Vidéo – Cadres, cartes, outils et tendances

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Transcription de la vidéo « Cadres, cartes, outils et tendances »

Durée de la vidéo : 00:40:24

La narration de cette vidéo est traduite de l'anglais en français.

[Logo de Patrimoine canadien]

[Logo de l'Institut canadien de conservation]

[Texte à l'écran :

L'Institut canadien de conservation (ICC)

Présente un extrait de :

« La gestion du risque et la prise de décisions axée sur le risque relativement aux collections des musées, des galeries, des archives et des maisons historiques »

Conférencier : Irene Karsten, ICC

Séance : « Cadres, cartes, outils et tendances »

Cet atelier de perfectionnement professionnel de niveau avancé a eu lieu du 15 au 18 mars 2016 à l'ICC, à Ottawa.]

[Texte à l'écran : Cadres, cartes, outils et tendances]

Irene Karsten (ICC) : « Aujourd'hui, nous allons parler des cadres, des cartes, des outils, des tendances, de ce qui peut vous aider, si vous allez de l'avant et que vous axez votre processus décisionnel sur le risque. »

[Photographie d'accessoires de costumes dans une boîte de rangement fabriquée sur mesure avec nids Ethafoam sculptés et rembourrés, placés dans des plateaux d'empilage en carton de qualité archive]

Irene Karsten : « Revenons aux anciennes façons de faire, vous savez, quand c'était tellement facile parce qu'on se rendait sur place et qu'on voyait ces belles choses.

Et on se disait : c'est ce qu'il faut faire! C'est aussi simple que cela. »

[Photographie d'étagères de rangement d'œuvres d'art]

Irene Karsten : « C'est la bonne chose à faire. C'est ce dont nous avons besoin. Nous comprenons cela. Nous avons la solution.

Nous nous occupons de notre collection adéquatement. Eh oui! C'était parfois difficile de trouver des fonds, mais c'était tellement clair, parce que c'était visuel, n'est-ce pas?

C'est ce qu'on visait. Maintenant les gens veulent prendre des décisions axées sur le risque. »

[Photographie d'ensembles de stockage mobiles dans une chambre d'entreposage des archives]

Irene Karsten : « Adopter une méthode. Oui, je veux ça, d'accord? »

[Texte à l'écran : graphique comparant l'ampleur des risques analysés dans le cadre d'une évaluation exhaustive du risque entreprise dans une maison historique]

Irene Karsten : « Ah, vous voulez ça? Ils veulent que vous sortiez des chiffres et des graphiques.

Mais vous n'avez fait qu'une analyse des risques. Vous êtes-vous observé en train de faire ça?

Vous voyez, vous l'avez déjà fait. C'est vraiment intéressant et vous ne penserez plus jamais à la conservation préventive de la même façon après avoir commencé à utiliser cette méthode.

Vous en savez beaucoup déjà, ce n'est pas si difficile. C'est juste une façon différente de concevoir les choses.

Ce que je vais faire dans cette présentation, c'est vous donner un aperçu de quelques outils, cadres et idées qui existent et qui peuvent vous aider à comprendre comment amorcer ce genre de réflexion.

Et le premier cadre est facile à comprendre parce que vous le connaissez déjà. Probablement. »

[Texte à l'écran : Les dix « agents » de détérioration : Forces physiques; Vol et vandalisme; Incendie; Eau; Ravageurs; Polluants; Lumière, UV et IR; Température inadéquate; HR inadéquate; Dissociation]

Irene Karsten : « Ce sont les 10 agents de détérioration. Je vais commencer par quelques cadres.

Ce sont des structures que nous utilisons, et Rob y a fait référence plus tôt aujourd'hui.

Ce sont des structures que nous utilisons pour réfléchir de façon systématique.

Et les agents ne sont qu'un des outils que nous pouvons utiliser pour examiner un problème, puis se dire : qu'est ce qui se passe ici?

Vous avez utilisé les agents quand vous examiniez les risques pour les mâts totémiques, parce que vous vous disiez : qu'est-ce qui pourrait endommager ces mâts totémiques s'il y avait un groupe important de personnes au milieu de la salle?

C'est particulièrement important quand vous faites une évaluation globale des risques parce que vous voulez être certains d'examiner tout l'éventail des choses qui pourraient aller de travers.

Mais c'est aussi vraiment utile dans le contexte du processus décisionnel ciblé, quand vous voulez déterminer les composantes du problème et comment les dommages se produisent.

Il ne suffit pas de dire que des dommages surviennent.

Vous devez, comme vous l'avez vu avec les phrases résumant les risques, vous devez trouver en quoi l'agent consiste, puis comment il cause des dommages.

Les agents font partie du plan de préservation que l'ICC diffuse, alors vous le connaissez probablement. »

[Texte à l'écran : Les cinq « étapes » de contrôle : 1. Éviter. 2. Empêcher. 3. Détecter. 4. Réagir. 5. Récupérer/traiter]

Irene Karsten : « Ce plan indique aussi les cinq étapes de contrôle.

Encore une fois, cet outil nous aide à réfléchir à l'importance des dommages susceptibles de se produire dans une situation donnée, parce que nous nous demandons : y a t-il des méthodes en place qui nous aident à éviter cet agent?

Ou à empêcher cet agent d'endommager nos collections?

Ou avons-nous des moyens de détecter la présence d'un agent, de façon à pouvoir réagir, peut-être plus rapidement, et à empêcher que quelque chose arrive ou à empêcher que les dommages soient vraiment graves?

Ou il y a toujours la position de repli qui consiste à dire : bon, rien d'autre n'a fonctionné, mais nous intervenons et nous nous occupons des dommages, ou au moins nous avons tiré des leçons de cette expérience et, la prochaine fois, ça n'arrivera pas. »

[Texte à l'écran : Les six « strates » : 1. Région. 2. Site. 3. Bâtiment. 4. Pièce. 5. Installations. 6. Emballage et support]

Irene Karsten : « À chacune de ces étapes de contrôle, nous pouvons appliquer des mesures à six strates différentes.

Nous pouvons commencer directement par l'objet, dans son support ou son contenant d'entreposage, ou nous pouvons examiner les installations qui contiennent l'objet, les vitrines et le mobilier d'entreposage, par exemple.

Toutes ces choses peuvent se trouver dans une pièce, donc les divers éléments qui protègent votre objet peuvent être dans la pièce, ou dans le bâtiment qui contient la pièce dans laquelle se trouvent les collections, ou sur le site qui entoure le bâtiment dans lequel les collections sont conservées.

Nous pouvons aussi élargir le cadre à la région, parce qu'il arrive que les risques soient liés au fait que le bâtiment est situé dans un secteur géographique particulier.

