L’antisémitisme sur les campus et l’expérience étudiante (ACEE)
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- Auteurs de Rapport
- Contexte
- Résumé
- Terminologie
- 1. L’antisémitisme est un enjeu de climat de campus
- 2. L’expérience vécue des étudiants juifs
- 3. Trahison institutionnelle
- Conclusion
- Annexe A | Notes méthodologiques et notes d'interprétation
- Annexe B | Pourquoi il faut y voir un problème canadien, et non seulement un problème juif
- Annexe C | Commentaires additionnels des étudiants
- Annexe D | Le sondage élargi sur les campus fournit des renseignements essentiels sur l'antisémitisme
- Annexe E | Instrument d’enquête
Un rapport national sur l’état de l’antisémitisme dans les établissements d’enseignement postsecondaire au Canada
Commandé par le gouvernement du Canada, ce rapport a été produit par l’Association d’études canadiennes et l’Institut Metropolis, août 2026
Auteurs de Rapport
L’antisémitisme sur les campus et l’expérience étudiante (ACEE)
Le rapport ACEE a été préparé parNote de bas de page 1 :
- Jack Jedwab
- Président et chef de la direction, L’Association d'études canadiennes et l'Institut Metropolis
- Paul Holley
- Directeur de la recherche et de l’évaluation, L’Association d'études canadiennes et l'Institut Metropolis
| Nom | Titre, affiliation |
|---|---|
| Dr. Jean-Philippe Warren | Professeur, Membre de la Société royale du Canada, Département de sociologie et d'anthropologie, Université Concordia |
| Dr. Howard Ramos | Professeur, Université Western |
| Dr. Jason Brown | Professeur, Département de mathématiques et de statistiques, Dalhousie University |
| Robert Levy | Président, BrandSpark International |
| Dr. Jonathan Calof | Professeur émérite, Conseiller spécial sur l’antisémitisme, Université d’Ottawa |
| Dr. Matthew Flisfeder | Professeur de rhétorique et de communication, Université de Winnipeg |
| Dr. Barbary Perry | Professeure et directrice, Centre on Hate, Bias and Extremism, Université Ontario Tech |
| Naomi Rosenfeld | Entrepreneure en santé | Ancienne cadre d'organisme à but non lucratif |
| Seth Goren | Directeur général, Hillel Ontario |
| Dr. Michael Geist | Chaire de recherche du Canada en droit de l'Internet et du commerce électronique, Université d’Ottawa |
| Dr. Jacob A. Burack | Professeur, Université McGill, Faculté d'éducation |
| Maxyne Finkelstein | Président, Fondation familiale Morris et Rosalind Goodman |
| Dr. Morton Weinfeld | Professeur émérite de sociologie, Université McGill |
| Dr. Cary Kogan | Professeur, École de psychologie, Université d’Ottawa |
| Dr. Eran Shor | Professeur, département de sociologie, Université McGill |
| Dr. Robert Brym | Professeur émérite, Université de Toronto |
| Dr. Yolande Cohen | Professeure Titulaire, UQAM, Membre de la Société Royale du Canada, Chevalière de la Légion d’Honneur, Chevalière de l’Ordre National du Québec |
Contexte
Au cours des dernières années, le Canada a connu une hausse spectaculaire de l’antisémitisme. Bien qu’ils ne représentent que 1 % de la population canadienne, les Canadiens juifs ont été les victimes de 68 % des crimes haineux déclarés motivés par la religion et 18.8 % de l’ensemble des crimes haineux déclarés en 2024, soit la proportion la plus élevée dans chacune de ces catégoriesNote de bas de page 2. La réponse du gouvernement a notamment compris le rapport du Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes sur la montée de l'antisémitisme au Canada et les moyens d'y faire face, ci-après le « rapport de la Chambre des communes » — déposé le 10 décembre 2024, ainsi que le rapport du Comité sénatorial permanent des droits de la personne intitulé Solidaires et unis contre l’antisémitisme : protéger les communautés et renforcer la démocratie canadienne [document PDF], ci-après le « rapport du Sénat », déposé le 21 avril 2026. Les deux rapports contenaient des recommandations visant à combattre l’antisémitisme, le rapport du Comité de la justice soulignant plus particulièrement des recommandations pour combattre l’antisémitisme sur les campusNote de bas de page 3. Le ministère du Patrimoine canadien, qui abritait l’ancienne envoyée spéciale pour la préservation de la mémoire de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme, a pour mandat de favoriser et de promouvoir l’identité et les valeurs canadiennes, le développement culturel et le patrimoine. Pour ce faire, il collabore avec un éventail de partenaires au service des Canadiens afin d’enrichir les expériences culturelles, de promouvoir le multiculturalisme et de renforcer l’identité. La montée de l’antisémitisme sur les campus postsecondaires va directement à l’encontre des efforts déployés à l’échelle du Canada pour protéger les droits de la personne, la sécurité et la dignité de chacun, y compris les communautés racisées et les minorités ethnoreligieuses. Comme 45 pays et de nombreuses administrations, le gouvernement du Canada a adopté en 2019, par l’intermédiaire de la Stratégie canadienne de lutte contre le racisme, la définition pratique de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, y compris ses exemples illustratifs. Celle-ci définit l’antisémitisme comme « une certaine perception des Juifs, qui peut se manifester par de la haine à leur égard, dont les manifestations rhétoriques et physiques visent des personnes juives ou non juives et/ou leurs biens, des institutions communautaires juives et des lieux de culte juifs Note de bas de page 4 ». S’attaquer à l’antisémitisme dans ce contexte n’est donc pas une question marginale, mais un test central des engagements plus larges du Canada en matière de lutte contre le racisme. En définitive, si les étudiants juifs ne sont pas en sécurité sur les campus, cela signale une défaillance plus générale des protections institutionnelles, car un campus qui n’est pas sûr pour un groupe n’est sûr pour personne.
Pour répondre à la crise croissante et aux recommandations des deux comités, l’ancienne envoyée spéciale a mandaté l’Association d’études canadiennes en vue de sonder les étudiants juifs au sujet de leurs expériences vécues en matière d’antisémitisme sur les campus, ainsi que l’ensemble de la population étudiante au sujet de ses attitudes envers les Juifs et l’antisémitisme. Le projet ACEE qui en résulte, lequel comprend le présent rapport ainsi qu'un rapport à venir sur les points de vue de la population étudiante générale sur l'antisémitisme, appuie spécifiquement la recommandation 3 du rapport de la Chambre des communes, qui demandait d’élargir la collecte de données quantitatives et qualitatives sur les expériences juives sur les campus universitaires. Ils appuient également la recommandation 6 du rapport du Sénat, qui appelle le gouvernement du Canada à soutenir l’amélioration de la recherche et de la collecte de données désagrégées relatives à la haine, aux préjugés et à l’antisémitisme au Canada. Cela comprend le suivi des tendances dans des secteurs tels que l’éducation, les milieux de travail et les plateformes numériquesNote de bas de page 5.
Résumé
« Mon ami traversait le pavillon [CAVIARDÉ]. Lui aussi porte une kippa, et un groupe d’étudiants a crié : “il y a un Juif… allons l’attraper”. Ils l’ont ensuite poursuivi hors du bâtiment. »
Le présent rapport présente les résultats d’un sondage pancanadien exhaustif mené auprès d’étudiants juifs de niveau postsecondaire sur leurs expériences des différentes formes d’antisémitisme. Un rapport distinct sera publié avec les résultats du sondage mené auprès de l’ensemble de la population étudiante postsecondaire.
En réponse aux signalements croissants d’antisémitisme sur les campus canadiens par l’ancienne envoyée spéciale pour la préservation de la mémoire de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme a demandé à l’Association d’études canadiennes de sonder les étudiants juifs au sujet de leurs expériences vécues d’antisémitisme sur les campus, ainsi que l’ensemble de la population étudiante au sujet de ses attitudes envers les Juifs et l’antisémitismeNote de bas de page 6. Le projet Antisémitisme sur les campus et expériences étudiante (ACEE) qui en résulte fournit les données nationales les plus complètes à ce jour sur l’antisémitisme dans les établissements postsecondaires canadiens. S’appuyant sur des sondages parallèles menés auprès d’environ 900 étudiants juifs et de 755 étudiants de la population étudiante générale, les résultats conduisent à une conclusion préoccupante et urgente : l’antisémitisme sur les campus canadiens n’est ni épisodique ni périphérique; il est persistant et prolifère, et sur certains campus, il est devenu une caractéristique normalisée et systémique de la vie universitaire.
En documentant les expériences des étudiants juifs sur les campus canadiens, le projet ACEE répond directement aux appels récents réclamant des données canadiennes plus solides sur l’antisémitisme sur les campus. En décembre 2024, par exemple, le Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes a publié un important rapport sur la montée de l'antisémitisme au Canada et les moyens d'y faire faceNote de bas de page 7. Les résultats présentés dans ce rapport devraient être utilisés immédiatement par les dirigeants des établissements post-secondaires afin d’examiner leurs politiques et pratiques et de déterminer la meilleure façon de rétablir un climat de véritablement inclusif au sein du campus.
Les résultats de ce sondage révèlent une prévalence alarmante de l’antisémitisme sur les campus, ainsi qu’un échec institutionnel préoccupant à répondre aux graves inquiétudes concernant le climat de campus et la sécurité des étudiants. Les résultats indiquent que de nombreux étudiants juifs vivent un antisémitisme répandu et persistant sur les campus canadiens, qui constitue une caractéristique déterminante de la vie postsecondaire et qui façonne leur comportement, leur capacité de participer pleinement à la vie universitaire, leur sécurité et leur bien-être.
Les principales constatations du sondage ACEE auprès des étudiants juifs sont les suivantes :
- 84 % des répondants juifs ont déclaré que l’antisémitisme est un problème grave sur le campus.
- 95,7 % ont déclaré avoir vécu ou été témoins d’au moins un cas d’antisémitisme au cours des 12 mois ayant précédé le sondage.
- 70 % ont déclaré que leur université ne prend pas l’antisémitisme au sérieux, et 68 % ont déclaré que leur campus n’est pas un milieu sûr et inclusif pour les étudiants juifs.
- 72 % limitent ce qu’ils disent en classe au sujet de leur identité juive, et 57 % évitent de porter ou d’afficher des symboles juifs par crainte pour leur sécurité.
- 18 % des incidents mettaient en cause des membres du corps professoral, 7 % des auxiliaires d’enseignement et 7 % des administrateurs ou membres du personnel.
- 36 % ont rencontré du contenu de cours ou des discussions en classe qu’ils ont perçus comme antisémites ou biaisés, tandis que 34 % ont déclaré qu’un professeur avait abordé les Juifs, le judaïsme, Israël ou le sionisme alors que ces sujets n’étaient pas liés au cours.
- 45 % ont rencontré souvent ou parfois la négation ou la distorsion de l’Holocauste, et 65 % y sont exposés au moins rarement.
- 81 % ont signalé un traitement haineux ou discriminatoire des sionistes sur le campus souvent ou à l’occasion; 71 % ont signalé du vandalisme antisémite; 54 % ont signalé de l’intimidation ou des menaces visant les Juifs; et 22 % ont signalé de la violence physique visant les Juifs.
- 34 % ont identifié les espaces en ligne ou les médias sociaux comme lieux où les incidents se sont produits, 33 % les organisations étudiantes ou les événements sur le campus, 25 % les salles de classe ou amphithéâtres, 23 % les espaces hors campus à proximité, et 9 % les résidences étudiantes et logements étudiants.
- 33 % ont signalé l’incident qu’ils décrivaient. Parmi ceux qui l’ont signalé, 63 % étaient insatisfaits de la façon dont il a été traité, et 52 % de ceux qui ne l’ont pas signalé ont dit qu’ils ne pensaient pas qu’un signalement serait utile.
Source : sondage ACEE auprès des étudiants juifs. Voir la partie II et l’annexe A pour le libellé exact des questions, les bases de calcul et les notes méthodologiques.
En plus des données structurées, les participants ont fourni plus de 1 200 récits d’incidents antisémites en réponse à des questions ouvertes. Quelques récits sélectionnés, représentatifs de grands thèmes, sont mis en évidence dans les encadrés « voix des étudiants ». Ces récits révèlent une culture universitaire qui est à la fois peu accueillante envers les étudiants juifs et qui cherche activement et systématiquement à les exclure et à les vilipender. Les thèmes les plus fréquents des incidents antisémites cités par les étudiants juifs peuvent être regroupés selon les thèmes suivants : négation et distorsion de l’Holocauste; harcèlement et menaces; normalisation d’un climat antisémite; pression à divulguer ses opinions politiques; biais académiques ou en classe; exclusion sociale; peur et traumatisme émotionnel; et absence de réponse institutionnelleNote de bas de page 8.
