontré un ressortissant algérien. C’est un jeune ingénieur intelligent et très compétent qui habite à Montréal depuis deux ans. Il s’était d’abord trouvé un emploi à Montréal, mais les choses n’allant pas comme il l’aurait souhaité, il s’était alors installé dans les régions, où, une fois de plus, ses efforts n’ont pas porté leurs fruits. Il est vraiment découragé. Je rencontre des gens comme lui toutes les semaines.

Par exemple, il y a deux semaines, une dame de Vancouver est venue me voir en pleurant. Elle avait quitté l’Iran il y a trois ans pour s’établir ici avec son mari. Elle est radiologiste, lui chirurgien pédiatrique. Elle m’a dit : « Monsieur Kenney, ça fait trois ans que nous essayons d’obtenir notre permis d’exercice. Nous y avons mis toutes nos économies. Nous sommes désespérés. Je déteste le gouvernement iranien en poste en ce moment, mais je n’ai d’autre choix que de retourner travailler en Iran comme radiologiste si je veux économiser assez d’argent pour permettre à mon fils d’aller faire sa médecine à l’Université de la Colombie-Britannique et de réaliser son rêve de devenir le médecin canadien qui découvrira le remède contre le cancer ». Cette femme m’a fait penser à une autre personne, une ressortissante syrienne qui était médecin. Je l’ai rencontrée à Edmonton, où elle travaille comme femme de ménage dans les hôtels depuis cinq ans.

En tant que Canadien, je suis sincèrement d’avis que cela est inacceptable. Que nous invitions ces gens à venir s’établir ici, à quitter les hauts rangs de leur pays pour venir vivre une situation de chômage chronique et de sous-emploi, cela frôle l’immoralité.

En plus de ces anecdotes qui démontrent les faiblesses de notre système, des données statistiques brossent un tableau de la situation. Selon les statistiques, le taux de chômage des nouveaux arrivants est deux fois plus élevé que celui de la population en général, et quatre fois plus élevé que celui des Canadiens de naissance qui sont titulaires d’un diplôme universitaire. Et depuis les trois dernières décennies, nous remarquons chez les nouveaux arrivants au Québec et au Canada une diminution des revenus.

En même temps, nous faisons face à une pénurie d’emplois, particulièrement dans certaines industries et régions. C’est à cette situation paradoxale que j’ai fait référence tout à l’heure. Nous faisons venir des immigrants qui se trouvent sans emploi à un moment où notre économie est aux prises avec des pénuries d’emploi dans diverses industries et régions. En raison de ce que nous voyons dans les médias, nous pensons souvent que la situation de la pénurie d’emplois est propre à la région de l’Ouest, plus particulièrement l’Alberta. Mais en réalité, il s’agit d’un problème national.

Un peu plus tard aujourd’hui, je dois rencontrer des entrepreneurs montréalais qui œuvrent dans le domaine de la conception de jeux vidéo – une industrie de plusieurs centaines de millions de dollars au Canada. Et croyez-le ou non, ils ne parviennent pas à trouver un nombre suffisant de travailleurs canadiens pour faire tout le travail dans les délais voulus, et ce n’est pas à défaut d’avoir cherché. Ils souhaitent ardemment trouver des travailleurs, par exemple par le biais du Programme des travailleurs étrangers. Ainsi, non seulement nous ne disposons pas d’une main-d’œuvre canadienne suffisante, mais nous ne parvenons pas non plus à accueillir des immigrants qui possèdent les compétences requises pour combler les emplois disponibles. Qui plus est, les employeurs doivent se tourner vers la main-d’œuvre internationale par le biais du Programme des travailleurs étrangers. Ça n’a aucun sens!

De toute évidence, nous devons modifier notre approche à l’égard de la formation des jeunes canadiens pour qu’ils acquièrent les compétences professionnelles qui leur permettront de combler les emplois de demain. Nous devons également procéder à une réforme des programmes fédéraux d’immigration pour être en mesure de jumeler les nouveaux arrivants avec les emplois disponibles maintenant et à l’avenir. Voilà l’objectif de la réforme de l’immigration.

Il y a tout de même un problème. Au fil du temps et pour des raisons complexes, notre système d’immigration est devenu rigide et lourd, et comporte de longs processus de présentation de demande et des arriérés de centaines de milliers de cas. Aujourd’hui, un million de personnes attendent une décision quant à leurs demandes d’immigration. Dans le cadre de plusieurs de nos programmes, le traitement d’une demande peut prendre jusqu’à huit ans. Il faut remédier à la situation sans tarder, car nous devons nous adapter à un marché du travail international de plus en plus concurrentiel.

