Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada : document technique – le diquat

Table des matières

Recommandation

La concentration maximale acceptable (CMA) de diquat (sous forme de cation) dans l'eau potable est de 0,07 mg/L (70 µg/L).

Propriétés physico-chimiques, utilisations et sources de contamination

Le diquat (C12H12N2) est un herbicide de la famille des dipyridyles, commercialisé en général sous forme de sel de dibromure ou de dichlorure monohydraté. Il est employé comme agent de dessiccation avant la récolte de diverses cultures semencières, pour le défanage de la pomme de terre et pour la destruction des mauvaises herbes aquatiques. Au Canada, on en utilise moins de 100 000 kg par année, dont 96 pour cent sert d'aide à la récolte.Note de bas de page 1 Le diquat n'est pas volatil et n'a pas de pression de vapeur mesurable.Note de bas de page 2 Il est soluble dans l'eau à 700 g/L à 20°C.Note de bas de page 3
En raison de sa double charge positive, le cation du diquat est solidement adsorbé sur les minéraux argileux négatifs du sol.Note de bas de page 4 Par conséquent, il demeure dans les couches supérieures du sol pendant une longue période,Note de bas de page 5et il est peu probable qu'il soit lixivié dans la nappe phréatique. Le diquat appliqué comme désherbant dans les milieux aquatiques disparaît de l'eau après une à quatre semaines par adsorption sur les plantes et les sédiments.Note de bas de page 5 La photodécomposition contribue également à la disparition du diquat dans l'eau.Note de bas de page 6

Exposition

On ne dispose d'aucune information sur les concentrations de diquat dans l'eau potable ou les eaux superficielles du Canada.

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(Format PDF, 24 Mo, 3 pages)

Organisation : Santé Canada
Type : Lignes directrices
Date publiée : 1986-02 (révisé en juin 1989)

Sujets connexes

L'apport quotidien maximal de diquat dans les aliments, calculé à l'aide des limites maximales de résidus tolérées par la Direction des aliments du ministère de la Santé nationale et du Bien-être socialNote de bas de page 7est, en théorie, de 0,03 mg/jour. La limite maximale de résidus dans toutes les cultures pour lesquelles l'usage du diquat est homologué est de 0,1 mg/kg. On dispose de peu de données sur les teneurs réelles de diquat décelées dans les denrées alimentaires. Dans des essais réalisés sous surveillance au Canada, où le diquat a été appliqué au blé et à l'avoine à raison de 0,28 et de 0,56 kg d'ions diquat par hectare, des concentrations moyennes de 0,05 mg/kg (plage de <0,02 à 0,08) et de 0,07 mg/kg (plage de 0,02 à 0,12) de résidus ont été respectivement trouvées dans le blé desséché d'une part, et de 0,33 mg/kg (plage de 0,14 à 0,51) et de 0,80 mg/kg (plage de 0,14 à 1,4), respectivement, dans l'avoine desséchée, d'autre part.Note de bas de page 6

Méthodes d'analyse et techniques de traitement

Le dosage du diquat dans l'eau peut se faire par passage d'un échantillon volumineux (environ 500 mL) directement sur une colonne échangeuse de cations, suivi d'un rinçage et d'une élution, puis d'une mesure spectroscopique (limite de détection de 0,003 ppm).Note de bas de page 8
En milieu alcalin, la chloration élimine le diquat de l'eau par oxydation; le taux d'élimination augmente avec le pH. Cependant, à des pH de 7 à 8, il faut une durée de contact relativement longue (au moins deux heures) pour parvenir à un degré d'élimination raisonnable. Le bioxyde de chlore oxyde très rapidement le diquat (en quelques minutes).Note de bas de page 9 L'emploi d'adsorbants argileux (comme la bentonite) ou de charbon actif, suivi d'une coagulation chimique, semblent aussi éliminer rapidement le diquat de l'eau.Note de bas de page 10

