Forum McMUN sur le leadership mondial 2018 : Simulation de l’Assemblée des Nations Unies à l’Université McGill

Discours

Notes d’allocution pour l’honorable Karina Gould, ministre des Institutions démocratiques.

Montréal, le 25 janvier 2018

Sous réserve de modifications. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles du gouvernement du Canada et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à sa politique sur les communications.

Bonsoir.

Avant de commencer, je tiens à rappeler que l’Université McGill est située sur des terres qui comprennent le territoire non cédé de la Nation des Haudenosaunees et de la Nation des Anishinaabegs). Ces peuples sont les intendants traditionnels des eaux et des terres où nous nous réunissons aujourd’hui.

La possibilité de m’adresser à vous aujourd’hui revêt un caractère tout spécial à mes yeux, car lorsque j’étais étudiante à l’Université McGill, j’ai participé à McMUN et contribué à son organisation. J’ai rencontré ici des personnes extrêmement intelligentes et passionnées et j’ai participé à des échanges importants. J’en ai aussi beaucoup appris sur les grands enjeux internationaux.

Pouvez-vous m’indiquer en levant la main qui parmi vous étudie à McGill? Maintenant, combien de personnes parmi vous viennent d’autres écoles canadiennes? Et combien d’entre vous viennent d’un autre pays? Bienvenue à Montréal! La diversité des personnes présentes dans la salle est la preuve que ce forum offre une occasion incroyable de se rassembler, d’apprendre les uns des autres, d’examiner les enjeux et d’en débattre sous des angles différents.

En tant que ministre des Institutions démocratiques du Canada, j’ai le mandat de rendre nos institutions publiques canadiennes plus ouvertes et plus équitables. Même si ma tâche principale est de déterminer comment nous pouvons améliorer nos institutions démocratiques, je m’efforce aussi d’accroître la confiance et la participation des Canadiens dans nos processus démocratiques.

Je voudrais vous parler de ce dernier volet — la participation. J’entends parfois les gens — habituellement des personnes âgées — se plaindre que les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas d’engagement politique. En tant que membre de la génération Y, je suis en désaccord. En tant que ministre canadienne la plus jeune du Cabinet, je suis en désaccord. Et en vous voyant en si grand nombre ce soir, je serais en complet désaccord. Votre présence est le signe de cette passion, de cette volonté de favoriser le changement et d’être des agents du changement.

Vous le savez aussi bien que moi : notre génération fait de la politique différemment. « Différemment » ne veut certainement pas dire « mal ». Nous utilisons simplement de nouvelles méthodes et de nouveaux outils, et la culture et l’expérience technologiques qui sont propres à notre génération contribuent à façonner un nouvel avenir. Nous nous fixons des buts ambitieux et nous intégrons nos valeurs dans tout ce que nous faisons.

Je suis pleine d’espoir pour notre avenir, car nous avons des idées ambitieuses, nouvelles et novatrices. Je suis ravie que vous soyez venus des quatre coins du monde pour partager ces idées, en discuter avec empathie et compréhension et explorer des points de vue qui peuvent être différents des vôtres.

Voilà comment le Canada embrasse les défis auxquels le monde fait face aujourd’hui. C’est une approche qui sert les intérêts de tous les Canadiens et qui respecte nos valeurs communes. Nous sommes convaincus qu’en faisant du Canada un pays plus sûr et plus prospère, nous rendrons le monde plus sûr et plus prospère.

Pour y parvenir à l’échelle mondiale, le Canada appuie l’ordre international fondé sur des règles, augmente son influence sur la scène internationale et noue des relations commerciales qui profitent à toutes les couches de notre société. Le gouvernement du Canada reconnaît explicitement le lien qui existe entre la sécurité, le commerce libre et équitable et les droits de la personne. Par exemple, dans le cadre de notre programme international progressiste, nous avons placé le féminisme au cœur de notre politique étrangère. Cette question est importante à mes yeux, pas seulement parce que je suis une femme, pas seulement parce que je vais bientôt être mère, et pas seulement parce que je suis ministre du Cabinet, mais aussi parce que je suis canadienne et que je suis un être humain. Et parce que, dans une société diversifiée et pluraliste comme la nôtre, le succès de tous passe par celui de chacun.

Notre gouvernement est convaincu qu’il est essentiel, pour réduire la pauvreté et l’inégalité entre les sexes dans le monde, de renforcer la santé sexuelle et reproductive des femmes et leur droit universel à celle-ci dans le monde. À cet égard, le Canada a lancé l’année dernière le deuxième plan d’action national pour la mise en œuvre des Résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité de 2017 à 2022. Ce plan d’action nous permet de nous assurer que les activités que nous menons dans les États fragiles et touchés par des conflits cadrent avec nos grands engagements envers l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et des filles, le respect des droits de la personne des femmes et des filles, l’inclusion et le respect de la diversité.