« On m’a craché dessus et quelqu’un a fait vrombir le moteur de sa voiture vers moi à un passage pour piétons pendant que je portais une kippa. J’ai vu un étudiant juif se faire frapper à coup de poing, j’ai entendu une amie juive… se faire traiter de pute sioniste et se faire cracher dessus parce qu’elle portait une étoile de David visible. J’ai vu des graffitis antisémites dans des cabines de toilettes et partout sur le campus. »
Terminologie
« Une professeure a écrit que nous devrions tuer tous les sionistes, qu’elle avait travaillé avec eux et qu’elle savait à quel point ils étaient maléfiques. »
Antisémitisme : Le présent rapport utilise la définition opérationnelle de l’antisémitisme selon l’AIMH, y compris ses exemples illustratifs, qui a été adoptée par le gouvernement du Canada en 2019 :
L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs, qui peut se manifester par de la haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions et des lieux de culte de la communauté juiveNote de bas de page 9.
Sionisme : Le sionisme désigne la croyance que le peuple juif a le droit à l’autodétermination dans sa patrie ancestraleNote de bas de page 10.
Antisionisme : L’antisionisme désigne un mouvement qui appelle à l’anéantissement d’Israël et nie au peuple juif le droit à l’autodétermination dans sa patrie ancestrale.
Les travaux universitaires définissent l’antisionisme comme reposant sur « la diffamation et la distorsion pour prétendre que le collectif juif, Israël, plutôt que le Juif individuel, est exceptionnellement mauvais. Il affirme en outre que les Juifs, qui ont des milliers d’années d’histoire en ce lieu, fabriquent une revendication légitime sur leur patrie ancestrale. L’antisionisme soutient qu’Israël, à titre exceptionnel, est le seul État qui doit être éradiquéNote de bas de page 11.
« J’ai entendu un professeur dire qu’“Hitler était un héros”. »
1. L’antisémitisme est un enjeu de climat de campus
En ce qui concerne la montée de l’antisémitisme sur les campus universitaires, la base de données probantes canadienne demeure insuffisamment développée par rapport à celles des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Australie. Elle continue de s’appuyer largement sur des examens institutionnels, des délibérations parlementaires, des signalements communautaires, le journalisme et des recherches connexes en éducation, plutôt que sur des recherches nationales comparatives par sondage. Cette lacune est particulièrement notable compte tenu de constats canadiens connexes aux niveaux primaire et secondaire notamment le rapport sur l’antisémitisme dans les écoles de l’Ontario de la maternelle à la 12e annéeNote de bas de page 12, commandé par l’ancienne envoyée spéciale, qui présente l’antisémitisme comme un enjeu éducatif et sociétal plus large plutôt que comme un problème limité aux seules universités. La conception de l’étude ACEE, soit un sondage pancanadien auprès d’étudiants juifs jumelé à un sondage comparatif auprès de la population étudiante générale, combinant questions à réponses fixes et questions ouvertes, répond donc directement à une lacune importante dans la documentation et aux appels récents en faveur de données canadiennes plus solides sur l’antisémitisme sur les campus.
Selon le sondage ACEE auprès des étudiants juifs, l’antisémitisme se manifeste dans de multiples dimensions de la vie universitaire : le corps professoral, les interactions entre pairs et les espaces en ligne jouant un rôle central dans sa propagation. Les étudiants juifs signalent une gamme d’incidents, allant de la négation de l’Holocauste à des croix gammées graffitées sur les murs des toilettes, en passant par des menaces physiques ou de l’intimidation. Ils décrivent aussi de nombreux incidents en classe, où des étudiants juifs sont pris à partie pour leurs opinions sur Israël et où des professeurs assignent des textes manifestement biaisés, antisémites ou antisionistes tout en omettant tout travail universitaire reflétant le lien des Juifs avec leur patrie ancestrale. Les récits d’incidents en classe constituent un signal particulièrement préoccupant de l’omniprésence de l’antisémitisme sur les campus canadiens, où même la salle de classe n’est pas un espace sûr.
Les données appellent à recadrer l’antisémitisme sur les campus. Il ne peut être compris comme une série d’actes distincts ou de préjugés individuels, mais doit être considéré comme une problématique plus large de climat de campus présentant des caractéristiques systémiques dans certains contextes. Les données montrent clairement que son impact est cumulatif et omniprésent, influençant profondément si les étudiants juifs se sentent capables de participer pleinement à la vie universitaire et sociale et d’exprimer leur identité. Traiter l’antisémitisme comme un phénomène isolé et épisodique en masque les effets plus larges et contribue à la persistance de dynamiques nuisibles. Le point essentiel est que l’antisémitisme sur les campus n’est pas un problème privé que les étudiants juifs doivent gérer seuls. C’est un problème de gouvernance des campus, un problème de culture en classe et un problème canadien particulièrement virulent dans les établissements postsecondaires.
Note terminologique : sionisme
Le sionisme désigne la croyance que le peuple juif a le droit à l’autodétermination dans sa patrie ancestrale.
2. L’expérience vécue des étudiants juifs
« Des résidents de ma résidence sur le campus ont commencé à faire courir des rumeurs à mon sujet, disant que je suis un tueur d’enfants, un suprémaciste blanc, un raciste et un sioniste, simplement parce que ces personnes ont découvert que j’étais juif. »
84 %
ont déclaré que l’antisémitisme est un problème grave sur le campus
71 %
ont signalé du vandalisme antisémite
96 %
ont déclaré avoir vécu au moins un incident antisémite au cours des 12 mois précédents
68 %
ont déclaré que leur campus n’est pas un milieu sûr et inclusif pour les étudiants juifs
72 %
limitent ce qu’ils disent en classe au sujet du fait d’être juifs
70 %
ont déclaré que leur université ne prend pas l’antisémitisme au sérieux
18 %
d’incidents antisémites ont cité des membres du corps professoral
57 %
évitent d’afficher des symboles juifs par crainte pour leur sécurité
Le sondage de l’ACEE documente un climat de campus que de nombreux étudiants juifs vivent comme excluant, coercitif et dangereux. De plus, les réponses ouvertes du sondage révèlent la réalité humaine derrière les données quantitative : peur, humiliation, coercition, isolement et, dans certains cas, retrait complet de la vie universitaire. « Après avoir mentionné ouvertement que j’étais juif dans mon programme, a déclaré un étudiant, personne ne voulait travailler avec moi pour les projets de groupe et on m’ignorait autant que possible. » Un autre étudiant a abandonné un programme de sociologie « à cause du niveau de haine contre les Juifs » dans le département. De telles réponses illustrent l’impact humain d’un environnement de campus toxique.
« J’ai abandonné. Mon niveau d’anxiété était trop élevé et personne à l’école ne semblait s’en soucier. C’est la chasse ouverte aux étudiants juifs. »
2.1 Climat de campus hostile
« Dans mes laboratoires, des gens ont refusé de travailler avec moi en raison de mon identité juive et ont délibérément essayé de saboter mes données. »
Le climat de campus est largement vécu comme hostile aux étudiants juifs. Il faut souligner que les étudiants juifs ne décrivent pas le malaise normal et inhérent que peut susciter l’introduction d’idées difficiles, ni quelques incidents isolés. Ils décrivent plutôt un environnement toxique dans lequel l’antisémitisme est non seulement toléré, mais parfois reproduit par des personnes en position d’autorité. Ils ne font pas confiance à leurs établissements, ne se sentent pas en sécurité dans leurs chambres en résidence ni dans leurs salles de classe, et ne croient pas que les normes d’équité et d’impartialité les protégeront.
Proportion des répondants juifs exprimant une perception négative du climat sur le campus — texte alternatif
- L’université ne prends pas l’antisémitisme au sérieux - 70%
- Le campus n’est pas sûr ni inclusif pour les étudiants juifs - 68%
- Le corps professoral n’encourage pas la discussion ouverte - 63%
- Le campus ne traite pas toutes les origines avec respect - 60%
Ce climat hostile change la façon dont les étudiants parlent, étudient et se déplacent sur le campus. Les étudiants juifs disent modifier ce qu’ils disent, les endroits où ils vont, ce qu’ils portent et même leur degré d’engagement dans la vie universitaire et de campus. Plus de 70 % limitent ce qu’ils disent en classe au sujet du fait d’être juifs, les deux tiers limitent ce qu’ils disent en ligne, et plus de 60 % disent avoir perdu des amitiés à cause de l’antisémitisme. 40 % signalent un préjudice scolaire, et environ 25 % ont envisagé de quitter leur université en raison de l’antisémitisme.
2.2 Dynamiques toxiques en classe
« Un professeur m’a dit, en classe au milieu du cours, que les Juifs appartiennent à la Pologne et doivent y retourner.Note de bas de page 13 »
La salle de classe n’est pas isolée du climat général du campus. Dans les résultats de l’étude ACEE, elle fait partie des lieux où les étudiants décrivent le plus clairement la coercition, le déséquilibre de pouvoir et la crainte de sanctions académiques.
Le schéma est cumulatif. 36 % ont déclaré avoir rencontré du contenu de cours ou des discussions en classe qui présentaient les Juifs, le judaïsme, Israël ou le sionisme de manière antisémite ou biaisée. 34 % ont déclaré qu’un professeur avait abordé ces sujets d’une manière sans rapport avec le cours. Près de la moitié se sont sentis poussés à partager leurs opinions sur Israël avec d’autres étudiants, plus du tiers se sont sentis poussés à se conformer aux opinions d’un professeur sur Israël, et environ un sur cinq s’est senti poussé à participer à une manifestation anti-Israël.
36 %
ont déclaré avoir rencontré du contenu de cours ou des discussions en classe présentant les Juifs, le judaïsme, Israël ou le sionisme de manière antisémite ou biaisée
47 %
se sont sentis poussés à partager leurs opinions sur Israël avec d’autres étudiants
20%
se sont sentis poussés à participer à une manifestation anti-Israël
34 %
ont déclaré qu’un professeur avait abordé les Juifs, le judaïsme, Israël ou le sionisme d’une manière sans rapport avec le cours
36 %
se sont sentis poussés à se conformer aux opinions d’un professeur sur Israël
25 %
des incidents antisémites sur le campus ont été observés dans une salle de classe ou un amphithéâtre
« Des professeurs partageaient des liens vers des sites Web de négation de l’Holocauste comme lectures obligatoires. »
« Un professeur nous a demandé d’écouter un balado qui expliquait en quoi le sionisme était similaire au nazisme, ce qui n’avait aucun lien avec le cours. »
Dans les réponses ouvertes, les étudiants rapportent de nombreux exemples de diabolisation, de délégitimation et de désinformation au sujet d’Israël.Note de bas de page 14 Ils relatent également de nombreux cas où des professeurs ont introduit le sujet d’Israël et de la guerre Israël-Hamas dans des cours qui n’avaient aucun lien avec le conflit au Moyen-Orient, notamment des cours de droit constitutionnel canadien, d’aspects techniques du cinéma et de méthodes statistiques en recherche en santé. « L’an dernier, un professeur a donné des lectures sur la libération de la Palestine, a rapporté un étudiant, pour un cours complètement sans rapport avec le conflit. » Les commentaires des étudiants témoignent aussi d’une anxiété considérable face à la pression de se conformer aux opinions anti-Israël d’un professeur. Un professeur de médecine aurait dit aux étudiants que « si nous soutenons Israël et ne dénonçons pas le génocideNote de bas de page 15, nous ne serions pas de bons médecins/n’avons pas notre place ». Ces exemples de politisation de la salle de classe à des fins d’endoctrinement antisioniste comptent parmi les constats les plus inquiétants de l’étude ACEE.
Note terminologique : antisionisme
L’antisionisme désigne un mouvement qui appelle à l’anéantissement d’Israël et nie au peuple juif le droit à l’autodétermination dans sa patrie ancestrale.
