Évaluation de l'Initiative de prévention des blessures Actif et en sécurité de 2011-2012 à 2012-2013

Rédigé par :
Direction de l'évaluation
Santé Canada et l' Agence de la santé publique du Canada
Fevrier 2014

Table des matières

  1. But de l'évaluation
  2. Description du programme
  3. Description de l'évaluation
  4. Constatations
  5. Conclusions
  6. 6.0  Occasions pour l'Agence de mettre à profit les investissements actuels

Sommaire

Le présent rapport présente les conclusions de l'évaluation de l'Initiative de prévention des blessures Actif et en sécurité de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

But et portée de l'évaluation

L'évaluation visait à mesurer la pertinence et le rendement de l'Initiative, notamment pour ce qui est des activités financées par l'ASPC par l'entremise d'organisations non gouvernementales (ONG) bénéficiaires travaillant à l'élaboration de projets de prévention des blessures dans les sports et les loisirs. La période visée par cette évaluation s'étend du 1er avril 2011 (date du début de l'Initiative) au 31 mars 2013 (date de la fin de l'Initiative).

Description du programme

Il s'agissait d'une initiative de 5 millions de dollars sur deux ans visant à diminuer l'incidence des blessures dans les sports et les loisirs chez les enfants et les jeunes (de 0 à 19 ans) en améliorant la sensibilisation à l'échelle communautaire et en renforçant la collaboration entre les intervenants du milieu de la prévention des blessures. Les fonds affectés à l'Initiative ont été versés, au moyen d'ententes de contribution, à des ONG des domaines de la prévention des blessures, des sports et des loisirs afin qu'elles mènent à bien des projets de prévention des blessures partout au Canada. Au total, 18 projets de prévention des blessures ont été financés dans le cadre de trois volets successifs traitant des commotions cérébrales, des fractures et des noyades.

Constatations

Pertinence
Nécessité de poursuivre l'Initiative

Les blessures accidentelles subies pendant une activité sportive ou un loisir sont la principale cause de blessures chez les enfants au Canada. Ce genre de blessure peut mener à des hospitalisations, à des incapacités, à des invalidités et, rarement, à la mort. En plus des résultats négatifs pour la santé des individus subissant de telles blessures, celles-ci causent un fardeau économique pour le Canada puisqu'elles peuvent exercer une pression supplémentaire sur le système de santé et la société. Par conséquent, il faut continuer de se pencher sur cette importante question de santé publique.

Harmonisation avec les priorités du gouvernement fédéral

L'Initiative était conforme à un certain nombre de priorités du gouvernement du Canada, y compris l'engagement de prévenir les blessures chez les enfants et de travailler en collaboration avec des ONG à la réduction des blessures, conformément à ce qui a été mentionné dans le discours du Trône de 2010, le Budget de 2010 et de récentes annonces ministérielles. L'Initiative cadrait aussi avec les priorités et résultats stratégiques de l'Agence concernant les blessures, comme l'indiquent certains documents de l'organisation.

Harmonisation avec les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral

L'Initiative cadrait avec les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral puisque la prévention des blessures fait partie des mesures de santé dont l'ASPC est responsable. La Loi sur le ministère de la SantéNotes de fin de document i et la Loi sur l'Agence de la santé publique du CanadaNotes de fin de document ii encadrent les rôles et les responsabilités de l'ASPC concernant la prévention des maladies, y compris des blessures. En vertu de la Loi sur le ministère de la Santé, le ministre de la Santé a le mandat général de protéger les Canadiens contre les risques pour la santé. En vertu de la Loi sur l'ASPC, sous la direction de l'administrateur en chef de la santé publique et en collaboration avec ses partenaires, l'ASPC a pour mandat de diriger les efforts fédéraux et de mobiliser les interventions pancanadiennes afin de prévenir les maladies et les blessures. En outre, des documents FPT confirment le rôle du gouvernement fédéral en santé publique pour ce qui est de la prévention des blessures (p. ex. Déclaration sur la prévention et la promotion). La question de la prévention des blessures traverse les frontières provinciales et territoriales; elle permet à l'ASPC de jouer un rôle de chef de file à l'échelle nationale dans le domaine de la prévention des blessures.

Conclusions

Rendement

L'Initiative a permis d'accomplir des progrès vers l'atteinte des résultats immédiats et intermédiaires en matière de réduction des blessures accidentelles dans les sports et les loisirs chez les enfants et les jeunes (de 0 à 19 ans).

L'Initiative a mené à une collaboration entre les principaux intervenants nationaux de la prévention des blessures dans les sports et les loisirs. Les ONG financées ont travaillé à l'élaboration de politiques, de programmes et de pratiques de prévention des blessures en utilisant de façon systématique des connaissances fondées sur des données probantes; elles se sont ainsi assurées que leurs documents sur la prévention des blessures contenaient toujours des données de recherche et des messages à jour. Ces documents ont ensuite été distribués par un éventail de moyens pour cibler les publics se préoccupant de la prévention des blessures dans les sports et les loisirs, notamment les populations vulnérables et les personnes vivant dans les zones rurales et éloignées partout au pays.

L'Initiative a permis d'élaborer de nouvelles méthodes d'éducation et de formation. Plus de 50 % des projets auraient mené, aux dires de leurs responsables, à la création d'activités uniques de prévention des blessures, notamment des webinaires et des programmes sur le sujet (comme le programme Club Excellence qui soulignait le travail des organisations se consacrant à la prévention des blessures). Les résultats préliminaires indiquent que ces documents et méthodes ont mené à une amélioration de la compréhension et des capacités chez une partie du public cible en matière de prévention des blessures. 

Démonstration d'économie et d'efficience

Les projets Actif et en sécurité ont été réalisés dans les délais et selon le budget et les exigences. Certains projets ont pu utiliser de manière optimale d'autres ressources de multiples façons, comme des contributions non financières, des heures de bénévolat et du financement supplémentaire, lorsque cela était possible, afin de compléter les contributions financières de l'Agence. Selon la littérature, la stratégie visant à prévenir les blessures, plutôt que de les traiter, constitue une approche rentable. Sur le plan opérationnel, les projets ont tous démontré que des mesures d'économie des coûts avaient été appliquées, si la situation le permettait, pour assurer la production efficiente des extrants (p.ex. utilisation de technologies en ligne). Des données sur la mesure du rendement ont été recueillies par chacun des projets afin d'appuyer le processus décisionnel.

Occasions de mettre à profit les investissements actuels

L'Initiative Actif et en sécurité avait une durée limitée et a pris fin en mars 2013. Toutefois, si l'Agence devait poursuivre les travaux dans ce secteur, des occasions de mettre à profit les investissements actuels ont été cernées.

L'Agence pourrait miser sur les efforts de prévention des blessures de l'Initiative en diffusant l'information à un public plus vaste, ce qui permettrait de joindre d'autres populations vulnérables et celles des régions éloignées et rurales. De plus, l'Agence pourrait étudier des modèles pour mobiliser le secteur privé et mettre ainsi à contribution d'autres ressources en prévention des blessures. L'étude et la promotion de partenariats avec le secteur privé faciliteraient l'élargissement de la portée et permettraient de réunir différents intervenants et des contributions uniques en vue d'élaborer des projets de prévention des blessures. Ainsi, les efforts de prévention des blessures profiteraient davantage aux communautés et stimuleraient l'échange de pratiques exemplaires et la collaboration à plus long terme.

1.0  But de l'évaluation

L'évaluation visait à mesurer la pertinence et le rendement de l'Initiative de prévention des blessures Actif et en sécurité pour la période du 1er avril 2011 (date du début de l'Initiative) au 31 mars 2013 (date de la fin de l'Initiative).

Il s'agissait d'une évaluation prévue dans le Plan d'évaluation quinquennal de 2013‑2014 à 2017‑2018 de l'ASPC et de Santé Canada en vue de répondre aux exigences de la Loi sur la gestion des finances publiques et de la Politique sur l'évaluation (2009) du Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT).

2.0  Description du programme

2.1  Contexte du programme

En 2011, un Groupe de travail FPT du Réseau pancanadien de santé publique (RSP) a indiqué que les blessures subies dans les sports et les loisirs faisaient partie des quatre secteurs d'intervention prioritaires des mesures de prévention coordonnées. Dans les conseils qu'ils ont formulés aux gouvernements, les membres du GT se sont dits en faveur d'un plus grand rôle de la santé publique dans la prévention des blessures dans les sports et les loisirs et ont souligné la nécessité de renforcer le leadership du gouvernement à cet égard.

Dans le discours du Trône de mars 2010, le gouvernement du Canada a annoncé son intention de collaborer (par l'intermédiaire de l'ASPC) avec les ONG du domaine de la prévention des blessures chez les enfants.

En 2011, le gouvernement du Canada a annoncé qu'il accordait une somme de 5 millions de dollars sur deux ans à l'Initiative de prévention des blessures Actif et en sécurité. L'Initiative, mise en œuvre par l'ASPC, visait à réduire l'incidence des blessures dans les sports et les loisirs chez les enfants et les jeunes (de 0 à 19 ans) en renforçant la sensibilisation à l'échelle communautaire et en améliorant la collaboration entre les intervenants du domaine de la prévention des blessures. Le Centre pour la promotion de la santé (CPS) de la Direction générale de la promotion de la santé et de la prévention des maladies chroniques (DGPSPMC) de l'ASPC assume la responsabilité globale en ce qui concerne l'atteinte des résultats.

2.2  Profil du programme

Les objectifs principaux de l'Initiative de prévention des blessures Actif et en sécurité, une initiative de 5 millions de dollars sur deux ans, étaient les suivants :

  1. renforcer la collaboration plurisectorielle entre les intervenants du milieu de la prévention des blessures (y compris, par exemple, les organismes de prévention des blessures, des organismes de sports et de loisirs et les gouvernements provinciaux et territoriaux);
  2. mieux faire connaître et encourager les mesures de prévention des blessures dans les sports et les loisirs grâce à un soutien dans les communautés.

L'Initiative a été conçue afin qu'elle ait une incidence positive sur les activités de prévention des blessures à l'échelle communautaire et, plus précisément, afin qu'elle puisse contribuer à la prévention des blessures graves (p. ex. commotions, noyades et fractures) que subissent des enfants et des jeunes (de 0 à 19 ans) dans le cadre d'activités demandant une participation intense, comme le hockey, la natation et le cyclisme.

