Résumé : Rapport de L’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada 2008

Résumé

Le présent document est le premier rapport annuel présenté aux Canadiens par l’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada. Il examine l’optique adoptée en la matière, la santé globale des Canadiens, les écarts observés au sein de la population et les facteurs qui contribuent aux inégalités. De nombreux efforts sont accomplis à divers niveaux, dans l’ensemble du Canada, pour réduire ces inégalités. Il s’agit notamment d’interventions fructueuses qui aideront sans doute à combler les écarts et à améliorer la qualité de vie grâce à une compréhension, à une collaboration et à une action collective accrues.

Le rapport porte sur les questions exposées ci-après, dont les conclusions sont résumées ici.

La santé publique au Canada

Afin de faciliter la compréhension de l’approche de la santé axée sur la population, proposée dans le présent rapport, celui-ci présente la notion de santé publique, la définition de ce terme, le mandat des autorités responsables et les principaux intervenants du secteur. Le lecteur prendra connaissance des faits saillants de l’histoire de la santé publique au Canada, depuis la mise en quarantaine des nouveaux immigrants au XIXe siècle, l’apparition des vaccins et du lait pasteurisé, les premières mesures touchant la salubrité des aliments, l’hygiène et l’eau potable, jusqu’à la mise en place des régimes d’assurance-maladie, une avancée majeure qui aidera tous les Canadiens à obtenir les soins de santé dont ils ont besoin.

La réussite de l’approche de la santé publique est manifeste si l’on pense aux effets bénéfiques que les grandes campagnes d’information publique ont eu pour tous les Canadiens : vaccination massive, réduction du tabagisme et utilisation accrue de la ceinture de sécurité. Ces résultats, au même titre que les défis nouveaux et constants en matière de santé, montrent les efforts permanents qui sont déployés pour que le Canada reste l’un des pays bénéficiant du meilleur état de santé de la planète.

Notre population et notre santé en chiffres

Lorsqu’on interroge les Canadiens, la plupart déclarent que leur état de santé est excellent ou très bon. L’espérance de vie à la naissance a beaucoup augmenté au cours du siècle dernier. Elle excède légèrement 80 ans, l’une des plus élevées au monde. Le taux de mortalité infantile a baissé, passant de 27 décès pour 1 000 naissances vivantes en 1960 à seulement 5 pour 1 000 en 2004, soit une chute de 80 %.

Les principales causes de mortalité au Canada sont les maladies du système circulatoire, le cancer et les affections respiratoires. Les décès prématurés sont le plus souvent attribuables aux cancers, aux maladies circulatoires, aux blessures (intentionnelles et non-intentionnelles) et aux affections respiratoires chroniques. D’autres maladies et affections influent également sur la santé de la population et certaines, comme le diabète et l’obésité, sont en hausse. Le nombre de Canadiens qui décèdent de manière prématurée ou qui souffrent d’un mauvais état de santé est bas par rapport à d’autres pays, mais les personnes touchées appartiennent souvent à des segments précis de la population : les Autochtones, les habitants des collectivités nordiques et éloignées et, les groupes qui disposent de faibles revenus et ont un faible niveau de scolarité.

Les facteurs sociaux et économiques qui influent sur notre santé et contribuent aux inégalités

Pourquoi certaines personnes sont-elles en bonne santé et d’autres pas? Les inégalités dans ce domaine sont en partie dues à des facteurs sociaux et économiques qui influent sur les comportements et l’état de santé.

Les facteurs socioéconomiques et personnels examinés dans le présent rapport sont les suivants :

  • les revenus;
  • l’emploi et les conditions de travail;
  • la sécurité alimentaire;
  • l’environnement et le logement;
  • le développement des jeunes enfants;
  • le niveau de scolarité et l’alphabétisme;
  • les systèmes de soutien social;
  • les comportements liés à la santé;
  • l’accès aux soins de santé.