Avec notre Politique d’aide internationale féministe, nous avons pris le leadership à l’échelle internationale et nous défendons la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles et leur droit à celle-ci, notamment pour les femmes et les filles qui vivent des crises humanitaires et qui se trouvent dans des régions où les besoins sont importants. J’espère ne pas trop en avoir révélé à ceux qui participeront à la simulation du comité du Bureau du conseiller spécial du secrétaire général pour les questions liées à l’égalité des sexes et à la promotion des femmes, ou à quiconque représente le Canada cette fin de semaine.

Lorsque nous sommes inclusifs et que nous donnons aux femmes et aux filles l’autonomie qui leur permet de contribuer à la société d’une manière constructive à leurs yeux, nous nous appuyons sur la prémisse selon laquelle une démocratie saine et qui fonctionne bien repose sur la participation de tous ses membres. Lorsque les femmes sont maîtresses de leur corps, elles sont maîtresses de leur vie. À l’époque où j’étais la secrétaire parlementaire du ministre du Développement international, j’ai eu l’occasion de voir de mes propres yeux que l’autonomisation des femmes permet à ces dernières non seulement de se défendre, mais aussi d’améliorer le sort de leurs familles et de leurs collectivités. Je suis allée en Afrique dans une clinique financée par le Canada qui offre aux femmes un accès sûr et efficace au contrôle des naissances. Dans cette clinique, une mère m’a raconté avec fierté que sa fille de 15 ans ne se marierait pas tant qu’elle n’aurait pas choisi de le faire et qu’elle serait la première femme de la famille à aller à l’école. Cette mère, qui était à peine plus âgée que moi, était tellement fière que sa fille devienne infirmière et animatrice communautaire en matière de santé, car cela signifiait qu’elle serait non seulement en mesure de créer une vie meilleure pour elle-même, mais aussi d’améliorer la vie de tous les membres de sa collectivité.

En Éthiopie, j’ai rencontré une jeune femme de 30 ans, professeure de droit et militante pour les droits des femmes. Je me suis tout de suite reconnue en elle, car c’était une jeune femme intéressée par la gouvernance. Après notre rencontre, elle m’a dit : « Karina, je suis si heureuse de vous avoir rencontrée. Je suis si heureuse de voir une jeune femme — occupant un poste de pouvoir — qui a la possibilité d’améliorer le monde. Mais je suis aussi très jalouse, parce que je pense que je n’aurai jamais la possibilité de participer à l’évolution de mon pays comme vous participez à celle du vôtre. » Je me suis toujours rappelé cette conversation : elle me permet d’apprécier chaque jour les possibilités que m’offre le Canada. Elle me rappelle les privilèges dont je jouis, et le devoir correspondant de saisir ces possibilités pour essayer d’ouvrir des portes pour d’autres jeunes femmes, ici comme à l’étranger, afin qu’elles occupent des postes d’autorité et de pouvoir.

Prenez un instant pour réfléchir à vous et à l’endroit où vous êtes aujourd’hui. Vous n’êtes pas seulement à Montréal pour participer à une simulation d’une conférence de l’ONU. Chacun d’entre nous ici présent a un privilège incroyable. Pas seulement parce que nous avons la capacité de faire des études postsecondaires ou parce que nous avons la possibilité de voyager dans le monde entier et de rencontrer des jeunes friands de politique, mais parce que nous avons la possibilité de participer directement à la vie civique. Souvenez‑vous‑en lorsque que vous représenterez les pays qui vous ont été attribués cette fin de semaine, et souvenez‑vous‑en lorsque vous rentrerez chez vous. Souvenez-vous‑en lorsque vous vous demanderez ce que l’avenir vous réserve après l’université et que vous réfléchirez au rôle que vous pouvez jouer aujourd’hui dans votre collectivité, votre culture et votre pays. Vous êtes incroyablement privilégiés. Toutefois, ce privilège s’accompagne de la responsabilité d’aider les autres à réaliser, eux aussi, leur plein potentiel.

Souvenez-vous‑en lorsque vous discuterez des enjeux de la fin de semaine. À l’échelle internationale, le changement semble bien long à se concrétiser, mais ces enjeux peuvent avoir une incidence énorme sur la vie des gens. Tout au long de la fin de semaine, lorsque vous envisagerez de nouveaux points de vue et que vous défendrez les personnes et les valeurs que vous représentez, rappelez-vous que vous pourriez influer sur la vie de vraies personnes.

J’espère que votre passion pour la démocratie et les relations internationales continuera de s’approfondir et de grandir. Une fois l’activité terminée, réfléchissez à ce que vous aurez appris et aux différents points de vue que vous aurez entendus. Continuez de vous demander comment vous pouvez contribuer à l’édification d’une démocratie robuste et florissante. Comment communiquerez-vous cette passion? Comment participerez-vous à votre collectivité, et que ferez-vous pour donner aux autres les moyens d’y participer aussi?

Merci.


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