Encore une fois, à l'aide de ces six strates, nous pouvons réfléchir très systématiquement à la façon dont les risques se manifestent pour une collection particulière.

Ce ne sont que des outils de réflexion mais, à la première étape, quand vous essayez de rédiger des phrases résumant les risques, ils sont extrêmement utiles.

Heureusement, nous pouvons aller plus loin. Nous avons déjà des modèles pour certains risques, qui nous aident à mettre des chiffres sur les réalités. »

[Texte à l'écran : Niveaux de contrôle]

Irene Karsten : « Je vais parler de quelques-uns de ces modèles. »

Le premier dont je vais parler est ce qu'on appelle le « niveau de contrôle ». Qu'est-ce qu'on entend par « niveau de contrôle »? »

[Graphique des niveaux de contrôle]

Irene Karsten : « En général, un niveau de contrôle est une série de mesures de protection regroupées en fonction du niveau de protection qu'elles confèrent à une collection.

Elles sont souvent organisées selon l'étape de contrôle. Vous voyez ce tableau? Les niveaux de contrôle vont de un à six du côté gauche puis, en haut du tableau, les mesures sont Éviter, Empêcher, Détecter, Réagir et Récupérer.

C'est souvent comme ça et parfois il y a aussi quelques colonnes de plus.

Mais les mesures sont regroupées de manière logique, et le niveau de contrôle minimal correspond au niveau un, et à mesure que vous descendez vers le numéro six, vous avez des mesures de contrôle de plus en plus poussées pour un problème particulier.

Votre collection court moins de risques de subir des dommages. Comment pouvez-vous déterminer votre niveau de contrôle?

Il vous suffit de passer en revue les mesures et de déterminer celles qui sont en place et celles qui ne le sont pas.

Quand toutes les cases ont été cochées – c'est habituellement ainsi que ça fonctionne dans un système de contrôle –, le nombre le plus élevé correspondant au niveau dans lequel vous avez tout coché vous indique votre niveau de contrôle.

C'est généralement la façon de définir ce niveau.

Quelque chose comme ça. Dans ce cas, pour le numéro un, toutes les cases sont cochées mais, pour le numéro deux, il y a des lacunes importantes.

Cette institution, pour le problème qui nous occupe, que nous n'avons pas encore défini, aurait un contrôle de niveau un. »

[Évaluation des risques d'incendie pour les collections dans les musées]

[Incident d'incendie]

[Texte à l'écran : Tétreault, J. "Fire Risk Assessment for Collections in Museums. » JCAC, 33 (2008), pp. 3-21]

Irene Karsten : « Mais qu'est-ce que ça signifie? Prenons l'exemple d'agents de détérioration précis.

Jean Tétreault, scientifique en conservation à l'ICC, a conçu un système de niveaux de contrôle pour les incendies, et nous en avons parlé plus tôt.

Il y a la référence de l'article paru dans le Journal de l'Association canadienne pour la conservation et la restauration, que tout le monde peut consulter sur le Web. »

[Texte à l'écran : Les niveaux de contrôle sont liés à la fréquence des incendies. L'intervalle de temps moyen entre les incendies dans un établissement canadien varie selon le niveau de contrôle. Une fois tous les 140 ans pour les niveaux de contrôle 1 et 2. Une fois tous les 160 ans pour le niveau de contrôle 3; tous les 720 ans pour le niveau 4; tous les 1 500 ans pour le niveau 5 et tous les 2 800 au niveau 6]

Irene Karsten : « Dans son article, il montre comment les niveaux de contrôle sont mis en corrélation avec la probabilité d'occurrence d'un incendie.

Si votre organisation a consulté le tableau et déterminé que le niveau de contrôle 1 s'appliquait dans son cas, cela veut dire que vous subirez probablement un incendie plus ou moins important environ tous les cent quarante ans.

Le niveau de contrôle peut aussi être supérieur, selon ce modèle; si vous avez toutes les mesures de protection en place, ce sera un niveau de contrôle six.

D'après un expert en incendie, la probabilité d'avoir un incendie d'une importance quelconque est de l'ordre de 2 800 ans.

Vous pouvez avoir de très, très bonnes mesures de contrôle et réduire vraiment le risque d'avoir un incendie plus ou moins grave, mais la plupart des organisations avec lesquelles nous travaillons se situent davantage dans la fourchette de contrôle de un à trois. »

[Texte à l'écran : Bulletin technique 29 : Strang et Kigawa: « La lutte contre les ravageurs des biens culturels »]

Irene Karsten : « L'autre niveau de contrôle qui est à notre disposition, qui a été établi par des spécialistes de l'ICC, concerne les ravageurs; c'est le résultat des travaux de Tom Strang et de Rika Kigawa, qu'ils ont menés sur les risques liés aux ravageurs.

C'est dans le Bulletin technique de l'ICC numéro 29, que l'on peut aussi consulter sur le site Web de l'ICC.

Ça fonctionne de la même manière. Vous passez en revue les diverses mesures en place et vous établissez quel niveau correspond à votre organisation. »

[Texte à l'écran : Cartes des dangers naturels]

Irene Karsten : « Pour des événements comme les incendies, qui se produisent peu fréquemment, nous avons besoin d'un outil pour nous aider à établir le score A ou la fréquence, parce que ce n'est pas le genre de chose dont nous faisons l'expérience.

Ces événements n'arrivent pas souvent dans la carrière de la plupart des gens, à moins que votre organisation se trouve dans une région vraiment sujette aux incendies.

C'est la même chose pour beaucoup de risques liés aux catastrophes naturelles.

Vous avez besoin d'aide. Vous avez besoin d'une aide statistique pour comprendre le score A pour ce genre de risques.

Mais, heureusement, dans le cas des risques liés aux catastrophes naturelles, ce ne sont pas seulement les établissements du patrimoine qui sont touchés, il y a beaucoup de gens, de régions, de villes, en fait tout le monde est confronté à ce genre de problèmes.

Il y a donc beaucoup de gens qui souhaitent connaître la fréquence des événements. »

[2005 Carte d'Aléa Séismique, Commission Géologique du Canada : Ressources naturelles Canada : http://www.earthquakescanada.ca]

Irene Karsten : « C'est pourquoi des cartes des dangers naturels sont à notre disposition. Je vais vous donner quelques exemples.

Un exemple frappant, bien sûr, ce sont les tremblements de terre. La carte du Canada montre les diverses zones sismiques au pays.

Les zones représentées ici sont liées aux dommages prévus à la suite d'un séisme dont la probabilité qu'il se produise est de 10 % en 50 ans, ou ce que nous appelons un intervalle de récurrence d'environ 500 ans.

