ARCHIVÉ – Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

La vision du gouvernement relative à un programme d’immigration axé sur la création d’emplois, la croissance économique et la prospérité

Brampton Ontario
le 4 avril 2012

Tel que prononcé

Merci beaucoup, Mesdames et Messieurs.

Nous sommes ici aujourd'hui pour parler d’un sujet important. Comme vous le savez, lors de l’important discours sur la transformation de l’économie canadienne qu’il a prononcé cette année en Suisse, le premier ministre Harper a souligné l’importance de la transformation de notre système d’immigration. C’est l’un des thèmes centraux du Plan d’action économique présenté dans le budget déposé au Parlement la semaine dernière par mon collègue, l’honorable Jim Flaherty.

L’histoire du Canada est une histoire d’immigration. Notre pays est un pays ouvert, dont la prospérité a toujours été activée par le travail acharné des nouveaux arrivants, génération après génération. Et je me réjouis toujours du fait que notre pays est l’une des seules démocraties occidentales, voire la seule, à présenter un large et profond consensus public et politique en faveur de l’immigration. Nous avons une image très positive de l’immigration au Canada. Nous pouvons songer à notre pays il y a une centaine d’années, lorsque le gouvernement plaçait des affiches partout dans le monde afin de promouvoir le Canada en tant que dernier pays exceptionnel dans l’Ouest, lorsque des millions de personnes s’établissaient dans les territoires vierges de l’Ouest.

Nous avons eu les travailleurs chinois, qui sont venus au Canada afin de relier littéralement le pays grâce au chemin de fer du Canadien Pacifique dans les années 1880, alors que les premiers immigrants de l’Asie du Sud, largement sikhs, sont venus sur la côte Ouest et ont été les pionniers de notre industrie de la pêche. Et on pense également au Québec et aux Français qui se sont établis en Nouvelle-France au 17e siècle.

Nous parlons là de gens qui étaient prêts à quitter leur environnement familier pour traverser le monde et vivre un changement extrême, avec un avenir incertain. Ensemble, ils ont bâti cet extraordinaire pays, prospère et libre. Et aujourd'hui, tandis que nous sommes ici, pas très loin de l’aéroport Lester Pearson, des douzaines de nouveaux Canadiens arrivent. Ils achèvent un long voyage transocéanique, passent au bureau des Services frontaliers, présentent le visa de résident permanent qui leur a été délivré par mes fonctionnaires, et un agent de l’ASFC appose un tampon sur leur document, leur souhaitant la bienvenue au Canada en tant que nouveaux membres de cette formidable communauté.

Ainsi débute leur histoire canadienne. Ils sont pleins de rêves, d’espoir et d’optimisme et croient que s’ils travaillent avec acharnement, ils pourront se forger un bel avenir pour eux-mêmes et pour leur famille, en particulier pour leurs enfants. Ils viennent de partout dans le monde, de 180 pays d’origine. Et je suis ici aujourd'hui, en tant que ministre de l’Immigration, pour vous dire que nous devons faire tout notre possible pour veiller à ce qu’ils puissent réaliser leurs rêves, afin de respecter notre promesse que, s’ils travaillent fort, ils réussiront à la mesure de leur plein potentiel.

Nous devons veiller à ce qu’ils puissent contribuer de façon importante à la prospérité du Canada, à ce qu’ils ne se retrouvent pas relégués à des emplois « de survie », déroutés et déçus, incertains de la raison pour laquelle ils ne peuvent pas exercer leur profession ou leur métier, ressentant un sentiment de honte et d’incertitude quant au fait qu’ils ne réalisent pas leur plein potentiel, mais supportant la situation en serrant les dents afin que leurs enfants aient cette possibilité.

Cela a malheureusement trop souvent et trop longtemps été l’expérience vécue par les immigrants au Canada. Il y a cependant dans cette salle des personnes qui ont formidablement réussi. Nous connaissons tous des personnes qui sont arrivées ici sans rien. Je connais des personnes présentes dans cette salle qui sont arrivées ici les poches pratiquement vides – l’histoire classique – avec presque rien, mais possédant une éthique de travail, et qui sont maintenant des entrepreneurs ayant extrêmement bien réussi, des multimillionnaires qui ont créé des centaines ou des milliers d’emplois. Nous savons tous que cela est possible, et cela continue d’être le rêve qui attire les gens dans ce pays.
 
