Déclaration nationale du Canada sur l’énergie nucléaire

Déclaration

Le 26 octobre 2022 - Washington, D.C. 

L’honorable Jonathan Wilkinson, Ministre des Ressources naturelles, a fait la déclaration suivante au 5e Conférence ministérielle internationale sur l’énergie nucléaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique:

Directeur général Grossi, états membres. Je suis heureux d’être présent à la 5e Conférence ministérielle internationale sur l’énergie nucléaire, en tant que représentant du gouvernement du Canada en ma qualité de ministre des Ressources naturelles.

Aujourd’hui, nous nous rencontrons à un moment charnière de l’histoire. Comme vous le savez, les effets de la guerre en Ukraine ont des répercussions importantes en Europe et bien au-delà.

En raison de l’invasion illégale de la Russie, l’abordabilité de l’énergie et la sécurité sont actuellement au premier plan des affaires internationales. Ce conflit a mis en lumière la vulnérabilité des marchés mondiaux de l’énergie et a eu des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement de plusieurs autres produits de première nécessité et les industries.

À court terme, l’Europe cherche à remplacer les importations d’énergie russes par celles d’autres pays tout en accélérant de manière agressive la transition vers des formes d’énergie non émettrices et plus sûres, notamment les énergies renouvelables, l’hydrogène et l’énergie nucléaire.

Cependant, avant même les évènements des derniers mois, l’économie mondiale était en train de changer, et ce, rapidement. Partout dans le monde, les marchés financiers intègrent de plus en plus les risques climatiques aux décisions d’investissement. L’argent futé quitte les actifs qui ne sont pas compatibles avec une transition vers un monde sans émissions et se tourne vers les occasions qui le sont.

Et le défi existentiel des changements climatiques et la guerre actuelle en Ukraine ont des conséquences importantes pour l’énergie nucléaire.

Partout dans le monde, les gouvernements cherchent des formes d’énergie sûres et non émettrices afin de fournir l’énergie nécessaire à l’élimination de la combustion continue du charbon et du gaz naturel. Ils cherchent également à fournir l’importante quantité d’électricité supplémentaire qui sera nécessaire si nous voulons atteindre nos objectifs climatiques. L’énergie nucléaire est clairement une des options disponibles.

Des pays qui n’ont pas investi de manière importante dans l’énergie nucléaire pendant un certain temps songent maintenant activement à construire de nouvelles centrales et à retarder la fermeture des centrales existantes.

Comme vous le savez très bien, l’énergie nucléaire a de nombreux avantages : elle ne produit pas d’émissions, elle est sécuritaire, elle fournit une énergie de base et lorsqu’elle est produite de façon appropriée, elle est abordable.

Il s’agit d’un domaine dans lequel le Canada peut jouer un rôle important, notamment pour répondre aux besoins énergétiques nationaux et exporter des ressources naturelles et des technologies dans le monde.

Le Canada a commencé un parcours d’excellence nucléaire en tant que deuxième pays à produire de l’énergie nucléaire. Depuis, nous avons participé activement à la promotion de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire partout dans le monde.

Aujourd’hui, en tant que nation nucléaire de niveau 1 qui possède plus de 70 ans de leadership sur le plan technologique, un organisme de réglementation de classe mondiale et une forte chaîne d’approvisionnement nationale, notre secteur nucléaire est prêt à être le chef de file d’un marché mondial émergent qui, selon certaines estimations, pourrait valoir jusqu’à 150 milliards de dollars par année d’ici 2040.

Grâce à la Saskatchewan, le Canada abrite le plus grand gisement d’uranium à haute teneur de la planète. Et nous produisons plus de 70 % de l’approvisionnement mondial en cobalt 60, l’isotope le plus couramment utilisé en radiothérapie et pour la stérilisation des équipements médicaux.

