Rapport de l'administrateur en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada, 2015 : La consommation d'alcool au Canada.

Message de l'Administrateur en chef de la santé publique du Canada

Pour la plupart des Canadiens, l'alcool est une constituante acceptée socialement de leur vie quotidienne. Près de 80 % d'entre nous buvons de l'alcool.

De nombreux Canadiens associent la consommation d'alcool à des activités sociales agréables (festivals de musique, spectacles sportifs, soirées) et à la relaxation. Les célébrations et événements importants comme les mariages, anniversaires et remises de prix sont souvent « arrosés » d'alcool.

Notre société tolère et favorise la consommation d'alcool, voire en fait la promotion, par exemple avec les boissons « spéciales du jour », les prix réduits sur certaines marques et en associant alcool à amusement et sophistication.

Bien qu'il soit davantage considéré au Canada comme un aliment, l'alcool est une drogue qui modifie l'humeur et dont la consommation est associée à des risques pour la santé. L'existence de nos directives de consommation d'alcool à faible risque ne signifie pas que l'alcool est sans danger.

Au moins trois millions de consommateurs d'alcool au Canada risquent de souffrir d'une maladie aiguë comme une blessure et au moins quatre millions et demi risquent de développer des maladies chroniques telles que maladies du foie et cancer.

Nos enfants grandissent en voyant de l'alcool dans de nombreuses sphères de notre environnement et environ 3000 nouveau-nés présentent l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale chaque année.

J'espère que ce rapport nous rendra davantage conscients et stimulera de franches conversations chez les Canadiens, en particulier entre proches, et qu'il nous aidera à mieux nous rendre compte de la manière dont notre société gère cette drogue à effet psychotrope.

Dr Gregory Taylor
Administrateur en chef de la santé publique du Canada

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Organisation :
Date publiée : 2016-02-03

Table des matières

Remerciements

De nombreuses personnes et organismes ont collaboré à la préparation du Rapport de l'administrateur en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada, 2015 : La consommation d'alcool au Canada.

J'aimerais d'abord exprimer ma gratitude aux spécialistes qui nous ont conseillés :

  • David Mowat, MBChB, M.S.P., FRCPC, FFPH, ancien médecin-hygiéniste de la région de Peel, Ontario;
  • Daryl Pullman, Ph. D., professeur d'éthique médicale, Division de la santé communautaire et des sciences humaines, Université Memorial;
  • Don Mahleka, membre du Conseil des jeunes de la Commission de la santé mentale du Canada et du comité consultatif des jeunes d'Enfants et jeunes en contexte difficile;
  • Jeff Reading, M. Sc., Ph. D., MACSS, professeur, School of Public Health and Social Policy (Faculté du développement humain et social), Université de Victoria;
  • John Frank, M.D., directeur, Scottish Collaboration for Public Health Research and Policy; titulaire d'une chaire en recherche et politique sur la santé publique de l'Université d'Édimbourg; professeur émérite, École de santé publique Dalla Lana, Université de Toronto;
  • Michael Routledge, B.Sc., M.D., C.C.F.P., M.Sc., FRCPC, Médecin-hygiéniste en chef du Manitoba;
  • Peter Glynn, Ph. D., consultant en systèmes de santé; et,
  • Tim Stockwell, Ph. D., directeur du Centre for Addictions Research of British Columbia, professeur en psychologie de l'Université de Victoria.

J'aimerais mentionner également la contribution de nos partenaires et collaborateurs, consultés dans des délais serrés : Santé Canada, le Conseil des médecins-hygiénistes en chef, le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies, le Centre de toxicomanie et de santé mentale, le Centre de recherche de toxicomanie de Colombie-Britannique, Les mères contre l'alcool au volant (MADD Canada), l'Association canadienne de santé publique.

Je voudrais enfin remercier les nombreuses personnes et équipes de l'Agence de la santé publique du Canada pour tous leurs efforts et leur dévouement, en particulier mon équipe de l'Unité des rapports, mon personnel de soutien et les membres du Groupe consultatif principal de 2015.

Messages clés

Ce rapport vise à sensibiliser davantage les Canadiens aux effets de la consommation d'alcool sur la santé.

  • Les êtres humains consomment des substances psychotropes comme l'alcool depuis très longtemps. La consommation d'alcool fait partie intégrante de la culture canadienne. En 2013, 22 millions de Canadiens (environ 80 % de la population) ont déclaré avoir bu de l'alcool au cours de l'année précédente. Au moins 3,1 millions Canadiens ont bu assez pour que cela présente un risque immédiat de préjudice et de blessure et au moins 4,4 millions sont exposés à des effets chroniques sur leur santé, comme la cirrhose du foie et diverses formes de cancer.

  • Les habitudes de consommation sont importantes - la quantité d'alcool bue et la fréquence de consommation sont des facteurs clés dans l'intensification ou l'atténuation des effets sur la santé. Les Directives de consommation d'alcool à faible risque du Canada donnent des indications sur les habitudes de consommation d'alcool à risque et recommandent notamment d'éviter la consommation d'alcool pendant la grossesse. Faible risque ne signifie pas absence de risque.

  • La situation sociale, le contexte familial et les messages ont une incidence sur les habitudes de consommation. L'exposition à l'alcool par le biais de la famille et des amis, ainsi que lors de divertissements ou par la publicité, peut avoir une forte incidence sur la motivation à boire et sur les habitudes de consommation. Pour de nombreux Canadiens, le fait de boire de l'alcool est associé à de nombreuses situations positives, dont les célébrations importantes, le développement d'amitiés, la bonne humeur et la relaxation. Cependant, la consommation à risque d'alcool peut faire augmenter le risque de conflits familiaux, de violence, d'actes criminels dont le viol et d'accidents causés par la conduite avec facultés affaiblies.

  • Notre compréhension des effets de l'alcool sur la santé proportionnels à la quantité consommée continue d'évoluer. De récents travaux de recherche remettent en question les avantages pour la santé d'une consommation d'alcool variant de faible à modérée. Des études suggèrent que les femmes courent un risque accru de développer un cancer du sein, même en buvant aussi peu qu'un verre par jour. Le Rapport 2014 sur le cancer dans le monde du Centre international de recherche sur le cancer et la Société canadienne du cancer mentionnent qu' il n'existe pas de « limite sécuritaire » de consommation d'alcool en matière de prévention du cancer.

  • Les jeunes sont particulièrement sensibles aux effets néfastes de la consommation d'alcool. Le cerveau des adolescents est beaucoup plus vulnérable aux effets de l'alcool. Leur famille, leurs amis et tous ceux qui se soucient des jeunes ou travaillent avec eux peuvent jouer un rôle positif en prenant conscience de leur influence sur la consommation de ces jeunes et en les incitant à adopter un comportement sain propice à leur développement physique, mental et émotionnel.

  • La manière dont nous gérons les questions relatives à l'alcool est caractéristique de notre société. Des approches comme la réglementation de l'industrie des boissons alcoolisées, les politiques de prix et de taxes, le contrôle des ventes et les lois relatives à la disponibilité et à l'âge minimal aident à atténuer les effets néfastes sur les Canadiens, en particulier chez les jeunes. Ces approches varient à l'échelle du pays et leur potentiel n'est peut-être pas exploité au maximum. Il n'existe pas de méthode universelle permettant de contrôler les grandes variations observées dans les besoins et les habitudes de consommation des Canadiens.