Mais, en même temps, nous connaissons tous également une personne qui est coincée dans un emploi de survie, un professionnel formé à l’étranger, un médecin ou un ingénieur qui occupe un poste de nuit dans un dépanneur ou qui gagne le salaire minimum en tant qu’agent de sécurité. Et vous connaissez la plaisanterie bien sûr, mais ce n'est pas drôle, c’est que l’endroit le plus sûr pour avoir une attaque cardiaque à Toronto est un taxi parce qu’il y a des chances pour que le conducteur soit un chirurgien en cardiologie. C’est de l’humour typiquement canadien. Je ne pense pas que les gens d’autres pays le comprendraient, mais vous le comprenez tous.

Et je suis ici aujourd'hui pur vous dire que, dans notre budget de la semaine dernière, nous présentons un programme de réforme des programmes d’immigration économique du Canada afin de veiller à ce que les gens qui débarquent aujourd'hui de l’avion à Pearson aient un avenir similaire à celui de tant d’entre vous dans cette salle – des gens qui ont tiré profit des possibilités que leur offrait le Canada – plutôt qu’un avenir de déception, d’obstacles, de difficultés, de sous-emploi et de chômage.

Je vais maintenant vous parler des mauvaises nouvelles, et ensuite des bonnes. Les mauvaises nouvelles sont que, durant la plus grande partie des trois dernières décennies, nous avons vu les résultats économiques des immigrants baisser : des niveaux de chômage plus élevés par rapport à la population générale et des niveaux de revenus plus bas. En fait, aujourd'hui, le taux de chômage chez les personnes nées au Canada est d’environ 7 %, mais il est de 14 % chez les immigrants. Le taux de chômage chez les Canadiens qui détiennent un diplôme universitaire est d’environ 5 % alors qu’il est de 15 % chez les Canadiens nés à l’étranger qui détiennent un diplôme universitaire, ce qui est trois fois plus élevé.

Ce n'est tout simplement pas suffisant. En fait, tous les groupes d'analystes qui se sont penchés sur les données disent que les nouveaux arrivants au Canada sont dans une sorte de situation nette en matière de coûts en termes de transferts financiers et de prestations reçues par rapport aux taxes payées. Un nombre beaucoup trop élevé des personnes que nous invitons dans notre pays se retrouvent sans emploi ou sous-employées. Et il y a un paradoxe qui rend cela encore plus singulier. Notre économie présente actuellement des pénuries de main-d’œuvre importantes et croissantes dans de nombreuses régions et industries.

Certaines personnes de la région de Toronto pensent peut-être que je fais seulement allusion aux gens qui travaillent dans l’industrie de l’énergie dans le Nord de l’Alberta. Ce n'est pas le cas. Il existe des pénuries dans les industries partout au Canada. Certains d’entre vous ont des entreprises ici, à Toronto, et vous savez de quoi je parle. Même ici, des entreprises ont de la difficulté à trouver des personnes pour combler des postes dans tout le spectre des compétences. Il est vrai que ce problème de pénuries importantes et croissantes de main-d’œuvre est particulièrement critique dans l’Ouest du Canada, mais il existe même dans les régions qui, historiquement, présentent un taux de chômage important, dans des parties du Canada atlantique.

Que ce soit au Labrador ou en Nouvelle-Écosse, provinces qui se préparent après avoir obtenu de nouveaux marchés de construction navale, ou même dans certaines régions du Québec, il y a des chômeurs, mais il y a en même temps une pénurie de main-d’œuvre. Quel paradoxe : il se peut que des gens qui arrivent à l’aéroport Pearson aujourd’hui en tant que nouveaux résidents permanents se retrouvent parmi les 14 % d’immigrants qui sont au chômage ou parmi le nombre considérable d’entre eux qui sont sous-employés, c’est-à-dire qui sont surqualifiés pour ce qu’ils font, alors que des entrepreneurs cherchent désespérément des personnes qualifiées à employer.

Est-ce logique? Non. Comprendre cela, mettre un terme à ce paradoxe, voila l’objectif primordial de notre programme de transformation pour la réforme de l’immigration. Il faut faire venir au Canada des gens qui peuvent combler cette pénurie de main-d’œuvre. Il faut trouver aux immigrants des emplois d’aujourd’hui et de demain. À l’avenir lorsqu’une personne arrivera à l’aéroport Pearson, il ne faut pas qu’elle descende de l’avion avec un sentiment d’appréhension et d’incertitude. Il faut qu’elle soit dynamique, optimiste et confiante parce qu’elle sait déjà quel travail l’attend.

