Adopter un système de classification des objets culturels : Comparaison de Nomenclature 4.0 et du Système de classification de Parcs Canada

Heather Dunn, Réseau canadien d'information sur le patrimoine,

Introduction

Les musées du Canada qui documentent leurs collections historiques en anglais utilisent généralement l’un ou l’autre de ces systèmes de classification bien connus :

Ces deux systèmes sont des normes que les musées utilisent pour classifier leurs collections et pour établir des noms précis et uniformes pour les objets. Mais comment un musée peut-il choisir entre les deux? Les musées peuvent-ils utiliser ces deux systèmes? Quels avantages présentent-ils? Quelles sont leurs principales différences et similitudes? Le présent document propose donc un survol général et une comparaison de ces deux normes nord-américaines afin de guider les musées dans leur choix.

Systèmes de classification des objets : de quoi s'agit-il?

Un système de classification des objets permet de classifier des objets, c'est-à-dire de regrouper des objets similaires. On peut également parfois se servir de ce type de système pour nommer des objets de manière précise et uniforme. Il existe de nombreuses façons de classifier des objets – p. ex. par matériau, par contexte culturel ou par forme –, mais le Système de classification de Parcs Canada et Nomenclature utilisent tous les deux le contexte fonctionnel de l'objet comme base de classification. Par exemple, ces deux systèmes possèdent des regroupements fonctionnels pour les appareils d'éclairage (objets ayant pour fonction de fournir un éclairage) et les chaussures (objets ayant pour fonction de protéger ou de recouvrir les pieds). Le contexte fonctionnel de l'objet est important, car si les termes étaient organisés seulement par fonction, tous les outils de coupe (par exemple) seraient regroupés ensemble, qu'ils servent à abattre des arbres, à préparer des aliments ou à effectuer des incisions chirurgicales. Ces différents outils sont donc classifiés par contexte fonctionnel, dans des catégories telles que « Foresterie », « Traitement des produits alimentaires » et « Médecine et psychologie ».

Pourquoi les musées ont-ils besoin de systèmes de classification?

Les systèmes de classification sont des outils précieux pour les activités d'indexation, d'organisation et de recherche liées aux collections des musées, pour les études en conservation (recherche, évaluation des collections), pour la création d'expositions ainsi que pour favoriser la participation des médias et des visiteurs.

Les musées peuvent bénéficier de l'utilisation d'un système de classification de plusieurs façons :

  • L’organisation hiérarchique des fiches descriptives d’objets (c'est-à-dire selon le contexte fonctionnel de l'objet) permet de travailler avec des groupes d’objets.
  • Les résultats de recherche comprennent des objets de même type qui sont liés les uns aux autres.
  • Les systèmes de classification offrent un regard d’ensemble sur une collection et facilitent l'accès à celle-ci en permettant à l'utilisateur de trouver facilement les objets de même type que possède un musée.
  • Les musées peuvent plus facilement échanger de l’information entre départements et entre musées, en autant que les objets de collection soient classifiés de manière claire et uniforme.

À quelles disciplines et champs de données ces normes servent-elles?

Les musées qui se servent du Système de Classification de Parcs Canada et de Nomenclature sont ceux qui possèdent des collections historiques (histoire, ethnologie, anthropologie). Ces systèmes servent également, dans une certaine mesure, aux collections archéologiques. Ils ne sont cependant pas utilisés pour les collections qui se composent principalement d'objets d'art ou de spécimens de sciences naturelles, pour lesquels la catégorisation par contexte fonctionnel n'est ni suffisante ni adaptée. Certains musées possèdent en revanche des collections mixtes (composées principalement d'objets historiques, en plus d’un petit nombre d'œuvres d'art ou de spécimens de sciences naturelles) pour lesquelles le Système de Classification de Parcs Canada et Nomenclature peuvent être utiles.

Ces systèmes servent à établir des normes pour :

  • les principaux champs (ou zones) de classification (p. ex. catégorie, classe, sous-classe);
  • les champs pour la dénomination des objets (p. ex. nom de l'objet, type de l'objet, terme de l'objet).

