Un avenir prometteur : des technologies d’instruction novatrices au service de l’ARC

Article de nouvelles / Le 25 mars 2014

Par le major Sonia Connock

L’Aviation royale canadienne (ARC) tire profit d’avancées dans le secteur des technologies de modélisation et de simulation (M et S) pour améliorer son instruction et sa disponibilité ainsi que son rendement opérationnel.

La stratégie de la Force aérienne relativement au regroupement et à l’optimisation des avantages apportés par une instruction par simulation réelle, virtuelle et constructive sera adoptée dans les prochaines semaines. La nouvelle stratégie de M et S de l’ARC coordonnera l’adoption de nouvelles technologies de l’instruction au sein de la Force aérienne, ce qui fera en sorte que les nouveaux systèmes d’entraînement de l’ARC pourront être liés les uns aux autres afin de créer un environnement virtuel d’instruction commun.

« La Force aérienne est en train de modifier la façon dont elle instruit son personnel », a souligné le lieutenant-général Yvan Blondin, commandant de l’ARC.

« Bien que les exercices d’entraînement réel soient importants et qu’ils continuent d’occuper une place importante au sein de notre système d’instruction, ils présentent certaines limites. Leurs coûts de fonctionnement et de maintenance sont élevés, les aéronefs ne sont pas toujours disponibles et certaines compétences ne peuvent être régulièrement mises en pratique en raison des limites créées par la géographie et la météo ainsi que pour des questions de sécurité. »

« L’utilisation accrue de simulations par ordinateur peut remédier à ces problèmes inhérents à l’entraînement réel », a-t-il expliqué.

« Les avancées rapides de la technologie informatique nous ont procuré la capacité de créer des mondes virtuels qui reproduisent avec réalisme les missions de vol », a-t-il ajouté.

« Les simulateurs nous permettent de réguler divers paramètres, comme la température, le terrain et les menaces, et de donner de l’instruction qui est, en réalité, plus rigoureuse et diversifiée que le vol dans un vrai aéronef. »

Grâce aux exercices de simulation par ordinateur, les opérations tactiques, comme les décollages et les atterrissages, peuvent faire l’objet d’une instruction répétée et condensée sur une plus courte période. L’environnement virtuel permet de simuler des combats contre des aéronefs ennemis autrement difficiles à simuler dans un environnement réel.

Plusieurs communautés de la Force aérienne, comme les communautés de l’hélicoptère maritime (CH-124 Sea King) et des patrouilleurs à long rayon d’action (CP-140 Aurora), profitent depuis longtemps des avantages de simulateurs permettant à l’équipage complet de se pratiquer en contexte de missions opérationnelles. La capacité d’enregistrement propre à l’instruction dans un environnement virtuel permet de déterminer avec davantage de certitude ce qui s’est ou ne s’est pas passé lors d’une mission d’instruction.

À mesure que la complexité et les capacités des systèmes de bord augmentent, les environnements simulés, ainsi que les environnements combinant les simulations et l’entraînement réel (c.-à-d. lorsque des pilotes dans un véritable aéronef s’exercent avec d’autres membres du personnel qui, eux, utilisent des simulateurs depuis les installations d’escadres ou de bases de partout au Canada), gagnent en popularité comme méthode d’instruction au sein de l’ARC.

Grâce aux simulateurs, l’ARC sera mieux en mesure de créer les multiples stimuli requis pour manœuvrer ces systèmes complexes. Il sera aussi possible de donner de l’instruction qui ne se prête autrement pas au temps de paix. L’instruction en matière de guerre électronique, par exemple, est plus efficace lorsqu’elle est donnée à l’aide de simulateurs en raison de certains facteurs relatifs à la sûreté, à la sécurité et à l’environnement.

« À mesure que la technologie de la simulation prend de l’expansion et s’améliore, son utilisation au sein de l’ARC augmente », a déclaré le colonel Colin Keiver, directeur de la simulation de l’instruction en vol au quartier général de l’ARC, à Ottawa.

« L’ARC possède déjà des flottes dont plus de 90 p. cent des critères d’instruction sont remplis par l’intermédiaire de la simulation. Nos plus récentes flottes, comme celles des CC-130J Hercules et des CH-147F Chinook, sont désormais dotées d’appareils et d’installations d’instruction de classe mondiale pour l’équipage et les responsables de la maintenance des aéronefs. En effet, la technologie est si avancée qu’elle permet désormais aux responsables de la maintenance d’obtenir les qualifications liées à ces plateformes sans même toucher à un véritable aéronef. »

Ces installations d’instruction de classe mondiale sont maintenant la norme au sein de l’ARC. La Force aérienne prévoit d’ailleurs d’aller encore plus loin dans le futur. Elle mettra sur pied une architecture technique commune dans laquelle sera bâti un monde d’instruction virtuel intégré et interopérable permettant aux membres de différentes communautés de la Force aérienne de partout au Canada de s’entraîner ensemble dans un espace de bataille virtuel.