  • Le dossier de l'alcool est complexe. Malgré la grande quantité de renseignements disponibles, il existe d'importantes lacunes dans notre compréhension de la consommation d'alcool, des conséquences de l'alcool sur la santé et de l'efficacité des approches destinées à réduire ces conséquences.

Pourquoi ce rapport

Ce rapport explique en quoi consommer de l'alcool, une substance psychotrope courante, constitue un problème de santé publique important pour les Canadiens. En 2013, près de 22 millions de Canadiens (environ 80 % de la population) ont déclaré avoir bu de l'alcool au cours de l'année précédente Note de bas de page 1-2.

Les substances psychotropes contiennet des produits chimiques psychoactifs qui agissent sur le cerveau et transforment la façon de penser, l'humeur, l'état de conscience et le comportement, et dont la consommation conduit parfois à la dépendance et à l'abus Note de bas de page 3.

En vertu de la Loi sur les aliments et drogues, l'alcool est considéré comme un aliment. Cependant, il contient des substances chimiques psychoactives, ce qui en fait une substance ou drogue psychoactive du point de vue de ses effets sur la santé.

Beaucoup de Canadiens consommant de l'alcool le font avec modération. Il n'en reste pas moins que la consommation d'alcool est associée à plus de 200 maladies, affections et types de blessuresNote de bas de page 4. Parmi les buveurs d'alcool, certains (au moins 3,1 millions) boivent assez pour courir un risque de blessure et de préjudice immédiat, dont l'intoxication alcoolique. Au moins 4,4 millions risquent des effets à plus long terme sur leur santéNote de bas de page 1.

Les Canadiens reçoivent des messages contradictoires à propos des bienfaits et des méfaits de l'alcool. Il faut dire que la consommation d'alcool est un problème de santé publique complexe, à effets variés sur la santé. Divers facteurs contribuent aux effets de l'alcool : la quantité bue, la fréquence de consommation, l'activité associée à la consommation et l'état de santé.

La consommation d'alcool est-elle la même chose que l'abus d'alcool? Non. Prêter attention aux habitudes de consommation d'alcool et connaître les facteurs qui contribuent aux risques pour la santé ainsi que les signes avant-coureurs peuvent aider à réduire ou à prévenir les risques pour la santé, la consommation à risque d'alcool, l'abus d'alcool, la dépendance à l'alcool (en anglais) et les troubles liés à la consommation d'alcool (en anglais), de même que les dangers connexes.

Pourquoi s'intéresser à l'alcool?

Les Canadiens ont une relation ancienne à l'alcool, ce qui a créé des habitudes de consommation au fil du temps. Au Canada, l'alcool est largement disponible et on en fait la promotionNote de bas de page 5. Les Canadiens sont exposés à des images et à des messages liés à l'alcool par le biais de la publicité et du marketing des boissons alcoolisées, dans les émissions télévisées, les films et la littérature tout autant que chez les détaillants d'alcool de leur quartier. En outre, étant donné qu'une majorité de Canadiens boivent, on est exposé à l'alcool au contact de ses amis et de sa famille, dans son quartier, lors d'activités sociales et sur les réseaux sociaux. De manière générale, une exposition et un accès à l'alcool plus importants sont liés à une plus forte consommationNote de bas de page 10-36.

Ce rapport traite de la consommation d'alcool de la population canadienne pour sensibiliser davantage le public aux risques avérés pour la santé. Les Canadiens prennent chaque jour des risques pour leur santé. Leurs comportements vis-à-vis de l'activité physique, du nombre de portions de fruits et de légumes consommées, de la quantité de sel et de gras absorbée et de la quantité d'alcool bue ont tous une influence sur leur santé. Bon nombre de buveurs d'alcool sous-estiment la quantité qu'ils consommentNote de bas de page 37-39. La connaissance des risques pour la santé à court et à plus long terme pourrait conduire les Canadiens à faire plus attention à leur consommation d'alcool et à prévenir les effets néfastes sur leur santé et celle des autres.

Qu'est-ce que les Canadiens consomment? L'alcool, le tabac, la caféine, la marijuana, la cocaïne, l'héroïne, les hallucinogènes et divers médicaments sur ordonnance sont tous des substances psychoactives. Au Canada, l'alcool est parmi elles la plus consommée (voir figure 1)Note de bas de page 1 après la caféine. Le café (qui contient de la caféine) se classe quant à lui au deuxième rang, après l'eau, des boissons les plus consommées au CanadaNote de bas de page 40.

Figure 1 : Quelles substances psychoactives les Canadiens consomment-ils?

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Estimation du pourcentage de Canadiens de 15 ans et plus ayant consommé en 2013 de l'alcool, de la marijuana et d'autres drogues illicites durant l'année précédente et ayant fumé régulièrementNote de bas de page 1.

En quoi l'alcool peut-il être néfaste? Au sein des principaux facteurs de risque de maladie à l'échelle mondiale, la consommation d'alcool est passée du 6e rang en 1990 au 3e rang en 2010. C'était par ailleurs le principal facteur de risque pour la santé de la population de 15 à 49 ansNote de bas de page 41.

Aperçu des impacts de l'alcool sur les Canadiens

  • En 2002, 4 258 décès survenus au Canada étaient liés à l'abus alcool, soit 1,9 % de l'ensemble des décès Note de bas de page 6.
  • Les coûts liés à l'alcool au Canada étaient de près de 14,6 milliards de dollars en 2002Note de bas de page 6.
  • Entre avril 2013 et mars 2014, les ventes d'alcool au Canada ont atteint 20,5 milliards de dollarsNote de bas de page 7.
  • En 2008, la conduite avec facultés affaiblies a été la première cause de décès attribuables à un acte criminel au CanadaNote de bas de page 8.
  • Les troubles liés à l'alcool étaient la première cause d'hospitalisation liée aux substances psychoactives au Canada en 2011Note de bas de page 9.

La consommation d'alcool à risque peut avoir une large gamme d'effets néfastes sur la société : augmentation du nombre de décès prématurés, invalidité et maladie, conduite avec facultés affaiblies, baisse de productivité, système de santé saturé et lourd fardeau financier pour les individus et pour la sociétéFootnote 6Footnote 8Footnote 9Note de bas de page 42-48.

À l'échelle mondiale, l'alcool a été associé à plus de trois millions de décès en 2012, soit légèrement plus que le cancer du poumon et le VIH-sida combinésNote de bas de page 48-50.

À l'échelle individuelle, l'alcool touche un grand nombre de systèmes biologiques, en fonction de la quantité consommée, ce qui a des effets sur la santé, le bien-être et le comportement à court terme comme à long terme (voir tableau 1).

Par exemple, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les boissons alcoolisées, l'éthanol qu'elles contiennent et l'acétaldéhyde associé à leur consommation comme cancérogènes pour l'être humain. Cela signifie que la consommation d'alcool peut faire augmenter l'incidence du cancer au sein d'une population. Elle peut aussi réduire la période de présence au stade inactif du cancer dans le corps, amplifier la gravité du cancer et multiplier le nombre de tumeurs ou les types de cancer présentsNote de bas de page 51.

Le World Cancer Report 2014 (rapport mondial de 2014 sur le cancer; en anglais) du CIRC et la Société canadienne du cancer affirment qu'il n'existe pas de « limite sécuritaire » de consommation d'alcool en matière de prévention du cancer.