Le Système de Classification de Parcs Canada et Nomenclature ne visent pas la normalisation des champs de données suivants :

  • Matériaux (p. ex. plastique, bois)
  • Techniques de fabrication (p. ex. sculpté, brodé)
  • École/Style (victorien, Art nouveau)
  • Emplacement géographique (Ukraine, Canada)

D’autres normes de vocabulaires sont disponibles pour contrôler la terminologie dans ces champs. Pour en savoir plus sur les autres normes, consulter le Guide du RCIP sur les normes pour les musées qui se trouve sur le site du Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP).

Le Système de classification de Parcs Canada et Nomenclature – Origines et similitudes

Ces deux systèmes :

  • permettent d'indexer et de cataloguer les collections d'objets historiques culturels;
  • sont élaborés à partir d'un usage commun dans les musées régionaux d'histoire nord-américaine;
  • offrent une certaine souplesse pour que les musées les adaptent à leurs besoins;
  • constituent des listes de termes structurées et contrôlées, organisées dans un système de classification;
  • possèdent une structure similaire ainsi que de nombreuses catégories et classes identiques.

Nomenclature (en anglais seulement) est une publication de l’American Association of State and Local History (AASLH).

  • Nomenclature a été publiée pour la première fois en , et Revised Nomenclature en .
  • Nomenclature 3.0 a été publiée en . Des musées canadiens ont contribué de façon significative à cette nouvelle version (incluant notamment de nombreux termes fournis par Parcs Canada). Non seulement de nouveaux termes ont été ajoutés, mais trois niveaux supplémentaires ont été intégrés à la hiérarchie.
  • Nomenclature 4.0 a été publié en , intégrant de nouveaux termes soumis par des musées d’un peu partout en Amérique du Nord.
  • Nomenclature 4.0 est disponible depuis peu, conséquemment son usage n’est pas encore très répandu. De nombreux musées canadiens utilisent Revised Nomenclature et Nomenclature 3.0; certains se servent encore de l'ouvrage Nomenclature qui a été publié en .

Le Système de classification de Parcs Canada et le Dictionnaire descriptif et visuel d'objets de Parcs Canada :

  • sont basés sur la version révisée de Nomenclature qui a été publiée en ;
  • ont été créés au départ à l’usage exclusif de Parcs Canada, dans le but d’offrir un accès à ses collections dans les deux langues officielles;
  • ont été publiés pour la première fois en , suite à la demande de nombreux musées canadiens qui possédaient des collections similaires à la collection de Parcs Canada ou de musées qui avaient besoin d'une terminologie bilingue ou en français;
  • sont largement utilisés au Canada, et pas seulement au sein de Parcs Canada;
  • le Dictionnaire descriptif et visuel d'objets de Parcs Canada a été mis en ligne en , sur le site du Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP), grâce à une collaboration entre Parcs Canada et le RCIP.

Le Dictionnaire descriptif et visuel d'objets de Parcs Canada comprend des termes de toutes les catégories (1-10), mais les catégories 4-10 sont en cours de validation, et le travail se poursuit. Il est possible qu'à l'avenir le Système de classification de Parcs Canada et Nomenclature soient harmonisés. Parcs Canada souhaiterait en effet mettre son système à jour afin que celui-ci corresponde davantage à Nomenclature 4.0. Le Nomenclature Task Force continuera de travailler en étroite collaboration avec Parcs Canada pour élaborer les versions futures de Nomenclature.

Le Système de classification de Parcs Canada et Nomenclature – Analyse comparative

Tableau : Comparaison rapide
  Nomenclature 4.0Système de classification de Parcs Canada
Nombre de termes
  • 14 624 descripteurs (termes préférés)
  • 2 281 termes non-descripteurs
  • 16 905 termes au total
  • 6 504 descripteurs (termes préférés), bilingues
  • 3 743 termes non-descripteurs en français, 3 318 en anglais
  • 13 565 termes au total
Contenu Objets de collections provenant de l'Amérique du Nord Objets des collections de Parcs Canada
Langues Anglais seulement Anglais et français
Comprend des illustrations, des définitions des termes ainsi que des bibliographies? Non Oui
Structure 6 niveaux 3 niveaux
Conventions Recommande l'utilisation de termes multiples et de l'indexation croisée lorsque cela permet de rendre l'objet plus accessible. Recommande l'utilisation d'un seul terme pour la fonction initiale de l'objet, sauf lorsque l'objet est associé à des fonctions multiples.
Disponibilité Version imprimée seulement; fichier électronique sous licence pour les fournisseurs de logiciels; publiée en ; intégrée à certains systèmes commerciaux de gestion des collections. En ligne, gratuit, base de données interrogeable; fichier électronique gratuit pour les membres du RCIP et les personnes inscrites à un programme canadien en muséologie; dernière mise à jour en (mises à jour en continu).

