Chapitre 11 : La santé des jeunes Canadiens: un accent sur la santé mentale – L'intimidation et les bagarres

L'intimidation et les bagarres

par Wendy Craig et Heather McCuaig Edge

Qu'entend-on par intimidation?

L'intimidation est un problème relationnel. Elle consiste en des agressions répétées où existe un déséquilibre de pouvoir entre le jeune qui intimide et l'autre qui en est la victime. Ce pouvoir peut s'acquérir du fait d'un avantage physique, psychologique, social ou systémique ou de l'exploitation de la vulnérabilité d'un autre (p. ex., obésité, problèmes d'apprentissage, orientation sexuelle, contexte familial) pour susciter une détresse psychologique chez lui. Dans ce genre de rapports, les jeunes qui en intimident d'autres apprennent à utiliser le pouvoir et l'agression pour dominer les autres, et ceux qui sont victimes d'intimidation sont de moins en moins capables de se défendre et sont pris au piège dans des relations d'abus. À mesure que les actes d'intimidation se répètent, l'intimidateur accroît son pouvoir aux dépens de la victime de plus en plus oppressée.

Pourquoi l'intimidation et les bagarres doivent-elles retenir l'attention?

L'intimidation met les jeunes à risque d'éprouver à court et à long terme des difficultés d'ordre affectif, comportemental et relationnel. Le vécu d'un jeune par rapport au pouvoir et à l'agression dans un contexte d'intimidation peut faire en sorte qu'il soit aux prises plus tard dans la vie avec le harcèlement sexuel (McMaster et coll., 2002), l'agression dans les fréquentations (Pepler et coll., 2008), le harcèlement en milieu de travail, ou qu'il se livre à des actes de violence à l'égard de sa(son) conjoint(e), de ses enfants ou des aînés. Le préjudice et la crainte vécus par les jeunes victimes d'intimidation peuvent aussi avoir des répercussions sur leurs relations d'adultes. Mais c'est peut-être la dynamique de destruction qui caractérise les relations fondées sur l'intimidation qui a les conséquences les plus graves, dans la mesure où les relations sont le fondement d'un développement sain et du bien-être tout au long de la vie. Qui plus est, la recherche sur l'intimidation a permis de déterminer l'existence d'un effet intergénérationnel : il est probable que les parents qui ont eu recours à l'intimidation dans l'enfance aient des enfants qui intimideront leurs camarades à leur tour (Farrington, 1993).

Se sentir en sécurité dans ses relations avec les autres est un droit fondamental (UNICEF, 2007). Tous les enfants et les adolescents ont le droit d'être en sécurité et à l'abri de l'intimidation. L'intimidation porte atteinte à la sécurité et au bien-être des enfants et des adolescents qui en sont victimes, de ceux qui intimident les autres et de ceux qui sont au courant de situations d'intimidation dans leur entourage. Lorsqu'il y a intimidation, tout le monde en souffre (l'enfant qui en est victime, ceux qui agressent et ceux qui sont au courant de situations d'intimidation autour d'eux ou qui en sont témoins), tous peuvent souffrir de manque d'estime de soi et de confiance en l'autre, ce qui se traduit au fil des ans par des relations malsaines qui risquent d'engendrer des problèmes de santé mentale, d'échecs scolaires ou professionnels et même de criminalité. En outre, les jeunes victimes d'intimidation risquent de souffrir d'anxiété, de dépression et de troubles somatiques (Due et coll., 2005). Les jeunes qui posent des actes d'intimidation et de harcèlement n'en sont pas pour autant à l'abri des séquelles : la recherche a démontré qu'ils risquent d'éprouver à long terme des problèmes liés à l'adoption d'un comportement antisocial, à l'adhésion à un gang et à la toxicomanie (Farrington et coll., 2011; Pepler et coll., 2008). Afin de prévenir ces répercussions défavorables à long terme, il est essentiel de favoriser le développement harmonieux de l'enfant et de protéger son bien-être.

Les bagarres constituent aussi un comportement qui a pour effet d'exposer les adolescents à de graves risques de blessures. Il est fréquent qu'une bagarre soit à l'origine de lésions corporelles nécessitant l'intervention d'un médecin. Certains chercheurs laissent entendre que les bagarres sont en fait un problème de comportement qui constitue un signe avant-coureur de délinquance et de comportement antisocial (Centers for Disease Control and Prevention, 2010).

Sur quoi le présent chapitre porte-t-il?

Pour évaluer l'incidence de l'intimidation et de la victimisation, nous avons établi qu'un jeune subit de l'intimidation lorsqu'un autre jeune ou un groupe de jeunes lui dit ou lui fait des choses déplaisantes et que l'intimidation peut aussi prendre la forme de taquineries répétitives et non appréciées par le jeune visé ainsi que d'isolement forcé. Nous avons toutefois précisé qu'une situation où deux jeunes de force égale se disputent ou même se bousculent ne constitue pas de l'intimidation, pas plus que le fait pour deux jeunes de se taquiner amicalement.

Nous avons demandé aux élèves combien de fois ils avaient été victimes d'intimidation à l'école au cours des deux derniers mois et à combien de reprises ils avaient pris part à des actes d'intimidation contre un ou des élèves au cours de la même période. Le choix de réponses offert était le suivant : jamais, une ou deux fois, deux ou trois fois par mois, environ une fois par semaine et plusieurs fois par semaine. Les élèves qui ont déclaré avoir été victimes d'intimidation une ou deux fois seulement au cours de la période visée ont été classés comme des victimes d'intimidation, ceux qui ont déclaré avoir pris part à des actes d'intimidation une ou deux fois au cours de la période visée ont été classés comme des auteurs d'actes d'intimidation (intimidateurs) et ceux qui ont rapporté à la fois avoir intimidé et avoir été victimes d'intimidation ont été classés comme des intimidateurs-victimes.

Nous avons aussi posé aux élèves des questions concernant les formes d'intimidation dont ils avaient été victimes. À cet égard nous avons étudié les sept types d'intimidation suivants : 1) physique : as-tu reçu des coups ou des gifles ou été bousculé(e), poussé(e) ou enfermé(e)? 2) verbale : as-tu reçu des insultes, a-t-on ri de toi ou as-tu été victime de taquineries déplaisantes? 3) indirecte : est-ce qu'on t'a empêché(e) de prendre part à une activité ou as-tu été mis(e) à l'écart des autres ou complètement ignoré(e)? 4) harcèlement sexuel : d'autres élèves ont-ils raconté des blagues ou fait des gestes ou des commentaires de nature sexuelle à ton sujet? 5) raciale : d'autres élèves ont-ils fait des remarques désobligeantes sur ta race ou la couleur de ta peau? 6) religieuse : d'autres élèves ont-ils fait des remarques désobligeantes sur ta religion? 7) électronique : as-tu été victime de harcèlement pendant que tu utilisais l'ordinateur, le courrier électronique ou le téléphone cellulaire?

