ARCHIVÉ – Notes en vue d’une allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme

Ministre Kenney – Conférence de presse à l’hôpital Victoria, Centre des sciences de la santé de London

London (Ontario)
Le 17 avril 2012

Tel que prononcé

Merci beaucoup Bonnie. Quel accueil chaleureux. Je suis ravi d’être ici au Centre des sciences de la santé de London, l’un des hôpitaux de premier rang du Canada. C’est un véritable plaisir de me retrouver parmi des députés dévoués de la région de London, mes collègues Ed Holder et Susan Truppe, pour faire une annonce importante concernant les mesures de réforme fondamentale et l’amélioration du système d’immigration du Canada, dans le cadre du Plan d’action économique en vue d’une prospérité à long terme.

Comme vous le savez, c’est avec fierté que le Canada accueille depuis longtemps de nouveaux immigrants. Au cours des dernières années, le Canada a affiché le plus haut niveau relatif d’immigration parmi les pays développés, et le plus haut niveau soutenu d’immigration de toute l’histoire du Canada. Nous avons besoin de nouveaux arrivants pour stimuler la prospérité future du pays, et plus particulièrement pour combler les lacunes au chapitre des compétences qui s’expliquent par le vieillissement de la population et les pénuries de compétences nouvelles faisant partie d’un ensemble de compétences dans diverses régions et divers secteurs.

Les soins de santé et les sciences de la santé sont l’un des secteurs d’activités dans lequel la pénurie de travailleurs qualifiés s’intensifiera à l’avenir.

Il est évident que certaines régions du pays sont confrontées à une pénurie de médecins, de personnel infirmier et d’autres praticiens, et cette pénurie ne fera que s’aggraver au fur et à mesure que la population vieillit. Et au vieillissement de la population vient s’ajouter des besoins de soins de santé plus aigus. Par conséquent, il est essentiel de veiller à ce que le système d’immigration réponde aux lacunes actuelles et futures à la fois dans le secteur des sciences de la santé et dans l’ensemble du marché du travail.

C’est la raison pour laquelle le premier ministre Harper a annoncé dans son discours prononcé au Forum économique mondial que cette année, notre gouvernement apporterait des changements transformationnels au système d’immigration du Canada, dans le cadre du Plan d’action économique. Ces changements viseront à mieux harmoniser la sélection des immigrants avec les besoins du marché du travail actuels et futurs.

Il existe par contre un grand paradoxe lié à l’immigration au Canada depuis une trentaine ou une quarantaine d’années : bien que le pays maintienne des niveaux élevés d’immigration, et bien que notre économie souffre d’une importante pénurie de travailleurs, bon nombre de nouveaux arrivants demeurent sans emploi ou sous-employés. De plus, de nombreux professionnels formés à l’étranger, dont les professionnels de la santé, se retrouvent coincés dans un emploi de survie, alors qu’ils épuisent leurs économies et que leurs compétences s’atrophient. Ils travaillent pour faire vivre leur famille, au lieu d’exercer un emploi bien rémunéré et de réaliser leur plein potentiel dans leur métier ou leur profession.

C’est l’une des raisons principales qui justifient les changements transformationnels, afin d’accueillir de nouveaux arrivants qui possèdent les compétences nécessaires pour travailler dans leur domaine dès leur arrivée.   

Dans le domaine des sciences de la santé par exemple, nous avons besoin de médecins formés à l’étranger qui ont d’excellentes chances d’obtenir un permis d’exercer dans un délai raisonnable, et qui ont, dans la mesure du possible, une résidence ou un poste prévu auprès des autorités canadiennes de la santé ou d’un hôpital. Un système semblable doit être établi pour le personnel infirmier.

Donc la vision de la réforme du système d’immigration est de passer d’un système lent et rigide en matière d’immigration, qui épuise les économies des nouveaux arrivants, à un système rapide et souple qui assure le jumelage des immigrants aux emplois disponibles, tout en veillant à ce qu’ils aient les compétences nécessaires pour entrer en fonction dès leur arrivée.

Pour établir un système rapide, il nous faudra premièrement gérer de façon décisive un système très lent qui croule sous un énorme arriéré d’anciens cas, soit des centaines de milliers de demandes qui s’accumulent. Le délai de traitement d’une demande d’immigration peut être de sept ou huit ans, ce qui rend impossible le jumelage d’un nouvel arrivant à un emploi actuellement disponible.

