Document d’information – Rapport annuel de l’administratrice en chef de la santé publique 2020 : Du risque à la résilience : Une approche axée sur l’équité concernant la COVID-19

Document d'information

Le 28 octobre 2020

« La pandémie de COVID-19 a troublé notre conscience collective et nous a amenés à reconnaître que l’équité est essentielle pour assurer la sécurité sanitaire. »
– Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada

Le rapport

Le rapport annuel 2020 décrit les graves répercussions, directes et indirectes, de la pandémie de COVID-19 sur la société canadienne. Pendant cette période difficile, la collaboration entre les secteurs, ainsi qu’entre les particuliers, les organismes communautaires, les entreprises, les pouvoirs publics et les scientifiques a été exceptionnelle. Le but du rapport consiste à offrir des occasions de s’appuyer sur cette collaboration pour renforcer l’état de préparation du Canada aux futures urgences de santé publique.

Les vastes conséquences de la COVID-19

La gravité des effets de la COVID-19 a été influencée par la réceptivité et l’exposition des Canadiens au virus ainsi que par l’accès au traitement. Parmi les facteurs de risque qui augmentent la réceptivité après l’exposition à la COVID-19, mentionnons l’âge, les problèmes de santé sous-jacents, comme les maladies cardiaques et le diabète, ainsi que les comportements liés à la santé, comme le tabagisme ou l’obésité.

Chez les Canadiens, le niveau d’exposition au virus est lié à leurs conditions de vie et à leur situation financière, notamment à leur capacité de maintenir la distanciation physique. Les conditions d’emploi, notamment la capacité de travailler à domicile, l’accès à des congés de maladie payés et la sécurité d’emploi, jouent également un rôle. Le recours aux services de garde en dehors du domicile, les logements surpeuplés et l’utilisation de moyens de transport partagés influent également sur le risque d’exposition au virus.

Enfin, la gravité des cas de COVID-19 peut être influencée par l’accès à des services de santé et à des services sociaux de qualité, qui dépend d’un certain nombre de facteurs, dont l’accessibilité de services dans les collectivités, la discrimination subie au moment de demander des services ainsi que l’existence d’obstacles logistiques (transport et accès à Internet).

Le rapport de l’ACSP 2020 présente les données canadiennes sur ces trois aspects pour la période de janvier à la fin d’août 2020.

Faits en bref

  • Les résidents des établissements de soins de longue durée ont été les personnes les plus durement touchées par cette pandémie. En août 2020, elles représentaient environ 80 % des personnes décédées de la COVID-19 au Canada. Il s’agit de l’un des taux de mortalité les plus élevés comparativement à ceux des autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
  • Les personnes qui assurent les services essentiels courent un plus grand risque d’exposition au virus dans leur milieu de travail et lorsqu’ils se rendent au travail ou en reviennent. C’est chez les travailleurs de la santé que sont survenus 19 % des cas de COVID-19 recensés à l’échelle nationale à la mi- août. De plus, il y a eu 23 éclosions dans des milieux de travail agricoles au Canada pendant la même période.
  • Les recherches montrent l’incidence considérable de la COVID-19 sur les travailleurs qui ont le plus faible pouvoir de négociation, comme les personnes non syndiquées, à salaire bas, de sexe féminin ou à salaire horaire.
  • Les Premières Nations, les Inuits et les Métis ont fait preuve de leadership et de résilience et ont fait appel à l collaboration communautaire dans la lutte contre la COVID-19. Chez les Premières Nations, par exemple, les taux d’hospitalisation liés à la COVID-19 étaient plus faibles que chez la population générale (8,4 %, comparativement à 13,4 %), et les taux de décès étaient aussi plus faibles (1,4 %, comparativement à 7,1 %) à la fin d’août 2020.
  • Les conditions de vie en groupe et de travail en milieu confiné peuvent créer des situations où il est difficile de maintenir la distanciation physique, d’avoir une bonne hygiène et de respecter les normes sanitaires, ce qui peut favoriser la propagation du coronavirus responsable de la COVID-19.
  • Les décès par surdose d’opioïdes au Canada ont beaucoup augmenté pendant la pandémie. Il s’agit d’une inversion de la tendance encourageante à la baisse observée précédemment.
  • La stigmatisation et la discrimination sont d’importants facteurs qui peuvent provoquer et exacerber des résultats négatifs sur la santé dans le contexte d’une pandémie. C’est peut-être pourquoi nous observons des taux d’infection par la COVID-19 disproportionnés chez les membres de communautés racialisées, les aînés et les membres d’autres groupes marginalisés.

