Réunion préparatoire de Tokyo : L’innovation en matière d’instruction et de renforcement des capacités

Résumé de la réunion
Tokyo, du 23 au 25 août 2017

Du personnel militaire, policier et civil de 32 États membres, ainsi que du personnel de l’Union européenne et des Nations Unies, ont participé à la réunion préparatoire de Tokyo, organisée par les gouvernements du Japon et du Bangladesh. La réunion a été organisée à la demande du Canada, en prévision de la réunion des ministres de la Défense sur le maintien de la paix des Nations Unies qui se tiendra les 14 et 15 novembre 2017 à Vancouver. Cette réunion préparatoire avait pour but de préparer des réflexions et des engagements potentiels liés à l’un des thèmes de la Réunion ministerielle à Vancouver : L’innovation en matière d’instruction et de renforcement des capacités. Les discussions étaient pour les États membres une occasion d’explorer plus à fond les lacunes et les défis actuels associés à ce thème, et d’élaborer des solutions pour y remédier au moyen de résultats et d’engagements concrets qui seront annoncés lors de la Réunion des ministres de la Défense à Vancouver. Le document intitulé Besoins en matière de capacités militaires publié par les Nations Unies en août 2017 dresse la liste des engagements recherchés.

La réunion a été divisée en trois séances thématiques. Des panélistes ont fait des présentations dans le cadre de chacune des séances et ont tenu des discussions ouvertes pour examiner et cerner les domaines dans lesquels de nouveaux engagements pourraient être pris à Vancouver. Un document universitaire commandé par le gouvernement du Canada a contribué à la discussion. Plusieurs États membres ont participé à la visite d’une installation afin d’en apprendre davantage sur les efforts déployés par le Japon à l’égard du renforcement de la capacité et sur le projet des capacités de déploiement rapide en matière d’ingénierie dans les missions de maintien de la paix des Nations Unies en Afrique.

Séance 1A : Principaux points de discussion et principales recommandations concernant les progrès et les défis liés à l’instruction et au renforcement des capacités

  • Dans de nombreux cas, l’instruction est inadéquate – il est primordial d’obtenir le soutien d’États membres acceptant de travailler en partenariat avec des pays fournisseurs de troupes (PFT) et également prêts à déployer des unités dans le cadre d’une mission de formation, de conseils et d’aide.
  • La mise au point et le maintien de mécanismes de coordination pour l’instruction et le renforcement des capacités sont et restent un grand défi pour les États membres et les Nations Unies. Les participants ont convenu que les activités d’instruction et de renforcement des capacités ne sont pas bien coordonnées et que les mécanismes actuellement en place ne répondent pas nécessairement à des besoins correctement classés par ordre de priorité. Les participants ont également l’impression qu’il y a chevauchement et que les États membres se livrent parfois concurrence pour différentes questions liées à l’instruction. De plus, ni les donateurs ni les bénéficiaires ne souhaitent toujours être coordonnés, et l’instruction ainsi que le renforcement des capacités dans le cadre du maintien de la paix sont souvent un aspect parmi tant d’autres de la coopération en matière de défense et de sécurité entre deux pays (des questions parfois sensibles et hautement politiques).
  • L’information précise en temps réel ainsi que la transparence sont le fondement de la coordination de l’instruction et du renforcement des capacités. Il peut s’avérer difficile d’obtenir cette précision et cette transparence dans le domaine de la coopération bilatérale en matière de défense.
  • Les Nations Unies peuvent jouer un rôle important pour faciliter les efforts déployés dans le domaine de l’instruction et du développement des capacités. Les visites d’évaluation et de consultation (VEC) ont contribué à trouver des occasions de partenariat pour combler les lacunes liées à l’équipement et à l’instruction des PFT et des pays fournisseurs de policiers (PFP). Ces visites ont également renforcé les partenariats existants. Plus de 100 unités de 37 pays ont fait l’objet de VEC, et 29 unités ou sous-unités totalisant plus de 3 000 militaires ont déjà été envoyés en mission ou sont en voie d’y être envoyées. 
  • Le renforcement des capacités durable et l’instruction efficace et normalisée pour tous les PFT et PFP sont des efforts majeurs auxquels il faut accorder une priorité élevée à l’avenir. Il existe quatre domaines particuliers liés à l’instruction et au renforcement des capacités auxquels il faut accorder plus d’attention :
    • veiller à ce que ceux qui suivent l’instruction partent immédiatement en mission ou, s’il s’agit de formateurs, qu’ils donnent l’instruction immédiatement après avoir été formés. Il faut donc consolider la relation et les liens entre les efforts de renforcement des capacités, les PFT ou les PFP et nos propres efforts de mise sur pied de la force;
    • veiller à ce que les PFT ou PFP respectent les normes établies dans la politique relative à la vérification de la préparation opérationnelle, y compris les dispositions relatives aux certificats attestant le respect des normes d’instruction préalables au départ en mission;
    • veiller à ce que tous les PFT ou PFP restent résolus à prévenir l’exploitation et les atteintes sexuelles, et qu’ils respectent les exigences de la politique sur l’exploitation et les atteintes sexuelles, y compris l’utilisation et la distribution des cartes de poche et de la formation « Pas d’excuse »;
    • accroître la participation des femmes. Trop peu de PFT ou de PFP qui font participer des femmes aux missions opérationnelles font participer des femmes aux opérations de maintien de la paix. En outre, aucun PFT ou PFP qui fait participer des femmes aux missions opérationnelles n’a envoyé de femmes au cours de formation des formateurs du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP)-Département de l’appui aux missions (DAM) qui s’est déroulé à Entebbe. 