Au total, 18 projets ont été financés dans le cadre de l'Initiative. Chaque projet a été structuré avec l'aide d'une ONG responsable et comportait des partenariats avec des organisations œuvrant dans divers secteurs : santé publique, sports, activités physiques et autres (p. ex. éducation, sports et loisirs). L'Initiative encourageait l'obtention d'un soutien financier additionnel ou de contributions non financières (p. ex. locaux à bureaux, heures de travail et savoir-faire). Dans le cadre de tous les projets, des outils de prévention des blessures suivant les priorités générales de l'Initiative ont été élaborés et distribués. Voir l'annexe 1 pour obtenir une liste des projets financés.

En ce qui a trait à l'exécution, le financement de l'Initiative a été distribué de manière progressive, les projets étant organisés selon un système en cascade de trois volets successifs. Chaque volet comportait un ensemble de projets portant sur un thème précis de la prévention des blessures. Ce modèle a été utilisé pour permettre aux organisations responsables des volets ultérieurs de collaborer avec celles ayant travaillé aux premiers volets; on pouvait ainsi miser sur les connaissances existantes et s'assurer que les efforts de prévention des blessures et les renseignements à cet égard étaient complémentaires, uniformes et coordonnés à l'échelle du Canada.

Le premier volet prévoyait la sollicitation directe de certaines ONG qui étaient des chefs de file dans leur domaine et en mesure de produire des résultats dans un délai relativement court. Au total, une somme d'environ 3 millions de dollars a été affectée à ce volet pour deux projets traitant des commotions et des noyades (1,5 million de dollars pour chaque projet). Le premier projet ciblait la prévention des commotions et des blessures à la tête dans les sports d'équipe, tandis que le deuxième portait sur la prévention des noyades chez les enfants et les jeunes en mettant l'accent sur les plans d'eau naturels. L'Agence a décidé de financer ces secteurs parce que des données probantes démontraient l'existence de mesures de prévention efficaces (p. ex. utilisation de vêtements de flottaison individuels pour prévenir les noyades) et que ces questions faisaient l'objet d'une attention accrue du public en raison de la couverture médiatique (p. ex. commotions au hockey). Les projets du premier volet ont commencé en octobre 2011.

Le deuxième volet comprenait la sollicitation ciblée d'un petit nombre d'ONG bien établies en raison de leur vaste expérience et de leur capacité d'accéder à des réseaux communautaires. Cinq projets ont été financés et ont reçu environ 200 000 $ chacun. Chaque projet portait sur des préoccupations importantes en matière de blessures et a été choisi pour s'attaquer à des éléments entraînant des taux élevés de blessures graves chez les enfants et les jeunes, selon les meilleures données nationales disponibles au moment de l'élaboration du programme. Les cinq thèmes axés sur les loisirs étaient les suivants : cyclisme récréatif; sports de neige récréatifs; terrains de jeux et aires de jeux dans les quartiers; programmes d'activité physique après l'école; savoir-faire physique. Ces projets ont commencé en février 2012.

Le troisième volet était en fait un concours ouvert dans le cadre duquel les ONG étaient invitées à soumettre, au moyen d'une lettre d'intention, leurs idées de projets de prévention des blessures dans les sports et les loisirs chez les enfants et les jeunes. Au total, 11 projets ont été financés et ont reçu environ 100 000 $ chacun; ces projets portaient sur des questions liées aux blessures s'inscrivant dans la suite logique du premier et du deuxième volet. Ils devaient compléter les projets des deux premiers volets et mobiliser de façon plus générale le milieu de la prévention des blessures afin d'optimiser le savoir-faire acquis dans le cadre des deux premiers volets. Les projets du troisième volet ont commencé en juillet 2012.

2.3  Modèle logique du programme et description

Le modèle logique (voir l'annexe 2) est une représentation des liens de causalité ou des liens logiques entre les intrants, les activités, les extrants et les résultats d'une politique, d'une initiative ou d'un programme donné. Pour l'Initiative Actif et en sécurité, le modèle démontrait la façon dont les activités devaient contribuer aux résultats prévus en matière de prévention des blessures et illustrait les liens entre les activités, les extrants et les résultats. Le public cible comprenait les parents, les enfants et les jeunes ainsi que les entraîneurs du milieu des sports.

L'Initiative visait à soutenir les possibilités de collaboration plurisectorielles avec des ONG, des communautés, des gouvernements provinciaux et territoriaux et d'autres ministères afin d'adopter une approche coordonnée de prévention des blessures dans les sports et les loisirs chez les enfants et les jeunes. Les organisations mobilisées par les ONG provenaient de divers secteurs de la santé et de l'activité physique (p. ex. éducation, sports, loisirs et médecine).

L'Initiative était axée sur un certain nombre de résultats attendus. La réalisation des résultats immédiats était attendue, mais il n'était pas prévu que les résultats intermédiaires soient entièrement atteints en raison du court échéancier de l'Initiative (deux ans).

Résultats immédiats

  • Des intervenants ciblés de plusieurs secteurs ont l'occasion de collaborer dans le cadre d'initiatives pancanadiennes visant à prévenir les blessures dans les sports et les loisirs.
  • Des intervenants ciblés de plusieurs secteurs ont accès aux connaissances fondées sur des données probantes nécessaires pour sensibiliser davantage le public à la prévention des blessures dans les sports et les loisirs.
  • Les publics cibles ont accès à des produits de sensibilisation et d'information sur la prévention des blessures dans les sports et les loisirs.

Résultats intermédiaires

  • Des intervenants ciblés de plusieurs secteurs sont outillés pour concevoir et élaborer des politiques, des programmes et des pratiques de prévention des blessures qui favorisent la sécurité et contribuent à prévenir et à réduire les blessures.
  • Les publics cibles savent comment prévenir les blessures et prennent des mesures pour accroître leur sécurité.
  • Les publics cibles sont en mesure de promouvoir la sécurité et de prévenir les blessures dans les sports.

Résultat ultime

  • Au Canada, des mesures de prévention et d'atténuation des blessures accidentelles sont mises en place.

2.4  Harmonisation du programme et ressources

L'Initiative faisait partie de l'architecture d'alignement des programmes (AAP) de l'Agence : Programme 1.2 : Promotion de la santé et prévention des maladies – Sous-programme 1.2.3 : Prévention des maladies chroniques et des blessures.

Les données financières des exercices 2011-2012 et 2012-2013 sont présentées ci-dessous (tableau 1).

Tableau 1 : Données financières du programme
Année Total des dépenses prévues Total des dépenses directes réelles
S et C F et E Salaires et RASE TOTAL S et C F et E Salaires et RASE TOTAL
2011-2012 $1 000 000 $10 000 $239 640 $1 249 640 $991 460 $10 681 $336 391 $1 338 532
2012-2013 $4 000 000 $10 000 $320 880 $4 330 880 $3 977 754 $10 025 $183 853 $4 171 632
TOTAL $5 000 000 $20 000 $560 520 $5 580 520 $4 969 214 $20 706 $520 244 $5 510 164

Source : Bureau du dirigeant principal des finances et personnel administratif du programme

Dans le cadre de l'Initiative pour la période de 2011 à 2013, un total de 4,97 millions de dollars a été versé sous forme de subventions et contributions (S et C), 21 000 $ ont été consacrés au F et E, et 520 000 $ ont été affectés aux salaires et au RASE. Les coûts rattachés au F et E et aux salaires ont été réaffectés à partir d'autres activités du CPS et ont servi à couvrir les frais d'activités telles que les déplacements pour se rendre à des réunions techniques, la traduction et les services professionnels.

3.0  Description de l'évaluation

3.1  Portée, approche et conception de l'évaluation

L'évaluation portait sur les activités de prévention des blessures menées par les ONG bénéficiaires des fonds versés par l'ASPC, à l'exclusion des autres travaux réalisés par ces ONG hors des projets financés par l'ASPC. La période visée par cette évaluation s'étend du 1er avril 2011 (date du début de l'Initiative) au 31 mars 2013 (date de la fin de l'Initiative).

Les éléments évalués cadrent avec la Politique sur l'évaluation (2009) du SCT et tiennent compte des cinq éléments fondamentaux des thèmes de la pertinence et du rendement, comme l'indique l'annexe 3. Pour chaque élément fondamental, des questions précises ont été formulées à partir d'éléments du programme; ce sont ces questions qui ont guidé le processus d'évaluation.

Une approche d'évaluation fondée sur les résultats a été mise en œuvre pour réaliser l'évaluation de l'Initiative Actif et en sécurité et mesurer les progrès réalisés vers l'atteinte des résultats attendus.

L'évaluation était prévue dans le Plan d'évaluation quinquennal de l'ASPC et de Santé Canada pour la période 2013-2014 à 2017-2018. Il s'agissait de la première évaluation de l'Initiative, que l'on considère comme étant une « petite » évaluation (c.-à-d. importance relative faible; évaluation non horizontale; faible risque).

Les données utilisées pour l'évaluation ont été recueillies à l'aide de diverses méthodes : une revue de la littérature; un examen des documents; 30 entrevues auprès d'informateurs clés; une étude de cas. Les données, issues des diverses sources susmentionnées, ont été soumises à la triangulation. L'utilisation de multiples sources de données et de la triangulation visait à accroître la fiabilité et la crédibilité des constatations et des conclusions de l'évaluation. L'annexe 3 contient plus de renseignements sur les méthodes de collecte et d'analyse des données.

3.2   Limites et stratégies d'atténuation

La plupart des évaluations sont limitées par des contraintes qui peuvent avoir des conséquences sur la validité et la fiabilité des résultats et des conclusions. Le tableau 2 décrit les limites qui sont ressorties pendant l'évaluation de l'Initiative. Il contient également les stratégies d'atténuation mises en place pour y remédier.

Tableau 2 : Limites et stratégies d'atténuation
Limite Incidence Stratégie d'atténuation
Données limitées concernant le rendement à long terme en raison du manque de temps pour réaliser les résultats à plus long terme. Difficulté à mesurer l'incidence de l'Initiative relativement aux résultats intermédiaires. Utilisation des données concernant l'atteinte des résultats immédiats et triangulation de celles-ci avec d'autres sources de données probantes (p. ex. données issues des entrevues auprès des informateurs clés) pour rendre compte des progrès vers l'atteinte des résultats intermédiaires.
Incapacité d'entrer en contact directement avec les publics cibles (p. ex. entraîneurs, joueurs et parents). Difficulté à évaluer l'opinion du public cible quant aux produits élaborés et à leur incidence perçue. Des données tirées des rapports de projet (y compris des données obtenues avant et après l'enquête) et les points de vue des ONG ont été utilisés pour évaluer l'incidence sur les publics cibles.
Caractère incomplet des rapports de projet (p. ex. manque de données d'évaluation pour certaines réalisations attendues). Incidence négligeable puisqu'il n'était pas nécessaire de fournir une évaluation de l'incidence de certaines réalisations attendues. Des données tirées des rapports de projet existants ainsi que des données provenant des entrevues auprès des informateurs clés ont été utilisées pour évaluer l'atteinte des résultats.