Nombre de termes et portée

Nomenclature 4.0 comprend beaucoup plus de descripteurs (termes préférés) que le Système de classification de Parcs Canada. Nomenclature 4.0 contient 14 624 termes pour les objets des collections provenant de toute l'Amérique du Nord, alors que la version (en ligne) la plus récente du Système de classification de Parcs Canada comprend seulement 6 504 descripteurs se rapportant aux objets des collections de Parcs Canada.

Étant donné que le Système de classification de Parcs Canada a été conçu pour la collection de Parcs Canada afin de « protéger et de mettre en valeur des exemples significatifs du patrimoine naturel et culturel du Canada »Note de bas de page 5, ce système comprend une terminologie plus spécifique à des domaines comme l'histoire militaire, la traite des fourrures, les costumes, l'immigration, l'industrie, l'agriculture, la science et les contenants, en lien avec diverses cultures (Canadiens, Français, Britanniques, Loyalistes, Autochtones, Métis, Vikings, etc.).

Il existe cependant un chevauchement très important entre les deux systèmes. La source initiale des termes dans le Système de classification de Parcs Canada était la version de de Revised Nomenclature, alors que de nombreux termes du système de Parcs ont été soumis au Nomenclature Task Force pour être intégrés à Nomenclature 3.0 et 4.0.

Langues

Nomenclature existe seulement en anglo-américain, alors que le Système de classification de Parcs Canada existe en anglo-américain et en français international. Chaque catégorie, classe et terme dans le Système de classification de Parcs Canada est associé à un code afin que la classification puisse se faire dans les deux langues et pour faciliter le traitement des données.

Illustrations, définitions et bibliographie

Parmi les plus importantes caractéristiques du Système de classification de Parcs Canada, il faut mentionner les illustrations, les définitions de termes ainsi que la bibliographie hiérarchique. Ces caractéristiques sont absentes de Nomenclature.

Le Système de classification de Parcs Canada et Nomenclature contiennent tous deux des définitions pour les grandes classes et catégories. De nombreux termes du Système de Parcs Canada, cependant, sont associés à un dessin au trait ou à une photo illustrant l'objet typique ainsi qu'à une définition du terme, permettant aux catalogueurs de différencier les termes les uns des autres et d’identifier les objets de manière précise. Par exemple, le terme « dalmatique », que l'on retrouve dans le Dictionnaire descriptif et visuel d'objets de Parcs Canada, est associé à une illustration et à une définition afin d'aider les catalogueurs à différencier ce type de tunique d'autres vêtements comme une « aube », une « chasuble », un « surplis », etc.

Illustration : Fiche du Dictionnaire descriptif et visuel d'objets de Parcs Canada pour le terme « dalmatique ».

Le Système de classification de Parcs Canada possède également une bibliographie très utile (disponible seulement dans la version imprimée) qui n'existe pas dans Nomenclature. Cette bibliographie, dont les références ont été rassemblées par des spécialistes de la culture matérielle et des terminologues, offre des références iconographiques, des définitions scientifiques ainsi que d'autres types de références permettant de valider le choix, la forme et l'utilisation des termes. Les références bibliographiques sont regroupées selon les catégories et les classes d'objets qu'elles décrivent, afin que les catalogueurs ou les chercheurs puissent facilement trouver les ressources correspondant à leur domaine d’expertise sur la culture matérielle.