Comme les résultats du sondage ACEE le montrent clairement, le problème ne se limite pas aux interactions entre pairs : des figures d’autorité apparaissent également dans les données. Bien que les autres étudiants soient les acteurs le plus souvent identifiés, ils ne sont pas les seuls. Des membres du corps professoral, des auxiliaires d’enseignement, des administrateurs et des membres du personnel figurent tous parmi les personnes décrites par les étudiants dans leurs récits d’antisémitisme sur les campus.
Lieux où les incidents se sont produits — texte alternatif
- En ligne / médias sociaux - 34%
- Organisations étudiantes, clubs ou événements - 33%
- Salles de classes ou amphithéâtres - 25%
- Hors campus, près de l’université - 23%
- Résidences / logement étudiant - 9%
Qui les étudiants désignent comme auteurs d’antisémitisme sur le campus — texte alternatif
| Échantillon d’étudiants juifs | Population étudiante générale | |
|---|---|---|
| Étudiants | 51% | 54% |
| Professeurs / chargés de cours / auxiliaires d’enseignement | 25%Note de bas de page 17 | 14% |
| Administrateurs ou personnel | 7% | 11% |
Remarque: Les valeurs de l’échantillon juif sont fondées sur les incidents observés ou vécus (sélectionnez toutes les réponses applicables) ; les valeurs de l’échantillon général sont fondées sur la source déclarée de l’incident.
Parmi les incidents décrits par les étudiants, 51 % mettaient en cause d’autres étudiants, 18 % des membres du corps professoral, 7 % des auxiliaires d’enseignement et 7 % des administrateurs ou membres du personnel. Ces catégories proviennent de questions à réponses multiples et ne doivent pas être additionnées, mais elles montrent clairement que la conduite associée à des personnes en position d’autorité n’est ni anecdotique ni négligeable. Fait significatif, le sondage de la population étudiante générale, qui fera l’objet d’un deuxième rapport, confirme les perceptions des étudiants juifs en situant le problème aux mêmes endroits. Parmi les membres de la population étudiante générale qui ont rencontré des incidents, 54 % ont pointé d’autres étudiants, 44 % les médias sociaux ou plateformes en ligne liées au campus, 38 % les manifestations ou protestations sur le campus, 19 % la salle de classe ou les cours, 14 % les professeurs, chargés de cours ou auxiliaires d’enseignement, et 11 % les administrateurs ou membres du personnel. Ces statistiques reflètent les résultats du rapport de Robert Brym sur l’antisémitisme de la maternelle à la 12e année dans les établissements d’enseignement de l’Ontario. Dans ce rapport, près d’un incident sur six avait été initié ou approuvé par un enseignant ou impliquait une activité approuvée par l’écoleNote de bas de page 18.
« Dans un cours de droit international, mon professeur a demandé aux étudiants juifs de lever la main, et je me suis senti très mal à l’aise, car personne ne l’a levée; j’ai donc choisi de ne pas le faire. »
Les répondants décrivent de nombreux cas de partialité professorale, d’abus de tribune et de politisation inappropriée, des professeurs présentant des récits unilatéraux de questions complexes et traitant des affirmations très controversées comme des faits établis. Dans un exemple particulièrement préoccupant de politisation en classe, un étudiant raconte que son professeur l’a forcé, ou a forcé les étudiants, à trouver des liens positifs entre le mouvement Black Lives Matter et le HamasNote de bas de page 19. Les étudiants signalent également des pressions exercées par des personnes responsables de leur apprentissage et de l’évaluation de leur travail pour signer des pétitions et assister à des manifestations pro-palestiniennes. Cette politisation de la salle de classe constitue une grave trahison des normes universitaires d’équité, d’intégrité et de responsabilitéNote de bas de page 20.
La direction de l’université doit assumer une plus grande responsabilité en ce qui concerne l’environnement d’apprentissage en classe. Le sondage ACEE souligne la nécessité de directives, de normes et de mécanismes de reddition de comptes plus clairs afin de veiller à ce que le contenu des cours soit pertinent, que les questions controversées soient traitées avec rigueur et prudence, et que les discussions ne reproduisent pas de dynamiques d’exclusion ou de discrimination. La liberté universitaire protège l’enquête rigoureuse, non le harcèlement, la coercition ou l’usage discriminatoire de l’autorité en classe. De plus, si la liberté universitaire protège le droit des membres du corps professoral d’exprimer des opinions fortes, voire controversées, les étudiants doivent conserver la liberté de questionner, de contester ou de garder le silence sans subir de sanctions scolaires. Les universités ont le devoir d’offrir des milieux d’apprentissage exempts de discrimination ou de harcèlement fondés sur l’identité. Faire pression sur des étudiants pour qu’ils formulent des positions politiques parce qu’ils sont juifs peut constituer un traitement inégal et miner à la fois les principes d’accommodement religieux et les normes de liberté universitaire.
« Un professeur d’études sur les femmes et le genre m’a donné 0 % à un travail parce que j’y avais abordé les agressions sexuelles commises le 7 octobre 2023. Il m’a plutôt suggéré d’orienter mon analyse vers le rôle de la police israélienne dans les agressions sexuelles. »
2.3 Prévalence et gravité de l’antisémitisme sur les campus
« On m’a dit d’aller mourir quand j’ai dit que j’étais un Juif d’Israël. »
Bien que la salle de classe soit un lieu majeur de préoccupation, l’antisémitisme ne se limite pas à un seul espace, à un seul canal ou à un seul type d’acteur. Les étudiants y sont confrontés en ligne, dans les résidences, dans la vie étudiante, en classe et à proximité du campus. La normalisation de la violence physique envers les Juifs est particulièrement inquiétante. 22 % des répondants juifs (soit 198 étudiants) ont déclaré avoir souvent ou occasionnellement vécu ou été témoins de violence physique visant les Juifs sur leur campus. La confirmation de ce phénomène vient du sondage auprès de la population étudiante générale, dans lequel 20 % des étudiants non juifs ont déclaré avoir observé de l’intimidation, du harcèlement ou de la violence physique visant des Juifs.
Proportion signant certains incidents souvent ou occasionnellement — texte alternatif
- Traitement haineux ou discriminatoire des sionistes - 81%
- Vandalisme de biens scolaires motivé pas l’antisémitisme - 71%
- Traitement haineux ou discriminatoire des Israéliens - 67%
- Remarques ou gestes antisémites visant d’autres personnes - 59%
- Traitement haineux ou discriminatoire des juifs - 56%
- Exclusion d’un évènement ou d’un groupe - 36%
- Remarques ou gestes antisémites vous visant - 34%
Le fait de distinguer l’intimidation, les menaces et la violence physique de l’ensemble plus large des incidents signalés montre clairement que l’antisémitisme sur les campus est vécu non seulement comme de la discrimination ou une expression hostile, mais aussi comme un enjeu direct de sécurité. Bien que l’exclusion, les traitements haineux, le vandalisme et les propos antisémites demeurent importants dans le profil plus large des incidents, une proportion importante de répondants déclare également avoir souvent ou occasionnellement été confrontés à de l’intimidation ou à des menaces directes visant des Juifs (54 %), et plus d’un répondant sur cinq signale de la violence physique (22 %). Ces résultats suggèrent que le problème dépasse le seul climat hostile et qu’il comprend, pour de nombreux étudiants, la peur, la vulnérabilité et des préoccupations liées à leur sécurité personnelle.]
Source : sondage ACEE auprès des étudiants juifs. Les pourcentages indiquent la proportion de répondants ayant sélectionné « souvent » ou « occasionnellement ».
Proportion signalant des menaces ou de la violence souvent ou occasionnellement — texte alternatif
- Intimidation ou menaces visant les juifs - 54%
- Violence physique visant les Juifs - 22%
« L’une de mes amies portait son Magen David [étoile de David] et quelqu’un lui a craché dessus. Depuis, elle a peur de porter son collier. »
2.4 Les plateformes en ligne amplifient l’antisémitisme
Les données ACEE montrent que les espaces numériques sont au cœur de la façon dont l’antisémitisme est vécu, amplifié et normalisé. Les établissements ne peuvent plus traiter les environnements en ligne comme externes ou secondaires. Les politiques, la surveillance et les mécanismes de réponse doivent refléter la réalité selon laquelle la vie de campus en ligne et hors ligne est profondément interconnectée.
Sur quelles plateformes avez-vous vu ce type de contenu — texte alternatif
- Instagram - 31%
- X (twitter) - 9%
- TikTok - 12%
- Facebook - 15%
- Reddit - 6%
- Discord - 2%
- Telegram - 1%
- Autre - 1%
« J’ai été harcelée en ligne… Elle est allée jusqu’à inonder ma page d’art pendant cinq jours d’affilée en m’envoyant des réels radicaux, en traitant les personnes âgées de ma famille de meurtriers. »
2.5 Les préjudices de l’antisémitisme pour les étudiants juifs
Les étudiants juifs demeurent liés à leur communauté et à leur identité même dans un climat hostile sur le campus Environ la moitié des étudiants juifs sondés continuent de participer régulièrement à des activités de la communauté juives sur le campus et hors campus. Toutefois, l’antisémitisme sur les campus influence la manière dont les étudiants juifs se déplacent et vivent leur parcours universitaire.
Les données de ACEE suggèrent que la visibilité et l’attachement peuvent accroître l’exposition à l’hostilité. Les étudiants visiblement juifs subissent plus d’hostilité directe, d’intimidation et d’exclusion que celles qui n’affichent pas de symboles visibles.
Antisémitisme observé sur le campus, selon la visibilité de l’identité juive — texte alternatif
| Porte ou affiche des éléments l’identifiant comme juif | Ne porte ni n’affiche d’éléments l’identifiant comme juif | |
|---|---|---|
| A vu d’autres personnes ciblées par des remarques ou gestes antisémites | 64.3% | 51.9% |
| A observe un traitement haineux ou discriminatoire des juifs | 62.7% | 47.2% |
| A observé de l’intimidation ou des menaces visant les Juifs | 58.9% | 46.3% |
| A observé de la violence physique visant les Juifs | 25.5% | 17.6% |
Expériences d’antisémitisme sur le campus, selon la visibilité de l’identité juive — texte alternatif
| Porte ou affiche des éléments l’identifiant comme juif | Ne porte ni n’affiche d’éléments l’identifiant comme juif | |
|---|---|---|
| A été ciblé par des remarques ou gestes antisémites | 40.6% | 23.2% |
| A vécu de l’exclusion d’un évènement ou d’un groupe (sur le campus) | 40.3% | 30.8% |
Combiné au climat d’antisémitisme systémique, cela a un impact profond sur la santé mentale des étudiants juifs, leurs choix de carrière et leur contribution au dialogue et à la vie sur le campus. Les étudiants juifs modifient leurs comportements et leurs choix afin de réduire leur exposition à ces hostilités. Dans une société qui se targue de promouvoir l'équité et l'inclusion, 56 % des étudiants juifs évitent de porter des symboles juifs, 71 % limitent ce qu’ils disent en classe et 32 % ont envisagé d’abandonner un cours ou un programme en raison des opinions antisémites de professeurs.
« J’ai été écarté de projets de recherche pour avoir dit que je souhaitais la sécurité des Palestiniens comme des Israéliens. J’ai subi une pression extrême de la part d’autres organisations étudiantes pour publier une déclaration contre le sionisme dans le cadre de mon rôle de président du syndicat étudiant [CAVIARDÉ], et mon nom a été inscrit sur une liste circulant sur le campus et hors campus comme “sioniste connu”. »
Impacts sociaux et sur la santé mentale
72 % des étudiants juifs déclarent que l’antisémitisme sur le campus a affecté leur santé mentale. De plus, 60 % ont perdu des amis à cause de l’antisémitisme. Il en résulte que des étudiants juifs se retirent de certaines parties de la société civile, ce qui les isole de la vie publique et mine les principes démocratiques qui protègent la sécurité, la dignité et l’égalité de toutes les personnes.