Infographic 1 : les effets de Santé Dépendants de dose
Figure 1
Figure 1 - Équivalent textuel

L'image montre les effets de la consommation d'alcool sur la santé liés à la dose : chaque boisson additionnelle accroît le risque pour la santé.

Tableau 1 : Aperçu des effets sur la santé et le comportement liés à la dose d'alcool consommée

Effets directs

Les habitudes de consommation à risque peuvent causer:

  • Troubles liés à la consommation d'alcool
  • Amnésie (p. ex. psychose de Korsakoff)
  • Perte de mémoire et évanouissements
  • Délire dû à une forme grave de retrait
  • Ensemble des troubles du causés par l'alcoolisation fœtale (ETCAF)

Maladies et affections

La consommation d'alcool est liée aux éléments suivants :

  • Troubles liés à la consommation d'autres drogues
  • Lésions cérébrales
  • Maladies hépatiques
  • Divers cancers
  • Maladies cardiaques
  • Pancréatite
  • Troubles de santé mentale
  • Suicide
  • Ulcères d'estomac
  • Hypertension
  • Accident vasculaire cérébral
  • Maladies cardiovasculaires
  • Diabète
  • Infections transmises sexuellement

Fonctions et systèmes

La consommation d'alcool peut nuire aux systèmes suivants :

  • Système immunitaire
  • Stress
  • Mémoire, cognition
  • Digestion
  • Cœur, sang, poumons
  • Cerveau
  • Hormones
  • Muscles
  • Fertilité
  • Peau
  • Développement

Comportement

Les habitudes de consommation à risque peuvent entraîner les effets suivants :

  • Comportements à risque
  • Impulsivité
  • Violence
  • Blessures
  • Mémoire défaillante
  • Prise de décisions mal avisées
  • Manque de coordination
  • Mauvais résultats scolaires
  • Fonctionnement social et professionnel défaillant
Infographic 2 : Exemples d'effets potentiels sur la santé
Figure 2

Références : Note de bas de page 4Note de bas de page 42Note de bas de page 46-49Note de bas de page 51-127.

Infographic 2 - Équivalent textuel

L'image représente deux corps humains entouré par une liste des effets potentiels à court et long terme sur la santé. Les effets à court terme inclus: ivresse, délire, désinhibition, psychose, comportement à risque, intoxication alcoolique, blessures, commande des mouvements, dépression, anxiété, vision, prise de décision et memoire. Les effets à long terme inclus: dommages cérébraux, accident vasculaire cérébral, santé mentale, cardiopathie, hypertension, pancréatite, ulcères de l'estomac, séatose hépatique, hépatitie, cirrhose, fertilité, peau, muscles, hormones, système immunitaire, système de stress, le cancer, infections transmises sexuellement, troubles liés à la consommation d'alcool et autres drogues, blessures, commande des mouvements, dépression, anxiété, prise de décision et memoire.

De nombreux facteurs ont une incidence sur la façon dont l'alcool nuit à la santé d'une personne, notamment la quantité et la fréquence de sa consommation, ses facteurs de risque personnels et l'activité associée à la boisson. Bien que controversé, des études ont révélé que l'alcool peut aussi avoir des effets bénéfiques. Ces effets sont liés à la quantité consommée et s'appliquent seulement à certaines maladies ou affections et à certaines catégories de personnesFootnote 53Footnote 54Footnote 56Footnote 57Footnote 59Footnote 61Note de bas de page 63-65Note de bas de page 69Note de bas de page 73Note de bas de page 76-80Note de bas de page 84Note de bas de page 87Note de bas de page 89Note de bas de page 90-92. Étant donné que bon nombre de buveurs d'alcool sous-estiment leur consommationFootnote 38Footnote 39Note de bas de page 128-130, leur perception des méfaits et des bienfaits potentiels de l'alcool peut être inexacte.

Organisation du rapport

On traite dans ce rapport des effets de la consommation d'alcool sur la santé, en particulier leur augmentation et leur modification en fonction des habitudes de consommation et des facteurs de risque. Il est divisé en cinq sections.

  1. La section Impacts sur les Canadiens est consacrée à la quantité d'alcool consommée par les Canadiens et aux principaux effets qu'elle a sur la santé et la société, incluant les bienfaits potentiels.
  2. La section Comment l'alcool agit donne des exemples de la façon dont les habitudes de consommation sont susceptibles d'avoir des effets sur le cerveau et le comportement.
  3. La section Facteurs d'influence montre comment les différents facteurs de risque et de protection peuvent influer sur les risques d'effets néfastes de la consommation d'alcool.
  4. La section Perspectives de santé de la population traite plus spécifiquement de trois groupes de personnes au Canada : les jeunes, les femmes et les populations autochtones.
  5. La section Réduire les effets néfastes sur la santé explique sommairement comment les autorités de santé publique peuvent limiter le problème de la consommation d'alcool au Canada, en particulier grâce à la prévention primaire.

Impacts sur les Canadiens

La détermination de la quantité consommée et de la fréquence de consommation est la première étape permettant de comprendre les conséquences de l'alcool sur une population, ses bienfaits comme ses méfaits. À l'heure actuelle, les données sur la consommation d'alcool et les coûts et préjudices connexes, particulièrement en ce qui a trait aux tendances, sont limités au Canada. Il est donc difficile de brosser un portrait réel de l'incidence sur les Canadiens.

Consommation à risque : Les effets de l'alcool dépendent de la quantité consommée. En 2011, le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies a publié les Directives sur la consommation d'alcool à faible risque du Canada. Elles fournissent les seuils à respecterNote de bas de page 42.

  • Les hommes qui boivent plus de 15 verres et les femmes qui boivent plus de 10 verres par semaine (plus de trois par jour pour les hommes et deux par jour pour les femmes la plupart des jours) voient augmenter leur risque d'effets néfastes à long terme sur la santé.
  • Un homme qui boit plus de 4 verres et une femme qui boit plus de 3 verres en une occasion donnée voient augmenter leurs risques de blessures ou de méfaits à court terme.

La consommation d'alcool n'a aucun bienfait sur les jeunes. Ses bienfaits potentiels ne se manifestent pas avant l'âge moyen.

Suivre ce lien pour accéder aux données probantes utilisées pour la création de ces lignes directrices.

La consommation d'alcool au Canada

En 2013, d'après les estimations, environ 22 millions de Canadiens de 15 ans et plus (près de 80 % de la population) ont bu de l'alcool au cours de l'année précédente, le taux de consommation le plus élevé ayant été observé chez les adultes (30 à 34 ans) (voir figure 2a). Basé sur la conssmation au cours de la semaine précédente, le taux de consommation à risque le plus élevé chez ayant été observé chez les jeunes adultes (20 à 29 ans) (voir figure 2b)Note de bas de page 1. Ces données reflètent uniquement la consommation à risque pendant la semaine précédente l'Enquête, ce qui signifie que l'aperçu est limité Note de bas de page 1

Figure 2a : Taux de consommation au Canada en 2013

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Estimation du pourcentage de Canadiens de 15 ans et plus ayant consommé de l'alcool durant l'année précédente un sondage de 2013 Note de bas de page 1.

Figure 2b : Consommation à risque au Canada en 2013

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Estimation du pourcentage de Canadiens de 15 ans et plus ayant consommé durant la semaine précédente un sondage de 2013 des quantités l'alcool excédant les directives portant sur les méfaits à court ou à long termeNote de bas de page 1.

