Utilisation du vaccin AstraZeneca contre la COVID-19 chez les jeunes adultes

Déclaration

En tant que médecins hygiénistes en chef, nous prenons l’innocuité des vaccins très au sérieux. Au Canada, il existe des mécanismes pour enquêter et communiquer des rapports sur les effets indésirables graves suivant la vaccination contre la COVID-19 pour déterminer s’il existe un lien de causalité avec les vaccins contre la COVID-19. Le 24 mars 2021, Santé Canada a publié une nouvelle version de l’étiquette ainsi que des directives sur le vaccin contre la COVID-19 d’AstraZeneca, à la suite de la publication de rapports européens portant sur des cas rares, mais graves de caillots sanguins associés à de faibles taux de plaquettes sanguines (c.-à-d., thrombocytopénie) à la suite de l’immunisation au moyen du vaccin d’AstraZeneca. Santé Canada publiera également des conditions selon lesquelles les fabricants d’AstraZeneca doivent procéder à une évaluation détaillée des avantages et des risques du vaccin selon l’âge et le sexe dans le contexte canadien. Ces renseignements, en plus d’autres données probantes internationales, seront utilisés afin de déterminer si des mesures réglementaires supplémentaires sont nécessaires.

Entre-temps, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) recommande une pause immédiate dans l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca chez toutes les personnes âgées de moins de 55 ans au Canada. Cette recommandation est fondée sur des cas rares de thrombocytopénie immunitaire prothrombotique induite par le vaccin (TIPIV) après la vaccination au moyen du vaccin d’AstraZeneca signalés en Europe avec un taux élevé de létalité et de séquelles sérieuses.

En tant que médecins hygiénistes en chef, nous agissons de manière décisive dans notre position unifiée en vue de mettre en pause l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca au Canada chez les personnes âgées de moins de 55 ans pour le moment. Nous adoptons cette mesure de précaution pendant que Santé Canada, en tant qu’organisme de réglementation, termine son évaluation complète des risques et des bénéfices en fonction des données émergentes. Pendant cette période d'évaluation des risques, le Canada a d'autres options de vaccins pour contrer le risque continu d'infection à la COVID-19. À ce jour, aucun effet indésirable n’a été signalé au Canada, et le vaccin d’AstraZenecca n’a pas été administré en grand nombre au Canada.

Suivant une analyse de la TIPIV basée les populations, d’une évaluation des risques associés à la COVID-19 en fonction de l’âge et après avoir examiné la disponibilité d’autres vaccins (c.-à-d vaccins à l’ARNm), en fonction de ce que nous savons en ce moment, il existe une incertitude substantielle concernant l’avantage d’offrir le vaccin d’AstraZeneca aux adultes âgées de moins de 55 ans étant donné les risques associés à la TIPIV. En ce moment, nous appliquons une pause sur l’utilisation du vaccin d’AstraZenecca chez les adultes de moins de 55 ans, en attente d’une analyse des risques et bénéfices plus poussée. On peut toujours offrir le vaccin d’AstraZeneca aux adultes âgés de 55 ans et plus, compte tenu du risque accru d’hospitalisation et de décès lié à la COVID-19 dans cette population et puisque les rapports de TIPIV sont encore plus rares dans ce groupe d’âge. Bien que ces effets indésirables aient été signalés principalement chez des femmes, les enquêtes sont en cours, car il est possible qu’un plus grand nombre de femmes aient reçu le vaccin d’AstraZeneca, compliquant ainsi l’évaluation des risques fondée sur le sexe.

Le résultat de TIPIV peut être grave, y compris la mort. Si diagnostiqué tôt, TIPIV peut être traitée et le risque de séquelle grave réduit (en anglais seulement). Selon les données probantes actuelles, en ce qui concerne les personnes ayant déjà reçu le vaccin d’AstraZeneca il y a plus de 20 jours, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Quant aux personnes qui ont reçu le vaccin d’AstraZeneca il y a moins de 20 jours, et pour ceux qui recevrez le vaccin d’AstraZenecca, vous devriez consulter immédiatement un médecin dans l’éventualité rare où vous développeriez des symptômes débutant quatre jours après votre vaccination, par exemple : essoufflement, douleur à la poitrine, enflure des jambes, douleur abdominale persistante, apparition soudaine de maux de tête graves ou persistants qui s’aggravent ou une vision trouble, et des contusions (à un endroit autre que celui du site d’injection). Les décisions relatives au type de deuxième dose qui sera offerte aux personnes ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca seront déterminées sur la base des dernières preuves et recherches. Le CCNI examinera les données probantes à mesure qu'elles se présenteront pour fournir des conseils aux programmes de santé publique sur la possibilité de compléter la série de vaccins avec d'autres produits vaccinaux. Pour l'instant, vous n'avez pas besoin d'une deuxième dose jusqu’à 16 semaines suivant votre première dose.

Cette décision fait partie de l'approche de surveillance et d’intervention de l'innocuité des vaccins qui est établie depuis longtemps au Canada et utilisée pour surveiller tous les vaccins, y compris les vaccins COVID-19. Nous répondons à ce signal de sécurité au moyen des renseignements à notre disposition à l’heure actuelle et nous examinerons les nouveaux renseignements afin d’éclairer tout changement à notre position au cours des jours à venir. Les médecins hygiénistes en chef sont alignés dans leur position et travaillent en étroite collaboration afin d’examiner et d’agir en fonction des dernières données probantes relatives à l’innocuité et à l’efficacité des vaccins contre la COVID-19, et de prendre des mesures à cet égard. Nous continuerons de travailler en collaboration afin d’adapter nos approches au fur et à mesure que la science et la situation évoluent, et de fournir des directives claires et fondées sur des données probantes afin de préserver la santé et la sécurité de tout le monde au Canada.

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Le Conseil des médecins hygiénistes en chef comprend le médecin hygiéniste en chef de chaque province et de chaque territoire, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la conseillère médicale principale de Santé Canada, le médecin en chef de la santé publique de Services au Autochtones Canada, le médecin en chef de l’autorité sanitaire des Premières Nations et les membres d’office d’autres ministères fédéraux.

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