Afin d'évaluer l'incidence des bagarres, nous avons demandé aux élèves combien de fois ils avaient pris part à une bataille au cours des 12 mois précédents, avec qui ils s'étaient bataillés, le nombre de jours où ils avaient porté une arme telle qu'une arme à feu, un couteau ou une massue au cours des 30 jours précédents et, le cas échéant, la sorte d'arme qu'ils avaient portée.

Dans le présent chapitre, nous examinons le pourcentage de jeunes que regroupait chacune des trois catégories mutuellement exclusives définies en 2010 : les jeunes qui intimidaient les autres, les jeunes qui étaient victimes d'intimidation et les jeunes qui en intimidaient d'autres mais qui étaient aussi victimes d'intimidation. À cette fin nous avons regroupé les réponses en trois catégories : une ou deux fois, une ou deux fois par mois, une fois par semaine ou plus. Nous rendons également compte des tendances qui se dégagent eu égard aux formes de victimisation et à la fréquence des bagarres, ainsi que des associations entre les indicateurs de la santé mentale (équilibre affectif, comportements prosociaux, problèmes affectifs, problèmes de comportement) et le fait d'intimider les autres, celui d'être victime d'intimidation et les bagarres. Nous nous efforçons d'éviter d'utiliser des étiquettes telles qu'intimidateur, victime et intimidateur-victime. Les comportements d'intimidation s'inscrivent dans le contexte relationnel et sont en partie fonction de la dynamique du groupe, plutôt que d'être uniquement attribuables aux caractéristiques des personnes en cause.

Le problème de l'intimidation au Canada

11.1 Incidence de l'intimidation dans les trois catégories d'intimidation, en 2002, 2006 et 2010 (%)

Figure 11.1 - Incidence de l'intimidation dans les trois catégories d'intimidation, en 2002, 2006 et 2010 (%)
[Texte équivalent, Figure 11.1]
11.1 Incidence de l'intimidation dans les trois catégories d'intimidation, en 2002, 2006 et 2010 (%)

La figure 11.1 montre l'incidence de l'intimidation dans les trois catégories d'intimidation, selon l'année du sondage et exprimée en pourcentage. Le graphique indique qu'en 2002, 20 % des élèves étaient victimes d'intimidation, 15 % des élèves étaient coupables d'intimidation et 43 % des élèves étaient à la fois victimes et coupables d'intimidation. En 2006, 20 % des élèves étaient victimes d'intimidation, 14 % des élèves étaient coupables d'intimidation et 40 % des élèves étaient à la fois victimes et coupables d'intimidation. En 2010, 22 % des élèves étaient victimes d'intimidation, 12 % des élèves étaient coupables d'intimidation et 41 % des élèves étaient à la fois victimes et coupables d'intimidation.

La figure 11.1 fait état de la prévalence de l'intimidation parmi les élèves regroupés dans chacune des trois catégories définies en 2002, 2006 et 2010. On y constate que les pourcentages d'élèves qui ont déclaré être victimes d'intimidation, avoir intimidé les autres et tant avoir été victimes d'intimidation qu'avoir pris part à des actes d'intimidation sont demeurés pour l'essentiel inchangés d'un cycle d'enquête à l'autre. Il est toutefois préoccupant de voir que près de 40 % des jeunes sont à la fois coupables et victimes d'intimidation dans la mesure où ces jeunes risquent davantage d'éprouver des difficultés d'ordre affectif, comportemental et physique. Il convient de noter que ces catégories sont mutuellement exclusives et représentent donc l'ensemble des élèves.

11.2 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation, selon l'année d'études, le sexe et la fréquence (%)

Figure 11.2 - Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation, selon l'année d'études, le sexe et la fréquence (%)
[Texte équivalent, Figure 11.2]
11.2 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation, selon l'année d'études, le sexe et la fréquence (%)

La figure 11.2 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation, selon l'année d'études, le sexe et la fréquence. Le graphique indique que 15 % des garçons de 6 e année ont été victimes d'intimidation à une ou deux occasions, par rapport à 12 % des garçons de 7 e année, 10 % des garçons de 8 e année, 10 % des garçons de 9 e année et 10 % des garçons de 10 e année. Une proportion de 4 % des garçons de 6 e année sont victimes d'intimidation une ou deux fois par mois, par rapport à 3 % des garçons de 7 e année, 1 % des garçons de 8 e année, 2 % des garçons de 9 e année et 2 % des garçons de 10 e année. Une proportion de 7 % des garçons de 6 e année sont victimes d'intimidation au moins une fois par semaine, par rapport à 6 % des garçons de 7 e année, 6 % des garçons de 8 e année, 3 % des garçons de 9 e année et 3 % des garçons de 10 e année. À la même question, 19 % des filles de 6 e année ont déclaré avoir été victimes d'intimidation à une ou deux occasions, par rapport à 17 % des filles de 7 e année, 14 % des filles de 8 e année, 16 % des filles de 9 e année et 15 % des filles de 10 e année. Une proportion de 4 % des filles de 6 e année sont victimes d'intimidation une ou deux fois par mois, par rapport à 5 % des filles de 7 e année, 3 % des filles de 8 e année, 3 % des filles de 9 e année et 3 % des filles de 10 e année. Une proportion de 8 % des filles de 6 e année sont victimes d'intimidation au moins une fois par semaine, par rapport à 7 % des filles de 7 e année, 5 % des filles de 8 e année, 4 % des filles de 9 e année et 5 % des filles de 10 e année.

De façon générale, le nombre de cas de victimisation signalés par les élèves diminue de la 6e à la 10e année (figure 11.2). Le pourcentage d'élèves, toutes années d'études confondues, ayant déclaré avoir été maltraités environ une fois ou deux au cours des mois précédents était assez uniforme, les filles étant plus nombreuses que les garçons à déclarer avoir été occasionnellement victimes d'intimidation, tandis que le pourcentage d'élèves ayant déclaré avoir été fréquemment victimes d'intimidation (au moins une fois par semaine) était relativement similaire chez les garçons et chez filles. Ce pourcentage s'établissait entre 3 et 8 %, mais il était plus élevé chez les élèves plus jeunes que chez les plus âgés.

