Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster

Document d'information

Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster constitue l’entrée est du passage du Nord-Ouest, le couloir légendaire permettant de traverser l’archipel arctique du Canada. Il s’agit d’un important territoire de chasse et d’une région dans laquelle le dynamisme culturel et le bien-être des Inuits sont étroitement liés à la terre et à la mer. Riche d’une vie marine très diversifiée, ce secteur abrite de nombreuses espèces essentielles au maintien du mode de vie des Inuits.

La région de Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster s’avère très importante sur le plan écologique pour les mammifères marins qui y vivent, parmi lesquels figurent des phoques, des narvals, des bélugas et des baleines boréales, ainsi que des morses et des ours polaires. Y nichent également certaines des plus grandes colonies de reproduction d’oiseaux de mer en Arctique, formant une population totale de plusieurs centaines de milliers d’individus. 

Plusieurs fjords longent les côtes de Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster et les voies navigables adjacentes, tandis que des glaciers de marée atteignent l’océan le long de la côte nord-est. Du fait de l’océanographie dynamique de la région, certaines zones de Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster demeurent relativement dépourvues de glace tout au long de l’année, fournissant ainsi un habitat essentiel à de grandes concentrations d’oiseaux et de mammifères et une aire d’alimentation essentielle lorsque l’accès aux eaux gelées à l’ouest est impossible. 

L’occupation humaine et l’utilisation de la région de Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster remontent à plusieurs milliers d’années, jusqu’aux cultures Dorset et Thulé qui ont précédé les Inuits qui peuplent à présent cette région. L’exploration par les Européens en vue de découvrir le passage du Nord-Ouest a donné lieu à plusieurs expéditions dans la région, notamment la légendaire expédition de Franklin. Le long des côtes de la région, plusieurs endroits comportent encore des vestiges de postes de traite et de chasse à la baleine. 

Alors que les changements climatiques se poursuivent et que la perspective d’un trafic maritime ininterrompu tout au long de l’année dans le passage du Nord-Ouest devient de plus en plus probable, il importe de prendre des mesures pour protéger cette région importante et diversifiée de l’Arctique canadien en tant qu’aire marine nationale de conservation.

 

Historique des limites de l’aire marine nationale de conservation de Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster

L’idée de protéger les valeurs internationales, nationales et régionales de Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster est un thème récurrent depuis la fin des années 1970. C’est en 2009 que le travail a véritablement commencé, lorsqu’une entente fédérale-territoriale-inuite a donné le coup d’envoi à une étude conjointe visant à déterminer s’il serait souhaitable et possible de créer une aire marine nationale de conservation dans Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster. Ce travail a été effectué sous la houlette d’un comité directeur rassemblant Parcs Canada, le gouvernement du Nunavut et la Qikiqtani Inuit Association.

Il s’ensuivit plusieurs années d’études et de consultations. Les responsables ont recueilli des renseignements sur les valeurs écologiques, les possibilités de développement touristique, les pêches, le transport maritime et les ressources potentielles en hydrocarbures. Combiné aux connaissances scientifiques, le recours à l’Inuit Qaujimajatuqangit (le savoir traditionnel inuit) a permis d’acquérir une meilleure compréhension de l’utilisation et de la valeur de la région. Des consultations ont été menées au sein des cinq communautés adjacentes à l’aire marine nationale de conservation proposée et l’avis des intervenants régionaux et nationaux, y compris l’industrie et les organismes non gouvernementaux, a été sollicité.

Les gouvernements du Canada et du Nunavut et la Qikiqtani Inuit Association ont décidé des limites de l’aire marine nationale de conservation proposée dans Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster en se basant sur les résultats des consultations et des études ainsi que sur le travail et les recommandations du comité directeur.

 

Aires marines nationales de conservation 

Les aires marines nationales de conservation sont des aires marines protégées gérées dans une optique de durabilité écologique, et qui sont créées en vertu de la Loi sur les aires marines nationales de conservation du Canada. Elles comprennent le fond marin, l’eau au-dessus, et peuvent également inclure les terres humides, les estuaires, les îles et les autres terres côtières. 

Les aires marines nationales de conservation sont axées sur la durabilité écologique, c’est-à-dire l’harmonisation des pratiques de conservation avec les activités humaines telles que la pêche, le transport maritime et les loisirs. Le déversement des déchets, l’exploitation minière, la prospection et l’exploitation pétrolières et gazières sont formellement interdits dans l’ensemble de ces régions particulières. 

Cette approche exige une étroite collaboration avec les autres utilisateurs des terres, des eaux et des ressources biologiques afin d’atteindre des objectifs communs, et plus important encore, un écosystème durable et vigoureux. 



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