Balado – L’ICC et le RCIP se racontent

Depuis près de 50 ans, les professionnels du milieu muséal et du patrimoine du monde entier se tournent vers l'Institut canadien de conservation (ICC) et le Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP) pour faire appel à leur expertise. L'ICC et le RCIP cherchent maintenant à préserver leur propre histoire orale grâce à des entretiens avec d'actuels et d'anciens membres du personnel, ainsi qu'avec des acteurs importants du milieu de la conservation et de la gestion des collections. Si vous commencez une carrière dans le domaine du patrimoine culturel ou si vous êtes simplement curieux d'apprendre ce qui se passe dans les coulisses de l'ICC et du RCIP, ce balado est pour vous.

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Charlie Costain : scientifique et défenseur du patrimoine

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Transcription de l'épisode Charlie Costain : scientifique et défenseur du patrimoine

Transcription de l'épisode Charlie Costain : scientifique et défenseur du patrimoine

Durée de l’épisode : 00:38:10

[Musique: “We Don’t Know How it Ends” par Lee Rosevere de l’album “Music for Podcasts 6.” Style: Minimalisme électronique]

Charlie Costain (CC) : Vous savez, c’est absolument incroyable l’intelligence et l’application que le personnel met dans le travail qu’il fait. Tous les jours, quand j’entre et que je vois ce que les gens font, je suis époustouflé par ce qu’ils peuvent accomplir.

Nathalie Nadeau Mijal (NNM) : Je m’appelle Nathalie Nadeau Mijal et voici L’ICC et le RCIP se racontent.

Ceux d’entre vous qui ont visité l’Institut canadien de conservation savent qu’au-dessus de la porte d’entrée se trouve une grande statue de capitaine de navire, notre mascotte en quelque sorte. Mais, si vous avez travaillé à l’ICC ou avec l’ICC au cours des dernières années, vous savez que nous avions aussi une vraie mascotte, un M. ICC en chair et en os, qui est aussi connu sous le nom de Charlie Costain. De restaurateurà gestionnaire et directeur, Charlie a gravi les échelons et relevé de nouveaux défis avec intérêt et curiosité. En mars 2019, Charlie Costain a pris sa retraite de l’ICC. Il s’est joint à Kelly Johnson et à moi pour une entrevue rétrospective sur sa carrière. Une dernière information avant que nous commencions : Si vous entendez l’un d’entre nous mentionner le sigle RSSC, il signifie Recherche, services scientifiques et de conservation. Alors, sans plus attendre, voici Kelly Johnson.

[La musique s'estompe.]

Kelly Johnson (KJ) : Bon, Monsieur ICC, c’est drôle parce que quand je suis arrivée ici, à l’ICC, c’est comme ça qu’on vous appelait. Mais c’est vrai, vous êtes M. ICC. Vous avez été là pendant longtemps. Mais j’aimerais qu’on revienne en arrière et qu’on parte du début, si ça ne vous dérange pas. Je sais que vous avez un baccalauréat en chimie. Quelqu’un, un ami, vous a parlé de la maîtrise en restauration des œuvres d’art à l’Université Queen’s. Qu’est-ce qui a éveillé votre intérêt pour la restauration? Comment ce lien s’est-il fait?

Charlie Costain (CC) : Quand j’étais à Queen’s, un conférencier est venu, Jim Hanlan. Il travaillait au Musée des beaux-arts à l’époque. Ce scientifique est venu donner une conférence à Queen’s et je me suis dit : « Bon sang, ça semble être un domaine vraiment intéressant ». C’est mon ami de l’école secondaire qui était inscrit au programme d’éducation artistique à Queen’s, et qui faisait son baccalauréat, qui avait entendu parler du programme de restauration des œuvres d’art. Il est venu me voir parce qu’il fallait des préalables en chimie. Alors, il est venu et nous avons parlé des préalables en chimie. J’ai dit : « Ça a l’air fascinant. » Et il a répondu : « Eh bien, en fait, ils ont un volet scientifique aussi », ce qui a mené à une discussion avec Ian Hodkinson. Le programme commençait l’année suivante et, finalement, je me suis retrouvé à faire ma maîtrise en chimie, mais j’ai suivi tous les cours au choix avec les étudiants en restauration des œuvres d’art. C’était… et j’ai fait ma maîtrise dans un domaine lié à l’archéologie, c’était juste un bon concours de circonstances et une sorte de transition extraordinaire vers le domaine.

KJ : C’est intéressant. Connaissiez-vous bien la restauration muséale?

CC : Non, je pense que j’avais simplement la fascination normale des enfants pour… j’ai grandi ici, à Ottawa, alors je me souviens d’être allé au Musée… ce qui est maintenant le Musée de la nature, et il y avait beaucoup de vitrines d’exposition à l’époque et c’était pas mal statique, mais on voulait toujours savoir ce qui se passait derrière les portes closes. Donc, il y a toujours eu ce genre de fascination et de curiosité, et je pense que ça fait partie de ce que… quand j’en ai entendu parler, j’ai pensé, eh bien, vous savez, c’est un domaine tellement extraordinaire qui réunit la science, l’histoire et l’art, et il n’y a pas beaucoup de possibilités de ce genre. Ça semblait tellement fascinant, je ne l’ai pas regretté une seconde.

KJ : C’est toujours agréable à entendre. Vous êtes donc passé, je suppose, de votre maîtrise à Parcs Canada. Est-ce que c’était votre premier poste?