Entre avril 2013 et mars 2014, les Canadiens ont acheté en moyenne près de 76 litres de bière, 16 litres de vin, 5 litres de spiritueux et 4 litres d'autres boissons alcoolisées par personneNote de bas de page 7. Ils boivent en proportion davantage de bière (51 %) que de spiritueux (27 %) ou de vin (22 %) (voir figure 3)Note de bas de page 48.

Figure 3 : Types de boissons consommées par les Canadiens en 2010 (pourcentage de consommation d'alcool par personne, en litres)Note de bas de page 48.

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Les hommes boivent davantage d'alcool que les femmes, et leur consommation est davantage à risque. Pour chaque année entre 2003 et 2010, environ un homme sur trois et une femme sur cinq de 15 ans et plus ayant bu de l'alcool ont déclaré en avoir consommé une quantité à risque au moins une fois par mois. Durant la même période, c'est environ 50 % des jeunes adultes (18 à 24 ans) qui ont déclaré une consommation à risque une fois par moisNote de bas de page 131.

La consommation à risque est actuellement en augmentation parmi les femmes, surtout chez les 35 ans et plus. En 2013, 56 % des femmes de 15 ans et plus ont déclaré une consommation occasionnelle excessive d'alcool (quatre consommations ou plus en même occasion) au moins une fois durant l'année écoulée, contre 44 % en 2004Note de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 132.

Le pourcentage de Canadiens de 15 ans ou plus ayant consommé de l'alcool au cours de l'année précédente a diminué, passant de 79 % en 2004 à 76 % en 2013. Chez les 15 à 24 ans, ce chiffre est passé de 78 % en 2004 à 73 % en 2013Note de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 132. Environ 24 % des Canadiens de 15 ans et plus (soit près de 7 millions) ont déclaré en 2013 n'avoir pas bu d'alcoolNote de bas de page 1-2.

Quelle quantité d'alcool les Canadiens boivent-ils en réalité?

La plupart des gens ont tendance à ne pas déclarer tout l'alcool qu'ils boivent. Ils sous-estiment non seulement la quantité qu'eux et les autres boivent, mais également à quel point l'alcool peut être néfasteNote de bas de page 37-39Footnote 129Note de bas de page 133-148. Le fait de boire pour des occasions spéciales (dont ne rendent pas compte bon nombre de sondages) peut parfois expliquer partiellement cet écartNote de bas de page 149. Certaines enquêtes se concentrent uniquement sur une courte période de consommation (p. ex. une semaine) et dressent donc un portrait limité de la consommationNote de bas de page 1.

Les sondages portent généralement sur la consommation de boissons alcoolisées réglementées (bière, vin, spiritueux), ce qui signifie que les données sur la consommation d'alcool « maison » et d'alcool provenant d'autres sources ne sont pas recueillies. Les estimations relatives à la proportion d'alcool maison au sein de la consommation totale au Canada varient fortement selon les sources de données et leur analyseNote de bas de page 150-152.

Des tentatives ont été faites pour mesurer les quantités consommées non déclaréesFootnote 37Footnote 129Note de bas de page 153-155. Au Canada, les gens sous-déclarent plus souvent leur consommation de spiritueux que de bière ou de vin. Les moins de 45 ans sont plus enclins à sous-déclarer leur consommation d'alcool, tout comme les petits buveurs de tous les âges. La tendance à sous-déclarer sa consommation d'alcool est similaire chez les hommes et chez les femmesNote de bas de page 129.

Taux ajustés de consommation à risque d'alcool. Dans le but de rajuster les données canadiennes sur la consommation d'alcool de 2008 à 2010 pour sous-déclaration, des données sur la consommation d'alcool au cours de la dernière année et des données sur les ventes ont été incorporées. D'après ces données rajustées Note de bas de page 155 :

  • Les estimations des taux moyens de consommation à risque d'alcool au cours de la dernière année chez les Canadiens de 15 ans et plus qui boivent sont passées de 16,7 % à 38,6 % pour les méfaits à court terme et de 6,8 % à 27,3 % pour les méfaits à long terme.
  • La majeure partie de la consommation d'alcool chez les mineurs et chez les jeunes adultes prend la forme d'excès occasionnels (dépassement des directives à court terme) plutôt que la forme de faible consommation étalée sur plusieurs jours.

Dans quelle mesure l'alcool contribue-t-il à l'apport calorique quotidien?

Contrairement à de nombreuses autres drogues, l'alcool est capable de contribuer à l'apport calorique quotidienNote de bas de page 45 (voir tableau 2). Les National Institutes of Health des États-Unis ont créé un outil de calcul des calories liées à l'alcool (en anglais) pour divers types d'alcool. Par exemple :

  • 1 verre de bière ordinaire (12 onces) correspond à 153 calories.
  • 1 verre de vin rouge (5 onces) correspond à 125 calories et un verre de vin blanc (5 onces) à 121 calories.
  • 1 verre de gin, de rhum, de vodka, de whisky ou de tequila (1,5 onces) correspond à 97 calories. Les calories des ingrédients ajoutés, comme les boissons gazeuses ou les jus de fruit, ne sont pas prises en compte dans le calcul.
Tableau 2 : Exemples de la façon dont la consommation quotidienne d'alcool peut contribuer à l'apport calorique quotidien recommandé
quantité consommée Calories Pourcentage approximatif de l'apport calorique quotidien recommandé

Remarque : Ces calculs sont basés sur les recommandations contenues dans les Directives de consommation d'alcool à faible risque du Canada et le Guide alimentaire canadien.

Pour les hommes de 19 à 50 ans relativement actifs (calories quotidiennes recommandées : 2 600 à 2 700)
4 verres de bière ordinaire 612 23 %
4 verres de vin rouge 500 19 %
4 verres de vin blanc 484 18 %
4 verres de gin, rhum, vodka, whisky ou tequila 388 14,5 %
Pour les femmes de 19 à 50 ans relativement actives (calories quotidiennes recommandées : 2 000 à 2 100)
3 verres de bière ordinaire 459 22,5 %
3 verres de vin rouge 375 18,5 %
3 verres de vin blanc 363 17,5 %
3 verres de gin, rhum, vodka, whisky ou tequila 291 14 %

Coût de l'alcool au Canada

On peut calculer les coûts relatifs à la consommation d'alcool en fonction des ventes et en fonction du coût global pour la société. Alors que les ventes fournissent une mesure indirecte de la consommation et de son coût pour les particuliers, le coût global montre l'ampleur du fardeau financier que constitue l'alcool au Canada.

Ventes de boissons alcoolisées. Les ventes de boissons alcoolisées peuvent indirectement refléter la quantité consommée par les Canadiens. Elles révèlent aussi les sommes que les Canadiens consacrent aux boissons alcoolisées. Les ventes de boissons alcoolisées continuent d'augmenter au Canada. Entre avril 2013 et mars 2014, les Canadiens ont acheté pour 20,5 milliards de dollars d'alcool, soit 1,1 % de plus que l'année précédente. Cette augmentation est en grande partie attribuable aux ventes de cidres, de panachés (coolers) et d'autres boissons alcoolisées rafraîchissantes, même si les ventes de vin et de spiritueux augmentent elles aussi. La bière demeure la boisson alcoolisée la plus populaire au CanadaNote de bas de page 7.