4.0  Constatations

4.1  Pertinence : Élément 1 – Nécessité de poursuivre l'Initiative

Les blessures subies dans les sports et les loisirs constituent la principale cause de blessures accidentelles chez les enfants au Canada.

Selon les données statistiques les plus récentes, les blessures accidentelles sont toujours la principale cause de décèsNotes de fin de document 1 et un facteur important d'hospitalisationNotes de fin de document 2 chez les enfants et les jeunes (tant chez les garçons que chez les filles) au Canada. Ces chiffres concernent l'ensemble du groupe d'âge des 1 à 19 ans, mais les blessures accidentelles demeurent également la principale cause de décès pour chacun des groupes d'âge plus restreint (1-4, 5-9, 10-14 et 15-19 ans). Ces données vont dans le même sens que les données de surveillance de 2005Notes de fin de document 3 qui mettaient en évidence la nécessité de longue date et continue d'agir dans ce secteur. Le fait d'avoir démontré une fois de plus la gravité de ce problème prouve qu'un plus grand nombre d'enfants, de jeunes et de jeunes adultes meurent des suites de blessures que de toutes les maladies combinéesNotes de fin de document 4. En effet, la fréquence, la gravité et le risque d'incapacité permanente et de décès ainsi que les coûts économiques connexes en cause font des blessures un problème de santé important et une question majeure de santé publiqueNotes de fin de document 5.

Bien que les causes de blessures accidentelles soient nombreuses, les blessures subies dans les sports et les loisirs sont la principale cause de blessures chez les enfants au CanadaNotes de fin de document 6. Des données de surveillance récentes déclarées par le SCHIRPT démontrent que plus de 40 % de toutes les blessures chez des enfants et des jeunes traitées dans les salles d'urgence surviennent dans le cadre d'activités sportives et de loisirNotes de fin de document 7. Ce pourcentage varie selon le groupe d'âge : les blessures qui surviennent dans le cadre de sports et de loisirs représentent 30 % des blessures chez les 5 à 9 ans, 68 % chez les 10 à 14 ans et 55 % chez les 15 à 19 ans. Il faut également noter que ce sont les enfants et les jeunes qui subissent le plus de blessures dans les sports et les loisirs que tout autre groupe d'âgeNotes de fin de document 8,Notes de fin de document 9.

Les sports et les loisirs présentent des avantages sur le plan de la santé et de la société, mais il est important de réduire au minimum le risque de blessures. L'Initiative Actif et en sécurité était axée sur la réduction de l'incidence de trois conséquences : commotions, noyades et fractures. Les blessures subies dans les sports et les loisirs peuvent entraîner des hospitalisations, des incapacités et des invalidités. Parmi ces types de blessures, les commotions sont fréquentes. Selon le rapport de Kelly LeitchNotes de fin de document iii, intitulé Vers de nouveaux sommets, on estime que, chaque année, 6 000 enfants canadiens subissent une blessure importante à la tête entraînant des incapacités permanentesNotes de fin de document 10. Ces incapacités peuvent prendre la forme de déficiences cognitives ou de paralysies causées par un traumatisme au cerveau. Il est important de noter que les blessures à la tête chez les jeunes surviennent surtout dans les sports. Cette constatation est appuyée par une étude récente qui a démontré que plus de 60 % des blessures à la tête chez les enfants de 10 à 19 ans sont survenues dans les sports et les loisirsNotes de fin de document 11.

La noyade a été la principale cause de décès dans les sports et les loisirs au Canada de 1991 à 2010 pour tous les groupes d'âgeNotes de fin de document 12, Notes de fin de document 13. Des données récentes, soit de 2013, indiquent que plus des deux tiers des enfants qui se sont noyés avaient entre 1 et 15 ansNotes de fin de document 14. Au sein de ce groupe d'âge, les enfants de 1 à 4 ans sont les plus à risque quand ils sont dans l'eau ou à proximité de l'eau et sont deux fois plus nombreux à se noyer que les enfants de 10 à 14 ansNotes de fin de document 15. Les taux de décès par noyade sont particulièrement élevés dans le Nord. Des statistiques récentes démontrent que les enfants vivant dans les territoires (soit au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut) sont 5,5 fois plus à risque de se noyer que les enfants vivant ailleurs au CanadaNotes de fin de document 16. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les populations des Premières Nations, dont bon nombre vivent dans les territoires.

Alors que les commotions ne représentent que 2,2 % des blessures déclarées subies par des enfants de 12 ans et plus, les fractures constituent 16,9 % des blessuresNotes de fin de document 17. Les données du SCHIRPT montrent que les fractures étaient les blessures sportives les plus courantes chez les enfants participant à sept sports d'équipeNotes de fin de document iv (à l'exception de la ringuette) de 2007 à 2010.

La nécessité d'agir pour contrer les taux de blessures accidentelles chez les enfants canadiens, qui ressortent des statistiques susmentionnées, est également confirmée par des informateurs clés. Ceux-ci ont souligné que de récents cas graves de blessures chez des joueurs de hockey professionnels (p. ex. Sydney Crosby) ont démontré à la population canadienne la nécessité de prévenir les blessures dans les sports et les loisirs, plus précisément en mettant en œuvre des initiatives de prévention et de traitement des commotions, ainsi que de sensibilisation à celles-ci.

Il faut également mentionner que, en plus de causer de graves préjudices personnels, les blessures accidentelles représentent un important fardeau économique au Canada. En 2005, les blessures subies par les Canadiens ont coûté 19,8 milliards de dollars en soins de santé et en perte de productivité, dont 16,01 milliards de dollars (81 %) attribuables à des blessures accidentellesNotes de fin de document v,Notes de fin de document 18. Selon des travaux de recherche qui ont été publiés, les blessures chez les enfants coûtent à la société environ 5,1 milliards de dollars par annéeNotes de fin de document 19. Dans l'ensemble, l'ampleur globale du fardeau va souvent au-delà des coûts rattachés aux soins directs et des pertes de productivité découlant des blessures. Pour les jeunes qui survivent à une blessure, les coûts des soins et de la réadaptation et le risque d'incapacité permanente peuvent avoir des répercussions profondes sur leur santé, leur éducation et leur intégration sociale et sur les moyens de subsistance de leurs parentsNotes de fin de document 20. Tous ces éléments font ressortir l'ampleur de ce problème de santé publique.

4.2  Pertinence : Élément 2 – Harmonisation avec les priorités du gouvernement fédéral

L'Initiative Actif et en sécurité cadrait avec les priorités du gouvernement du Canada et de l'ASPC.

La prévention des blessures est l'une des priorités du gouvernement du Canada en matière de santé publique. En 2010, la Stratégie pancanadienne intégrée en matière de modes de vie sains a été renforcée alors que de nouveaux domaines d'intervention ont été définis, notamment la prévention des blessures. La ministre de la Santé a approuvé la Déclaration sur la prévention et la promotionNotes de fin de document 21 ainsi que le document Freiner l'obésité juvénile : Cadre d'action fédéral, provincial et territorial pour la promotion du poids santéNotes de fin de document 22 qui mettaient l'accent respectivement sur la prévention des maladies, des incapacités et des blessures et la promotion de la santé, ainsi que sur la prévention de l'obésité chez les enfants. Tous les ordres de gouvernement ont convenu que la prévention des blessures, surtout chez les enfants et les jeunes, est essentielle en raison de la prévalence des blessures chez les enfants et des objectifs du gouvernement fédéral visant à réduire l'obésité en faisant la promotion de l'activité physique. Puisqu'on encourage les enfants à accroître leur niveau d'activité physique, il est normal que le risque de blessures augmente aussi.

Depuis l'annonce de travaux en prévention des blessures dans le Budget de 2010, le gouvernement a renouvelé son engagement à travailler de façon continue à la prévention des blessures dans le discours du Trône de 2013. Il s'est précisément engagé à collaborer avec « les organisations de prévention des blessures pour réduire le taux de blessures au pays »Notes de fin de document 23. Peu après, en novembre 2013, la ministre de la Santé a annoncé un soutien destiné à certaines activités nationales de prévention des blessures, dont le financement de 19 nouveaux projets de recherche sur les commotions axés sur l'amélioration de la prévention et des services de diagnostic et de traitement. Cinq de ces projets concentreront leurs efforts sur les commotions chez les enfants et les jeunesNotes de fin de document 24.

En plus de cadrer avec les priorités du gouvernement fédéral, l'Initiative était conforme aux priorités de l'ASPC. La prévention et l'atténuation des blessures formaient un élément clé du résultat stratégique de l'ASPC de 2010-2011 et de 2011-2012 – « Un Canada capable de promouvoir la santé, de réduire les disparités en matière de santé et de prévenir et d'atténuer les maladies et les blessures ». Même si le résultat stratégique de 2013-2014 de l'ASPC est plus large – « Protéger les Canadiens et les aider à améliorer leur santé » –, il est toujours en harmonie avec les activités menées dans le cadre de l'Initiative.

4.3  Pertinence : Élément 3 – Harmonisation avec les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral

Le rôle du gouvernement fédéral en santé publique est clair en ce qui a trait à la prévention des blessures au Canada.

La Loi sur le ministère de la SantéNotes de fin de document 25 et la Loi sur l'Agence de la santé publique du CanadaNotes de fin de document 26 encadrent les rôles et les responsabilités de l'ASPC en matière de prévention des maladies, y compris des blessures. En vertu de la Loi sur le ministère de la Santé, le ministre de la Santé assume le mandat général de protéger les Canadiens contre les risques pour la santé. Les tâches, les fonctions et les pouvoirs du ministre englobent la promotion et la préservation du bien-être physique, mental et social des Canadiens. Santé Canada et l'ASPC peuvent tous deux exercer diverses fonctions au nom du ministre. En vertu de la Loi sur l'Agence de la santé publique du Canada, sous la direction de l'administrateur en chef de la santé publique et en collaboration avec ses partenaires, l'ASPC a pour mandat de diriger les efforts fédéraux et de mobiliser les interventions pancanadiennes afin de prévenir les maladies et les blessures. Elle a également pour mandat de promouvoir et de protéger la santé publique à l'échelle nationale.