Il y a deux ans, je suis allé à Mumbai, en Inde, où j’ai rencontré l’un des plus brillants diplômés de l’Institut des technologies de Hyderabad. On parle ici de la meilleure université de l’Asie du Sud, et il en était l’un des meilleurs étudiants. Je lui ai dit : « J’espère que tu envisages de venir travailler au Canada ». Il m’a répondu : « Très bien monsieur le ministre, mais que devrais-je faire pour y arriver? » Et c’est à ce moment-là que je me suis mis à fixer le plancher et à me sentir mal à l’aise parce que je lui ai répondu, un peu en marmonnant : « Eh bien, tu devrais probablement présenter une demande au titre du Programme des travailleurs qualifiés, et tu devrais recevoir une réponse d’ici huit ans. » Il n’y comprenait rien : « Mais monsieur le ministre, certains de mes amis qui ont terminé leurs études en même temps que moi ont trouvé du travail en Australie ou en Nouvelle-Zélande dans les cinq mois suivant la fin de leurs études! »

De plus en plus, nous avons de la difficulté à inciter les jeunes les plus talentueux à s’installer au Canada. Nous avons besoin de leurs compétences pour croître notre économie et ainsi créer de nouveaux emplois. C’est à cause de la rigidité de notre système fédéral d’immigration que nous n’arrivons pas à convaincre ces personnes à immigrer au Canada. Nous devons donc examiner de façon claire et décisive les problèmes d’arriérés dans le système d’immigration.

Nous devons nous attaquer aux problèmes d’arriérés et à l’interminable temps d’attente. C’est pourquoi nous avons annoncé le mois passé dans le cadre de notre budget, que nous allions retourner les trois quarts des demandes qui sont en attente dans notre principal système fédéral d’immigration. Nous n’avons pas pris cette décision de gaieté de cœur, et je suis déçu pour toutes ces personnes qui attendaient patiemment leur tour. Je suis également déçu que nos erreurs aient mené à une telle situation. Mais si nous ne prenons pas de mesures décisives maintenant, nous ne pourrons jamais compter sur un système d’immigration expéditif qui peut combler nos besoins en main-d’œuvre et accueillir des travailleurs prêts à répondre à la demande. Nous devons agir de manière résolue. C’est ainsi que, d’ici environ 18 mois, nous pourrons compter sur un système d’immigration en temps réel à l’échelon fédéral, capable d’accueillir des immigrants qualifiés dans les mois, et non pas les années, suivant leur demande. Nous pourrons jumeler plus facilement les immigrants avec les employeurs qui ont des postes à combler.

Nous avons étudié les réformes menées par d’autres pays, comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui ont créé un système d’évaluation préalable du niveau d’instruction et des compétences des personnes qui souhaitent travailler dans les professions et les domaines réglementés.

Comme vous le savez sans doute, l’une des plus grandes difficultés auxquelles se heurtent les immigrants est la reconnaissance de leurs titres de compétences. Nous travaillons actuellement avec le Québec et d’autres gouvernements provinciaux à l’élaboration d’un cadre pancanadien pour la reconnaissance des compétences acquises à l’étranger. Nous avons accordé 50 millions de dollars à ce programme, dans le cadre du Plan d’action économique, pour faire participer toutes les associations professionnelles – les médecins, les avocats, etc. – aux discussions pancanadiennes, afin de créer un système d’immigration accéléré et simplifié qui permet d’évaluer et de reconnaître rapidement les compétences acquises à l’étranger.

C’est un dossier très important que nous chapeautons. Ensuite, les fonctionnaires fédéraux inviteront les auteurs de demandes d’immigration à consulter les organismes nationaux responsables de l’octroi de permis et à présenter une demande d’évaluation préalable. Nous voulons savoir, avant de les faire venir ici, s’ils ont véritablement une chance d’obtenir un permis d’exercice au Canada.

Nous sommes confrontés à deux types de problèmes lorsqu’il s’agit de reconnaître les titres de compétences étrangers. Il faut dire que certains organismes d’attribution des permis se sont livrés à des manœuvres de protectionnisme et se sont attribué un rôle de gardien. Mais il y a aussi que nous avons créé une situation problématique en invitant à venir s’établir ici des professionnels qui sont ingénieurs et médecins sur papier, mais qui ne répondent pas aux normes canadiennes. Nous devons être honnêtes avec eux.

Nous devons clairement annoncer notre intention, car nous ne voulons pas attirer des ingénieurs, qui sont techniciens selon les normes canadiennes, si nous ne pouvons pas tirer parti de leurs compétences? Pourquoi faire venir au Canada des médecins de l’étranger afin qu’ils deviennent chauffeurs de taxi ou qu’ils travaillent dans des dépanneurs?