Les données sont fournies du point de vue de la fréquence, alors nous pouvons les utiliser pour analyser le risque d'un très gros tremblement de terre.

Mais pour faire l'ensemble de l'analyse du risque, nous devons comprendre les dégâts.

Pour ce faire, déterminez votre zone, qui vous indiquera à quoi cela correspond sur ce qu'on appelle l'échelle de Mercalli modifiée; cette échelle classe l'intensité des séismes en fonction des dommages observés.

Je vous montre les définitions pour les zones en rouge, qui correspondent aux régions du Canada qui peuvent s'attendre aux plus gros tremblements de terre. »

[2005 Carte d'Aléa Séismique « Zones rouges : Zone Munich Re 4 : MMI IX(~Richter 6,9 +) Violent. Panique générale. Les dommages aux immeubles de maçonnerie varient d'un effondrement à des dommages graves, sauf si la conception est moderne. Les constructions à charpente de bois se déforment et bougent sur leurs fondations si elles ne sont pas boulonnées. Des conduites souterraines sont brisées]

Irene Karsten : « Pour ces zones, on a tendance à décrire les dégâts par rapport à ce qui arrive aux immeubles.

Quels types d'immeubles risquent de s'effondrer?

Les définitions ne donnent pas beaucoup de détails sur ce qui va se produire à l'intérieur des immeubles, mais je suis sûre que vous pouvez imaginer que si votre immeuble s'effondre sur vos collections, vous avez un problème.

Vous avez aussi un problème si tout te ce que vous avez fait, c'est renforcer votre immeuble et que vous n'avez rien fait pour protéger les collections qui s'y trouvent.

Mais ça vous donne une idée, et nous pouvons utiliser cette information pour faire une analyse. »

[Carte des risques d'inondation du centre-ville de Calgary indiquant : la zone périphérique, les plaines inondables et les zones d'inondation de surface. http://maps.srd.alberta.ca/FloodHazard]

Irene Karsten : « Les cartes des risques d'inondation sont d'autres outils qui peuvent nous fournir des informations très utiles pour comprendre les risques.

Ces cartes sont de plus en plus disponibles sur Internet.

Au Canada, les meilleures cartes concernent l'Alberta parce qu'il y a une application cartographique pour l'ensemble de la province. Ici, je vous montre une carte du centre-ville de Calgary, qui a connu de gros problèmes d'inondation il y a quelques années.

Juste pour expliquer ce qu'on voit, les zones en rouge sont ce qu'on appelle la plaine inondable.

Toutes les zones qui sont en rose ou en rouge sont modélisées comme des zones où le risque d'inondation est de un pour cent au cours d'une année donnée, soit un intervalle de récurrence de cent ans, c'est-à-dire une inondation une fois tous les cent ans.

Les zones en rouge sont celles où l'eau se déplace très rapidement, c'est donc la plaine inondable.

Dans la zone périphérique, l'eau se déplace probablement moins rapidement, de sorte qu'il y a moins de dégâts causés par la force de l'eau en tant que telle mais, franchement, si l'eau remplit vos locaux d'entreposage au sous-sol, ça ne fait pas de différence pour vous.

Ça reste des dégâts causés par l'eau. La zone correspondant à une inondation de surface, encore une fois, ça fait aussi partie de la zone périphérique.

Toutes ces zones font partie du modèle d'inondation pour une période de cent ans. Si vous êtes à Calgary et que vous voulez installer un musée, où allez-vous le situer? Dans la zone en jaune, j'espère.

C'est le cas du Musée Glenbow; ça a été une décision avisée.

Qu'en est-il du National Music Center, maintenant?

Ce que je vous montre, c'est son emplacement actuel, et le nouvel emplacement où on construit le nouvel édifice.

À quoi ont-ils pensé? J'imagine que le bon côté de l'histoire, c'est que, pendant qu'ils excavaient le nouveau site, l'inondation de 2013 est survenue et le site excavé s'est rempli d'eau.

Ils allaient installer les locaux d'entreposage dans le sous-sol, une partie des locaux d'entreposage devaient s'y trouver, mais la partie la plus importante de leur collection était dans leur édifice actuel.

C'est comme s'ils avaient perdu seulement un pan de leur collection.

Ils ne vont pas installer leurs locaux d'entreposage dans le sous-sol du nouvel édifice, l'histoire s'arrête là, la décision est prise.

J'aimerais qu'on utilise davantage ce genre de cartes pour prévenir la construction de… pour éviter qu'on envisage même d'installer des locaux d'entreposage au sous-sol dans une plaine inondable.

Les cartes géospatiales comme celle-ci sont de plus en plus disponibles pour divers risques, parce que la technologie le permet avec le GPS entre autres.

Tom Strang de l'ICC travaille actuellement à dresser des cartes montrant les multiples risques auxquels sont exposés les musées canadiens, et j'ai hâte de voir les résultats de son travail.

Ce sont quelques-uns des grands risques et on peut avoir une idée de leur fréquence ou de la probabilité qu'ils menacent notre institution. »

[Texte à l'écran : Outils]

Irene Karsten « Qu'en est-il des phénomènes que nous aimons tant et qui se produisent plus graduellement, comme les problèmes liés à l'environnement et les problèmes liés à la lumière?

Les choses qui nous inquiètent depuis toujours.

Eh bien, nous avons des outils pour ces phénomènes-là aussi, de sorte que vous pouvez également les analyser. »

[Photographie de deux fauteuils rembourrés de la même étoffe]

[Texte à l'écran : Détériation des couleurs causée par la lumière]

Irene Karsten : « Je vais commencer par la détérioration des couleurs.

Voici une photo montrant deux chaises de la Maison Eldon au moment où nous faisions une évaluation des risques, et vous pouvez constater que le tissu de celle de droite est un peu plus terne que le tissu de celle de gauche.

C'est le même tissu, les chaises font partie d'un ensemble.

Nous avons enlevé le coussin de celle-là pour que vous puissiez voir les couleurs originales.

Je vais me servir de ces deux chaises pour démontrer comment utiliser le calculateur des dommages causés par la lumière de l'ICC, et les données qui sous-tendent cet outil et qui permettent d'analyser les risques associés à la lumière. »

[Photographie de deux fauteuils avec une plage de couleurs en dessous de chaque fauteuil. Texte sous la photo de gauche : exposition antérieure, 50 lux, 2 heures par jour, 2 mois par l'année, 100 ans, exposition avec UV. Photo de droite : exposition antérieure, 50 lux, 12 heures par jour, chaque jour de l'année, 100 ans, exposition avec UV]

Irene Karsten : « Voici deux chaises. J'ai extrait une série de couleurs du calculateur des dommages causés par la lumière, c'est-à-dire de la collection des matières textiles du calculateur.