11.3 Élèves ayant déclaré avoir intimidé d'autres élèves, selon l'année d'études, le sexe et la fréquence (%)

Figure 11.3 - Élèves ayant déclaré avoir intimidé d'autres élèves, selon l'année d'études, le sexe et la fréquence (%)
[Texte équivalent, Figure 11.3]
11.3 Élèves ayant déclaré avoir intimidé d'autres élèves, selon l'année d'études, le sexe et la fréquence (%)

La figure 11.3 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré avoir intimidé d'autres élèves, selon l'année d'étude, le sexe et la fréquence. Le graphique indique que 7 % des garçons de 6 e année ont intimidé d'autres élèves à une ou deux occasions, par rapport à 11 % des garçons de 7 e année, 13 % des garçons de 8 e année, 12 % des garçons de 9 e année et 14 % des garçons de 10 e année. Une proportion de 1 % des garçons de 6 e année intimident d'autres élèves une ou deux fois par mois, par rapport à 1 % des garçons de 7 e année, 2 % des garçons de 8 e année, 2 % des garçons de 9 e année et 3 % des garçons de 10 e année. Une proportion de 1 % des garçons de 6 e année intimident d'autres élèves au moins une fois par semaine, par rapport à 2 % des garçons de 7 e année, 3 % des garçons de 8 e année, 4 % des garçons de 9 e année et 4 % des garçons de 10 e année. À la même question, 5 % des filles de 6 e année déclarent qu'elles ont intimidé d'autres élèves à une ou deux occasions, par rapport à 6 % des filles de 7 e année, 9 % des filles de 8 e année, 8 % des filles de 9 e année et 9 % des filles de 10 e année. Une proportion de 1 % des filles de 6 e année intimident d'autres élèves une ou deux fois par mois, par rapport à 1 % des filles de 7 e année, 1 % des filles de 8 e année, 1 % des filles de 9 e année et 1 % des filles de 10 e année. Une proportion de 1 % des filles de 6 e année intimident d'autres élèves au moins une fois par semaine, par rapport à 1 % des filles de 7 e année, 1 % des filles de 8 e année, 1 % des filles de 9 e année et 1 % des filles de 10 e année.

Le pourcentage d'élèves qui ont déclaré avoir intimidé les autres allait en augmentant de 6e à la 10e année (figure 11.3). Les garçons ont été plus nombreux que les filles à déclarer avoir intimidé les autres, que ce soit de façon occasionnelle ou fréquente. Chez les garçons, ce pourcentage atteignait un sommet de 21 % en 10e année, tandis que, chez les filles, il augmentait pour atteindre un sommet de 11 % en 8e année et se maintenir à ce niveau en 9e et en 10e année. Comme dans le cas de la victimisation, la majorité des élèves ont indiqué qu'ils ne se livraient pas souvent à des actes d'intimidation. Toutefois, une faible minorité d'élèves (de 1 à 4 %) ont déclaré qu'ils manifestaient régulièrement ce type de comportement agressif (au moins une fois par semaine).

La tendance selon laquelle le pourcentage d'élève qui déclarent se livrer à des actes d'intimidation irait en augmentant du niveau intermédiaire au niveau secondaire tandis que celui des élèves qui déclarent avoir été victimes de tels actes diminuerait est confirmée par d'autres données de recherche (Due et coll., 2005; Smith, Madsen et Moody, 1999). Les taux de victimisation déclarés ont tendance à être plus élevés chez les élèves plus jeunes que chez les adolescents plus âgés (Brown, Birch et Kancherla, 2005), différentes formes d'intimidation se manifestant alors que les jeunes atteignent la puberté, vivent des changements scolaires et développent leurs aptitudes sociales, changements qui sont tous l'occasion d'interactions tant positives que négatives (Smith et coll., 1999).

11.4 Élèves ayant déclaré avoir intimidé d'autres élèves et être eux-mêmes également victimes d'intimidation, selon l'année d'études et le sexe (%)

Figure 11.4 - Élèves ayant déclaré avoir intimidé d'autres élèves et être eux-mêmes également victimes d'intimidation, selon l'année d'études et le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.4]
11.4 Élèves ayant déclaré avoir intimidé d'autres élèves et être eux-mêmes également victimes d'intimidation, selon l'année d'études et le sexe (%)

La figure 11.4 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré être à la fois coupables et victimes d'intimidation, selon l'année d'études et le sexe. Le graphique indique que 42 % des garçons de 6 e année déclarent être à la fois coupables et victimes d'intimidation, par rapport à 41 % des garçons de 7 e année, 42 % des garçons de 8 e année, 41 % des garçons de 9 e année et 37 % des garçons de 10 e année. À la même question, 38 % des filles de 6 e année déclarent être à la fois coupables et victimes d'intimidation, par rapport à 40 % des filles de 7 e année, 47 % des filles de 8 e année, 45 % des filles de 9 e année et 40 % des filles de 10 e année.

Un nombre élevé d'élèves de l'échantillon de l'Enquête HBSC ont déclaré qu'ils étaient à la fois coupables et victimes d'intimidation (figure 11.4).

Chez les garçons, le pourcentage d'élèves à la fois coupables et victimes d'intimidation était relativement constant d'une année d'études à l'autre, diminuant légèrement en 10e année et prenant une valeur moyenne de 40,6 %. Chez les filles, ce pourcentage atteignait un sommet en 8e année (47 %), pour ensuite diminuer en 9e et 10e années. Le pourcentage d'élèves à la fois coupables et victimes d'intimidation était plus élevé chez les garçons que chez les filles en 6e année, mais plus élevé chez les filles que chez les garçons dans les années d'études supérieures (8e, 9e et 10e années).

Les tactiques d'intimidation chez les jeunes

Les figures 11.5 à 11.11 présentent des données seulement pour les élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation.

11.5 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation et s'être fait taquiner de façon déplaisante, selon l'année d'études et le sexe (%)

Figure 11.5 - Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation et s'être fait taquiner de façon déplaisante, selon l'année d'études et le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.5]
11.5 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation et s'être fait taquiner de façon déplaisante, selon l'année d'études et le sexe (%)

La figure 11.5 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré s'être fait taquiner de façon déplaisante, selon l'année d'études et le sexe, parmi ceux qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation. Le graphique indique que 66 % des garçons de 6 e année déclarent s'être fait taquiner de façon déplaisante, par rapport à 64 % des garçons de 7 e année, 70 % des garçons de 8 e année, 67 % des garçons de 9 e année et 62 % des garçons de 10 e année. À la même question, 63 % des filles de 6 e année déclarent s'être fait taquiner de façon déplaisante, par rapport à 64 % des filles de 7 e année, 66 % des filles de 8 e année, 57 % des filles de 9 e année et 52 % des filles de 10 e année.

11.6 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation indirecte, selon l'année d'études et le sexe (%)

Figure 11.6 - Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation indirecte, selon l'année d'études et le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.6]
11.6 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation indirecte, selon l'année d'études et le sexe (%)

La figure 11.6 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation indirecte, selon l'année d'études et le sexe, parmi ceux qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation. Le graphique indique que, parmi les garçons qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 65 % des garçons de 6 e année ont été victimes d'intimidation indirecte, par rapport à 59 % des garçons de 7 e année, 54 % des garçons de 8 e année, 54 % des garçons de 9 e année et 53 % des garçons de 10 e année. Parmi les filles qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 76 % des filles de 6 e année ont été victimes d'intimidation indirecte, par rapport à 71 % des filles de 7 e année, 69 % des filles de 8 e année, 71 % des filles de 9 e année et 68 % des filles de 10 e année.