Un certain nombre de documents traitent du rôle du gouvernement fédéral en santé publique sur le plan de la prévention des blessures au Canada. Par exemple, l'auteure d'un examen demandé en 2007 par le gouvernement au sujet des programmes de santé et de mieux-être destinés aux enfants et aux jeunes, intitulé Vers de nouveaux sommets – Rapport de la conseillère en santé des enfants et des jeunes, a reconnu le rôle de leadership du gouvernement fédéral en santé publique en ce qui a trait à la prévention des blessures chez les enfants et les jeunes et a recommandé qu'il continue de l'assumerNotes de fin de document 27. La Stratégie pancanadienne intégrée en matière de modes de vie sains du gouvernement renforce l'exercice de ce rôle, notamment par la signature de la Déclaration sur la prévention et la promotionNotes de fin de document 28. Ces documents confirment que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer en santé publique en ce qui a trait à la prévention des blessures.

L'autorisation de financement de l'Initiative Actif et en sécurité réaffirme le rôle du gouvernement fédéral en santé publique, l'ASPC ayant reçu le mandat de sensibiliser davantage le public à la sécurité dans les sports et les loisirs et d'améliorer la collaboration plurisectorielle entre les intervenants.

Le rôle du gouvernement fédéral en santé publique lié à la prévention des blessures ne semble pas faire double emploi avec celui des provinces et des territoires.

La Loi sur l'ASPC et la Loi sur le ministère de la Santé font toutes deux référence au rôle du gouvernement fédéral dans le domaine de la santé publique en ce qui a trait à la coopération avec les gouvernements provinciaux et territoriaux. Selon la Loi sur l'ASPC, les principaux rôles de l'ASPC consistent notamment à favoriser la collaboration et la coordination dans le domaine de la santé publique et à encourager la coopération et la consultation avec les provinces et les territoires. La Stratégie pancanadienne intégrée en matière de modes de vie sains du gouvernement et les travaux réalisés par l'ASPC dans le cadre de l'Initiative renforcent l'exercice de ce rôle; dans les deux cas, on reconnaît l'importance de la collaboration plurisectorielle pour prévenir les maladies et les blessures.

Une analyse du contexte fournie par le personnel de l'Initiative a confirmé que la plupart des provinces et des territoires (soit sept provinces et un territoire) ont mis en place une stratégie de prévention des blessures. Comme pour l'Initiative fédérale, le mandat des stratégies provinciales et territoriales vise à faire connaître davantage les pratiques de prévention des blessures ainsi qu'à soutenir différentes initiatives fondées sur des données probantes à l'échelle locale. Toutefois, contrairement à l'Initiative fédérale, les stratégies provinciales et territoriales ne sont pas de portée nationale, englobent d'autres blessures que celles subies dans les sports et les loisirs (p. ex. chutes et accidents de la route) et ne traitent pas précisément des enfants et des jeunes. Par conséquent, le rôle du gouvernement fédéral en santé publique dans ce domaine ne fait pas double emploi avec le rôle actuel des provinces et des territoires, et ses activités ne sont pas de même nature que les activités en cours de ces derniers. Son rôle permet plutôt de combler une lacune.

4.4  Rendement : Élément 4 – Atteinte des résultats attendus (efficacité)

4.4.1  Dans quelle mesure les résultats immédiats ont-ils été atteints?

Résultat immédiat 1 : Des intervenants ciblés de plusieurs secteurs ont l'occasion de collaborer dans le cadre d'initiatives pancanadiennes visant à prévenir les blessures dans les sports et les loisirs.

Des possibilités de collaboration, entre divers secteurs et niveaux du système, ont été offertes aux ONG participant à des projets financés ainsi qu'à leurs partenaires et intervenants.

L'Initiative Actif et en sécurité a permis d'offrir des possibilités de collaboration à des ONG ainsi qu'à leurs partenaires et intervenants travaillant à la prévention des blessures. Le modèle de répartition du financement de l'Initiative a facilité cette collaboration, favorisant la participation de nombreuses organisations de partout au Canada (18 projets auxquels ont participé 25 ONG différentes). L'adoption délibérée d'un modèle par volets pour l'Initiative a facilité la collaboration à l'étape de l'élaboration des projets. La plupart des ONG financées ont fait savoir que la collaboration était essentielle à la réussite de leurs projets. La collaboration a eu lieu non seulement entre ces ONG financées, mais elle s'est également étendue aux interactions entre les ONG et leurs partenaires et intervenants.

En ce qui a trait à la collaboration qui a eu lieu entre les ONG financées, pour le premier volet, l'Agence a orienté la collaboration entre les principaux intervenants des domaines de la prévention des blessures et du sport afin qu'ils se concentrent sur des réalisations attendues précises (p. ex. application sur les commotions et vêtements de flottaison individuels), de l'élaboration à la distribution de produits. Cette collaboration a contribué à renforcer les relations existantes (p. ex. Parachute et Hockey Canada) et a aussi mené à l'établissement de nouvelles relations (p. ex. entre Parachute et l'Association canadienne des entraîneurs et le Centre canadien pour l'éthique dans le sport pour la question des commotions, ainsi qu'avec la Croix-Rouge canadienne et la Société de sauvetage pour la question des noyades). Le modèle en cascade ou en volets de l'Initiative a aussi facilité la collaboration entre les ONG financées. Même s'il ne s'agissait pas d'une exigence de financement, cette approche par volets a donné l'occasion à toutes les ONG participant aux volets ultérieurs (volets 2 et 3) de mettre à profit des travaux en cours ou terminés récemment dans le cadre du premier volet.

La collaboration s'est élargie aux ONG financées travaillant avec des intervenants externes de multiples secteurs. Les ONG prenant part à des projets rattachés aux trois volets ont été fortement encouragées à travailler en étroite collaboration à l'échelle communautaire, régionale, provinciale et nationale. Cette collaboration visait à favoriser l'élargissement de la portée du programme et à faciliter les efforts ou synergies complémentaires possibles. Dans cette perspective, il fallait déterminer et inclure les possibilités de collaboration (avec des organisations externes) pour chaque projet financé. Ces possibilités ont facilité l'établissement de liens entre les intervenants clés travaillant à la prévention des blessures pour ce qui est de la production d'outils de prévention des blessures qui ont permis d'uniformiser les messages transmis. Par exemple, l'Association des Stations de ski du Québec a collaboré avec le secteur privé pour mener sa campagne de sensibilisation dans 35 stations de ski partout dans la province.

Même si les données sur la mesure du rendement fournissent de l'information très détaillée sur la participation des intervenants de multiples secteurs en tant que collaborateurs dans certains projets, l'information ne permet pas toujours de savoir avec précision si les données englobaient des paramètres s'appliquant uniquement aux ONG financées ou également à leurs partenaires et intermédiaires. Toutefois, on a souligné que, conformément à ce qui était prévu, la collaboration entre plusieurs secteurs était évidente pour la plupart des projets. Les 18 projets comprenaient une collaboration avec des intervenants d'organisations sans but lucratif ou d'organisations bénévoles. La plupart des projets comprenaient aussi une collaboration avec le secteur public (gouvernements – 72 %) ou le secteur privé (61 %). Plus précisément, la collaboration avec le secteur public s'est déroulée avec divers ordres de gouvernement. Par exemple, la majorité des projets (89 %) prévoyaient une collaboration à l'échelle provinciale ou territoriale ainsi qu'au niveau national ou fédéral (72 %), tandis qu'environ la moitié des projets ont fait part d'une collaboration au niveau local ou régional. La collaboration visait souvent des organisations mettant l'accent sur l'éducation (89 %), la santé (72 %) et les questions autochtones (50 %).

En ce qui a trait à la durabilité des collaborations au-delà de la période de financement, pour la plupart des ONG, la collaboration semble avoir pris fin en même temps que l'Initiative. Toutefois, certains cas de collaboration durable ont été relevés. Par exemple, le partenariat entre l'Association canadienne des entraîneurs (ACE) et Patinage de vitesse Canada, dans le cadre duquel la fédération de patinage héberge le module d'apprentissage en ligne sur le site Web de l'ACE, se poursuit; il a contribué à la consultation et à l'utilisation sur une base continue des produits de prévention des blessures. Parallèlement, certains partenaires de projets ont continué à collaborer en présentant conjointement les résultats de leurs projets Actif et en sécurité lors de conférences nationales et en rédigeant ensemble des articles dans des revues spécialisées.

Résultat immédiat 2 : Des intervenants ciblés de plusieurs secteurs ont accès aux connaissances fondées sur des données probantes nécessaires pour sensibiliser davantage le public à la prévention des blessures dans les sports et les loisirs.

Des connaissances factuelles sur la prévention des blessures ont été échangées entre les ONG financées de chacun des projets; on a également veillé à ce que les partenaires et intervenants de ces projets aient accès à ces connaissances.
En collaborant aux projets, les ONG financées ont participé activement à un échange de connaissances qui a permis d'améliorer leur compréhension de la prévention des blessures et de faciliter l'élaboration de produits de sensibilisation à la prévention des blessures. Par exemple, pendant le premier volet, Parachute, l'ACE, le Centre canadien pour l'éthique dans le sport et Hockey Canada ont échangé des connaissances et des pratiques qui ont contribué à la création d'une application pour téléphone intelligent de sensibilisation aux commotions cérébrales. Au cours des deuxième et troisième volets, sept des seize ONG financées ont indiqué qu'elles s'étaient basées sur les travaux du projet Commotions et lésions cérébrales dans les sports d'équipe et que Parachute avait été une source importante de données probantes pour elles. Par exemple, le projet Programme d'apprentissage en ligne sur la sécurité dans les sports d'hiver (qui a été financé au cours du troisième volet) a utilisé les données sur les commotions de Parachute pour créer un outil en ligne à l'intention des entraîneurs, des arbitres, des premiers intervenants et des exploitants d'installations traitant de la sécurité et de la prévention des blessures dans la pratique du patinage de vitesse, du ski et de la planche à neige.

En plus de l'échange de connaissances entre les ONG financées, un tel échange a également eu lieu entre les ONG financées et des experts de l'extérieur. Par exemple, des groupes consultatifs composés d'experts du domaine de la prévention des blessures, comme des médecins et des neurochirurgiens, ont été invités à donner des conseils sur la production d'outils sur la prévention des blessures et les commotions pendant le premier volet. Ces conseils ont non seulement profité à ce projet en particulier, mais, conformément à ce dont il a été question précédemment, ont aussi été utilisés par les ONG dans les volets ultérieurs pour élaborer leurs outils de prévention des blessures. De plus, plusieurs ONG financées ont réussi à accéder à des connaissances fondées sur des données probantes provenant d'autres sources, y compris des établissements de recherche, le milieu universitaire, d'autres ministères et des provinces. Par exemple, le Réseau du sport étudiant du Québec a travaillé en partenariat avec le ministère de l'Éducation et du Sport de la province à l'élaboration de ses outils de prévention des blessures et a indiqué que le Ministère avait aussi facilité les rapprochements avec des associations sportives et médicales, une autre source d'information sur les blessures qui a été utilisée pour alimenter son site Web.

