Bram Abramson à la National Emergency Number Association ON
Discours
Kingston (Ontario)
6 mai 2026
Bram Abramson, Conseiller pour l’Ontario
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC)
Le discours prononcé fait foi
Merci de m’avoir invité à prendre la parole aujourd’hui et de votre accueil chaleureux. C’est un plaisir d’être à Kingston, sur le territoire traditionnel des Hurons-Wendats, des Anishinaabe et de la Confédération Haudenosaunee. Je les remercie et je rends hommage à leurs Aînés.
C’est aussi un plaisir de retrouver une communauté qui m’avait si bien accueilli lors de ma dernière participation à cette conférence en 2024. Si c’est votre première fois ici, ou si nous ne nous sommes tout simplement pas encore rencontrés, n’hésitez pas à venir me saluer ou à saluer Suneil Kanjeekal, du CRTC, qui m’accompagne ici à Kingston. Suneil est notre directeur du Règlement des différends et de la mise en œuvre de la réglementation au sein du secteur des télécommunications du CRTC.
J’apprécie les discussions que nous avons eues par le passé. Sur le plan personnel, bien que j’aie toujours eu un certain rôle à jouer dans le domaine des communications d’urgence, mes fonctions de conseiller au CRTC m’ont permis de visiter des centres d’appels de la sécurité publique (CASP) primaires et secondaires partout en Ontario, de Hamilton à Ottawa, en passant par Sudbury et Toronto, et vice-versa. J’ai pris connaissance de certains documents promotionnels de la NENA et j’ai obtenu ma certification de professionnel des numéros d’urgence. J’ai donc mieux compris à quel point vous travaillez fort et les défis auxquels vous êtes confrontés. Votre travail m’a grandement impressionné.
Comme je l’ai fait en 2024, j’aimerais maintenant passer à la période de questions-réponses. Mais, avant cela, j’aimerais vous parler brièvement de ce qui s’est passé au CRTC depuis notre dernière rencontre, des travaux en cours que nous menons ensemble, et de quelques autres initiatives du CRTC qui ont une incidence sur les réseaux de télécommunications au Canada et, par le fait même, sur l’écosystème des services d’urgence.
Il semble enfin faire plus chaud après un hiver plutôt enneigé. Le printemps est traditionnellement une période de renouveau : l’herbe verdit, le soleil brille et c’est le temps des nouveaux départs. Cette communauté, bien sûr, s’approche également d’un nouveau départ.
Passage aux services 9-1-1 de prochaine génération
Comme vous le savez, le 31 mars 2027 est dans moins d’un an. Cela signifie que lorsque nous nous retrouverons l’année prochaine pour la NENA Ontario Conference, les fournisseurs de réseaux auront mis hors service leurs réseaux 9-1-1 améliorés réglementés. Dans moins d’un an, tous les centres d’appels de la sécurité publique (CASP) devraient avoir terminé la transition vers les réseaux 9-1-1 de prochaine génération.
C’est un message que j’ai répété devant les municipalités de l’Ontario, et que vous connaissez bien : grâce au 9-1-1 de prochaine génération, la population canadienne disposera d’une infrastructure et de moyens pour communiquer avec les opérateurs du 9-1-1 de nouvelles façons. Des façons de communiquer qui tiennent compte de la manière dont la population utilise les technologies, à commencer par les messages textes et les appels vidéo.
Une transition réussie sera une bonne nouvelle pour de nombreux Canadiens, mais elle suscitera des attentes plus élevées. En tant que père de trois adolescents, je constate tous les jours à quel point de moins en moins de Canadiens utilisent leur téléphone pour se parler. Avec de multiples moyens de communiquer avec les services d’urgence et plus de façons de transmettre des renseignements de la part des appelants et sur ceux-ci, les CASP devraient être en mesure de coordonner les services d’urgence plus facilement, plus rapidement et pour un plus grand nombre de Canadiens, avec handicap visible et invisible. Cela permettra de gagner des secondes et des minutes précieuses dans les moments critiques.
Je suis tout à fait conscient qu’en vous disant tout cela, comme le disent les Britanniques, je transporte du charbon jusqu’à Newcastle. [Qui est comme porter de l’eau à la rivière, une démarche superflue.] Vous êtes ici, car ces questions vous mobilisent et que vous avez un milieu de travail qui appuie cet engagement. Bon nombre d’entre vous ont déjà passé au service 9-1-1 de prochaine génération. Près de 60 % de la population de l’Ontario est déjà desservie par le service 9-1-1 de prochaine génération. Et j’ai hâte à l’année prochaine lorsque, je l’espère, nous atteindrons 100 % ou presque.
Pour sa part, dans l’écosystème du 9-1-1, le CRTC n’a qu’un rôle restreint de surveillance réglementaire sur la façon dont les fournisseurs de services permettent aux Canadiens de communiquer avec l’un de vos CASP. Nous sommes également chargés de la date butoir pour la transition au 9-1-1 de prochaine génération.
Lors de mon passage ici en 2024, la date butoir pour la transition au service 9-1-1 de prochaine génération approchait également, et ensuite, elle a été fixée à mars 2025. Nous sommes devant une situation répétitive.
