ARCHIVÉ – Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

Dans le cadre d’une annonce sur le projet pilote concernant le versement de prêts pour la reconnaissance des titres de compétences étrangers
Ottawa, le 22 février 2012

Tel que prononcé

Mes amis, aujourd’hui est une journée importante. Il n’existe aucun enjeu plus important pour les nouveaux arrivants au Canada que celui de surmonter les obstacles de la reconnaissance des titres de compétences des professionnels formés à l’étranger. Notre gouvernement met absolument tout en œuvre pour veiller à ce que les immigrants réussissent dans l’économie du Canada, qu’ils trouvent et conservent un bon emploi ou qu’ils lancent des entreprises prospères.

Des personnes des quatre coins du monde viennent dans ce pays de possibilités pour offrir à leurs enfants un niveau de vie supérieur à celui dont ils auraient bénéficié dans leur pays d’origine. Quand on examine les données, il est regrettable de constater la présence, au cours des trois dernières décennies, d’une baisse globale des résultats économiques des nouveaux arrivants au Canada, de niveaux de chômage inacceptablement élevés, de trop de sous-emploi, de trop de personnes prises au piège dans des emplois de subsistance et de trop de personnes confrontées au paradoxe de l’expérience canadienne, dans lequel ils ne peuvent pas trouver un emploi sans expérience canadienne et ne peuvent pas acquérir cette expérience sans emploi au Canada.

Un grande part du problème découle du défi que constitue la reconnaissance des titres de compétences pour environ 20 % de nos immigrants, qui souhaitent exercer une profession demandant un permis d’exercice. Il ne s’agit pas d’un problème facile. Si c’était le cas, les gouvernements l’auraient résolu il y a longtemps. Il s’agit d’un problème complexe en raison du fait que les gouvernements provinciaux supervisent environ 45 professions réglementées demandant un permis d’exercice. Pensez-y : dans un pays comptant 10 provinces, qui possèdent chacune environ 45 organismes d’attribution des permis, on parle d’environ 400... 450 organismes de réglementation et d’attribution des permis de professions partout au pays. Les collèges des médecins, les barreaux, les collèges des ingénieurs, les collèges des dentistes, etc., chacun de ces organismes suit ses propres processus et normes.

Il s’agit donc d’un problème complexe. Bien sûr, les Canadiens ne s’attendent pas à ce que les organismes d’attribution des permis baissent leurs normes. Ils souhaitent maintenir les normes professionnelles élevées du Canada, comme ils le devraient; toutefois, voici le problème : un nombre trop élevé d’organismes d’attribution des permis a établi des procédures d’évaluation des titres de compétences étrangers trop bureaucratiques et chronophages et souvent injustes. Tout ce que nous demandons, en notre qualité de gouvernement fédéral, est que les organismes d’attribution des permis offrent aux nouveaux arrivants des chances égales dans des délais raisonnables. C’est tout ce à quoi les nouveaux arrivants s’attendent quand ils viennent ici avec leurs niveaux élevés de scolarité et d’expérience acquis dans leur pays d’origine.

Notre gouvernement a donc pris un certain nombre de mesures, comme l’a mentionné la ministre Finley. Tout d’abord, en 2006, nous avons créé le Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences étrangers à Citoyenneté et Immigration Canada. Nous avons également investi un montant de 30 millions de dollars qui nous a permis de créer un programme très important que l’organisme S.U.C.C.E.S.S. nous a aidé à l’offrir à l’étranger.

Il s’agit du Projet canadien d’intégration des immigrants, dans le cadre duquel on offre des services de consultation et de formation gratuits aux immigrants économiques avant leur arrivée au Canada, pour leur donner une longueur d’avance afin que, après être arrivés au pays, ils n’aient pas à tenter de comprendre par eux-mêmes comment trouver un emploi et comment présenter une demande d’évaluation de leurs diplômes.

À l’heure actuelle, environ 85 % de nos immigrants économiques sont invités à participer à un séminaire gratuit de deux jours comprenant des services de consultation personnalisés sur la façon de trouver un emploi au Canada, de présenter en ligne une demande d’évaluation de diplômes à partir de l’étranger pour prendre de l’avance et de s’y retrouver dans le marché du travail canadien. Des dizaines de milliers de personnes ont bénéficié de ce programme. Je souhaite remercier S.U.C.C.E.S.S. de nous avoir aidés à l’offrir aux immigrants taïwanais et coréens à Taipei et à Séoul, il me semble.

L’Association des collèges communautaires du Canada l’offre également dans d’autres bureaux partout dans le monde. Nos données indiquent que ce programme a remporté un franc succès et que les personnes qui ont participé au projet d’intégration à l’étranger présentent des niveaux d’emploi plus élevés, ont de meilleurs emplois et prennent un meilleur départ à leur arrivée au Canada. Voilà la première mesure que nous avons prise.

Deuxième mesure très importante : pour la première fois de l’histoire de notre confédération, le premier ministre a inscrit la question des titres de compétences étrangers au programme national des dix premiers ministres provinciaux. Il l’a fait lors de la réunion des premiers ministres en 2009, et il a réussi à conclure une entente, comme l’a mentionné la ministre Finley, visant à adopter une approche nationale de rationalisation, de simplification et d’accélération de l’évaluation des titres de compétences étrangers.  

De plus, comme l’a mentionné la ministre Finley, on souhaite que chaque organisme professionnel s’engage à effectuer le processus en une année. Je répète que nous ne baissons pas les normes; nous voulons plutôt simplifier et accélérer le processus. En fait, il s’agit de bien plus qu’un genre d’engagement politique théorique. Dans le budget de 2009, le gouvernement a affecté 50 millions de dollars à l’élaboration d’un cadre national d’évaluation des titres de compétences étrangers, dont la ministre Finley assume la responsabilité en collaboration avec ses dix homologues provinciaux.