CC : Oui et, en fait, j’ai fait ma maîtrise en collaboration avec un archéologue de Parcs, et j’avais donc ainsi certaines relations et puis, bien sûr, être au bon endroit au bon moment, c’est important. Donc, je faisais partie de la première cohorte de diplômés en restauration d’œuvres d’art, et il y avait des postes pour la plupart d’entre nous à l’époque parce que la restauration était une nouvelle discipline. Les seuls restaurateurs qu’ils avaient… l’ICC avait un programme de formation à l’époque et certaines personnes, comme Bob Barclay et Tom Stone, sont arrivées dans ce contexte, mais beaucoup de restaurateurs venaient d’Europe à ce moment-là. Le Canada commençait tout juste à produire ses propres spécialistes formés dans le domaine, et donc, oui, je suis allé à Parcs et j’ai travaillé dans le laboratoire scientifique pendant huit ans, principalement sur du matériel archéologique provenant de Red Bay et d’épaves et ainsi de suite. Donc, c’était une initiation vraiment intéressante au domaine.

KJ : Nous avons parlé de votre travail en science de la conservation et je me demandais combien de temps vous avez travaillé dans ce domaine avant de passer à la gestion, parce que nous savons tous que vous avez été gestionnaire à différents niveaux pendant un bon moment, mais je n’ai jamais su exactement combien d’années vous avez travaillé dans les laboratoires.

CC : L’une des occasions qui s’est offerte, et j’ai été très chanceux, c’était en 1986. J’ai pu aller travailler dans un laboratoire à Genève, en Suisse, pendant environ quatre mois avec François Schweitzer, ce qui m’a permis de voir comment un autre laboratoire fonctionnait, mais aussi de voir à quel point tout ce que nous apprenions au Canada était pertinent et très conforme à ce qui se faisait ailleurs dans le monde. Ça a donc été une expérience extraordinaire sur le plan culturel et ça m’a aussi permis de me développer. Je pense que c’est environ un an après mon retour qu’un poste est devenu disponible dans ce qu’on appelait à l’époque le groupe de recherche sur les conditions ambiantes et les agents de détérioration.sur le milieu et les agents de détérioration. C’était un groupe avec Stefan Michalski, Jane Down, Paul Marcon, le groupe de scientifiques, et le gestionnaire de ce groupe était devenu directeur des laboratoires de traitement. Donc, il y avait un poste, et j’ai été intérimaire pendant un certain temps, puis j’ai eu le poste de façon permanente. Je pense que ça devait être vers 1987.

KJ : Donc, assez tôt dans votre carrière?

CC : Oui, oui. Je pense que Chuck Gruchy venait tout juste d’être nommé directeur général et… oui, les gens bougeaient, et il y avait une occasion d’essayer et de voir si j’aimais ça, et si les gens m’aimaient, et ça semblait bien fonctionner.

KJ : Donc, à partir de 1987, vous avez été gestionnaire ou vous avez occupé un poste à un niveau supérieur?]

CC : Oui, j’ai été dans la gestion à partir de ce moment, oui, exactement.

NNM : Comment avez-vous trouvé cette transition?

CC : Eh bien, ça me rendait certainement nerveux parce que je venais du laboratoire d’analyse et que j’arrivais dans un laboratoire où plusieurs scientifiques travaillaient dans un autre domaine. Stephan Stefan, Paul et Tom Strang ont été là pendant un bout de temps quand j’y étais, après il y a eu Jean Tétreault, donc cette équipe de base, mais Stefan… Stefan que j’avais connu en fait à Queen’s, et manifestement… je veux dire, même à cette époque, c’était un leader éclairé, et donc j’étais nerveux de me retrouver là et de leur parler. Ils ont été très généreux et m’ont dit : « Nous avions besoin d’un nouveau gestionnaire, nous sommes heureux de vous avoir. » Il y a eu un processus d’initiation qu’ils m’ont fait suivre. Il y avait peut-être même des vidéos quelque part… une table vibrante, si je me souviens bien, qui me donnait un peu la nausée, et donc c’était un peu comme si j’étais accueilli par mon Dieu, mais c’était très amical, et donc je me suis senti le bienvenu et j’ai eu ce type d’accueil.

KJ : C’est intéressant. Je suis intriguée. Une initiation sur une table vibrante… OK, donc, à quel moment, après avoir été gestionnaire, avez-vous réalisé que vous vouliez le rester? Qu’est-ce qui vous a incité à demeurer dans des postes de gestion le restant de votre carrière?

CC : Eh bien, je ne pense pas qu’il y a eu un moment particulier. C’est un peu comme… quand vous franchissez cette étape, c’est comme un point de non-retour, parce que vous perdez vos compétences en laboratoire après un certain temps et, vous savez, vous n’êtes pas autant au fait de la littérature et, bien franchement, je pense que les intérêts changent aussi. Une fois qu’on devient gestionnaire et qu’on commence à voir les choses du point de vue du gouvernement et de l’organisation… c’est fascinant de voir comment les organisations peuvent changer et comment on peut diriger une organisation et la transformer. Il y a constamment des défis, mais c’est dans un domaine complètement différent… on peut commander ou persuader, selon différents styles de gestion. J’ai toujours été fasciné par ce genre de comportement organisationnel et par la façon d’atteindre des objectifs organisationnels et de faire avancer tout le monde dans la même direction, et ainsi de suite. Donc, plus je travaillais dans ce domaine, plus j’apprenais de choses et plus d’autres personnes m’apprenaient de choses. C’est vraiment quelque chose qui me fascinait, et j’ai trouvé que c’était très enrichissant de travailler dans ce domaine.

KJ : C’est une excellente entrée en la matière, parce que l’une des questions que j’avais prévue… J’aimerais que nous parlions de la façon dont vous voyez l’évolution de l’ICC au fil des ans. Comment pensez-vous que les choses ont évolué?