Par ailleurs, tous les projets ont aussi cherché à s'assurer que leurs intervenants, y compris les partenaires de la communauté, étaient au courant de l'existence des documents élaborés. La plupart des ONG financées ont distribué la documentation directement à leurs intervenants ciblés, tandis que d'autres ont fait la promotion de leurs produits et se sont assurées que leurs partenaires savaient comment accéder directement à la documentation. Par exemple, les travaux de recherche produits dans le cadre du projet Active and Safe for Life – Physical Literacy (actifs et en sécurité pour la vie – savoir-faire physique) ont été intégrés aux documents de formation qui ont été communiqués à 1 900 dirigeants d'administrations locales par un magazine trimestriel.

Même s'il existe de nombreux exemples d'ONG utilisant l'échange de connaissances pour élaborer des produits de sensibilisation à la prévention des blessures, il n'est pas possible de définir la mesure dans laquelle des connaissances ont été échangées pendant le déroulement de tous les projets puisque cette information n'a pas été déclarée systématiquement dans les données sur la mesure du rendement.

Résultat immédiat 3 : Les publics cibles ont accès à des produits de sensibilisation et d'information sur la prévention des blessures dans les sports et les loisirs.

Les ONG ont élaboré des produits de sensibilisation et les ont distribués par divers moyens en vue de joindre le plus possible le public cible.

Tous les projets financés ont élaboré et diffusé un éventail de produits de sensibilisation. Afin de maximiser l'accès du public cible à l'information, les produits de sensibilisation ont pris différentes formes et ont été offerts par différents moyens. Voici les types de produit éducatif les plus courants : produits de sensibilisation (p. ex. brochures, dépliants et affiches), bulletins et documents de formation. Ces outils ont été mis à la disposition du public cible au moyen de sites Web, de présentations (lors de conférences et en milieu scolaire), de campagnes dans les médias et de webinaires.

Un certain nombre de projets ont utilisé des méthodes traditionnelles pour distribuer leurs produits éducatifs. Parmi les exemples d'approche traditionnelle, mentionnons la mise en œuvre, dans le cadre du troisième volet, du projet Sécurité et prévention des blessures dans le sport communautaire de SportMedBC. Ce projet prévoyait la production d'outils de formation et d'ateliers en personne, l'établissement d'une communauté en ligne, ainsi que la création de webinaires et d'un livret en ligne pour renforcer les capacités des entraîneurs et leur offrir des pratiques exemplaires et des lignes directrices sur la prévention des blessures (p. ex. sensibilisation aux commotions et gestion des blessures). Autre exemple, tiré du deuxième volet : utilisation d'une campagne multimédia sur la sécurité à vélo de Parachute et de Cyclisme Canada (Rendre possible le cyclisme actif et en sécurité pour les enfants et les jeunes du Canada). Ces groupes ont rédigé un message d'intérêt public (MIP) qui a été diffusé sur OMNI TV et sur deux stations radiophoniques nationales de la SRC. Ce MIP a été traduit en quatre langues et a permis de joindre quelque 17 millions de Canadiens.

Bien qu'un certain nombre de méthodes traditionnelles ou bien établies aient été utilisées pour faciliter l'accès du public cible aux produits éducatifs, plusieurs approches nouvelles ou novatrices ont également été mises à l'essai dans le cadre de l'Initiative. Par exemple, dans le cadre d'un projet du troisième volet mené par The Community Against Preventable Injuries, intitulé You're Probably Not Expecting to Need a Helmet Today (Tu ne t'attends sûrement pas à avoir besoin d'un casque aujourd'hui), un programme d'information du public sur le port du casque a été créé; ce programme visait à mobiliser des élèves du secondaire afin qu'ils travaillent à l'élaboration d'un programme de sensibilisation en milieu scolaire. Pour ce faire, on s'est servi de méthodes créatives pour diffuser les outils éducatifs, y compris des activités interactives (p. ex. affichage, rassemblements éclair, présentations et vidéo sur YouTube), et ainsi joindre plus efficacement des jeunes du secondaire. Voici un autre exemple de nouvelle approche : l'élaboration par Hockey Canada (dans le cadre du premier volet) d'une application pour téléphone intelligent visant à sensibiliser les gens aux commotions et au protocole de retour au jeu. Des versions de cette application ont été adaptées afin qu'elles conviennent à la fois aux enfants et aux adultes (p. ex. parents et entraîneurs) et ont été offertes dans les deux langues officielles. En date du 29 octobre 2012, l'application avait été téléchargée plus de 6 400 fois, et au 26 juin 2013, 19 324 fois. Comme troisième exemple, mentionnons la campagne novatrice et ciblée dans le cadre du projet Prudence en eau libre. Ce projet a permis d'appuyer des approches communautaires de sensibilisation et de participation à des pratiques sûres en eau libre chez les jeunes enfants (de 0 à 4 ans), les enfants d'âge scolaire (de 5 à 12 ans) et les jeunes (de 13 à 19 ans) et chez leurs parents dans les communautés rurales, éloignées et nordiques. La campagne prévoyait la distribution d'outils de promotion et d'éducation à ces communautés ainsi que la fourniture de gilets de sauvetage afin que les communautés les prêtent par la suite aux groupes cibles.

Il est difficile de mesurer la portée globale de l'Initiative dans son ensemble. La nature (soit la portée, le moyen utilisé pour transmettre le message et le sujet précis) de chaque projet était différente, ce qui a rendu plus difficile l'utilisation d'une méthode uniforme de mesure des données. Cependant, les rapports sur le rendement révèlent que les projets comportaient différents niveaux de couverture géographique, soit nationale (39 %), provinciale ou territoriale (44 %) et municipale ou locale (17 %). Il est important de noter que, dans l'ensemble, la documentation de l'Initiative a été consultée par un public diversifié de différentes régions du Canada. Conformément à ce qui était prévu, ce sont les enfants ou les jeunes, les entraîneurs ou le personnel responsable des sports et les parents qui ont été le plus souvent joints. De plus, un certain nombre de projets (72 %) ont été en mesure de joindre des membres de communautés éloignées, isolées ou rurales et de communautés autochtones (56 %), comme, par exemple, la campagne Prudence en eau libre décrite précédemment.

4.4.2      Dans quelle mesure les résultats intermédiaires ont-ils été atteints?

Les résultats intermédiaires subissent normalement l'influence de facteurs externes, mais reflètent en fin de compte les objectifs de l'Initiative. On s'attend à ce que ces résultats à plus long terme se concrétisent par suite des efforts immédiats de l'Agence, mais après les deux années d'existence de l'Initiative. Il était prévu dans la stratégie de mesure du rendement de l'Initiative que les résultats intermédiaires ne fassent pas l'objet d'une évaluation étant donné que l'Initiative était de courte durée, soit deux ans. Conscients de cette limite, les responsables de l'évaluation ont tenté de faire rapport sur les efforts visant l'atteinte des résultats intermédiaires en passant en revue les données sur le rendement recueillies et en discutant de l'atteinte des résultats pendant les entrevues auprès d'informateurs clés.

Cependant, il est important de souligner que, conformément à ce qui était prévu, les données sur le rendement disponibles étaient limitées en ce qui a trait aux résultats intermédiaires. De plus, les données n'ont pas été présentées de façon uniforme d'un projet à l'autre. Il n'a donc pas été possible de comparer l'incidence des différents projets ni d'examiner l'incidence à l'échelle de l'Initiative. On a plutôt fourni de brefs résumés de cas de réussite à ce jour; ces cas se fondent sur des exemples relevés dans différents projets. En raison des sommes importantes (3 millions de dollars, soit 60 % du financement de l'Initiative) accordées au projet sur la sensibilisation aux commotions et au projet sur la prévention des noyades et de la conception de l'Initiative qui prévoyait que ces projets devaient recevoir leur financement en premier, la plupart des exemples utilisés pour mettre en évidence la réalisation des résultats intermédiaires sont tirés de ces deux projets.

Résultat intermédiaire 1 : Des intervenants ciblés de plusieurs secteurs sont outillés pour concevoir et élaborer des politiques, des programmes et des pratiques de prévention des blessures qui favorisent la sécurité et contribuent à prévenir et à réduire les blessures.

Des données probantes indiquent que la plupart des ONG étaient outillées pour concevoir et élaborer des politiques, des programmes et des pratiques de prévention des blessures, et des exemples font état de la mesure dans laquelle les intervenants ont pu mieux orienter leurs activités de prévention des blessures.

La plupart des projets ont permis aux ONG d'être mieux outillées pour accomplir leur travail dans le domaine de la prévention des blessures. Tous les informateurs clés interviewés ont mentionné que la possibilité de participer à l'Initiative leur avait permis d'obtenir des ressources additionnelles et de concentrer leurs efforts sur des projets clés de prévention des blessures.

Plus précisément, selon les données de mesure du rendement, 11 projets sur 18 ont signalé que des activités et des programmes nouveaux ou supplémentaires ont été élaborés après avoir obtenu du financement de l'Initiative. Par exemple, le projet Commotions et lésions cérébrales dans les sports d'équipe a permis de créer un programme Club Excellence servant à souligner la contribution d'organisations communautaires et sportives provinciales et nationales qui ont su démontrer qu'elles offrent un environnement sûr pour pratiquer des activités sportives. Ce programme s'ajoutait à l'application pour téléphone intelligent sur les commotions cérébrales, une première pour une organisation nationale à vocation sportive. Certains projets financés dans les volets ultérieurs ont connu un succès similaire. Par exemple, le projet Aires de jeux pour les enfants et les jeunes vulnérables au Canada a permis d'élaborer un nouvel outil pour évaluer la sécurité des aires de jeux que peuvent utiliser des membres de la communauté. L'Initiative a aussi permis à certaines ONG d'élaborer leurs propres politiques de prévention des blessures, et des informateurs clés interviewés ont avancé que certaines de ces politiques sont étudiées à l'échelle nationale. Par exemple, une revue de la littérature sur le savoir-faire physique menée par Au Canada, le sport c'est pour la vie dans le cadre du projet Active and Safe for Life – Physical Literacy ainsi que les données primaires recueillies auprès des publics cibles sont présentement étudiées par Sport Canada qui envisage d'élaborer une politique sur le savoir-faire physique.

