Discours

Merci beaucoup, madame la présidente. Je suis désolée de cette confusion, ce matin, mais je m'engage à être avec vous pendant une heure. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir de ce côté.

Membres du Comité, j'aimerais tout d'abord souligner que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel non cédé de la nation anichinabé algonquine.

Je vous remercie de m'avoir invitée à vous parler de mes priorités comme ministre du Patrimoine canadien.

Aujourd'hui, je suis accompagnée de Mme Isabelle Mondou, sous-ministre du Patrimoine canadien, de M. Thomas Owen Ripley, sous-ministre adjoint délégué aux Affaires culturelles, et de Mme Joëlle Montminy, sous-ministre adjointe principale des Affaires culturelles.

Défendre notre culture et la promouvoir me tient à cœur. Je l'ai fait auparavant, lorsque je travaillais comme présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture. C'est pour cela, entre autres, que j'ai décidé de me lancer en politique en 2021. Je voyais qu'il y avait plusieurs problèmes pressants et je souhaitais contribuer aux solutions.

En effet, depuis plusieurs années, l'écosystème de la culture et celui des communications ont connu de grands bouleversements, notamment en raison du modèle d'affaires des géants du Web.

Qui dit changement dit aussi nécessité de s'adapter. Le statu quo n'était plus une option. C'est pour cela que, comme gouvernement, nous sommes en train d'apporter les changements nécessaires qui vont permettre à la diversité de notre culture, d'un bout à l'autre du pays, de continuer à rayonner pour les décennies à venir.

En effet, nous avons travaillé très fort, au cours des dernières années, pour moderniser les lois en matière de culture et de communication. J'en profite pour saluer le travail de mes collègues du Comité permanent du patrimoine canadien, qui ont beaucoup contribué au succès de ces lois. Je salue aussi, au passage, le travail de mes prédécesseurs, les ministres Guilbeault, Joly et Rodriguez, qui ont ouvert la voie et qui ont fait preuve de détermination.

Ce que nous sommes en voie d'accomplir est majeur. D'une part, nous allons nous assurer que les plateformes de diffusion en ligne vont contribuer à soutenir la production du contenu canadien dans toute sa diversité tout en tenant compte du fait français minoritaire en Amérique du Nord.

La loi proposée sur la diffusion continue en ligne est également importante pour valoriser une industrie qui génère des retombées économiques considérables et qui représente de bons emplois partout au pays.

Dans le même ordre d'idées, nous sommes convaincus que la population doit pouvoir compter sur des sources d'information fiables et indépendantes afin de contribuer au dialogue démocratique partout au pays. C'est pourquoi la Loi sur les nouvelles en ligne représente un moment décisif. Cette loi va permettre que les médias d'information soient équitablement compensés par les plateformes qui bénéficient de leur travail. Dans le cas de ces deux lois, nous avons agi avec conviction et avec le soutien de la plupart des partis politiques, qui ont compris l'importance d'agir.

Madame la présidente, tout cela pour dire, alors que nous jetons un regard rétrospectif sur ce que notre gouvernement a pu accomplir pour les arts, la culture, l'information et notre patrimoine, qu'il est important de se rappeler d'où nous sommes partis, c'est-à-dire loin derrière, en raison du manque d'engagement et de reconnaissance des conservateurs pour notre secteur culturel. Ce manque d'intérêt a, en fait, été préjudiciable. Notre bilan, pour ce qui est du soutien historique aux arts et à la culture à tous les égards, témoigne de la vision de notre gouvernement.

Nous avons fait le choix d'appuyer la réconciliation, notamment par la promotion et la préservation des langues autochtones. Les communautés autochtones de partout au Canada accomplissent ce travail, et nous continuerons à les appuyer. Ces dernières années, nous avons été présents pour soutenir nos créateurs, nos salles, nos artistes et nos artisans. Nous avons toujours choisi d'investir dans la culture, en particulier dans des périodes aussi difficiles que la pandémie. Certains ont qualifié ces dépenses d'irresponsables, mais pour nous, c'est un investissement dans notre pays et dans le talent de nos concitoyens.

Je suis fière de faire partie d'un gouvernement qui le reconnaît.

Le secteur culturel est extrêmement important. Les arts, la culture et le patrimoine représentent plus de 57 milliards de dollars dans l'économie canadienne et près de 673 000 emplois dans des secteurs comme le film et la vidéo, la radiotélévision, la musique, l'édition, les archives, les arts de la scène, les établissements du patrimoine, les festivals et les célébrations.

Je vous parle de cela parce que, depuis 2015, nous avons dû rebâtir le soutien à la culture et au droit à l'information. Ces deux secteurs avaient été mis à mal par des années de coupes budgétaires et par l'inaction des conservateurs. Nous avons pris ces décisions avec la conviction que, en tant que pays, nous gagnons à valoriser la culture pour le bien commun. On appelle cela du courage politique.

Toutefois, compte tenu des défis énormes auxquels doivent faire face les milieux culturels et celui de l'information, je me présente à vous inquiète. Je suis inquiète parce que, encore aujourd'hui, certains se permettent de dire que notre culture, dans toutes ses expressions, ne mérite pas d'être valorisée. Je m'inquiète d'entendre, jour après jour, des politiciens dire aux dizaines de milliers de travailleurs de la culture et de l'information que leur travail ne mérite pas d'être protégé par des lois justes et équitables. C'est dangereux et risqué qu'un parti promette de faire reculer tous les progrès que nous avons accomplis et qui nous permettront de réussir.

On dit souvent que gouverner, c'est décider. J'aimerais donc terminer en disant que le Parti libéral a décidé de faire de la culture et de l'information des priorités.

Je vous remercie et je suis prête à répondre à vos questions.

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2024-03-28