Les immigrants sauront alors qu’ils ont un emploi et que celui-ci correspond à leurs qualifications. Ils sauront qu’ils pourront réaliser leur potentiel. Ils sauront qu’ils n’auront pas à traverser cette période de survie où ils doivent se démener pour trouver un emploi, tout en ayant à nourrir leur famille. Ils sauront qu’ils ont une chance bien meilleure qu’aujourd’hui de faire reconnaître leurs titres de compétences par un ordre professionnel canadien. Ils sauront qu’ils ont une chance équitable; c’est ce qu’ils demandent et ce que nous leur devons. C’est donc ce que nous envisageons. Ainsi, les nouveaux arrivants qui apportent leurs compétences, leur talent et leur éthique professionnelle pourront les mettre à profit dès que possible après être arrivés au Canada, car nous leur devons cela et nous avons besoin d’eux pour ces emplois.

Mais comment allons-nous réaliser cela? Eh bien, tout d’abord, permettez-moi de vous dire ce que nous avons déjà accompli. Je peux dire en toute confiance que notre gouvernement est celui qui a le plus favorisé l’immigration dans l’histoire du Canada. Nous avons accueilli le plus grand nombre d’immigrants par an en moyenne depuis que le Canada existe, c’est-à-dire plus de 254 000 nouveaux résidents permanents en moyenne par an. Il s’agit du plus haut niveau continu d’immigration de l’histoire de notre pays. Quand les autres pays développés ont réduit leurs niveaux d’immigration pendant le ralentissement économique mondial, nous sommes restés à un niveau sans précédent, car Stephen Harper sait que nous avons besoin de nouveaux arrivants pour accroître la prospérité de notre pays, compte tenu de notre population vieillissante et des pénuries significatives et croissantes de main-d’œuvre.

Cela n’a pas été fait n’importe comment, et cela n’a pas été fait pour des raisons politiques, mais pour des raisons économiques pragmatiques. Nous maintenons le plus haut niveau d’immigration par habitant des pays développés, augmentant notre population de 0,8 % par an grâce à l’immigration. À titre de comparaison, cela équivaut désormais à six fois le niveau de l’immigration au Royaume-Uni, je pense, et à 50 % de plus que le taux par habitant de l’Australie. L’une des premières actions du gouvernement a été de réduire de moitié le soi-disant droit exigé pour l’établissement que nos nouveaux résidents permanents devaient payer. Ainsi, des familles devaient payer des milliers de dollars en taxe d’entrée. Nous l’avons réduit de moitié pour les soulager et pour qu’ils aient en fait plus d’argent pour commencer leur vie au Canada.

Nous avons créé le Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences étrangers, avec des services d’orientation offerts avant l’arrivée au Canada, à l’intention des immigrants économiques dans nos missions. Le but est de donner aux gens des conseils pratiques sur la façon d’obtenir un emploi et de débuter le processus de reconnaissance des titres de compétences pour les professions réglementées, et pour qu’ils comprennent les rudiments de l’intégration au Canada. Nous avons triplé les fonds destinés aux services d’établissement et d’intégration, comme les cours de langue gratuits, l’apprentissage des méthodes de recherche d’emploi et les aptitudes à la vie quotidienne au Canada pour aider les nouveaux arrivants, au cours de leurs premiers mois après leur arrivée.

Nous avons fait de gros changements qui ont en définitive entraîné une bonne distribution géographique des immigrants. En donnant de l’expansion aux programmes des candidats des provinces, nous avons multiplié le nombre d’immigrants qui s’installent dans une province donnée; ainsi, ce nombre a triplé au Manitoba, a quadruplé en Saskatchewan, a doublé en Alberta et dans les provinces de l’Atlantique, et il y a aussi plus d’immigrants dans le centre de la Colombie-Britannique. C’est un excellent résultat, car auparavant 90 % des immigrants, soit neuf sur dix, s’installaient à Toronto, à Montréal, ou à Vancouver, même si ce n’était pas les meilleurs endroits pour trouver du travail. Désormais, nous avons une répartition bien meilleure des immigrants dans le pays et c’est une bonne chose pour l’économie.