L'intimidation épouse bien des formes, les deux plus courantes étant les taquineries (figure 11.5) et l'intimidation indirecte sous forme d'exclusion et de mensonges racontés à propos du jeune victimisé (figure 11.6). Les garçons ont été plus nombreux que les filles à signaler qu'ils avaient été victimes de taquineries en 2010, surtout au sein des années d'études supérieures; mais, dans l'ensemble, toutes années d'études confondues, plus de la moitié des garçons et des filles victimes d'intimidation ont déclaré avoir été victimes de taquineries. En revanche, les filles ont été plus nombreuses à déclarer avoir été victimes d'intimidation indirecte (figure 11.6), le pourcentage correspondant diminuant de la 6e à la 7e année (pour descendre de 76 à 71 %), pour rester ensuite relativement stable jusqu'à la 10e année (68 à 71 %). Par contraste, le pourcentage de garçons qui ont déclaré avoir été victimes d'intimidation indirecte diminuait de la 6e à la 10e année, pour descendre de 65 à 53 %. Le pourcentage de garçons victimes de cette forme d'intimidation va donc en diminuant avec l'âge.

11.7 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation qui disent qu'on les a agressés physiquement, selon l'année d'études et le sexe (%)

Figure 11.7 - Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation qui disent qu'on les a agressés physiquement, selon l'année d'études et le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.7]
11.7 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation qui disent qu'on les a agressés physiquement, selon l'année d'études et le sexe (%)

La figure 11.7 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré qu'on les agressés physiquement, selon l'année d'études et le sexe, parmi ceux qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation. Le graphique indique que, parmi les garçons qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 41 % des garçons de 6 e année ont été agressés physiquement, par rapport à 39 % des garçons de 7 e année, 36 % des garçons de 8 e année, 31 % des garçons de 9 e année et 31 % des garçons de 10 e année. Parmi les filles qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 24 % des filles de 6 e année ont été agressées physiquement, par rapport à 22 % des filles de 7 e année, 18 % des filles de 8 e année, 14 % des filles de 9 e année et 12 % des filles de 10 e année.

La figure 11.7 montre qu'un plus grand nombre de garçons ont déclaré avoir été agressés physiquement (jusqu'à 41 %) en 2010. Le pourcentage d'élèves ayant déclaré avoir été victimes d'agression physique allait toutefois en diminuant de la 6e à la 10e année, tant chez les garçons que chez les filles.

11.8 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation qui disent avoir été victimes de harcèlement sexuel, selon l'année d'études et le sexe (%)

Figure 11.8 - Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation qui disent avoir été victimes de harcèlement sexuel, selon l'année d'études et le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.8]
11.8 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation qui disent avoir été victimes de harcèlement sexuel, selon l'année d'études et le sexe (%)

La figure 11.8 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel, selon l'année d'études et le sexe, parmi ceux qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation. Le graphique indique que, parmi les garçons qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 35 % des garçons de 6 e année ont été victimes de harcèlement sexuel, par rapport à 31 % des garçons de 7 e année, 33 % des garçons de 8 e année, 34 % des garçons de 9 e année et 38 % des garçons de 10 e année. Parmi les filles qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 28 % des filles de 6 e année ont été victimes de harcèlement sexuel, par rapport à 35 % des filles de 7 e année, 39 % des filles de 8 e année, 43 % des filles de 9 e année et 45 % des filles de 10 e année.

Le pourcentage d'élèves qui ont déclaré des incidents de harcèlement sexuel augmente avec l'âge chez les filles, pour passer de 28 % en 6e année à 45 % en 10e année, tandis que, chez les garçons, il augmente légèrement pour passer de 31 % en 7e année à 38 % en 10e année. Les filles ont été plus nombreuses que les garçons à déclarer des incidents de harcèlement sexuel au sein de toutes les années d'études sauf la 6e année pour laquelle les garçons ont été plus nombreux à déclarer de tels incidents.

Je crois que la forme d'intimidation actuellement la plus répandue est la cyberintimidation, parce que les jeunes pensent qu'ils ne peuvent pas se faire prendre.

—Un jeune, Atelier de discussion sur la santé

11.9 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation fondée sur la race, selon l'année d'études et le sexe (%)

Figure 11.9 - Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation fondée sur la race, selon l'année d'études et le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.9]
11.9 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation fondée sur la race, selon l'année d'études et le sexe (%)

La figure 11.9 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation fondée sur la race, selon l'année d'études et le sexe, parmi ceux qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation. Le graphique indique que, parmi les garçons qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 18 % des garçons de 6 e année ont été victimes d'intimidation fondée sur la race, par rapport à 18 % des garçons de 7 e année, 22 % des garçons de 8 e année, 22 % des garçons de 9 e année et 24 % des garçons de 10 e année. Parmi les filles qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 16 % des filles de 6 e année ont été victimes d'intimidation fondée sur la race, par rapport à 15 % des filles de 7 e année, 13 % des filles de 8 e année, 12 % des filles de 9 e année et 13 % des filles de 10 e année.

11.10 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation fondée sur la religion, selon l'année d'études et le sexe (%)

Figure 11.10 - Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation fondée sur la religion, selon l'année d'études et le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.10]
11.10 Élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation fondée sur la religion, selon l'année d'études et le sexe (%)

La figure 11.10 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré avoir été victimes d'intimidation fondée sur la religion, selon l'année d'études et le sexe, parmi ceux qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation. Le graphique indique que, parmi les garçons qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 14 % des garçons de 6 e année ont été victimes d'intimidation fondée sur la race, par rapport à 12 % des garçons de 7 e année, 15 % des garçons de 8 e année, 15 % des garçons de 9 e année et 15 % des garçons de 10 e année. Parmi les filles qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 14 % des filles de 6 e année ont été victimes d'intimidation fondée sur la religion, par rapport à 12 % des filles de 7 e année, 10 % des filles de 8 e année, 8 % des filles de 9 e année et 8 % des filles de 10 e année.

La prévalence de l'intimidation fondée sur la race et la religion était moins élevée que celle de tous les autres types d'intimidation (figures 11.9 et 11.10), variant de 8 à 24 %. Toutes années d'études confondues, les garçons ont été plus nombreux que les filles à déclarer des actes d'intimidation fondée sur la race, et ils ont été beaucoup plus nombreux que les filles à déclarer des actes d'intimidation fondée sur la religion parmi les élèves de la 8e à la 10e année. Le pourcentage de garçons qui ont déclaré des actes d'intimidation fondée sur la race passait de 18 % en 6e année à 24 % en 10e année, tandis que le pourcentage de filles qui ont déclaré avoir été victimes d'actes d'intimidation fondée sur la race descendait de 16 % en 6e année à 13 % en 10e année. Le pourcentage de garçons déclarant des actes d'intimidation fondée sur la religion demeurait relativement constant d'une année d'études à l'autre, tandis que le pourcentage de filles déclarant ce type d'intimidation descendait de 14 % en 6e année à 8 % en 10e année.