Structure

Les versions les plus récentes de Nomenclature (3.0 et 4.0) possèdent six niveaux hiérarchiques :

  • Catégorie
  • Classe
  • Sous-classe
  • Terme d'objet principal
  • Terme d'objet secondaire
  • Terme d'objet tertiaire

Le Système de classification de Parcs Canada possède trois niveaux (conformément à la version révisée de Nomenclature qui date de et sur laquelle il est basé) :

  • Catégorie
  • Classe
  • Terme d'objet
Tableau - Comparaison des structures
Nomenclature 3.0 et 4.0Système de classification de Parcs Canada
Catégorie Catégorie
  Classe   Classe
    Sous-classe  
      Terme d'objet principal       Terme d'objet
        Terme d'objet secondaire  
          Terme d'objet tertiaire  

Les trois niveaux hiérarchiques supplémentaires (sous-classe, terme d'objet secondaire et terme d'objet tertiaire) de Nomenclature 3.0 et 4.0 permettent aux catalogueurs de trouver plus facilement le terme dont ils ont besoin lorsqu'ils consultent la hiérarchie. Ces niveaux supplémentaires permettent de regrouper des objets similaires afin que les catalogueurs puissent les repérer facilement au lieu de consulter une longue liste alphabétique.

Par exemple, dans le Système de classification de Parcs Canada, tous les types de vêtements ecclésiastiques (dalmatiques, surplis, aubes, etc.) se trouvent avec les autres vêtements dans la sous-classe Vêtements de dessus. Les catalogueurs doivent donc consulter une liste de 109 termes classés par ordre alphabétique (qui comprend entre autres des tabliers, des blouses, des hauts-de-chausses, des capes, etc.) afin de pouvoir trouver ces vêtements. Un catalogueur qui utilise Nomenclature 3.0 ou 4.0 peut cependant très bien consulter la hiérarchie pour trouver la catégorie liée aux vêtements de cérémonie, où sont regroupés tous les termes correspondant aux vêtements ecclésiastiques (aube, dalmatique, surplis, etc.).

Conventions

Il existe certaines différences quant aux conventions de catalogage ou aux bonnes pratiques liées au traitement des objets composés de plusieurs éléments ou des objets multifonctionnels, selon qu’on suive les recommandations de Nomenclature (versions 3.0 et 4.0) ou du Système de classification de Parcs Canada. Les musées peuvent choisir une des méthodes possibles, quel que soit le système de classification qu'ils utilisent.

Comme les catalogueurs le savent, certains objets de musée recouvrent plusieurs catégories fonctionnelles – soit parce qu'ils se composent de nombreuses parties ayant sa fonction spécifique (p. ex. une radio, un phonographe, un dispositif de divertissement), soit parce qu'ils possèdent plusieurs fonctions (p. ex. un stylo sur lequel se trouve une publicité), soit encore parce que la fonction de l'objet a évolué au fil du temps (p. ex. dans le cas d'un outil de forgeron dont on s'est servi plus tard pour l'entretien mécanique). Selon le Système de classification de Parcs Canada (qui se base sur la version révisée de Nomenclature publiée en ), les catalogueurs peuvent choisir jusqu'à trois différents termes dans les diverses classes et catégories pour classifier l'objet par « fonction initiale ». La bonne pratique recommandée par Nomenclature 3.0 et 4.0 est d’utiliser plus d'un terme pour nommer un objet si cela permet de faciliter les recoupements et de rendre l'objet plus accessible. Nomenclature propose à cette fin de nombreuses notes (voir le tableau ci-dessous) pour aider les catalogueurs à choisir des termes supplémentaires pour leurs objets.

Illustration : Page tirée de Nomenclature 3.0 donnant des exemples de termes supplémentaires (« May also use ») pouvant être associés à des articles de la sous-classe des objets liés au mariage

Accès

Le Dictionnaire descriptif et visuel d'objets de Parcs Canada est accessible gratuitement sur le site du Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP). Les utilisateurs peuvent soit chercher un terme particulier, soit consulter les différentes catégories et classes. Les membres du RCIP et les programmes canadiens de formation en muséologie peuvent obtenir une copie de ce dictionnaire gratuitement pour aider les musées dans leur travail de saisie de données et de catalogage.

Nomenclature est avant tout disponible en version papier, mais les fournisseurs de logiciels de gestion de collections peuvent se procurer les versions 3.0 et 4.0 sous forme de fichier électronique dans le cadre d'un accord de licence avec l'éditeur (AltaMira Press). Ce système a déjà été intégré à plusieurs systèmes de gestion de collections largement utilisés au Canada et aux États-Unis.