Le Plan d’action économique nous permet de gérer de façon décisive cet arriéré en retournant les trois quarts des demandes dans le système, afin de repartir à neuf et de lancer un système « juste à temps » en matière d’immigration. D’ici 2014, on mettra en œuvre un système d’immigration en temps réel, afin que les demandes envoyées soient traitées au cours de la même année. Si les demandeurs répondent aux exigences, ils pourront immigrer au Canada dans un délai de quelques mois seulement, comparativement à plusieurs années. Les employeurs comme les ministères provinciaux de la Santé et les hôpitaux pourront recruter à l’étranger beaucoup plus facilement. Ils pourront examiner le marché mondial du travail, inciter les gens à venir s’installer au Canada et veiller à ce que les demandes soient traitées rapidement.

Deuxièmement, nous mènerons une évaluation préalable de la qualité et de la pertinence des études des immigrants relativement au marché du travail au Canada. Bon nombre d’immigrants apprennent à leur arrivée au Canada que leurs diplômes ne sont pas pertinents pour les employeurs ou les organismes de délivrance de permis d’exercice. Nous réaliserons donc une évaluation préalable de la pertinence des études pour veiller à ce qu’ils puissent s’épanouir sur le marché du travail canadien.

Troisièmement, d’ici quelques années, nous réaliserons une évaluation  préalable des attestations d’études à l’égard des professions réglementées. En collaboration avec des organismes nationaux qui représentent les ordres de médecins, les ordres professionnels de juristes, les ingénieurs – et toutes les 40 professions réglementées –, nous mènerons une évaluation préalable afin de déterminer si un immigrant a du moins une chance que son permis soit reconnu au Canada. Cette mesure permettra aux ingénieurs d’être ingénieurs et aux médecins formés à l’étranger d’être médecins ici au Canada, au lieu d’avoir à conduire un taxi ou à occuper un poste de nuit à un dépanneur, bref, d’être coincé à occuper un poste de survie alors qu’ils voient leurs compétences se détériorer.

Nous savons tous à quel point il s’agit d’un grave problème. L’autre jour, j’ai rencontré à Vancouver une radiologiste iranienne qui a immigré au Canada il y a trois ans. Elle m’a raconté son histoire et celle de son mari, un chirurgien pédiatre. Elle a fondu en larmes en m’expliquant que depuis trois ans, ils s’efforcent en vain de pratiquer la médecine ici au Canada. Leurs efforts n’ont mené à rien, ils ont épuisé leurs économies, et elle mentionne que leurs compétences s’atrophient. Elle a ensuite affirmé que bien qu’elle déteste la façon dont son pays d’origine est dirigé par le gouvernement actuel, elle devra y retourner pour produire un revenu afin que son garçon puisse demeurer ici au Canada. Elle veut qu’il fasse des études postsecondaires et qu’il réalise son rêve d’être le médecin qui trouvera un remède contre le cancer. J’entends des histoires comme celle-ci trop souvent. C’est la moindre chose que nous puissions offrir aux nouveaux arrivants : faire tout en notre pouvoir pour veiller à leur succès. Et nous devons à l’économie canadienne d’assurer la réalisation de leur plein potentiel, afin qu’ils puissent contribuer pleinement à l’économie du pays.

C’est la raison pour laquelle j’annonce aujourd’hui un autre élément essentiel de la réforme du système d’immigration. Nous présenterons bientôt des mesures législatives qui permettront au ministre de l’Immigration d’appliquer de façon rétroactive des directives ministérielles, afin que l’on puisse accélérer le traitement des demandes effectuées par des gens qui se trouvent déjà au Canada et qui ont des besoins criants.

Dans le passé, le système ne faisait que mettre les gens en file d’attente selon le principe du premier arrivé, premier servi, peu importe s’il y avait une pénurie dans leur secteur de compétences au Canada. Nous savons maintenant que le système d’immigration devrait servir les intérêts de l’économie canadienne d’abord et avant tout. Par exemple, si nous avons immédiatement besoin de médecins et de personnel infirmier formés à l’étranger, ce nouveau pouvoir nous permettra de traiter ces demandes en premier, de façon accélérée, afin que les demandeurs puissent immigrer au Canada dans un délai de quelques semaines ou de quelques mois, et non de plusieurs années. L’objectif est d’avoir un système plus souple qui nous permet de répondre aux besoins du marché canadien, et qui nous permet d’accélérer le traitement des demandes pour veiller à ce que des professionnels et travailleurs dans les domaines en pénurie s’installent au Canada plus rapidement. Il s’agit d’un changement fondamental qui transforme un système très passif en un système proactif.