Eh bien, il faut que cela cesse. En 2024, je vous ai dit que la prolongation que nous avions accordée était envisagée, mais qu’une décision n’avait pas encore été prise. Au cours du processus de prise de décision, nous avons entendu les chefs de service (chefs de police et autres services d’urgence) nous affirmer qu’un report était nécessaire pour que le système demeure fiable. Donc, peu après notre rencontre, le CRTC a reporté officiellement la date limite de deux ans pour donner plus de temps aux provinces et aux municipalités pour passer au nouveau service. Encore une fois, la date butoir est reportée, et ce, au 31 mars 2027. Il n’est pas prévu de la reporter davantage.
Pour ceux et celles d’entre vous qui travaillent toujours fort pour respecter cette date, je sais qu’il ne s’agit peut-être pas de bonnes nouvelles. Nous reconnaissons que cette transition a été plus difficile pour certains que pour d’autres et qu’elle n’a pas été ralentie faute d’efforts.
Bon nombre d’entre vous ont travaillé sans relâche avec vos partenaires des services d’urgence, des municipalités, des autorités locales et régionales et des fournisseurs. Vous avez tenté de trouver le financement adéquat, de mettre à niveau le matériel et les logiciels comme requis, et de former votre personnel pour qu’il soit prêt pour la transition. Comme je l’ai affirmé la dernière fois : en tant que conseiller régional, je suis prêt à aider et à porter ce message aux autorités locales, municipales et à d’autres autorités.
Travailler ensemble pour servir la population canadienne
Donc, pour les personnes d’entre vous qui tentent encore de se rendre à bon port en mars prochain, mon message demeure le même : travaillons ensemble. Et je ne parle pas seulement de travailler avec le CRTC, mais avec tout le monde ici présent.
Je crois que de nombreux Canadiens ne réalisent pas que les services 9-1-1 sont offerts au moyen d’un système qui exige la collaboration de plusieurs acteurs : des CASP aux premiers répondants, en passant par les fournisseurs de services et bien d’autres. Tous ces acteurs collaborent pour s’assurer que la population canadienne obtienne l’aide quand elle en a besoin. Pour y arriver, cela exige une collaboration entre les administrations, municipales, locales et régionales et parfois au-delà des obstacles technologiques. Il faut alors que les entreprises de services locaux titulaires, qui agissent comme ESInets travaillent sans relâche. Des efforts importants ont été demandés aux fournisseurs. Des spécialistes en géomatique ont été mis à contribution. Vos conseillers municipaux s’impliquent également de près. La collaboration et la coordination qui se font en coulisse pour offrir à la population canadienne des services d’urgence intégrés témoignent d’un travail sans relâche de tous les acteurs concernés.
L’énorme transition de tout un système comme celle du 9‑1‑1 de prochaine génération nécessite le même type d’effort pour nous permettre de franchir la ligne d’arrivée. Des conférences comme celle-ci sont des occasions de discuter de problèmes communs et de découvrir les pratiques exemplaires de l’autre. Quelles stratégies adoptées par un CASP pour mener à bien sa transition peuvent-elles s’appliquer à ceux qui y travaillent toujours? À quels problèmes communs certaines autorités se heurtent-elles? Y a-t-il des moyens de s’y attaquer ensemble?
La transition au 9‑1‑1 de prochaine génération exige un effort coordonné, tout comme les services d’urgence offerts grâce au 9‑1‑1. Pour réussir cette transition, tout le monde doit mettre la main à la pâte, et je sais que nous pouvons apprendre beaucoup les uns des autres cette semaine.
Le CRTC a peut-être établi le délai, mais une grande partie de ce travail vous appartient, ainsi que les jalons à atteindre pour accomplir la transition. Et, une fois la transition terminée, j’espère que vous serez fiers de votre réussite.
Progrès réalisés par le GTSU
À ce propos, j’aimerais prendre un moment pour saluer de nouveau les efforts d’un groupe précis dont font partie plusieurs personnes ici aujourd’hui. Je parle, bien entendu, du Groupe de travail Services d’urgence (GTSU). Le travail du GTSU s’est révélé essentiel à l’avancement de la transition au 9‑1‑1 de prochaine génération et à la résolution de plusieurs enjeux touchant les services 9‑1‑1 au Canada.
Ce travail est une tâche que la plupart des membres du GTSU ont assumée en plus de leurs responsabilités normales. J’aimerais remercier tout particulièrement les coprésidents Ryan Antsey et Nicolas Pierre de leurs efforts inlassables dans l’accomplissement de ce travail. Le groupe a établi des normes en matière de transition et de services 9‑1‑1 dans leur ensemble, en plus d’aider à orienter la mise en œuvre de différents éléments techniques et opérationnels.
Par exemple, le GTSU a aidé à établir le cadre et l’architecture de la transition à venir, en plus de nous demander de prolonger le délai initial lorsqu’il est devenu évident que c’était nécessaire.
