Vicky Eatrides à la Célébration du 10e anniversaire du SRV Canada

Discours

« Répondre à l’appel : les dix ans du service de relais vidéo au Canada »

Ottawa (Ontario)
26 septembre 2026

Vicky Eatrides, Présidente et première dirigeante
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC)

Le discours prononcé fait foi

Introduction

Bonsoir tout le monde, et merci Patrick de votre accueil chaleureux.

Tout d’abord, je tiens à souligner que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishnabeg. Je le remercie et je rends hommage à ses Aînés.

Je suis très heureuse d’être ici ce soir, en compagnie de mes collègues, Nanao Kachi, directeur, Politiques sociales et de consommation au CRTC, Nancy McLaughlin, notre conseillère principale en politiques, Accessibilité, et Eric Joyce, notre chef de cabinet.

Nous sommes honorés de participer à votre célébration des dix ans du service de relais vidéo (SRV) au Canada.

Les dix ans d’existence du SRV représentent un jalon remarquable, qui appartient à tant de personnes dont plusieurs sont ici présentes. Vous avez aidé à mettre en place ce service et à en faire ce qu’il est aujourd’hui.

Un anniversaire comme celui-ci nous donne l’occasion de réfléchir au chemin parcouru depuis la création du SRV, il nous permet aussi de penser à ce qui nous attend.

De réfléchir à l’avenir que nous voulons façonner et à ce qu’il faudra pour y arriver.

Et je crois que nous partageons une vision commune de ce à quoi ressemblera cet avenir.

Pour reprendre les mots de l’Administrateur canadien du SRV (ACS), nous œuvrons collectivement à la création d’un « Canada connecté où les gens peuvent communiquer de manière fiable dans les langues signées et parlées ».

Lorsque les gens peuvent communiquer de manière fiable, ils peuvent participer pleinement à ce qui compte : au travail, à l’école et à la vie quotidienne. C’est ce que signifie concrètement un Canada branché.

Nous avons un rôle à jouer dans la création de ces occasions. Pour nous, au CRTC, cela commence par apprendre des Canadiens.

L’an dernier, lorsque le SRV a fait une présentation dans le cadre d’une réunion du Conseil, nous avons pu en apprendre sur l’incidence importante du SRV dans la vie des gens.

Nous avons tous été touchés par le témoignage d’une personne sourde qui avait fait son premier appel en utilisant le SRV. Il avait appelé son père.

Au début, son père ne réalisait pas qui l’appelait. Mais dès qu’il l’a compris, il s’est montré fou de joie et reconnaissant.

Le SRV a contribué à renforcer leur relation et a aidé le fils à établir sa propre identité.

Des témoignages comme celui-ci montrent bien pourquoi il est important d’avoir accès à des services de communication adaptés, et la différence qu’ils peuvent faire dans la vie des gens.

C’est d’ailleurs là que je souhaite commencer ce soir : avec les expériences des Canadiens et ce qu’elles peuvent nous enseigner sur l’importance des communications accessibles.

J’aimerais ensuite vous parler du travail que nous menons au CRTC pour rendre les services de communication plus accessibles, puis me tourner vers l’avenir et examiner la manière dont nous pouvons continuer à renforcer ensemble les progrès accomplis.

Pourquoi les communications accessibles sont-elles importantes

Commençons par parler des personnes au cœur de ce travail.

En tant que tribunal quasi judiciaire indépendant qui réglemente le secteur des communications dans l’intérêt public, nous tenons des consultations publiques et rendons des décisions fondées sur le dossier public.

Vous avez peut-être remarqué que j’ai prononcé le mot public trois fois dans une seule phrase. C’est intentionnel.

Car tout compte fait, notre travail touche le public : les gens qui comptent sur des services de communications tous les jours.

Et la meilleure façon de comprendre ce que changent ces services dans la vie des gens est par l’expérience des personnes qui les utilisent, y compris celles dans cette salle.