Nous avons aussi mis en œuvre un plan d’action pour accélérer l’immigration, ce qui permet aux nouveaux demandeurs du Programme des travailleurs qualifiés d’être admis au Canada dans l’année qui suit la présentation de leur demande. Cela leur donne une chance bien meilleure de trouver un emploi et leurs qualifications sont alors pertinentes dans le marché du travail. Grâce à ces changements, enfin, après trois décennies, nous commençons à constater dans les données un revirement en ce qui a trait aux revenus et à l’emploi des immigrants. C’est une bonne nouvelle. Mais ce revirement n’est pas assez important, comme je l’ai dit. Il y a encore trop d’immigrants qui sont au chômage ou sous-employés. Il faut procéder à des réformes de fond. C’est ce que nous avons commencé à annoncer dans le budget.

Premièrement, l’idée est de passer d’un système d’immigration lent, rigide et passif, un système qui, comme je l’ai décrit, donne des résultats décevants, à un système rapide, souple et proactif qui permet d’apparier les nouveaux arrivants avec les emplois offerts. Il faut effectuer la transition : de lent, rigide et passif à rapide, souple et proactif. Pour se doter d’un système expéditif, pour qu’une proportion beaucoup plus grande de nos immigrants économiques aient déjà un emploi quand ils arrivent au Canada, pour attirer les jeunes immigrants, ceux qui d’après nos données ont plus de chance de réussir, en bref pour avoir ce système, il nous faut régler de manière décisive l’énorme problème des arriérés dont nous avons hérité.

Lorsque notre gouvernement est arrivé au pouvoir, je crois très honnêtement que nous n’avions pas entièrement conscience de l’ampleur du problème de l’arriéré de notre système. Nous avons constaté que 840 000 personnes attendaient une réponse à leur demande d’immigration. Comment cela est-il arrivé? C’est très simple, parce que, pendant des années, le précédent gouvernement – je n’essaie pas de faire preuve de partialité à ce sujet, c’est un fait objectif – une erreur stratégique a été commise, de bonne foi, j’en suis certain. Je ne pense pas qu’ils l’aient commise de façon mal intentionnée ou délibérée, mais ils ne l’ont pas corrigée. L’erreur a été celle-ci : ils ont créé un système d’immigration ne tenant pas compte du fait que, dans le monde, il y a un nombre infini de personnes qui, manifestement, souhaitent venir au Canada.

Cependant, le nombre de personnes que nous pouvons accueillir au cours d’une année est manifestement limité parce que nous voulons veiller à ce qu’elles s’intègrent. Or, on avait un système ne comportant aucun contrôle, aucune limite quant au nombre de nouvelles demandes d’immigration pouvant entrer dans le système. Et voici ce qui s’est passé : année après année, on recevait 400 000 à 500 000 demandes d’immigration mais on acceptait <en moyenne environ 220 000. J’utilise une comparaison très simple : on vendait deux fois plus de billets d’avion pour le Canada qu’il n’y avait de places disponibles.

Ainsi, chaque année, plusieurs centaines de milliers de personnes finissaient dans la salle d’attente avec leur billet d’avion puis, l’année suivante, plusieurs centaines de milliers d’autres les rejoignaient et, en peu de temps, en 2006, il y avait près de 900 000 personnes dans la salle d’attente qui détenaient leur billet, c'est-à-dire qui avaient présenté une demande d’immigration et attendaient une décision, mais il n’y avait que 220 000 à 240 000 places dans l’avion. Cela a été une énorme erreur, une erreur que je regrette que l’on ait commise.

Nous avons fait des efforts considérables pour rectifier ce problème dont nous avons hérité. En 2008, nous avons fait passer une modification de la loi sur l’immigration afin de contrôler enfin le nombre de nouvelles demandes entrant dans le système de façon à rationaliser la situation. En fait, nous vendions moins de billets d’avion qu’il n’y avait de places dans l’avion afin de pouvoir emmener certaines des personnes qui attendaient et de pouvoir commencer à éliminer l’arriéré. Nous avons obtenu un certain succès. Grâce au Plan d’action pour accélérer l’immigration, nous sommes parvenus à réduire l’ancien arriéré du programme des travailleurs qualifiés d’environ 50 %. C’est la bonne nouvelle.

