Vidéo – Pourquoi prendre des décisions en se basant sur l’évaluation des risques?

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Transcription de la vidéo « Pourquoi prendre des décisions en se basant sur l'évaluation des risques? »

Durée de la vidéo : 00:30:00

Cette vidéo est en anglais, la narration est traduite de l'anglais vers le français.

[Signature de Patrimoine canadien]

[Signature de l'Institut canadien de conservation]

[Texte à l'écran : L'Institut canadien de conservation (ICC)Présente un extrait de :
« La gestion du risque et la prise de décisions axée sur le risque relativement aux collections des musées, des galeries, des archives et des maisons historiques »
Conférencier : José Luiz Pedersoli Jr., scientifique du patrimoine, Scientia Pro Cultura
Séance : « Pourquoi prendre des décisions en se basant sur l'évaluation des risques? »
Cet atelier de perfectionnement professionnel de niveau avancé a eu lieu du 15 au 18 mars 2016 à l'ICC, à Ottawa.]

[Applaudissements]

José Luiz Pedersoli Jr. (scientifique du patrimoine, Scientia Pro Cultura) : « Merci Jane. Bonjour à tous, c'est pour moi un plaisir d'être ici à l'ICC et de prendre part à cet atelier avec vous aujourd'hui.

Cette première présentation aborde la prise de décision fondée sur le risque et son application dans le secteur du patrimoine, et vise à en établir le bien-fondé.

Alors, pourquoi prendre des décisions en se basant sur l'évaluation des risques?

Dans nos vies personnelles, nous prenons des décisions tous les jours, et en tant que gestionnaires et gardiens du patrimoine, nous devons aussi prendre des décisions au quotidien.

L'exemple le plus simple est lorsqu'il faut choisir entre deux options, deux voies à suivre pour atteindre un but particulier. C'est une question à laquelle on répond par « oui » ou par « non », comme « dois-je prendre mon parapluie aujourd'hui? ».

Ou par exemple la question qui vous a été posée : « Le musée devrait-il autoriser une fête dans le hall, ou prêter des objets à exposer ailleurs dans un environnement non muséal? »

Par exemple, dans le hall d'un aéroport. C'est une décision de type binaire « oui/non ».

Parfois, il y a plus d'options, par exemple : « Quels vêtements devrais-je porter aujourd'hui? »

Il y a plusieurs options. Aussi, si vous songez aux collections et à la gestion des collections, il faut parfois choisir parmi toute une gamme d'options pour atteindre un but particulier.

Si vous pensez par exemple à la planification budgétaire, vous vous demandez où il faudrait investir au cours du prochain cycle de deux ans.

Quelles sont les priorités pour atteindre l'objectif organisationnel?

Il y a plusieurs voies possibles à emprunter, et nous en choisir une pour atteindre nos objectifs.

Normalement, dans notre vie personnelle et également dans le domaine de la gestion des collections patrimoniales, les décisions se succèdent constamment, certaines simples et d'autres complexes.

Il y a plusieurs décisions à prendre à mesure que nous avançons vers un but particulier, et ce but est lié au mandat de l'organisation. Il est donc important que ce but soit clair.

Il faut maintenant se demander : « Quel est le processus décisionnel de l'organisation? »

Donc, quels sont les critères utilisés pour prendre ces décisions?

Qui prend ces décisions et sur quels renseignements sont-elles fondées?

D'après mon expérience, c'est souvent comme une « boîte noire ». J'ai discuté avec certains établissements et on me répond « oui, oui nous avons fait ceci et cela ». Nous avons tenté de retracer le processus, car ce n'est pas très clair.

Quels sont les critères? Sur quel type d'information ces décisions sont-elles fondées?

Je crois que c'est un aspect crucial dans la gestion de nos collections patrimoniales.

Lorsque nous appliquons le principe de la prise de décisions fondée sur le risque à ce processus, c'est pratiquement comme si nous examinions ces décisions dans l'optique de l'évaluation des risques.

Nous examinons les différentes solutions possibles et le risque associé à chacune d'elles.

Il faut définir les risques, les analyser, en établir l'ordre de priorité et utiliser cette information pour nous aider à prendre la décision.

Cela ne veut pas dire que, dans la prise de décision fondée sur le risque, l'évaluation du risque dicte automatiquement la décision.

