Un contrôleur de service de l’ARC permet à un aéronef d’atterrir en toute sécurité

Article de nouvelles / Le 9 janvier 2019

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Affaires publiques de la 3e Escadre Bagotville

Dans la soirée du samedi 20 octobre 2018, le caporal Martin Bélair, contrôleur de service de la Section du contrôle de la circulation aérienne à la 3e Escadre Bagotville, au Québec, était seul dans la tour de contrôle de l’aéroport Saguenay-Bagotville. Le poste de contrôleur de service n’est occupé que par des opérateurs de contrôle aérospatial (Op C AERO) expérimentés, compétents et dûment formés pour assumer les fonctions et les responsabilités d’un officier de contrôle de la circulation aérienne (contrôleur aérien) pendant les soirées et les nuits dans la plupart des escadres de l’ARC.

Se préparant à guider dans son atterrissage ce qu’il pensait être son dernier avion de la nuit, un Dash 8 d’Air Canada Jazz, le caporal Bélair a remarqué sur son écran radar un Boeing 757 (série 200) volant à 9 754 mètres au-dessus du niveau de la mer. L’appareil effectuait une descente près de l’aéroport et transmettait le code 7700, réservé aux urgences en vol.

Le caporal Bélair a donc immédiatement communiqué avec le contrôleur terminal des règles de vol aux instruments pour lui demander s’il en savait plus au sujet du vol IcelandAir 688, l’aéronef en situation d’urgence. Malheureusement, le contrôleur terminal, qui n’avait reçu aucune communication du pilote de l’avion, ne disposait pas d’information sur la nature de l’urgence.

Quelques instants plus tard, le caporal Bélair recevait un appel du Secteur de la défense aérienne du Canada (SDAC), qui avait également remarqué l’alerte et voulait savoir si IcelandAir 688 avait l’intention d’atterrir à Bagotville. Le caporal Bélair a transmis le peu d’information qu’il avait avant de donner les instructions d’atterrissage au Dash 8 d’Air Canada Jazz, qui avait amorcé son approche en vue de se poser sur la piste 11.

À 22 h 2, au moment où l’appareil d’Air Canada atterrissait, le caporal Bélair a reçu un appel du contrôleur terminal, qui lui a expliqué qu’IcelandAir 688 était entré en contact avec lui et était en descente rapide en vue d’un atterrissage à Bagotville, mais qu'il n’avait toujours aucune information concrète sur la nature de l’urgence.

À 22 h 4, le caporal Bélair a déclenché l’alarme d’écrasement afin d’informer tous les membres du personnel d’intervention d’urgence (pompiers, police militaire et centre des opérations de l’escadre) de l’arrivée de l’aéronef et que d’autres renseignements suivraient. Les pompiers ont réagi rapidement, étant prêts à répondre à l’urgence dès 22 h 6.

Tandis qu’il donnait des instructions aux véhicules d’urgence, le caporal Bélair a reçu un autre appel du contrôleur terminal, qui souhaitait lui communiquer des renseignements sur l’urgence : l’aéronef transportait 164 personnes et 87 996 kilogrammes de carburant. Quant à la nature de l’urgence, il s’agissait d’une fenêtre fissurée (une situation potentiellement périlleuse pour un aéronef pressurisé volant à haute altitude). Le caporal Bélair a immédiatement relayé l’information au personnel d’intervention.

Cinq minutes plus tard, IcelandAir 688 contactait la tour, soit le caporal Bélair, pour l’aviser des préparatifs en vue de l’atterrissage. Ce dernier a fourni des renseignements météorologiques pertinents en plus d'informer le pilote de l'emplacement du dispositif d’arrêt (un système de câbles servant à retenir les aéronefs à l’atterrissage semblable à celui d’un porte-avions et adapté aux avions à réaction puissants, donc de l’équipement peu connu des pilotes civils). Incertain de l’emplacement du câble et n’ayant aucune expérience quant à l’utilisation de celui-ci, le pilote d’IcelandAir a demandé une explication approfondie. Le caporal Bélair lui a donc patiemment expliqué le système en détail avant d’autoriser l’atterrissage d’IcelandAir 688.

À 22 h 15, IcelandAir 688 atterrissait en toute sécurité à Bagotville et était escorté au terminal civil de Saguenay sans heurts. Une fois l’avion garé, le chef des pompiers a déclaré que la situation avait été maîtrisée, mettant fin aux fonctions et aux responsabilités du caporal Bélair relativement à l’aéronef en détresse. Cependant, son travail dans la tour allait continuer pendant plusieurs heures pour faciliter l’opération en cours.

Au cours des deux heures qui ont suivi, le caporal Bélair est devenu le centre de toutes les communications et de la coordination concernant l’appareil d’IcelandAir, en jonglant avec les demandes du SDAC, de Transports Canada, du centre des opérations de l’escadre, du terminal du Saguenay, de la police militaire, des services médicaux, des pompiers et du pilote d’IcelandAir. L’atterrissage d’urgence a exigé une surveillance policière jusqu’à l’arrivée des douanes à l’aéroport, le transport de 164 passagers vers un hôtel local et plusieurs comptes rendus auprès des organismes extérieurs.

Dans la soirée du samedi 20 octobre 2018, le caporal Martin Bélair a fait preuve d’une compétence exceptionnelle et d’un professionnalisme admirable. Il a su surmonter efficacement toutes les difficultés survenues cette nuit-là et a fait honneur aux Op C AERO, aux contrôleurs de service, au contrôle de la circulation aérienne de Bagotville et aux Forces armées canadiennes, suscitant un immense sentiment de fierté.

Excellent travail, Caporal Bélair!

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2021-03-03