Définition de cas de maladie de Lyme 2016

À déclaration obligatoire à l’échelle nationale depuis 2009.

1.0 Déclaration à l’échelle nationale

Les cas confirmés et les cas probables de maladie devraient être déclarés.

2.0 Type de surveillance

Déclaration systématique de chaque cas aux autorités fédérales

3.0 Classification du cas

3.1 Cas confirmé

Manifestations cliniques de la maladie avec confirmation en laboratoire au moyen de l’une des méthodes suivantes :

  • Isolement de Borrelia burgdorferi (B. burgdorferi) dans un échantillon clinique tel que prescrites par les lignes directrices actuellesFootnote 1 Footnote 2 .
  • Détection d’ADN de B. burgdorferi par réaction en chaîne de la polymérase (PCR) dans le liquide synovial, le liquide céphalorachidien, une biopsie tissulaire d’un érythème migrant ou le sang, et par les méthodes prescrites par les lignes directrices actuellesFootnote 1 Footnote 2 .

OU

Manifestations cliniques de la maladie et antécédents de résidence, ou de voyage dans, une zone à risqueFootnote * ; zone où il existe un risque de contracter la maladie de Lyme et résultats de laboratoire indiquant une infection sous forme d’un test sérologique positif selon les critères de l’approche en deux étapes. L'approche de test en deux étapes consiste en un test de dépistage ELISA suivie par une méthode d’immunotransfert. Les immunotransferts comprennent les analyses par Western blot classiquesFootnote 1  ou les plus récentes épreuves Line blot, et les deux types ciblent un ensemble identique de protéines immunoréactives de B. burgdorferiFootnote 3 (voir la section 4.0).

3.2 Cas probable

Manifestations cliniques de la maladie en l’absence d’antécédents de résidence ou de voyage dans une zone à risqueFootnote *; et résultats de laboratoire indiquant une infection sous la forme d’un test sérologique positif selon les critères définis ci-haut sous « Cas confirmé » (voir la section 4.0).

OU

Érythème migrant observé par un clinicien en l’absence de résultats de laboratoire indiquant une infection, mais avec antécédents de résidence ou de voyage dans une zone à risqueFootnote *.

* Par zone à risque, on entend une localité dans laquelle des preuves de la présence de populations reproductrices des espèces de tiques vectrices connues (particulièrement Ixodes scapularis et Ixodes pacificus) ont été observées, de même que la transmission probable de B. burgdorferi déterminée par l’une des méthodes suivantes :

i) surveillance active sur le terrain comprenant la capture de rongeurs sauvages servant de réservoir et l’échantillonnage  par la méthode de la flanelle à de multiples reprises pour s’assurer que les tiques se sont établies (comme en témoigne la présence des trois stades actifs de la tique sur une période de plus d’un an) et que B. burgdorferi est transmis (comme en témoigne la détection moléculaire ou la culture des tiques ou des échantillons de rongeurs)Footnote 4

ii) surveillance active sur le terrain comprenant seulement l’échantillonnage des tiques  par la méthode de la flanelleFootnote 5

iii) preuve de surveillance passive des tiques lorsque l’on utilise des méthodes d’analyse des données validées sur le terrain pour améliorer leur spécificité en ce qui a trait à la détection des populations de tiques (celles-ci peuvent comprendre un nombre élevé de tiques soumisesFootnote 6 , des tiques immatures et de nombreuses tiques qui ont été collectées sur des humains ou des animaux);

iv) alertes fournies par la surveillance de cas d’infection humaine et validées sur le terrain;

v) modèles écologiques/de niche validés sur le terrain qui prédisent le risqueFootnote 7 . La méthode i) est recommandée pour confirmer la première apparition d’une zone à risque dans les provinces et les territoires où la présence de telles zones n’avait pas encore été établie.

Pour ces provinces et territoires, les méthodes ii), iii), iv) et v) sont recommandées uniquement après l’apparition d’une ou de plusieurs populations reproductrices de tiques vectrices de la maladie de Lyme et après que la transmission de B. burgdorferi a été confirmée en employant la méthode i).

Pour connaître l’emplacement des zones à risque, consulter le site Maladie de Lyme zones à risque  ou les sites Web des organismes de santé publique provinciaux ou territoriaux concernés. Les adresses suivantes fournissent des renseignements sur les pays à l’extérieur du Canada  où il existe un risque de contracter la maladie de Lyme : La santé des voyageurs et Tickborne Diseases Abroad (en anglais seulement).

4.0 Laboratoire – Commentaires

Les critères relatifs aux tests sérologiques sont décrits dans les lignes directrices du Réseau des laboratoires de santé publique du CanadaFootnote 1 . Les résultats sérologiques ne permettent de confirmer le diagnostic que chez les patients présentant des manifestations cliniques objectives de maladie de Lyme disséminée ainsi que des antécédents de résidence ou de voyage dans une région où il existe un risque de contracter la maladie de Lyme. Les tests sérologiques ne sont pas recommandés chez les patients atteints de maladie de Lyme localisée précoce qui se sont rendus dans une  dans une zone à risque.