L'industrie des boissons alcoolisées veille à fournir aux Canadiens des boissons réglementées, et les ventes contribuent à l'économie canadienne. En effet, la production et les ventes d'alcool créent des emplois, tandis que les taxes et les prix génèrent des recettes pour les gouvernements provinciaux et fédérauxNote de bas de page 156. Le revenu net et les recettes gouvernementales liés au contrôle et à la vente de boissons alcoolisées ont été de 10,5 milliards de dollars en 2013-2014Note de bas de page 7. Dans la plupart des provinces, les revenus découlant de l'alcool ne dépassent pas les coûts sociaux associés à la consommation Note de bas de page 156.

Coûts globaux. En 2002, le coût global de l'abus d'alcool au Canada a été estimé à 14,6 milliards de dollars (voir figure 4)Note de bas de page 6. Cette information est datée, et ce coût a vraisemblablement évolué. Des données plus récentes montrent ainsi que le coût des hospitalisations pour les troubles liés à la consommation de drogues psychoactives a augmenté, atteignant 267 millions de dollars en 2011, dont plus de la moitié est imputable à l'alcool Note de bas de page 9. Ces données ne reflètent pas entièrement les hospitalisations liées à la consommation d'alcool. Elles se limitent plutôt aux troubles liés à la consommation d'alcool Note de bas de page 9

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Répartition des coûts estimés de l'abus d'alcool au Canada en 2002
Milliards $
Perte de productivité 7.1264
Soins de santé 3.3062
Application de la loi 3.0722
Dommages causés par les accidents de la route 0.7569
Dommages causés par le feu 0.1565
Frais administratifs 0.0658
Prévention et recherche 0.053
Pertes associées au dommages en milieu de travail 0.017
Total 14.554

La conduite avec facultés affaiblies constitue elle aussi un lourd fardeau financier, du fait du renforcement législatif et des dommages causés par les accidents. Quand on inclut les coûts sociaux et les coûts associés liés à la santé concernant les décès, les blessures et les dommages causés aux véhicules, les coûts imputables à la conduite avec facultés affaiblies (incluant l'alcool mais aussi les autres drogues) ont été évalués à plus de 20,6 milliards de dollars en 2010Note de bas de page 157.

Mortalité et morbidité liées à l'alcool au Canada

Au Canada, l'alcool est l'un des dix principaux facteurs de risque de maladie pour l'ensemble de la population, et le premier pour les 15 à 49 ansNote de bas de page 158. En 2002, 4 258 décès survenus au Canada étaient liés à l'abus d'alcool, soit 1,9 % de l'ensemble des décèsNote de bas de page 5. La majorité des décès liés à l'abus d'alcool étaient imputables à des maladies alcooliques du foie, à des accidents de la route et à des suicides en lien avec l'alcoolNote de bas de page 6.

À l'échelle mondiale, l'alcool contribue à Note de bas de page 48 :

  • 100 % des cas de décès et d'invalidité imputables aux troubles liés à la consommation d'alcool et à l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale;
  • 50 % des cas de décès et d'invalidité imputables aux maladies hépatiques;
  • 20 à 30 % des cas de décès et d'invalidité imputables au cancer de la bouche, du pharynx, du larynx ou de l'œsophage, à la pancréatite et à des actes de violence ou d'automutilation;
  • 10 à 15 % des cas de décès et d'invalidité imputables au cancer du foie, à la tuberculose, à l'épilepsie, aux AVC hémorragiques, à des blessures non intentionnelles, à des chutes, noyades ou incendies;
  • moins de 10 % des cas de décès et d'invalidité imputables au cancer du sein, aux maladies cardiaques, aux AVC ischémiques, aux infections des voies respiratoires inférieures ou au VIH.

Sur le plan de la santé, la consommation d'alcool peut avoir des effets à court comme à long terme sur l'organisme. Leurs causes sous-jacentes sont différentes, bien qu'elles se chevauchent parfois. La consommation d'alcool peut aussi avoir un effet sur le bien-être à court et à long terme.

Les effets à long terme

Les effets à long terme sont causés par divers mécanismes, habituellement propres à une maladie donnée. Voici quelques exemples d'effets à long terme de la consommation d'alcool, qui dépendent pour la plupart de la quantité consommée.

Quel est l'effet des « beuveries » sur la santé à long terme?

L'effet des « beuveries » (consommation occasionnelle excessive) sur la santé à long terme s'avère complexe et changeant. Des données probantes soutiennent que les beuveries sont liées à des effets négatifs sur le foie, le cerveau, le risque de cancer et la santé cardiovasculaire.Note de bas de page 189-192 Dans certains cas, les effets des beuveries ne diffèrent pas des effets associés à la consommation de la même quantité d'alcool mais sur une plus longue période.Note de bas de page 193Note de bas de page 194 Les beuveries sont aussi liées à des taux plus élevés de comportements qui compromettent la santé (p. ex. tabagisme). Note de bas de page 189Note de bas de page 193

Maladies alcooliques du foie. Le nombre de décès imputables à des maladies alcooliques du foie a augmenté au Canada, passant de 1 104 en 2000 à 1 535 en 2011Note de bas de page 159. Les facteurs de risque associés à ces maladies sont la quantité consommée, la fréquence de consommation, le type de boissons, la génétique et l'existence d'autres troublesNote de bas de page 160-162.

L'ensemble des troubles causés par l'acoolisation foetale (ETCAF) est un trouble chronique, principale cause connue des troubles du développement évitables au CanadaNote de bas de page 163-164. On estime que plus de 3 000 bébés naissent avec l'ETCAF chaque année au Canada et que plus de 330 000 personnes au Canada en souffrentNote de bas de page 165-166. Des estimations indiquent que 2 à 5 % des habitants des pays occidentaux sont susceptibles d'être touchés par l'ETCAFNote de bas de page 167. Des pourcentages plus élevés ont été relevés dans certaines collectivités autochtones canadiennesNote de bas de page 168.

L'alcool est un tératogène (c.-à-d. une substance qui traverse le placenta des femmes enceintes pour atteindre le bébé et cause la malformation de l'embryon) susceptible de nuire de façon permanente au développement du fœtus, conduisant à ce que l'enfant naisse avec l'ETCAF. L'ETCAF inclut des malformations physiques et des lésions au système nerveux central dont les effets vont de bénins à graves. Ils touchent surtout le cerveau, entraînant des troubles cognitifs, comportementaux et émotionnelsNote de bas de page 169.

Les personnes atteintes de l'ETCAF ont entre autres des difficultés à exercer leur jugement, à planifier, à mémoriser, à contrôler leur impulsivité et à communiquer. Elles risquent en conséquence davantage d'avoir des problèmes à l'école et au travail, des problèmes de santé mentale, des problèmes liés à l'alcool et aux autres drogues et elle risquent davantage également d'être aux prises avec le système de justice pénaleNote de bas de page 170.

Selon les experts, le choix le plus sûr consiste à ne boire aucun type d'alcool à aucun moment durant la grossesse et en prévision d'une grossesse Note de bas de page 42. Cette recommandation peut être difficile à suivre puisque 50 % des grossesses ne sont pas prévues Note de bas de page 171 . On conseille par ailleurs aux mères de limiter la consommation d'alcool pendant l'allaitement et d'établir un calendrier d'allaitement leur permettant d'éliminer l'alcool dans leur système avant d'allaiterNote de bas de page 172Note de bas de page 173.

