Transbordement du grain à la Tête-des-Grands-Lacs
Document d'information
Entre 1883 et 1920, les villages voisins de Port Arthur et de Fort William, en Ontario – qui deviendront plus tard la ville de Thunder Bay, mais qui forment alors un secteur connu sous le nom de tête des Grands Lacs – manipulent pratiquement tout le grain en provenance de l’Ouest. Au début du XXe siècle, la région de Fort William et de Port Arthur est l’un des grands centres nord-américains d’entreposage, de traitement et d’expédition du grain des Prairies pour l’exportation. Grâce à ses ports à la Tête-des-Grands-Lacs, le Canada devient alors un chef de file dans le commerce international du grain. La croissance fulgurante de l’industrie y reflète la forte expansion de l’agriculture dans les Prairies pendant les premières décennies du siècle et symbolise l’importance des cultures céréalières pour le développement du Canada.
En 1883, la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique entre Winnipeg et Fort William, à la tête du lac Supérieur, est complétée. Cet achèvement crée un axe national pratique pour l’exportation des céréales des Prairies vers des endroits situés plus à l’est par les Grands Lacs. Le premier silo terminal est construit par le Canadien Pacifique à Port Arthur, juste à temps pour la récolte de 1884. Les « silos terminaux » sont d’immenses silos qui stockent, manutentionnent, et expédient le grain à l’est. L’année suivante, un second silo, d’une capacité d’un million de boisseaux, voit le jour à Fort William. Dans les 25 années qui suivent, d’autres silos terminaux sont construits, d’abord par le Canadien Pacifique, puis par le Chemin de fer Canadien du Nord et par le Grand Trunk Pacific Railway, lorsque leurs voies ferrées atteignent la tête des Grands Lacs, ainsi que par des exploitants de silos canadiens et américains.
La montée en flèche des prix du blé après 1915 et la présence de trois chemins de fer qui apportent du grain à la tête des Grands Lacs accroissent de façon exponentielle le besoin de nouvelles installations de manutention du grain. Dans les années 1910 et 1920, des entreprises de l’industrie et des coopératives exploitées par les producteurs céréaliers construisent un grand nombre de silos à la tête des Grands Lacs. L’ancien silo no 10 de Fort William est construit en 1913. En 1915, il y en a 25, et, en 1921, il y en a près de 30. En 1929, la région compte suffisamment de silos pour stocker près de 88,5 millions de boisseaux de grain. À ce moment, le plus grand silo terminal au monde a été construit (le Saskatchewan Pool No.7, d’une capacité de sept millions de boisseaux), et la tête des Grands Lacs figure parmi les plus grands centres de stockage de grain d’Amérique du Nord.
Cet essor fulgurant à la tête des Grands Lacs reflète l’expansion rapide de l’agriculture dans les Prairies et symbolise l’important rôle des cultures céréalières pour le développement économique du Canada. En 1929, l’infrastructure des silos est essentiellement en place, même si le Canada continuera de l’améliorer et de la développer tout au long de la guerre et après la Seconde Guerre mondiale. Bien que, dans les dernières décennies, le transport du grain vers la côte Ouest ait connu une certaine croissance et que plusieurs silos terminaux de Thunder Bay aient cessé leurs activités, le port abrite encore sept silos opérationnels qui témoignent de l’important rôle de cette région dans l’histoire du Canada.