Cette liste n’énumère pas tous les facteurs qui ont une influence sur la santé, mais elle englobe les domaines que nous comprenons actuellement et dans lesquels les mesures prises ont donné de bons résultats. Par exemple, bien que la génétique joue un grand rôle au niveau de la santé et de la maladie et que la médecine cerne beaucoup mieux les effets susceptibles d’être obtenus à cet égard, nous savons aujourd’hui que le génie génétique offre moins de possibilités d’intervention que d’autres facteurs.

En général, l’état de santé augmente au fur et à mesure que l’on s’élève dans l’échelle socioéconomique d’une population. Autrement dit, les personnes dont les revenus et le niveau de scolarité sont bas, dont les conditions de logement et de travail sont mauvaises, dont les comportements liés à la santé sont déficients, et qui ont difficilement accès aux soins de santé, au soutien social ou à l’aide à la petite enfance ont plus de chances de souffrir d’un mauvais état de santé physique et mentale que les mieux nantis. Cela vaut à tous les échelons. Toutefois, améliorer un ou plusieurs facteurs peut améliorer l’état de santé dans son ensemble. De nombreux programmes et services ont été mis en place à tous les niveaux pour réduire les inégalités en matière de santé et sur le plan social en atténuant ou en agissant sur les facteurs socioéconomiques. Des solutions fructueuses, prometteuses ou uniques sont élaborées et adaptées à chaque facteur.

Malgré tous ces efforts, certaines tendances sont préoccupantes. Soulignons notamment l’élargissement du fossé entre les riches et les pauvres au Canada et le taux de pauvreté beaucoup plus élevé que la moyenne chez certains enfants et chez les Autochtones, les immigrants récents et les personnes handicapées. De plus, le taux de pauvreté chez les enfants canadiens est plus élevé que chez les enfants de d’autres pays développés semblables. La sécurité alimentaire est également un problème important, avec la hausse du nombre de programmes alimentaires destinés aux écoles et de banques d’alimentation. Les mauvaises conditions de logement et l’itinérance continuent de toucher les Autochtones, les immigrants, les populations à faible revenu et les jeunes marginaux, tandis que le développement tantaculaire des villes et diverses conditions du cadre de vie suscitent une inquiétude grandissante.

Les taux de chômage sont les plus bas depuis trente ans, mais ils restent élevés dans certains segments de la population, tels les immigrants récents. Quant à ceux qui ont un emploi, les taux de blessures professionnelles sont encore élevés chez les cols bleus et les hommes, alors que le stress au travail est plus fréquemment observé chez les femmes. Même si le Canada se classe parmi les cinq premiers pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) en ce qui a trait au taux d’achèvement des études secondaires, certains jeunes Canadiens risquent de quitter l’école prématurément. Les femmes sont maintenant plus nombreuses que les hommes à poursuivre des études supérieures. Si cette tendance se poursuit, un écart dans l’état de santé des deux sexes dû au niveau de scolarité pourrait apparaître.

Les liens sociaux jouent également un rôle important. Les citadins ont moins de chances que les habitants des régions rurales de déclarer un sentiment d’appartenance à leur communauté et les personnes âgées sont plus susceptibles de déclarer un sentiment de solitude et d’isolation. Ces populations représentent deux des populations en croissance les plus rapide au Canada. Les Autochtones, qui doivent encore lutter contre l’exclusion sociale, la participation réduite de la population active et la perte de leurs traditions et de leur culture, sont souvent en moins bonne santé que le Canadien moyen. Les recherches donnent à penser toutefois que les communautés autochtones qui bénéficient d’une certaine autonomie ou d’une certaine continuité culturelle jouissent d’un meilleur état de santé.

Le milieu social et économique a une incidence sur les comportements individuels, qu’ils soient favorables ou néfastes à la santé. Dans la population en général, le tabagisme et la mortalité liée à la dépendance à l’alcool sont à la baisse; au contraire, les mauvaises habitudes alimentaires et les pratiques sexuelles risquées augmentent, ce qui se traduit par des hausses connexes du nombre de cas de diabète et de certaines infections transmissibles sexuellement. Par ailleurs, en dépit du fait que les Canadiens s’adonnent davantage aux activités physiques, le problème de l’obésité continue de s’aggraver, montrant la nécessité de poursuivre les efforts dans ce domaine. Comme c’est le cas avec d’autres facteurs, les comportements néfastes sont plus fréquemment observés dans certaines populations.