5.0 Manifestations cliniques

Les renseignements cliniques présentés ci-dessous ne prétendent pas décrire la totalité des signes et symptômes pouvant servir à poser un diagnostic clinique de maladie de Lyme. Les symptômes de la maladie de Lyme disséminée précoce ou tardive sont décrits dans les lignes directrices en matière de pratique clinique 2006 de l’Infectious Diseases Society of AmericaFootnote 2 . Les autres symptômes qui sont (ou que l’on croit) associés à la maladie de Lyme (notamment la maladie de Lyme dite « chronique » et les syndromes post maladie de Lyme) ne sont pas jugés suffisamment propres à la maladie pour servir à la définition des cas aux fins de surveillance, qu’ils soient ou non causés par une infection à B. burgdorferi. Les signes et symptômes suivants constituent les manifestations cliniques objectives de la maladie aux fins de la surveillance de la maladie de Lyme :

Lorsqu’aucune autre explication ne peut être trouvée, les manifestations cliniques objectives de la maladie de Lyme sont les suivantes :

En termes simples, la maladie de Lyme comporte trois étapes si elle n’est pas traitée :

i) le stade précoce de la maladie de Lyme, caractérisé par l’apparition de plaques rouges (de plus de 5 cm, appelées érythème migrant, ou EM) qui se propagent dans la région de l’éruption cutanée provoquée par la tique (de la façon décrite ci-dessous);

ii) le stade disséminé précoce de la maladie de Lyme, caractérisé par de nombreuses éruptions d’EM et/ou des manifestations neurologiques (paralysie faciale ou manifestations apparentées à la méningite) et/ou des problèmes cardiaques (palpitations causées par un blocage cardiaque) qui peuvent durer plusieurs semaines, voire des mois;

iii) le stade disséminé tardif de la maladie de Lyme, qui est le plus souvent caractérisé par des manifestations intermittentes d’arthrite et qui peut durer des mois, voire plus d’un an. De façon détaillée, les manifestations sont les suivantes :

Érythème migrant (EM) : Lésion cutanée érythémateuse expansive, de forme ronde ou ovale, ayant un diamètre supérieur à 5 cm, qui s’étend lentement sur une période de quelques jours à quelques semaines. L’érythème migrant apparaît une ou deux semaines (intervalle : 3 à 30 jours) après l’infection et peut durer jusqu’à huit semaines. Certaines lésions sont uniformément érythémateuses, tandis que d’autres présentent un éclaircissement central ou une forme annulaire distinctive.

Aux membres inférieurs, la lésion peut être partiellement purpurique. Les signes d’inflammation aiguë ou chronique ne sont pas prédominants. Habituellement, la douleur, le prurit, l’œdème, la desquamation, l’exsudation ou la formation de croûtes, l’érosion ou l’ulcération sont peu importants, mais une certaine inflammation liée à la morsure de tique elle-même peut être présente en plein centre de la lésion.

Remarque : Une lésion cutanée érythémateuse présente alors que la tique vectrice est toujours fixée à la peau ou qui apparaît moins de 48 heures après le retrait de la tique est probablement une réaction d’hypersensibilité à la morsure de tique (c.-à-d. un processus non infectieux), plutôt qu’un érythème migrant. Les réactions d’hypersensibilité à la morsure de tique ont généralement un diamètre inférieur à 5 cm, ont parfois un aspect urticarien et commencent habituellement à s’estomper au bout de 24 à 48 heures. Le diagnostic de l’EM nécessite un examen minutieux par un médecin pour éliminer les autres types d’éruptions cutanées.

Il est recommandé que les médecins traitent normalement les patients atteints d’un EM sans recourir à un test sérologique puisque des anticorps spécifiques ne sont souvent pas détectables au stade précoce de la maladie de LymeFootnote 2 .

OU

Lorsqu’aucune autre explication ne peut être trouvée, les manifestations cliniques objectives de la maladie de Lyme disséminée sont les suivantes :

  • Érythème migrant multiple– Lésions d’EM, semblables aux lésions d’érythème migrant uniques décrites ci-dessus, mais présentes à de nombreux endroits du corps et pouvant être de plus petite taille (moins de 5 cm).
  • Manifestations neurologiques – Maladie de Lyme neurologique précoce : atteinte aiguë du système nerveux périphérique, comprenant une radiculopathie, une neuropathie crânienne et une mononeuropathie multiple (atteinte multifocale de nerfs anatomiquement non reliés), et atteinte du système nerveux central comprenant une méningite lymphocytaire et, rarement, une encéphalomyélite (inflammation du parenchyme cérébral et/ou de la moelle épinière accompagnée d’anomalies focales). La maladie de Lyme neurologique tardive peut se manifester par une encéphalomyélite, une neuropathie périphérique ou une encéphalopathie.
  • Manifestations musculosquelettiques – L’arthrite de Lyme est une forme monoarticulaire ou oligoarticulaire d’arthrite qui touche surtout le genou, mais peut aussi toucher d’autres grosses articulations ou l’articulation temporomandibulaire. Un épanchement important et démesuré par rapport à la douleur, est caractéristique. Non traitée, l’arthrite de Lyme est souvent intermittente et évolue par poussées d’inflammation articulaire pouvant durer de quelques semaines à quelques mois. Une inflammation persistante de la même articulation pendant 12 mois et plus constitue un tableau clinique inhabituel.
  • Manifestations cardiaques – L’atteinte cardiaque associée à la maladie de Lyme comprend un bloc auriculoventriculaire intermittent, souvent au niveau du nœud auriculoventriculaire (quoique le siège du bloc soit variable), et elle est parfois associée à une myopéricardite. Une cardite peut survenir aux premiers stades de la maladie.

