Page 3 : Conseils sur les bactéries pathogènes d'origine hydrique

Partie A. Conseils sur les bactéries pathogènes d'origine hydrique

Ce document présente des renseignements de base pour ceux qui sont intéressés par la qualité et la salubrité de l'eau potable. Il se concentre plus spécifiquement sur les bactéries pathogènes d'origine hydrique qui ne sont pas nécessairement transmises par la voie fécale-orale classique, puisqu'elles sont probablement moins bien connues dans l'industrie de l'eau et par les professionnels de santé publique. Bien qu'il existe de l'information concernant de nombreux pays, ce document met l'accent sur les études pertinentes pour la situation nord américaine.

Tout au long de l'histoire, on a établi un lien entre la consommation d'eau potable de piètre qualité sanitaire et des maladies qui atteignent les populations humaines et se manifestent souvent sous forme de symptômes gastro-intestinaux, comme la diarrhée et les nausées. Les bactéries pathogènes fécales d'origine hydrique identifiées dans le présent document sont des organismes dont les antécédents sont bien établis comme cause d'éclosions de maladies gastro-intestinales d'origine hydrique.

Il existe des méthodes standardisées pour détecter et mesurer certaines bactéries pathogènes dans l'eau potable. Toutefois, la surveillance régulière visant à déceler la présence ces organismes demeure difficile et, en pratique, irréaliste. En effet, la répartition des nombreux types de bactéries pathogènes que peuvent renfermer les matières fécales humaines et animales varie énormément en fonction de la source de contamination de l'eau; et mettre en œuvre des procédures de détection et d'identification pour chaque type possible demeure difficile et très coûteux. C'est ce qui explique la pertinence de surveiller un indicateur général de la contamination fécale, comme E. coli, pour vérifier la qualité microbiologique et l'innocuité de l'approvisionnement en eau potable. La présence d'E. coli dans un système d'eau potable indique que la source ou le système ont récemment été affectés par une contamination d'origine fécale, résultant en une détermination que l'eau est insalubre à la consommation.

Depuis quelques dizaines d'années, on s'intéresse de plus en plus aux bactéries pathogènes qui sont présentes naturellement dans les milieux hydriques et, par conséquent, susceptibles de se transmettre par l'eau. Les bactéries pathogènes non-fécales d'origine hydrique dont il est question dans le présent document peuvent infecter les humains et entraîner des maladies gastro-intestinales et autres (en particulier des maladies respiratoires). La surveillance régulière de ces organismes pathogènes demeure aussi difficile et coûteuse. Comme ces organismes occupent différentes niches environnementales et proviennent d'origines autres que les matières fécales humaines ou animales, on ne dispose pour le moment d'aucun indicateur microbiologique satisfaisant pour signaler leur présence. Jusqu'à maintenant, aucun de ces organismes n'a été associé à l'éclosion d'une maladie résultant de l'ingestion d'eau potable au Canada. Cependant, comme ils peuvent se transmettre aux êtres humains par l'eau potable, il est important de mettre en place des stratégies de traitement et de désinfection capables de limiter adéquatement la prolifération de ces organismes.

Santé Canada soutient que la meilleure façon d'éviter la présence d'organismes pathogènes d'origine hydrique (y compris les bactéries pathogènes non fécales) dans l'eau potable consiste à adopter une approche à barrières multiples qui comprend un traitement adéquat, un bon entretien des réseaux de distribution et, dans le cas des bactéries entériques, la protection des sources. Les exigences de traitement et de désinfection qui s'appliquent à l'approvisionnement en eau potable microbiologiquement salubre sont basées sur les objectifs de traitement fondés sur la santé, élaborés pour l'élimination et l'inactivation des protozoaires entériques Giardia et Cryptosporidium et des virus entériques. Difficiles à éliminer, hautement infectieux et très résistants à la désinfection, ces organismes posent d'énormes défis pour le traitement et la désinfection de l'eau. C'est pourquoi on estime que les pratiques actuellement préconisées pour traiter et désinfecter l'eau à potabiliser compte tenu des objectifs d'élimination des virus et des protozoaires devraient aussi arriver à maîtriser les bactéries pathogènes d'origine hydrique dans l'eau potable. Cette approche peut ramener la concentration d'organismes pathogènes fécaux et non fécaux à des niveaux non détectables ou qu'on n'a jamais associés à des maladies chez l'humain.

Par conséquent, il demeure inutile et difficile, d'un point de vue pratique, d'établir des concentrations maximales acceptables pour les bactéries pathogènes d'origine hydrique décrites aux présentes. La surveillance d'E. coli sert toujours à vérifier la qualité microbiologique de l'eau potable. La surveillance d'E. coli et d'autres indicateurs, comme la concentration résiduelle de désinfectant et la turbidité, permet d'obtenir de l'information sur l'efficacité du traitement de l'eau potable et sur la condition microbienne du réseau de distribution.

L'approche à barrières multiples préconisée pour assurer la salubrité de l'eau potable fait appel à de nombreux contrôles de procédés, parallèlement à l'analyse bactériologique, afin de garantir la fiabilité de la production d'une eau potable de qualité acceptable. Parmi les éléments importants de cette approche figurent les suivants :

  • la protection de l'eau à la source (dans la mesure du possible);
  • l'optimisation du rendement du traitement (p. ex. pour réduire la turbidité et éliminer les particules);
  • l'utilisation correcte des techniques de désinfection;
  • un réseau de distribution bien conçu et bien entretenu; et
  • la préservation d'une concentration résiduelle de désinfectant.

Le potentiel d'introduction de bactéries pathogènes d'origine hydrique dans le réseau de distribution et leur capacité de survie et de recroissance de ces organismes dans les biofilms sont des facteurs préoccupants pour le traitement de l'eau potable. Une augmentation récurrente de la numération des bactéries hétérotrophes après le traitement de l'eau peut indiquer la présence de biofilms, qui pourraient être une source de bactéries pathogènes d'origine hydrique. Puisque les microorganismes présents dans les biofilms sont capables de survivre, de se multiplier et d'être relâchés dans le réseau de distribution, l'eau qui était conforme aux recommandations bactériologique peut être recontaminée au fil du temps.

Les mesures suivantes peuvent s'avérer utiles pour aider à contrôler la présence de biofilms dans le réseau de distribution :

  • l'emploi de matériaux de construction appropriés;
  • des mesures de contrôle destinées à réduire la concentration de matières organiques naturelles, l'entartrage et la corrosion;
  • des mesures destinées à prévenir un débit trop faible ou la stagnation de l'eau et à contrôler la température (dans la mesure du possible);
  • des activités d'entretien, comme la purge et le nettoyage; et
  • le maintien d'une désinfection adéquate suite à l'installation de nouvelles conduites ou à l'entretien ou la réparation de conduites existantes.

Les problèmes de contamination par les bactéries pathogènes d'origine hydrique peuvent se produire dans des canalisations autres que celles des réseaux de distribution rattachés aux usines de traitement de l'eau, par exemple dans la plomberie ou les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation. Pour obtenir des conseils et des renseignements sur les exigences visant expressément ces systèmes, il faut s'adresser aux autorités de réglementation compétentes.

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