Le Sea King no 405 arrive à sa nouvelle demeure à Trenton
Article de nouvelles / Le 30 novembre 2018
Par Makala Chapman et la capitaine Lynne Patterson
L’un des plus vieux hélicoptères Sea King de l’Aviation royale canadienne (ARC) a atterri à Trenton, en Ontario, sa nouvelle demeure.
Le 20 novembre 2018, le tout premier hélicoptère Sea King fabriqué au Canada (numéro d’aéronef CH12405) a émergé de l’horizon gris à la 8e Escadre Trenton. L’appareil sera sous peu exposé au Musée national de la Force aérienne du Canada, où il poursuivra son service en commémorant la richesse de l’histoire de l’aviation canadienne.
Le Sea King a quitté la base du 423e Escadron d’hélicoptères maritimes, à Patricia Bay, en Colombie-Britannique, le 14 novembre. Son équipage se composait du major Chris Inchley (pilote et commandant d’aéronef), du capitaine Cory Proulx (copilote), du capitaine Brian Norwick (officier de systèmes de combat aérien), de l’adjudant-maître Bruce Hollington (opérateur de détecteurs électroniques aéroportés), du caporal-chef Mac Neilson (technicien de niveau C), du caporal John Dorenberg (technicien en systèmes aéronautiques) et du caporal Matthew Coling (technicien en systèmes avioniques). Durant le vol, l’hélicoptère et son équipage ont effectué plusieurs arrêts, entre autres à Penticton, en Colombie-Britannique, à Medicine Hat, en Alberta (où une tempête de neige les a retardés), à Winnipeg, au Manitoba, et à Green Bay, dans l’État du Wisconsin.
Les six membres d’équipage participant à ce voyage totalisaient 52 années d’expérience à bord de l’appareil, un nombre presque équivalent aux 55 années de service du Sea King.
« Lorsque nous pensons à tous les gens qui ont travaillé à bord de cet appareil, qui ont été touchés par la passion qu’il inspire, nous nous sentons extrêmement privilégiés de pouvoir faire partie de son dernier équipage », a déclaré l’adjudant-maître Hollington.
« Le voyage s’est amorcé comme n’importe quel autre vol, dit le capitaine Norwick. Nous avons établi le plan de mission, vérifié l’équipement, préparé l’hélicoptère et décollé de Victoria.
« Toutefois, plus nous progressions dans notre trajet, plus nous nous rendions compte de l’importance de ce que nous faisions. En traversant ce magnifique pays et en écoutant les récits de ceux que nous avons rencontrés sur notre route, nous avons constaté que l’histoire du Sea King a une grande portée. La nature des missions qu’il a accomplies lui confère une signification particulière pour les anciens militaires de la Force aérienne et de la Marine. Cinq décennies et demie, ça veut dire beaucoup de monde! Nous avons rencontré des gens partout au pays dans différents hôtels, restaurants et aéroports qui avaient tous une histoire personnelle à raconter au sujet du Sea King.
« Le contrôleur aérien de Toronto centre souhaitait souligner la réalisation. Sachant que nous retirions l’hélicoptère du service et que celui-ci avait connu une carrière brillante, il nous a proposé de faire le tour de la Tour CN afin de souligner l’événement, un genre de tour d’honneur, si vous voulez, ce que l’équipage a accepté avec plaisir. »
« L’arrivée du 405 au Musée national de la Force aérienne du Canada est un événement historique, affirme Kevin Windsor, conservateur du musée. Il s’agit du premier Sea King fabriqué au pays. C’est un hélicoptère emblématique pour le Canada. »
Les quatre premiers hélicoptères Sea King dont s’est servi le Canada ont été fabriqués par Sikorsky Aircraft, dans l’usine de l’entreprise située dans le Connecticut, mais le CH12405 a été le premier à être fabriqué à Montréal. Parmi les 41 appareils, 37 ont été assemblés au Canada.
M. Windsor s’est dit enchanté d’accueillir dans son musée un nouveau représentant de l’aviation maritime. « Bon nombre des membres du personnel chargé de la restauration des aéronefs au musée sont d’anciens techniciens d’entretien des Sea King. Ils pourront donc continuer à travailler sur cet appareil. Ils en sont très enthousiastes. »
« J’ai travaillé sur cet appareil de manière sporadique au cours des douze dernières années, dit le caporal-chef Neilson. Je suis très fier d’avoir participé au dernier vol, parce que j’ai sué sang et eau à travailler sur cet hélicoptère, et que j’y ai consacré beaucoup de temps. »
Cet ultime voyage a également constitué une étape importante dans la carrière du major Inchley.
« Ce voyage m’a permis de franchir le cap des 3 000 heures à bord du Sea King, affirme l’officier. Ça correspond à 14 années de vol. Nous venons tout juste de procéder à l’ultime arrêt des systèmes et, dans douze heures, cet appareil deviendra une exposition dans un musée. C’est un événement plutôt majeur. »
« Ce que nous faisons à l’aide de cet appareil est fascinant, ajoute le major Inchley. Nous pouvons le placer à l’arrière d’un petit navire, ou nous pouvons sélectionner onze techniciens et huit membres d’équipage et le faire voler tout autour du monde dans toutes les conditions maritimes les plus folles, de jour comme de nuit. C'est un appareil tout simplement formidable. Il l’a toujours été et le restera à jamais. »
« Les Canadiens adorent le Sea King. Partout où nous allons, les gens viennent l’admirer. Ils demandent s’ils peuvent y entrer, certains d’entre eux tournent même des vidéos des pales qui se replient. Ce n’est pas quelque chose qu’on voit tous les jours. Ils en ont entendu parler aux nouvelles, alors ils sont réellement curieux, affirme le major Inchley. Ils sont généralement surpris de sa taille imposante, et les passionnés d’aviation veulent connaître sa consommation en carburant, son poids, etc. »
Les derniers vols du Sea King sur la côte est ont eu lieu à Halifax-Dartmouth, au mois de janvier 2018. En août, le Musée de l’aviation de Shearwater a accueilli les appareils numéro 401 (très exactement 55 ans, au jour près, après son acceptation par la Marine royale canadienne) et 431. L’appareil no 441 est exposé à l’extérieur du musée, dans le parc de l’aviation de Shearwater. En traversant le pays, l’appareil no 405 devient le quatrième aéronef à atteindre sa destination finale juste avant les événements qui souligneront le retrait du service du Sea King, les 30 novembre et 1er décembre, aux installations du 443e Escadron.