Alors que les Canadiens bénéficient de régimes universels d’assurance-maladie, certains ont de la difficulté à bénéficier de soins de santé. Il peut sembler évident que les problèmes des habitants du Nord et des régions périphériques sont dus à une question géographique, pourtant les Autochtones, les immigrants et les membres d’autres groupes sont parfois confrontés à des facteurs tels que l’insensibilité culturelle et les obstacles linguistiques. Dans les populations marginalisées, le taux de mortalité infantile peut être beaucoup plus élevé que la moyenne nationale, même si nombre de leurs membres vivent à proximité d’hôpitaux les mieux équipés du monde.

Les inégalités – où en sommes-nous au Canada?

Un ensemble de politiques et de programmes sociaux destinés à améliorer l’état de santé de la population ont été mis en place au Canada depuis des décennies, et de nouvelles mesures et approches prometteuses sont continuellement élaborées. Des efforts de grande envergure sont déployés par les gouvernements, le secteur privé, les organisations à but non lucratif, les collectivités et les particuliers. Les inégalités persistent toutefois et augmentent dans certains cas. L’une des causes de ce phénomène est que nous ne comprenons pas bien ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas, ce qui complique l’orientation des efforts. Malheureusement, le Canada en tant que pays, a du mal à apprécier les effets de nombre de ces interventions et à en rendre compte et devra mettre l’accent sur la correction de ces faiblesses. Il est clair néanmoins que les mesures visant les choix et les comportements individuels liés à la santé doivent tenir compte des conditions sociales et environnementales qui façonnent ces choix. Dans une population aussi diversifiée, aucune méthode ni solution ne saurait, à elle seule, résoudre les problèmes de manière optimale. L’idéal serait de parvenir à un bon équilibre entre les interventions ciblées sur certains segments et les programmes universels pour tous, mais il faut poursuivre les recherches dans ce sens.

Bien que des éclaircissements et des informations complémentaires soient nécessaires dans de nombreux domaines, il serait inadmissible d’attendre que toutes les réponses soient données, vu ce que nous savons déjà, ce qui peut être fait aujourd’hui et ce que nous pouvons craindre de l’inaction.

Il faudrait accorder une attention particulière aux domaines prioritaires suivants afin de combattre les inégalités sur le plan de la santé :

  • Les investissements sociaux, en particulier les programmes d’aide aux familles avec enfants vivant dans la pauvreté et les programmes d’aide aux développement des jeunes enfants;
  • Les capacités des collectivités en les associant directement à la recherche de solutions, en accentuant la coopération transsectorielle, en définissant plus précisément le rôle des intervenants et en évaluant mieux les résultats obtenus;
  • L’action intersectorielle par des politiques intégrées et cohérentes et par des mesures conjointes des parties, à l’intérieur comme à l’extérieur du secteur de la santé, à tous les niveaux;
  • L’infrastructure du savoir en cernant mieux les segments de la population, les modes d’interaction des facteurs socioéconomiques responsables des inégalités en matière de santé et la façon dont les meilleures pratiques élaborées ailleurs peuvent être adaptées aux efforts déployés au Canada, et en évaluant de manière plus poussée les résultats produits par les diverses interventions;
  • Un rôle de premier plan en matière de santé publique, des conditions sanitaires et des efforts transsectoriels.

L’avenir

Le Canada est en mesure de faire face à l’ensemble des problèmes qui peuvent nuire à l’état de santé de sa population. Ses impressionnantes réussites passées sur le plan de l’amélioration de la qualité de vie et de la santé constituent une base solide sur laquelle s’appuyer pour faire du Canada la nation jouissant de la meilleure santé au monde et présentant le moins d’inégalités dans ce domaine. Cet objectif est tout à fait réalisable si la volonté collective d’y parvenir peut être mobilisée et orientée grâce à un leadership fort et à une ferme détermination de la part des individus, des membres des collectivités et des décideurs.

 

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