Ce qu'on voit ici, c'est, à cette extrémité, les colorants très sensibles, et, à l'autre extrémité, vous avez les colorants moins sensibles. La fourchette va de très sensible à pratiquement pas sensible, et il y a la zone intermédiaire.

Parce qu'avec les textiles, on ne sait pas à quel point les colorants sont sensibles, alors on suppose qu'il y a divers degrés de sensibilité.

Ces chaises font partie de la collection d'une maison historique transformée en musée.

En fait, elles se trouvaient dans la maison historique avant qu'elle devienne un musée.

Disons que, pendant 50 ans, elles étaient dans la maison et faisaient ce que font les chaises, c'est-à-dire qu'elles étaient placées devant une fenêtre ou ailleurs.

Puis la maison est devenue un musée et, pendant une autre période de 50 ans, elles sont demeurées au même endroit parce que c'est une maison historique transformée en musée, vous laissez donc les choses comme elles étaient à l'époque où c'était une maison, n'est-ce pas?

C'est le but.

Donc, les chaises passent cent ans à la lumière dans une maison historique devenue un musée.

Les fenêtres n'ont pas de pellicules UV parce que ce n'est qu'une maison.

C'est une maison assez sombre.

Si vous y allez au cours d'une journée typique, et que vous mesurez la lumière, vous aurez environ 50 lux.

Ils ont dû installer des lampes électriques pour que les gens puissent voir les objets exposés quand ils visitaient le musée.

Autrement, les bénévoles devaient utiliser des lampes de poche pour permettre aux gens de voir ce qu'il y avait à voir.

Donc, ce n'est pas très éclairé, et ces conditions ont prévalu pendant une centaine d'années et on peut dire approximativement que, en moyenne, il y a environ 12 heures de lumière par jour à ce niveau.

La chaise à droite était placée près de la fenêtre.

Ici, je vous montre les données que vous entreriez dans le calculateur des dommages causés par la lumière pour modéliser cette situation.

Maintenant, je vais vous montrer le résultat.

Là, ça correspond au moment où les chaises étaient neuves, et là c'est cent ans plus tard. »

[Photographie des fauteuils avec la plage de couleurs sous chacun des fauteuils. Le nouveau texte sous le fauteuil de gauche : 0.6 Mlx h et celui sous le fauteuil de droite : 21.9 Mlx h]

Irene Karsten : « Et vous pouvez voir que ça ressemble à nos deux chaises.

Vous pouvez voir, si vous regardez tout au bas, que le calculateur des dommages causés par la lumière évalue le nombre de mégalux heures d'exposition dans ces conditions.

Donc, l'une des chaises était très exposée, et l'autre était dans un coin, le tissu était recouvert.

Il fallait le nettoyer de temps en temps, mais il n'était pratiquement pas exposé.

Les couleurs sont à peu près comme elles étaient à l'origine, avec un peu de décoloration pour le colorant sensible.

Mais la chaise qui était placée devant la fenêtre ressemble à ça.

Ça s'est déjà produit. Il est trop tard, on ne peut rien faire, les colorants pâlissent!"

[Photographie des deux fauteuils avec une plage de couleurs sous chacun des fauteuils. Le texte sous le fauteuil de gauche : exposition future, 50 lux, 12 heures par jour, chaque jour de l'année, 30 ans, exposition sans UV, 0.6 plus 6.57 Mlx h. Le texte sous le fauteuil de droite : exposition future, 50 lux, 12 heures par jour, chaque jour de l'année, 30 ans, exposition sans UV, 21.9 plus 6.57 Mlx h]

Irene Karsten : « Alors, ce qui vous intéresse vraiment à présent, si vous modélisez le risque, c'est l'avenir.

Vous commencez à partir de là. Maintenant, vous vous dites : bon, plaçons des pellicules UV sur les fenêtres.

Réglons ce problème dans une certaine mesure. Des pellicules UV sont placées sur les fenêtres.

Puis quelqu'un dit : « Prenons cette belle chaise qui est dans le coin, et rapprochons-la pour que les gens puissent la voir, mettons-la devant la fenêtre; les gens pourront ainsi voir les couleurs originales de ce tissu ».

Cette nouvelle disposition va rester ainsi pendant 30 ans.

Modélisons les 30 prochaines années.

Nous allons entrer les données dans le calculateur des dommages causés par la lumière et, cette fois, nous partons du principe que le tissu des deux chaises subit la même exposition dans les mêmes conditions.

C'est ce que nous voyons ici. Mais, au départ, l'exposition était plus faible pour l'une des chaises.

Elles sont maintenant soumises à la même exposition additionnelle. Vous voyez ici, au bas? Qu'est ce qui arrive?

Le calculateur des dommages causés par la lumière peut vous le montrer. »

[Photographie des deux fauteuils avec une plage de couleur supplémentaire sous chaque fauteuil]

Irene Karsten : « Les tissus des deux chaises sont un peu plus décolorés, mais, du point de vue du risque, la perte de valeur pour cette chaise n'est pas nécessairement la même que pour l'autre chaise.

Dans le cas de cette chaise, bon vous ne voyez peut-être même pas la différence, parce que les couleurs étaient déjà pas mal délavées.

Mais le tissu de cette chaise-là semblait avoir conservé ses couleurs originales et maintenant il est un peu terne.

Quand vous faites une analyse du risque, vous pouvez dire que, dans 30 ans, la perte de valeur correspondra à ceci, mais vous voyez que la perte de valeur dépend de l'état dans lequel se trouvait la chaise au départ. »

[Photographie d'une salle de laboratoire à l'ICC contenant un testeur de microdécoloration analysant la vitesse de décoloration des couleurs de divers collages dans un livre]

Irene Karsten : « Évidemment, si vous avez du temps et de l'argent, vous pouvez faire une évaluation de la microdécoloration, et évaluer chaque couleur du textile ou, comme dans le cas présent, d'une œuvre sur papier, et déterminer avec précision à quel point les couleurs sont sensibles, et par conséquent à quelle vitesse elles vont pâlir.

Ici, 90 % des couleurs dans cet exemple précis étaient très sensibles à la décoloration par la lumière.