L'évaluation du risque ne prend pas la décision pour nous, elle nous dicte plutôt les critères et l'information qui guident ces décisions. Et, évidemment, d'autres aspects jouent un rôle dans la décision, pas seulement les risques.

Toutefois, dans la décision fondée sur le risque, un critère essentiel est l'évaluation des risques, et cette information nous aide à choisir la meilleure voie à suivre pour atteindre nos objectifs.

Et, encore une fois, en ce qui concerne les établissements et organisations du patrimoine, l'objectif doit être lié au mandat organisationnel.

En général, il consiste à assurer la préservation des collections et l'accès du public à ces collections à long terme; et, surtout si vous travaillez dans des archives, une bibliothèque ou un musée, le mandat de votre établissement clarifie cette question.

Nous voyons parfois des mandats surprenants, qui ne sont pas très clairs. Dans ces cas, l'évaluation du risque n'est pas aussi efficace qu'elle pourrait l'être parce qu'elle est axée sur ces objectifs.

Il est donc très important que le mandat soit très clair au départ. »

[Texte à l'écran : La prise de décision axée sur le risque peut être appliquée à différents niveaux, qu'il s'agisse de décisions en matière de préservation ou de gestion de biens patrimoniaux en entier]

José Luiz Pedersoli Jr. : « On peut s'en servir à différents niveaux, tant dans des cas très simples, comme des décisions de type binaire « oui/non », que dans des cas complexes de gestion continue et globale de biens patrimoniaux d'envergure.

Voici maintenant quelques exemples, le premier étant un exemple de décision fondée sur un seul risque. »

[Texte à l'écran : Décisions fondées sur un seul risque]

[Images à l'écran : des boîtes en carton ordinaires du côté gauche; une flèche pointant vers la droite et des boîtes de qualité archives du côté droit]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Voici un exemple : les archives devraient-elles remplacer toutes les boîtes en carton ordinaires, comme celles à base de pâte de bois acide, par des boîtes de qualité muséologique sans acide?

C'est une pratique exemplaire, et nous voyons beaucoup d'archives ou d'établissement ayant des archives procéder ainsi.

Quelle est l'ampleur du risque de ne pas les remplacer?

Cela représente un investissement majeur, surtout si l'on pense au faible risque de contamination du contenu de la boîte, en particulier si les objets sont enveloppés par une feuille de papier afin que le carton ne touche pas directement le contenu à l'intérieur de la boîte.

Ce risque est très minime et pourtant les musées, en particulier les archives, investissent beaucoup d'argent dans cette pratique.

Est-ce une bonne décision? Est-elle bien raisonnée?

Ou ont-ils adopté cette pratique seulement parce que c'est une pratique exemplaire? Nous pouvons donc utiliser l'évaluation du risque pour guider ce type de décision.

Parfois, il faut soupeser différents risques en les comparant. »

[Texte à l'écran : Décisions qui exigent de soupeser deux risques. Refroidir l'air dans les zones de collections? Accélération de la dégradation chimique vs biodétérioration du bâtiment historique (dans un climat chaud et humide)]

[Image à l'écran : Une vaste zone de collection est mise à l'essai par des personnes et leurs constatations sont consignées]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Voici un exemple d'archives dans la région de l'Amazone au Brésil. Ces archives sont une maison historique et la décision ici consistait à déterminer s'il fallait refroidir l'air dans la salle d'archives.

Cette mesure visait le bienfait de la collection, mais elle risquait grandement de causer des problèmes au bâtiment, parce que le haut taux d'humidité extérieure pouvait causer de la moisissure sur ses parties en bois.

On oppose donc le risque de dégradation chimique rapide de la collection au risque de biodétérioration du bâtiment.

Quel risque est donc le plus grand et comment peut-on utiliser cette analyse et cette évaluation de risque pour éclairer cette décision?

Quelle est l'ampleur de chaque risque si on les compare l'un à l'autre et quelle est la mission?

Dans cet exemple, il s'agit d'archives dont la collection est de loin plus importante que le bâtiment, et les responsables ont donc décidé qu'il était prioritaire de préserver la collection à long terme et d'examiner en deuxième lieu ce qu'ils pouvaient faire pour le bâtiment.

Il s'agit ici d'une décision claire fondée sur l'analyse de ces deux risques. »

[Texte à l'écran : Décisions sur la conception de nouvelles installations]

[Image à l'écran : Tracé au sol de l'installation avec concept de modèle]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Dans l'exemple suivant, l'évaluation du risque et la décision fondée sur le risque pourraient être appliquées dès l'étape de la planification d'une nouvelle installation.