Les équipages en entraînement réel seront aussi connectés à ce monde virtuel, ce qui élargira grandement le type d’instruction offerte par la Force aérienne.

Alors qu’elle s’affaire à mettre sur pied son espace de bataille d’entraînement virtuel et intégré, l’ARC étudie les possibilités d’instruction virtuelle conjointe avec l’Armée canadienne et la Marine royale canadienne. L’instruction des contrôleurs aériens avancés, par exemple, se déroulera, dans un avenir rapproché, en connectant les contrôleurs et les pilotes du CF-18 Hornet dans un espace de bataille virtuel à l’aide de simulateurs installés dans différentes escadres et bases.

Dans le futur, on s’attend à ce que les équipages de l’hélicoptère maritime CH-148 Cyclone reçoivent leur instruction et s’exercent avec leurs homologues de la Marine à l’aide de simulateurs avant d’entreprendre de véritables opérations.

Le personnel de la toute nouvelle direction de la simulation et de l’instruction aériennes travaille auprès de chaque communauté de la Force aérienne afin de déterminer de quelle façon l’instruction par simulation réelle, virtuelle et constructive devrait être intégrée de manière à optimiser les avantages de l’instruction pour chacune de ces communautés.

« Nous élaborerons un plan distinct pour chacune de nos communautés », a précisé le colonel Keiver. « Nous optimiserons l’instruction par simulation pour satisfaire chacune des communautés afin que l’excellence opérationnelle de l’ARC perdure et que notre Force aérienne soit aussi agile, réactive et efficace que possible. »

« En 2025, notre système d’instruction sera entièrement intégré et optimisé. Il combinera adéquatement l’instruction réelle, virtuelle et constructive au bon moment et au bon endroit, et ce, afin que nos opérations soient aussi efficaces et efficientes que possible. »

En plus d’améliorer l’efficacité de l’instruction au sein de l’ARC, la présence grandissante de la technologie de M et S renforcera aussi la souplesse opérationnelle de la Force aérienne.

« Puisque chaque communauté emploie de plus en plus la simulation dans l’instruction, les heures de vol consacrées auparavant à l’entraînement seront soit réduites soit utilisées pour des missions opérationnelles, ce qui se traduira pour le Canada par un accroissement de la disponibilité opérationnelle, de la souplesse et de l’agilité de sa Force aérienne », a expliqué le lieutenant-général Blondin.

« Celle-ci deviendra plus apte à combler les besoins du Canada en matière de défense puisqu’elle disposera, au besoin, d’un plus grand nombre d’aéronefs pour effectuer des opérations de vol. »

Dans le contexte économique actuel de compressions budgétaires, les progrès technologiques offrent à l’ARC autant de moyens moins coûteux d’enseigner et de préserver les compétences de son personnel navigant. Puisqu’un nombre accru d’heures sera consacré pour l’entraînement sur simulateur (et que les heures d’entraînement en vol seront réduites), l’usure normale des aéronefs sera ralentie, permettant à l’ARC de prévoir une durée de vie utile prolongée de ses aéronefs et d’abaisser les coûts annuels globaux pour chacun d’eux.

La disponibilité des aéronefs pour des opérations s’accroîtra et le besoin de louer à grands frais des aéronefs commerciaux (pour du transport aérien stratégique, par exemple) sera moindre, voire éliminé.

On dépensera moins d’argent en carburant aviation et, comme les aéronefs seront surtout utilisés en appui aux opérations (plutôt que pour les opérations et l’entraînement), l’empreinte carbone de l’ARC sera réduite et la Force aérienne deviendra une meilleure gardienne de l’environnement.

« Nous avons analysé le tout », a poursuivi le lieutenant-général Blondin. « Si nous continuons de donner le même niveau d’instruction à l’aide d’un aéronef sans avoir recours à la simulation, à long terme, les coûts seront considérablement plus élevés que si nous procédons à un investissement initial dans la simulation, puis en optimisons l’utilisation. »

« L’instruction qui combine le pilotage réel et en simulateur sera plus efficace, plus sûre, moins chère et plus bénéfique pour l’environnement. Tout le monde y gagne. »

Visionnez une courte vidéo sur l’utilisation de la modélisation et de la simulation au sein de l’ARC et sur son potentiel dans l’avenir.

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