Alors vous pouvez prendre des décisions en vous basant sur cela aussi. »

[Graphique indiquant les changements annuels de la température et de l'humidité relative dans une pièce d'entreposage de collection équipée uniquement de mesures de contrôle partielles pour ces deux facteurs. La température varie d'environ 19 °C à 23 °C durant l'été et d'environ 14 °C et 18 °C durant l'hiver. L'humidité relative varie généralement de 50 % à 60 % durant l'été, sauf pour quelques hausses de plus de 65 %, et varie de 15 % à 40 % durant l'hiver. Il y a régulièrement des variations à court terme de 15 % à 20 %]

Irene Karsten : « Passons maintenant à notre sujet préféré quand on parle de collections, c'est-à-dire l'humidité relative et la température.

Ces endroits incroyables où les collections sont conservées et où il n'y a absolument aucun système de régulation des conditions ambiantes.

Nous avons des outils qui peuvent nous aider à comprendre ce type de risque aussi.

Voici un graphique tout à fait typique qui correspond à ce qu'on voit dans un endroit où il y a très peu de régulation et qui devient très sec.

En fait, il y a un peu d'humidification en hiver.

Dans un endroit où il n'y aurait aucune mesure de régulation, l'humidité chuterait probablement à près de zéro, selon notre climat.

Manifestement, l'endroit est chauffé, mais vous pouvez aussi voir qu'on laisse la température descendre un peu en hiver.

C'est un local d'entreposage, mais l'humidité monte à un niveau très élevé en été et descend à un niveau très bas en hiver, et on peut voir beaucoup de pics tout au long de l'année. »

[Photographie d'un document papier exhibant la couleur brun jaunâtre et les pertes et déchirures au bord du papier qui sont caractéristiques du papier acide, fragilisé]

Irene Karsten : « Alors, vous serez peut-être étonnés si je vous dis que, quand il s'agit d'une matière comme du papier très acide, ou d'une matière instable comme le caoutchouc, ce n'est pas vraiment l'humidité relative qui pose problème, c'est la température. »

[Photographie de dos d'une poupée en caoutchouc; le dos en caoutchouc exhibe un grand nombre de fissures superficielles et un teint grisâtre résultant d'une altération de la couleur qui est caractéristique d'une détérioration avancée]

Irene Karsten : « Je vais vous dire : l'entreposage dans la pièce qui est à l'origine du graphique que vous venez de voir, ce n'est pas pire en fait que l'entreposage dans notre environnement où les conditions ambiantes sont stables à 50 % d'humidité, plus ou moins 5 %, et à 20 degrés Celsius, plus ou moins 2 degrés Celsius.

Comment puis-je affirmer cela? Eh bien, c'est parce que nous avons un outil. »

[Graphiques de modèles scientifiques tirés de l'équation d'Arrhenius qui permettent d'estimer la période de vieillissement thermique ou de dégradation chimique, soit environ 100 ans, 143 ans et 210 ans du cycle de vie des articles]

Irene Karsten : « Nous avons une équation qui sert à modéliser la détérioration des matières comme le papier, l'équation d'Arrhenius, qui prédit le cours du vieillissement thermique et de la dégradation chimique.

Cela a été établi de manière scientifique.

Stefan Michalski peut se servir de cette équation pour créer ce que nous appelons un calculateur de durée de vie.

Essentiellement, c'est une feuille de calcul, dans laquelle nous inscrivons des données environnementales moyennes concernant l'espace qui nous intéresse, et le calculateur nous dit combien de temps s'écoulera avant qu'une pièce atteigne la fin de sa durée de vie.

Ce graphique concerne une matière qui a une stabilité chimique relativement faible, une matière comme le papier journal.

Généralement, pour ce type de matière, la durée de vie est de 30 à 100 ans, mais le papier journal, dans cent ans, dans un environnement comme celui d'un musée, où la température ambiante est normale, sera probablement dans un assez bon état.

Pour nous, ce sont des conditions d'entreposage qui correspondent au niveau de régulation AA de l'ASHRAE, le meilleur niveau de tous.

Le support durera environ 100 ans. Maintenant, je vais vous vous montrer le graphique.

Le graphique indique que c'est plus chaud en été, et un peu plus frais en hiver. Vous voyez?

Là, c'est l'été et, là, c'est l'hiver. C'est humide en été, c'est sec en hiver, et les fluctuations sont de plus ou moins 10 % en moyenne pour l'humidité. En réalité, vous savez quoi, ce support va durer environ 143 ans.

Pourquoi? Parce que les processus de dégradation chimique sont plus rapides quand la température est élevée et qu'ici, la température est plus fraîche en hiver.

C'est aussi un peu plus sec en hiver, ce qui ralentit également un petit peu ces processus.

Nous entrons ces chiffres dans le calculateur et il nous indique combien de temps il faudra environ pour arriver au degré de détérioration correspondant à la ligne bleue.

Ce qui est bien avec ce calculateur, c'est qu'on peut faire des essais avec différents chiffres pour savoir ce qui se passerait si on modifiait réellement les conditions?

Disons que la question était : qu'arrivera-t-il si nous baissons la température dans cet espace? Ne parlons pas de construire un nouveau bâtiment, baissons simplement la température dans cet espace pour qu'elle soit de 16 degrés Celsius tout au long de l'année. Eh bien, si nous faisons cela, il faudra probablement s'attendre à une petite augmentation de l'humidité relative en été.

Ce sera la même chose en hiver, d'accord?

Quand on fait cela, on peut voir que le simple fait de maintenir une température plus basse tout au long de l'année aura pour effet de doubler la durée de vie du papier journal.

C'est un outil vraiment utile pour comprendre comment l'humidité relative et la température – mais c'est surtout la température qui est importante – influent sur la progression de la détérioration de diverses matières.

L'outil n'est pas utile que pour les matières dont la stabilité chimique est faible, parce que vous pouvez aussi vous en servir pour les matières dont la stabilité chimique est moyenne.

En général, nous ne nous inquiétons pas trop pour les matières qui sont assez stables dans ces conditions parce qu'elles vont durer suffisamment longtemps de toute façon.

Ce sont les matières à faible stabilité chimique qui nous préoccupent.

C'est donc un outil très utile qui est progressivement mis à la disposition des gens.

À l'ICC, nous l'utilisons depuis une couple d'années. »

[Texte à l'écran : Tendances]

Irene Karsten : « Je vais maintenant passer à la partie « tendances » de l'exposé, c'est-à-dire ce qui s'est déjà produit.

Oui, il peut y avoir des outils, et vous devez prendre le temps de déterminer les risques, mais un moyen de mieux comprendre les risques qui vous guettent, c'est d'examiner ce qui se passe dans les établissements qui ont fait une bonne analyse des risques.

Je vais dire quelques mots de ce que nous avons constaté dans le cadre de nos projets.

Pour vous aider à comprendre ce que vous voyez au sujet des risques qui pèsent sur les autres établissements – il n'y a pas deux établissements identiques, alors vous devez être prudents dans la façon dont vous les considérez.