L'emplacement, le type de terrain, le plan du bâtiment comprenant l'emplacement des zones d'entreposage, des tuyaux et de toutes les machines.

Il est donc possible de planifier d'avance, d'analyser le plan et de discuter avec les architectes et les ingénieurs, et d'examiner avec eux les risques à l'étape de la conception.

Quels sont les risques? Comment peut-on réduire le risque et améliorer la situation?

Je peux donc prendre des décisions concernant une nouvelle installation en examinant les risques dès l'étape de la conception, ce qui permet d'épargner beaucoup d'argent et de temps.

Si vous ne le faites pas, vous devrez le faire plus tard lorsque le bâtiment sera construit et, souvent, après que les collections seront amenées sur place. Cela deviendra beaucoup plus complexe et coûteux.

Aussi, dans des situations particulières, par exemple des travaux de rénovation, il est courant de voir se multiplier les risques. »

[Texte à l'écran : Décisions concernant les risques dans des situations particulières : travaux de construction et de rénovation]

[Images à l'écran : Photographies à l'intérieur et à l'extérieur durant la phase de rénovation dans le cadre des travaux à accomplir sur un édifice du patrimoine]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Voici l'exemple d'une salle de spectacle également située à Manaus, dans la région de l'Amazone au Brésil, dont les rénovations visaient en particulier le toit.

On voit ici une grosse poutre en métal qui a été installée juste sous le toit pour soutenir le poids des rideaux, de l'éclairage, etc.

Il a fallu déplacer cette pièce vers le haut et examiner les risques : il y avait un plafond décoré et aucune protection ici, juste au-dessus du plafond où la poutre en métal devait être installée.

Nous avons donc évalué le risque et décidé de faire une simulation, que vous pouvez voir ici, en utilisant une pièce de la même dimension, mais faite en bois léger.

Nous avons fait en sorte que tout le monde apprenne à déplacer la poutre jusqu'à cet endroit et à l'installer, en s'exerçant avec une poutre plus légère que la lourde poutre en métal. Par la suite, tous étaient bien formés pour déplacer la vraie poutre en métal.

Des personnes travaillaient avec de l'équipement produisant des étincelles à l'intérieur du bâtiment, par exemple pour faire de la soudure, qui était réalisée sur place, juste sous le toit. Ce travail entraînait d'importants risques d'incendie, et les environs regorgeaient de matières combustibles.

On a donc demandé à ces collègues de faire les travaux de soudure à l'extérieur.

En examinant le risque que suscitent des travaux de rénovation, nous pouvons prendre les mesures nécessaires et prendre des décisions pour réduire ces risques. Ainsi, le travail est effectué de manière plus sûre afin d'atteindre les objectifs avec un contrôle accru.

C'était donc l'exemple de la salle de spectacle de Manaus.

Et maintenant, lorsque vous devez procéder à un traitement de conservation, lequel devez-vous choisir? Devez-vous traiter ou non? »

[Texte à l'écran : Décisions concernant les traitements de conservation]

[Image à l'écran : Équipement utilisé pour le traitement au laser de matériel patrimonial en papier]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Il y a aussi une décision à prendre.

Nous pouvons également appliquer le principe de l'évaluation du risque pour déterminer quel est le risque si nous ne faisons rien.

Si nous adoptons ce traitement, quels sont les risques? Y a-t-il une autre solution?

Voici un exemple de nettoyage au laser d'artéfacts en papier.

J'ai travaillé sur ce projet afin d'évaluer quels seraient les avantages et les risques d'appliquer un traitement de nettoyage au laser sur des artéfacts en papier.

Nous avons examiné les effets immédiats et à long terme et, dans ce cas, le risque était trop élevé. Il y avait une grande part d'incertitude et des effets négatifs potentiels trop importants pour adopter ce traitement.

Même si c'était une méthode plus rapide et automatisée, les risques demeuraient trop élevés.

À l'époque, la réponse était non, ce n'était pas acceptable.

C'est la même chose pour tous les types de traitement, pas seulement les plus perfectionnés. Chaque fois que vous examinez un traitement, vous pouvez adopter une méthode fondée sur le risque pour déterminer quels sont les risques associés à chaque solution.