CC : Il y a deux façons de parler de cela, et je pense que la première concerne le style général de gouvernance organisationnelle dans les années 1990. Il y avait des compressions dans l’ensemble du gouvernement à l’époque du gouvernement Chrétien. Ils voulaient contenir le déficit, alors il y avait des compressions à tous les niveaux et, à l’époque, je crois que notre directeur général et d’autres ont dû se rendre dans le centre-ville et se sont fait dire de couper X fois 100 000 $ dans le budget et, pour une raison ou une autre, il a dit : « Nous pouvons générer des recettes au lieu de couper. » Alors, il a promis au SMA que l’ICC commencerait à générer des recettes. À ce moment-là, nous faisions probablement environ 35 000 $ par année et nous vendions quelques publications mineures, et il est revenu et a dit à l’équipe de direction : « Nous devons produire des revenus. Nous devons trouver un moyen de faire de l’argent. » Et, encore une fois, j’avais eu la chance d’assister à une conférence où j’avais entendu un intervenant du Centre des sciences de l’Ontario parler d’une expérience transformatrice qu’ils avaient vécue : ils avaient utilisé leurs propres employés pour transformer leur organisation. Alors, j’ai communiqué avec lui, et nous avons ainsi été mis en contact avec le consultant auquel ils avaient fait appel et, grâce à ce consultant, la nature même de l’organisation s’est vraiment transformée. À une époque, nous avions une douzaine de groupes de travail qui s’occupaient de domaines allant des politiques à la surveillance, en passant par la vision, toutes sortes d’aspects différents de ce que devrait être l’organisation. Il s’agissait en quelque sorte de repenser l’organisation. Avant cela, je me souviens que, quand nous avons commencé à travailler avec ce consultant, il a demandé à quel point l’ICC était bien perçu par ses clients. Nous lui avons répondu que nous pensions que l’Institut était plutôt bien perçu et il a dit : « Non, comment le savez-vous? » Nous n’avions jamais fait de sondage et la simple idée de sonder les clients et de leur demander ce qu’ils pensaient de nous était franchement terrifiante parce qu’on ne l’avait jamais fait auparavant et qu’on n’était pas certain de vouloir le faire, et que le gouvernement ne faisait absolument rien dans ce sens-là. Mais cet exercice a transformé l’ICC. D’une organisation où tout le monde faisait sa part et avait le sentiment de bien faire les choses, l’Institut est devenu une organisation qui avait des buts, qui avait des objectifs. Il y avait des mesures en place pour savoir comment ça allait, et c’était vraiment… un outil a été créé et il y a eu une très grande collaboration pour imaginer tous ces différents aspects. Donc, David Grattan, James Bourdeau, Jane Sirois dirigeaient certains de ces différents groupes de travail et de ces différents aspects et, en mettant tout cela ensemble, l’ICC est devenu une organisation différente. Par la suite, nous avons essayé par toutes sortes de moyens de générer des revenus. Beaucoup d’entre eux ont échoué, mais celui qui est resté, bien sûr, c’est le travail concernant les intérieurs patrimoniaux, plus particulièrement avec Travaux publics, où il y a de grands projets d’immobilisations en architecture. C’est un domaine où des fonds sont disponibles et où nous pouvons jouer, où l’ICC peut jouer un rôle très utile. Donc, c’est le résultat de tout cet exercice aussi, mais ça a transformé la façon dont l’organisation dans son ensemble se percevait et dont elle exécutait ses activités.

KJ : Et le moral? Est-ce que cette transformation a beaucoup affecté le moral?

CC : Eh bien, nous avions un groupe qui se concentrait sur le moral et c’était un autre… pour la première fois, nous avons fait, et cette fois encore avant que le gouvernement commence à faire la même chose… nous avons fait des sondages internes sur le moral tous les trois mois pour savoir comment les gens allaient. Il y avait beaucoup d’enthousiasme lorsque les gens participaient. Il y a eu une grosse déception à la fin du processus, quand tout le monde a compris en quelque sorte qu’il était temps de s’occuper de son propre travail et de ne plus… Je pense que les gens étaient contents d’avoir leur mot à dire dans les décisions concernant l’orientation de l’organisation, mais, évidemment, à long terme, c’est le rôle de la direction. Alors, il y a eu inévitablement un sentiment de déception et de rupture quand, tout d’un coup, la grande majorité du personnel ne participait plus à ces discussions quotidiennes après avoir y avoir vraiment participé pendant une période intense d’environ six mois. C’était extraordinaire. Ça, c’est pour la gouvernance. L’autre grand changement que j’ai vu s’est produit dans le domaine de la conservation préventive, parce que lorsque j’ai commencé en conservation, on parlait des conditions ambiantes dans les musées. Gary Thompson avait écrit ce livre qui parlait beaucoup de l’humidité relative, un peu de la température et de la lumière, et c’était considéré comme l’environnement deses conditions ambiantes dans les musées, mais en fait… Quand j’étais gestionnaire de l’EDRdu RMAD, il y avait cette conférence canadienne sur la conservation qui devait avoir lieu et, deux jours avant notre participation, Stefan est arrivé avec cette grande feuille de papier sur laquelle il avait noté les agents de détérioration. L’idée lui était venue en allant dans des institutions qui s’inquiétaient de leur humidité relative, alors qu’elles n’avaient pas de serrure sur la porte d’entrée ou qu’une partie de leur collection était conservée dans une grange dont le toit coulait, et elles les gens s’inquiétaient pour les mauvaises choses. Alors, nous avons réalisé qu’il fallait adopter une approche plus holistique. Nous sommes passés des conditions ambiantes dans les musées à la conservation préventive, un terme que l’ICCROM à Rome, avec Gaël de Guichen, avait déjà inventé. Ensuite, cela s’est vraiment transformé en une approche globale d’évaluation des risques, une approche plus holistique et beaucoup plus utile, ce qui a représenté une énorme transformation au fil des ans, de quelque chose à quoi il fallait réfléchir en parallèle à quelque chose que l’ensemble de la profession a vraiment adopté. C’est sorti presque totalement de l’esprit de Stefan, et je me rappelle l’avoir regardé expliquer que c’était de ça que nous allions parler à la conférence. Ce n’était pas sur ce sujet-là que devait porter sa communication à la conférence. C’est juste quelque chose qu’il s’était dit : « Eh bien, parlons-en et voyons ce que les gens en pensent. » Donc, l’idée a été ébauchée, et il a fallu quelques années pour produire l’affiche et pour que les gens en soient contents. Il a fallu encore quelques années pour en faire une deuxième version, mais on la voit maintenant partout dans le monde. Je veux dire… c’est vraiment quelque chose qui a été adopté dans le monde entier par les professionnels de la conservation.