6.0 Code(s) de la CIM

6.1 Code(s) de la CIM-10

A69

A69.2 Maladie de Lyme (Érythème migrateur chronique à B. burgdorferi)

6.2 Code(s) de la CIM-9

7.0 Type de déclaration à l’échelle internationale

8.0 Commentaires

Ces définitions sont fournies à des fins de surveillance et de recherches épidémiologiques seulement et ne sont pas des définitions de cas cliniques.

9.0 Références

Appendice

Fiche d'information pour la modification de la définition nationale de cas de la maladie de lyme

Description de la modification apportée à la définition nationale de cas

  • Cinq méthodes pour déterminer les zones à risque de la maladie de Lyme proposées par le groupe de travail technique ont été intégrées dans la définition nationale de cas.  Cette approche donnera plus de latitude pour identifier les risques qui permettent de déterminer  les différences dans l’étendue géographique du risque de la maladie de Lyme dans les différentes juridictions.

Justification de la modification

  • En 2007-2008, la définition nationale de cas aux fins de surveillance de la maladie de Lyme a été élaborée par un groupe de travail du Réseau pancanadien de santé publique.  En décembre 2009, elle est devenue une maladie à déclaration obligatoire à l’échelle nationale.
  • Des études portant sur les tests sérologiques pour la maladie de Lyme ont mis en évidence un niveau relativement élevé de faux résultats positifs. Des résultats positifs sont susceptibles d’être faussement  positifs chez les patients qui n'ont pas été exposés à des tiques infectées dans des zones endémiques connues de la maladie de Lyme (c’est-à-dire exposition au risque environnemental). Pour cette raison, la définition de cas de la maladie de Lyme incorpore des preuves d’exposition au risque environnemental pour classifier les cas rapportés en deux catégories, "confirmés" ou "probable".
  • Avec l’augmentation des taux et la propagation géographique de la maladie de Lyme au Canada, les méthodes pour la surveillance sur le terrain nécessaire à la détermination du risque environnemental requise dans la première définition de cas aux fins de surveillance était devenue très lourde pour les provinces et les territoires.
  • Par conséquent, les provinces n’adhéraient pas toutes de la même façon à la définition de cas initiale et les déclarations de cas différaient aussi.
  • Des études plus récentes ont montré que des méthodes moins onéreuses peuvent être utilisées pour déterminer le risque environnemental.  Afin d’intégrer ces méthodes et de simplifier les déclarations de cas par les provinces et les territoires, il a été proposé de modifier la définition de cas de surveillance actuelle.

Effet escompté sur le nombre de cas déclarés

  • La définition de cas révisée permettra aux provinces de repérer les zones à risque de la maladie de Lyme d’une façon plus opportune, plus normalisée, et qui exige moins de ressources, ce qui permettra plus de déclarations de cas.
  • Certaines provinces pourront également déclarer les cas confirmés et les cas probables, alors qu’auparavant elles n’étaient pas en mesure de faire la distinction entre les deux.

Processus de consultation suite au changement

  • En mai 2015, la révision de la définition de cas de la maladie de Lyme a été ajoutée au plan de travail du Comité directeur sur les maladies transmissibles et infectieuses (CDMTI) du Réseau pancanadien de santé publique.
  • Un groupe de travail technique a été créé en octobre 2015. Son mandat était de réviser la définition de cas de surveillance de la maladie de Lyme et d’arriver à un consensus.
  • Le groupe était composé de vingt-neuf participants dans neuf provinces (il comprenait des épidémiologistes et des spécialistes des diagnostics en laboratoire de la maladie de Lyme et des maladies infectieuses du Réseau des laboratoires de santé publique du Canada).
  • En août 2016, la version révisée de la définition de cas a été approuvée par le CDMTI.

Les provinces et les territoires appliquant les modifications

Colombie-Britannique, Alberta, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador.

Bien qu’ils n’aient enregistré aucun cas de maladie de Lyme depuis qu’elle est devenue une maladie à déclaration obligatoire en 2009, les territoires ont également approuvé la définition de cas révisée.

Date de la modification

Le 7 février, 2017

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