Et, bien entendu, vous pouvez adopter une approche de gestion globale continue fondée sur le risque. »

[Texte à l'écran : Prise de décisions continue au sujet de l'utilisation et de la préservation à long terme des collections – gestion exhaustive des risques]

[Images à l'écran : Écran d'ordinateur affichant différentes images de bandes vidéo de caméras de surveillance. Vue du musée et des environs (bâtiments, routes, arbres et plans d'eau). Photographie de l'extérieur du musée. Locomotive d'une collection située à l'extérieur. Photographies de parties d'une collection. Photographie de visiteurs à l'intérieur du musée. Un graphique est placé au milieu de toutes ces images. Il décrit différents éléments et leurs niveaux de risque correspondants. Remarque : tout le texte n'est ni en anglais ni en français et est en très petits caractères]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Voici un autre exemple concernant un musée. Il faut examiner tous les risques, qu'il s'agisse de catastrophes, comme un gros incendie ou une inondation majeure, ou de la lente et graduelle dégradation cumulative par des agents chimiques, physiques et biologiques.

Ainsi, nous procédons à la détermination exhaustive des risques et nous les comparons les uns aux autres. Vous voyez ici la liste des risques et leur ampleur relative en les comparant les uns aux autres afin d'établir les priorités, surtout pour la planification, notamment budgétaire.

Alors, au cours des prochaines années, où devrait-on investir les ressources?

Quelles sont les priorités pour la collection?

Dans son contexte particulier, et par contexte, on entend le contexte physique, mais également juridique, politique, stratégique, etc.

De la simple décision à la gestion continue, il convient toujours d'examiner le risque au moment de prendre des décisions dans ces situations. »

[Texte à l'écran : Les défis de la gestion des collections vous empêchent-ils de dormir?]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Cela nous ramène à une phrase qui figurait dans l'annonce de l'atelier.

Je suis sûr d'avoir capté votre attention à ce moment : « Les défis de la gestion », et je vous ramène maintenant à votre propre contexte, « vous empêchent-ils de dormir »?

Et s'ajoutent quelques sujets de réflexion en général.

Les collections sont de plus en plus nombreuses et diversifiées au sein de l'organisation, mais aussi à l'échelle du pays. Il y a donc plus de musées qui ouvrent leurs portes, d'édifices protégés qui sont désignés et d'archives qui sont recueillies.

Ils grossissent en nombre et en diversité : il y a de nouvelles matières, des supports numériques, et la diversité des collections patrimoniales est donc également croissante.

Ces collections sont exposées à de nombreux dangers, tant naturels que d'origine anthropique.

La demande pour l'accès, la durabilité et la reddition de compte est croissante et, à tout le moins dans le contexte que je connais, les ressources diminuent, et partout ailleurs aussi, et peut-être même au Canada?

D'accord [rires de l'auditoire], oui.

Alors, je crois que c'est une question clé pour des gestionnaires du patrimoine : que faites-vous d'abord?

Comment établir les priorités? Il faut le faire en planifiant les mesures de la prochaine année ou des deux prochaines années.

Quelles sont les priorités, dans notre contexte?

Comment faire le meilleur usage des ressources disponibles, lesquelles diminuent?

Souvent, elles ne suffisent pas à couvrir la totalité de ce qui permettrait de maximiser les avantages que la collection apporte au public avec le temps.

Et en matière de patrimoine, il faut aussi penser à long terme.

Comment prendre des décisions judicieuses pour y parvenir?

C'est là que l'approche fondée sur le risque et la gestion du risque deviennent des outils pertinents au sein d'une méthodologie et nous aident à répondre à ces questions.

La gestion du risque s'entend d'un ensemble d'activités et de méthodes coordonnées utilisé dans le but de diriger une organisation et de maîtriser les nombreux risques qui peuvent influer sur sa capacité à atteindre ses objectifs.

Ou, plus simplement, de la méthodologie ou approche décisionnelle fondée sur le risque pour aider l'organisation – celle-ci peut-être un établissement individuel, mais également une institution patrimoniale nationale – à mieux maîtriser l'atteinte de ses objectifs, avec un faible degré d'incertitude et de manière plus efficace.