KJ : Vous avez mentionné quelque chose dont j’aimerais vraiment que nous parlions, c’est que vous avez changé de chapeau assez régulièrement au cours de vos années à l’ICC. Vous avez été gestionnaire pendant un certain temps, puis vous êtes passé aux Services de préservation. Ensuite, vous êtes devenu directeur de RSSC. Vous êtes allé au RCIP pendant un certain temps, et vous vous êtes occupé de l’information sur le patrimoine. Alors, j’aimerais savoir comment cela a contribué à votre carrière et quels enseignements vous en avez peut-être tirés.

CC : Encore une fois, j’ai eu la chance d’avoir des occasions qui se sont présentées après ce genre d’exercice de transformation et par la suite. Quand je suis devenu directeur de RSSC, je me sentais assez à l’aise dans ce rôle parce que nous avions vécu la transformation et que les choses s’arrangeaient en quelque sorte. Bien sûr, nous avons ensuite été touchés par les rénovations, pendant une période où il y a eu différents directeurs généraux. C’était une opération non financée et le budget augmentait sans cesse. Alors, je n’étais pas très populaire au Ministère à cette époque et je me sentais très vulnérable. Mais, de façon générale, j’ai eu l’occasion de travailler avec différents directeurs généraux au fil des ans, et chacun d’eux semble avoir… nous avons eu la chance d’avoir la bonne personne au bon moment, je pense. Et donc, j’ai profité de ces occasions en quelque sorte. Je veux dire… Chuck Gruchy, quand il est arrivé ici, il s’est beaucoup investi dans l’ICCROM et a amené l’ICC à être beaucoup plus actif sur la scène internationale dans ce genre de domaine, de sorte que j’ai eu l’occasion de siéger au Conseil de l’ICCROM et d’en être le président pendant plusieurs années, ce qui nous a permis de nouer un partenariat très fructueux avec cet organisme, et cela se poursuit. Puis Bill Peters, qui était là lorsque nous avons subi des compressions… et Bill a eu le courage de laisser le personnel essayer des choses et de recréer l’endroit. Et je suis sûr que ce n’était pas beau à voir, mais ça a vraiment… c’était important et nous avons été appuyés durant tout le processus, donc ça a été une expérience d’apprentissage formidable pour tout le monde. Puis Jeanne est arrivée juste au moment où nous terminions les rénovations. Je ne suis pas certain de ce que la pauvre Jeanne a pensé quand elle est arrivée ici, parce que c’était la pagaille. Il y avait encore… vous savez, il y avait des fils électriques qui pendaient, nous n’avions pas encore déménagé dans les laboratoires ou quoi que ce soit. Mais elle a vraiment donné plus de crédibilité à l’organisation, je pense. Nous étions maintenant une organisation axée sur les résultats. Elle pouvait dire au Ministère ce que l’organisation faisait, et je pense que le Ministère a commencé à ne plus nous voir seulement comme un petit groupe étrange, mais comme une organisation capable de démontrer qu’elle faisait du bon travail. Nous étions appréciés. Nous apportions de vraies contributions et des changements, ce qui a mené à une période de stabilité. Puis Patricia est arrivée avec un plan stratégique, et tout cela ensemble s’est traduit par un autre niveau d’intérêt quelques années après l’arrivée de Patricia. Et enfin, j’arrivais à la fin de ma carrière, alors quand Kenza est partie en congé de maternité, c’était tout simplement une occasion extraordinaire de revenir et de travailler pendant un an avec les gestionnaires avec qui j’avais travaillé pendant des années et avec qui j’avais toujours aimé travailler, et cela jusqu’à la fin de ma carrière. Donc, en ce qui me concerne, ce fut simplement une heureuse série d’événements, et cela m’a donné à la fin l’occasion extraordinaire d’essayer quelque chose de différent et puis de revenir et de finir en faisant ce que j’avais toujours tant aimé.

KJ : C’est sympathique de vous entendre parler de votre carrière. C’est agréable d’entendre cela. e constater qu’elle a été comme celle de C’est comme avec Season. Season en a parlé de la même façon quand elle était ici. En vous écoutant tous les deux, je peux sentir votre amour pour la carrière que vous avez eue et que tout le monde voudrait avoir, vous savez. Alors, c’est toujours agréable. Un autre élément pour lequel vous avez joué un rôle important, selon Season, c’est le SGIP.

