Leon Joseph Koerner (1892-1972)
Document d'information
Après avoir fui l’occupation nazie, l’immigrant tchèque juif Joseph Leon Koerner devient une figure de proue de l’industrie forestière de la Colombie-Britannique dans les années 1940 et 1950. Il conçoit un moyen innovateur de mettre en valeur la pruche occidentale, un bois abondant, mais méconnu, et promeut diverses pratiques de conservation, dont la coupe sélective et la reforestation, ainsi que la mise en œuvre d’une politique de rendement durable. Koerner améliore considérablement les conditions de travail des ouvriers forestiers en instaurant des normes de sécurité et de propreté en milieu de travail, des avantages sociaux et des salaires équitables et en aménageant des camps de bûcherons et des villes de compagnie qui deviennent des modèles au sein de l’industrie. Koerner et sa femme Thea rendront une bonne part de leur fortune au Canada en créant la Leon and Thea Koerner Foundation, qui appuiera les arts, l’éducation et les programmes sociaux en Colombie-Britannique.
Né le 12 mai 1892 à Nový Hrozenkov, petite ville de Moravie dans la partie est de l’actuelle République tchèque, Leon Joseph Koerner est le deuxième des dix enfants d’une éminente famille austro-hongroise d’ascendance slave et juive de l’industrie forestière. En 1920, il prend les rênes de la compagnie forestière internationale de sa famille, puis devient un expert reconnu de l’industrie européenne du bois d’œuvre. Cependant, en septembre 1938, les ambitions territoriales et les politiques antisémites du Reich allemand forcent Koerner et sa famille à abandonner leur domicile, leurs possessions et leur entreprise familiale prospère pour trouver refuge ailleurs en Europe.
Koerner s’établit à Londres, au Royaume-Uni. L’année suivante, sa femme Thea et lui partent en Amérique du Nord pour de longues vacances, qui sont toutefois écourtées lorsque, à leur arrivée à Vancouver, Thea contracte un grave cas d’oreillons. En attendant son rétablissement, Koerner fait des recherches sur la forêt côtière et l’industrie du bois d’œuvre de la Colombie-Britannique et y constate un potentiel non exploité. Presque sur-le-champ, il verse un premier paiement pour l’achat d’une scierie désaffectée à New Westminster et entreprend d’y embaucher des travailleurs de la région. En juillet 1939, la scierie est rénovée et reprend ses activités, marquant ainsi les débuts de la modeste Alaska Pine Company, qui se développera peu à peu pour devenir l’un des plus grands fabricants de produits en bois de Colombie-Britannique dans les années 1940 et 1950. Pendant près de 15 ans, Koerner joue un rôle de premier plan dans l’industrie forestière de la Colombie-Britannique. Fidèle aux idées progressistes qu’il a acquises en Europe en matière de relations de travail, il accorde à ses employés d’importants avantages sociaux, dont une assurance vie, une assurance maladie et une assurance accident. Il crée une unité de négociation qui poursuivra ses activités jusqu’à ce que les travailleurs soient agrégés par l’International Woodworkers of America en 1943.
Leon et Thea Koerner acquièrent une renommée à titre de généreux philanthropes, voués à l’amélioration des possibilités d’éducation postsecondaire, au rayonnement des arts et de la culture et au développement du bien-être social. En 1955, ils créent la Leon and Thea Koerner Foundation à cet effet et font de nombreux dons à l’Université de la Colombie-Britannique et à l’Université Simon Fraser. Ils contribuent généreusement à la construction du Leon and Thea Koerner University Centre, et après la mort de Thea en juillet 1959, Koerner finance la construction d'un centre universitaire pour les étudiants diplômés de l'UBC, le nommant Thea Koerner House en sa mémoire.