Je pense à une personne comme Paula, de l’ACS, qui a aidé à concrétiser cette idée au CRTC.

Lors de sa présentation, l’an dernier, Paula nous a raconté une anecdote très personnelle : la première fois qu’elle a reçu un message vocal de son épouse grâce au SRV.

Et, selon Paula, une chose qui peut sembler si simple, et si facile à tenir pour acquise, est soudainement devenue possible.

C’est un rappel puissant de ce que peut faire la connexion et de la différence que peuvent faire les services de communications accessibles dans la vie des gens.

Bien que ces récits nous montrent ce qui est possible lorsque les services sont accessibles, ils nous rappellent aussi que bien des personnes continuent de faire face à des obstacles.

Des obstacles que Christopher Sutton a dû affronter avec son fournisseur de services de télécommunications.

Plus tôt cette année, Christopher a tenté, à plusieurs reprises, d’annuler en ligne son forfait de téléphonie cellulaire. Il a fini par apprendre qu’il ne pouvait l’annuler qu’en personne ou par téléphone.

Pour une personne qui compte sur des canaux non vocaux accessibles, il s’agit d’un obstacle.

Des récits comme ceux de Christopher et de Paula sont deux exemples qui donnent un sens véritable à la vision de l’ACS. Et je suis certaine que vous êtes nombreux dans cette salle à avoir votre propre histoire à raconter.

Ces histoires nous rappellent que la politique en matière de communication ne porte pas que sur les réseaux, les plateformes ou les technologies.

Elles touchent les personnes.

Il s’agit de savoir si quelqu’un peut faire un appel ou annuler ses services ou encore suivre les nouvelles régionales ou son émission de télévision préférée.

Ce sont ces expériences quotidiennes qui nous aident à comprendre les forces du système et où il reste du travail à faire.

Ce qui m’amène à parler de certains travaux réalisés par le CRTC pour nous assurer que tout le monde puisse participer à notre système de communications.

Notre travail pour améliorer l’accessibilité

Depuis plus de quarante ans, le CRTC a pris des mesures pour améliorer l’accessibilité aux services de télécommunications.

À mesure que de nouvelles technologies ont vu le jour, nous avons adapté notre approche pour appuyer de nouvelles façons de communiquer pour les Canadiens, y compris l’American Sign language et la langue des signes québécoise.

Le service SRV a constitué une étape majeure dans cette évolution. Et ce service a beaucoup évolué.

Depuis son lancement, il est passé d’un service offert 72 heures par semaine à un peu moins de 3 000 utilisateurs à un service accessible 24 heures par jour, sept jours sur sept, utilisé par plus de 10 000 personnes aujourd’hui.

Cette croissance témoigne de l’importance qu’a prise le SRV et soulève également une question importante : comment nous assurer que ce service continue de répondre aux besoins des personnes qui en dépendent?

C’était précisément l’objet de l’instance publique que nous avons lancée pour soutenir la croissance continue du SRV.

Cette instance était axée sur trois objectifs.

Premièrement, confirmer que le SRV fonctionne pour les Canadiens qui l’utilisent.

Deuxièmement, veiller à ce que l’ASC dispose des ressources nécessaires pour continuer à administrer efficacement le service.

Troisièmement, déterminer si les règles et les exigences applicables à l’ASC pourraient être améliorées.

Nous avons reçu différents points de vue versés au dossier public, notamment ceux de fournisseurs de services et d’organismes représentant les communautés de personnes sourdes, sourdes-aveugles et malentendantes.

Nous avons aussi recueilli les témoignages des utilisateurs du SRV. Leurs expériences ont mis en évidence une chose : le SRV est un service essentiel dans leur vie.

Les utilisateurs nous ont parlé de l’autonomie que ce service leur procure pour faire des appels par eux-mêmes. D’autres ont expliqué à quel point il est important de communiquer naturellement dans sa langue maternelle.

Parallèlement, nous avons appris que certains aspects du service pouvaient être améliorés.