CC : Oui, bon, dès le début, l’ICC avait besoin d’une fonction d’enregistrement pour la gestion des objets qui arrivaient. Donc, dès les premiers jours, Ian Wainwright et Ray Lafontaine ont conçu ce petit système appelé Icarus sur l’un des premiers ordinateurs que nous avons eus. Ça fonctionnait probablement sur un petit Commodore 64, vous savez. Il n’y avait pas de mémoire ou quoi que ce soit, mais c’était une façon de faire le suivi des objets qui entraient et qui sortaient. Puis, quelques années plus tard, on s’est rendu compte qu’on avait besoin de quelque chose… En fait, quelqu’un du RCIP nous a aidés pour créer ça au départ – je venais d’arriver ici – Jim Fox, et il nous a aidés à mettre ça en place. Et, plusieurs années plus tard, c’était OK, vous savez, les ordinateurs avaient évolué, ils étaient plus puissants, nous pouvions faire les choses différemment. Et, encore une fois, Ian a participé au développement de Proteus et beaucoup à la fonction d’enregistrement. Donc, Vee et Ian et le gars de l’informatique que nous avions à l’époque, John Jean Bisson, ont pour ainsi dire construit le système Proteus, et sur Lotus Notes. Ça a marché pendant plusieurs années, mais il était surtout utilisé pour l’enregistrement, pour faire le suivi des objets, et puis les analystes y consignaient leurs résultats, mais personne d’autre ne l’utilisait vraiment. Alors, quand on a eu l’occasion de construire un plus grand système et qu’il y a eu ce faux départ… nous avons passé plusieurs années avec des gens de la DGDPI au centre-ville pour un projet qui, après deux ans et des dépenses considérables, a simplement été abandonné parce qu’on disait qu’il ne fonctionnerait pas. Nous avons donc fait appel à quelques très bons consultants et nous avons essentiellement conçu le SGIP avec un analyste des activités et un codeur, et il y avait des réunions quasi hebdomadaires. Il y avait donc moi et Vee, et Marie-Claude [Corbeil] et Bruce Cordon, et peut-être une autre personne, donc un assez petit groupe, mais nous nous réunissions environ deux heures chaque semaine, et ils concevaient un genre de modèle et expliquaient comment ça fonctionnait, et ils disaient, vous savez… puis ils revenaient la semaine suivante avec quelque chose d’autre qui avait été développé, et ça allait de l’avant. Donc, ce système a été développé selon cette approche souple, très itérative, avec beaucoup d’implication. Il est loin d’être parfait, mais il nous permet maintenant de faire le suivi de la plupart de nos activités dans le bâtiment, et nous commençons tout juste à discuter de la prochaine itération de ce que deviendra le SGIP, qui fonctionnera probablement sur Windows, je pense, et qui masquera beaucoup des complexités qu’il y a dans le SGIP. Mais, en tant que directeur, grâce au SGIP, j’ai pu vraiment pour la première fois connaître l’état d’avancement des différents projets et savoir à quoi les gens consacraient leur temps. Vous savez, quand quelqu’un pose des questions concernant la reddition de comptes, vous pouvez trouver de l’information dans le système. Avant, si quelqu’un demandait où en était tel projet ou si nous avions quelqu’un qui allait au Manitoba… Qu’avons-nous fait récemment au Manitoba? Il fallait courir partout dans le bâtiment et demander aux gens, et ce n’était que du bouche-à-oreille. Le système nous a permis de rassembler l’information et de faire en sorte que la reddition de comptes devienne plus importante, et donc avec Edith [Gendron] et le genre de rapports que le Ministère… mais aussi pour notre propre rétroaction afin de comprendre ce que nous faisions, à quoi nous consacrions notre temps, ce qui était en cours à un moment précis. C’est extrêmement utile de pouvoir donner cette information du point de vue de la gestion, de pouvoir exercer cette supervision, mais l’une des choses que j’ai toujours préconisée avec le SGIP, et qui n’est pas entièrement un succès, c’est qu’il doit aussi être utile aux gens qui entrent les données. Ça ne peut pas être seulement pour les autres, pour que la direction obtienne de l’information. Donc, j’espère que, dans une certaine mesure, le système a aidé les gens à organiser leur travail, à savoir ce qu’ils ont à faire, vous savez, vous pouvez voir de quels projets, de quelles activités vous êtes responsables, mais aussi quelles tâches vous ont été attribuées. Donc, les gens qui l’utilisent et qui en tirent profit… Je pense que ça les aide vraiment à s’organiser, à établir des priorités, et à savoir que vous êtes simplement surchargé et que vous devez faire des choix. Alors, vous pouvez vous adresser à votre gestionnaire et avoir une discussion parce que ce genre de système centralisé est… ça exige toujours des efforts pour alimenter le système, mais il a certainement été utile pour la direction et pour beaucoup d’employés qui l’ont utilisé. Je pense qu’il a une certaine utilité pour eux aussi. Nous devons donc trouver un moyen de réduire la quantité de données à entrer tout en maximisant les avantages pour les gens, pour qu’ils les voient dans leur travail quotidien également.

KJ : Je pense que c’est un outil utile.

CC : Je le pense aussi, et il doit continuer à évoluer pour demeurer utile, parce que s’il stagne pendant plusieurs années, il faudra tout recommencer à zéro.

KJ : Vous avez parlé des 10 agents de détérioration. Y a-t-il d’autres projets auxquels vous avez participé ou qui se sont réalisés pendant vos années à l’ICC qui se distinguent?

CC : Oui, eh bien, il y en a tellement… oui, tellement de projets et, encore une fois, du point de vue de la gestion et du rôle direct joué, ce ne sont pas des choses que vous avez effectivement faites. Avec le temps, vous savez, vous pouvez vous attribuer une partie du mérite, mais en tant que réalisations de votre personnel. Et je dois dire que l’un des grands plaisirs à titre de directeur de RSSC… Je veux dire, chaque fois que je vais dans un laboratoire et que je vois ce que font les gens, sur quoi ils travaillent, ça peut être des artefacts ou des projets, et que je vois le genre de choses qu’ils font, je continue d’être ébahi. Ce n’est pas approprié de le montrer quand vous êtes directeur, alors vous ne le faites pas, mais, vous savez, bien franchement, sur une base quotidienne, quand j’entre et que je vois ce que les gens font, je suis époustouflé par ce qu’ils peuvent accomplir, et il peut s’agir de l’état d’un artefact avant et après, mais il peut aussi s’agir d’autre chose, comme le travail que Kate [Helwig] et Jenny [Poulin] ont fait sur l’ambre et vous dites : « Comment avez-vous pu penser à ça? » Vous savez, c’est absolument incroyable l’intelligence et l’application que le personnel met dans le travail qu’il fait. Bien sûr, en tant que gestionnaire, vous voulez toujours que les gens fassent les choses plus rapidement et soient plus efficaces et ainsi de suite, mais je pense que c’est quelque chose d’unique à l’ICC, parce que nous n’avons pas de collection, nous n’avons pas de calendrier d’expositions, nous avons le temps de réfléchir et de faire ce travail de développement et d’ajouter cette valeur dont bénéficient non seulement nos clients, mais toute la profession. Donc, il y a tant de projets au fil des ans, je veux dire… Les grands projets sont toujours impressionnants, mais même les petits projets qui ont une signification particulière pour un petit musée, qui voit des éléments de sa collection revenir, valent vraiment la peine d’être réalisés. Et vous en entendez parler dans les journaux locaux et c’est extrêmement, extrêmement valorisant. Et je pense que c’est aussi un autre aspect du travail réalisé ici… beaucoup de gens travaillent pour le gouvernement toute leur vie, pendant toute leur carrière, mais nous avons la chance de travailler directement avec les clients et de voir cela et la nature du travail aussi... Je veux dire préserver le patrimoine canadien, c’est quelque chose de très viscéral, vous avez le sentiment que c’est la bonne chose à faire. Il y a tant d’exemples dans le monde de populations qui sont coupées de leur passé et qui sont en quelque sorte perdues. C’est difficile d’expliquer en quoi consiste ce lien, mais il est important d’avoir ce lien avec le passé, pour que les gens se sentent enracinés. Et être capables d’aller de l’avant et de jouer un rôle là-dedans… je pense que c’est vraiment quelque chose que nous ressentons tous, que nous avons la chance de pouvoir travailler dans un domaine où ce genre de contact est établi avec les bénéficiaires et où le genre de travail que nous faisons peut avoir des effets bénéfiques pendant les siècles à venir.