Dans le monde entier, l’énergie nucléaire a contribué à éviter environ 55 gigatonnes d’émissions de CO2 au cours des 50 dernières années, soit l’équivalent de deux années d’émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie. Aujourd’hui, en tant que source fiable d’énergie non émettrice, l’énergie nucléaire fournit environ 10 % de l’électricité mondiale.

Il s’agit d’une véritable occasion pour le Canada, et nous tenons à la saisir.

Cela s’applique aux technologies existantes ainsi qu’aux nouvelles technologies, comme les petits réacteurs nucléaires. Je crois que l’avenir de l’énergie nucléaire repose en grande partie sur les petits réacteurs nucléaires. En tant qu’utilisateur précoce de ces réacteurs, le Canada pourrait obtenir une part importante des exportations mondiales de technologies, de biens et de services.

Le premier petit réacteur nucléaire canadien, un réacteur micromodulaire de cinq mégawatts, devrait être déployé en 2026 sur le site des Laboratoires Nucléaires Canadiens à Chalk River, en Ontario. Et, pas plus tard qu’hier, la Banque de l’infrastructure du Canada a annoncé un prêt de 970 millions de dollars pour le développement du premier petit réacteur nucléaire commercial au Canada, un projet plus important de 300 mégawatts qui sera mis en service à la centrale de Darlington, également en Ontario, d’ici 2028.

Le gouvernement fédéral a soutenu le développement des petits réacteurs nucléaires grâce à des programmes comme le Fonds stratégique pour l’innovation, qui a investi 20 millions de dollars pour faire progresser la conception du réacteur de la société ontarienne Terrestrial Energy. Par le biais du même fonds, nous avons investi 50 millions de dollars pour développer le réacteur et la technologie de Moltex Energy, au Nouveau-Brunswick, afin de recycler le combustible nucléaire épuisé des réacteurs CANDU en nouveau combustible. Et nous avons investi 27 millions de dollars de plus dans le financement de Westinghouse Electric pour faire progresser les microréacteurs en Saskatchewan.

Le récent budget fédéral a fourni un nouveau soutien financier et politique important pour développer et déployer de petits réacteurs nucléaires, faire progresser l’exploration de l’uranium et stimuler les occasions de la chaîne d’approvisionnement nucléaire. Ce soutien comprend 70 millions de dollars pour la recherche visant à minimiser les déchets produits par les réacteurs, à créer une chaîne d’approvisionnement en combustible, à renforcer les accords internationaux de coopération nucléaire et à améliorer les pratiques nationales en matière de sûreté et de sécurité. Et nous investissons 50 millions de dollars pour la Commission canadienne de sûreté nucléaire afin qu’elle élabore une réglementation appropriée pour les petits réacteurs modulaires et qu’elle travaille avec des partenaires internationaux à l’harmonisation de la réglementation mondiale.

Tous ces investissements s’ajoutent à la revitalisation en cours des laboratoires nucléaires fédéraux de Chalk River, d’une valeur de 1,2 milliard de dollars.

Le récent budget fédéral a également élargi le rôle de la Banque de l’infrastructure du Canada, lui permettant d’investir dans des projets d’infrastructure qui accéléreront la transition du Canada vers une économie sobre en carbone, notamment par l’utilisation de petits réacteurs modulaires.

Aujourd’hui, nous constatons que l’industrie nucléaire canadienne intéresse de plus en plus de pays qui souhaitent utiliser l’énergie nucléaire en appui à leurs objectifs en matière de sécurité énergétique et de climat.

Toute cette activité et cet intérêt soulignent l’accélération de l’élan de l’énergie nucléaire et mettent en évidence la volonté du Canada de jouer un rôle de premier plan dans ce domaine.

À mesure que nous avançons, il est essentiel que les nations qui partagent les mêmes idées s’unissent pour assurer un avenir durable. L’énergie nucléaire doit faire partie de cet avenir durable. Et le Canada est là pour aider à y parvenir.

Merci beaucoup, thank you.

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