Lors de la consultation publique, nous avons notamment entendu le témoignage de gens comme André, qui nous a expliqué les obstacles qui l’empêchent, en tant que personne sourde-aveugle, d’utiliser le SRV pour commander une pizza, par exemple.

Ces expériences ont contribué à éclairer notre décision. À la lumière des observations versées au dossier public, nous avons accordé à l’ASC une plus grande souplesse ainsi que davantage de ressources pour continuer à soutenir les personnes qui comptent sur le SRV.

Nous savons que le travail visant à améliorer le SRV se poursuit.

Il ne s’agit pas seulement de mettre en place les bonnes technologies aujourd’hui. Il s’agit également de veiller à ce que le service puisse s’adapter pour répondre aux besoins de la population canadienne dans l’avenir.

Le SRV est un élément important pour promouvoir l’accessibilité et l’une des différentes façons dont nous disposons pour aider les Canadiens à communiquer avec les autres ainsi qu’à accéder à l’information et aux services qui comptent pour eux.

Et ce même objectif, soit aider les Canadiens à demeurer en contact, est au cœur des autres initiatives que nous menons dans l’ensemble du système de communication.

Permettez-moi de vous donner quelques exemples.

L’un d’eux est notre travail visant à soutenir les consommateurs.

Il y a quelques mois, nous avons instauré de nouvelles mesures de protection à la suite des modifications à la Loi sur les télécommunications pour qu’il soit plus facile pour les Canadiens de gérer leurs services Internet et de téléphonie cellulaire et de choisir de nouvelles offres.

Ces mesures de protection visent, entre autres, à permettre aux Canadiens de modifier ou d’annuler leurs forfaits au moyen d’options libre-service, que ce soit par l’entremise d’une application, en ligne ou par courriel.

Ces mesures donnent aux gens une plus grande souplesse pour gérer leurs services et faire les choix qui leur conviennent le mieux. 

Et c’est le genre de changement qui peut aider à prévenir des obstacles comme celui que Christopher a rencontré.

Un autre domaine est le travail que nous accomplissons pour améliorer l’accessibilité au système de radiodiffusion du Canada.

Nous savons qu’il est important pour les Canadiens de pouvoir accéder au contenu qu’ils aiment et à l’information sur laquelle ils comptent.

Alors que nous modernisons le cadre de radiodiffusion du Canada, nous travaillons pour que les personnes en situation de handicap continuent à accéder au contenu sans obstacle.

Le sous-titrage codé est un exemple.

D’ici le printemps prochain, les Canadiens profiteront de sous-titrage codé en ligne lorsqu’ils regarderont du contenu original, comme c’est le cas pour le contenu à la télévision.

Il s’agit d’une première étape importante en vue de rendre les sous-titres exacts et de grande qualité accessibles dans l’intégralité des catalogues des diffuseurs en ligne.

Ces initiatives visent différentes parties du système de communication du Canada.

Mais, elles ont toutes le même objectif : aider les gens à établir des contacts avec leur famille, avec leur communauté, avec leur travail et avec leur information, et à obtenir les services sur lesquels ils comptent.

Comment nous nous appuyons sur dix ans de progrès

J’aimerais conclure en revenant à notre point de départ : la vision d’un Canada branché.

Il y a dix ans, le SRV en était à ses débuts.

Aujourd’hui, nous célébrons le chemin parcouru et la différence qu’il apporte soit; aider les gens à garder contact avec leur famille, à communiquer avec leurs collègues et à participer pleinement à la vie communautaire.

Ça, c’est du véritable progrès.

Mais, il reste encore beaucoup à faire.

Donc, continuons à apprendre des Canadiens. Inspirons-nous de leurs expériences. Et transformons nos apprentissages en action.

Voilà comment nous nous appuyons sur dix ans de progrès. Et c’est comme ça que nous allons créer un Canada plus branché.

Merci.

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2026-09-26