KJ : Absolument. Et être si proche des clients, c’est aussi motivant parce qu’on peut voir les effets positifs.

NNM : Vous avez peut-être eu l’occasion de partir ou de faire quelque chose de différent un peu avant de décider de vous joindre au RCIP, alors pourquoi êtes-vous resté?

CC : Oui, eh bien, j’ai déjà examiné une occasion qui se présentait à l’étranger. Je ne suis pas certain que cela aurait débouché sur quelque chose, c’était plutôt une exploration et ça aurait été une orientation intéressante, mais, bien franchement… Je pense que Season a parlé de la famille de l’ICC et je pense que, parce que nous avons notre propre installation et que nous formons un groupe où nous pouvons faire des choses frivoles ensemble, vous savez, nous pouvons organiser des célébrations de Noël, nous pouvons acheter des beignes pour célébrer une nouvelle publication sur Internet, et cela crée une atmosphère où chacun a l’impression de faire partie de quelque chose. Ce n’est pas comme travailler dans un grand ministère où on croise tout le temps des centaines de personnes différentes. Alors, je crois que quelques-unes des choses que j’ai ressenties dès le premier jour, quand j’ai découvert ce domaine, et que je me suis dit que ça avait l’air fascinant et que je me suis demandé si j’aurais un jour la chance de travailler dans ce domaine… et ce sentiment ne m’a jamais quitté… je me trouve tellement chanceux d’avoir trouvé cette discipline, qui réunit l’art, la science et la créativité, et puis l’ICC est un endroit qui peut en quelque sorte s’offrir le luxe de développer des choses. C’est difficile d’envisager quelque chose d’autre et de se dire : « Oui, ce serait plus amusant que ce que je fais en ce moment. » Donc, à part cette tentation plus ou moins au début de ma carrière, certainement dès que j’ai eu passé un certain temps ici, à l’ICC, je n’ai jamais eu l’intention d’aller ailleurs.

KJ : Qu’est-ce qui rend l’ICC unique, selon vous?

CC : Eh bien, c’est un groupe centralisé qui dispose de beaucoup de ressources pouvant être affectées à n’importe quel problème particulier, une combinaison de restaurateurs et de scientifiques, et maintenant, avec le RCIP, nous avons aussi des gens qui s’occupent des données. Et on ne voit pas ça beaucoup ailleurs dans le monde. Aux États-Unis, ils ont des laboratoires… ceux du Getty offrent des services dans le monde entier, mais sinon, il y a des laboratoires qui… et il y a des laboratoires à Carnegie-Mellon, mais ils travaillent séparément et s’occupent principalement de leur propre collection. Au Royaume-Uni, ils ont fait cette étude il y a environ cinq ou six ans, et ils ont réalisé qu’il y avait des services de restauration et de science de la conservation dans toutes sortes d’institutions différentes, mais qu’il n’y avait pas de lien entre eux, que tous travaillaient en vase clos et se trouvaient dans différents musées ou universités, et je pense que c’est la Chambre des lords qui a publié ce rapport disant qu’il fallait commencer à travailler ensemble horizontalement. Donc, il était logique que, par une suite de circonstances et à l’époque des musées nationaux, l’ICC soit créé et il était logique aussi que tous les établissements n’aient pas à acheter l’équipement de pointe et l’équipement coûteux qu’il faut pour répondre à certaines questions. Le fait de réunir tout cela et d’avoir une masse critique en un seul endroit permet certainement une synergie.

KJ : Comment voyez-vous l’avenir de l’ICC? Que va-t-il arriver, selon vous?

CC : Eh bien, je parie que, si je revenais dans cinq ans, je ne reconnaîtrais pas l’ICC et c’est une bonne chose, absolument. Nous avons de nouveaux directeurs et un nouveau directeur général. Il semble que nous allons de l’avant et que nous allons partager des locaux avec Parcs et donc, du point de vue des gens et des directions, les choses seront certainement différentes. Nous avons eu une période de stabilité et je pense que c’est en partie dû au fait qu’il y avait des restaurateurs, des employés qui étaient là depuis longtemps, et cette situation commence à changer. Il y a eu beaucoup de changements et cela continuera dans les prochaines années. Il y aura donc une nouvelle équipe ici dans cinq ans, et les gens auront leurs propres idées et ce sont des gens brillants et extraordinaires. Je suis certain que, tant que nous aurons l’appui du Ministère, l’ICC continuera d’être un milieu de travail extraordinaire. Ce sera différent, mais le changement est une bonne chose et nous devons l’accepter et faire en sorte que ça fonctionne pour nous. Et je n’ai aucun doute que c’est ce qui va se produire.

