Agnes Maule Machar (1837-1927)

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Commentatrice sociale influente du Canada victorien, Agnes Maule Machar formule des opinions réfléchies sur toute une gamme de sujets sociaux, scientifiques et religieux à une époque où les femmes étaient tenues à l’écart de la plupart des activités professionnelles et intellectuelles. Dans des essais pénétrants qu’elle publie dans de grandes revues littéraires, elle interpelle les principaux intellectuels sur une vaste gamme de sujets, s’exprimant en faveur de la tempérance, de la réforme du travail et des droits des femmes, y compris l’accès aux études supérieures. Agnes Machar est une auteure prolifique. Ses romans didactiques, poèmes, biographies et ouvrages historiques sont à l’image de son époque. Elle est inspirée par son solide engagement envers la réforme sociale chrétienne et le nationalisme canadien, et elle produit des écrits qui reflètent un sentiment impérial.

Agnes Machar naît le 23 janvier 1837, à Kingston, au Haut-Canada. Elle est la fille du docteur John Machar et de Margaret Sim. Son père est le cofondateur du collège Queen’s, qui devint plus tard l’Université Queen’s, et il en est le directeur de 1846 à 1853. Agnes étudie le latin, le grec, le français, l’allemand, l’italien, la littérature, les mathématiques, le dessin, la musique et les sciences. Elle profite également d’un milieu social animé, ses parents recevant des personnalités politiques, scientifiques et littéraires. Jeune femme, Agnes commence à participer activement à des œuvres de charité au sein d’organisations ecclésiastiques et missionnaires. Au cours de sa carrière, elle demeure fidèle à la cause publique en étant active au sein du Canadian Women’s Press Club, dont elle est membre fondatrice, du National Council of Women, et de la Young Women’s Christian Association.

Agnes Machar entame sa prolifique carrière d’écrivaine en rédigeant des documents de nature religieuse, entre autres pour l’école du dimanche, avant de passer à des écrits sur le mouvement réformiste. Femme profondément croyante de la classe moyenne supérieure, elle évite, sur les conseils de sa famille, la célébrité en publiant d’abord sous le pseudonyme « Fidelis ». Son premier roman, Katie Johnson’s Cross: A Canadian Tale, est publié en 1870. Sa notoriété grandissant, elle devient une contributrice importante des principales revues intellectuelles et littéraires canadiennes. Dans ses essais, elle défend le christianisme contre le rationalisme scientifique, réfute les arguments s’opposant aux études supérieures pour les femmes, et est l’une des quelques femmes à défendre dans ces revues la cause de la tempérance, qui prône la consommation modérée, si ce n’est l’élimination complète, de l’alcool dans la société. Pleinement engagée dans le mouvement Social Gospel, qui cherche à appliquer le christianisme à une société en cours d’industrialisation pour remédier à tous ses maux, Agnes Machar utilise sa plume pour proposer des réformes afin d’atténuer les souffrances des pauvres des villes, d’améliorer les conditions de travail des femmes, de reconnaître les organisations de travailleurs et de créer des organismes de charité.

Elle rédige d’autres ouvrages – biographies, récits, romans historiques, et poésie – dans le but d’enseigner la moralité à ses lecteurs. Son travail patriotique est guidé par sa conviction que la nation et l’Empire britannique ont un objectif moral élevé. Ces textes, dont Stories of the British Empire (1913), Heroes of Canada (1893) et For King and Country: A Story of 1812 (1874), sont représentatifs d’une sensibilité impériale et d’un nationalisme canadien. Elle est également attachée à des causes environnementales, sa poésie reflétant un dévouement envers la nature qui était caractéristique de son époque.

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2018-09-29