Wong Foon Sien (env. 1901–1971)
Document d'information
Pendant près d’un demi-siècle, Wong Foon Sien a défendu les droits civils et de la personne des Sino-Canadiens. Il a été une figure dominante de la lutte pour l’assouplissement des restrictions en matière d’immigration à l’égard des Chinois, et ce, au cours des dix années qui ont suivi l’abrogation, en 1947, de la Loi sur l’immigration chinoise. Par conséquent, il a contribué à réunir des centaines de familles chinoises au Canada. Il milite avec ferveur pour la reconnaissance des droits de la communauté sino-canadienne et d’autres minorités et, du coup, il participe activement à un certain nombre d’organisations des droits civils et de la personne, contribuant ainsi à l’essor d’une société plus tolérante. En tant que journaliste, syndicaliste et leader communautaire agissant comme conciliateur au sein de la communauté sino-canadienne de Vancouver, il contribue à la mise sur pied et à la continuité d’organismes communautaires solides ainsi qu’au bien-être des membres de la communauté chinoise de Vancouver.
Wong Foon Sien voit le jour en Chine et, enfant, émigre avec sa famille à Cumberland, en Colombie-Britannique, où son père devient un commerçant prospère. Il étudie le droit, mais travaille comme interprète et traducteur juridique, puisque les Canadiens d’origine chinoise ne peuvent être inscrits sur la liste électorale s’ils exercent une profession libérale. Plus tard, il poursuit une carrière d’intermédiaire culturel professionnel entre la communauté chinoise et d’autres sous-groupes; il représente ainsi le style de leadership ethnique qui apparaît pendant l’entre-deux-guerres. Bien que certains de ses détracteurs remettent en cause son autorité de parler au nom de l’ensemble de la communauté sino-canadienne, Wong Foon Sien, grâce à ses exceptionnelles habiletés en matière de relations publiques et de réseautage, devient un leader au sein d’organisations sino-canadiennes et un représentant de la communauté chinoise auprès d’institutions canadiennes.
Le legs le plus important de Wong Foon Sien est sans doute sa présidence de la Chinese Benevolent Association (CBA) de Vancouver. De 1948 à 1959, il entreprend une campagne nationale afin d’exercer des pressions sur le gouvernement fédéral pour que celui-ci libéralise la politique d’immigration. Malgré l’abrogation de la Loi sur l’immigration chinoise de 1923 (aussi appelée la loi d’exclusion des Chinois), il est difficile de réunir les familles en raison de certaines restrictions toujours en place. La campagne professionnelle largement publicisée de Wong Foon Sien contribue à l’obtention de certaines concessions, notamment l’adoption d’un plan efficace favorisant l’immigration d’épouses.
Il participe à un certain nombre de luttes importantes pour la communauté chinoise, comme l’obtention du droit de vote aux élections provinciales et municipales. Il assume le rôle de dirigeant syndical et est un membre actif de plusieurs organisations qui s’efforcent d’améliorer le bien-être des membres de la communauté chinoise, de faire reconnaître leurs droits civils et de la personne, d’améliorer leurs conditions de travail, d’harmoniser les relations interraciales et de promouvoir le patriotisme chinois et canadien. En tant que journaliste, il fait partie de l’équipe de rédaction du quotidien New Republic Chinese Daily, à Victoria, et contribue à d’autres publications.
Surnommé le « Maire non officiel du quartier chinois » et le « Champion des droits des Chinois », Wong Foon Sien a réussi à s’attirer le respect de la société en général en tant que leader et représentant de la communauté chinoise.