KJ : Je me réjouis d’entendre cela. Avez-vous des conseils à donner?

CC : Je n’oserais pas. Je veux dire, je vois les nouveaux qui arrivent et que nous embauchons, ils sont super intelligents, et c’est la même chose avec les stagiaires que nous avons. Vous n’aimeriez pas tous les garder? Parce que ces personnes extraordinaires arrivent avec toutes sortes de bagages différents, elles proposent des idées différentes. C’est une nouvelle génération et il y aura de nouveaux défis; il faut de nouvelles personnes pour relever ces défis. Je pense que j’ai fait du bon travail pendant que j’étais ici, mais pour ce qui est de l’avenir… je pense qu’une base a été mise en place, mais on va construire là-dessus et il va y avoir du changement et ce sera différent. Il faut s’adapter, sinon on meurt.

["Where Was I?" de Lee Rosevere de l'album "Music for Podcasts 6." Style : Minimalisme électronique]

NNM : Le 7 mars 2019, l’ICC a organisé une fête de départ à la retraite pour Charlie Costain. Dans une salle de réception bondée, plusieurs personnes ont fait des discours pour dire au revoir à Charlie, entre autres presque tous les anciens directeurs généraux. Mais c’est Charlie lui-même qui a pris la parole en dernier…

[La musique s'estompe.]

CC : Avec le recul, je me sens tellement chanceux d’avoir pu passer ma carrière dans ce domaine, d’avoir travaillé pour trois organisations de calibre mondial : les huit premières années à Parcs, dans une grande mesure mes années de formation où j’ai beaucoup appris en travaillant avec John Stewart. Louis Laflèche est toujours là, alors il me survivra. Puis, bien sûr, je suis venu à l’ICC où j’ai passé la plus grande partie de ma carrière et, à la fin, j’ai eu cette occasion inattendue mais vraiment appréciée et enthousiasmante de travailler au RCIP. Nous avons donc beaucoup de chance, je pense… au gouvernement fédéral… nous travaillons en fait avec des clients et nous établissons des relations avec eux partout au pays et dans le monde. C’est quelque chose de particulier à l’ICC et au RCIP et nous tenons ça pour acquis, je pense. Mais beaucoup de gens travaillent au gouvernement fédéral toute leur vie et n’ont jamais à traiter avec un client. Alors, c’est ce qui rend l’organisation spéciale, mais aussi le genre de travail que nous faisons nous semble utile. Stefphan [Michalski] a mentionné dans sa conférence à l’IIC que beaucoup de gens ont l’impression que leur travail ne contribue pas vraiment à la société mais, à mon avis, nous avons le sentiment que nos activités ont des effets réels et que nous apportons une contribution à la population canadienne et au monde. Évidemment, ce qui rend l’ICC spécial, ce sont les gens qui y travaillent, et je me sens extrêmement chanceux de travailler avec un tel groupe. Pour tout ce que j’ai accompli dans ma carrière, j’ai toujours eu le soutien des autres. C’est drôle, il y a 45 ans, quand j’étudiais en chimie à Queen’s et que je me demandais ce que j’allais faire, j’ai entendu parler de l’ICC et je me suis demandé si j’aurais un jour la chance d’y trouver un emploi. Alors, merci à vous tous d’avoir permis à un rêve de se réaliser. C’était formidable. [Applaudissements]

[“Here’s Where Things Get Interesting" de Lee Rosevere de l'album "Music for Podcasts 6." Style : Minimalisme électronique]

Merci à Charlie Costain.

L’ICC et le RCIP se racontent est une production de l'Institut canadien de conservation, ministère du Patrimoine canadien.

Notre musique a été composée par Lee Rosevere.

Voix hors-champs par Mike Tobin.

Aide à la production par Pop-Up Podcasting.

Qui devrions-nous interviewer dans le cadre de cette baladodiffusion? Trouvez-nous sur Facebook à l'Institut canadien de conservation et dites-le-nous.

La prochaine fois sur le balado…

Season Tse : Je dirais qu’il faut toujours se rappeler que c’est un privilège de travailler à l’ICC et qu’il ne faut pas le tenir pour acquis, et que l’ICC est un merveilleux endroit. Et je pense que tous ceux qui sont venus ici disent que l’ICC est un endroit merveilleux et que la synergie est formidable. Je pense qu’il faut profiter de la synergie et apprendre les uns des autres. Oui, c’est un endroit merveilleux.

[La musique s'estompe.]

Dans cet épisode, vos animatrices, Nathalie Nadeau Mijal et Kelly Johnson, interviewent Charlie Costain. Charlie a commencé à travailler à l'ICC en 1984 comme scientifique en conservation et a progressé au sein de l'organisation pour devenir gestionnaire et directeur. Il a également travaillé pendant deux ans comme directeur général du RCIP, mais nous prévoyons couvrir son mandat au RCIP dans un prochain épisode. (Restez à l'écoute!)

Jetez un coup d'œil à notre vidéo organisationnelle pour voir la statue du « Capitaine » mentionnée au début de l'épisode. Par ailleurs, vous y verrez Charlie et de nombreux employés de l’ICC, actuels ou retraités.

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Introduction

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Transcription de l'introduction

Transcription de l'introduction

Durée de l'épisode : 00:05:02

L'ICC-RCIP : Une introduction

[Musique: "We Don't Know How it Ends" par Lee Rosevere de l'album "Music for Podcasts 6." Style: Minimalisme électronique]

Nathalie Nadeau Mijal (NNM) : Quelque part dans la capitale nationale, il y a un entrepôt à deux étages plutôt quelconque qui ne se distingue que par la présence d'une sculpture mystérieuse d'un capitaine qui monte la garde au-dessus de la porte principale. À l'intérieur de cet édifice se trouvent certains des plus précieux trésors du Canada et les personnes chargées de leur protection – le personnel de l'Institut canadien de conservation et du Réseau canadien d'information sur le patrimoine.