Nous ne leur rendons pas service. Nous les forçons à gaspiller leurs talents. Cela représente des coûts humains, des coûts sociaux et des coûts de renonciation pour l’économie canadienne. C’est ce que nous tâchons d’éviter en mettant en place un processus d’évaluation préalable de la formation et des titres de compétences.

Comme vous le savez, dans le cadre du système fédéral d’immigration, le même nombre de points est attribué à un demandeur diplômé de l’université Harvard qu’à un demandeur diplômé d’une université qui se classe au dernier rang des universités américaines.

Nous n’accordons pas de note qualitative à la formation reçue. Dorénavant, nous tâcherons de déterminer si la formation que les immigrants éventuels ont reçue est valable sur le marché du travail canadien.

Et nous avons l’intention de créer un système regroupant les demandeurs hautement qualifiés, que l’on mettra à la disposition des employeurs, pour que les employeurs qui cherchent à embaucher des personnes compétentes puissent communiquer avec les candidats à l’immigration concernés. Il s’agit d’un système qui a déjà été adopté en Nouvelle-Zélande et en Australie.

Grâce à ce nouveau système, des employeurs pourront consulter le répertoire des immigrants éventuels qualifiés au préalable et inviter ces travailleurs à venir s’établir au Canada avec la promesse d’un emploi réservé. D’après nos données, les immigrants qui prennent les dispositions nécessaires pour trouver un emploi avant de s’installer au Canada gagnent un revenu moyen de près de 80 000 $ au cours de leur troisième année de résidence. Ce salaire représente le double du salaire touché par des immigrants qui n’ont pas pris les dispositions requises pour trouver un emploi avant d’arriver au pays. C’est pourquoi les données sont importantes.

Et selon nos données, les personnes qui peuvent compter sur un emploi réservé s’en tirent deux fois mieux que celles qui n’ont pas cette chance.

Ce sont quelques-uns des changements que nous mettons en place afin d’harmoniser notre système d’immigration avec nos besoins économiques. Je dois dire que nous avons déjà procédé à certaines réformes importantes, notamment la création de la catégorie de l’expérience canadienne. Nous voulons aider les étudiants étrangers à demeurer au Canada et à obtenir leur citoyenneté canadienne.

C’est la raison pour laquelle nous avons créé un nouveau programme qui permet aux étudiants étrangers de demeurer au Canada en tant que résident permanent une fois leurs études terminées. Nous délivrons maintenant un permis de travail de deux ans aux étudiants étrangers qui ont terminé leurs études afin de les aider à acquérir une expérience canadienne. Également, nous donnons aux travailleurs étrangers temporaires admissibles qui ont travaillé au Canada pendant un an l’occasion de rester au pays.

Dans ces cas, les étudiants étrangers hautement qualifiés et les travailleurs étrangers temporaires se sont déjà intégrés à notre société. Ils ont perfectionné leurs compétences linguistiques, possèdent une expérience sur le marché du travail canadien, et sont titulaires de diplômes ou de titres de compétences qui seront reconnus par les employeurs canadiens. Leur succès est presque assuré, et les changements que nous mettons en œuvre nous permettront de retenir ces gens.

J’aimerais également souligner les réformes que nous voulons réaliser en ce qui concerne nos programmes d’aide aux entrepreneurs et investisseurs immigrants, parce que je sais qu’ils touchent bon nombre d’entre vous.

Je suis d’avis que le Canada n’a pas su se faire valoir auprès des investisseurs immigrants. Nous offrons un prix inférieur, mais nous accordons le statut de résident permanent aux investisseurs qui prêtent la somme de 800 000 $ à notre gouvernement pour une période de cinq ans, au terme de laquelle nous promettons de leur rembourser cette somme. Selon moi, cela n’amène pas la création d’emplois ni la richesse. Il ne s’agit pas non plus d’un engagement stable et continu envers l’économie canadienne. C’est une transaction qui ne comporte aucun risque pour les investisseurs. Qui plus est, la liste de candidats qui souhaitent bénéficier de ce programme est très longue. Il existe des millions de millionnaires qui possèdent des avoirs d’une immense valeur nette qui souhaitent venir vivre au Canada.

Je crois donc que nous devrions modifier ces programmes afin d’en tirer de plus grands avantages économiques pour le Canada, et de garantir la création continue d’emplois et de richesse. Nous nous sous-estimons. Nous devrions pourtant savoir que nous représentons un exemple idéal au chapitre de la migration internationale. On ne peut trouver mieux que le statut de résident permanent au Canada.

