« Pais mes brebis » : l’histoire d’un portrait Commémorer le sacrifice des aumôniers canadiens en Normandie

Le 8 juin 2020 – Nouvelles de la Défense

Auteur : Maj (Padré) Tom Hamilton, Ph.D., historien, Service de l’aumônerie royale canadienne

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Aucune reproduction ou partage de cette photo n'est autorisé. Le tableau réalisé par Roger Chabot, rassemble les aumôniers George Alexander Harris, Walter Leslie Brown et William Alfred Seaman, qui ont perdu la vie lors de la campagne de Normandie.

Le 6 juin 2020, afin de conclure les commémorations du 75e anniversaire du jour J et du débarquement de Normandie, le Service de l’aumônerie royale canadienne a dévoilé un tableau en l'honneur de trois aumôniers qui ont perdu la vie alors qu'ils servaient le Canada pendant la campagne de Normandie. L'artiste, Roger Chabot, un ancien membre des Forces armées canadiennes, a été profondément inspiré par les histoires uniques des Padrés George Alexander Harris, Walter Leslie Brown et William Alfred Seaman.

Padré George Alexander Harris

La bataille est sur le point de commencer, et ils sentent les battements de leur cœur s’affoler. Alors que l’avion Dakota à bord duquel ils sont entassés plonge vers le sol de la Normandie, l’obscurité de la nuit est transpercée par les phares de recherche et les feux antiaériens ennemis. Nous sommes le 6 juin 1944, et les Canadiens du 1er Bataillon de parachutistes du Canada s’apprêtent à mener la première série d’attaques du jour J. À l’approche de la zone de sauts, les voix humaines se taisent, occultées par le rugissement des moteurs de l’appareil, le bruit des canons ennemis, et le fracas émis par les parachutistes bousculés et projetés les uns contre les autres. Malgré la promiscuité, chacun est seul avec ses pensées. Puis, le voyant lumineux au-dessus de la porte passe au vert, l’officier hurle ses ordres, et les parachutistes se lancent dans la noirceur opaque de la nuit. Dans l’obscurité, deux parachutes s’entremêlèrent. L’un des parachutistes, pris de panique, frappe du pied un corps métallique. C’est à ce moment qu’il entend une voix forte et apaisante qui lui dit : « allez-y doucement, mon vieux, quoi que vous fassiez, allez-y doucement ». C’est celle du Padré George Harris. Tout au long de leur interminable chute vers le sol, l’aumônier continue de prononcer des paroles de réconfort et d’espoir. Des heures plus tard, le parachutiste reprend ses esprits et se rend compte qu’il suspendu par son parachute. Il appelle le padré, dont il peut apercevoir le parachute tout près. Pas de réponse. Le padré est mort. Il a perdu la vie, mais ses paroles ont sauvé le parachutiste.

Padré Walter Leslie Brown

Plusieurs heures plus tard, les soldats canadiens passent à l’attaque à Juno Beach. Parmi les unités de soutien envoyées sur le terrain, il y a le 27e Régiment blindé (Le Régiment des Fusiliers de Sherbrooke). Les soldats sont accompagnés de leur aumônier, Walter Brown, qui tient fermement son équipement le plus précieux : une petite valise brune contenant son ensemble de communion. Le 7 juin, le Padré Brown travaille aux côtés du médecin militaire au poste de secours régimentaire et célèbre les premières funérailles au cimetière de Bény-sur-Mer. Ce soir-là, alors que le Padré Brown se fait conduire jusqu’à ses soldats en zone avancée, le véhicule à bord duquel il prend place se retrouve sous les feux d’une patrouille ennemie. Le Padré Brown est fait prisonnier, mais il insiste pour prendre sa valise avec lui. Pendant plus d’un mois, il est déclaré « disparu au combat ». Puis, le 12 juillet, on retrouve le corps du Padré Brown, percé par les baïonnettes ennemies. Le Padré Brown est conduit à son dernier repos, au cimetière de Bény-sur-Mer, là où il a lui-même célébré les premières funérailles quelques semaines auparavant. On pense qu’il a donné la communion à d’innombrables soldats canadiens faits prisonniers de guerre durant sa détention. Au fil des ans, la valise du Padré Brown est égarée. Puis, en 1988, un étudiant nommé Chris McCreery retrouve la valise du Padré Brown dans un magasin d’articles d’occasion de Windsor, en Ontario. Il achète la valise et en fait don au Séminaire Padre Brown du Collège universitaire Huron. Chaque année, à l’occasion du jour du Souvenir, l’ensemble de communion de la petite valise du Padré Brown est utilisé pour célébrer l’eucharistie.

Padré William Alfred Seaman

Dès le jour J, les aumôniers canadiens sont fréquemment exposés au danger. En juillet 1944, durant la bataille de Caen, le Padré Alfred Seaman, attaché au 5e Régiment de campagne (Artillerie royale du Canada), sert aux côtés du médecin militaire au poste de secours régimentaire. Sous les feux nourris du combat qui fait rage, il retrouve les soldats blessés et les transporte jusqu’au poste de secours. Le 14 juillet, pendant une mission de secours, le Padré Seaman est frappé par un éclat d’obus tiré par l’ennemi. Il meurt des suites de ses blessures le 21 juillet, le jour de son 10e anniversaire de mariage. À l’autre bout du monde, au Canada, l’épouse et les deux jeunes enfants du Padré Seaman pleurent la mort d’un mari et d’un père qui ne reviendra jamais auprès d’eux.

 

Pour en apprendre davantage sur le tableau vous pouvez lire Le Service de l’aumônerie royale canadienne conclut la commémoration du 75e anniversaire du jour J.

Visionnez la cérémonie du dévoilement du tableau (lien externe, inaccessible sur le réseau de la Défense, traduction partielle en français) au cimetière Beechwood. 

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