Mais encore une fois, cette bonne nouvelle s’accompagne d’une mauvaise nouvelle. En effet, il nous reste encore un arriéré énorme, soit 460 000 personnes qui attendent dans ce programme. Or, mes amis, deux solutions s’offrent à nous. Nous pourrions continuer à faire attendre ces personnes, conserver notre système actuel avec son horrible lenteur, son délai de huit ans avant que nous puissions donner une réponse aux demandeurs, de sorte qu’il faudrait des années, soit presque jusqu’à la fin de cette décennie, avant que nous puissions parvenir enfin à ce système rapide, en juste-à-temps, dont nous avons besoin pour qu’il y ait adéquation entre les immigrants et les emplois disponibles. En revanche, nous pourrions prendre une décision difficile, et c’est ce pourquoi les Canadiens nous ont élus, pour que nous prenions des décisions difficiles dans l’intérêt de l’économie canadienne.

Et donc, la décision difficile que nous avons prise a été d’agir de façon décisive pour réduire l’arriéré, de façon à ce que d’ici un an ou deux, nous disposions de ce système d’immigration en juste-à-temps. C’est pourquoi nous avons annoncé dans le cadre du budget que nous présenterons un projet de loi qui nous permettra de retourner les demandes de quelque 280 000 personnes qui font partie de l’arriéré des travailleurs qualifiés. Nous rendons à ces personnes les frais de traitement qu’elles nous ont versés, et nous les invitons à présenter une nouvelle demande si elles veulent toujours venir au Canada, au titre de nos nouveaux programmes d’immigration plus souples. Ainsi, d’ici 2014, soit dans 18 mois, nous aurons finalement au Canada un système d’immigration en juste-à-temps, grâce auquel nous serons en mesure de traiter les demandes que nous recevons en quelques mois à peine et de faire venir les demandeurs au Canada juste à temps pour répondre à nos besoins.

Et cela signifie que les personnes qui présentent une demande dans le cadre de notre nouveau système et qui ont un emploi qui les attend passeront devant les autres et seront admises au Canada à peine quelques mois après avoir présenté leur demande, ce qui contribuera à garantir leur succès. J’ai passé beaucoup de temps à vous expliquer cela parce qu’il s’agit d’une situation complexe et qu’il est facile de s’y méprendre, vous savez. Pourquoi le gouvernement retournent-ils toutes ces demandes? Ce n’est pas juste pour ces personnes qui attendaient qu’on leur donne leur chance, leur tour, qui restaient sagement dans la file d’attente. Et je comprends qu’une personne puisse avoir ces réflexions.

Mais permettez-moi d’être franc avec vous : nous n’avons pas causé ce problème, mais nous devions le régler, parce que ce n’était pas une solution de laisser le système stagner. Ce n’était pas une solution de dire à ces personnes qu’elles allaient devoir attendre encore huit ans. Ce n’était pas une option, selon moi, d’attendre jusqu’à la fin de la décennie avant de disposer d’un système rapide qui donne de meilleurs résultats. C’est pourquoi nous invitons toutes ces personnes à présenter une nouvelle demande, si elles le souhaitent.

Par ailleurs, nous prendrons plusieurs autres mesures cette année pour parvenir à cette vision que nous avons d’un système plus rapide et souple, qui offre de bien meilleures perspectives d’emploi et de revenu aux nouveaux arrivants. Cet été, nous publierons un projet de dispositions réglementaires pour la création d’une nouvelle grille de cotation pour le programme des travailleurs qualifiés, en nous basant sur nos données de recherche et de consultation, qui indiquent que les immigrants économiques qui sont jeunes ont tendance à mieux s’en sortir, lorsqu’on regarde leurs résultats pour l’ensemble de leur vie. Je suppose qu’à leur arrivée, ils s’adaptent plus facilement, ils apprennent plus rapidement. Et bien franchement, ils ont plus d’années devant eux à travailler et à payer des impôts, ce qui est une bonne chose.

Deuxièmement, nous allons exiger des demandeurs qui souhaitent exercer au Canada une profession réglementée qu’ils aient au minimum une maîtrise solide de l’une de nos deux langues officielles. Parce que, vous savez, l’un des problèmes que nous avons dans la reconnaissance des titres de compétences, c’est que même si un professionnel formé à l’étranger obtient son permis d’exercice, si sa maîtrise de la langue ne lui permet pas de fonctionner au Canada, il ne trouvera tout simplement pas d’emploi. Nous ne lui faisons donc pas de faveur si nous lui permettons de venir au Canada pour qu’il se retrouve en situation de sous-emploi. C’est pourquoi, pour les professions réglementées, nous allons exiger une maîtrise de la langue assez avancée.