Savez-vous quoi? C’est difficile à expliquer. Il s’agit là d’un travail difficile et détaillé. Il faut traiter avec des dizaines d’organismes professionnels différents à l’égard de questions très techniques. Il n’est donc pas simple de saisir l’occasion et de dire que « cette mesure va régler le problème immédiatement », car ce n’est pas le cas. Toutefois, cette mesure permet de rassembler autour d’une table nationale les représentants des collèges des ingénieurs, des barreaux et des autres organismes afin de leur dire, franchement, à l’aide d’un peu de direction et de pression politique, « de faire ce qu’ils ont à faire, d’ouvrir la porte des possibilités, d’arrêter de garder le marché du travail clos et de donner aux nouveaux arrivants des chances égales. » Je souhaite féliciter la ministre Finley de son leadership à cet égard.

L’objet de l’annonce d’aujourd’hui vise la troisième initiative. Initialement, des fonds ont été mis de côté dans le budget pour la prochaine étape du Plan d’action économique du Canada l’année dernière. J’ai eu le plaisir, au nom du premier ministre, de prendre l’engagement en avril dernier, ici même à Vancouver avec Wai Young, que le gouvernement lancera un programme qui contribuera à offrir un financement provisoire par l’intermédiaire de microprêts et d’autres types de soutien aux professionnels formés à l’étranger, pour qu’ils puissent mettre à niveau leurs compétences à leur arrivée au Canada afin que leurs diplômes soient reconnus.

La ministre Finley a très bien expliqué le problème, et je vous affirme, en ma qualité de ministre de l’Immigration, qu’il ne se passe pas un jour sans que je ne rencontre un nouvel arrivant qui me raconte une histoire touchante et souvent tragique au sujet de son arrivée au pays. Ces personnes étaient remplies d’espoir et d’aspirations et possédaient des antécédents professionnels extraordinaires. Pourtant, elles ont heurté le mur de plein fouet.

Il y a quelques mois, je participais, à Red Deer, en Alberta, à une réunion publique que je n’oublierai jamais. J’ai rencontré un immigrant latino-américain et sa femme qui étaient tous deux dentistes de formation et venaient, je crois, de la Colombie. Ils possédaient des années d’exercice; malgré cela, il travaillait comme concierge à Red Deer. Il a fondu en larmes. Leur histoire me rappelle également celle d’un médecin syrien que j’ai rencontré à Edmonton et qui était au Canada depuis six années et nettoyait des chambres d’hôtel. Nous connaissons tous des histoires de ce genre qui nous touchent. C’est pourquoi nous devons déployer davantage d’efforts. C’est l’objet de l’annonce d’aujourd’hui.

Permettez-moi de dire que l’excellent programme dont la ministre Finley est responsable découle d’un programme pilote financé par mon ministère, l’Immigrant Access Fund de l’Alberta. Un groupe formidable de bénévoles et de philanthropes a constaté un problème et, dans l’esprit traditionnel de l’Ouest, il n’a pas attendu que le gouvernement vienne le régler; il a plutôt décidé d’intervenir et de trouver une solution. Le groupe a pris contact avec des philanthropes disposés à accorder des marges de crédit pour soutenir des prêts et a organisé une opération visant à sélectionner des nouveaux arrivants qui devaient acquitter des frais liés à la mise à niveau de leurs compétences. Le groupe s’est rendu dans une banque et a demandé si elle pouvait, grâce aux marges de crédit accordées, faciliter des prêts à faible taux d’intérêt à des personnes qui ne pourraient pas obtenir un prêt d’une autre manière étant donné qu’elles n’ont pas de cote de crédit au Canada. Le groupe a trouvé des moyens et il a remporté un succès phénoménal.

Vous trouverez les données sur le site Web de l’Immigrant Access Fund de l’Alberta. Je crois que le taux de remboursement s’élève à 97 %. Les personnes passent d’un emploi au salaire minimum dans un dépanneur à un emploi de comptable ou autre rémunéré à 40 dollars de l’heure. La mesure fonctionne. Les personnes n’ont pas besoin de la charité; elles ont besoin d’un coup de main. Vu qu’elles ont du mal à mettre du pain sur la table de leur famille, elles ne peuvent pas faire des économies; elles se sont appauvries en venant au pays et doivent suivre quelques cours supplémentaires, peut-être même obtenir un diplôme, pour que leurs titres de compétences soient reconnus, ce qui leur permettrait d’entrer sur le marché du travail de façon adéquate. C’est ce que ces programmes pilotes visent à faire.

Ce n’est que le début. Il s’agit de projets pilotes; toutefois, nous voulons nous assurer que nous dépensons ces fonds de façon responsable. Le ministère de la ministre Finley a sélectionné de très bons organismes partenaires qui collaboreront avec nous, notamment S.U.C.C.E.S.S. Je souhaite donc féliciter S.U.C.C.E.S.S., l’Immigrant Access Fund de l’Alberta et de la Saskatchewan, ainsi que tous les autres groupes partenaires.  

Je souhaite vous remercier, ministre Finley, de votre ténacité et de votre leadership à l’égard de ce problème. Nous répétons que nous sommes entièrement résolus à offrir les possibilités que présente ce pays aux centaines de milliers de nouveaux arrivants. Nous maintenons les niveaux d’immigration soutenue les plus élevés de l’histoire du Canada, et le pays figure parmi les pays développés ayant les niveaux par habitant les plus élevés. Toutefois, les chiffres ne sont pas suffisamment bons. L’enjeu est la qualité de l’expérience, et non la quantité de personnes qui entrent au Canada. Il s’agit donc d’assurer l’existence de possibilités économiques.

Merci beaucoup.

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