Notes pour une allocution prononcée par l’honorable Mélanie Joly, ministre du Développement économique et des Langues officielles
Comparution devant le Comité sénatorial permanent des langues officielles (OLLO)
Le 7 juin 2021
La version prononcée fait foi.
Monsieur le Président,
Membres du Comité,
Cela me fait plaisir d'être avec vous, et je vous remercie de cette invitation à parler de la modernisation de la Loi sur les langues officielles. J'espère que vous êtes aussi en bonne santé. Je me joins à vous en direct de Montréal.
Votre travail est précieux pour notre gouvernement. Il nous guide dans la promotion de nos deux langues officielles, un fondement de notre société.
Le document de réforme que j’ai déposé le 19 février, Français et anglais : vers une égalité réelle des langues officielles au Canada, va dans le même sens. Il précise la vision et les mesures proposées par notre gouvernement pour soutenir les communautés, encourager le bilinguisme et moderniser la Loi sur les langues officielles.
Cette loi protège le droit, pour des millions de francophones, d’obtenir des services fédéraux dans leur langue. Les Québécois d’expression anglaise ont aussi ce droit. Et les jeunes vivant en situation minoritaire ont le droit d’aller à l’école dans leur langue maternelle.
La langue, c’est précieux. C’est un vecteur par lequel on transmet nos histoires et nos valeurs. Que l’on soit francophone, anglophone ou autochtone, notre langue est vitale à la transmission de nos cultures. Nos politiques linguistiques doivent en tenir compte.
Il est important, également, de reconnaître que nos langues officielles ne sont pas sur un pied d’égalité. Sur le continent nord-américain, nous sommes quelque 8 millions de francophones au milieu d’un océan de plus de 360 millions de personnes qui parlent principalement en anglais. Sans compter que le commerce et les technologies numériques favorisent l’anglais.
C’est à nous d’agir pour que tous les Canadiens se reconnaissent dans les objectifs de la Loi sur les langues officielles.
Premièrement, nos institutions culturelles fédérales doivent favoriser le contenu en français dans l’espace numérique pour que les francophones s’y retrouvent et s’y reconnaissent, eux aussi.
Ensuite, les gens devraient avoir le droit d’être servis et de travailler en français dans les entreprises de compétence fédérale au Québec et dans des régions à forte présence francophone.
Le respect des langues officielles en milieu de travail, c’est primordial. La fonction publique fédérale doit montrer l’exemple.
De plus, nous voulons renforcer les pouvoirs du commissaire aux langues officielles, faciliter l’immigration francophone à l’extérieur du Québec et rendre toutes nos institutions bilingues, y compris la Cour suprême.
Notre document de réforme reflète l'engagement plus large de notre gouvernement envers la promotion et la protection du français.
Rappelons qu’en 2020, le discours du Trône avait exprimé notre intention de renforcer la Loi sur les langues officielles en tenant compte de la réalité du français dans le contexte nord-américain.
Le budget de 2021 propose près de 500 millions de dollars d'investissements pour promouvoir le français et améliorer le bilinguisme, dont un financement de 121,3 millions de dollars sur trois ans, à compter de 2021-2022, afin d'offrir une éducation postsecondaire de qualité dans la langue de la minorité au Canada.
Monsieur le Président, sur ce point, j’aimerais aborder le sujet important de l’éducation dans la langue de la minorité.
La situation à l’Université Laurentienne me préoccupe autant que vous. Depuis plus d’un an, la pandémie aggrave les difficultés que les établissements postsecondaires connaissent en situation minoritaire. Et la situation est insoutenable pour l’Université Laurentienne.
C’est pourquoi j’ai écrit à mes homologues de l’Ontario pour leur faire part de mes inquiétudes et leur proposer de travailler ensemble. Notre gouvernement, qui verse des sommes importantes aux provinces et territoires dans le cadre d'ententes bilatérales, est prêt à fournir une aide supplémentaire, et nous espérons que la province travaillera avec nous.
Monsieur le Président, notre gouvernement est déterminé à promouvoir et à protéger les langues officielles du Canada. Nous serons heureux de poursuivre le travail avec vous et tous ceux qui veulent voir le français et l’anglais s’épanouir dans toutes les régions du pays.
Merci. Je suis prête à répondre à vos questions.