Mais par ailleurs, nous allons rendre le système plus souple en créant un volet d’immigration pour les gens de métier spécialisés. Il y a trop longtemps qu’il est presque impossible pour ces personnes, qui travaillent fort et dont les compétences sont très recherchées au Canada, d’obtenir la résidence permanente grâce à notre programme des travailleurs qualifiés, parce qu’elles n’ont pas de diplôme universitaire. C’est pourquoi nous créerons une nouvelle voie d’immigration pour ces personnes, et si vous êtes des employeurs qui ont besoin de gens de métier spécialisés, c’est une bonne nouvelle pour vous. Et aussi, plus excitant encore, nous créerons un système d’évaluation préalable de la scolarité et, ultimement, des qualifications professionnelles des personnes qui demandent à immigrer au Canada.

Il s’agit d’un élément clé de ce virage radical que nous faisons prendre au système. L’autre jour, je participais à une activité de la communauté iranienne à Vancouver, et une dame m’a interpellé – Monsieur le Ministre –, elle s’est approchée, et elle a éclaté en sanglots… et cette pauvre femme s’est approchée et m’a dit avec beaucoup d’émotion : Monsieur Kenney, je suis arrivée d’Iran au Canada il y a trois ans. Je suis radiologiste et mon mari est chirurgien pédiatrique. Elle parlait un anglais impeccable, et il était clair qu’elle était très instruite. Et elle me dit trois ans plus tard, nous ne sommes pas plus près d’obtenir l’autorisation d’exercer la médecine au Canada.

Elle est devenue très émotive, et elle m’a dit vous savez, nous suivons des cours, et nous faisons ce que nous pouvons, mais nous sommes en train d’épuiser nos économies, et très bientôt, je crois que je vais devoir retourner en Iran. Je ne peux supporter cet endroit à cause du gouvernement, me dit-elle, mais si c’est le seul endroit où je peux gagner de l’argent pour que mon fils puisse rester au Canada et faire des études. Le rêve de mon fils est de trouver le remède au cancer, me dit-elle, et je veux l’aider à le réaliser. Mais si vous me dites que la seule manière pour moi d’y parvenir, c’est de retourner en Iran, je pourrais être forcée à le faire.

Mes amis, nous ne pouvons pas sous-estimer l’incroyable gaspillage de potentiel humain, la terrible tragédie que vivent tant de gens comme eux, qui mettent leur vie en suspens, ont maintenant perdu leurs économies, ont de la difficulté à subvenir à leurs besoins et craignent d’avoir pris la mauvaise décision pour leur famille. C’est un tort. C’est leur faire un tort que d’inviter des gens s’ils… Et oui, nous devons obtenir des organismes de réglementation, qui peuvent, qui sont les gardiens des professions réglementées, qu’ils donnent une perspective d’avenir aux immigrants en supprimant les formalités administratives inutiles et les obstacles et fardeaux. Nous devons faire en sorte qu’ils mettent en place un processus rapide et équitable pour l’évaluation des titres de compétences étrangers, et nous travaillons avec les provinces et, à travers elles, avec leurs organismes de réglementation pour y parvenir grâce au cadre pancanadien d’évaluation et de reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l'étranger.

Mais je crois aussi que la moindre des choses serait que nous brossions à ces professionnels étrangers hautement qualifiés un portrait clair de leurs chances d’obtenir l’autorisation d’exercer leur profession au Canada, et c’est là l’objectif de cette évaluation préalable. Nous inspirant essentiellement de l’Australie, nous inviterons les demandeurs à obtenir auprès d’un organisme reconnu une évaluation qualitative de leur scolarité et de leur utilité pour le marché du travail canadien, puis, s’ils veulent exercer une profession réglementée, à s’adresser à l’organisme national responsable de cette profession au Canada pour subir une évaluation préalable. Ils seraient toujours tenus d’obtenir l’autorisation d’exercer une fois au Canada, mais au moins, ils sauraient avant d’immigrer s’ils ont de bonnes chances de réussir à exercer leur profession réglementée.