Accord avec des énonces sur l’antisémitisme et l’expérience sur le campus — texte alternatif
- J’évite de porter d’afficher des symboles juifs par crainte pour ma sécurité - 56.7%
- J’évite certains cours ou événements à cause de l’antisémitisme - 41.3%
- Je limite ce que je dis en ligne au sujet de fait d’être juif - 66.1%
- Je limite ce que je dis en classe au sujet du fait d’être juif - 71.8%
Accord avec des énoncés sur l’antisémitisme et l’expérience sur le campus — texte alternatif
- J’ai perdu des amitiés à cause de l’antisémitisme - 60.8%
- L’antisémitisme a nui à ma santé mentale - 72.4%
- L’antisémitisme a nui à mon rendement scolaire - 39.8%
- J’ai envisagé d’abandonner un cours ou mon programme en raison de l’antisémitisme de professeurs ou d’autres étudiants - 32.5%
- J’ai envisagé de quitter mon université a cause de l’antisémitisme - 25.9%
« Des étudiants m’ont demandé d’enlever mon collier chai parce qu’il était trop juif. »
3. Trahison institutionnelle
« Discuter auparavant des problèmes avec l’administration ne m’a pas aidé; l’administration m’a averti de ne pas déposer de plaintes publiques. »
Pour aborder le problème de l’antisémitisme sur les campus, la question n’est pas seulement de savoir si des incidents surviennent. Il faut aussi examiner la réponse institutionnelle. Les résultats de l’ACEE suggèrent une réticence de la part de la direction du campus à traiter l’antisémitisme au niveau du campus avec l’urgence qu’exige le problème, ainsi qu’un échec à appliquer les mêmes normes que celles garanties à d’autres groupes minorisés. En définitive, cette étude démontre une réticence des établissements postsecondaires à appliquer leurs propres politiques et normes pour combattre l’antisémitisme systémique.
3.1 Signalement des incidents
Seulement 33 % des répondants ont signalé l’incident qu’ils décrivaient. Parmi ceux qui ont signalé un incident, 63 % étaient insatisfaits de la façon dont l’affaire a été traitée et seulement 37 % étaient satisfaits. La raison la plus courante de ne pas signaler était la conviction que cela n’aiderait en rien (52 %), suivie de l’idée que l’incident était trop mineur (38 %), de l’incertitude quant aux voies de signalement (25 %) et de la peur de représailles (16 %). L’écart entre le signalement et les résultats satisfaisants n’est pas marginal : il constitue un point de défaillance central qui mine la confiance et alimente le sous-signalementNote de bas de page 21.
Canaux de signalement utilisés — texte alternatif
- Organisations juives - 62%
- Sécurité du campus - 40%
- Doyens ou administrateurs - 37%
- Membres du corps professoral ou du personnel - 26%
- Bureaux d’équité / droits de la personne - 22%
- Police - 11%
Source : sondage ACEE auprès des étudiants juifs. Les questions sur les canaux de signalement et les raisons de non-signalement permettaient des réponses multiples.
Raisons de ne pas signaler — texte alternatif
- Je ne pensais pas que cela aiderait - 52%
- Incident trop mineur - 38%
- Autre - 33%
- Je ne savais pas comment signaler - 25%
- Crainte de représailles - 16%
Le faible taux de signalement ne doit pas être interprété comme la preuve d’un faible taux d’incidents. Les données de l’ACEE démontrent que de nombreux étudiants ne croient pas que les voies institutionnelles puissent les aider. « J’ai signalé des choses à l’université et au bureau des droits de la personne en première année, rapporte un étudiant, mais cela n’a jamais été pris au sérieux. » Un autre a attribué sa décision de ne pas signaler un incident à la conviction que « l’école ne s’en souciera probablement pas ou prendra même le parti des agresseurs ». Les réponses des étudiants indiquent que les taux de signalement sont faibles parce que la confiance institutionnelle est faible.
« Après avoir signalé la projection d’un documentaire glorifiant le Hamas sur le campus, l’université a impliqué le bureau de la diversité et de l’inclusion et n’a absolument rien fait. Alors pourquoi signaler tout autre incident ? »
3.2 Deux poids, deux mesures
« Le fait que des étudiants fassent la “grève” et empêchent d’autres personnes d’assister à leurs cours ou d’accéder à leurs études va à l’encontre du contrat que les étudiants ont avec leur université lorsqu’ils paient des droits de scolarité. »
Dans son rapport sur la montée de l'antisémitisme au Canada, le Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes a conclu que « les universités ne font pas respecter leurs propres politiques pour protéger les étudiants juifs sur les campus. »Note de bas de page 22 Le sondage ACEE auprès des étudiants juifs appuie les conclusions du Comité permanent. Ce deux poids, deux mesures est ce qui a été douloureux pour de nombreux étudiants juifs. Ils voient les bureaux d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) mettre en œuvre des politiques et des pratiques qui sensibilisent au racisme et à d’autres formes de haine fondée sur l’identité, par exemple, tout en demeurant silencieux sur l’antisémitisme. Sans application visible et crédible des codes de conduite des campus, les systèmes de signalement risquent de devenir purement symboliques lorsqu’il s’agit des préoccupations des étudiants juifsNote de bas de page 23.
« Mes camarades de classe ont exigé que je partage mes opinions sur Israël comme condition pour participer à une initiative étudiante d’équité, de diversité et d’inclusion qui aurait dû être ouverte à tous les étudiants diplômés de mon département. »
Conclusion
« La seule raison pour laquelle je n’ai pas sérieusement envisagé de changer d’établissement, c’est que je ne crois pas que les autres établissements soient nécessairement meilleurs. »
Depuis le 7 octobre 2023, les taux d’antisémitisme ont bondi partout dans le monde, brisant le sentiment de paix et de sécurité des communautés juives à l’échelle mondiale. Au Canada, les campus universitaires sont devenus un microcosme d’une crise nationale. Lus à la lumière de la hausse mondiale largement documentée de la haine antijuive, y compris au Canada, les éléments présentés ici soulèvent de graves préoccupations concernant le climat au sein des campus, la sécurité des étudiants et la confiance envers la réponse institutionnelle.
Pour les étudiants juifs, le fardeau décrit dans ce rapport est cumulatif. Les étudiants ne signalent pas seulement des insultes, des menaces, des graffitis, de l’hostilité en classe, de l’exclusion et des abus en ligne; ils signalent aussi les calculs constants qui découlent de ces expériences. Ces enjeux comprennent notamment la question de parler ou non en classe, afficher ou non une identité juive visible, déposer ou non une plainte, faire confiance ou non à un professeur ou à un camarade de classe, et rester ou non sur le campus malgré le coût. Les données présentées ici conduisent clairement à la conclusion que l’antisémitisme sur les campus est un problème de climat plutôt qu’un ensemble d’incidents isolés.
Près d’un étudiant juif sur cinq rapporte que ses professeurs sont à l’origine d’incidents antisémitesNote de bas de page 24. Cela soulève de graves préoccupations quant à notre système d’enseignement supérieur. Si le fait de se confronter à des idées nouvelles et inconfortables est une partie importante de l’enseignement supérieur, les membres du corps professoral sont aussi chargés d’assurer un environnement d’apprentissage sûr qui concilie liberté universitaire, intégrité universitaire et responsabilité. Cela devient encore plus pertinent lorsqu’un autre sondage auprès de la population étudiante générale montre que la majorité ne considère pas plusieurs formes de ciblage antijuif comme antisémites, notamment le boycottage d’entreprises appartenant à des Juifs en raison de leur lien perçu avec Israël (54 %) et les manifestations devant des lieux de culte juifs (54 %). D’outre, plus de la moitié (55 %) n’ont pas identifié comme antisémite l’énoncé selon lequel les Juifs ont trop d’influence sur l’économie. Si cette tendance préoccupante se poursuit, ces croyances risquent d’être transportées dans les milieux de travail et dans tous les secteurs de la société.
Dans le sondage ACEE, 95,7 % des étudiants juifs ont vécu au moins un incident antisémite au cours de la dernière année, et 89,1 % ont déclaré vivre de l’antisémitisme sur le campus souvent ou occasionnellement. Placées à côté du contexte canadien plus large d’une forte hausse de la haine antijuiveNote de bas de page 25, les données soulignent également un point plus général : les campus ne sont pas des milieux hermétiques. Ils concentrent et reproduisent des pressions visibles à l’échelle du pays, mais ils le font dans des contextes qui façonnent directement la sécurité, l’apprentissage, le sentiment d’appartenance et les possibilités futures des étudiants. Les universités ne se contentent donc pas d’observer un problème social de l’extérieur. Elles sont l’une des institutions où ce problème est maintenant vécu, contesté et jugé le plus directement. Plus inquiétant encore, elles risquent de devenir un terrain propice à la propagation de la haine antijuive au sein des générations et des communautés à venir. L’histoire a montré que la montée de l’antisémitisme est un « canari dans la mine de charbon » pour la propagation de la haine et du sectarisme envers d’autres groupes. En définitive, il incombe aux décideurs d’utiliser ces résultats pour changer notre trajectoire actuelle et veiller à ce que tous les Canadiens puissent apprendre et se former dans la sécurité et la dignité, quelle que soit leur identité.
« J’ai abandonné mes études. Mon niveau d’anxiété était trop élevé et personne à l’université ne semblait s’en soucier. C’est la chasse ouverte aux étudiants juifs. »
Annexe A | Notes méthodologiques et notes d'interprétation
Sondage auprès des étudiants juifs
- Mené du 17 novembre au 19 décembre 2025.
- 1 038 réponses reçues; 900 conservées après le contrôle d'admissibilité et l'examen de la qualité des données.
- Recrutement effectué par l'entremise d'organisations étudiantes juives, de réseaux communautaires et de canaux connexes.
- Échantillon couvrant une grande diversité des variables démographiques attendues au sein de la population juive canadienne.
- Résultats présentés de façon descriptive sous forme de pourcentages valides par question; données non pondérées.
Le sondage de l'ACEE auprès des étudiants juifs comprenait 38 questions portant sur l'admissibilité, les caractéristiques sociodémographiques, l'identité juive, le sentiment d'appartenance et l'engagement, le climat des campus, les expériences d'antisémitisme, le signalement des incidents, l'antisémitisme en ligne, les répercussions et l'inscription facultative à un tirage de cartes-cadeaux. L'instrument utilise une combinaison de formats de réponse, notamment des échelles d'accord et de fréquence de type Likert, des questions à réponse unique, des questions permettant de sélectionner toutes les réponses applicables et des zones de texte ouvertes. Les réponses ouvertes ont été examinées afin de dégager les thèmes récurrents, et des exemples illustratifs ont été inclus dans l'ensemble du rapport afin de contextualiser et de mettre en relief les constats issus des questions quantitatives du sondage.
Architecture et portée du sondage
Le sondage auprès des étudiants juifs a été conçu pour documenter les expériences vécues par les étudiants juifs canadiens, notamment s’ils sont exposés à l’antisémitisme et de quelle manière, si leurs établissements ont pris des mesures, et s’ils estiment que les autorités tiendraient les auteurs responsables de leurs actes, ainsi que les répercussions en aval sur leur sécurité, leur santé mentale et leur bien-être. Plusieurs questions portant sur les incidents demandaient aux répondants de réfléchir à leurs expériences au cours des 12 mois précédents, ce qui permet au rapport de refléter le climat actuel sur les campus.
Univers des répondants et terminologie
L’ACEE inclut les étudiants et les diplômés récents de divers parcours postsecondaires canadiens, notamment universitaire, collégial (y compris le CÉGEP)et autres filières professionnelles ou de formation, le cas échéant. Pour cette raison, le rapport utilise les termes « postsecondaire » ou « campus » comme cadre de référence par défaut, sauf lorsqu'un résultat vise un milieu plus restreint.
Collecte, recrutement et sélection
Le sondage auprès des répondants juifs a été mené du 17 novembre au 19 décembre 2025. Le recrutement a été facilité par des organisations étudiantes juives sur les campus, des réseaux communautaires juifs et des canaux de diffusion connexes. Cette approche a permis de recueillir un large éventail de points de vue au sein de la communauté juive. Le sondage a reçu 1 038 réponses, dont 900 ont été conservées après les vérifications d'admissibilité et le contrôle de la qualité des données. Une hausse anormale de réponses identiques est survenue le 10 décembre 2025 après que le lien du sondage eut été partagé publiquement sur les médias sociaux. Par conséquent, le lien original a été fermé, un nouveau lien sécurisé a été émis pour une diffusion contrôlée, et les cas signalés ont été retirés de l'ensemble final des données analytiques.
Pondération et pourcentages valides
Le sondage auprès des répondants juifs n'est pas pondéré. Il s'agit d'un choix méthodologique délibéré plutôt que d'une omission. En raison de la mobilisation inégale du sondage entre les réseaux étudiants et communautaires, les provinces, les établissements et les types de programmes, aucune pondération poststratifiée n'a été appliquée. Une telle pondération aurait produit une apparence de représentativité que le mode de participation au sondage ne permettait pas d'appuyer. Les résultats de l'échantillon juif sont donc présentés sous forme de pourcentages valides parmi les répondants ayant répondu à chaque question et doivent être interprétés de façon descriptive plutôt que comme des estimations précises de la population. Néanmoins, les caractéristiques démographiques des répondants concordent largement avec celles observées dans des études représentatives de la population juive canadienneNote de bas de page 26.
