Le gouvernement du Canada fait avancer une approche de gestion adaptative pour conserver et protéger l’anguille d’Amérique
Document d'information
Pêches et Océans Canada (MPO) reconnaît que l’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata) revêt une importance culturelle et spirituelle pour de nombreuses communautés autochtones du Canada atlantique, du Québec et de l’Ontario, et que l’espèce soutient également des pêches lucratives sur la côte Est.
Le 2 décembre 2025, le gouvernement du Canada a annoncé sa décision de ne pas inscrire l’anguille d’Amérique en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), en fondant sa décision sur des données scientifiques et socioéconomiques, ainsi que sur les commentaires reçus par les peuples autochtones, les provinces, les partenaires, les intervenants et la population canadienne au cours de consultations. Le Canada a également mis en place des mesures rigoureuses avant la saison de la pêche à la civelle 2025 pour assurer une pêche gérée de manière durable.
En vertu de la Loi sur les pêches, le gouvernement du Canada continuera de traiter les menaces que subit l’anguille d’Amérique en adoptant une approche de gestion adaptative. Ainsi, le MPO adaptera continuellement ses mesures de conservation et de gestion des pêches à mesure que de nouvelles données scientifiques, ainsi que des connaissances autochtones deviennent disponibles. Cette approche contribuera à la conservation de l’espèce de manière efficace tout en procurant les meilleurs avantages socioéconomiques globaux à la population canadienne.
L’approche de gestion adaptative du MPO vise à réduire au minimum les effets négatifs de l’altération de l’habitat et améliorer la migration, à obtenir de meilleurs renseignements scientifiques et à gérer les pêches de manière durable.
État du stock et menaces subies
L’anguille d’Amérique possède une population mondiale, s’étendant du Groenland jusqu’au nord de l’Amérique du Sud. Au Canada, l’anguille d’Amérique se trouve dans toutes les eaux douces, estuaires et marines reliées à l’océan Atlantique, s’étendant des chutes du Niagara, en Ontario, jusqu’à la côte du centre du Labrador.
L’anguille d’Amérique fait face à de nombreuses menaces mondiales, notamment l’altération de l’habitat, les barrages et turbines, la pêche, les changements des conditions océaniques liés aux changements climatiques, les contaminants et les parasites. Les facteurs qui peuvent nuire à la survie des anguilles d’Amérique sont complexes. Il y a notamment les obstacles à la migration, la dégradation de l’habitat et les effets cumulatifs des changements climatiques. Le réchauffement des températures de l’eau, la modification du débit des rivières, l’augmentation des pressions d’origine humaine et les conditions océaniques changeantes continuent d’avoir une incidence sur la capacité de l’anguille d’Amérique à compléter son cycle biologique unique.
En 2024, le Secrétariat canadien des avis scientifiques du MPO a coordonné un processus national d’examen par les pairs, qui a permis de constater que, bien que la population diminue sur le plan de l’abondance au Canada depuis 1980, elle est demeurée relativement stable au cours des deux dernières décennies.
Progrès réalisés à ce jour
Au cours de la dernière décennie, le MPO a réalisé d’importants progrès en matière de conservation et de protection de l’anguille d’Amérique grâce à des programmes de restauration de l’habitat et à des mesures de gestion ciblées.
Par l’entremise du Fonds de restauration des écosystèmes aquatiques, du Fonds de la nature du Canada pour les espèces aquatiques en péril, du Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces aquatiques en péril, du Fonds autochtone pour les espèces aquatiques en péril et du Programme pour la participation autochtone sur les habitats, de nombreux projets de collaboration visent à réduire au minimum les effets négatifs de l’altération de l’habitat et à améliorer la migration, notamment :
- améliorer le recrutement en amont et la survie en aval grâce à l’ajout ou à la bonification de dizaines de passages à anguilles, de chenaux piscicoles et de chenaux de contournement;
- restaurer les habitats côtiers et fluviaux dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce, qui relient ainsi des centaines de millions de mètres carrés d’habitat;
- renforcer le leadership et la surveillance autochtones par l’intégration des connaissances autochtones dans le rétablissement de l’anguille grâce à des études de suivi, au dénombrement des poissons et à la surveillance de la conformité aux installations hydroélectriques.
Mesures à prendre
Le MPO continuera de gérer les pêches d’anguilles d’Amérique en utilisant une approche équilibrée, adaptative et fondée sur des preuves. Les décisions de gestion reposent sur la meilleure science disponible, les perspectives des intervenants, les connaissances autochtones et l’importance socioéconomique des pêches. À l’avenir, le MPO misera sur les mesures suivantes pour améliorer l’habitat et les données scientifiques :
- réduire les obstacles au passage des poissons en renforçant le respect de la Loi sur les pêches;
- faire avancer les projets de restauration et la planification des bassins versants locaux;
- élargir la collecte de données sur l’abondance, la répartition, la migration et la mortalité des anguilles, afin de mieux comprendre l’espèce.
En vue de continuer à gérer les pêches de façon durable, le MPO va :
- promouvoir la mise en œuvre d’un cadre d’approche de précaution pour soutenir la gestion durable des pêches commerciales et récréatives d’anguilles d’Amérique;
- appliquer des décisions de gestion des pêches qui soutiennent les objectifs de conservation, comme les modifications des dates de saison, des quotas fluviaux et des engins autorisés;
- continuer à faire respecter le Règlement introduit en 2025 sur la possession et l’exportation des civelles (anguilles juvéniles), qui améliorent la traçabilité et dissuadent la pêche non autorisée.
Le Ministère continuera de prioriser l’accès à l’anguille d’Amérique adulte à des fins alimentaires, sociales et rituelles, reconnaissant que cet accès est guidé par des exigences de conservation.
Le gouvernement du Canada demeure déterminé à protéger les espèces aquatiques tout en soutenant les cultures, les collectivités et les industries qui en dépendent. Des rapports cohérents, la responsabilité et la gestion partagée contribueront à soutenir l’action collective et les progrès mesurables de conservation de l’anguille d’Amérique à long terme.