11.11 Élèves ayant déclaré avoir été victimes de cyberintimidation, selon l'année d'études et le sexe (%)

Figure 11.11 - Élèves ayant déclaré avoir été victimes de cyberintimidation, selon l'année d'études et le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.11]
11.11 Élèves ayant déclaré avoir été victimes de cyberintimidation, selon l'année d'études et le sexe (%)

La figure 11.11 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré avoir été victimes de cyberintimidation, selon l'année d'études et le sexe, parmi ceux qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation. Le graphique indique que, parmi les garçons qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 11 % des garçons de 6 e année ont été victimes de cyberintimidation, par rapport à 12 % des garçons de 7 e année, 13 % des garçons de 8 e année, 15 % des garçons de 9 e année et 19 % des garçons de 10 e année. Parmi les filles qui ont affirmé avoir été victimes d'intimidation, 17 % des filles de 6 e année ont été victimes de cyberintimidation, par rapport à 19 % des filles de 7 e année, 18 % des filles de 8 e année, 19 % des filles de 9 e année et 19 % des filles de 10 e année.

Le questionnaire de l'Enquête HBSC comportait une question sur la cyberintimidation ou le harcèlement électronique (p. ex., sur les sites de réseautage social), à l'aide notamment d'un ordinateur, du courrier électronique, de photos numériques ou du téléphone cellulaire. Bien que les pourcentages relevés toutes années d'études confondues aient été faibles tant chez les garçons que chez les filles, les filles ont déclaré être plus souvent victimes de cyberintimidation que les garçons parmi les élèves de la 6e à la 9e année (figure 11.11). La prévalence du harcèlement électronique restait relativement constante d'une année à l'autre chez les filles (variant entre 17 et 19 %), mais augmentait légèrement chez les garçons pour passer de 11 % en 6e année à 19 % en 10e année.

Les bagarres

Fréquence des bagarres chez les jeunes

11.12 Nombre de fois où les élèves ont pris part à une bataille au cours des 12 mois précédents, selon l'année d'études et le sexe, en 2002, 2006 et 2010 (%)

Figure 11.12 - Nombre de fois où les élèves ont pris part à une bataille au cours des 12 mois précédents, selon l'année d'études et le sexe, en 2002, 2006 et 2010 (%)
[Texte équivalent, Figure 11.12]
11.12 Nombre de fois où les élèves ont pris part à une bataille au cours des 12 mois précédents, selon l'année d'études et le sexe, en 2002, 2006 et 2010 (%)

La figure 11.12 montre le nombre de fois où les élèves ont pris part à une bagarre au cours des 12 derniers mois, selon l'année d'études, le sexe et l'année d'études et exprimé en pourcentage. Le graphique indique que 21 % des garçons de 6 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à une bagarre, par rapport à 22 % en 2006 et à 24 % en 2010. Une proportion de 11 % des garçons de 6 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à deux bagarres, par rapport à 16 % en 2006 et à 13 % en 2010. Une proportion de 21 % des garçons de 6 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à au moins trois bagarres, par rapport à 26 % en 2006 et à 19 % en 2010. Une proportion de 22 % des garçons de 8 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à une bagarre, par rapport à 22 % en 2006 et à 21 % en 2010. Une proportion de 11 % des garçons de 8 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à deux bagarres, par rapport à 12 % en 2006 et à 11 % en 2010. Une proportion de 13 % des garçons de 8 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à au moins trois bagarres, par rapport à 19 % en 2006 et à 16 % en 2010. Une proportion de 23 % des garçons de 10 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à une bagarre, par rapport à 22 % en 2006 et à 17 % en 2010. Une proportion de 9 % des garçons de 10 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à deux bagarres, par rapport à 10 % en 2006 et à 10 % en 2010. Une proportion de 11 % des garçons de 10 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à au moins trois bagarres, par rapport à 12 % en 2006 et à 13 % en 2010.

À la même question, une proportion de 14 % des filles de 6 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à une bagarre, par rapport à 17 % en 2006 et à 13 % en 2010. Une proportion de 4 % des filles de 6 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à deux bagarres, par rapport à 7 % en 2006 et à 5 % en 2010. Une proportion de 6 % des filles de 6 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à au moins trois bagarres, par rapport à 11 % en 2006 et à 8 % en 2010. Une proportion de 12 % des filles de 8 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à une bagarre, par rapport à 13 % en 2006 et à 13 % en 2010. Une proportion de 6 % des filles de 8 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à deux bagarres, par rapport à 8 % en 2006 et à 5 % en 2010. Une proportion de 9 % des filles de 8 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à au moins trois bagarres, par rapport à 12 % en 2006 et à 6 % en 2010. Une proportion de 13 % des filles de 10 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à une bagarre, par rapport à 11 % en 2006 et à 9 % en 2010. Une proportion de 5 % des filles de 10 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à deux bagarres, par rapport à 4 % en 2006 et à 5 % en 2010. Une proportion de 6 % des filles de 10 e année ont déclaré en 2002 avoir participé à au moins trois bagarres, par rapport à 7 % en 2006 et à 5 % en 2010.

À l'instar de l'intimidation, les bagarres constituent une forme extrême d'agression et doivent retenir notre attention. La figure 11.12 montre que le nombre de batailles impliquant des élèves semble avoir atteint un sommet en 2006, même si ce nombre était toujours plus élevé en 2010 qu'il ne l'était en 2002. Toutes années d'études confondues, beaucoup plus de garçons que de filles ont déclaré qu'ils avaient participé à une bataille. Par ailleurs, ce type de comportement s'atténuait avec l'âge dans le cas des garçons tandis que sa prévalence se maintenait davantage chez les filles. Même si, toutes années d'études confondues, la prévalence des batailles a diminué en 2010, une proportion élevée d'élèves ont été impliqués dans des batailles au cours des 12 derniers mois.

Les jeunes qui prennent part à des bagarres peuvent être blessés de bien des façons.

—Un jeune, Atelier de discussion sur la santé

Intimidation et santé mentale

L'intimidation et la victimisation ont une incidence sur plusieurs indicateurs de la santé mentale pour toutes les parties en cause, que ce soit comme agresseurs, comme agressés ou les deux. Comme l'intimidation peut prendre de nombreuses formes, ses conséquences peuvent se limiter aux lésions corporelles, mais aussi causer un préjudice social et psychologique pouvant rendre plus fragile sur le plan de la santé mentale pour le reste de la vie.

Les jeunes à la fois coupables et victimes d'intimidation étaient plus nombreux à éprouver des problèmes affectifs (34 % chez les garçons et 51 % chez les filles; figure 11.13) et des problèmes de comportement (47 % chez les garçons et 39% chez les filles; figure 11.14), venant au premier rang pour le taux de prévalence des problèmes affectifs et au second pour celui des problèmes de comportement. Ce qui laisse supposer que la corrélation négative entre l'intimidation et ces indicateurs de la santé mentale varie selon la catégorie de jeunes considérée, les jeunes à la fois coupables et victimes d'intimidation courant un risque particulièrement élevé d'avoir des problèmes affectifs et des problèmes de comportement.

