La création de stations de radio multiculturelles et plurilingues au Canada

Document d'information

Dans les années 1960, après les demandes de propriétaires de stations de radio plurilingues, le gouvernement du Canada augmente la quantité de contenu dans une langue autre que le français et l’anglais permise sur les ondes. Ceci marque un important changement vers une programmation multiculturelle. En 1962, le Canadien d’origine polonaise Casimir Stancyzkowski reçoit la première licence pour CFMB à Montréal. En 1966, le Canadien d’origine italienne Johnny Lombardi fonde CHIN Radio à Toronto. La création de ces nouvelles stations témoigne de la viabilité d’une programmation plurilingue diffusée par des stations dédiées exclusivement à cette fin. La radiodiffusion plurilingue et multiculturelle aide les nouveaux arrivants à s’adapter à la vie au Canada, tout en leur offrant une voix dans l’espace public et en contribuant à leur expression culturelle.

Des émissions de langue autre que le français et l’anglais sont diffusées par différentes stations de partout au pays bien avant les années 1960. Dès 1928, les groupes linguistiques minoritaires du Canada – aussi petits que la communauté maltaise de Windsor et aussi grands que la communauté ukrainienne de Winnipeg – ont du temps d’antenne dans leur langue offert par des radiodiffuseurs privés et publics (dès 1932). Ces émissions sont habituellement diffusées en dehors des heures de grande écoute la fin de semaine, essentiellement sur des stations privées, et payées par les groupes ethnoculturels impliqués. Cependant, les règles de l’industrie imposent aux stations un maximum de 15 % de programmation dans une langue autre que le français et l’anglais, et aucune disposition politique ne permet de dépasser cette limite. En 1958, Michael Mutzak, entrepreneur canadien d’origine ukrainienne, est le premier à demander à l’organisme de réglementation de l’industrie une licence d’exploitation pour une station de radio dans une langue autre que le français et l’anglais. Le Canadien d’origine polonaise Casimir Stancyzkowski fait de même quelques mois plus tard. Bien que ces deux demandes soient rejetées, elles poussent néanmoins le Bureau des gouverneurs de la radiodiffusion à élaborer une politique sur la radiodiffusion dans une langue autre que le français et l’anglais.

Dans les années 1960, le gouvernement permet aux radiodiffuseurs, sous réserve des résultats d’une audience publique, de consacrer jusqu’à 40 % de leur grille hebdomadaire à des émissions dans une troisième langue. Les demandeurs doivent démontrer que leur station peut compter sur 150 000 à 200 000 auditeurs potentiels pour être viable. Après que Casimir Stancyzkowski ait obtenu la première licence pour CFMB, Johnny Lombardi fonde CHIN Radio à Toronto avec une licence régulière, et obtient une licence élargie pour diffusion dans une troisième langue en 1970. Rejoignant plus de trente groupes ethnoculturels à Toronto, cette station est la première à s’adresser uniquement aux nombreuses communautés ethnoculturelles de la ville et des environs, dont la plupart des membres sont venus au Canada depuis la Seconde Guerre mondiale. CFMB et CHIN sont les seuls radiodiffuseurs plurilingues pendant la première décennie suivant l’adoption de la nouvelle réglementation, et elles fournissent aux immigrants de précieux renseignements sur la vie au Canada, tout en célébrant la diversité culturelle. Plus tard, d’autres stations obtiennent une licence de radiodiffusion plurilingue, notamment CJVB à Vancouver (1972), CKJS à Winnipeg (1975), CKER à Edmonton (1980), CHKF à Calgary (1998) et CJLL à Ottawa (2003).

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2018-06-20