Système de classification de Parcs Canada et Nomenclature 4.0 – Comparaison des catégories et des classes principales

Ces deux systèmes ont été élaborés à partir de l'ouvrage The Revised Nomenclature (publié en ), et cette origine commune est mise en évidence dans le tableau ci-dessous qui compare les catégories du premier niveau.

Veuillez noter que :

  • le tableau qui suit comprend seulement les deux premiers niveaux de chaque système. Il serait donc possible de procéder à une comparaison plus poussée à partir des sous-classes. Par exemple, le troisième niveau de Nomenclature comprend des sous-classes comme « coiffure », « vêtements de dessus », etc., qui correspondraient au second niveau du Système de Parcs Canada, c'est-à-dire « Coiffure », « Vêtement de dessus », etc.
  • La comparaison qui se trouve dans le tableau suivant n'est pas exacte, car il existe parfois des différences dans la façon dont les catégories et les classes sont définies. Les utilisateurs devraient donc consulter les définitions de ces catégories et classes afin de déterminer ce qu'elles englobent.
Tableau : Comparaison des catégories et classes du premier niveau
Nomenclature 4.0Système de classification de Parcs Canada
CatégorieClasseCatégorieClasse
Built Environment Objects Building Components Construction et éléments distinctifs Élément d’un bâtiment
Site Features Élément complémentaire d'un emplacement
Structures Bâtiment
  Autre construction
Furnishings Bedding Ameublement et décoration Literie
Floor Coverings Revêtement de sol
Furniture Mobilier
Household Accessories Accessoire de maison
Lighting Equipment Éclairage
**remarque : Dans Nomenclature 4.0, les objets classés sous « Sanitaire » sont inclus dans la classe « Building Components ». Sanitaire
Temperature Control Equipment Chauffage
Window & Door Coverings Décoration de porte et de fenêtre
Personal Objects Adornment Vêtements et accessoires Ornement
Clothing  
**remarque : Les sous-classes se rapportant à l'habillement, comme coiffure, chaussure, etc., font partie de Nomenclature 4.0, mais ne figurent pas dans ce tableau puisqu'elles se trouvent au troisième niveau de la hiérarchie. Chaussure
Coiffure
Vêtement de dessus
Sous-vêtement
Accessoire vestimentaire
Personal Gear Accessoire personnel
Toilet Articles Accessoire de toilette
Tools & Equipment for Materials Agricultural T&E Outillage et équipement pour le traitement de matières premières Agriculture
Animal Husbandry T&E Élevage et soins des animaux
Fishing & Trapping T&E Pêche et piégeage
Food Processing & Preparation T&E Traitement de produits alimentaires
Food Service T&E Service des aliments
Forestry T&E Foresterie
Glass, Plastics and Clayworking T&E Travail de matériaux composites
Leather, Horn, and Shellworking T&E Travail de matériaux d’origine animale
Masonry & Stoneworking T&E Travail de la pierre et maçonnerie
Metalworking T&E Travail du métal
Mining & Mineral Harvesting T&E Mines et extraction des minerais
Painting T&E Peinture et recouvrement
Papermaking T&E Fabrication de matériaux de particules
Textileworking T&E Travail des fibres et confection
Woodworking T&E Travail du bois
  Vannerie
  Fabrication des produits du tabac
  Lapidaire
  Savonnerie
  Perruquerie
Tools & Equipment for Science & Technology Acoustical T&E Outils et équipement de science et technologie Acoustique
**remarque : Les sous-classes liées à l'armement, comme les armes blanches, les armes à feu, etc., font partie de Nomenclature 4.0 mais ne figurent pas dans ce tableau puisqu'elles se trouvent au troisième niveau de la hiérarchie. Arme à feu
Arme blanche
Arme contondante
Artillerie
Munition
Attirail
Astronomical T&E Astronomie
Biological T&E Biologie
Chemical T&E Chimie
Construction T&E Terrassement et construction
Electrical & Magnetic T&E Électricité et magnétisme
Energy Production T&E Production d'énergie
Geological T&E Géologie
Maintenance T&E Entretien ménager et maintenance
Mechanical T&E Mécanique
Medical & Psychological T&E Médecine et psychologie
Merchandising T&E Commerce
Meteorological T&E Météorologie
Nuclear Physics T&E Physique nucléaire
Optical T&E Optique
Regulative & Protective T&E Protection civile
Surveying & Navigational T&E Arpentage et navigation
Thermal T&E Énergie thermique
Timekeeping T&E Chronométrie
Weights & Measures T&E Métrologie
  Autres sciences et technologies
Tools & Equipment for Communication Data Processing T&E Outillage et équipement pour la communication Traitement de l’information
Drafting T&E Graphisme
Musical T&E Musique
Photographic T&E Photographie
Printing T&E Impression
Sound Communication T&E Communication sonore
Telecommunication T&E Télécommunication
Visual Communication T&E Communication visuelle
Written Communication T&E Communication écrite
  Autres moyens de communication
Distribution & Transportation Objects Containers Objets de distribution et de transport Emballage
Aerospace Transportation T&E Transport aérospatial
  Accessoires pour le transport aérospatial
Land Transportation T&E  
**remarque : Les sous-classes Transport terrestre, Transport ferroviaire et Transport nautique, comme les véhicules à propulsion animale, etc., font partie de Nomenclature 4.0, mais ne figurent pas dans ce tableau puisqu'elles se trouvent au troisième niveau de la hiérarchie. Transport terrestre à traction animale
Transport terrestre à traction ou à propulsion humaine
Transport terrestre à traction ou à propulsion mécanique
Accessoires pour le transport terrestre
Rail Transportation Equipment Transport ferroviaire
  Accessoires pour le transport ferroviaire
Water Transportation Equipment Transport maritime
  Accessoires pour le transport maritime
Communication Objects Advertising Media Moyens d’expression Support publicitaire
Art Œuvre artistique
Ceremonial Objects Article du rituel
Documentary Objects Pièces et documents
Exchange Media Monnaie d’échange
Personal Symbols Attribut
Recreational Objects Game Sport et divertissement Jeu
Public Entertainment Devices Équipement récréoculturel
Recreational Devices Équipement récréosportif
Sports Equipment Équipement sportif
Toys Jouet
Unclassifiable Objects   Objets à fonction indéterminée Partie d’objet
  Fonction inconnue
  Objet multifonctionnel