Le GTSU était aussi responsable du cadre de planification des mesures d’urgence pour les CASP, terminé en mars et accessible dans notre site Web. Le cadre offre des conseils pratiques aux CASP et aux autorités régionales qui n’ont pas encore effectué leur transition, dont des échéanciers clairs, des jalons et des instructions destinées aux CASP qui risquent de ne pas respecter le délai de l’an prochain, y compris l’endroit où ils souhaitent faire acheminer les appels 9‑1‑1 des gens de leur région s’ils ne peuvent pas effectuer leur transition en temps voulu.
Le cadre de planification des mesures d’urgence établit des dates très précises, comme le 8 février 2027, dernière date limite possible pour terminer les essais concernant les ESInet. Comme le 27 février 2027, pour terminer la formation des utilisateurs. Comme le 12 mars 2027, pour la mise en service. Comme le 31 décembre de cette année, soit 90 jours avant la dernière date pour adopter un plan d’urgence. Le 31 décembre est donc la date d’ici laquelle les CASP devront avoir avisé leur fournisseur de réseau qu’ils doivent adopter un plan d’urgence.
Le GTSU a aidé à clarifier certaines questions, comme la résilience des réseaux, la gestion des services d’urgence pendant une panne, la mise en œuvre de mesures de localisation en fonction des appareils, et beaucoup d’autres. Au cœur de son travail se trouve un objectif que nous poursuivons tous : ne laisser aucun appel aux services 9‑1‑1 sans réponse. Je peux dire en toute confiance que, sans le GTSU, nous ne serions pas là où nous en sommes aujourd’hui en ce qui concerne la prestation actuelle de services d’urgence et la transition au 9-1-1 de prochaine génération. Donc, merci.
Améliorer la couverture et la résilience des réseaux
J’aimerais également souligner quelques autres mesures prises par le CRTC pour améliorer les réseaux dont dépendent les services 9-1-1.
Nous savons, par exemple, qu’il y a encore beaucoup trop de signalements de zones sans couverture réseau et d’endroits où les appels sont interrompus par des coupures de communication inattendues partout au Canada. Nous menons actuellement une instance afin d’élaborer une méthodologie normalisée et fondée sur des données probantes pour la production de rapports sur la couverture mobile, qui nous aidera à cerner et à combler les lacunes en matière de couverture.
Notre décision de septembre dernier sur les exigences en matière d’avis lors de pannes des entreprises de télécommunications assurera une meilleure coordination entre les fournisseurs de services et les autorités publiques en cas de pannes de services de télécommunication. Nous menons également des consultations sur les façons d’améliorer la sensibilisation des clients aux pannes et d’accélérer le rétablissement des services.
Entre-temps, nous continuons de gérer notre Fonds pour la large bande qui redistribue une partie des revenus de l’industrie des télécommunications afin d’étendre les réseaux Internet et mobiles aux régions mal desservies. Sur plus de 770 millions de dollars redistribués dans 326 collectivités au Canada, plus de la moitié des projets que nous avons financés étaient ceux de fournisseurs indépendants. 81 % des projets que nous avons financés portaient sur des montants inférieurs à 10 millions de dollars.
Il s’agit d’un programme de financement ciblé pouvant soutenir des projets à petite échelle, dont le quatrième appel de propositions de financement a été lancé au début du mois d’avril et demeurera ouvert jusqu’à la mi-août. Nous avons travaillé à simplifier le processus de demande afin de faciliter les démarches pour présenter une demande et de garantir que les régions mal desservies et disposant de ressources limitées puissent tout de même obtenir l’aide dont elles ont besoin. Si vous vous trouvez dans une région qui a besoin d’une meilleure couverture, assurez-vous que les entreprises de télécommunications qui desservent votre région, ou qui souhaitent le faire, soient informées de cette possibilité de financement.
Conclusion
Vous n’avez pas besoin de moi pour vous dire que l’avenir est, comme toujours, à nos portes. La transition vers le service 9-1-1 de prochaine génération approche à grands pas, nous le savons depuis un certain temps déjà. Les discussions sur l’IA ne font que s’intensifier. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai suivi avec intérêt le travail que certains d’entre vous ont entrepris, avec des outils sur les lignes non urgentes, pour répondre plus rapidement à un plus grand nombre d’appels.
Permettez-moi donc de conclure en revenant à mon point de départ et à la raison pour laquelle nous sommes tous et toutes ici aujourd’hui.
Au CRTC, nous reconnaissons les efforts que chacun d’entre vous déploie pour mener à bien la transition vers le service 9-1-1 de prochaine génération. Alors que vous vous apprêtez à relever les derniers défis et à surmonter les derniers obstacles pour concrétiser cet objectif, je tiens à ce que vous sachiez que nous sommes là pour travailler avec vous. Que ce soit par l’intermédiaire du GTSU ou simplement en décrochant votre téléphone pour nous appeler, notre porte vous est toujours ouverte, en particulier pour les questions qui relèvent de notre domaine de compétence concernant les services de télécommunications et les CASP.
Alors, parlez-nous. Faites-nous part de vos préoccupations et de vos problèmes. Bien que nous ne représentions qu’une petite partie de l’équation, nous sommes heureux de vous aider.
Une fois de plus, merci. Je serai heureux de répondre à toutes vos questions.
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