L'ICC et le RCIP se racontent.

Permettez-moi d'abord de me présenter. Je suis Nathalie Nadeau Mijal. Ma coanimatrice, Kelly Johnson, est responsable de l'apprentissage et du perfectionnement à l'Institut canadien de conservation depuis 2015. L'objectif de l'épisode d'aujourd'hui est de vous en dire un peu plus sur l'Institut canadien de conservation et le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, autrement dit l'ICC et le RCIP. Donc, qui serait meilleur que le directeur général lui-même pour vous parler de ces deux organisations? Il s'appelle Jérôme Moisan.

[La musique s'estompe.]

Jérôme Moisan (JM) : Alors l'ICC c'est l'Institut canadien de conservation et le RCIP c'est le Réseau canadien d'information sur le patrimoine.

Kelly Johnson (KJ) : Est-ce que ça serait possible de nous dire qu'est-ce que ça veut dire ICC et RCIP?

Jérôme Moisan (JM) : Oui, alors l'Institut canadien de conservation est vraiment là pour appuyer tout la communauté muséale et du patrimoine en matière de conservation des collections, traitement des collections et également restauration des artefacts grâce à une expertise en préservation, en science de la conservation. Donc c'est vraiment le mandat de l'ICC. Pour ce qui est du Réseau canadien d'information sur le patrimoine, c'est vraiment d'appuyer les musées pour les aider à gérer leurs collections et leur donner des outils précieux pour gérer toute la portion virtuelle des collections, c'est-à-dire s'assurer que leurs collections soient accessibles par Internet ou via différents sites pour que les Canadiens puissent y avoir accès sans avoir à se déplacer dans chaque musée ou dans chaque institution.

KJ : Et est-ce que vous pourriez nous dire comment les deux organisations s'intègrent au sein de Patrimoine Canada ?

JM : Oui, alors les deux organisations sont assez spéciales dans le sens que ce sont des organismes de service spéciaux et donc, ça, ce que ça veut dire c'est qu'elles ont davantage de marge de manœuvre sur le plan administratif parce qu'elles ont, toutes les deux, les deux organisations, des mandats spécifiques, et des clients très spécifiques et donc, par exemple ça permet à l'ICC de faire payer pour certains de ses services ou dans le cas du RCIP d'avoir davantage de marge de manœuvre administrative pour mettre en place des outils virtuels pour aider les musées et les organisations du patrimoine.

KJ : Ok, merci puis dernière question, est-ce que ça serait possible de nous expliquer ce que c'est que le projet d'histoire orale, le mandat qui nous a été donné, à Nathalie et moi pour monter ce projet-ci d'histoire orale?

JM : Alors, le projet d'histoire orale, c'est un très beau projet. C'est un projet pour d'abord aller recueillir toute la sagesse et l'expérience des gens qui ont passé beaucoup de temps à l'ICC et au RCIP et qui nous ont appris toutes sortes de choses, qui ont fait évoluer les deux organisations et deuxièmement c'est une façon de passer tout ce savoir-là au public, à nos jeunes professionnels et à ceux qui peut-être songent à l'avenir à s'investir dans le domaine de la conservation ou de la gestion des collections, donc c'est un outil de passage de la connaissance, d'une génération à une autre.

["Où en étais-je ?" de Lee Rosevere de l'album "Music for Podcasts 6." Style : Minimalisme électronique]

NNM : Merci à Jérôme Moisan pour sa participation aujourd'hui.

L'ICC et le RCIP se racontent est une production de la division Partage du savoir de l'Institut canadien de conservation.

Notre musique a été composée par Lee Rosevere.

Qui devrions-nous interviewer dans le cadre de cette baladodiffusion? Trouvez-nous sur Facebook à l'Institut canadien de conservation et dites-le-nous.

Dans le prochain balado : « Vous savez, c'est tout simplement incroyable de voir l'intelligence du personnel et l'attention qu'il porte à son travail. Tous les jours, quand j'entre et que je vois ce que font les gens, je suis renversée par ce qu'ils peuvent accomplir. »

[La musique s'estompe.]

Dans cette introduction à la série de balados, Kelly Johnson et Nathalie Nadeau Mijal discutent avec le directeur général, Jérôme Moisan, qui explique le mandat de l'ICC et celui du RCIP, ainsi que ce à quoi s'attendre de la série.

Équipe de production

Kelly Johnson Kelly Johnson

Coanimatrice et agente d'apprentissage et de perfectionnement à l'ICC

Kelly Johnson coanime L'ICC et le RCIP se racontent. En 2015, elle est devenue agente d'apprentissage et de perfectionnement à l'ICC après avoir travaillé pendant plusieurs années au Bureau de la traduction. Son rôle consiste à exploiter les vastes connaissances des conservateurs et des scientifiques de l'ICC afin de créer des produits d'apprentissage pour la communauté canadienne du patrimoine.

Nathalie Nadeau Mijal Nathalie Nadeau Mijal

Coanimatrice, productrice et coordonnatrice du projet d'histoire orale à l'ICC

Nathalie Nadeau Mijal s'est jointe à l'ICC en 2018. Elle est responsable de la recherche entourant le projet de balado L'ICC et le RCIP se racontent, de même que de l'animation et de la production des épisodes. Avant de travailler à l'ICC, elle a travaillé dans des musées au Canada et au Royaume-Uni. Elle est titulaire d'une maîtrise en études muséales de l'Université de Leicester et d'une maîtrise en littérature comparée de l'University College London.

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Si vous voulez suggérer une idée d'épisode ou transmettre vos questions et commentaires, contactez l'ICC.

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