11.13 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes affectifs, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%) 1

Figure 11.13 - Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes affectifs, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%) *
[Texte équivalent, Figure 11.13]
11.13 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes affectifs, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%) *

La figure 11.13 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes affectifs, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe. Le graphique indique que 13 % des garçons qui ne sont ni coupables ni victimes d'intimidation déclarent un niveau élevé de problèmes affectifs, par rapport à 18 % chez les garçons qui sont coupables d'intimidation, à 30 % chez les garçons qui sont victimes d'intimidation et à 34 % chez les garçons qui sont à la fois coupables et victimes d'intimidation. À la même question, 20 % des filles qui ne sont ni coupables ni victimes d'intimidation déclarent un niveau élevé de problèmes affectifs, par rapport à 22 % chez les filles qui sont coupables d'intimidation, à 42 % chez les filles qui sont victimes d'intimidation et à 51 % chez les filles qui sont à la fois coupables et victimes d'intimidation.

* 13 % des garçons ayant déclaré être ni coupables ni victimes d'intimidation déclarent des niveaux relativement élevés de problèmes affectifs, comparativement à 20 % des filles qui se déclarent ni coupables ni victimes d'intimidation. On trouvera au chapitre 1 une explication complète sur comment il faut interpréter les figures portant sur la santé mentale.

La figure 11.13 présente le lien entre les problèmes affectifs et différents types de participation à des actes d'intimidation. Les jeunes qui ne sont ni coupables ni victimes d'intimidation sont ceux qui affichent le niveau le moins élevé de problèmes affectifs. En général, les filles déclarent un niveau plus élevé de problèmes affectifs que les garçons. Les jeunes qui sont victimes d'intimidation ont tendance à déclarer un niveau plus élevé de problèmes affectifs (30 % des garçons et 42 % des filles). Il existe une nette corrélation entre l'intimidation et ces problèmes de santé affective.

11.14 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes de comportement, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%)

Figure 11.14 - Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes de comportement, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.14]
11.14 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes de comportement, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%)

La figure 11.14 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes de comportement, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe. Le graphique indique que 28 % des garçons qui ne sont ni coupables ni victimes d'intimidation déclarent un niveau élevé de problèmes de comportement, par rapport à 48 % chez les garçons qui sont coupables d'intimidation, à 25 % chez les garçons qui sont victimes d'intimidation et à 47 % chez les garçons qui sont à la fois coupables et victimes d'intimidation. À la même question, 21 % des filles qui ne sont ni coupables ni victimes d'intimidation déclarent un niveau élevé de problèmes de comportement, par rapport à 42 % chez les filles qui sont coupables d'intimidation, à 18 % chez les filles qui sont victimes d'intimidation et à 39 % chez les filles qui sont à la fois coupables et victimes d'intimidation.

La figure 11.14 présente le lien entre les problèmes de comportement et différents types de participation à des actes d'intimidation. Les jeunes qui ne sont ni coupables ni victimes d'intimidation sont ceux qui affichent le niveau le plus faible de problèmes de comportement, tandis que ceux qui sont coupables de tels actes sont ceux qui déclarent le niveau le plus élevé de problèmes de comportement (48 % des garçons et 42 % des filles). Les garçons ont déclaré un niveau plus élevé de problèmes de comportement que les filles.

11.15 Élèves ayant déclaré un niveau élevé d'équilibre affectif, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%)

Figure 11.15 - Élèves ayant déclaré un niveau élevé d'équilibre affectif, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.15]
11.15 Élèves ayant déclaré un niveau élevé d'équilibre affectif, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%)

La figure 11.15 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré un niveau élevé d'équilibre affectif, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe. Le graphique indique que 53 % des garçons qui ne sont ni coupables ni victimes d'intimidation déclarent un niveau élevé d'équilibre affectif, par rapport à 49 % chez les garçons qui sont coupables d'intimidation, à 43 % chez les garçons qui sont victimes d'intimidation et à 35 % chez les garçons qui sont à la fois coupables et victimes d'intimidation. À la même question, 46 % des filles qui ne sont ni coupables ni victimes d'intimidation déclarent un niveau élevé d'équilibre affectif, par rapport à 36 % chez les filles qui sont coupables d'intimidation, à 33 % chez les filles qui sont victimes d'intimidation et à 24 % chez les filles qui sont à la fois coupables et victimes d'intimidation.

Le fait d'être victime d'intimidation te donne le sentiment de n'être bon à rien, tu en viens à croire ce que l'agresseur te dit ... cela peut mener au suicide.

—Un jeune, Atelier de discussion sur la santé

Du côté positif, ce sont les jeunes qui n'ont été ni coupables ni victimes d'intimidation qui ont déclaré le plus haut niveau d'équilibre affectif, tant chez les garçons que chez les filles (figure 11.15). Les jeunes coupables d'intimidation affichaient eux aussi un niveau plus élevé d'équilibre affectif que ceux qui en ont été victimes ou que ceux qui en ont à la fois été coupables et victimes. Ce sont les jeunes qui ont été à la fois coupables et victimes d'intimidation qui affichaient le niveau le moins élevé d'équilibre affectif, tant chez les garçons que chez les filles. En général, les filles affichaient un niveau moins élevé d'équilibre affectif que les garçons. Ces données laissent supposer que le fait d'être victime d'intimidation a une incidence négative sur le niveau d'équilibre affectif, cette incidence étant plus marquée dans le cas des jeunes qui sont à la fois coupables et victimes d'intimidation.

11.16 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de comportements prosociaux, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%)

Figure 11.16 - Élèves ayant déclaré un niveau élevé de comportements prosociaux, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.16]
11.16 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de comportements prosociaux, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe (%)

La figure 11.16 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré un niveau élevé de comportements prosociaux, selon la participation à des actes d'intimidation et selon le sexe. Le graphique indique que 32 % des garçons qui ne sont ni coupables ni victimes d'intimidation déclarent un niveau élevé de comportements prosociaux, par rapport à 24 % chez les garçons qui sont coupables d'intimidation, à 37 % chez les garçons qui sont victimes d'intimidation et à 26 % chez les garçons qui sont à la fois coupables et victimes d'intimidation. À la même question, 46 % des filles qui ne sont ni coupables ni victimes d'intimidation déclarent un niveau élevé de comportements prosociaux, par rapport à 39 % chez les filles qui sont coupables d'intimidation, à 51 % chez les filles qui sont victimes d'intimidation et à 41 % chez les filles qui sont à la fois coupables et victimes d'intimidation.