Ce tableau montre que pour les deux premiers niveaux de classification, Nomenclature 4.0 et le Système de classification de Parcs Canada ont plus de similitudes que de différences. Au niveau de la structure de base, les deux systèmes de classification sont compatibles. Cela démontre que leur fusion est faisable, et on peut espérer qu'elle sera un jour possible. Entre-temps, les musées doivent choisir le système qui leur convient le mieux.

En fonction de quels critères mon musée doit-il choisir un système en particulier? Pouvons-nous utiliser les deux systèmes?

Les musées ne devraient pas essayer d'utiliser les deux systèmes en même temps, mais en privilégier un en adoptant une seule norme de classification.

Bien qu'il soit très important, pour un musée, de choisir un système de classification qui répond à ses besoins, il est tout aussi important que ce système possède sa propre logique interne et qu'il soit systématiquement appliqué aux collections du musée.

Nomenclature 4.0 et le Système de classification de Parcs Canada possèdent une organisation et une structure légèrement différentes. Chaque système a été conçu avec une logique qui lui est propre. Leurs deux premiers niveaux sont fixes (ils ne changent pas), s'excluent mutuellement (un terme donné appartient à une seule catégorie de la hiérarchie) et sont définis de manière précise. Essayer d'utiliser les deux systèmes en même temps (c.-à-d. des parties de chacun) nuirait à la logique d'organisation propre à chacun d'eux, entraînant de la confusion pour les catalogueurs ayant à déterminer la classification des objets. Le même terme peut apparaître dans une catégorie ou une classe complètement différente, en raison de différences dans l'organisation des deux systèmes. Par exemple :

  • Dans Nomenclature 4.0, le terme « tente » (tent) se trouve dans « Built Environment Objects > Structures > Other Structures », alors que dans le Système de classification de Parcs Canada, il se trouve dans « Construction et éléments distinctifs > Bâtiment ».
  • Dans Nomenclature 4.0, les termes « ornement, arbre de Noël » (ornament, Christmas Tree) se trouvent dans la sous-classe « Communication Objects > Ceremonial Objects > Holiday Objects > Decoration, Holiday », alors que dans le Système de classification de Parcs Canada, ils se trouvent dans « Moyens d’expression > Œuvre artistique ».