De plus, quelques exemples font état de la façon dont des intervenants ont été en mesure d'utiliser les connaissances acquises au moyen de l'Initiative pour mieux orienter leurs propres activités. Avec Actifs et en sécurité après l'école, des organisations de sports et de loisirs des communautés ciblées ont élargi les options offertes dans le cadre de leur programme de prévention, et le projet Sécurité Enfants Actifs Manitoba de Recreation Connection a permis aux municipalités locales d'obtenir de l'information (p. ex. données sur l'utilisation d'équipement de protection; analyses du contexte) pour prendre d'autres mesures de prévention des blessures et elles ont été invitées à évaluer ou à adapter leurs propres programmes de prévention des blessures. Seulement 5 des 18 projets ont fourni de l'information sur la façon dont le projet a profité à ses intervenants; par conséquent, il n'est pas possible de mesurer l'ampleur de cette incidence pour l'ensemble de l'Initiative.

Résultat intermédiaire 2 :    Les publics cibles savent comment prévenir les blessures et prennent des mesures pour accroître leur sécurité.

Des données probantes indiquent que chaque projet a entraîné, chez son public cible, une meilleure compréhension du sujet lié à la prévention des blessures qu'il a abordé.

La principale source de données utilisée pour évaluer la hausse du niveau de compréhension du public cible par suite des activités de projets se composait des évaluations individuelles remplies par les responsables de la plupart des projets. Dans le cadre du projet Commotions et lésions cérébrales dans les sports d'équipe, les participants qui ont suivi le module supplémentaire Module à l'intention des entraîneurs d'athlètes autochtones ont répondu à une enquête et ont signalé une amélioration de leur compréhension et de leur capacité à reconnaître une commotion (n = 12). En ce qui a trait au projet de campagne Prudence en eau libre, des données empiriques obtenues d'un petit nombre de champions locaux qui ont réalisé les activités Prudence en eau libre dans leur activité semblent indiquer que la campagne a mené à une hausse de la sensibilisation à la sécurité sur l'eau et à des comportements plus prudents près des plans d'eau libre. Il est important de noter que la plupart des champions locaux ont eu peu d'occasions de mettre en œuvre la campagne Prudence en eau libre dans leur communauté en raison de la nature saisonnière des travaux. Toutefois, il sera possible d'utiliser les ressources et de réaliser le programme dans les années à venir. Même si les projets des deux derniers volets ont été financés plus tard et qu'ils disposaient de moins de temps pour élaborer et réaliser leurs activités de prévention des blessures, les données probantes tirées de certains de ces projets démontrent que le niveau de connaissances du public cible a augmenté relativement au sujet traité. Par exemple, dans le cadre du projet Actifs et en sécurité après l'école, la vaste majorité des participants (entre 70 et 80 % par webinaire) estimaient que le webinaire leur avait permis de renforcer leur niveau de connaissances et de compréhension des normes de sécurité s'appliquant aux programmes parascolaires en ce qui a trait à la prévention des commotions et des fractures.

L'outil d'évaluation avant et après le projet a permis d'obtenir des données sur l'incidence d'une autre source; cet outil a été conçu pour détecter les changements qui sont survenus par suite des séances de formation sur la prévention des blessures offertes par les projets. Il est important de souligner que cet outil ne pouvait s'appliquer qu'aux 7 projets comptant des séances de formation dans leurs réalisations attendues (ce qui élimine les 11 autres projets). Pour ces 7 projets, une hausse moyenne de 29 % du niveau de connaissances a été observée chez le public cible (surtout les entraîneurs et les formateurs) sur la question de la prévention des blessures.

Même si des données probantes indiquent une incidence à court terme sur le public cible, il est trop tôt pour l'instant pour déterminer l'incidence à long terme. Toutefois, si l'on se fie au petit nombre d'enquêtes de suivi, des données préliminaires donnent à penser que les connaissances acquises sont restées. Par exemple, dans le cadre du projet Commotions et lésions cérébrales dans les sports d'équipe, le suivi réalisé auprès d'entraîneurs ayant participé au module de formation pour le Programme national de certification des entraîneurs a démontré que les entraîneurs croyaient toujours, même après un certain temps, être en mesure d'intervenir efficacement lors de commotions cérébrales; le contenu relatif aux faits et aux connaissances pratiques est celui qui semble avoir eu le plus d'effets. Il est raisonnable de croire que le niveau de compréhension peut demeurer le même puis mener à des changements de comportement si l'on continue d'utiliser les connaissances et d'être exposé à de telles connaissances au moyen d'activités de formation continue.

Résultat intermédiaire 3 : Les publics cibles sont en mesure de promouvoir la sécurité et de prévenir les blessures dans les sports.

Des données probantes indiquent que les connaissances et la compréhension acquises dans le cadre de certains projets ont entraîné un renforcement des capacités du public cible lorsqu'il s'agit de promouvoir la sécurité et de prévenir les blessures dans les sports au sein de leur communauté.

Les évaluations des différents projets ont permis de recueillir des données concernant l'incidence sur la capacité du public cible d'utiliser les connaissances et les outils pour promouvoir la sécurité et prévenir les blessures dans les sports. Par exemple, dans le projet Commotions et lésions cérébrales dans les sports d'équipe, 35 % des répondants (n = 296) qui ont utilisé la version pour adultes de l'application sur les commotions (adaptée pour qu'elle soit utilisée par les parents et les entraîneurs) ont indiqué que l'information avait orienté ou influencé leur façon d'agir devant une commotion. De plus, 40 % des répondants ont utilisé l'information pour aider quelqu'un potentiellement victime d'une commotion. En ce qui a trait à la campagne Prudence en eau libre, il a été difficile d'évaluer les changements au niveau de la capacité à cette étape; toutefois, certains éléments indiquent que des champions locaux avaient l'impression que la fourniture à la fois de gilets de sauvetage et de matériel didactique leur permettrait d'échanger des connaissances avec les communautés avoisinantes et les partenaires, de combiner la sensibilisation à la sécurité aquatique avec des activités traditionnelles et de mettre en évidence l'utilisation et le port adéquats de gilets de sauvetage sur une base continue.

En plus des modifications au niveau des capacités relevées par les responsables des projets du premier volet, les responsables de certains projets du deuxième et du troisième volets ont également pu démontrer la façon dont leurs activités avaient mené à un changement dans les capacités du public cible. Par exemple, dans une enquête de suivi réalisée après deux mois, 56 % des entraîneurs et des dirigeants communautaires ayant participé à l'atelier SportSmart (mis en place dans le cadre du projet Sécurité et prévention des blessures dans le sport communautaire) ont indiqué avoir pris des mesures dans un ou plusieurs secteurs couverts par l'atelier (p. ex. changement dans les activités d'échauffement et de récupération et élaboration de plans d'action d'urgence), et 96 % d'entre eux attribuent ces changements aux connaissances acquises pendant l'atelier. Dans un autre projet, l'Arctic Institute of Community-Based Research a créé une carte interactive qui a permis de renforcer les réseaux et d'améliorer les capacités de leurs intervenants en les encourageant à échanger des ressources et des connaissances en matière de prévention des blessures. Recreation PEI, dans son projet Activité et sécurité Î.-P.-É., a mis en valeur les capacités des inspecteurs certifiés des aires de jeux, ce qui a mené à des inspections supplémentaires des aires de jeux dans 11 municipalités différentes. De plus, l'outil d'évaluation avant et après le projet a permis de confirmer qu'un changement dans les capacités du public cible est survenu dans 7 projets, les participants ayant indiqué que leur capacité de sensibiliser la communauté à la prévention des blessures avait augmenté de 21 %  et leur capacité d'aider la communauté à trouver des moyens de prévenir les blessures, de 24 %.

Alors que les ONG étaient invitées à mobiliser les communautés rurales, éloignées ou nordiques, il est intéressant de noter qu'un certain nombre de projets ont pu démontrer une modification de leur capacité dans ce contexte. Par exemple, l'Alberta Schools' Athletic Association a créé un outil de prévention des blessures en ligne qui a permis d'améliorer l'accès aux ressources pour les entraîneurs et les enseignants en éducation physique travaillant en région rurale et, par le fait même, de renforcer leur capacité en matière de prévention des blessures. De plus, des données empiriques donnent à penser qu'il y a eu une amélioration de la capacité des jeunes de 18 ans qui ont pris part à un camp de formation intensif sur la prévention des blessures offert par la Première Nation des Kwanlin Dunn dans le cadre de son projet Retour à la terre visant à promouvoir des mesures de sécurité; bon nombre de ces jeunes ont reçu une certification en RCR et en premiers soins puis ont transmis leurs connaissances à d'autres. Par ailleurs, des jeunes qui ont participé aux séances offertes par Pauktuutit Inuit Women of Canada dans le cadre du projet Enfants et jeunes inuits actifs et en sécurité ont fait part d'une amélioration de leur capacité de sensibiliser la communauté à la prévention des blessures et d'aider leur communauté à trouver des moyens de prévenir les blessures dans les sports et les loisirs.

4.5  Rendement : Élément 5 – Démonstration d'économie et d'efficience

Observations sur l'économie

Selon le SCT, l'économie est une évaluation visant à déterminer si le programme a réduit au minimum le coût des ressources en vue d'atteindre les résultats attendusNotes de fin de document 29.

Pendant la durée de l'Initiative, un montant total de 24 716 $ n'a pas été engagé en raison des montants combinés demandés et de décisions de l'ASPC en matière d'approbation du financement; à cela s'ajoutent 6 070 $ de fonds non utilisés par les ONG (voir le tableau 1). Des rapports de projet indiquaient que le niveau de ressources fournies par l'ASPC avait permis de réaliser les projets dans les délais et selon le budget et les exigences. En ce qui a trait aux salaires et au RASE, les dépenses prévues dans ce secteur s'élevaient à 560 520 $ tandis que les dépenses réelles étaient de 520 244 $. Les dépenses prévues en F et E étaient de 20 000 $ alors que les dépenses réelles en F et E ont totalisé 20 706 $. Les dépenses combinées en salaires, en avantages sociaux et en F et E représentent 10,8 % de la proportion des fonds affectés au volet S et C de l'Initiative. Il est important de noter que, en raison de la complexité de l'Initiative (p. ex. portée nationale et échéances serrées), d'importantes ressources en personnel étaient requises.

L'utilisation optimale des ressources survient quand les bénéficiaires de financement obtiennent des ressources supplémentaires (p. ex. financières ou humaines) au moyen de partenariats de collaboration et d'autres sources de financement externes. L'utilisation optimale de ressources peut prendre la forme de contributions non financières (provenant des organisations bénéficiaires elles-mêmes), de bénévolat, de personnel détaché et de financement supplémentaire. Même si cela n'est pas obligatoire, l'Initiative a encouragé les bénéficiaires de financement à aller chercher des ressources. La majorité des projets ont effectivement utilisé des ressources supplémentaires provenant d'un large éventail d'intervenants, d'autres organisations, de groupes de la communauté et de bénévoles. Le tableau 3 illustre l'ampleur de l'utilisation optimale des ressources dans le cadre de l'Initiative.