Cancer. Le cancer est associé à 30 % de l'ensemble des décès au Canada, ce qui en fait la principale cause de mortalité. On estime que 40 % des Canadiens développeront un cancer à un moment de leur vieNote de bas de page 174. L'alcool est considéré comme cancérogène car il est fortement associé à un risque accru pour certains types de cancer, comme le cancer colorectal, le cancer du sein, certains cancers du système nerveux central et les cancers du larynx, du pharynx, de l'œsophage et du foieFootnote 4Footnote 48Footnote 49Footnote 52Footnote 72Footnote 82Footnote 83Footnote 88Note de bas de page 175-181.

La consommation abusive d'alcool quintuple le risque de cancer buccal, pharyngien ou œsophagien, augmente de 2,5 fois le risque de cancer laryngien et de 50 % le risque de cancer du sein et de cancer colorectalNote de bas de page 182-183. Ces effets sont différents selon le sexe. Les hommes risquent davantage de développer un cancer colorectal lié à l'alcool que les femmes. Des recherches récentes révèlent qu'une seule consommation par jour est susceptible d'accroître le cancer du sein chez la femmeFootnote 183Note de bas de page 184-188. Chaque consommation supplémentaire, tout comme le nombre d'années qu'une femme a consommé de l'alcool, augmente encore ce risqueNote de bas de page 183Note de bas de page 184Note de bas de page 186.

Maladies cardiovasculaires. Certaines données probantes suggèrent que les effets de l'alcool sur le système cardiovasculaire dépendent de la quantité consommée. Une quantité faible à modérée peut parfois se révéler bénéfique. Footnote 42Footnote 63Footnote 89Note de bas de page 200 Il est possible que ces effets bénéfiques ne soient pas directement liés à la consommation d'alcool. En effet, de récentes recherches ont soulevé de nombreuses questions au sujet de cette association Note de bas de page 200-203. Une forte consommation peut faire augmenter le taux de mortalité et les cas de coronaropathie, de maladie artérielle périphérique, d'insuffisance cardiaque, d'accident vasculaire cérébral (AVC), d'hypertension et de quantité anormale de cholestérol ou de lipides dans le sang Footnote 56Footnote 63Note de bas de page 204-206. Les effets sur l'AVC dépendent du type de consommation : lorsque celle-ci est faible à modérée, elle peut protéger la personne contre les accidents ischémiques cérébraux (caillots), mais pas contre d'autres types d'AVC, tandis que lorsqu'elle est élevée, elle fait augmenter le risque de tous les types d'AVCNote de bas de page 205Note de bas de page 207.

Exemples de la façon dont la consommation d'alcool peut causer des maladies : Footnote 96Footnote 109Footnote 115Footnote 127Footnote 189Note de bas de page 195-199

  • L'alcool est toxique pour le foie, le cœur, le pancréas et le système nerveux.
  • La dose d'alcool ingéré a un effet sur le système immunitaire, les faibles doses étant bénéfiques et les doses plus élevées étant néfastes.
  • · L'alcool peut causer le cancer de diverses façons. Par exemple, certains sous-produits métaboliques résultant de la consommation d'alcool peuvent causer des tumeurs. Cet effet peut dépendre de la génétique.
  • Des données probantes soutiennent que l'alcool a des effets sur divers aspects du système cardiovasculaire, certains étant directs (p. ex. augmentation de la mort cellulaire dans le cœur) et d'autres indirects (p. ex. en raison de dommages au foie).

Les effets à court terme

Les effets à court terme sont souvent la conséquence d'une intoxication (ivresse) ou d'une consommation assez élevée pour nuire au jugement. Dans certains cas extrêmes peut survenir une intoxication alcoolique. Voici quelques exemples d'effets à court terme de la consommation d'alcool.

Qu'est-ce que l'intoxication? Selon l'Organisation mondiale de la santé, l'intoxication est un état qui découle de la consommation d'une drogue psychoactive et dépend de la quantité prise et des caractéristiques de la personne comme de son niveau de tolérance. Dans le cas de l'alcool, l'intoxication est souvent appelée « ivresse » et peut entraîner des bouffées de chaleur, des troubles de l'élocution, un manque de coordination, de l'euphorie, une plus grande activité et loquacité, de l'inconduite, des réactions plus lentes et un jugement altéré.

Intoxication alcoolique. Quand la concentration d'alcool dans le cerveau est assez élevée pour nuire aux zones contrôlant les fonctions essentielles, cela peut causer une intoxication alcooliqueNote de bas de page 208-209. Les symptômes en sont : confusion, stupeur, coma, incapacité à se réveiller, vomissements, crises d'épilepsie, ralentissement de la respiration, respiration irrégulière, hypothermie ou suppression des fonctions vitalesNote de bas de page 209. Entre 2009 et 2011, 232 décès ont été imputables chaque année à des intoxications alcooliques chez les Canadiens de 15 ans et plusNote de bas de page 210.

Homicide. Les homicides sont en forte diminution. En 2013, ils représentaient environ 0,1 % de l'ensemble des crimes avec violence commis au Canada, avec 505 décès Note de bas de page 211. La consommation d'alcool et d'autres drogues est souvent associée aux homicides au Canada, tant chez les accusés que chez les victimes. En 2013, d'après les estimations, 40 % des accusés et 32 % des victimes d'homicide au Canada avaient consommé de l'alcool au moment du crimeNote de bas de page 211.

Conduite avec facultés affaiblies. La conduite avec facultés affaiblies est la principale cause de décès d'origine criminelle au CanadaNote de bas de page 8. En 2012, 523 Canadiens ont trouvé la mort lors d'un accident lié à l'alcool, ce qui constitue une diminution par rapport à 1995, où ils furent 1 296Note de bas de page 212-213. En 2012, cela constituait le tiers des décès dans des accidents de la route au CanadaNote de bas de page 213.

L'article 253 du Code criminel du Canada traite de l'infraction consistant à conduire un véhicule avec facultés affaiblies et il fournit les seuils d'alcoolémie. Le risque d'accident de la route augmente avec l'augmentation du taux d'alcool dans le sangNote de bas de page 214. Les provinces et les territoires ont eux aussi adopté diverses lois et divers programmes en vue de réduire la conduite avec facultés affaibliesNote de bas de page 5.

Depuis les années 1980, le nombre d'incidents associés à la conduite avec facultés affaiblies a fortement diminué. En 1998, plus de 87 000 incidents associés à la conduite avec facultés affaiblies étaient liés à l'alcool. Ce nombre a fluctué au fil des années, variant entre 76 000 incidents en 2006 et 86 000 en 2009. Il a de nouveau diminué, se montant à plus de 72 000 en 2014 Note de bas de page 2Note de bas de page 215.

Qui prend le volant après avoir bu au Canada Note de bas de page 1Note de bas de page 8 ?

  • La plupart des gens accusés de conduite avec facultés affaiblies sont des hommes, mais l'écart s'est récemment resserré, puisque le taux de femmes accusées de la même infraction augmente depuis 2005.
  • C'est dans les Territoires du Nord-Ouest, au Yukon et en Saskatchewan que le taux de cas de conduite avec facultés affaiblies est le plus élevé, et en Ontario et au Québec qu'il est le plus bas.
  • C'est dans les régions métropolitaines que le taux de cas de conduite avec facultés affaiblies est le plus bas.
  • Les incidents liés à la conduite avec facultés affaiblies surviennent le plus souvent la fin de semaine, souvent après la fermeture des bars.
  • Chez les conducteurs titulaires d'un permis, c'est parmi les 20 à 24 ans que le taux de cas de conduite avec facultés affaiblies est le plus élevé, puis chez les 25 à 34 ans.
  • Par contre, ce sont les 16 à 19 ans qui occupent le troisième rang à ce chapitre, malgré le fait qu'ils sont moins nombreux à boire dans ce groupe d'âge.

