L’honorable Jim Carr, Ministre des Ressources naturelles du Canada, Allocution concernant la décision préliminaire du département du Commerce des États-Unis d’imposer des droits compensateurs sur certains produits de bois d’œuvre résineux canadien

Discours

 

Le 25 avril 2017

Ottawa, Ontario

 

La version prononcée fait foi

 

Merci et bonjour tout le monde. 

Comme vous le savez, le département du Commerce des États-Unis a annoncé officiellement sa décision préliminaire d’imposer des droits compensateurs sur le bois d’œuvre résineux du Canada. Les disputes sur le bois ont été le plus grand irritant commercial entre les États-Unis et le Canada depuis la Confédération.  

Ainsi, entre 1839 et 1842, l’État du Maine et le Nouveau-Brunswick en sont venus pratiquement au coup lors de la « guerre forestière de l’Aroostock » lorsque des milices se mobilisèrent des deux côtés de la frontière actuelle entre le Maine et le Nouveau-Brunswick afin de défendre le commerce du bois.  Heureusement, même cette dispute fut résolue de manière pacifique grâce au dialogue. 

Par la suite, les États-Unis imposèrent une succession de tarifs et ce jusqu’à la création de l’administration du commerce international du Département du Commerce en 1980. 

Depuis, il y a eu quatre rondes de disputes sur le bois davantage connu sous le nom de :

  • 1998 Ronde I

  • 1986 Ronde II

  • 1996 Ronde III

  • 2001 Ronde IV 

La présente ronde est la cinquième fois que le Canada doit défendre son industrie du bois d’œuvre contre les requêtes déposées par les États-Unis au cours des trente dernières années.  Des panels indépendants sur le commerce ont établi chaque fois que ces requêtes étaient sans fondement.  

Nous avons eu gain de cause dans le passé et il en sera de même cette fois-ci.   

 Cette fois, le département du Commerce imposera des droits compensateurs de 19,88 % en moyenne à la plupart des usines. 

Notre gouvernement est tout à fait en désaccord avec cette décision. Une décision prise sans fondement. Nous allons nous battre vigoureusement pour défendre les intérêts de l’industrie canadienne du bois d’œuvre, de ses travailleurs et de leurs communautés. 

Ces droits injustes et punitifs auront un impact négatif sur les emplois de part et d’autre de la frontière. Tôt ou tard, ils feront grimper les frais de construction pour les familles américaines qui souhaitent bâtir une maison ou en rénover une.  

Par exemple, selon les calculs de la National Association of Home Builders des États-Unis, une augmentation de 1 000 $ US dans le coût d’une maison neuve aux États-Unis empêcherait plus de 150 000 familles américaines d’accéder à la propriété, et mettra en péril des milliers d’emplois dans l’industrie américaine de la construction résidentielle.  L’Association estime aussi que l’augmentation du prix au cours du premier trimestre de cette année a ajouté près de $3 600 au prix d’une nouvelle maison. 

Notre industrie forestière soutient des centaines de milliers de bons emplois de classe moyenne d’un bout à l’autre du Canada. De nombreuses régions dépendent de son succès continu. 

Notre gouvernement prend immédiatement des mesures pour venir en aide aux entreprises touchées, à leurs travailleurs et aux collectivités locales. Maintenant que la décision des États-Unis d’imposer des droits compensateurs préliminaires est confirmée, je réunirai de nouveau le Groupe de travail fédéral-provincial sur le bois d’œuvre cette semaine afin de discuter des prochaines étapes. 

Le Groupe de travail a été mis sur pied afin de faciliter l’échange de renseignements ainsi que d’analyser et d’évaluer les besoins des travailleurs forestiers et des collectivités. La prochaine réunion approfondira l’action des progrès que cette collaboration fédérale-provinciale sur le bois d’œuvre résineux nous a permis d’accomplir. 

Au nombre des mesures prises immédiatement, il y a les suivantes : 

  • Veiller à ce que les entreprises soient sensibilisées et aient accès aux initiatives de financement existantes de la Banque de développement du Canada et d’Exportation et développement Canada, qui offrent une variété de services financiers aux entreprises canadiennes selon des modalités commerciales, y compris des garanties d’emprunt. Ces initiatives s’adressent à des entreprises de toutes tailles, et peuvent venir en aide aux sociétés qui souhaitent faire des investissements de capital, élargir les débouchés sur le marché et se diversifier avec confiance dans de nouveaux marchés.  

  • Prendre également des mesures pour faire la promotion de l’utilisation du bois canadien ici même. Le budget de 2017 prévoit un montant de 40 millions de dollars pour augmenter l’utilisation du bois au Canada de manière à permettre au Canada de conserver son rôle de leader mondial en matière de structures de bois de grande hauteur, en établissant des partenariats avec l’industrie et les provinces pour miser sur les cas de réussite, comme l’immeuble de 18 étages pour les résidences de l’Université de la Colombie‑Britannique – le bâtiment en bois le plus haut du monde. 

  • Travailler avec acharnement afin d’aider l’industrie forestière à pénétrer de nouveaux marchés. Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, se trouve actuellement en Chine avec une délégation de représentants canadiens du bois d’œuvre pour faire la promotion des produits canadiens. Le ministre Jean-Yves Duclos est actuellement au Royaume-Uni et en Europe pour y faire la promotion du bois canadien. Et j’irai moi-même en Chine en juin en compagnie de leaders du milieu de la foresterie pour donner suite à cet élan. 

  • Emploi et Développement social Canada (EDSC) se tient prêt à offrir des services essentiels pour venir en aide aux travailleurs qui peuvent être touchés négativement. Cette aide est offerte notamment sous forme de prestation d’assurance emploi et d’orientation professionnelle, ainsi que de programmes de recyclage professionnel et de perfectionnement des compétences, lesquels sont offerts à l’échelle provinciale. Actuellement, EDSC transfère chaque année près de 3 milliards de dollars aux provinces en vertu des ententes de transfert relatives au marché du travail, ainsi qu’un montant supplémentaire de 2,7 milliards de dollars sur six ans, lequel a été annoncé dans le cadre du budget de 2017. 

  • Les travailleurs autochtones auront accès à des services dans le cadre de la Stratégie de formation pour les compétences et l’emploi destinée aux Autochtones.

 

En parallèle, nous continuerons à faire pression sur nos homologues américains afin qu’ils annulent cette mesure commerciale inéquitable et injustifiée. Nous sommes résolus à collaborer avec l’Administration des États-Unis pour en venir enfin à une solution durable. 

Le Canada a mis de l’avant un certain nombre de propositions raisonnables qu’il a soumises à l’Administration des États-Unis en réponse aux vues exprimées par l’industrie des États-Unis. Ces propositions visent à assurer la sécurité d’approvisionnement à des prix équitables pour les consommateurs américains et les sociétés des États-Unis qui comptent sur les importations provenant du Canada. 

Nous sommes persuadés qu’un règlement négocié est non seulement possible, mais également dans le meilleur intérêt des deux pays. 

J’aimerais maintenant inviter la ministre Lebouthillier à dire quelques mots.

 

 

 

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