Ce qu'on peut faire, c'est en quelque sorte se demander quels risques figurent dans ces catégories de risques que vous voyez dans le tableau? »

[Tableau à codes de couleur indiquant la magnitude du risque et le niveau de priorité. Bleu : de 5 ½ à 7 (priorité négligeable); Vert : de 7 ½ à 9 (priorité modérée); Jaune : de 9 ½ à 11 (priorité élevée); Orange : de 11 ½ à 13 (priorité extrême); Rouge : de 13 ½ à 15 (priorité catastrophique)]

Irene Karsten : « C'est tiré du manuel. Selon sa magnitude, le risque entre dans une catégorie du point de vue de la priorité, et nous utilisons les couleurs des feux de circulation pour l'illustrer.

Plus la couleur tire sur le rouge, plus le risque est élevé et plus le problème potentiel pour votre collection est grand. Plus la couleur tire sur le bleu, plus le risque est faible; peut-être qu'il est bien géré.

Nous pouvons commencer à déceler certaines tendances du point de vue du type de risques qui entre dans ces catégories.

Par exemple, nous avons inclus deux maisons historiques transformées en musées dans notre projet pilote, d'une part pour savoir si cette méthode révélerait ce genre de similitudes ou de différences entre des établissements semblables. »

[Photographies d'une maison historique en briques jaunes (lieu historique national Glanmore, à Belleville, en Ontario) et de son escalier principal dans le hall d'entrée. Maison historique avec revêtement à clin blanc (Eldon House, à London, en Ontario) et de son escalier principal dans le hall d'entrée]

[Texte à l'écran : Incendie]

Irene Karsten : « Ces deux établissements avaient des mesures de protection contre le feu de niveau un ou deux, et les deux se sont retrouvées avec des risques d'incendie importants. »

[Texte à l'écran : Ravageurs]

Irene Karsten : « En même temps, il s'est avéré que, dans leur cas, les risques liés aux ravageurs étaient modérés, même si les deux avaient des mesures élémentaires de lutte intégrée contre les ravageurs (LIR).

Mais personne ne piégeait les insectes, et personne ne tenait de statistiques de grande envergure sur le nombre de papillons de nuit recensés chaque année dans leurs collections.

Il n'y avait rien de tel, et pourtant ils ne subissaient pas d'infestations ni beaucoup de dommages. Ils avaient à l'occasion des ravageurs, mais c'est une chose et les dommages n'étaient pas énormes.

Les risques étaient modérés. »

[Graphiques indiquant la magnitude du risque moyenne par agent de détérioration pour les cinq projets qui ont été réalisés par l'ICC. Les agents sont présentés par ordre de préséance, soit de la plus haute moyenne de magnitude de risque à la plus faible]

Irene Karsten : « Je vais maintenant vous présenter le résumé et la moyenne des résultats de tous nos projets.

Je ne les ai pas identifiés parce que je veux juste vous montrer les tendances générales.

Les lignes violettes représentent le niveau moyen du risque pour ces cinq établissements.

J'ai inclus les données préliminaires pour Sciences et technologie, même si nous n'avons pas tout à fait terminé le rapport.

Ces données pourraient donc changer, mais ça vous donne quand même une idée.

Donc, c'est la moyenne pour chacun des cinq établissements représentés sous la ligne violette, et je veux attirer votre attention sur certaines tendances.

Même si chaque établissement est particulier et qu'en définitive vous avez besoin de connaître les risques qui concernent un établissement précis, on peut commencer à discerner certaines choses ici.

Dans le diagramme, les risques sont classés selon le risque moyen le plus élevé et selon l'agent.

J'ai fait une moyenne pour les agents : il ne s'agit pas de risques spécifiques; j'ai établi la moyenne selon l'agent, du risque le plus élevé au plus faible, en me basant sur la moyenne de tous ces établissements.

Qu'est-ce que je veux que vous remarquiez? L'agent « incendie », presque en tête de liste. C'est ce que nous constatons en général.

Les gens ont des systèmes de protection incendie dans une certaine mesure, mais les niveaux de contrôle chez la plupart de nos clients correspondaient, dans le meilleur des cas, au niveau trois.

Il y avait des lacunes, il y avait souvent des lacunes, pas nécessairement dans les systèmes de protection incendie, mais dans la formation ou les procédures.

Ils n'avaient tout simplement pas une gamme complète de mesures en place. Il y a une exception, que vous voyez ici; c'est une institution qui a toutes les mesures en place.

Elle a des systèmes d'extinction des incendies dans tous ses édifices, elle offre de la formation à son personnel, et elle a mis en place de bonnes méthodes de prévention des incendies.

Elle a aussi réparti sa collection dans plus d'un bâtiment, de sorte qu'il est presque impossible que l'ensemble de la collection soit détruit dans un incendie.

Je dirais qu'il est impossible que tous ces bâtiments prennent feu en même temps parce que certains sont à l'autre bout de la ville.

Imaginez, ce serait vraiment incroyable. Cela réduit aussi le risque pour l'institution.

C'est celle que nous avons déjà vue et pour laquelle la magnitude du risque est de moins de 10.

Regardez les ravageurs, ici au bas du diagramme. En mettant les choses au pire, le risque est modéré.

Pour certaines institutions, le risque est faible.

Pour les institutions que nous avons examinées – et nous n'avons pas encore examiné une Institution possédant une collection… disons d'histoire naturelle, qui est très sensible aux ravageurs et qui attire beaucoup les ravageurs.

Pour les institutions que nous avons examinées, ce n'est pas un gros problème. Toutes ces institutions prennent des mesures de base de LIR, mais elles ne font rien de compliqué.

Ici, on a l'humidité relative inadéquate, qui est souvent un sujet de préoccupation. Au bas de la liste, du point de vue de la moyenne, mais ça correspond en fait à deux ensembles d'institutions.

D'abord, juste sous la ligne jaune – c'est une moyenne, ce n'est pas tout à fait une moyenne de 10.

Il y a un espace vide; il s'agit d'une institution que nous n'avons même pas examinée, nous n'avons même pas analysé le risque.

C'était des archives, nous avons étudié la situation, c'était dans les Prairies, ça ne devenait pas humide, c'était sec, ce qui est une bonne chose pour les archives.

Nous avons examiné le contenu des boîtes et conclu qu'il n'y avait pas de fluctuation dont il fallait s'inquiéter. L'institution n'apparaît même pas sur la liste.

Puis il y avait deux institutions où, essentiellement, le matériel n'est pas affecté par l'humidité relative – il y avait beaucoup d'objets en métal – ou le matériel se trouvait dans la maison depuis si longtemps qu'il avait prouvé sa résistance.

