Vidéo – L'antiphonaire de Salzinnes – Partie 2 : Traitement du corps de l'ouvrage

Transcription

Transcription de la vidéo « L'antiphonaire de Salzinnes – Partie 2 : Traitement du corps de l'ouvrage »

Durée de la vidéo : 00:08:55

[De la musique tirée de l’antiphonaire de Salzinnes joue en arrière-plan tout au long de la vidéo.]

[Texte à l’écran : L’antiphonaire de Salzinnes : Traitement du corps de l’ouvrage]

Narrateur : « Il a fallu toute une équipe pour évaluer, analyser, et réaliser le traitement de conservation de l’antiphonaire de Salzinnes. Des restaurateurs de livres et de papier de l’Institut canadien de conservation ont dirigé le projet avec des restaurateurs de Bibliothèque et Archives Canada et des experts-conseils externes. Une approche en trois volets a été adoptée : une analyse technique, par des restaurateurs et des scientifiques en conservation; le traitement de restauration du bloc de feuillets, puis, la restauration de la reliure elle-même. La présente vidéo se penche sur le rôle des restaurateurs de papier, dirigés par Sherry Guild, restauratrice principale des œuvres sur papier, alors qu’ils évaluaient l’état du bloc de feuillets et les dommages, nettoyaient et réparaient les pages de parchemin, et vérifiaient et stabilisaient les encres et les pigments. »

[Texte à l’écran : Arrivée au labo de conservation]

Narrateur : « Dès que les laboratoires de conservation ont reçu l’antiphonaire, on a constaté que sa structure était en mauvais état. Lynn Curry, la restauratrice de livres et d’archives, a d’abord fabriqué des ais temporaires pour manipuler sans risque le bloc de feuillets afin de commencer l’examen de conservation et le traitement. »

[Texte à l’écran : Constat d’état]

Narrateur : « Tout traitement de conservation commence par la documentation. Au moyen de photos et d’un rapport, on a établi l’état de conservation de l’objet avant son traitement. Pour le bloc de feuillets de l’antiphonaire, on a créé une base de données contenant plus de 480 entrées, une pour chaque page de parchemin, afin d’en consigner l’état et le traitement. »

[Texte à l’écran : Prise en note de l’état des enluminures]

Narrateur : « En observant avec soin chaque centimètre carré de l’objet sous un microscope, les restaurateurs ont établi l’emplacement de chaque dépigmentation, faiblesse ou dommage, et ont relevé d’autres marques, comme de la saleté, des déchirures et des faux plis. Ici, Chloe Pedoussaud, stagiaire en restauration, examine la première enluminure, « l’annonciation », à l’aide d’un stéréomicroscope. Pour ce qui est des lettrines historiées et des miniatures très ornées, on a créé des transparents à code de couleur en traçant les lettres sur du papier translucide placé sur des photos couleur du manuscrit prises avant les travaux de traitement. Ces « cartes » à codes de couleur serviraient à orienter les décisions sur le traitement et à documenter avec précision les endroits où un adhésif serait ensuite appliqué. »

[Texte à l’écran : Commencer le traitement : dépoussiérage. Brossage à l’aide d’un pinceau à poils doux]

Narrateur : « De la poussière et de la saleté s’étaient accumulées sur la surface des pages après des années de manipulation, d’entreposage et d’utilisation lors de services aux chandelles fuligineuses. On a dû faire un nettoyage minutieux de la surface des marges et des lézardes puisque la poussière peut adsorber les acides atmosphériques, qui accélèrent la dégradation des matières organiques, et agir comme un abrasif lorsqu’en tournant les pages, celles-ci se frottent les unes aux autres. Marie-Lou Beauchamp, stagiaire en conservation, s’est servie d’un pinceau en poils de chèvre fins pour enlever les débris des lézardes et la mince pellicule de poussière au périmètre de chaque page. »

[Texte à l’écran : Gommage à l’aide d’éponges pour cosmétiques]

Narrateur : « Elle a utilisé des effaces-éponges pour déloger la saleté superficielle plus tenace. Conçues pour appliquer des produits cosmétiques, ces éponges douces réduisent le risque d’abimer le parchemin. Comme elles ne s’effritent pas, il n’y a pas risque de laisser des miettes dans le manuscrit. Scott Williams, scientifique en conservation, a aussi fait l’essai des éponges sur des répliques en parchemin pour vérifier qu’aucun résidu des éponges elles-mêmes n’avait été transféré. Les zones de texte et d’images ont été soigneusement évitées durant ce processus de nettoyage. »

[Texte à l’écran : Dépoussiérage – Ergonomie]

Narrateur : « Le traitement des marges avant et arrière de chaque feuille de parchemin a exigé, à lui seul, le nettoyage d’une vaste surface. En faisant un calcul rapide, on a estimé que les marges du manuscrit totalisaient plus de 32 mètres carrés – soit près de 350 pieds carrés de la surface des pages. Les problèmes d’ergonomie se sont fait sentir : Passer des heures à nettoyer en pinçant une petite éponge demandait un effort insoutenable au restaurateur! Il a fallu inventer un système pour fixer l’éponge au majeur des restaurateurs afin d’alléger le stress répété causé par les longues périodes de nettoyage. »

[Texte à l’écran : Progression du dépoussiérage]