Séance 1B : Principaux points de discussion et principales recommandations concernant les capacités requises par les Nations Unies

  • Bien que les contingents déployés dans le cadre de certaines missions aient été réduits et que d’autres missions aient été fermées, les ressources spécialisées et à haut rendement – surtout les éléments habilitants, les capacités à déploiement rapide et les femmes Casques bleus – pour les opérations de maintien de la paix des Nations Unies sont toujours rares. Dans le même ordre d’idées, les programmes d’instruction et de renforcement des capacités répondant aux normes des Nations Unies sont plus importants que jamais.
  • Les Nations Unies sont en voie de renforcer plusieurs domaines clés de capacités et elles ont besoin du soutien et des contributions continus de la part des États membres pour y parvenir :
    • plus d’unités mobiles : des unités à haute mobilité agiles qui offrent une plus grande flexibilité au commandant seront continuellement exigées pour protéger les civils et le personnel de la mission;
    • meilleure connaissance de la situation : c’est une nécessité dans les missions actuelles, compte tenu de l’environnement changeant dans lequel les opérations de maintien de la paix sont entreprises et cela deviendra de plus en plus important;
    • unités de soutien de haute qualité : des unités de soutien efficaces, comme les unités autonomes de génie multirôles, de transport, de transmissions et d’aviation sont particulièrement en demande étant donné que les zones d’opération dans lesquelles se déroulent les missions de maintien de la paix sont souvent sous-développées, que les réseaux de transport et l’infrastructure sont limités, et que les ressources locales sont rares;
    • protection de la force : parallèlement aux mesures défensives et à l’équipement servant à protéger les camps, dans des missions comme au Mali, nous avons besoin de mesures pour contrer les engins explosifs improvisés ainsi que les attaques de tir indirect;
    • capacité de déploiement rapide : dans le passé, les Nations Unies n’avaient pas la capacité d’envoyer en mission une nouvelle force militaire ou des unités de police constituées pour répondre à une crise en moins de six mois. Dans les semaines et les mois qui passent avant qu’une mission n’atteigne une capacité opérationnelle minimale, des gens meurent et les divisions au sein d’une société se creusent. Il y a également des répercussions financières, car une opération de maintien de la paix déployée tardivement sera confrontée à une situation plus insoluble, ce qui prolonge la durée de la mission. Les Nations Unies souhaitent qu’un groupe diversifié d’États membres soit prêt à s’engager à fournir des capacités au niveau de déploiement rapide du Système de préparation des capacités de maintien de la paix, capables de partir en mission dans les 60 jours suivant la présentation d’une demande par les Nations Unies;
    • une capacité linguistique, axée surtout sur les troupes francophones : plus de 70 p. 100 des soldats de la paix des Nations Unies participent à des missions francophones. Dans ces missions, les Nations Unies n’ont pas la capacité de déployer suffisamment de contingents en uniforme possédant des connaissances linguistiques adéquates pour pouvoir interagir avec la population locale; c’est un élément essentiel de la protection des civils et des premiers efforts de consolidation de la paix;
    • accroissement de la participation des femmes dans les missions de maintien de la paix : pour atteindre l’objectif d’envoyer en mission 15 p. 100 de femmes dans des postes d’officier d’état-major et d’observateur militaire d’ici la fin de 2017, et pour doubler le nombre total de femmes Casques bleus d’ici 2020, il est essentiel d’intégrer une perspective des genres et d’améliorer l’équilibre des genres afin de répondre aux besoins actuels et futurs;
    • le principal écart de capacités que les Nations Unies et les États membres doivent combler est celui des capacités médicales des Nations Unies, car ces dernières ont une incidence directe sur la capacité de survie des soldats de la paix des Nations Unies et des civils touchés par les conflits dans les régions où les Casques bleus accomplissent leur mission.
  • Les participants ont souligné que les femmes Casques bleus améliorent l’efficacité opérationnelle des missions de maintien de la paix des Nations Unies. Certains pays (comme le Bangladesh) se préparent à augmenter la participation des femmes. Certains d’entre eux ont toutefois expliqué que la difficulté d’atteindre l’objectif de 15 p. 100 s’explique par le peu de femmes présentes au sein de leur force armée. Selon certains, l’entente actuelle est une « construction sociale ». D’autres ont également fait valoir que l’augmentation de l’engagement et de la participation des femmes par les PFT ou les PFP est, en fin de compte, une question de leadership des États membres. Ils ont également parlé de l’importance de l’instruction et de l’envoi en mission d’hommes Casques bleus sensibilisés à la question du genre.