Effets sur la santé mentale

L'alcool est un facteur de risque associé à plusieurs maladies mentales, et certaines maladies mentales sont propices à une forte consommation d'alcool Note de bas de page 216-219.Parallèlement, bon nombre des facteurs de risque et de protection sont les mêmes pour les deux; cela signifie que les maladies mentales et la consommation abusive d'alcool peuvent être provoqués par d'autres facteursNote de bas de page 220.

Au Canada, le taux de suicide liés à l'alcool est associé aux habitudes de consommation au sein d'une populationNote de bas de page 221. Les données datant du début des années 2000 indiquent qu'entre 25 et 30 % des suicides survenus au Canada étaient liés à l'alcoolNote de bas de page 221. Par contre, le lien entre l'alcool et le suicide fait partie d'une connexion plus globale et plus difficile à cerner entre l'alcool et la santé mentale.

Dépression. L'alcool et la dépression sont étroitement liés Note de bas de page 222Note de bas de page 223. Le taux d'alcoolisme est plus élevé chez les personnes dépressives, et la forte consommation d'alcool occasionnelle fait augmenter le risque de dépression grave chez les femmesFootnote 222Note de bas de page 224-226. Certaines études ont révélé que l'abus d'alcool et la dépendance à l'alcool pouvaient entraîner la dépression Note de bas de page 225.

Trouble de stress post-traumatique (TSPT). Il existe un lien entre les troubles liés à la consommation d'alcool et le TSPT Note de bas de page 227-232. On boit parfois pour gérer les symptômes du TSPT, même si le fait de boire est précisément associé au début du TSPT et à la gravité des symptômes Note de bas de page 230Note de bas de page 232Note de bas de page 233.

Anxiété. L'anxiété est liée à la consommation d'alcool Note de bas de page 234-239. À court terme, l'alcool peut atténuer l'anxiété et la panique, mais le sevrage d'alcool peut accroître l'anxiétéNote de bas de page 234. Les femmes sont plus susceptibles de boire pour gérer leur anxiété sociale que les hommes Note de bas de page 240.

Troubles de la personnalité. L'alcool est lié à divers troubles de la personnalité, dont les troubles antisociaux et les troubles narcissiquesNote de bas de page 241-245.

Habitudes de consommation des familles. Les habitudes de consommation tendent à se perpétuer au sein des familles, en raison d'une interaction complexe entre consommation d'alcool, génétique et environnement social et familial Note de bas de page 246-248. En voici des exemples.

  • Plus les gens commencent à boire tôt, plus la génétique joue un rôle dans l'apparition de la dépendance à l'alcool Note de bas de page 246.
  • Les enfants de parents qui boivent beaucoup en une occasion boivent généralement pour la première fois plus tôt, boivent plus à mesure qu'ils vieillissent et vivent davantage d'événements négatifs à l'âge adulte Note de bas de page 19Note de bas de page 36.
  • Les étudiants d'université qui ont un historique familial marqué par des problèmes d'alcool risquent davantage de subir les méfaits associés à la consommation d'alcoolNote de bas de page 249.

Ces effets intergénérationnels interagissent pour créer une série d'impacts complexes sur les enfants et les futures générations Note de bas de page 250.

Bienfaits de la consommation d'alcool sur la santé

Certaines données probantes suggèrent que l'alcool peut être bénéfique à certaines personnes, cet effet étant davantage associé au vinNote de bas de page 251Note de bas de page 256. Des études indiquent que les jeunes ne tirent aucun avantage à la consommation d'alcool, quelle qu'en soit la quantitéNote de bas de page 42. On sait qu'une consommation faible à modérée d'alcool peut réduire le taux de mortalité associé à certaines maladies, et réduire la prévalence de maladies comme le diabète, les problèmes cardiovasculaires ou les troubles cognitifs Toutefois, il s'agit d'une situation complexe puisque de plus en plus de données suggèrent que les avantages liés à la consommation d'alcool ne sont peut-être pas directement liés à l'alcool et ne sont pas observés chez tout le monde, à tous les âges ou pour chaque situation. Les bénéfices pourraient s'expliquer par d'autres facteurs ou ils sont basés sur des recherches comportant des problèmes méthodologiques Footnote 53Footnote 54Footnote 56Footnote 57Footnote 59Footnote 61Note de bas de page 63-65Note de bas de page 69Note de bas de page 73Note de bas de page 76-80Note de bas de page 84Note de bas de page 87Note de bas de page 89Note de bas de page 90-92Note de bas de page 256-261.

Bienfaits sur le plan social. La consommation d'alcool peut aussi avoir des avantages d'un point de vue social, notamment dans le cadre de certaines traditions culturelles. Note de bas de page 266 Elle est étroitement liée au fait de socialiser, de se divertir et de vivre des expériences sociales positives. Note de bas de page 31Note de bas de page 32Note de bas de page 267

La consommation d'alcool peut être un puissant motivateur social, qui aide à forger de nouvelles amitiés et à renforcer celles qui existent déjà. Note de bas de page 32Note de bas de page 268Note de bas de page 269 Certaines personnes associent le fait de boire à la bonne humeur, à la détente et, dans certains cas, au mieux-être mental. Toutefois, ces bienfaits peuvent être propres à certaines cultures et s'accompagner de résultats négatifs sur le plan de la santé. Note de bas de page 267Note de bas de page 270Note de bas de page 271

De plus, il est possible que les bienfaits ne soient pas attribuables à l'alcool lui-même, mais plutôt aux attentes et aux expériences sociales positives associées à sa consommation. Note de bas de page 271

En outre, risques et bienfaits peuvent se manifester en même temps. Alors qu'une consommation d'alcool faible ou modérée est bénéfique dans certaines situations, consommer une portion de plus que les quantités recommandées est susceptible d'accroître le risque d'occurence de plusieurs types de maladies chroniquesFootnote 42Footnote 184Footnote 186Footnote 187Note de bas de page 262. D'autres comportements moins risqués susceptibles de générer des bienfaits pour la santé peuvent être adoptés, par exemple une saine alimentation et la pratique d'une activité physique e.g.,Note de bas de page 263-265.

Comment l'acool agit : du cerveau au comportement

L'alcool peut avoir divers effets biologiques directs immédiats ou à court terme qui peuvent se traduire par des répercussions sur la santé, le bien-être et le comportement. Afin de comprendre comment l'alcool se répercute sur le plan social, il faut comprendre à la fois les habitudes de consommation et le cheminement de l'alcool du cerveau au comportement.

Importance des habitudes de consommation

La quantité d'alcool bue et la fréquence de consommation sont les principaux facteurs à l'origine de l'augmentation ou de la diminution du risque d'effets imputables à l'alcool. L'abstinence prévient l'ensemble des effets directs que peut avoir l'alcool sur une personne. Certains effets néfastes à la santé sont temporaires et peuvent être annulés ou atténués lorsque la personne cesse de boire ou respecte les directives relatives à la consommation d'alcool à faible risque e.g.,Note de bas de page 272-273.

Les effets de l'alcool dépendent de la quantité consommée, mais aussi du type de boisson et de l'évolution des habitudes de consommation. C'est pour cette raison que les experts ont élaboré ces directives : elles ont comme objectif d'aider les Canadiens à comprendre quelle quantité est au-delà des limites acceptablesNote de bas de page 42.

