Rapport sur les résultats ministériel 2023-2024 - Contexte opérationnel

En 2024, l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA) a évolué dans un environnement économique régional caractérisé par une croissance soutenue, la résilience du marché du travail et des défis structurels persistants. Le produit intérieur brut (PIB) réel du Canada atlantique a augmenté de 2,4 % en 2024, dépassant la moyenne nationale de 1,6 %, grâce au solide rendement des secteurs des services, de la fabrication et de la construction dans plusieurs provinces de l’Atlantique. L’Île-du-Prince-Édouard a enregistré la plus forte croissance provinciale au pays (+3,6 %), tandis que Terre-Neuve-et-Labrador (+2,4 %) a bénéficié d’un rebondissement des industries extractivesFootnote 1.

Les exportations régionales ont augmenté de 5,7 % en 2024 par rapport à 2023, grâce aux produits pétroliers, aux produits de la mer et aux pneus. Toutefois, la dépendance continue à l’égard du marché américain (72,5 % des exportations) et la baisse des exportations vers d’autres marchés clés (l’Union européenne, la Chine, le Royaume-Uni) confirment la nécessité de renforcer la diversification commercialeFootnote 2.

Le marché du travail a continué à s’améliorer, avec une création nette de 37 300 emplois (+3,1 %) en 2024, principalement dans les secteurs de la construction, des services d’enseignement et des soins de santé. Le taux de chômage régional s’est établi à 7,5 %, ce qui représente une légère hausse par rapport à 2023, mais qui demeure inférieur aux niveaux enregistrés avant la pandémieFootnote 3.

Pour ce qui est de la productivité du travail, la région a enregistré une quatrième baisse annuelle consécutive (-0,7 %) pour s’établir à 48,30 $ par heure en 2024Footnote 4. Cette tendance s’explique par une croissance plus rapide de l’emploi et des heures travaillées que celle de la production, notamment dans les provinces maritimes.

Sur le plan démographique, la population du Canada atlantique a augmenté de 1,2 % en 2024, atteignant plus de 2,6 millions d’habitants. Bien que ce taux de croissance ait été inférieur à ceux de 2021 (1,7 %), de 2022 et de 2023 (2,5 % chaque année), il a été supérieur à celui enregistré pour chaque année de 1975 à 2020, ce qui pourrait indiquer un retour aux tendances de croissance démographique observées avant la pandémie. Avec une croissance naturelle négative depuis dix ans (depuis 2013), la croissance démographique de la région repose exclusivement sur l’immigration interprovinciale et internationale (résidents permanents et temporaires) et commence à subir les conséquences du nouveau plan d’immigration fédéral visant à réduire à 5 % la part des résidents temporaires au sein de la population d’ici 2027. Le nombre de résidents permanents accueillis dans la région a continué d’augmenter depuis 2021, tandis que le nombre de permis de travail et de permis d’études émis a baissé de 13,9 % (11 380 permis) par rapport à 2023Footnote 5, ce qui devrait entraîner une baisse du nombre de résidents temporaires au Canada atlantique si la tendance se maintient. Selon Statistique CanadaFootnote 6, le nombre total de résidents non permanents au Canada atlantique a seulement augmenté de 2,2 % du 1er janvier 2024 au 1er janvier 2025, ce qui représente un total de 120 747 personnes, contre une augmentation de près de 40 % au cours de la période précédente. Toutefois, leur part dans la population totale du Canada atlantique est restée à 4,5 % au cours des deux dernières années, alors qu’elle a atteint 7,1 % au Canada au 1er janvier 2025 (contre 6,7 % au 1er janvier 2024).

Il convient de noter que dans son effort visant à réduire l’inflation, la Banque du Canada a augmenté son taux directeur pour atteindre un plafond de 5 % en juillet 2023, soit un taux qui est resté en vigueur jusqu’en avril 2024. Cette hausse a eu une incidence plus importante sur la dette existante des entreprises du Canada atlantique (36,2 %) que sur l’ensemble des entreprises canadiennes (33,3 %)Footnote 7.

Bien que les entreprises de la région aient eu un bon rendement sur le plan des revenus en 2024, des améliorations sont possibles en ce qui concerne les ventes en ligne. Selon l’Enquête canadienne sur la situation des entreprisesFootnote 8, plus de trois quarts des entreprises du Canada atlantique (78 %) ont indiqué que leurs revenus en 2024 étaient identiques ou supérieurs à leurs revenus en 2023, contre 68,7 % au niveau national. Toutefois, moins de 5 % de leurs ventes ont été faites en ligne, comparativement à près de 7 % des ventes à l’échelle du Canada.

Sur le plan de la consommation, les ventes au détail au Canada atlantique ont augmenté de 3,6 % en 2024, grâce à la baisse de l’inflation et à la réduction graduelle du taux directeur de la Banque du Canada. Les taux d’inflation dans les provinces de l’Atlantique étaient inférieurs au taux national en 2024Footnote 9.

Le secteur résidentiel a également enregistré une reprise, avec une augmentation de 22,4 % des mises en chantier au Canada atlantique en 2024, soutenue par des politiques publiques favorables à la construction de logements résidentiels.

Malgré l’offre accrue de logements locatifs, les taux d’inoccupation dans la région en 2024 variaient encore entre 0,8 % à l’Île-du-Prince-Édouard et 2,0 % en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-BrunswickFootnote 10. Les ventes de maisons dans la région ont aussi augmenté (+6,4 %) en 2024, mais elles étaient inférieures à la moyenne nationale (+7,3 %)Footnote 11.

Dans ce contexte, l’APECA a adapté ses interventions afin de soutenir la croissance inclusive, la diversification économique et la transition vers une économie plus verte et plus résiliente.

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2025-11-10