Séance 2 et Séance 3 : Principaux points de discussion et principales recommandations concernant les pratiques exemplaires actuelles, les lacunes existantes et les nouveaux engagements potentiels

  • Les Nations Unies, le Japon, le Bangladesh, le Cambodge et la Zambie ont fait des présentations sur les efforts qu’ils déploient pour former et équiper les Casques bleus des Nations Unies. Voici un sommaire des principales pratiques exemplaires : partenariats triangulaires pour combler les écarts de capacité; prestation d’instruction spécialisée (comme celle sur la lutte contre les engins explosifs improvisés); cibler les femmes officiers dans les forces armées nationales pour l’instruction et la participation à une mission de maintien de la paix des Nations Unies; renforcer la cohésion au sein des contingents d’opérations de maintien de la paix par l’instruction et l’ajustement des styles d’instruction d’une approche « dirigé par le formateur » à « dirigé par les stagiaires ».
  • Les participants conviennent de la nécessité d’adopter une approche globale à l’égard du renforcement des capacités et de l’autosuffisance, et insistent sur l’importance de l’apprentissage entre pairs par opposition à la dichotomie « fournisseurs d’instruction » et « bénéficiaires d’instruction ».
  • Les États membres ont réaffirmé leur responsabilité de garantir l’état de préparation opérationnel et la certification de leurs contingents avant le départ en mission.
  • Mettre l’accent sur un état de préparation complet (y compris organiser, instruire et enrégimenter les contingents), dans le but de bien préparer les contingents aux opérations de maintien de la paix.
  • Les États membres devraient faire une évaluation post-instruction des initiatives d’instruction et de renforcement des capacités afin d’améliorer davantage l’instruction préalable au départ en mission.
  • Le document intitulé Besoins en capacités militaires pour les missions de maintien de la paix des Nations Unies, envoyé trimestriellement aux missions permanentes à New York et publié sur le site Web du Système de préparation des capacités de maintien de la paix des Nations Unies, fait état des lacunes en matière d’instruction et des écarts de capacités actuels, et dresse la liste des domaines dans lesquels les États membres pourraient apporter leur soutien en prévision de la Réunion des ministres de la Défense qui se tiendra à Vancouver.
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