Page 8 : Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada : document technique – les trihalométhanes

6.0 Méthodes d'analyse

Diverses techniques d'analyse permettent de déterminer les THM. L'Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis a approuvé trois méthodes (EPA Method 502.2; EPA Method 524.2 et EPA Method 551.1) pour l'analyse des THMs dans l'eau potable. La méthode 502.2 utilise les techniques de purge et piégeage et de chromatographie en phase gazeuse sur colonne capillaire suivies en série d'un détecteur à photoionisation et d'un détecteur à capture d'électrons (P et P/CG-DPI et DCE). La méthode 524.2 détermine les THM en utilisant la chromatographie en phase gazeuse sur colonne capillaire/spectrométrie de masse (CG-SM) et la méthode 551.1 utilise l'extraction liquide-liquide et la chromatographie en phase gazeuse avec détecteurs à capture d'électrons (ELL/DCE) (U.S. EPA, 2005). Les limites de détection de ces méthodes (LDM) ne sont pas indiquées.

Santé Canada utilise les méthodes suivantes pour analyser les THM : purge et piégeage (P et P), extraction liquide-liquide (ELL) et injection directe en milieu aqueux combinée à un système de chromatographie. Le système de chromatographie permettra de déterminer simultanément les quatre THM. La LDM des méthodes P et P et ELL est d'environ 0,1-0,2 µg/L (Santé Canada, 1995).

Certaines des techniques produisent des valeurs différentes. Ainsi, les concentrations de chloroforme dans l'eau analysée par injection directe en milieu aqueux sont habituellement plus élevées que celles produites par la technique P et P. La variation est attribuée à la formation de chloroforme à la suite de la dissociation des précurseurs des SPCD dans la chambre d'injection à chaud du chromatographe en phase gazeuse utilisé dans les techniques de l'injection directe en milieu aqueux.

Au cours d'études réalisées récemment par Santé Canada sur les SPD dans l'eau potable, on a utilisé la méthode ELL, adaptée de la méthode 551.1 de l'EPA de façon à comprendre une analyse par chromatographie en phase gazeuse avec détecteurs à capture d'électrons (CG-DCE). On a aussi déterminé la concentration des échantillons au moyen de la technique P et P suivie d'une chromatographie en phase gazeuse jointe à la spectrométrie de masse (piège ionique) (CG-PI).

La méthode ELL a aussi permis de déterminer simultanément d'autres SPD (hydrate de chloral, di-et trichloropropanones, haloacétonitriles et chloropicrine) qui ne sont pas traités dans ce document. On a modifié par la suite la méthode pour y inclure la détermination simultanée du chlorure de cyanogène (LeBel et Williams, 1996, 1997; LeBel et Benoit, 2000) et d'autres acétaldéhydes halogénés (Koudjonou et LeBel, 2003). La méthode devait permettre de rajuster le pH (pH 4,5) des échantillons d'eau au moment de l'échantillonnage sur le terrain afin d'éviter la production de chloroforme pendant le stockage de l'échantillon entre le prélèvement et l'analyse. L'effet du pH diminuait avec le temps (distance) passé dans le réseau de distribution (LeBel et Williams, 1995).

Pour garantir que l'échantillon soit représentatif de l'exposition aux THM, toutes les réactions doivent être arrêtées au moment du prélèvement. À cette fin, il faut ajouter un agent de préservation pour neutraliser le chlore et régler le pH sur le terrain pour éviter la transformation des produits intermédiaires. Des données tirées d'études récentes de Santé Canada indiquent que le 1,1,1-trichloro-2-propanone (LeBel et al., 2002) et les aldéhydes trihalogénés (Koudjonou et LeBel, 2003) se décomposent dans l'eau pour former des THM à un pH et une température plus élevés. Ils sont toutefois stables dans l'eau dans les conditions de stockage et d'échantillonnage (pH 4,5; 4 °C).

Les deux techniques de chromatographie en phase gazeuse, P et P/CG-PI et ELL/CG-DCE, peuvent servir à déterminer les THM dans les échantillons d'eau potable. Les résultats produits par les deux techniques sont comparables dans le cas d'échantillons traités de la même façon (même pH et agent de préservation), mais la technique de purge et piégeage produit des valeurs légèrement plus élevées dans le cas du chloroforme à cause de la dissociation de certains intermédiaires chlorés (LeBel et Williams, 1995). La technique P et P ne se prête en outre généralement pas à l'analyse des analytes de SPD plus hydrophiles ciblés par la méthode ELL, que l'on préfère par conséquent pour sa souplesse et sa fiabilité.

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