Élaboration et interprétation
L’élaboration du sondage s’est appuyée sur un examen de sources récentes, notamment des instruments d’enquête, des notes méthodologiques et des études sur le climat des campus portant sur les expériences des étudiants juifs, l’antisémitisme, la sécurité, le sentiment d’appartenance, le signalement et la réponse institutionnelle. Ces sources comprenaient notamment le sondage In the Shadow of War du Cohen Center de l’Université Brandeis, mené auprès d’étudiants juifs de premier cycle dans 51 collèges et universités des États-Unis; l’Australian Jewish University Experience Survey du Social Research Centre; le sondage post-7 octobre, à méthodes mixtes, de l’Australian Academic Alliance Against Antisemitism auprès d’étudiants et de membres du personnel juifs, Antisemitism in Australian Universities Post 7 October; le Student Belonging and Exclusion Survey de l’Université Columbia/NORC; le sondage Ipsos/Jewish on Campus sur l’antisémitisme dans les collèges et universités des États-Unis, Jewish on Campus Poll: Antisemitism at Colleges and Universities; ainsi que le rapport de l’ADL/Jewish Federations of North America sur les expériences antisémites aux États-Unis, Portrait of Antisemitic Experiences in the U.S., 2024–2025. Le sondage de l’ACEE s’est également appuyé sur des recherches canadiennes présentées dans le rapport de Robert Brym, L’antisémitisme dans les écoles de l’Ontario de la maternelle à la 12e année, y compris le rapport commandé par le gouvernement du Canada et le mémoire connexe soumis au Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes, qui documente un sondage rapporté par des parents auprès de 599 parents juifs ainsi que 781 incidents antisémites dans les écoles de l’OntarioNote de bas de page 27. Ensemble, ces sources ont contribué à orienter la formulation des questions, les catégories de réponse, l’attention portée aux questions fermées et ouvertes, le traitement des obstacles au signalement, ainsi que l’interprétation des résultats comme données descriptives sur le climat des campus plutôt que comme estimations de prévalence à l’échelle de la population.
L’élaboration et la promotion du sondage ont été orientées par un comité consultatif d’experts composé d’universitaires, de chercheurs, de praticiens et d’observateurs du ministère du Patrimoine canadien. Ce processus a contribué à renforcer la formulation des questions, la stratégie de recrutement et le cadre d’interprétation du rapport final. Les réponses ouvertes ont permis à l’étude de contextualiser les résultats quantitatifs dans les mots mêmes des étudiants, tout en préservant l’anonymat dans la présentation des citations.
Pourcentages
Pour faciliter la lecture, le rapport arrondit les pourcentages au nombre entier. De légers écarts d'un point entre l'étiquette d'une figure, une phrase narrative et un tableau de contexte peuvent donc résulter de l'arrondissement plutôt que de données sources contradictoires.
Les mesures de fréquence doivent également être interprétées avec prudence. « Souvent ou occasionnellement » et « Souvent ou parfois » (utilisés selon la question) rendent compte d'une exposition plus concentrée. « Au moins rarement » combine souvent, occasionnellement et rarement. Plusieurs des résultats les plus importants sont présentés sous ces formes combinées afin que les lecteurs puissent distinguer l'intensité, l'étendue et l’orientation générale des phénomènes observés.
Lorsque les questions permettaient des choix multiples, comme les lieux, les acteurs ou les canaux de signalement, les pourcentages peuvent totaliser plus de 100 pour cent. Les citations ouvertes sont incluses afin de permettre aux répondants de décrire leurs expériences dans leurs propres mots. Ces réponses sont légèrement révisées au besoin en terme de ponctuation, d'orthographe, la longueur et l'anonymat, mais elles ne sont pas traitées comme des estimations de prévalence autonomes.
Figure 13 : Caractéristiques de l’échantillon de l’enquête ACEE
Caractéristiques de l’échantillon de l’enquête a ACEE – Profil général des répondants a l’enquête (%, valides)
1. Profile des répondants
A. Statut des étudiants (n valide = 813)
- Premier cycle - 69.4%
- Études supérieures - 17.3%
- Diplômés récents - 7.3%
- Autre - 6.0%
B. Genre (n valide = 793)
- Femme - 58.9%
- Homme - 39.1%
- Diversité de genre - 2.0%
C. Domaine d’études (n valide = 796)
- Sciences physiques, mathématiques et statistiques - 13.1%
- Medicine et science de la santé - 11.7%
- Arts et sciences humaines - 11.7%
- Administration, commerce et gestion - 10.9%
- Sciences sociale et domaines connexes - 10.9%
- Droit et études juridiques - 10.3%
- Psychologie - 8.5%
- Génie - 8.3%
- Biologie et science de la vie - 6.5%
- Informatiques et sciences de l’information - 3.8%
- Éducation - 3.3%
- Indécis - 0.9%
- Métiers / technique - 0.1%
2. Attachement / identité
| Très important (%) | Plutôt important (%) | Très + plutôt important (%) | |
|---|---|---|---|
| Culture juive | 83.4% | 14.9% | 98.3% |
| L’Holocauste / la Shoah | 75.9% | 19.7% | 95.6% |
| Israël | 74.7% | 14.9% | 89.6% |
| Sionisme | 69.2% | 17.6% | 86.8% |
| Ma communauté juive locale | 67.5% | 24.8% | 92.3% |
| Ma religion | 59.1% | 27.1% | 86.2% |
Points Saillants
- L’échantillon est composé majoritairement d’étudiants de premier cycle (69%) et de femmes (59%)
- Les répondants proviennent d’un large éventail de domaines d’études, surtout les sciences physique/mathématiques, la sante, les sciences humaines, le commerce et les sciences sociales
- La culture juive, l’Holocauste/Shoah, Israël et le sionisme sont juges importants par de fortes majorités
Tableau A1: Nombre de réponses par province et par établissement
| Totaux par province et par établissement | Répondants |
|---|---|
| Ontario | 418 |
| Québec | 243 |
| Colombie-Britannique | 55 |
| Nouvelle-Écosse | 41 |
| Manitoba | 22 |
| Alberta | 14 |
| Nouveau-Brunswick | 2 |
| Saskatchewan | 1 |
| Inconnu/autre | 3 |
| Ontario | |
| Queen’s University | 65 |
| University of Toronto | 62 |
| University of Guelph | 50 |
| University of Ottawa | 37 |
| Toronto Metropolitan University | 32 |
| McMaster University | 31 |
| York University | 26 |
| Western University | 23 |
| University of Waterloo | 21 |
| Wilfrid Laurier University | 17 |
| Carleton University | 16 |
| Osgoode Hall Law School | 13 |
| University of Windsor | 8 |
| Autre | 17 |
| Québec | |
| McGill University | 135 |
| Concordia University | 43 |
| Dawson College | 19 |
| Université de Montréal | 11 |
| Vanier College | 11 |
| John Abbott College | 8 |
| Autre | 16 |
| Colombie-Britannique | |
| University of Victoria | 25 |
| University of British Columbia (UBC/UBC Vancouver/Allard Law) | 17 |
| Simon Fraser University | 9 |
| Autre | 4 |
| Alberta | |
| University of Calgary | 9 |
| Autre | 5 |
| Manitoba | |
| University of Manitoba | 11 |
| University of Winnipeg | 11 |
| Nouvelle-Écosse | |
| Dalhousie University | 28 |
| Autre | 13 |
| Inconnu/autre | |
| Mentions non précisées « université/collège » / « université » / espaces réservés divers | 6 |
Annexe B | Pourquoi il faut y voir un problème canadien, et non seulement un problème juif
L’antisémitisme sur les campus ne doit pas être compris comme une préoccupation juive isolée, mais comme faisant partie d’un problème canadien plus large. Le Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes a entendu, en 2024, des témoignages selon lesquels les étudiants et les membres du corps professoral juifs vivaient une « culture toxique d’antisémitisme sur les campus », marquée par la peur, l’exclusion et une réponse institutionnelle faible. Ce même schéma dépasse le cadre universitaire. Une étude commandée par le gouvernement du Canada en 2025, L’antisémitisme dans les écoles de l’Ontario de la maternelle à la 12e année, de Robert Brym, a documenté des incidents répandus, des réponses scolaires inadéquates et des conséquences graves sur le bien-être des élèves et leur sentiment d’appartenance. Lus conjointement avec les données de Statistique Canada sur les crimes haineux, ces constats indiquent que l’antisémitisme n’est pas seulement un problème pour les communautés juives; il s’agit d’un problème canadien qui touche l’éducation, la sécurité publique et la cohésion socialeNote de bas de page 28.
La persistance de l’antisémitisme est alimentée par sa normalisation et par l’inaction. Sa prolifération est rendue possible par des lacunes dans la compréhension du phénomène, et ses effets sont amplifiés par des insuffisances institutionnelles. Les conséquences se manifestent partout au pays, alors que les Juifs sont plus susceptibles que toute autre communauté d’être victimes de crimes haineux au Canada. Bien qu’ils ne représentent qu’environ 1 % de la population, 18.8 % de tous les crimes haineux déclarés étaient motivés par l’antisémitisme en 2024. De plus, 68 % de tous les crimes haineux motivés par la religion visaient des Juifs. Selon Statistique Canada, la communauté juive était la plus visée dans ces deux catégories. Ce qui se passe sur les campus postsecondaires ne peut être dissocié de ce qui se passe dans l’ensemble du pays. Il s’agit plutôt de phénomènes qui s’inscrivent dans un même continuum.
959
crimes haineux déclarés par la police visant des personnes juives au Canada en 2023Note de bas de page 29
70%
des crimes haineux déclarés par la police et motivés par la religion visaient des personnes juives au Canada en 2023Note de bas de page 30
18.8%
des crimes haineux déclarés par la police visaient des personnes juives au Canada en 2023Note de bas de page 31
10%
des enfants juifs’âge scolaire auraient directement vécu de l'antisémitismeNote de bas de page 32
920
crimes haineux déclarés par la police visant des personnes juives au Canada en 2024Note de bas de page 33
68%
des crimes haineux déclarés par la police et motivés par la religion visaient des personnes juives au Canada en 2024Note de bas de page 34
18.8%
des crimes haineux déclarés par la police visaient des personnes juives au Canada en 2024Note de bas de page 35
49%
correspond à la proportion d'incidents signalés de la maternelle à la 12e année que les parents ont dit ne pas avoir été examinés par les écolesNote de bas de page 36
Annexe C | Commentaires additionnels des étudiants
L’annexe C présente un échantillon sélectionné parmi plus de 1 200 commentaires ouverts soumis par les répondants juifs au sondage étudiant. Ces commentaires ont été examinés par thèmes et regroupés en catégories récurrentes reflétant des tendances communes dans les réponses, tout en reconnaissant que de nombreux commentaires abordaient plus d’un thème. Les thèmes les plus saillants comprenaient le harcèlement et les menaces; la négation, la distorsion et les références au nazisme et à la Shoah; les environnements de classe ou universitaires hostiles; l’exclusion sociale et la pression de dissimuler son identité juive; le ciblage antisioniste ou lié à Israël vécu comme antisémite; la peur, l’anxiété et le retrait de la vie sur le campus; ainsi que l’inaction institutionnelle perçue ou les réponses jugées inadéquates. Ces commentaires démontrent le caractère public de ce que vivent les étudiants juifs, que ce soit dans des toilettes ou dans une salle de classe, de la part de leurs pairs ou d’éducateurs. Parallèlement, ils reflètent l’exclusion sociale, le retrait et la crainte de l’inaction institutionnelle vécus par les étudiants juifs. Les commentaires ne visent pas à remplacer les résultats quantitatifs ni à servir d’estimations de prévalence; ils fournissent plutôt un contexte qualitatif permettant de comprendre, dans les mots mêmes des étudiants, la manière dont les résultats du sondage ont été vécus.
Voix étudiantes : Harcèlement et menaces
Quelqu'un a écrit sur les murs des toilettes [CAVIARDÉE PAR L’UNIVERSITÉ]: « Tous les Juifs doivent mourir », avec des croix gammées.