Pour qu'il y ait des dommages, il faudrait un événement plus rare que ce qu'on a vu au cours des cent dernières années; c'était ce que nous examinions.

Il y a deux institutions ici qui présentent un risque élevé, et c'est pour des raisons très particulières.

Juste pour vous montrer que c'est vraiment propre à une institution, dans un cas il s'agit d'une maison historique transformée en musée dont le revêtement extérieur est en briques.

Et nous avons modélisé le risque qu'il y aurait si on humidifiait l'intérieur de la maison pour créer des conditions ambiantes adéquates pour un musée. Comme ils avaient déjà tenté l'expérience, ils savaient que cela entraînerait un effritement de la brique. Il s'agit de Glanmore, vous avez vu les photos.

La maison représente l'essentiel de la valeur du musée; le risque était donc élevé s'ils s'avisaient de faire cela. S'ils allaient de l'avant et essayaient de protéger le contenu du musée, ils mettraient la maison en péril.

L'autre est une galerie d'art qui a un système de CVCA conçu de telle façon que, si le système d'humidification devait tomber en panne en hiver – et c'est l'hiver qu'il risque de tomber en panne parce qu'il est mis à rude épreuve pour humidifier l'espace –, il n'y aurait pas de système d'appoint.

C'était un système qui était très susceptible d'être en panne pendant une longue période avant que l'on puisse obtenir les pièces pour le réparer.

Dans ce cas-là, nous verrions une diminution de l'humidité relative en hiver, ce qui pourrait mettre la collection de peintures, notamment de certains enduits qui sont extrêmement sensibles à un taux d'humidité relative très bas, en péril. Cette institution s'est donc retrouvée avec une note de 10.

Encore une fois, c'est notre point de départ pour dire qu'il faudrait peut-être que quelque chose arrive pour faire diminuer le niveau de risque, quoiqu'il ne se situe certainement pas à 11 ou à 12 sur l'échelle, comme Stefan en parlait plus tôt.

Finalement, je vais passer rapidement sur le sujet, nous avons déjà parlé de la température inadéquate.

Cet agent figure en haut de la liste en raison des collections qui contiennent des quantités considérables de matériel ayant une faible stabilité chimique ou une stabilité chimique moyenne.

Je parle des archives qui contiennent beaucoup de papier de qualité inférieure, des documents du milieu du 19e siècle jusqu'au milieu du 20e siècle; ce matériel va se détériorer relativement rapidement.

Comme pour les supports magnétiques, les films acétates et les négatifs, la détérioration peut survenir relativement rapidement quand les documents sont conservés à température ambiante.

Et ça inclut nos voisins immédiats, Sciences et technologie, parce qu'ils ont des archives importantes, comme vous avez pu le voir ce matin.

Ce n'est pas leur collection la plus précieuse, mais elle est imposante par rapport à leur collection d'objets, et, là encore, ce genre de problème se pose.

Mais ils ont aussi beaucoup d'objets en plastique dans leur collection. Ce qui explique en partie pourquoi la barre est si haute dans la liste, c'est qu'ils ont beaucoup de plastiques instables dans leur collection dont ils doivent s'occuper.

Donc, il y avait tout un tas de risques qui s'additionnaient pour donner cette valeur-là.

Si ce genre de matière n'est pas présent, la température inadéquate représente un risque modéré, si même on se donne la peine de l'analyser.

On parle de risque modéré quand il s'agit par exemple de matériel entreposé dans un grenier où il fait chaud tous les étés.

Plus nous analysons les risques, plus nous commençons à voir quel type de facteur est associé à ces différentes catégories.

On peut commencer à utiliser ces couleurs et ces facteurs pour dire : voici les risques sur lesquels il faudrait se concentrer, ou ces facteurs sont présents.

Ainsi, ce sont probablement les risques dont il faut se préoccuper; ces facteurs ne sont pas présents, donc il n'y a pas de risque dans ce cas-là.

On peut même commencer à faire des prédictions en se fondant sur des facteurs généraux plutôt qu'en fonction d'une institution précise, mais seulement dans le cas – à ce stade-ci de toute façon, ce qui m'intéresse plus particulièrement, c'est le risque lié aux urgences – dans le cas de risque où, si certains facteurs sont présents, il y a une forte probabilité que la plus grande partie de la collection soit touchée.

Par conséquent, vous vous retrouvez avec un risque élevé ou extrême. »

[Tableau avec sections en codes de couleur dans lequel bleu et vert signifient « gérer »; jaune et orange signifie « réduire »; et rouge signifie « éviter » ainsi qu'une photo d'un couloir dans un musée des beaux‑arts recouvert de plusieurs centimètres d'eau à la suite d'une inondation]

Irene Karsten : « Dans le cas d'une inondation, de quels facteurs peut-on dire qu'ils sont très susceptibles d'avoir de lourdes répercussions sur votre collection, des répercussions négatives sur votre collection?

Eh bien, l'entreposage du plus gros de votre collection au-dessous du niveau du sol sur une plaine inondable.

Le risque est élevé.

C'est comme ça, parce que, à moins que vous ayez quelques pièces de très, très grande valeur, qui représentent la majeure partie de la valeur de votre collection, qui ne sont pas dans la réserve, une inondation dans celle-ci surviendra tôt ou tard.

En passant, j'ai fait des calculs, c'est-à-dire une inondation au moins même si c'est seulement une fois tous les mille ans.

C'est quand même dans cette zone, alors on ne parle pas seulement d'une inondation qui ne survient qu'une fois tous les cent ans, on parle d'inondations très rares, ça va finir par se produire dans cette zone.

L'autre chose dont il faut se préoccuper, si votre réserve est au-dessous du niveau du sol, dans un espace qui se trouve à proximité d'anciennes conduites d'eau ou d'anciennes conduites d'égout, etc., car on sait qu'elles se brisent et qu'elles laissent passer beaucoup d'eau à travers vos murs, si elles sont très proches.

L'entreposage au-dessous du niveau du sol, ce n'est pas une bonne idée.

Ça ne veut pas dire que c'est à éviter absolument, ça peut se gérer; vous devez donc connaître tous les détails.

Mais, si ces circonstances existent, vous pouvez parier que vous aurez une inondation et que le risque se situera dans la catégorie « élevé à extrême ». Alors, ne faites pas ça. »

[Photographie d'un exemple d'un musée des beaux-arts construit sur mesure, la Galerie d'art de Windsor, à Windsor, en Ontario]

Irene Karsten : « Je vais terminer en faisant quelques observations, et il en a déjà été question à propos des nouveaux bâtiments, parce qu'on pense parfois que c'est la façon de régler tous nos problèmes.