Il sera maintenant question de gestion du risque. »

[Texte à l'écran : Le cycle de gestion du risque]

[Image et le texte à l'écran : Communiquer et consulter » apparaissent en haut à gauche. « Surveiller et examiner » apparaissent en haut à droite. Les cinq étapes apparaissent à peu près au centre de l'image. Les cinq étapes sont : 1) Établir le contexte; 2) Recenser; 3) Analyser; 4) Mesurer; et 5) Traiter. Les étapes 2, 3 et 4 sont également groupées ensemble avec le mot « Évaluer ». Deux flèches, l'une partant d'en haut des étapes et l'autre d'en bas, illustrent que ce processus revient à la première étape et recommence après l'atteinte de la dernière étape]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Ce processus est utilisé dans divers domaines, comme l'environnement, la santé, les finances.

C'est une méthodologie bien établie et c'est le cycle de gestion du risque qui est conforme à l'ISO, par exemple, à la norme ISO 31000 pour la gestion du risque.

Il s'agit d'un processus continu, alors vous voyez ce cycle et il y a différentes étapes.

Vous devez avant tout comprendre le contexte dans lequel la méthodologie sera appliquée : le contexte physique, et aussi le contexte organisationnel, politique, social, culturel, économique, etc. Alors nous avons une bonne idée du domaine dans lequel nous allons travailler avec cette méthodologie.

Nous recensons les risques et les analysons, alors nous comprenons chacun d'eux et les mesurons, et nous déterminons les risques prioritaires afin de prendre des décisions et, au besoin, modifier ces risques.

Le terme technique est « traiter », mais il ne faut pas confondre avec le « traitement de conservation ». Il s'agit ici du « traitement du risque », et nous entendons par là tout ce que nous faisons pour modifier le risque afin de l'atténuer et de le transférer. Il est parfois acceptable, alors nous le maintenons et allons de l'avant, tout comme on prend l'avion.

Il y a un risque, mais souvent nous l'acceptons et composons avec ce risque.

Parlons des trois étapes suivantes : recenser, analyser et mesurer.

C'est ce qu'on appelle « évaluer le risque », et lorsque nous parlons d'évaluation du risque, nous renvoyons à ces trois étapes. Puis, à mesure que les priorités sont clarifiées, nous prenons des mesures pour traiter et modifier les risques que nous jugeons inacceptables.

Dans un contexte de gestion continue, il fait simplement répéter ce cycle.

Parfois, nous devons prendre une décision unique. Il faut donc recenser les risques, les analyser et établir les priorités, puis prendre une décision.

Le cycle dépend du type de décision à prendre, qu'elle concerne la gestion continue ou une simple décision unique. C'est ce qui dicte la fréquence à laquelle il faut répéter le cycle.

Évidemment, il faut communiquer avec tous les intervenants et les différentes parties et les consulter, exercer une surveillance et vérifier comment le processus se déroule, si nous atteignons les objectifs de la manière prévue, et si les mesures que nous avons prises pour réduire les risques fonctionnent.

C'est un cycle, et il est générique. Il est donc utilisé dans différents secteurs, notamment ici, et c'est ce que nous employons depuis plusieurs années avec toutes les parties à l'échelle internationale afin que cette méthode soit adoptée dans le secteur patrimonial.

Nous allons en discuter davantage aujourd'hui.

Voici quelques points forts de cette approche, qui doit être adaptée à chaque contexte. Il est très important de comprendre par exemple quel est le contexte physique.

Sommes-nous dans une zone sismique ou à risque de tsunami? Ou près d'un cours d'eau? Quel type de climat avons-nous? Qui sont nos voisins?

Par exemple, dans une zone industrielle, j'entrevois des risques beaucoup plus élevés d'incendie de source externe, et il est donc très important de comprendre le contexte physique.

Pour ce qui est des aspects juridiques, il faut protéger les collections patrimoniales des répercussions de nos décisions, et il est donc très important de comprendre l'aspect juridique et l'environnement politique.

Et relativement au contexte financier, quelle somme avons-nous pour le prochain cycle de planification?

Pouvons-nous trouver des fonds ailleurs?

Est-il permis de trouver des fonds ailleurs?

Quelle proportion des ressources peut être affectée à la préservation, à la sécurité, etc.?

Il est très important que les parties et les intervenants soient clairement précisés à l'interne.

Parfois, même à l'intérieur de l'organisation, ils ne sont pas tous pris en considération, en particulier dans le cas de grandes organisations qui ont des secteurs liés à la sécurité, à la conservation et aux installations.