Narrateur : « On peut voir ici le nettoyage d’une ondulation du parchemin dans laquelle s’est accumulée une grande quantité de suie. En appliquant une légère pression en mouvements prudents, on peut enlever une quantité surprenante de saleté superficielle au moyen de l’éponge. Les pages n’étaient pas toutes aussi sales, comme le démontrent ces éponges utilisées pour extraire la saleté de deux pages différentes. À noter aussi qu’il a fallu utiliser plus d’une douzaine d’éponges pour chaque page! Une nouvelle éponge était utilisée chaque fois que la saleté accumulée risquait de se répandre de nouveau sur la page que l’on nettoyait. La saleté peu adhérante était facile à enlever, mais la saleté plus tenace est restée incrustée à la structure du parchemin – un témoignage de l’histoire de l’utilisation du manuscrit. »

[Texte à l’écran : Traitement des pigments et des encres. Fragilité des pigments sur le parchemin]

Narrateur : « Le parchemin, qui est une peau non tannée trempée dans un liquide, puis raclée, amincie et enfin séchée sous tension au sec, peut s’étendre et se contracter facilement selon le taux d’humidité relative. Cette caractéristique, en plus du vieillissement des liants utilisés pour les pigments, peut rendre la matière poudreuse ou fragile – comme on peut le voir dans cette initiale en bleu d’azurite – ou encore perdre son adhérence à la surface lisse du parchemin et s’effriter – comme le montre cette image en lumière transmise d’une zone de blanc de plomb. »

[Texte à l’écran : Consolidation des pigments]

Narrateur : « La consolidation était donc la prochaine étape du traitement du bloc de feuillets – un processus qui consiste à appliquer un adhésif pour faire en sorte que chaque pigment écaillé ou friable, noté dans le rapport d’état, puisse être recollé à son support de parchemin. Cette consolidation contribuera à réduire toute perte future de pigments durant la manutention délicate de l’antiphonaire. »

[Texte à l’écran : Choix d’un consolidant]

Narrateur : « Plusieurs adhésifs à base de protéines ont été envisagés pour consolider les pigments de l’antiphonaire en raison de leur compatibilité avec les pages de parchemin à base de protéine. Enfin, c’est de l’ichtyocolle, une colle à base de collagène extraite de la vessie natatoire séchée de certains poissons – qui a été choisie pour recoller la matière détachée. Les vessies sèches à gauche sont extraites dans de l’eau chaude, puis égouttées et séchées sur la pellicule transparente à droite. Cette pellicule peut être réactivée sous forme d’adhésif dans l’eau selon les besoins. L’adhésif qui en résulte est relativement élastique. En faibles concentrations, il a très peu d’effet sur l’apparence des pigments en raison de son faible indice de réfraction et il ne se décolore pas avec le vieillissement. »

[Texte à l’écran : Méthode de consolidation 1 : nébulisateur à ultrasons]

Narrateur : « Plusieurs méthodes sont utilisées pour appliquer l’agent de consolidation. La nébulisation à ultrasons, une technique mise au point à l’Institut canadien de conservation dans les années 1990, permet l’application d’un mince brouillard d’adhésif. Cette méthode est particulièrement utile pour pénétrer dans des pigments crayeux ou friables sans apporter de changements perceptibles. Des notes détaillées sont prises pour chaque zone consolidée selon cette méthode. »

[Texte à l’écran : Méthode de consolidation 2 : application au pinceau]

Narrateur : « Pour les écaillures plus grosses de pigment, un pinceau aux poils très fins a servi à appliquer une solution de consolidant diluée sous le pigment écaillé. Les deux méthodes d’application sont observées de près au stéréomicroscope puisque très peu de changement devrait être perceptible, sauf la fixation de la peinture sur la page de parchemin. »

[Texte à l’écran : Réparation des déchirures]

Narrateur : « Comme le parchemin est relativement difficile à déchirer, il n’y a eu que quelques réparations mineures à faire. Selon l’emplacement de la déchirure, le type et la texture de surface du parchemin, on a utilisé du papier Japon ou des fibres de papier avec une colle d’amidon de blé, ou de la peau de batteur d’or – une mince pellicule extraite d’intestins – collée avec un adhésif à base de gélatine pour faire les réparations. On peut voir ici une réparation en train de sécher entre deux buvards et une couche démoulante de polyester filé-lié, tenue en place de manière temporaire à l’aide d’aimants. Une fois que les pigments sont soigneusement stabilisés, que les déchirures sont réparées et que la saleté en surface pouvant causer des dommages est enlevée, l’antiphonaire passe des mains des restaurateurs de papier aux soins des restaurateurs de livres, prêts à s’attaquer à la structure de la reliure. »

[Texte à l’écran : Étape suivante : conservation du livre.

L’antiphonaire de Salzinnes se trouve dans les collections spéciales de la Patrick Power Library de l’Université Saint Mary’s.

« Centuries of Silence: The Discovery of the Salzinnes Antiphonal » Organisée par Judith Dietz. Du 5 mai 2017 au 28 janvier 2018.

Art Gallery of Nova Scotia.

Droits musicaux :

  • Ave Maris Stella, de la page 135v de l’antiphonaire de Salzinnes

  • Fulcite Me, de la page 139r de l’antiphonaire de Salzinnes

  • Confessor Dei, de la page 197v de l’antiphonaire de Salzinnes

  • Ave Roche, de la page 197v de l’antiphonaire de Salzinnes

  • O Huberte, de la page 198r de l’antiphonaire de Salzinnes

  • Benedicta Sis, de la page 198r de l’antiphonaire de Salzinnes

  • Plebs Fidelis, de la page 198r de l’antiphonaire de Salzinnes

  • Interprété par l’ensemble de chant grégorien Psallentes de Louvain en Belgique

  • Fondé et dirigé par Hendrik Vanden Abeele

  • Transcription de Hendrik Vanden Abeele]

[Signature de l'Institut canadien de conservation]

[Mot-symbole Canada]

Cette vidéo a été créée par l'Institut canadien de conservation.

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