Fiche d'information : Zone de protection marine du chenal Laurentien

Document d'information

Pêches et Océans Canada a désigné la zone de protection marine (ZPM) du chenal Laurentien pour aider à protéger le milieu marin unique de la région. La création de cette nouvelle ZPM s’inscrit dans l’engagement du gouvernement du Canada de conserver 10 % des zones marines et côtières du Canada d’ici 2020.

La ZPM du chenal Laurentien représente 11 580 km2 supplémentaires d’espace océanique protégé au large de la côte sud-ouest de Terre-Neuve-et-Labrador, et contribue à hauteur d’environ 0,2 % aux objectifs de conservation marine du Canada. Cela fait du chenal Laurentien la plus grande ZPM créée à ce jour en vertu de la Loi sur les océans. Le chenal Laurentien abrite de nombreux habitats fragiles du fond marin, notamment des zones où l’on trouve certaines des plus fortes concentrations de coraux, connues sous le nom de pennatules, dans les eaux autour de Terre-Neuve-et-Labrador. La zone offre un habitat important à une variété d’espèces marines, y compris à une grande population d’aiguillats noirs et de raies à queue de velours juvéniles, ainsi qu’à deux espèces en péril, le loup à tête large et la tortue luth. Les maraîches se déplacent dans la ZPM et y résident de façon saisonnière, et la ZPM comprend un des deux seuls lieux d’accouplement connus de la maraîche dans l’Atlantique Nord-Ouest. La ZPM du chenal Laurentien englobe également d’importantes aires d’alimentation et voies de migration à destination et en provenance du golfe du Saint-Laurent. Au moins 20 espèces de cétacés y ont été même observées, dont la baleine noire de l’Atlantique Nord en voie de disparition.

L’objectif principal de la ZPM du chenal Laurentien est de conserver la biodiversité en protégeant les espèces clés et leurs habitats, en maintenant les fonctions et la structure de l’écosystème, et en effectuant des recherches scientifiques. Le règlement de la ZPM vise à protéger la biodiversité dans le chenal Laurentien en réduisant les risques et les dommages causés par les activités humaines aux espèces et aux habitats aquatiques de la région. La désignation de la ZPM du chenal Laurentien protégera aussi les poissons et leur habitat dans la zone désignée, ce qui pourrait aider à reconstituer les stocks de poissons épuisés. En effet, les populations de poissons qui s’accroissent dans la ZPM peuvent se répandre dans les zones environnantes, où la pêche est encore autorisée.

La création de la ZPM du chenal Laurentien faisait également partie des négociations entre le gouvernement du Canada et le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador concernant l'Accord atlantique. Les deux gouvernements ont convenu de restreindre les activités pétrolières et gazières dans les limites de la ZPM du chenal Laurentien. Ils ont également convenu de travailler ensemble pour planifier l'utilisation de la zone extracôtière afin de développer les ressources pétrolières et gazières et de protéger la biodiversité marine.

Détails des activités permises et interdites

La ZPM du chenal Laurentien est la première ZPM qui applique les nouvelles normes de protection du Canada. Par conséquent, l’activité pétrolière et gazière, y compris les levés sismiques, ainsi que l’exploitation minière, le déversement et le chalutage de fond sont interdits dans l’ensemble de la zone. La ZPM est également la première à interdire toute pêche commerciale et récréative dans la zone désignée. Le règlement établit deux zones de gestion qui offrent différents niveaux de protection dans la ZPM, les plus stricts étant appliqués aux zones qui en ont le plus besoin. Ensemble, ces zones permettront de conserver et de protéger la diversité biologique et la productivité de la ZPM du chenal Laurentien. Dans la zone de protection centrale, les seules activités autorisées sont celles qui visent la sûreté publique et la sécurité nationale, les pêches autochtones à des fins alimentaires, sociales et rituelles et les activités de navigation maritime, sauf l’ancrage. Dans la zone de gestion adaptative, d’autres activités comme l’ancrage, l’installation de câbles sous‑marins et la recherche scientifique peuvent être autorisées si elles n’ont pas d’incidence sur les objectifs de conservation de la ZPM.

Désignation d’une zone de protection marine

La zone a d’abord été jugée zone d’importance écologique et biologique dans le cadre d’un processus scientifique évalué par des pairs et dirigé par Pêches et Océans Canada, et elle a été retenue en vue d’une protection en 2010 après une vaste consultation publique. La connaissance de la région a ensuite été affinée par des évaluations écologiques, la prise en compte des connaissances traditionnelles et locales, des consultations et une analyse socio-économique. Un comité consultatif, composé de représentants de l’industrie, du milieu universitaire, des groupes environnementaux, des gouvernements provinciaux et fédéral et des organisations autochtones, a participé à la définition des objectifs de conservation et des mesures de gestion, ainsi qu’à la définition des limites et des zones de la ZPM. Par l’entremise du Comité consultatif, tous les intervenants et les partenaires autochtones continueront de participer directement à la gestion continue de la zone.

Le règlement établissant la ZPM du chenal Laurentien a fait l’objet d’une publication préalable dans la partie I de la Gazette du Canada le 24 juin 2017, qui lançait ainsi une période de consultation publique de 30 jours. Plus de 70, 000 commentaires reçus au cours de cette période, ainsi que de nouveaux renseignements scientifiques et les recommandations du Comité de conseil national sur les normes concernant les ZPM ont été pris en considération lors de la rédaction du règlement définitif sur la zone.

Engagement à l’égard des zones de protection marine et de nos océans

Cette nouvelle ZPM témoigne de l’engagement du gouvernement du Canada à accroître la protection environnementale des océans du Canada. Le budget de 2016 prévoyait 123,7 millions de dollars sur cinq ans pour appuyer les activités de conservation marine, notamment la désignation de nouvelles ZPM en vertu de la Loi sur les océans et la poursuite des travaux de mise en place de réseaux de conservation dans tout le Canada.

Grâce à cet investissement, le gouvernement du Canada a collaboré avec de nombreux partenaires pour accroître la protection des océans du Canada à 5 % en 2017. Nous avons atteint cet objectif en octobre 2017 et continuons de travailler avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les peuples autochtones et les intervenants environnementaux et de l’industrie pour réaliser notre engagement d’une protection de 10 % d’ici 2020.

Avril 2019


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