Il y a parfois un manque de communication entre les éléments internes, mais aussi avec les éléments externes, comme la police, la protection civile et les services d'incendie, dont les nombreux intervenants doivent être recensés et mobilisés.

Il faut tenir compte de toutes les politiques et les procédures concernant l'organisation et parfois de l'environnement socioculturel.

Dans certaines situations, par exemple dans un cas d'agitation sociale et de conflit armé, notamment de nature religieuse, il est important de tenir compte de tous les éléments.

Il ne suffit pas d'examiner la salle d'entreposage et l'aire d'exposition, il faut envisager un contexte beaucoup plus large. Il importe de comprendre à quel moment l'on doit commencer à examiner les risques de façon globale.

L'approche est guidée par les objectifs, sur lesquels repose la gestion du risque, et la prise de décision fondée sur le risque doit être liée à l'objectif de l'organisation.

L'objectif et l'énoncé de mission dictent bon nombre de décisions prises par l'intermédiaire d'une évaluation des risques.

L'évaluation des risques est guidée par la mission organisationnelle, et c'est donc un processus axé sur les objectifs.

Les valeurs et l'importance sont au cœur de la méthodologie, et nous voulons donc préserver cette importance et lui donner accès au fil du temps. »

[Texte à l'écran : Les valeurs et l'importance sont au cœur même du processus]

[Image à l'écran : L'objet est une fusion entre une AK-47 utilisée par les narcotrafiquants en Colombie et une guitare fabriquée par un luthier colombien de renom]

José Luiz Pedersoli Jr. : « En cherchant à comprendre le contexte, il est très important de comprendre quelle est l'importance du bien patrimonial pour les différents intervenants.

Parce que les décisions sont également motivées par l'importance relative des différents composants de ce bien patrimonial, par exemple.

Ce n'est qu'un exemple d'objet se trouvant dans le Musée d'Antioquia, à Medellín, en Colombie, où vous savez que les cartels de la drogue sont très importants.

Cet objet a été fabriqué par un artiste et représente une fusion entre une arme AK-47 et une guitare. Il vise à montrer que l'harmonie est possible, que l'on peut transformer la violence en harmonie, et c'est une valeur symbolique majeure pour cette ville.

C'est l'un des points forts de cette collection, une œuvre spéciale dans un musée, dans un lieu spécial, et le tout est purement lié au contexte.

Si l'on pense aux risques et à l'établissement des priorités, l'importance des composantes des biens patrimoniaux est la clé, et il est très important d'en tenir compte. »

[Texte à l'écran : Tous les risques sont pris en compte, des événements soudains et catastrophiques aux processus de détérioration graduelle et cumulative]

[Images à l'écran : Quatre photographies : une région inondée, montrant tous les bâtiments partiellement submergés; une pièce de vêtement sous un éclairage intense; un bâtiment en feu; un objet montrant des signes de détérioration]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Les risques sont pris en considération de manière globale.

Nous examinons tous les types de risques, des événements soudains et catastrophiques aux processus de détérioration graduelle et cumulative; il ne faut laisser aucun risque de côté.

Ils peuvent avoir une incidence néfaste sur l'utilisation de notre ressource, et si nous oublions d'en tenir compte dans la planification, par exemple le feu, qui est un risque habituellement élevé, ce n'est peut-être pas la meilleure utilisation des ressources disponibles. Nous devons donc analyser tous les risques. »

[Texte à l'écran : Indicateur quantitatif pour classer les risques par priorité : ampleur du risque]

[Images à l'écran : Les mêmes quatre photographies sont présentées à l'écran, mais cette fois accompagnées de valeurs numériques pour chaque image, afin de décrire l'ampleur du risque associé à chaque situation]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Et dans le cadre de cette méthode, nous fournissons un indicateur numérique, qui permet de quantifier l'ampleur de chaque risque.

Il ne s'agit pas seulement de recenser les risques globalement, mais aussi de leur attribuer un indicateur quantitatif pour montrer dans quelle mesure chaque risque peut causer une perte de valeur du bien patrimonial.

Cela devient un critère essentiel pour comparer les risques les uns aux autres et pour éclairer notre prise de décisions.