Tout récemment, je suis allé à Toronto annoncer quelques-uns de nos nouveaux programmes d’entrepreneuriat en compagnie de Kevin O’Leary qui participe à la version originale de l’émission de télévision Dans l’œil du dragon. Il voyage partout dans le monde pour rencontrer des investisseurs, et selon lui, le Canada est devenu la destination tout indiquée pour les investisseurs étrangers. Selon le magazine Forbes, le Canada est désormais le meilleur endroit au monde où démarrer une nouvelle entreprise. Et la Banque mondiale place le Canada au troisième rang des pays où il est propice d’investir.

Trouver des gens intéressés à investir leur capital chez nous n’est pas un problème. Maintenant, si nous leur offrons le privilège du statut de résident permanent, nous devrions exiger d’eux qu’ils s’engagent à contribuer de manière continue et significative à l’économie canadienne.

C’est pourquoi nous avons annoncé des consultations sur la réforme du programme d’aide aux investisseurs immigrants. Le Québec a mis en place un programme semblable, et nous voulons collaborer avec le gouvernement québécois à cet égard. Nous aimerions également coordonner avec lui les changements potentiels, dans la mesure du possible.

Finalement, nous allons restructurer entièrement nos programmes d’aide aux investisseurs immigrants. À l’heure actuelle, nous attirons des gens qui sont prêts à investir 300 000 $ et qui s’engagent à créer des emplois au cours d’une période de deux ans. Et bien, ces gens arrivent ici, achètent un petit dépanneur, puis le vendent au bout de deux ans. Cela ne crée pas d’emploi. Ce n’est ni l’esprit ni l’intention de nos programmes. Nous allons donc procéder à une réforme des programmes.

Par exemple, la création d’un programme de visa pour « démarrage » d’entreprise permettra aux innovateurs – comme les jeunes étrangers compétents –, qui ont des plans d’entreprise et qui sont appuyés par des investisseurs canadiens de se lancer en affaires au Canada. Nous envisageons d’offrir un visa « jeune entrepreneur ». Cette idée a été présentée au Congrès américain, mais nous voulons devancer les Américains et convaincre ces entrepreneurs de venir s’établir ici.

Je conclurai ce discours sous peu et je prendrai quelques instants pour répondre à vos questions, mais je dirai d’abord ceci : nous comprenons l’importance capitale de la maîtrise de la langue dans notre approche à l’égard de l’immigration et de l’intégration.

Comme vous le savez, les données indiquent que les compétences linguistiques sont le facteur clé du succès des immigrants. Je sais très bien qu’il s’agit d’une question partiale au Québec. Mais à l’échelle fédérale, nous allons renforcer les exigences liées aux compétences linguistiques pour les immigrants professionnels. Nous créerons un nouveau programme des métiers spécialisés, qui comprendra un ensemble de normes auxquelles devront répondre les immigrants.

Dans le cadre des programmes de citoyenneté, les compétences linguistiques sont une obligation prévue par la loi. Pour devenir citoyen canadien, il faut démontrer qu’on possède les compétences nécessaires en anglais ou en français. Toutefois, j’ai rencontré beaucoup de citoyens canadiens qui vivent ici depuis des années, mais qui ne peuvent pas s’exprimer en français ni en anglais. Cette situation est inacceptable, parce qu’elle limite leur mobilité sociale et influe sur leur vie au Canada.

Je vous annonce donc que nous exigerons de toutes les personnes qui présentent une demande de citoyenneté qu’elles fassent la preuve de leurs aptitudes linguistiques, au moins selon un niveau minimal. Nous ferons appel à un tiers organisme afin de veiller à ce que tous ceux et celles qui deviennent nos compatriotes canadiens soient capables de participer activement à notre société.

J’aimerais maintenant vous remercier de votre patience. Comme vous l’avez constaté, je n’ai abordé que certains points liés à la réforme en cours. Je pourrais décrire les efforts que nous déployons pour renforcer l’intégrité du système, mais ce qui compte réellement c’est le fait que nous allons poursuivre notre tradition de pays qui ouvre ses portes au reste du monde.

Nous voulons perpétuer nos traditions humanitaires à l’égard des réfugiés qui ont besoin de notre protection. Nous voulons également attirer des gens de partout dans le monde pour bâtir une société prospère et généreuse où ils pourront atteindre leur plein potentiel. Nous avons l’obligation morale d’offrir cette possibilité tant aux nouveaux arrivants qu’aux Canadiens. Et nous avons un plan de réforme qui nous aidera à façonner l’avenir du Canada.

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