Parmi les types d'utilisation optimale de ressources déclarés par les ONG financées, ce sont les contributions non financières qui sont revenues le plus souvent. Ces contributions allaient des frais d'administration (p. ex. fournitures de bureau, coûts d'impression, frais postaux et frais de déplacement) à d'autres types de biens matériels, comme de l'équipement de bureau, des meubles et l'utilisation de locaux à bureaux. En tout, les contributions non financières versées à l'Initiative ont totalisé 906 901 $, soit 18 % des 5 millions de dollars affectés à l'Initiative. La majorité des organisations ayant pris part à l'Initiative ont eu recours à des bénévoles et à du personnel détaché; le plus souvent, le personnel détaché se composait de directeurs ou de gestionnaires de programmes. Il faut noter qu'il est difficile d'établir l'avantage financier réel de l'utilisation de bénévoles et de personnel détaché.

Tableau 3 : Résumé de l'utilisation optimale des ressources – Actif et en sécurité
Type d'utilisation optimale Proportion des projets Description
Contributions non financières 16/18 projets (89 %) Les contributions non financières comprennent des éléments tels que les frais d'administration, les capitaux permanents et les fournitures de bureau.
Bénévolat 13/18 projets (72%) Le nombre de bénévoles par projet variait de 1 à 2 380, et les heures, de 5 à 26 180Footnote vi. Les bénévoles ont contribué à différentes parties du projet, de la prise de décisions (p. ex. membres du conseil d'administration siégeant à titre bénévole) à la mise en œuvre.
Personnel détaché 11/18 projets (61%) En moyenne, les projets ont signalé que le personnel détaché avait donné 121,2 heures, la valeur médiane étant de 69,4 heures. Plus précisément, les projets ont tiré profit de l'aide de directeurs ou de gestionnaires de programmes.
Financement supplémentaire 7/18 projets (39%) Un total de 140 165 $ a été recueilli auprès de sources variées : programmes d'administrations municipales ou régionales, œuvres de bienfaisance et secteur privé. Voir les détails à l'annexe 5.

Source :  Initiative Actif et en sécurité : regroupement et analyse des données sur le rendement des projets déclarées par les clients, Fair Findings (15 octobre 2003).

Les informateurs clés ont fait savoir que le financement obtenu de l'Initiative donnait de la crédibilité aux ONG au moment d'aller chercher des ressources financières additionnelles. Même si l'on compte un certain nombre de cas de projets qui ont réussi à aller chercher des ressources financières, les informateurs clés tant internes qu'externes s'entendaient en général pour dire que le délai était insuffisant pour maximiser leurs efforts de sollicitation en raison des échéances serrées de l'Initiative. Plus précisément, la structure par volets de l'Initiative a entraîné des délais très serrés pour les ONG financées au cours des deuxième et troisième volets, ce qui voulait dire que ces dernières devaient surtout concentrer leurs efforts sur l'exécution des réalisations attendues du projet dans les délais prévus. L'annexe 5 fournit des renseignements sur l'aide financière obtenue. Par exemple, l'Alberta Schools' Athletic Association a réussi à obtenir une contribution importante auprès de Cenovus Energy pour l'élaboration de son projet.

Afin d'optimiser davantage le financement, il était également possible d'obtenir des rabais et des services gratuits auprès de partenaires du secteur privé. Par exemple, dans le cadre de projets qui prévoyaient la distribution d'équipement de sécurité (p. ex. casques), des partenaires du secteur privé ont accordé un rabais sur l'achat de l'équipement et offert un soutien logistique pour entreposer et expédier l'équipement. D'autres partenaires ont été en mesure d'offrir des biens et des services relativement à la production de documents et d'articles de promotion à prix réduit (p. ex. productions vidéo, t-shirts et disques volants). Ces partenaires ont également proposé leur savoir-faire et leurs conseils relativement à l'exécution des projets pour que ces derniers soient aussi efficaces que possible. Par exemple, dans un projet du troisième volet, des partenaires du secteur privé ont donné des conseils relativement à la conception d'un programme de sensibilisation à la sécurité à l'extérieur. Alors qu'il n'est pas possible d'obtenir les économies de coûts réelles découlant de ces activités, il est évident que ces rabais ont permis d'obtenir les mêmes répercussions et extrants, mais à un coût moindre.

Observations sur l'efficience

L'efficience se rapporte à la relation entre les ressources et les résultats et entre les ressources et les extrants.

L'Initiative a fait la preuve de son efficience en utilisant une stratégie permettant de maximiser les résultats et les répercussions par rapport à l'intrant (p. ex. financement). L'Initiative était en fait une stratégie de prévention qui visait à atténuer les risques avant qu'une blessure ne survienne. La littérature appuie cette approche puisque des données probantes indiquent qu'il est possible de prévoir et de prévenir les blessures accidentelles. Des études contenues dans la littérature confirment que la majorité des blessures qui se produisent chez les enfants sont prévisibles et évitables, dans des proportions allant jusqu'à 90 % selon les estimationsNotes de fin de document 30,Notes de fin de document 31. De plus, si les stratégies de prévention des blessures étaient mises en œuvre intégralement, on pourrait réduire le fardeau des blessures de 40 % selon la rechercheNotes de fin de document 32, ce qui confirmerait que l'approche de prévention est rentable.

Certaines stratégies de prévention éprouvées, comme l'éducation et l'obligation de porter un casque à vélo et d'utiliser un siège d'auto pour enfant, ont été jugées rentables, mais sont encore sous-utilisées. L'Initiative a appuyé ces stratégies lorsque cela était possible, surtout en ce qui a trait à l'obligation d'utiliser de l'équipement de sécurité. Des informateurs clés ont convenu qu'il est toujours important de s'attarder à la nécessité de renforcer l'utilisation d'équipement de sécurité chez les enfants, surtout pour ce qui est d'améliorer la prise de conscience concernant l'adoption de pratiques sûres. La documentation universitaire confirme que certains enfants ne portent toujours pas d'équipement de sécurité quand ils pratiquent une activité physique ou un sport (p. ex. port du casque pour faire de la planche à roulettes ou du vélo). De plus, certaines données probantes indiquent qu'il est plus rentable de mettre l'accent sur la prévention que sur le traitement. Autrement dit, le coût des interventions et des programmes primaires est moindre que le coût du traitement d'un enfant qui s'est blessé. Il existe déjà des stratégies efficaces et éprouvées qui permettent de sauver des vies et d'économiser des ressources financières. Par exemple, on estime que :

  • un dollar dépensé pour des casques de vélo fait économiser 29 $;
  • un dollar dépensé pour des sièges d'enfants fait économiser 32 $;
  • un dollar dépensé pour des améliorations touchant la sécurité routière fait économiser 3 $;
  • un dollar dépensé pour des services de counseling en prévention donnés par des pédiatres fait économiser 10 $Notes de fin de document 33.

Au niveau des projets, des données probantes indiquent que chaque ONG a utilisé des techniques adaptées à son contexte pour garantir une utilisation efficiente des ressources en vue de produire ses réalisations attendues. Selon les rapports de projet, les ONG, le cas échéant, ont appliqué différentes méthodes pour mettre en valeur les économies de coûts (p. ex. recours à des bénévoles et à des contributions non financières). Les rapports de projet ont révélé que les ONG étaient en mesure de réaliser des gains d'efficience sur le plan de l'administration de leurs projets, ce qui a favorisé une utilisation efficace du financement de l'Initiative. Par exemple, cinq projets ont déclaré des gains d'efficience obtenus en faisant participer des partenaires et des bénévoles. De ces cinq projets, quatre ont signalé avoir planifié minutieusement les déplacements entre les différents emplacements pour réaliser des économies, trois ont utilisé des moyens électroniques pour tenir des réunions et quatre ont distribué des documents par voie électronique, ce qui a permis de réaliser des économies. Dans l'ensemble, l'Initiative a été financée et exécutée comme prévu sans dépassement de coûts; de plus, le processus de mise en œuvre a respecté le modèle de conception prévu. Toutefois, étant donné que les rapports sur l'efficience ont pris différentes formes d'un projet à l'autre, il a été difficile de comparer et d'opposer les résultats des différents projets et de déterminer l'efficience et l'économie globales de l'Initiative.

Mesure du rendement

Des données significatives sur la mesure du rendement ont été recueillies pour chacun des projets. Toutefois, les renseignements étaient disparates, donc il n'a pas été possible de faire des comparaisons entre tous les projets financés. De plus, il ne s'est pas écoulé suffisamment de temps pour que l'on puisse faire rapport sur l'atteinte des résultats à long terme.

Les responsables de l'Initiative ont élaboré une stratégie de mesure du rendement (SMR) officielle qui a été mise en œuvre dès le début, afin de faire le suivi des progrès et de disposer de données pour la prise de décisions liées au programme. Toutes les ONG financées ont produit des données sur la mesure du rendement (p. ex. rapports de projet à mi-parcours et finaux, et rapports d'évaluation de chacun des projets), conformément à la SMR; ces données ont produit des renseignements utiles qui ont été utilisés par les responsables de l'Initiative pour faire le suivi du rendement. Même si la SMR s'est avérée utile, les évaluateurs ont constaté que l'interprétation de l'expression « intervenants plurisectoriels ciblés » variait d'un projet à l'autre et que la majorité des rapports ne fournissaient de l'information que sur les avantages pour les ONG financées et ne tenaient pas compte de l'incidence sur d'autres intervenants (p. ex. partenaires de la communauté et secteur privé).

Il convient de noter que, en raison de la durée déterminée de l'Initiative (deux ans), aucun indicateur de réussite s'appliquant aux résultats intermédiaires n'a été élaboré puisque le délai écoulé n'était pas suffisant pour obtenir une mesure utile.

5.0  Conclusions

Puisque l'Initiative a pris fin, il n'a pas été jugé nécessaire de formuler des recommandations officielles. Par contre, la synthèse et l'analyse des constatations tirées de la présente évaluation ont mené à des conclusions sur la pertinence et le rendement de l'Initiative Actif et en sécurité. Ces conclusions ont par la suite permis à l'Agence de formuler des possibilités de miser sur les investissements actuels.