Nous présenterons des mesures législatives qui permettront au gouvernement d’appliquer de façon rétroactive des directives qui favorisent la sélection d’immigrants qui attendent déjà. C’est-à-dire que la grille de pointage pour la sélection de travailleurs qualifiés sera modifiée en vue de mettre davantage l’accent sur les exigences linguistiques pour les personnes qui ont une profession réglementée; de mettre davantage l’accent sur les jeunes travailleurs qui auront une meilleure chance de réussir au Canada au fil du temps; et de mettre davantage l’accent sur les expériences de travail au Canada comparativement aux expériences à l’étranger pour favoriser les demandes d’immigrants qui se trouvent déjà dans la file d’attente.

Encore une fois, notre objectif est de veiller à la réussite des immigrants.   

Ces critères sont fondés sur des preuves. Une importante évaluation du sort des personnes qui ont immigré au Canada, de nombreux groupes de réflexion, ainsi que bon nombre d’études, d’évaluations et de données ont démontré que les immigrants les plus jeunes obtiennent de meilleurs résultats au cours de leur vie au Canada. Les gens qui ont déjà un poste de prévu au moment de leur arrivée réussissent mieux et gagnent deux fois le salaire que ceux qui n’en ont pas. Les personnes ayant une expérience de travail au Canada réussissent évidemment mieux que celles qui n’en ont pas, et il en va de même pour les personnes qui ont un niveau supérieur de compétences linguistiques. Par conséquent, ces nouvelles mesures nous donneront le pouvoir de veiller à ce qu’on sélectionne, parmi les milliards de personnes voulant immigrer au Canada, celles qui auront le plus de chances de réussir. On dit qu’une politique doit être fondée sur des faits.   

Voilà enfin une politique sur l’immigration fondée sur des faits.

Enfin, permettez-moi de dire que je suis heureux que dans le cadre de notre réforme, nous ayons créé une nouvelle voie vers la résidence permanente au Canada. Voilà un élément très important pour la grande ville universitaire de London. Les étudiants étrangers qui ont obtenu un diplôme ou un certificat au Canada et qui y ont travaillé pendant une année par l’entremise d’un permis de travail au titre du Programme de travail postdiplôme pourront devenir des résidents permanents rapidement, alors qu’ils sont encore au Canada. Par le passé, ils devaient quitter le pays et attendre leur tour pendant sept ans, même s’ils étaient déjà intégrés au pays, qu’ils avaient obtenu un diplôme ou un certificat reconnu par les employeurs canadiens et qu’ils avaient amélioré leurs compétences linguistiques en français ou en anglais. Nous serons maintenant en mesure d’inviter ces jeunes étudiants brillants, qui ont tout ce qu’il faut pour réussir, à demeurer au Canada.

Par ailleurs, le programme offre la possibilité de devenir résident permanent aux travailleurs étrangers temporaires hautement qualifiés qui ont travaillé pendant deux ans au Canada. J’imagine qu’il y a même ici au Centre des sciences de la santé, des professionnels de la santé hautement qualifiés, qui ont un contrat d’un ou de deux ans pour faire de la recherche. Ils auront maintenant un accès rapide à l’immigration s’ils le désirent. S’ils reçoivent une offre d’emploi ici au Centre des sciences de la santé et qu’ils désirent l’accepter, ils pourront le faire.

J’ai annoncé plus tôt cette semaine que nous rendrons le programme plus souple, afin que les travailleurs étrangers temporaires hautement qualifiés qui veulent demeurer au Canada puissent le faire après un an de travail seulement, au lieu de deux. Nous estimons que ce changement permettra à d’autres milliers de professionnels étrangers hautement qualifiés qui ont déjà eu de l’expérience de travail au Canada de rester au pays.

Ce ne sont-là que quelques-uns des changements essentiels et stimulants qui mèneront à une meilleure situation économique et comme je l’ai mentionné, qui permettront de remédier aux graves pénuries de travailleurs à l’avenir dans des domaines comme les sciences de la santé. Au fur et à mesure que la population vieillit, et que la population active diminue, nous avons besoin d’un système souple et rapide qui soit efficace pour le Canada, pour notre économie et pour la réalisation du potentiel des nouveaux arrivants.

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