Les équipes à terre de Terre-Neuve-et-Labrador
Document d'information
Au XIXe siècle et pour une bonne partie du XXe siècle, les femmes étaient essentielles au succès économique des collectivités et des postes de pêche des régions rurales de Terre-Neuve et du Labrador. Membres des équipes à terre, ces femmes jouaient un rôle critique, en particulier dans le processus de séchage, dont elles étaient souvent responsables en tant que chefs d’équipe ou superviseures. Parallèlement, ces femmes accomplissaient également de nombreuses tâches ménagères, élevaient les enfants et s’occupaient du potager, essentiel à la subsistance. Sans leur travail, l’économie de la pêche domestique aurait été incapable de survivre ou de produire avec une telle abondance le poisson séché terre-neuvien destiné au commerce international.
Au début du XIXe siècle, les unités de pêche familiales pêchaient le long des côtes de Terre-Neuve et du Labrador. La pêche côtière était pratiquée près de la rive à l’aide de petits bateaux. Les familles récoltaient le poisson (le rôle de l’équipe de pêche) et l’apprêtaient (le rôle de l’équipe à terre). Les marchands fournissaient aux pêcheurs des casiers et de l'équipement en échange de poisson comme paiement à la fin de la saison. Les hommes et les femmes étaient rarement rémunérés pour leur travail ou leurs produits, ou ne touchaient qu’un maigre salaire de subsistance. Au Labrador, certaines familles se sont établies comme des équipages de pêche indépendants le long de la côte, tandis que, en même temps, des équipages de la côte est de Terre-Neuve pêchaient dans de petites stations de pêche le long de la côte du Labrador.
L’équipe à terre, qui transformait la morue, était formée d’hommes et de femmes. Le processus se faisait en trois étapes : le nettoyage et la découpe, la saumure et le lavage puis le séchage. Les femmes participaient aux trois étapes, mais plus particulièrement au processus de séchage supervisé par le chef d’équipe qui était généralement une femme. C’est elle qui devait juger du bon moment pour faire passer le poisson d’une étape à l’autre dans le processus de séchage, et donc de prendre des décisions critiques pour l’obtention d’un produit de qualité.
Les femmes effectuaient également les tâches qui permettaient à la fois aux hommes de pêcher et à la pêche domestique de survivre à plus grande échelle. Elles cuisinaient, servaient les repas et s’occupaient des enfants. Elles cultivaient et récoltaient les légumes des jardins de subsistance et prenaient soin des animaux d’élevage. Elles tondaient les moutons, filaient la laine et confectionnaient les habits. Elles participaient à la cueillette de baies sauvages et en faisaient des conserves qu’elles vendaient parfois pour gagner un peu d’argent. Elles jouaient donc un rôle vital qui assurait la survie quotidienne et à long terme de leurs communautés.