On m'a dit que c'était dommage qu'Hitler n'ait pas terminé le travail.
On m'a dit « Hitler aurait dû vous achever » lorsqu'on a appris que j'étais juif.
Je suis allé à la salle de bain; quelqu'un a vu mon étoile [de David] et a dit bienvenue dans ta chambre à gaz pendant que les gens vapotaient.
Divers [manifestants] ont lancé des injures antisémites à des étudiants visiblement juifs sur le campus, notamment des phrases comme « Hitler aurait dû tous vous tuer ».
J'ai vu des graffitis disant « Le sionisme est un culte de la mort », « Les sionistes inventent de fausses allégations d'agression sexuelle », « Mort au sionisme », « Mort à Israël ». Des gens lors d'une manifestation sur le campus ont crié « retournez en Pologne » à des étudiants qui avaient l'air juifs. On m'a crié dessus en entrant à Hillel et on m'a suivi après ma sortie de Hillel.
Une professeure a écrit que nous devons tuer tous les sionistes, qu'elle avait travaillé avec eux et qu'elle voyait à quel point ils étaient mauvais.
On m'a dit d'aller mourir quand j'ai dit que j'étais un Juif d'Israël.
Quelqu'un m'a traité de « juif nazi » parce que je portais mon chai en passant devant une manifestation, sans même y participer.
Moi et de nombreux autres membres d'une organisation juive (sans lien avec Israël) recevions des appels téléphoniques contenant des menaces de mort après le 7 octobre.
Un camarade de classe de ma femme s'est approché d'elle et lui a dit: « Je pensais que tu étais une mauvaise personne parce que tu es juive, mais tu es en fait vraiment gentille ».
Mon frère portait une kippa et une personne au hasard a commencé à lui crier qu'il était un tueur de bébés, qu'il était mauvais, etc., et a menacé de le suivre jusque chez lui et de l'attaquer.
Mon ami traversait le pavillon [CAVIARDÉ]. Il porte aussi une kippa, et un groupe d'étudiants a crié: « il y a un Juif… allons le chercher ». Ils l'ont ensuite poursuivi hors du bâtiment.
Quand j'étais au gymnase sur le campus, alors que je portais une kippa qui me rendait visiblement juif, un étudiant est venu me voir et m'a dit qu'il souhaitait que tous les Israéliens meurent parce que nous sommes « une bande de colonisateurs venus d'Europe ».
J'ai été enferme dans une pièce, on a lancé une bouteille d'eau à mon ami, des gens ont fait le salut nazi, il y a eu des chants « Juifs, Juifs, vous ne pouvez pas vous cacher », sur le mur de la salle de bain « tuez tous les Juifs allahu akbar », un enseignant a publié « tuez-les tous », des vitres ont été brisées, il y a eu des impacts de balles dans l'édifice, on m'a craché dessus, crié dessus, et on m'a doxé.
En première année, plusieurs mezouzot ont été arrachées des portes de ma résidence. Ils n'ont jamais attrapé les personnes qui l'ont fait, ce qui nous a fait nous demander qui était derrière cela et à nous sentir plus souvent sur nos gardes.
Une de mes amies portait son Magen David et quelqu'un lui a craché dessus. Depuis, elle a peur de porter son collier.
J'ai vu des affiches et entendu des discussions sur le nombre de pays qui ont historiquement expulsé les Juifs, sous-entendant que nous devons être le problème.
Plusieurs de mes camarades de classe m’ont coincé et entouré pour me demander d’où venait ma famille, où ils étaient nés et où mes grands-parents étaient nés.
J'étais à la bibliothèque et j'ai vu écrit sur un bureau: « ce n'est pas parce qu'Hitler a tué 6 millions de Juifs qu'il est une mauvaise personne #amour #paix #tolérance ».
On m'a craché dessus et quelqu'un a fait vrombir le moteur de sa voiture vers moi dans un passage pour piétons alors que je portais une kippa. J'ai vu un étudiant juif se faire frapper; j'ai entendu une amie juive être traitée de putain sioniste et se faire cracher dessus parce qu'elle portait un Magen David [étoile de David] visible. J'ai vu des graffitis antisémites dans les cabines de toilettes et partout sur le campus.
Voix étudiantes : Pression pour divulguer ses opinions politiques
Quand les gens apprennent que je suis juif, ils me demandent toujours ce que je pense d'Israël, et s'ils n'aiment pas la réponse, ils me traitent de personne horrible.
Lorsque les gens découvrent que je suis juif, il y a eu quelques situations où ils disent quelque chose comme « oh, mais tu es probablement l'un des bons Juifs qui est anti-Israël ».
Des enseignants m'ont mis de la pression pour que je prenne position ou que je donne mon opinion [sur le conflit au Moyen-Orient] parce que je suis ouvertement juif.
Mes camarades de classe ont exigé que je partage mes opinions sur Israël comme condition pour me joindre à une initiative EDI dirigée par des étudiants qui aurait dû être ouverte à tous les étudiants des cycles supérieurs de mon département.
On m'a toujours posé la question « es-tu un bon Juif ou un mauvais Juif », ce qui signifie « soutiens-tu le fait que les Juifs aient un pays ». Ils s'attendent toujours à ce que je donne mon opinion politique avant de me « respecter » en tant que Juif.
Les étudiants me demandent souvent d'où je viens, puis s'attendent à ce que je passe un test idéologique. De plus, dès que les étudiants apprennent que je suis juif, ils me demandent ce que je pense de Gaza, du génocide, du gouvernement israélien, etc. Ils posent ces questions de façon très agressive. Des professeurs et des étudiants m'ont dit que je n'étais pas un vrai Juif parce que je suis sioniste.
Voix étudiantes : Absence de réponse institutionnelle
Sur Instagram ou TikTok, l'université n'a pas surveillé les étudiants de [CAVIARDÉE PAR L’UNIVERSITÉ] qui créaient des forums pour plaisanter sur l'Holocauste et en nier l'ampleur et la gravite.
Nous avons été exclus de notre communauté EDI lorsqu'elle a tenu une rencontre de soutien « pro-palestinienne » et a dit qu'elle n'offrait pas de groupe de soutien aux étudiants juifs/israéliens. Nous avons donc créé notre propre groupe de soutien.
Après avoir signalé la projection sur le campus d'un documentaire glorifiant Hamas, l'université a fait intervenir le service de la diversité et l'inclusion et n'a absolument rien fait. Alors pourquoi signaler un autre incident?
Discuter de problèmes avec l’administration par le passé n’a pas aidé; l’administration m’a averti de ne pas déposer de plaintes publiques.
Une membre de mon laboratoire de recherche sur l’antiracisme à l'université a minimisé l'impact de l'Holocauste tandis que les autres membres du laboratoire sont restés silencieux (p. ex., elle a dit: « l'Holocauste n'était pas la première fois que des chambres à gaz étaient utilisées. Elles ont d'abord été utilisées contre les peuples autochtones au Canada »). Lorsque j'en ai parlé à ma directrice de recherche, maintenant titulaire, sa réaction a été de protéger l'étudiante fautive (p. ex., elle a dit: « ce qui se passe au labo reste au labo »).
Un groupe d’étudiants juifs, dont moi, mangeait à l’extérieur, à l’endroit où se trouvait le campement lorsqu’il était encore en place, lorsqu’une fille s’est approchée de nous en criant : « Hitler avait raison. » L’un des étudiants juifs qui était avec nous s’est levé d’un bond et l’a suivie lorsqu’elle est partie. Elle est entrée dans une salle de classe; il s’est approché d’elle, l’a filmée et lui a demandé : « As-tu vraiment dit que tu souhaitais qu’Hitler soit encore vivant? » Elle a répondu : « Oui », puis le professeur a expulsé l’étudiant juif.
Voix étudiantes : Exclusion sociale
Des étudiants m'ont demandé d'enlever mon collier chai parce qu'il était trop juif.
On m'a dit de quitter un espace public parce que je portais une kippa.
Une de mes amies m’a demandé ce que je faisais pour Noël, et j’ai répondu que je ne le célébrais pas parce que je suis juive. Elle m’a immédiatement demandé si j’étais sioniste. J’ai répondu oui, et elle a commencé à m’exclure d’activités et à faire des remarques haineuses lorsqu’elle me voyait sur le campus.
Veuillez garder ma déclaration anonyme pour ma sécurité: Un membre du corps professoral avec qui je faisais du bénévolat depuis des années a abordé Gaza devant d’autres étudiants et m’a demandé de justifier la position d’Israël à plus d’une occasion. Il l’a fait même s’il savait que je n’avais jamais vécu en Israël et uniquement parce qu’il sait que je suis juif. Il a rendu la situation suffisamment inconfortable pour que je me sente en danger et que j’arrête de faire du bénévolat, ce qui m’a coupé d’une communauté qui avait été importante pour moi pendant de nombreuses années.
Un membre de mon projet de groupe m'a entendu parler hébreu et a demandé à voix haute si j'étais israélien. Après avoir répondu oui, mon groupe et plusieurs autres personnes de ma classe ne m'ont plus considéré et m'ont exclu du projet de groupe, pour ensuite me donner la section la plus longue et la plus difficile pendant qu'ils travaillaient ensemble.
J'ai été retirée de projets de recherche pour avoir dit que je souhaitais la sécurité des Palestiniens comme des Israéliens. J'ai subi une pression extrême d'autres organisations étudiantes pour publier une déclaration contre le sionisme en ma qualité de président du syndicat étudiant [CAVIARDÉ], mon nom a été placé sur une liste circulant sur le campus et hors campus comme « sioniste connu »
Je ne me suis fait aucun ami dans une cohorte de 17 étudiants [CAVIARDÉ PAR L’UNIVERSITÉ] parce que je m'identifiais ouvertement comme juif et israélien; mes pairs ont donc pris leurs distances avec moi.
Des résidents de la résidence où je vivais ont propagé des rumeurs selon lesquelles j’étais un tueur d’enfants, un suprémaciste blanc, un raciste et un sioniste, simplement parce qu’ils avaient appris que j’étais juif.
Voix étudiantes : Normalisation du climat antisémitique
Plusieurs membres du corps professoral de mon programme ont minimisé l’Holocauste ou l’ont utilisé pour condamner la réponse israélienne immédiatement après le 7 octobre.
Plusieurs étudiants et membres du corps professoral dans mes cours ont fréquemment minimisé ou banalisé l’Holocauste.
Le campus est un foyer de haine. Les étudiants juifs doivent utiliser des entrées arrière pour assister à des événements afin d'éviter des foules de manifestants haineux, qui incluent souvent des professeurs. Les kiosques de Hillel durant la semaine d'accueil ont été harcelés par des étudiants et des professeurs munis de mégaphones.
Dans le module sur l’antiracisme de mon cours de psychologie, les étudiants avaient une image d'un Juif qui avait l'air fâché et effrayant, tandis que les images représentant des personnes d'autres religions avaient l'air heureuses et sympathiques.
Peu après le 7 octobre, j'ai dit à ma directrice de doctorat que je ne me sentais pas en sécurité sur le campus et elle a répondu: « eh bien, tu devrais voir l'autre côté ».
Les Juifs ont été décrits comme avides d'argent dans un cours magistral.
En discutant de personnages d'un livre, mon professeur a décrit un personnage en affirmant que « d'après son nom de famille, il est clairement juif et a probablement un nez crochu ».
Dans un cours de droit international, mon professeur a demandé aux étudiants juifs de lever la main, et je me suis senti très mal à l'aise puisque personne ne l'a levée; j'ai donc choisi de ne pas le faire.
Pendant le cours, un professeur m'a dit que les Juifs appartiennent à la Pologne et doivent y retourner.
J'ai entendu un professeur dire qu' Hitler était un héros.
Les Juifs font face à des doubles standards qu'aucun autre groupe ne subit sur le campus. Le fait que des étudiants fassent la « grève » et empêchent d'autres personnes d'assister à leurs cours ou d'accéder à leurs études va à l'encontre du contrat que les étudiants ont avec leurs universités lorsqu'ils paient des droits de scolarité.
Voix étudiantes : Biais en salle de classe
Dans un cours qui n'avait rien à voir avec Israël, mon professeur a passé trois semaines à parler de Gaza et de la création de l'État d'Israël. Il n'a jamais mentionné l'Holocauste comme précurseur de sa fondation, qualifiant a plusieurs reprises l'État de « projet politique sioniste ».