5.1  Conclusions sur la pertinence

5.1.1  Nécessité de poursuivre l'Initiative

Les blessures accidentelles constituent toujours la principale cause de décès et une cause importante d'hospitalisation chez les enfants et les jeunes de 0 à 19 ans au Canada. Les blessures accidentelles subies pendant une activité sportive ou un loisir sont la principale cause de blessures chez les enfants et les jeunes. Les blessures à la tête et les fractures sont courantes lorsqu'il est question de blessures dans les sports et les loisirs; les noyades sont moins fréquentes, mais sont quand même très préoccupantes. Ce genre de blessure représente un risque pour la santé et la sécurité et peut mener à des hospitalisations, à des incapacités et à des invalidités ou à la mort. En plus des résultats négatifs pour la santé des individus subissant de telles blessures, celles-ci créent un fardeau économique pour le Canada puisqu'elles peuvent entraîner une pression supplémentaire sur le système de santé et la société. Par conséquent, il faut continuer de se pencher sur cette importante question de santé publique.

5.1.2  Harmonisation avec les priorités du gouvernement fédéral

L'Initiative était conforme aux priorités du gouvernement du Canada, y compris l'engagement de prévenir les blessures chez les enfants et de travailler en collaboration avec des ONG à la réduction des blessures. L'Initiative cadrait aussi avec les priorités et résultats stratégiques de l'Agence concernant les blessures, comme l'indiquent certains documents ministériels, tels que le Rapport ministériel sur le rendement, les Rapports sur les plans et les priorités et le mandat de l'Agence consistant à protéger la santé publique au Canada.

5.1.3  Harmonisation avec les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral

L'Initiative était conforme aux rôles et aux responsabilités du gouvernement fédéral, surtout ceux énoncés dans la Loi sur l'Agence de la santé publique du Canada. La prévention des blessures fait partie des mesures de santé dont l'ASPC est responsable au Canada. Des documents ministériels de planification et de reddition de comptes ont également défini et soutenu le rôle de l'Agence en matière de prévention des blessures. La question de la prévention des blessures traverse les frontières provinciales et territoriales; elle permet à l'ASPC de jouer un rôle de chef de file à l'échelle nationale dans le domaine de la prévention des blessures pour ce public cible en particulier. Alors que des analyses antérieures ont révélé que certaines provinces et certains territoires disposent de leur propre méthode pour s'attaquer au problème des blessures, ces administrations ne sont pas en bonne position pour s'occuper de questions de portée nationale, et leurs activités ne recoupent pas celles de l'Initiative. Dans l'ensemble, le mandat conféré à l'Agence en matière de prévention des blessures lui permet de promouvoir la santé de la population canadienne en prévenant les blessures, les maladies et les décès prématurés.

5.2  Conclusions sur le rendement

5.2.1  Atteinte des résultats attendus (efficacité)

L'Initiative a permis d'accomplir des progrès vers l'atteinte des résultats immédiats et intermédiaires en matière de réduction des blessures accidentelles dans les sports et les loisirs chez les enfants et les jeunes (de 0 à 19 ans).

L'Initiative a mené à une collaboration entre les principaux intervenants nationaux de la prévention des blessures dans les sports et les loisirs en établissant une approche concertée en matière de prévention des blessures. Les 18 ONG financées ont élaboré des politiques, des programmes ou des pratiques de prévention des blessures en utilisant des connaissances fondées sur des données probantes et ainsi, en veillant à ce que les intervenants aient toujours accès à des travaux de recherche et à des messages à jour. Ces politiques, programmes et pratiques ont ensuite été distribués par un éventail de moyens aux publics cibles se préoccupant de la prévention des blessures dans les sports et les loisirs, notamment en facilitant l'accès des populations vulnérables et des personnes vivant dans les zones éloignées partout au pays.

L'Initiative a aussi permis d'élaborer de nouvelles méthodes d'éducation et de formation. Plus de 50 % des projets auraient mené, aux dires de leurs responsables, à la création d'activités uniques pour la prévention des blessures, notamment des webinaires et des programmes sur le sujet (comme le programme Club Excellence qui soulignait le travail des organisations se consacrant à la prévention des blessures). Les données sur le rendement fournissent des résultats préliminaires indiquant une amélioration de la compréhension et des capacités chez une partie du public cible lorsqu'il s'agit de prévenir les blessures.

Sur le plan de la durabilité, il est important de noter que certains des produits élaborés peuvent toujours être utilisés, mais que la mesure dans laquelle ils sont utilisés varie. De plus, il serait possible d'utiliser certains des modules de formation et des produits de prévention des blessures dans d'autres régions et sports. Certaines des relations de collaboration établies pendant l'Initiative se poursuivent, comme en témoigne le fait que des résultats de projets font l'objet de présentations conjointes dans des conférences et des revues spécialisées même après la fin de certains projets.

5.2.2  Démonstration d'économie et d'efficience

Les projets Actif et en sécurité ont été réalisés dans les délais et selon le budget et les exigences. Certains projets ont pu utiliser de manière optimale d'autres ressources de multiples façons, comme des contributions non financières, des heures de bénévolat et du financement supplémentaire, lorsque cela était possible, afin de compléter les contributions financières de l'Agence. Toutefois, le temps a manqué pour pouvoir utiliser de façon optimale les ressources en mobilisant des partenaires du secteur privé.

L'Initiative Actif et en sécurité s'est avérée efficiente. Selon la littérature, la stratégie visant à prévenir plutôt qu'à traiter les blessures est une stratégie rentable. L'Initiative a réussi à produire les résultats souhaités puisqu'elle a favorisé des solutions qui s'étaient déjà avérées efficaces pour prévenir les blessures (notamment une combinaison d'approches d'éducation, d'application de la loi, d'utilisation d'équipement et d'ingénierie, comme le port du casque et de vêtements de flottaison individuels). Sur le plan opérationnel, les projets ont tous démontré que des mesures d'économie des coûts avaient été utilisées, lorsque cela était possible, pour s'assurer d'une production efficiente des extrants (p. ex. utilisation d'une technologie en ligne). Des données sur la mesure du rendement ont été recueillies pour chacun des projets afin de faciliter la prise de décisions relatives aux programmes.

6.0  Occasions pour l'Agence de mettre à profit les investissements actuels

L'Initiative Actif et en sécurité avait une durée limitée et a pris fin en mars 2013. Toutefois, si l'Agence devait poursuivre les travaux dans ce secteur, des occasions de mettre à profit les investissements actuels ont été cernées. Les voici.

Occasion 1  L'Agence pourrait miser sur les efforts de prévention des blessures de l'Initiative en diffusant l'information à un public plus vaste, ce qui permettrait de joindre d'autres populations vulnérables et celles des régions éloignées et rurales.

La diffusion d'information sur la prévention des blessures à un public plus vaste élargira la portée et améliorera la sensibilisation, la compréhension et la capacité de la communauté en matière de prévention des blessures. Des données probantes indiquent que, par manque de temps et en raison de l'épuisement des fonds de l'Initiative, l'information sur la prévention des blessures n'a pas été entièrement communiquée aux publics qui en avaient besoin. Pour répondre aux besoins de ces publics, on pourrait apposer des panneaux supplémentaires dans les aires de jeux, donner plus de programmes de formation aux formateurs et distribuer de la documentation sur la prévention des commotions, des fractures et des noyades dans le but de joindre un public plus vaste. Même si 13 des 18 projets de prévention des blessures (72 %) comptaient un volet axé sur les populations vulnérables et celles des régions éloignées et rurales, il faut poursuivre les efforts en matière de sensibilisation compte tenu du nombre important de ces communautés. Conformément à ce qui a déjà été mentionné, des statistiques récentes indiquent que les enfants vivant dans les territoires (soit au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut) sont 5,5 fois plus à risque de se noyer que les enfants vivant ailleurs au CanadaNotes de fin de document 34. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les populations des Premières Nations, dont bon nombre vivent dans les territoires. Pour les populations vulnérables et celles des régions éloignées et rurales, on pourrait envisager un programme Nager pour survivre adapté aux communautés rurales, du financement pour d'autres ateliers dans de plus petites communautés rurales et l'élaboration d'une technologie et d'une infrastructure pour soutenir les outils et les applications d'apprentissage en ligne, ce qui faciliterait l'accès aux régions mal desservies si d'autres fonds sont disponibles. En conclusion, il est possible de poursuivre sur la lancée de l'Initiative afin de continuer à sensibiliser, à renforcer les compétences et à joindre un plus grand nombre de Canadiens et ainsi prévenir ce genre de blessures.

Occasion 2 :    L'Agence pourrait étudier des modèles pour mobiliser le secteur privé et mettre ainsi à contribution d'autres ressources en prévention des blessures.

Pour mettre à profit l'objectif de l'Initiative de renforcer la collaboration plurisectorielle entre les intervenants du domaine de la prévention des blessures, il peut s'avérer utile d'étudier des modèles de mobilisation du secteur privé. Une approche plurisectorielle prévoyant des partenariats avec le secteur privé peut faciliter le regroupement de différents intervenants et types de savoir-faire dans le but d'élaborer des projets de prévention des blessures et de mettre à contribution d'autres ressources. En retour, les projets pourraient être plus bénéfiques pour les communautés et stimuler la communication des pratiques exemplaires et la collaboration à plus long terme. L'analyse et la promotion des partenariats avec le secteur privé pourraient accroître la portée de l'Initiative et favoriser l'amalgame des expertises afin qu'elles se complètent. L'étude de cas sur l'approche des Partenariats plurisectoriels sur les modes de vie sains et les maladies chroniques (voir l'annexe 4 pour obtenir plus de renseignements) a démontré l'intérêt que présente l'étude des partenariats avec le secteur privé. Des données probantes tirées de l'étude de cas démontrent que le Programme des partenariats plurisectoriels du Centre de prévention des maladies chroniques a réussi à mobiliser le secteur privé en veillant à ce que toutes les propositions de projet obtiennent un financement équivalent de la part de sources non publiques ou du secteur privé. Cette stratégie pourrait être envisagée si d'autres fonds pour la prévention des blessures sont disponibles.


Notes de bas de la page

Liste des acronymes

AAP
Architecture d'alignement des programmes
ACE
Association canadienne des entraîneurs
ASPC
Agence de la santé publique du Canada
BCIRPU

British Columbia Injury Research and Prevention Unit

CHP
Centre pour la promotion de la santé
EPS Canada
Éducation physique et santé Canada
F et E
Fonctionnement et entretien
FRT
Fédéral-provincial-territorial
MIP
Message d'intérêt public
OCDE
Organisation de coopération et de développement économiques
OCDP
Outil de cueillette de données de projet
ONG
Organisation non gouvernementale
PSPMC
Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques
RASE
Régime d'avantages sociaux des employés
RSP
Réseau de santé publique
S et C
Subventions et contributions
SCHIRPT

Système canadien hospitalier d'information et de recherche en prévention des traumatismes

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