Les exemples sont nombreux. Il serait donc probablement difficile, pour les catalogueurs qui essaient d'utiliser en même temps différentes parties des deux systèmes, de déterminer la bonne classification d'un objet et de l'utiliser de manière uniforme. Il peut être tout aussi difficile pour les utilisateurs du système de déterminer la catégorie à laquelle appartient un objet ou comment on a pu nommer cet objet.

Les musées qui voudraient essayer d'utiliser diverses parties de chaque système rencontreront certainement des défis au moment de maintenir la logique de leur travail de classification après une mise à jour de l’un ou l’autre des systèmes d’origine. Il pourrait être difficile notamment d'échanger des informations avec d’autres musées concernant la classification et la dénomination des objets. Il pourrait être encore plus difficile d’essayer d’importer ou d’exporter des données d’un système de gestion des collections qui a été conçu pour utiliser une seule des normes de classification reconnues.

Bien que les musées doivent choisir un système en particulier, il ne faut pas oublier qu'il est possible :

  • d'ajouter des termes à partir de l'autre système. Par exemple, un musée qui utilise le Système de classification de Parcs Canada peut ajouter, à partir de Nomenclature, des termes qui lui sont nécessaires pour couvrir l'étendue de sa collection. Pour ce faire, il faut suivre rigoureusement les règles de la section qui s'intitule « Adding Object Terms » (ajouter des termes d'objet) dans l’introduction de Nomenclature. De plus, il faut bien noter les termes qui ont été ajoutés afin de faciliter les futures mises à jour, ainsi que décider de leur emplacement dans le Système de classification de Parcs Canada, sans essayer d'amalgamer les deux systèmes;
  • d'utiliser l'autre norme comme référence. Par exemple, un musée qui utilise Nomenclature peut avoir à consulter les illustrations et les définitions, la terminologie française ou les références bibliographiques du Système de classification de Parcs Canada;
  • d’utiliser, en association avec le système de classification privilégié par le musée, d'autres normes de classification ou terminologiques pour nommer les objets de manière plus précise. Par exemple, un musée qui possède dans sa collection une grande quantité de cadrans solaires trouvera peut-être que le terme « cadran solaire », à la fois dans Nomenclature et dans le Système de classification de Parcs Canada, n’est pas assez précis pour ses besoins. Il pourra donc décider d'enrichir sa terminologie (créer des sous-divisions pour le terme « cadran solaire ») en créant une terminologie qui lui est propre. Un musée d'histoire naturelle dont la collection de spécimens scientifiques s'enrichit peut décider de créer des sous-catégories pour les termes « Specimen, Animal », « Specimen, Plant » et « Geospecimen » de Nomenclature, en utilisant une référence de classification scientifique;
  • d'utiliser la classification et la terminologie d'un système, mais les conventions d'un autre. Par exemple, un musée qui utilise le Système de classification de Parcs Canada pourrait adopter la convention d'indexation croisée (utiliser plusieurs termes pour nommer un objet) de Nomenclature.

Avant de décider d'utiliser Nomenclature ou le Système de classification de Parcs Canada, un musée devrait :

  • évaluer l'étendue de sa collection pour déterminer le système le mieux adapté. Si la collection est semblable aux collections de Parcs Canada, il peut alors ne pas avoir besoin des termes supplémentaires que l'on trouve dans Nomenclature;
  • évaluer ses besoins quant à une classification et une terminologie bilingues – s'il a besoin de termes en français, le Système de classification de Parcs Canada se prête alors probablement mieux à sa situation;
  • évaluer ses besoins quant à l'utilisation de l'information – a-t-il besoin d'un fichier électronique pouvant être adapté à une utilisation locale ou intégré au système de gestion des collections? Ou encore, une version imprimée sera-t-elle suffisante? Le système de classification de Parcs Canada est accessible gratuitement en ligne et est fourni, sur demande, sous forme de fichier électronique, aux membres du RCIP et aux programmes canadiens de formation en muséologie – Nomenclature 3.0 ou 4.0, en revanche, est déjà intégré à plusieurs des principaux logiciels de gestion des collections;
  • Rappelons que Parcs Canada a l'intention de rapprocher son système de classification (qui est fondé sur l'ouvrage intitulé Revised Nomenclature) de Nomenclature. Il est ainsi probable que les catégories d'objets ressembleront davantage (ou soient identiques) à celles de Nomenclature. On ne sait pas encore quand ce travail sera effectué;
  • vérifier si son logiciel de gestion des collections :
    • s'accompagne déjà d'un système de classification (p. ex. Nomenclature 3.0 ou 4.0);
    • peut prendre en charge la structure hiérarchique nécessaire à la mise en œuvre du système de classification privilégié par le musée (3 niveaux hiérarchiques pour le Système de classification de Parcs Canada, 6 pour Nomenclature 3.0 ou 4.0).