Ça peut être vrai dans une certaine mesure, et ça fonctionne en effet. Dans le cadre de nos projets, nous avons commencé à utiliser des graphiques afin de fournir à nos clients des arguments pour défendre l'idée d'un nouveau bâtiment. »

[Graphique estimant l'incidence de la construction d'un nouveau bâtiment sur l'ensemble du profil du risque d'une collection. L'échelle de la magnitude du risque va de 0 à 15. Type de risques : environnement inadéquat, papier acide; syndrome du vinaigre; incendie; environnement inadéquat, photographies en couleurs; environnement inadéquat, supports magnétiques; environnement inadéquat, documents à stabilité moyenne; tornade; polluants gazeux; manipulation de documents très fragiles; eau, fuite majeure; et dommages causés par le transport]

Irene Karsten : « Voici les résultats de notre projet concernant le Conseil des archives de la Saskatchewan.

Les barres en noir représentent le risque actuel, et les barres qui sont par-dessus, en gris, représentent le risque si le Conseil entreposait sa collection dans un nouvel édifice conçu adéquatement.

Et vous pouvez voir que, regardez le chiffre ici, le jaune correspond au seuil pour un risque de magnitude 10, ce qui veut dire un risque élevé, ou plus élevé par rapport à d'autres qui sont moins élevés.

Regardez les chiffres qui étaient au-dessus de 10 et qui tombent au-dessous de 10 quand on entrepose la collection dans un nouvel édifice qui est conçu pour respecter certains critères.

Il y a même quelques risques à propos desquels on pouvait dire : si la conception est bien faite, ce risque-là, c'est un risque précis, disparaîtrait entièrement de la carte.

Vous devez examiner les différents risques pour savoir pourquoi cela se produit.

On peut additionner tous ces risques pour avoir le risque total. Voici le risque total, en haut.

Essentiellement, on le calcule en prenant tous les risques qui sont liés aux installations, et en les additionnant.

Vous noterez que ce sont vraiment les gros risques qui déterminent le niveau de ce risque total.

Vous pouvez additionner tout un tas de risques mais, comme c'est un niveau dans l'échelle de magnitude, ce sont les gros chiffres qui comptent.

Si vous avez un seul chiffre élevé, vous voyez ce n'est pas tellement plus élevé que ce gros chiffre en haut; c'est lui qui détermine la magnitude du risque total. Si on regarde ici, ce n'est pas une réduction insignifiante en fait.

Étant donné que le risque est tellement élevé, ce nouveau bâtiment n'est pas extrêmement rentable, mais ça commence à donner à réfléchir.

Si vous pensez que c'est une petite réduction, eh bien, je vais transposer cela dans une échelle linéaire. »

[Graphique de l'échelle linéaire]

Irene Karsten : « Voici l'échelle linéaire qui montre la véritable réduction.

Voici les risques actuels; avec le nouveau bâtiment, voici les risques résiduels.

Cela illustre aussi éloquemment ce dont Stefan parlait plus tôt, pourquoi nous utilisons une échelle logarithmique, parce que tous les petits risques disparaissent du graphique, et on ne peut même pas les voir, et ceux-là sont tous les autres risques que nous avons vus avant.

Cela peut être très utile quand on cherche à obtenir des fonds pour un nouveau bâtiment.

L'évaluation des risques peut aussi être utilisée – et il en a été question plus tôt aujourd'hui – à l'étape de la conception et de la construction d'un nouveau bâtiment pour s'assurer que certains éléments sont inclus dans le nouveau bâtiment.

C'est une chose de convaincre les gens de construire un nouveau bâtiment, mais ensuite il faut qu'il soit conçu adéquatement pour donner les résultats que nous voyons sur le graphique. »

[Diagramme à secteurs : Degré de conformité : parfaitement observées 61%; généralement observées 16%; observées en partie 10%; observées modérément ou minimalement 2%; non observées 4% et non applicable 7%]

Irene Karsten : « Ici, on voit un graphique représentant un projet que José Luiz Pedersoli a réalisé au Brésil, pour le nouveau centre de préservation de la maison-musée Rui Barbosa, et qu'il a présenté ce matin.

Il a montré le plan de ce musée.

Alors qu'il travaillait avec une équipe, il a fait certaines recommandations et défini des critères dès le départ. Puis, tout au long du processus, l'équipe et lui ont essayé d'appliquer toutes ces recommandations.

Voici le graphique qui montre le degré de conformité à ces recommandations.

En travaillant de cette façon, et en ayant établi des critères dès le début, ils ont pu faire en sorte que 61 % des recommandations soit parfaitement observées, que 16 pour % soient généralement observées; et il y en a un petit nombre qui n'ont pas été particulièrement observées.

Vous savez ce que ça représente de construire un nouveau bâtiment, vous subissez des compressions, et il y a certaines choses auxquelles vous devez tout simplement renoncer.

Mais la plupart des éléments ont fini par être inclus, ce qui est une très, très bonne chose. C'est une façon d'utiliser l'analyse des risques dans le cas d'un nouveau bâtiment. »

[Diagramme du cycle de gestion des risques en cinq étapes]

Irene Karsten : « Mais je veux terminer en vous rappelant que la gestion des risques est Un processus cyclique, ce qui veut dire que vous devez y revenir, c'est un processus continu. »

[Photographie de l'intérieur d'un bâtiment en construction]

Irene Karsten : « Et, même si un nouveau bâtiment peut apparaître comme un but que vous voulez atteindre pour régler tous vos problèmes, la construction représente aussi une source importante de risques pour les collections, particulièrement si la construction comporte des rénovations sur place. »

[Photographie du Musée de Victoria en construction en 1899]

Irene Karsten : « Évidemment, tous les nouveaux bâtiments finissent par devenir vieux.

Voici l'Édifice commémoratif Victoria, qui est maintenant le Musée canadien de la nature, ici, à Ottawa, au début de 1899, alors qu'il était en construction.

Récemment, l'ensemble du bâtiment a été complètement rénové. Dans une centaine d'années, on va recommencer à se tracasser pour ce bâtiment. C'est la vie.

Merci. »

[Applaudissements]

[Mot-symbole Canada]

Cette vidéo a été créée par l’Institut canadien de conservation et fait partie de l’atelier « La gestion des risques et la prise de décision fondée sur l’évaluation des risques appliquées aux collections de musées, d’archives et de maisons historiques ». Apprenez-en davantage sur la gestion des risques pour les collections patrimoniales et visionnez les enregistrements de la webdiffusion sur la gestion des risques.

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