Effets sur la santé

Le diquat est faiblement absorbé à partir du tube digestif après l'ingestion. La majeure partie d'une dose orale unique de 45 mg/kg p.c. par jour de diquat marqué radioactivement a été éliminée par des rats en quatre jours; 6 pour cent de la dose a été décelée dans les urines et 89 pour cent dans les fèces, en majeure partie sous forme intacte. Le métabolite monopyridone, décelé principalement dans les fèces, atteint 5 pour cent de la dose, alors que le métabolite dipyridone, métabolite urinaire mineur, représente environ 0,1 pour cent de la dose.Note de bas de page 11 On croit que la toxicité serait attribuable au composé mère plutôt qu'à ses métabolites.Note de bas de page 12 On n'a pas noté d'accumulation de diquat dans les tissus de rats ayant reçu 25 ppm dans leur régime alimentaire pendant huit semaines.Note de bas de page 13
Des rapports indiquent qu'une dose orale unique de 6 à 12 g d'ions diquat est fatale aux êtres humains.Note de bas de page 5 L'intoxication des êtres humains par le diquat peut provoquer des lésions à la paroi du tube digestif, au cerveau, au foie, aux reins et aux poumons.Note de bas de page 11
L'ingestion chronique de diquat a provoqué la formation de cataractes chez des rats et des chiens, effet qui n'a jamais été signalé chez les êtres humains exposés. Des groupes de 35 mâles et de 35 femelles de rats Wistar ont reçu des aliments renfermant 0, 15, 25 ou 75 ppm d'ion diquat pendant deux ans ou moins. Bien que l'on n'ait constaté aucun effet significatif sur le poids corporel, la consommation d'aliments ou le taux de mortalité des groupes traités, on a noté une hausse sensible de la formation de cataractes dans le groupe exposé à la plus forte dose (75 ppm) comparativement au groupe témoin. Aucune différence significative dans le nombre de cataractes n'a été observée chez les rats ayant consommé 15 et 25 ppm d'ion diquat comparativement aux témoins, bien que, dans le groupe ayant absorbé 25 ppm d'ion diquat, l'apparition des cataractes s'est produite plus tôt que chez les témoins. L'apport alimentaire sans effet sur la formation de cataractes a été établi à 15 ppm d'ion diquat, soit l'équivalent de 0,75 mg/kg p.c.Note de bas de page 11
Des groupes de chiens (trois mâles et trois femelles de souche non spécifiée) ont reçu des aliments renfermant 0, 16, 32, 68, 200 ou 600 ppm de diquat sous forme de dichlorure pendant quatre ans ou moins. Ceux qui ont consommé 200 et 600 ppm de dichlorure de diquat accusaient une opacité bilatérale du cristallin après 10 et 15 mois respectivement; on n'a observé aucun effet sur la croissance, la formation de tumeurs, la consommation d'aliments, la chimie sanguine ni sur les pathologies macroscopique et microscopique. On n'a décelé aucun effet sur l'incidence des cataractes chez les sujets qui avaient reçu des aliments à 68 ppm pendant les quatre années de l'étude. La dose sans effet nocif observé (DSENO) a été établie à 68 ppm pour le dichlorure de diquat,Note de bas de page 14 ce qui correspond à une concentration d'ion diquat de 1,22 mg/kg p.c.Note de bas de page 11
Les essais de longue durée chez le rat et le chien ont révélé que le diquat n'a aucun pouvoir cancérogène ou oncogène. Le diquat a augmenté la synthèse non programmée de l'ADN dans des cellules humaines in vitro, avec et sans activation métabolique par des microsomes du foie,Note de bas de page 15 mais il n'a pas révélé d'effet mutagène dans des épreuves de mortalité dominante chez la souris.Note de bas de page 16,Note de bas de page 17 On a signalé qu'après une injection intrapéritonéale unique de 7 mg/kg p.c. entre le 6e et le 14e jour de la gestation, le diquat a induit une forte incidence des retards de la croissance du sternum et des osselets de l'oreille du foetus de rats ainsi qu'une réduction marquée du poids des embryons. Après l'administration d'une dose de 14 mg/kg p.c., la plupart des gestations ont été interrompues, et les effets ont été plus prononcés chez les rats arrivés à terme.Note de bas de page 18 Toutefois, des études n'ont révélé aucun effet tératogène chez le rat, la souris et le lapin.Note de bas de page 19 Le diquat semble fortement toxique pour l'embryon aux doses élevées.Note de bas de page 19

Justification

L'apport quotidien acceptable (AQA) de diquat (sous forme de cation) a été calculé par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et par l'Organisation mondiale de la santé (OMS)Note de bas de page 11 comme suit :
Formulaire

où :

  • 0,75 mg/kg p.c. par jour est considéré comme la dose sans effet nocif observé liée à la formation de cataractes chez le ratNote de bas de page 11
  • 100 est le facteur d'incertitude.

La concentration maximale acceptable (CMA) de diquat (sous forme de cation) dans l'eau potable est calculée à partir de l'AQA comme suit :

Formulaire

où :

  • 0,008 mg/kg p.c. par jour est l'AQA calculé par la FAO et l'OMS
  • 70 kg est le poids corporel moyen d'un adulte
  • 0,20 est la proportion de l'apport quotidien de diquat attribuée à l'eau potable
  • 1,5 L/jour est la consommation moyenne quotidienne d'eau potable d'un adulte.

Références bibliographiques

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