Dans un cours intitulé Droit CANADIEN et violence, le professeur a passé tout le semestre à discuter de l'occupation de la Palestine par Israël, tout en incitant les étudiants à manquer les cours pour assister à des manifestations, en montrant des vidéos d'Al Jazeera et en portant chaque semaine des chandails et boucles d'oreilles pro-Palestine.
Ma classe a été forcée de répondre aux questions d'examen selon les biais de mon professeur. Nous avons été forcés d'établir des liens positifs entre BLM et le Hamas.
J'ai rédigé mon examen final sur le système de santé d'Israël, car le travail portait sur le système de santé d'un pays. J'ai échoué au travail, et je crois qu'un commentaire disait: « Israël n'est pas un pays ».
Un professeur a annulé le cours le 7 octobre pour permettre aux étudiants d'assister à des manifestations anti-Israël.
Nous avons été évalués sur la situation à Gaza et en Israël même si le programme de notre cours n'avait absolument rien à voir avec cela.
Mon professeur, qui participait ouvertement au mouvement pour une Palestine libre, faisait en classe des commentaires comme « ces foutus Israéliens ».
Mon professeur a dit que le sionisme est une idéologie maléfique.
Mon professeur a donne un cours en disant que si nous soutenions Israël et ne dénoncions pas le génocide, nous ne serions pas de bons médecins/n'avions pas notre place.
Mon cours de géographie a présenté le Hamas comme une organisation communautaire jouissant d'un taux d'approbation élevé en Palestine.
Trois minutes après le début de notre présentation sur le cancer du sein, mon professeur nous a interrompus pour calomnier Israël, disant que c'était une mer de sauvages et de barbares et que, chaque seconde, trois bébés à Gaza étaient tués.
Un professeur a retiré du contenu de cours parce qu'il avait été élaboré par un doctorant juif israélien.
Pendant un cours sur un sujet différent, mon professeur a parlé d'Israël et a forcé la classe à participer à une discussion sur les raisons pour lesquelles les manifestations et les campements étaient bons.
Un professeur d’études sur les femmes et le genre m’a attribué 0 % à un travail parce que j’avais parlé d’agression sexuelle le 7 octobre 2023. Il m’a suggéré de me concentrer plutôt sur le rôle de la police israélienne dans les agressions sexuelles.
Ma professeure de droit criminel canadien est partie se joindre à la flottille Samud, envoyant à la classe des messages nous remerciant pour votre « solidarité ». Elle a prononcé un discours émouvant avant de partir, en pleurant, et nous a dit de communiquer avec elle via son courriel personnel, de l'ajouter sur Signal et de nous attendre à ce que nos communications avec elle soient interceptées par l'ISG. À son retour, elle a consacré une heure de cours à une présentation sur la flottille, désignant l’IDF comme l’« IOF ». Elle avait structuré le cours de façon à ce que la correction ne soit pas anonyme, ce qui rendait impossible l’expression d’un désaccord. Je me suis senti complètement atteint et démoralisé dans son cours.
Mon professeur nous a fait jouer des scènes d’un film portant sur une femme palestinienne qui accepte sa sexualité, puis a commencé le cours en disant : « On dirait qu’il n’y a pas de Juifs ici non plus, alors nous ferons celui-ci. » Il a ensuite qualifié les survivants ayant émigré en 1945 de régime militaire répressif, en disant : « Ils ont tout volé. » Il voulait manifestement parler des Juifs.
Pendant le cours, un professeur a partagé une publication sur les médias sociaux décrivant une manifestation pro-palestinienne hors campus et a encouragé les étudiants à y participer. Un autre professeur nous a donné comme devoir d'écouter un balado qui expliquait que le sionisme était semblable au nazisme, ce qui était sans lien avec le cours.
Dans les laboratoires, des gens ont refusé de travailler avec moi en raison de mon identité juive et ont délibérément essayé de saboter mes données.
Voix étudiantes : Peur et répercussions émotionnelles
J'ai été harcelé, insulté et antagonisé à la fois publiquement et en privé dans des tentatives de me faire dire des choses « politiquement incorrectes » au sujet de ma nationalité. Mes professeurs annulent les cours par solidarité avec les manifestations, alors je ne me sens pas à l'aise de leur demander de l'aide.
J'attendais un examen de musique pour jouer un solo devant un jury lorsqu'un grand groupe d'étudiants, portant des bandeaux verts du Hamas, a défilé dans le couloir du pavillon de l'éducation avec des drapeaux palestiniens. J'ai caché mon étoile de David pendant qu'ils passaient bruyamment avec des mégaphones. Cela m'a rendu anxieux et ébranlé pendant mon examen et a nui à ma performance.
Il me reste un seul semestre dans mon baccalauréat de quatre ans et j'envisage sérieusement d'abandonner en raison du stress causé par mes expériences d'antisémitisme.
J'ai dû abandonner mon cours de cinéma d'archives l'an dernier parce que l'enseignant était très antisémite et parlait sans cesse de la façon dont nos projets devaient être très politiques, en utilisant principalement l'antisionisme dans ses exemples.
J'ai abandonné mes études. Mon niveau d'anxiété était trop élevé et personne à l'école ne semblait s'en soucier. La chasse aux étudiants juifs est ouverte.
La seule raison pour laquelle je n'ai pas sérieusement envisagé de changer d'établissement est que je ne crois pas que les autres établissements soient nécessairement meilleurs.
J'ai abandonné mes études. Mon niveau d'anxiété était trop élevé et personne à l'école ne semblait s'en soucier. La chasse aux étudiants juifs est ouverte. Le fait que n'importe qui puisse se masquer le visage sur le campus, détruire des biens, etc., sans aucune conséquence est terrifiant. Je ne me suis jamais senti en sécurité.
Je ne peux pas parler hébreu avec mes parents au téléphone sur le campus, j'ai cessé de porter des symboles juifs, je ne peux pas parler de mes plans pour les fêtes puisqu'elles sont juives; je dois cacher qui je suis et d'où je viens.
L'antisémitisme a contribué à me faire perdre de l'intérêt pour le milieu universitaire.
Il y a souvent des campagnes sur le campus pour inviter les étudiants à participer à des débrayages, ce qui crée une anxiété importante chez les étudiants juifs qui craignent d'être identifiés comme « sionistes » s'ils ne participent pas.
Voix étudiantes : Négation et distorsion de l'Holocauste
Derrière moi, dans la salle d'étude, un groupe d'étudiants parlait d'Hitler, de l'Holocauste, de la façon dont il serait faux, du fait qu'Hitler n'aurait jamais tué de Juifs et que l'Holocauste aurait simplement été inventé par les Juifs pour obtenir plus d'argent et de remords.
Lors d’un événement scolaire, des étudiants ont classé l’Holocauste comme « moins grave » que d’autres génocides plus récents. Des étudiants et des membres du personnel ont comparé l’Holocauste à la destruction des peuples autochtones au Canada; ils ont comparé la guerre Israël-Hamas à l’Holocauste et ont dit que la première était « pire ». Des membres du personnel ont précisément comparé des Juifs israéliens à des nazis.
Des enseignants disent qu'ils ne croient pas que l'Holocauste a eu lieu ou qu'il a été fortement exagéré.
Quelqu'un qui attendait devant moi dans la file a dit: « l'Holocauste n'a pas vraiment eu lieu. Mais si c'était le cas, Hitler avait raison. »
Des personnes, en particulier celles qui sont actives dans le mouvement pro-Palestine, sympathisent très bruyamment et publiquement avec Hitler, disent qu'il aurait dû finir le travail, qu'il n'y a pas eu assez de Juifs tués, que ce qu'il a fait était juste, qu'il devrait être ramené, tout en affirmant carrément que cela n'a pas eu lieu, que ce n'était pas aussi grave que les Juifs le prétendent et que les Juifs ont inventé l'Holocauste pour manipuler l'Occident.
Des professeurs qualifient les survivants de l'Holocauste ayant déménagé en Israël en 1945 de membres d'un régime militaire oppressif. De nombreux étudiants minimisent l'Holocauste et le traumatisme juif, ils disent que Gaza est l'Auschwitz moderne et accusent les Juifs de « devenir ce que vous aviez juré de détruire ».
Un de mes professeurs actuels a déjà affirmé que les Juifs exagèrent l'Holocauste pour rendre Israël plus légitime.
Le professeur a parlé des expériences à Auschwitz comme de « simples recherches menées de façon contraire à l'éthique pendant la Seconde Guerre mondiale ».
Un cas marquant s’est produit lorsque le groupe étudiant-professoral « Solidarité pour la Palestine » de l’université [CAVIARDÉ PAR L’UNIVERSITÉ] a invité une personne qui prétendait faussement être survivante de l’Holocauste. Pendant l’événement, cette personne a présenté des déclarations historiquement inexactes sur l’Holocauste et a minimisé des faits bien documentés.
Il y a eu un moment où des gens sont venus me parler pour dialoguer, mais ont affirmé que l'Holocauste n'était pas un événement horrible, mais plutôt un plan conçu par les Juifs pour avoir une excuse afin de voler la terre d'Israël.
Mon professeur de droit a comparé l'Holocauste à la guerre en Israël et à Gaza. Il a dit que les Israéliens sont les nazis modernes.
L'Holocauste a été omis d'une leçon sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.
Des conférenciers déforment l'histoire de l'Holocauste pour l'adapter aux luttes actuelles, comme BLM, les programmes EDI ou la réconciliation. Des professeurs partagent des liens vers des sites de négation de l'Holocauste comme matériel de lecture obligatoire.
Dans mon cours d'éthique, on nous a montré une photo de Joseph Mengele et on nous a dit qu'il était un produit de sa société, puis on est rapidement passé à autre chose, comme s'il n'avait rien fait d'abominablement ignoble.
J'ai entendu des étudiants comparer les morts de l'Holocauste à des avortements médicaux. C'est un sujet controversé, mais entendre un étudiant comparer une procédure pratiquée pour des raisons médicales avec consentement à un génocide était choquant.
Annexe D | Le sondage élargi sur les campus fournit des renseignements essentiels sur l'antisémitisme
Les lacunes en matière de sensibilisation et de reconnaissance au sein de la population étudiante générale contribuent à créer un environnement postsecondaire dans lequel les préoccupations liées à l’antisémitisme peuvent être minimisées, mal comprises et ignorées. Le sondage plus large mené sur les campus à l’échelle du Canada, qui fera l’objet du prochain rapport portant sur la population étudiante générale, montrera pourquoi une majorité écrasante d’étudiants juifs ont l’impression que leurs expériences sont niées, recadrées et banalisées par les professeurs, les administrateurs et leurs pairs. À l’heure actuelle, une majorité ne considérait pas plusieurs formes de ciblage antijuif comme étant antisémites, notamment le boycottage d’entreprises appartenant à des Juifs en raison de leur lien présumé avec Israël (54 %) et les manifestations devant des lieux de culte juifs (54 %). Plus de la moitié des répondants (55 %) n’ont pas reconnu comme antisémite l’affirmation selon laquelle les Juifs ont trop d’influence sur l’économie. Le sondage mettra en évidence un environnement universitaire où la reconnaissance de formes manifestes d’antisémitisme demeure inégale, où la connaissance de l’Holocauste est limitée et où le cadrage politique occulte des conduites clairement antijuives.
Ce que les étudiants juifs vivent comme un antisémitisme répété, visible et routinier est encore interprété à tort ou mal compris par une grande partie de la population étudiante générale comme étant ambigu, politisé ou périphérique. Cette asymétrie, qui sera explorée par le sondage plus large sur les campus, aidera à expliquer pourquoi les réponses institutionnelles sont vécues par les étudiants juifs comme lentes, équivoques ou incomplètes. Il est évident que l’environnement de campus environnant n’accorde pas la même gravité aux mêmes conduites.
Ce pilier de l’ACEE élargit donc, plutôt qu’il n’adoucit, l’argument central du rapport sur le sondage auprès des étudiants juifs. Le problème n’est pas seulement que des étudiants juifs subissent des torts. C’est aussi que trop de personnes autour d’eux ne reconnaissent pas de façon fiable l’antisémitisme contemporain, et qu’une minorité substantielle craint d’être jugée ou exclue si elle prend la parole. Par conséquent, il est impératif d’élargir l’analyse au-delà des auteurs et des cibles, et d’examiner comment les témoins, les cadres d’interprétation et les cultures administratives peuvent également contribuer à la manière dont l’antisémitisme se perpétue sur les campus postsecondaires canadiens.