Nous utilisons donc ceci : »

[Graphique à l'écran : Graphique montrant une analyse du ratio coût-avantage par la comparaison de 50 options de traitement des risques. Dans un rectangle rouge sont présentées les 10 options les plus rentables, qui représentent environ 80 % de la réduction du risque escomptée avec la mise en œuvre de toutes les options (50). Remarque : aucune option de traitement des risques n'est présentée sur le graphique, où figurent seulement les chiffres]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Dernière chose : nous examinons également le rapport coût-efficacité des solutions lorsque nous tentons de traiter ou de réduire les risques.

Récapitulons : nous recensons les risques, déterminons leur ampleur relative et établissons les priorités. Ensuite, nous savons quels sont les risques à traiter en priorité.

Puis, nous examinons des options pour les réduire et observons l'avantage économique obtenu, ou le ratio coût-avantage, et voyons dans quelle mesure, grâce à l'argent ainsi économisé, nous pouvons protéger la valeur de ce bien patrimonial avec le temps.

Ce n'est qu'un exemple. Les bandes que vous voyez là montrent le ratio coût-avantage des différentes options.

Chaque chiffre ici correspond à une option.

Cette analyse a été faite en Équateur, pour un projet de gestion du risque à grande échelle pour tous les musées, les églises et les centres culturels du pays.

Il est ici question de séismes, de tsunamis, de vol, d'incendie, parmi tous les risques.

La taille de chaque bande indique quelle proportion de la valeur de ces biens patrimoniaux d'envergure nous pourrions protéger par l'investissement d'un certain montant d'argent par rapport au même montant d'argent.

Plus la bande est élevée, plus la mesure efficace.

Il est intéressant d'examiner ensemble les 50 options. Si l'on prend seulement les 10 premières, qui sont ici à l'intérieur du rectangle rouge, elles représentent 80 % de la protection que nous pourrions obtenir en mettant en œuvre toutes les options.

Donc, seulement en prenant 20 % de toutes les options, nous obtenons 80 % du total des avantages; il est donc très intéressant de voir ces liens, et souvent les organisations adoptent cette voie.

Parce que c'est facile, c'est attrayant et nous pouvons le faire.

Souvent, si on examine les types de décisions, on observe beaucoup d'activité ici, il y a un faible rapport coût-efficacité, et il n'y a pas tant d'activité ici.

Lorsque nous effectuons ce type d'évaluation, les choses ressortent de façon très révélatrice, ce qui nous aide à améliorer notre prise de décision.

C'est un aspect intéressant. »

[Texte à l'écran : Promouvoir l'intégration des différents secteurs de l'organisation et au-delà]

[Quatre pièces de casse-tête à l'écran : Elles ont les étiquettes suivantes : Secteur de la conservation; Gestion des installations; Secteur de l'éducation; Sécurité]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Puis, comme je l'ai dit, la gestion du risque suppose de promouvoir l'intégration des différents secteurs de l'organisation et au-delà.

Les différents secteurs et intervenants, à l'intérieur et à l'extérieur de l'organisation.

Par exemple, le secteur de la conservation, de la gestion des installations, de l'éducation et de la sécurité. Il y a ensuite les universités, les services d'incendie, etc. Au fur et à mesure qu'on élargit, on amplifie les avantages.

Parce que cela touche différents risques, comme les risques hydrologiques, sismiques et en matière de sécurité, cela touche différents domaines d'expertise. Cela nous encourage à sortir de notre zone de confort, et nous devrions le faire, et à mobiliser les autres intervenants. »

[Images à l'écran : Le cycle de gestion du risque et les cinq étapes sont illustrés, ainsi qu'une personne dans un lit essayant de penser/rêver à compter cinq moutons]

José Luiz Pedersoli Jr. : « Voilà, c'était tout ça le concept, et si nous adoptons ce principe de gestion du risque, nous pourrons mieux dormir.

Parce que nous serons plus certains, peut-être pas à cent pour cent, mais plus certains que les risques seront mieux maîtrisés et que nos décisions seront meilleures si nous tenons compte des risques pour les collections.

Merci beaucoup. »

[Applaudissements]

[Mot-symbole Canada]

Cette vidéo a été créée par l'Institut canadien de conservation et fait partie de l'atelier « La gestion des risques et la prise de décision fondée sur l'évaluation des risques appliquées aux collections de musées, d'archives et de maisons historiques ». Apprenez-en davantage sur la gestion des risques pour les collections patrimoniales et visionnez les enregistrements de la webdiffusion sur la gestion des risques.

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