Comment mon musée peut-il passer d'un système de classification à l’autre?

Les musées qui utilisent une version plus ancienne de Nomenclature (comme Revised Nomenclature) ou le Système de classification de Parcs Canada et qui souhaitent passer à Nomenclature 4.0, peuvent s’attendre à une somme de travail considérable, déterminée par le nombre d’objets à cataloguer. Avant de décider d'adopter un nouveau système, ils doivent donc évaluer le travail requis et s'assurer que la tâche est possible. Il est préférable de continuer à utiliser un système de classification plus ancien mais bien appliqué plutôt que de s’arrêter en plein processus de conversion en raison d'un manque de compatibilité.

En ce qui concerne les utilisateurs de Revised Nomenclature qui se servent d'un progiciel commercial offrant un soutien relatif à la conversion « automatique » des données vers Nomenclature 3.0 ou 4.0, les musées doivent :

  • nettoyer les données existantes après une conversion automatique;
  • revoir les termes qui ont été ajoutés localement, pour voir s'ils font maintenant partie de Nomenclature, et, dans le cas contraire, décider de leur emplacement au sein de la nouvelle structure;
  • revoir les termes qui se trouvent dans les fiches du musée - il se peut qu'un terme de Nomenclature, meilleur ou plus précis, soit maintenant adapté à tel ou tel objet.

En ce qui concerne les utilisateurs de la norme Revised Nomenclature ou du Système de classification de Parcs Canada qui souhaitent adopter le système Nomenclature 4.0 sans l’aide d'un logiciel commercial :

  • les musées devront chercher chaque terme qu'ils ont utilisé dans leur ancien système afin d’identifier son emplacement dans Nomenclature 4.0, avant de mettre à jour en conséquence ce terme et sa position hiérarchique. Il se peut que certains termes soient orthographiés différemment ou aient été supprimés; de plus, de nombreux termes auront changé de place au sein de la hiérarchie.
  • Les musées devront de plus revoir tous les termes qu'ils ont ajoutés à leur lexique afin de déterminer s'ils font partie de Nomenclature 4.0. Si c'est le cas, les données du musée devront être modifiées en fonction de la terminologie de Nomenclature 4.0. Si les termes en question ne font pas partie de Nomenclature 4.0, le musée devra alors déterminer la meilleure façon de les organiser dans la structure hiérarchique de Nomenclature 4.0.

Conclusion

Nomenclature et le Système de classification de Parcs Canada constituent d'excellentes normes que les musées canadiens utilisent largement afin de classifier leurs collections et d'établir des noms précis et uniformes pour leurs objets. En raison de leurs origines communes, ces deux systèmes possèdent plusieurs similitudes, mais ils présentent également certaines différences pour les aspects suivants : nombre de termes, portée, langue, présence d'illustrations, de définitions et de références bibliographiques, structure, conventions, disponibilité. Même si les musées ne devraient pas essayer d'utiliser les deux systèmes en même temps, ils peuvent toutefois choisir, comme système principal, celui qui répond le mieux à leurs besoins, puis consulter l'autre système pour l'ajout de termes ou les références.

Coordonnées pour cette page Web

Ce document est publié par le Réseau canadien d’information sur le patrimoine (RCIP). Pour fournir des commentaires ou des questions à ce sujet, veuillez communiquer directement avec le RCIP. Pour trouver d’autres ressources en ligne destinées aux professionnels de musées, visitez la page d'accueil du RCIP ou la page Muséologie et conservation sur Canada.ca.

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