Ne croyez-vous pas que la moindre des choses serait que nous soyons francs avec ces personnes quant à leurs chances au Canada? Et enfin, nous allons, nous avons indiqué dans le budget que nous allons travailler à établir un système fondé sur ce que nous appelons une manifestation d’intérêt. En effet, nous créerons un grand bassin de personnes qualifiées qui souhaitent immigrer au Canada, et qui auront consenti à ce que nous montrions leur demande aux employeurs et, bien sûr, aux gouvernements provinciaux, pour que ces employeurs puissent effectuer leur recrutement de travailleurs étrangers à même ce bassin de candidats à l’immigration qualifiés.

Que suppose tout cela? Eh bien, si vous êtes une firme d’ingénierie et qu’à cause des départs massifs à la retraite des ingénieurs canadiens de la génération du bébé-boom, vous avez besoin de dix nouveaux ingénieurs dans un domaine spécialisé l’année prochaine, notre système d’immigration futur vous permettra d’effectuer une recherche parmi les candidats à l’immigration pour trouver ceux qui sont qualifiés dans ce domaine. Vous pourrez examiner leurs demandes et passer en revue les résultats de l’évaluation préalable de leur scolarité et de leurs titres de compétences, et si un candidat vous satisfait et que vous voulez faire preuve de la diligence voulue, vous pourrez lui offrir un emploi. Nous veillerons ensuite à ce que ce demandeur arrive au Canada à la vitesse de l’éclair. Nous voulons simplement que ces immigrants arrivent ici le plus vite possible.

Nous avons réalisé des travaux de recherche très intéressants récemment, notamment une évaluation exhaustive de notre programme des travailleurs qualifiés, qui a révélé que les immigrants qui ont un emploi réservé à leur arrivée au Canada gagnent presque 80 000 $ après leur troisième année ici, soit beaucoup plus que la moyenne. Et ce sont là les résultats que nous voulons voir. Autrement dit, le but n’est pas d’exclure les entrepreneurs et les gens de métier spécialisés, mais le fait de disposer d’un emploi réservé signifie éviter l’étape de l’emploi de survie et occuper directement un emploi à la mesure de ses compétences, gagner un bon salaire, et payer des impôts pour financer nos soins de santé et nos programmes sociaux. Et c’est pourquoi nous avons besoin d’un système d’une extrême rapidité, et pourquoi nous devons régler sans hésiter les arriérés.

Tout au long de l’année, nous mènerons des consultations et ferons des annonces. Nos consultations porteront, par exemple, sur la manière de réoutiller notre programme d’immigration des investisseurs pour nous assurer qu’il offre un meilleur rendement au Canada. Vous savez, le monde regorge de millionnaires qui aimeraient venir ici et investir et prendre part à notre prospérité, et je pense que nous pouvons faire mieux que de simplement leur demander, en échange de la résidence permanente, de nous faire un prêt que nous leur remboursons après cinq ans. J’aimerais qu’on me présente des possibilités, et je vous invite, membres de l’ICCC, de l’ACCE et de la communauté des affaires en général, à me faire part de vos idées sur les façons de tirer parti de notre programme d’immigration des investisseurs, pour attirer au Canada des capitaux étrangers et les conserver, pas sous la forme de prêts, mais sous la forme de placements soutenus qui créent des emplois.

Ce sera donc un sujet que nous aborderons en consultation plus tard cette année. Et nous envisagerons aussi des programmes novateurs d’immigration des entrepreneurs. Comment pouvons-nous réussir à attirer ces futurs Bill Gates, ces futurs Steve Jobs, ces jeunes entrepreneurs brillants qui disposent d’un concept et peut-être d’un bailleur de fonds au Canada? Comment pouvons-nous les laisser immigrer au Canada d’une façon extrêmement rapide pour qu’ils lancent leur entreprise ici plutôt qu’à l’étranger?

Mes amis, j’ai probablement parlé trop longtemps, le repas nous attend, mais vous êtes à même de constater que tout cela m’enthousiasme vraiment. Je ne vous ai donné qu’un aperçu, un survol de la transformation du système d’immigration que nous sommes sur le point d’entamer. Et, je veux que vous le sachiez, chaque chose que nous faisons, chaque changement que nous apportons à notre système a un seul et simple objectif fondamental : faire en sorte que la personne qui descend de l’avion à l’aéroport Pearson au moment même où nous nous parlons puisse réaliser ses rêves, atteindre son plein potentiel, et faire du Canada une démocratie grandiose et prospère, une contrée où tout est possible, pour ses enfants et pour les générations à venir.

Merci beaucoup.

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