La voie à suivre

Dans son rapport, la Dre Tam décrit les principales mesures à prendre pour progresser.

  • Soutenir le leadership et la gouvernance à tous les niveaux en vue d’un changement structurel dans le secteur de la santé, le secteur social et le secteur économique. En pratique, cela signifie que les données doivent être divisées et classées méthodiquement pour comprendre les différents besoins des personnes (par exemple, en matière de logement, de sécurité et d’emploi). Il faut que les plans multisectoriels en cas de pandémie soient régulièrement mis à l’essai. Il faut aussi que les progrès des mesures de collaboration subséquentes soient évalués et que les mesures soient adaptées jusqu’à ce que les inégalités soient éliminées.
  • Exploiter le pouvoir de la cohésion sociale, ce qui est essentiel pour contrôler et réduire au minimum les effets négatifs de la pandémie actuelle. Les collectivités et les pays caractérisés par un niveau élevé d’entraide peuvent mieux prévenir et maîtriser les recrudescences. Tout le monde a un rôle à jouer pour que cela se produise. Les responsables de la santé publique, les médias et les dirigeants politiques doivent tous échanger des données probantes et des renseignements et manifester leur volonté de collaborer à la lutte continue contre la pandémie. Ces actions peuvent faire en sorte que les Canadiens aient l’information et la confiance nécessaires pour prendre, chaque jour, des mesures de santé publique et demander qu’un soutien soit offert aux personnes les plus à risque.
  • Renforcer les capacités en matière de santé publique pour que le Canada dispose d’un système de santé pouvant se déployer et s’adapter en période de crise, tout en conservant la capacité de s’attaquer aux problèmes critiques permanents. Habituellement, les efforts déployés par la santé publique ne sont pas visibles pour la population générale. Une pandémie met en évidence la nécessité d’un système de santé publique solide et habile qui dispose des effectifs et des outils nécessaires pour faire face aux urgences et résoudre les inéquités. Elle donne l’occasion de réévaluer ce à quoi ressembleraient des investissements continus ainsi que l’avenir de la santé publique.

Processus de rédaction du rapport 2020

Comme pour les précédents rapports de l’ACSP, on a utilisé les meilleures données probantes issues des recherches, de l’expertise en la matière et de l’expérience concrète connues à ce moment pour la rédaction du rapport 2020. Les données sur les répercussions de la COVID-19 concernent la période du 31 décembre 2019 au 31 août 2020.

En raison de l’évolution constante des données probantes concernant la COVID-19, un vaste éventail de sources ont été prises en considération pendant le processus de rédaction du rapport, notamment la littérature scientifique, les données épidémiologiques sur les cas, les conseils de l’appareil fédéral et d’experts fournis par des chercheurs, des décideurs, des organisations non gouvernementales et des chefs de file communautaires.

L’ACSP a rédigé son rapport en gardant à l’esprit le fait que cette pandémie continue d’évoluer tous les jours.

Contexte et rapports précédents

Au titre de la Loi sur l’Agence de la santé publique du Canada, l’ACSP du Canada a le mandat de fournir chaque année à la ministre de la Santé un rapport indépendant sur l’état de la santé publique au Canada. La Loi oblige la ministre de la Santé à présenter le rapport au Parlement et à permettre à la population canadienne d’y avoir accès. Les rapports annuels de l’ACSP doivent être transmis à la ministre de la Santé six mois avant la fin de l’année financière et présentés au Parlement dans les 15 jours de séance suivant leur réception.

Le but des rapports de l’ACSP est d’accroître la sensibilisation et de pousser à l’action pour, en fin de compte, améliorer et protéger la santé de tous les membres de la population canadienne.

Les rapports annuels précédents de l’ACSP sont affichés en ligne et ont attiré l’attention sur des questions de santé publique comme la stigmatisation dans le système de santé, la consommation de substances chez les jeunes et l’élimination de la tuberculose.

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