Les deux groupes de jeunes ayant déclaré le niveau le plus élevé de comportements prosociaux ont été ceux qui n'avaient pas participé à des actes d'intimidation et ceux qui avaient été victimes d'intimidation, les filles étant celles qui affichaient le plus grand nombre de ces comportements (figure 11.16). Parmi les jeunes ayant participé à des actes d'intimidation, ce sont les jeunes qui avaient été victimes d'intimidation qui affichaient le niveau le plus élevé de comportements prosociaux. Les jeunes s'étant livrés à des actes d'intimidation et les jeunes à la fois coupables et victimes d'intimidation étaient ceux qui affichaient le niveau le moins élevé de comportements prosociaux.

Bien que les jeunes n'étant ni coupables ni victimes d'intimidation aient indiqué un niveau élevé de comportements prosociaux, ce sont ceux ayant été victimes d'intimidation qui en ont indiqué le niveau le plus élevé. Il est possible que ces jeunes ait tendance à adopter une attitude davantage prosociale envers les autres du fait qu'ils savent ce que l'on ressent quand on est victime d'intimidation ou encore que leur comportement prosocial ait malheureusement pour effet de les rendre vulnérables à l'intimidation et au harcèlement. Il existe clairement un lien entre les résultats positifs quant aux comportements prosociaux et l'intimidation, où on constate le plus faible taux de comportements prosociaux chez les élèves qui déclarent s'être livrés à des actes d'intimidation.

Les bagarres et la santé mentale

11.17 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes affectifs, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)

Figure 11.17 - Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes affectifs, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.17]
11.17 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes affectifs, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)

La figure 11.17 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes affectifs, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe. Le graphique indique que 22 % des garçons qui n'ont jamais participé à une bagarre déclarent un niveau élevé de problèmes affectifs, par rapport à 26 % chez les garçons qui ont participé à une ou deux bagarres et à 37 % chez les garçons qui ont participé à au moins trois bagarres. À la même question, 35 % des filles qui n'ont jamais participé à une bagarre ont déclaré un niveau élevé de problèmes affectifs, par rapport à 53 % chez les filles qui ont participé à une ou deux bagarres et à 61 % chez les filles qui ont participé à au moins trois bagarres.

La figure 11.17 présente les pourcentages d'élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes affectifs selon la fréquence de participation à des batailles. On y voit que ce pourcentage augmente avec la fréquence de participation à des batailles, tant chez les garçons que chez les filles. Comme dans le cas de l'intimidation, les filles ont déclaré un niveau plus élevé de problèmes affectifs que les garçons quelle que soit la fréquence de participation à des batailles.

11.18 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes de comportement, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)

Figure 11.18 - Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes de comportement, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.18]
11.18 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes de comportement, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)

La figure 11.18 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré un niveau élevé de problèmes de comportement, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe. Le graphique indique que 28 % des garçons qui n'ont jamais participé à une bagarre déclarent un niveau élevé de problèmes de comportement, par rapport à 43 % chez les garçons qui ont participé à une ou deux bagarres et à 65 % chez les garçons qui ont participé à au moins trois bagarres. À la même question, 24 % des filles qui n'ont jamais participé à une bagarre ont déclaré un niveau élevé de problèmes de comportement, par rapport à 47 % chez les filles qui ont participé à une ou deux bagarres et à 68 % chez les filles qui ont participé à au moins trois bagarres.

Le pourcentage de jeunes déclarant un niveau élevé de problèmes de comportement augmentait nettement en fonction de la fréquence de participation à des batailles au cours des 12 derniers mois (figure 11.18). Parmi les élèves ayant déclaré avoir pris part à au moins une bataille, les filles étaient proportionnellement plus nombreuses que les garçons à déclarer un niveau élevé de problèmes de comportement.

11.19 Élèves ayant déclaré un niveau élevé d'équilibre affectif, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)

Figure 11.19 - Élèves ayant déclaré un niveau élevé d'équilibre affectif, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.19]
11.19 Élèves ayant déclaré un niveau élevé d'équilibre affectif, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)

La figure 11.19 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré un niveau élevé d'équilibre affectif, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe. Le graphique indique que 44 % des garçons qui n'ont jamais participé à une bagarre déclarent un niveau élevé d'équilibre affectif, par rapport à 42 % chez les garçons qui ont participé à une ou deux bagarres et à 41 % chez les garçons qui ont participé à au moins trois bagarres. À la même question, 34 % des filles qui n'ont jamais participé à une bagarre ont déclaré un niveau élevé d'équilibre affectif, par rapport à 22 % chez les filles qui ont participé à une ou deux bagarres et à 26 % chez les filles qui ont participé à au moins trois bagarres.

Ceux qui prennent part à des bagarres n'ont pas de bons résultats scolaires, n'ont pas de vrais amis ... ils mènent une mauvaise vie.

—Un jeune, Atelier de discussion sur la santé

Conformément aux données dont il est fait état dans la section sur l'intimidation, les jeunes n'ayant pris part à aucune bataille avaient de façon générale tendance à afficher une meilleure santé mentale que ceux ayant pris part à une bataille ou plus (figure 11.19). Le pourcentage de garçons affichant un niveau élevé d'équilibre affectif était relativement stable, variant de 44 % chez les garçons n'ayant pris part à aucune bataille à 41 % chez ceux ayant pris part à trois batailles ou plus. En revanche, chez les filles, ce pourcentage était le plus élevé (tout en étant plus faible que celui enregistré pour tous les garçons) chez celles n'ayant jamais pris part à une bataille, puis chez celles ayant pris part à trois batailles ou plus et, enfin, chez celles ayant pris part à une ou deux batailles. Ces données laissent supposer que la relation entre l'équilibre affectif et la participation à des batailles n'est pas aussi directe pour les filles que pour les garçons.

11.20 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de comportements prosociaux, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)

Figure 11.20 - Élèves ayant déclaré un niveau élevé de comportements prosociaux, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)
[Texte équivalent, Figure 11.20]
11.20 Élèves ayant déclaré un niveau élevé de comportements prosociaux, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe (%)

La figure 11.20 montre le pourcentage des élèves ayant déclaré un niveau élevé de comportements prosociaux, selon la fréquence de participation à des bagarres et selon le sexe. Le graphique indique que 31 % des garçons qui n'ont jamais participé à une bagarre déclarent un niveau élevé de comportements prosociaux, par rapport à 27 % chez les garçons qui ont participé à une ou deux bagarres et à 28 % chez les garçons qui ont participé à au moins trois bagarres. À la même question, 46 % des filles qui n'ont jamais participé à une bagarre ont déclaré un niveau élevé de comportements prosociaux, par rapport à 40 % chez les filles qui ont participé à une ou deux bagarres et à 37 % chez les filles qui ont participé à au moins trois bagarres.