Annexe E | Instrument d’enquête
L’instrument d’enquête final est présenté ci-dessous dans sa version française originale.
Préambule
Ce sondage vise à mieux comprendre les expériences vécues par les étudiants juifs des universités canadiennes sur les campus au cours des 12 derniers mois, en portant une attention particulière à l'antisémitisme, au sentiment d'appartenance, à l'engagement sur les campus, au sentiment de sécurité et à l'inclusion, ainsi qu'à d'autres thèmes importants.
Cette étude a été commandée par le Bureau de l'ancienne Envoyée spéciale pour la préservation de la mémoire de l'Holocauste et la lutte contre l'antisémitisme et est menée par l'Association d'études canadiennes (AEC).
La participation au sondage est volontaire, et toutes les réponses sont anonymes et seront analysées uniquement sous forme agrégée. Aucune information permettant d'identifier les participants ne sera partagée ni publiée. Le sondage prend environ 12 à 15 minutes à compléter.
En guise de remerciement pour votre temps, les étudiant(e)s qui complètent le sondage dans son intégralité et fournissent leur adresse courriel seront inscrits à un tirage pour courir la chance de gagner l'une des quinze (15) cartes-cadeaux Visa de 100 $.
Les résultats de cette étude aideront les universités et les décideurs à renforcer leurs efforts pour lutter contre l'antisémitisme et à promouvoir l'inclusion sur les campus canadiens.
Seules les personnes qui s'identifient comme étant juives et qui sont inscrites dans un établissement d'enseignement postsecondaire canadien peuvent participer à ce sondage. Les questions suivantes serviront à confirmer l'admissibilité.
1. Êtes-vous actuellement inscrit(e) dans un établissement d'enseignement postsecondaire canadien (p. ex. université, collège ou cégep) ou avez-vous obtenu votre diplôme au cours des deux dernières années?
- Oui
- Non
Identité juive
2. Vous identifiez-vous comme une personne juive (sur le plan religieux, culturel ou ethnique) ?
- Oui
- Non
Obédience juive
3. À quelle obédience religieuse appartenez-vous ?
- Traditionnelle
- Orthodoxe
- Conservatrice
- Réformée
- Aucune obédience
- Autre (précisez)
Informations générales
4. Dans quel établissement d'enseignement postsecondaire étudiez-vous actuellement ?
(réponse)
5. Quel est votre statut actuel d'étudiant(e) ?
- Premier cycle
- Études supérieures
- Diplômé(e) récent(e) (dans les 2 dernières années)
- Autre (précisez)
6. Quel est votre principal domaine d'études ?
(réponse)
7. Depuis combien de temps êtes-vous inscrit(e) dans cet établissement ?
- Moins d'un an
- 1 à 2 ans
- 3 à 4 ans
- 5 ans ou plus
8. Êtes-vous un(e) étudiant(e) de cette province, hors de la province ou étranger(ère) ?
- De cette province
- Hors de la province
- Étudiant(e) étranger(ère)
9. Laquelle des propositions suivantes décrit le mieux votre situation actuelle en matière de logement ?
- Sur le campus (p. ex. résidence, dortoir, logement étudiant)
- Hors campus — vivant seul(e)
- Hors campus — avec des colocataires ou des amis
- Hors campus — avec la famille
- Autre (précisez)
10. Quel est votre genre ?
(réponse)
11. Quelle est votre langue principale ?
- Anglais
- Français
- Autre (précisez)
12. Êtes-vous né(e) au Canada ?
- Oui
- Non
13. Si vous êtes né(e) à l'extérieur du Canada, dans quel pays êtes-vous né(e) ?
(réponse)
Sentiment d'appartenance et engagement
14. Combien de vos amis sont juifs ?
- Tous
- La plupart
- Quelques-un(e)s
- Un petit nombre
- Aucun(e)
15. Portez-vous ou affichez-vous des objets qui vous identifient comme juif ou juive sur le campus ou dans ses environs ? (p. ex. kippa, étoile de David)
- Oui
- Non
16. Êtes-vous actuellement impliqué(e) auprès de Hillel, Chabad ou d'un autre organisme étudiant juif ?
- Oui
- Non
17. Dans quelle mesure participez-vous aux activités suivantes ?
(Échelle : Très impliqué(e) / Plutôt impliqué(e) / Peu impliqué(e) / Pas du tout impliqué(e))
- Activités juives sur le campus (p. ex. Hillel, Chabad, fraternité ou sororité juive, groupe juif dirigé par des étudiants)
- Activités juives hors campus (p. ex. synagogue, organisme communautaire ou culturel, programme de bénévolat)
18. Quelle importance accordez-vous aux éléments suivants dans la définition de votre identité ?
(Échelle : Très importante / Plutôt importante / Peu importante / Pas du tout importante)
- Ma religion
- Ma communauté juive locale
- Culture juive
- Holocauste / Shoah
- Sionisme
- Israël
19. Avez-vous personnellement observé ou été témoin sur le campus de cas de négation ou de déformation de l'Holocauste (p. ex. des affirmations selon lesquelles l'Holocauste aurait été exagéré, inventé ou justifié)?
- Souvent
- Parfois
- Rarement
- Jamais
20. Si vous avez observé ou été témoin de négation ou de déformation de l'Holocauste sur le campus, décrivez brièvement l'exemple qui vous a le plus marqué.
(Réponse libre)
Climat et discours sur le campus
21. Veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d'accord ou en désaccord avec chacun des énoncés suivants.
(Échelle : Tout à fait d'accord / Plutôt d'accord / Plutôt en désaccord / Tout à fait en désaccord)
- Mon université favorise un environnement sur le campus où les personnes de tous horizons sont traitées avec respect.
- Le corps professoral encourage des discussions ouvertes et respectueuses sur des sujets sensibles.
- Mon université prend l'antisémitisme au sérieux.
- Mon campus est un endroit sûr et inclusif pour les étudiants juifs.
22. Veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d'accord ou en désaccord avec chacun des énoncés suivants.
(Échelle : Tout à fait d'accord / Plutôt d'accord / Plutôt en désaccord / Tout à fait en désaccord)
- On a fait pression sur moi pour que je partage mon/mes opinion(s) sur Israël avec d'autres étudiant(e)s.
- On a fait pression sur moi pour que je me conforme aux opinions exprimées par mon professeur sur Israël.
- On a fait pression sur moi pour que je participe à une manifestation anti-Israël sur le campus ou à proximité de ce dernier.
23. Si vous avez ressenti une pression dans l'une des situations ci-dessus, veuillez décrire brièvement ce qui s'est passé.
(Réponse libre)
24. En repensant à vos cours au cours des 12 derniers mois, avez-vous été confronté(e) à l'une des situations suivantes dans vos classes ?
(Échelle : Oui / Non / Je ne suis pas sûr(e))
- Un contenu de cours ou des discussions en classe qui, selon vous, présentaient les Juifs, le judaïsme, Israël ou le sionisme de manière antisémite ou biaisée ?
- Un contenu de cours ou des discussions en classe dans lesquels un professeur ou un enseignant a abordé les Juifs, le judaïsme, Israël ou le sionisme d'une façon qui semblait sans rapport avec le sujet du cours ou de la discussion ?
25. Si oui, veuillez décrire brièvement ce qui vous a préoccupé.
(Réponse libre)
Expériences liées à l'antisémitisme
26. Au cours des 12 derniers mois, à quelle fréquence avez-vous vécu ou été témoin des situations suivantes sur votre campus ?
(Échelle : Souvent / Parfois / Rarement / Jamais)
- Remarques ou gestes antisémites dirigés contre vous.
- Remarques ou gestes antisémites dirigés contre d'autres personnes.
- Traitement haineux ou discriminatoire envers les Juifs.
- Traitement haineux ou discriminatoire envers les sionistes.
- Traitement haineux ou discriminatoire envers les Israéliens.
- Exclusion d'un événement ou d'un groupe (sur le campus).
- Vandalisme touchant des biens scolaires motivé par l'antisémitisme.
- Intimidation ou menaces dirigées contre les Juifs.
- Violence physique dirigée contre les Juifs.
27. Si vous avez vécu ou été témoin de l'une des situations énumérées ci-dessus, veuillez décrire brièvement un ou deux cas qui vous ont particulièrement marqué. Que s'est-il passé ?
(Réponse libre)
28. Où l'incident (ou les incidents) que vous venez de décrire s'est-il produit ? (Veuillez cocher toutes les cases qui s'appliquent)
- Salle de classe ou amphithéâtre
- Organisation étudiante, club ou événement sur le campus
- Résidence, dortoir ou logement étudiant
- En ligne ou sur les réseaux sociaux
- Hors campus, près de l'université
- Autre lieu (précisez)
29. Qui était en cause dans l'incident dont vous avez été témoin ou que vous avez vécu ? (Veuillez cocher toutes les cases qui s'appliquent)
- Autre(s) étudiant(e)s
- Membre du corps enseignant
- Assistant(e) d'enseignement
- Administrateur ou autre membre du personnel
- Personne(s) non affiliée(s) à l'université
- Personne(s) inconnue(s)
- Autre (précisez)
30. Avez-vous signalé l'incident ?
- Oui
- Non
Documentation de l'antisémitisme (incident signalé)
31. À qui l'avez-vous signalé ? (Veuillez cocher toutes les cases qui s'appliquent)
- Sécurité du campus
- Bureau de l'équité ou des droits de la personne
- Doyen ou administrateur
- Professeur / membre du personnel
- Police
- Organisation juive
- Autre (précisez)
32. Dans quelle mesure avez-vous été satisfait(e) de la façon dont le signalement a été traité ?
- Très satisfait(e)
- Plutôt satisfait(e)
- Insatisfait(e)
- Très insatisfait(e)
Documentation de l'antisémitisme (incident non signalé)
33. Si vous n'avez pas signalé l'incident, pour quelle raison avez-vous décidé de ne pas le faire ? (Cochez jusqu'à deux réponses)
- Je ne pensais pas que cela servirait à quelque chose
- Je ne savais pas comment faire cela
- Peur de représailles
- Incident mineur
- Autre (précisez)
Antisémitisme en ligne
34. Au cours des 12 derniers mois, avez-vous été témoin ou confronté(e) à une situation haineuse ou discriminatoire à l'égard des personnes juives sur les réseaux sociaux affiliés à l'université ou sur d'autres plateformes en ligne ?
- Oui, fréquemment
- Oui, occasionnellement
- Rarement
- Non, jamais
35. Si la réponse est oui, sur quelles plateformes avez-vous repéré ce type de contenu ? (Veuillez cocher toutes les cases qui s'appliquent)
- X (Twitter)
- TikTok
- Discord
- Telegram
- Autre (précisez)
Impacts et réactions
36. Veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d'accord ou en désaccord avec les affirmations suivantes.
(Échelle : Tout à fait d'accord / Plutôt d'accord / Plutôt en désaccord / Tout à fait en désaccord)
- L'antisémitisme est un problème grave au Canada.
- L'antisémitisme est un problème grave sur le campus de mon université.
- J'évite de porter ou d'afficher des symboles juifs par souci de sécurité.
- J'évite d'assister à certains cours ou événements en raison de l'antisémitisme.
- Je limite ce que je dis en ligne au sujet de mon identité juive.
- Je limite ce que je dis en classe au sujet de mon identité juive.
- J'ai perdu des amis à cause de l'antisémitisme.
- L'antisémitisme a affecté ma santé mentale.
- L'antisémitisme a affecté mes performances académiques.
- J'ai envisagé d'abandonner un cours ou de quitter mon programme en raison des opinions antisémites de certains professeurs ou étudiants.
- J'ai envisagé de quitter mon université à cause de l'antisémitisme.
37. Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez partager concernant vos expériences ou vos points de vue liés à l'antisémitisme sur le campus et qui n'a pas été abordé dans ce sondage ?
(Réponse libre)
Participation au tirage de cartes-cadeaux (facultatif)
38. Pour vous remercier de votre participation, vous pouvez choisir de participer à un tirage pour gagner l'une des quinze (15) cartes-cadeaux de 100 $.
La participation au tirage est facultative, et votre adresse courriel sera conservée séparément de vos réponses afin de garantir l'anonymat.
Si vous souhaitez participer, veuillez fournir votre adresse courriel ci-dessous.