Pour ce qui concerne les comportements prosociaux, il semble se dégager une tendance chez les filles. Nous avons constaté que les filles qui ont le plus souvent pris part à des batailles affichent un niveau moins élevé de comportements prosociaux (figure 11.20). Par ailleurs, il ressort des données que les garçons qui ont le plus souvent pris part à des batailles déclarent un niveau plus élevé de comportements prosociaux que ceux qui n'y ont pris part qu'à une ou deux reprises. Le pourcentage de garçons déclarant un niveau élevé de comportements prosociaux était relativement stable, variant de 31 % chez ceux n'ayant pris part à aucune bataille à 28 % chez ceux ayant pris part à trois batailles ou plus, ce qui laisse supposer que la corrélation entre les comportements prosociaux et la participation à des batailles n'est pas aussi étroite chez les garçons qu'elle semble l'être chez les filles.

Réactions des jeunes face aux résultats

Il ressort des commentaires recueillis dans le cadre de l'atelier de discussion que les jeunes comprennent les conséquences que peut avoir le fait d'être victime d'intimidation, de se livrer à des actes d'intimidation sur les autres et (ou) de participer à des bagarres. Ils ont clairement indiqué estimer que ces formes de comportement agressif et antisocial ont de graves conséquences pour la santé mentale, les résultats scolaires et la capacité d'établir des relations harmonieuses, et qu'elles ont pour effet d'accroître le risque de problèmes futurs ou de blessure.

Il est important que les jeunes reconnaissent les graves conséquences de la participation à des actes d'intimidation et à des bagarres. Premièrement, ceci témoigne de leur compréhension des effets que peut avoir l'intimidation à long terme (Farrington et Ttofi, 2011, Pepler et coll., 2008). Deuxièmement, ceci souligne la nécessité de prendre des mesures plus efficaces pour lutter contre l'intimidation et les bagarres. L'intimidation est un problème relationnel caractérisé par la domination. Les jeunes doivent pouvoir compter sur un soutien indéfectible des adultes pour rompre ce lien de domination et s'assurer que l'intimidation cesse, de façon à en prévenir les éventuelles conséquences néfastes. Troisièmement, la compréhension qu'ont les jeunes du problème ne semble pas avoir d'effet sur l'attitude qu'ils adoptent lorsqu'ils sont témoins d'actes d'intimidation. Par conséquent, étant donné que les jeunes comprennent le problème et s'en préoccupent, il nous faut les mobiliser plus efficacement aux fins de la lutte contre l'intimidation parce qu'ils sont témoins des actes d'intimidation (Craig et Pepler, 1997) et qu'ils sont efficaces pour y mettre un terme lorsqu'ils interviennent (Hawkins et coll., 2001). La mobilisation des jeunes aux fins de la prévention de l'intimidation et des bagarres pourrait nous aider à enrayer ces comportements.

Résumé et implications

Principaux sujets de préoccupation

  1. Le nombre de jeunes victimes d'intimidation de la part de leurs camarades est en progression.
  2. Le pourcentage de jeunes ayant des problèmes de comportement est plus élevé parmi ceux qui se livrent à des actes d'intimidation, tandis que celui des jeunes affichant des problèmes affectifs est plus élevé parmi ceux qui sont victimes d'intimidation de la part de leurs camarades.
  3. Le fait d'être à la fois coupable et victime d'intimidation a une incidence sur le plan affectif et comportemental.
  4. Il existe un lien entre la fréquence de participation à des batailles et l'apparition de problèmes affectifs et de problèmes de comportement.

Principaux sujets de réjouissance

  1. Il semble que le pourcentage de jeunes déclarant intimider les autres soit en régression.
  2. La prévalence des bagarres a diminué depuis 2006.

Commentaire

Il ressort des données recueillies depuis 2002 que l'intimidation et la victimisation sont d'importants problèmes pour les enfants et les jeunes au Canada. Bien que le nombre de jeunes qui déclarent se livrer à des actes d'intimidation soit en régression, on compte toujours près d'un élève sur quatre qui déclare être victime d'intimidation. Qui plus est, pas moins de 41 % des élèves déclarent être à la fois coupables et victimes d'intimidation.

L'intimidation est un indicateur précoce de problèmes de santé mentale de longue durée. Le défaut de protéger les enfants contre l'intimidation et de les aider à établir des relations harmonieuses peut avoir des conséquences durables et coûteuses (Centers for Disease Control and Prevention, 2010). Il ressort clairement des données recueillies que les enfants qui prennent part à des batailles, qui intimident les autres, qui sont victimes d'intimidation, ou les deux, déclarent des niveaux élevés de problèmes affectifs et de problèmes de comportement et un niveau moins élevé d'équilibre affectif. Le fait de se livrer à des actes d'intimidation à l'âge de 14 ans est prédicteur de divers problèmes : condamnation pour crime avec violence à l'âge de 15 à 20 ans, violence autodéclarée à l'âge de 15 à 18 ans, faible statut professionnel à l'âge de 18 ans, consommation de drogues à l'âge de 27 à 32 ans, et vie ratée à l'âge de 48 ans (Farrington et Ttofi, 2011). L'intimidation, la violence, les problèmes de santé mentale et physique, la consommation de drogues, le décrochage et le chômage ont tous pour antécédent l'expérience de relations marquée par la violence (Centers for Disease Control ans Prevention, 2010). Les difficultés dans les relations interpersonnelles sont une cause de décès précoce tout aussi importante que le tabagisme, la consommation d'alcool et l'obésité (Holt-Lunstead et coll., 2010). La prévention de la violence et la promotion des relations interpersonnelles constituent deux moyens efficaces d'optimiser la santé physique et mentale des enfants.

Pour lutter efficacement contre l'intimidation et les bagarres, nous devons nous assurer que les connaissances, les stratégies et les programmes fondés sur des données probantes sont diffusés auprès des adultes qui sont responsables des jeunes dans leurs milieux de vie, d'étude, de travail et de jeu. À l'heure actuelle, les connaissances scientifiques ne parviennent pas aux bonnes personnes – celles qui sont mêlées à la vie des jeunes telles que les parents, les enseignants, les animateurs en loisirs et les jeunes eux-mêmes. Les adultes sont les principaux agents de socialisation des enfants et des jeunes, façonnant leur développement à la faveur de leurs interactions quotidiennes et dans le cadre des programmes mis en œuvre à la maison, dans les écoles et dans les collectivités. Pour être en mesure d'assurer une prévention efficace de la violence, les adultes doivent disposer de connaissances fondées sur des données probantes au sujet des relations et du développement sains et malsains, des variantes du développement selon l'âge et le sexe, des facteurs de risques de violence chez les jeunes et des mesures à prendre pour aider les jeunes qui adoptent des comportements pouvant mener à la violence. De même, pour être en mesure de lutter efficacement contre l'intimidation et les bagarres, nous devons mobiliser les jeunes eux-mêmes, qui sont souvent témoins de ces interactions agressives. Il faut que les jeunes aient les connaissances et la formation nécessaires pour pouvoir prévenir la violence et promouvoir l'établissement de relations harmonieuses (p. ex., communication respectueuse, utilisation constructive du pouvoir dans le cadre des relations interpersonnelles, stratégies d'intervention et méthodes non violentes de résolution des problèmes).


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