Recommandations des Directives de consommation d'alcool à faible risque du Canada

Pour réduire les risques de blessures et de méfaits à court terme :

  • Les femmes ne devraient pas consommer plus de 3 verres en une occasion.
  • Les hommes ne devraient pas consommer plus de 4 verres en une occasion.

Pour réduire les risques pour la santé à long terme :

  • Les femmes ne devraient pas boire plus de 10 verres par semaine - au plus deux verres par jour, la plupart des jours de la semaine.
  • Les hommes ne devraient pas boire plus de 15 verres par semaine - au plus trois verres par jour, la plupart des jours de la semaine.
Infographic 3. Qu'est-ce qu'un « verre »?
Qu'est-ce qu'un verre?
Infographic 3 - Équivalent textuel

L'image décrit un verre de bière ordinaire, vin, vin fortifié et boission fortement alcoolisée.

  • Un verre de bière ordinaire est 341 mL ou 12 onces et 5% d'alcool.
  • Un verre de vin est 142 mL ou 5 onces et 12% d'alcool.
  • Un verre de vin fortifié est 85 mL ou 3 onces et 16 à 18% d'alcool.
  • Un verre de boission fortement alcoolisée est 43 mL ou 1.5 onces et 40% d'alcool.

En raison des risques pour la santé associés à l'alcool, l'abstinence est recommandée :

  • durant la grossesse ou quand on prévoit de tomber enceinte ainsi qu'avant d'allaiter;
  • avant de conduire ou d'utiliser une machine ou des outils et pendant la conduite ou l'utilisation;
  • quand des complications sont possibles lors de la prise de médicaments ou d'autres drogues;
  • quand on a des problèmes de santé de nature mentale ou physique;
  • avant et pendant toute activité nécessitant de faire preuve de jugement, d'exercer des aptitudes physiques ou d'avoir de l'équilibre et de l'endurance.

On recommande aux jeunes de retarder le plus possible la consommation d'alcool, au moins jusqu'à l'âge légal pour boire.

Troubles liés à la consommation d'alcool. Ils résultent d'une consommation excessive, mais ne sont pas diagnostiqués simplement à la lumière de cette consommation. La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V) est utilisé par les professionnels de la santé pour diagnostiquer les troubles de santé mentale et en déduire le traitement nécessaireNote de bas de page 274. Les éditions précédentes séparaient les problèmes liés aux substances psychoactives en deux catégories distinctes : l'abus (en fonction de la consommation à risque et des troubles sociaux et professionnels qui en résultent) et la dépendance (en fonction des problèmes de santé subséquents, de la dépendance physiologique, des états de manque, du manque de contrôle sur la consommation et du temps passé à chercher et à consommer ou à récupérer après avoir bu)Note de bas de page 275. En 2012, environ 5 millions (soit 18 %) de Canadiens âgés de 15 ans et plus répondaient aux critères associés à l'abus d'alcool ou à la dépendance à l'alcool à un moment ou à un autre de leur vieNote de bas de page 276.

Catégories utilisées pour les critères de diagnosticNote de bas de page 274 :

  • Consommation à risque
  • Manque de contrôle sur la consommation
  • Troubles sociaux et professionnels
  • Besoin de plus de drogue avec le temps pour que cela fasse de l'effet (tolérance) ou symptômes de sevrage

Le DSM-V place les troubles associés à l'usage de substances sur un continuum de gravité plutôt que dans des catégories distinctes. Divers critères sont nécessaire à l'établissement d'un diagnostic et on évalue la gravité en fonction du nombre de critères auxquels une personne répond. Les troubles associés à l'usage de substances sont définis pour neuf groupes de substances psychoactives : l'alcool, le cannabis, les hallucinogènes, les produits à inhaler, les opioïdes, les sédatifs, hypnotiques et anxiolytiques, les stimulants, le tabac et les autres substancesNote de bas de page 274.

Du cerveau au comportement

L'alcool, en tant que substance psychoactive, agit sur le cerveau, entraînant des changements de comportement.

Les effets de l'alcool dépendent de la quantité consommée et diffèrent d'une personne à l'autre. L'alcool agit en général d'abord comme un agent stimulant, puis comme un agent déprimantNote de bas de page 277. Il interagit avec deux substances chimiques très présentes dans le cerveau : l'acide gamma-aminobutyrique (GABA) et le glutamate. L'alcool stimule les récepteurs du GABA (qui sont inhibiteur) et inhibe les récepteurs de glutamate (qui sont excitateur), les poussant à agir de concert pour supprimer l'activité de certaines zones du cerveauNote de bas de page 45Note de bas de page 100.

Boire de l'alcool agit sur le cerveau pour créer une sensation agréable et renforcer l'effet de son système de stimulants (dopamine), avec l'aide d'autres substances chimiques cérébrales (en particulier les opioïdes et les hormones de stress). On pense que ce sont les effets de l'alcool sur le système de stimulants qui sont à l'origine du mécanisme de développement de l'accoutumanceFootnote 45Footnote 95Footnote 124Footnote 262Note de bas de page 278-280.

L'alcool atteint facilement le cerveau et peut nuire aux processus essentiels à un développement et un fonctionnement sains de ce dernier. Absorbé en grandes quantités, il peut aussi endommager de nobreuses zones du cerveau, importantes pour l'apprentissage, la mémoire, la prise de décision, les facultés motrices et les émotionsFootnote 100Footnote 208Footnote 281Note de bas de page 282.

Stress et alcool

Il est essentiel de gérer sainement son stress pour être en bonne santé. Note de bas de page 283 La consommation d'alcool peut avoir un effet néfaste sur la façon dont le corps réagira au stress, Note de bas de page 284-291, ce qui peut générer des effets sur la santé et le bien-être. Note de bas de page 290

Du comportement aux impacts sociaux

À court terme, la consommation d'alcool peut réduire les inhibitions et multiplier les comportements à risque e.g.,Footnote 93Note de bas de page 291-293,ce qui peut avoir divers impacts (voir figure 5), notamment la prise de décisions risquées comme conduire après avoir bu ou avoir des relations sexuelles non protégées Note de bas de page 93Note de bas de page 294. Certaines habitudes de consommation d'alcool sont aussi associées à des relations sexuelles non consentantes et au viol chez les étudiantsNote de bas de page 296-298. L'alcool peut être considéré comme une drogue du violNote de bas de page 296. Parfois, l'alcool est utilisé pour faciliter les interactions sexuelles dans des situation où les partenaires sont consentantsNote de bas de page 299.

La dépendance à l'alcool peut intensifier également la réactivité émotionnelle, et peut entraîner une incapacité à interpréter les émotions, le langage et l'humourNote de bas de page 300-302. Dans certains cas, la consommation excessive d'alcool accentue le rejet social et entraîne un réseau social plus étroit et moins diversifiéNote de bas de page 303-304. Les familles peuvent elles aussi être touchées par l'alcool. Par exemple, les quantités bues par une personne peuvent influencer les quantités bues par son ou sa partenaireNote de bas de page 305. L'excès de boisson d'un conjoint peut entraîner des problèmes conjugaux et même le divorceNote de bas de page 305-307. On associe aussi à une consommation excessive d'alcool un risque accru de violence conjugale, d'interactions négatives, d'agressions et de violence et négligence envers les enfantsFootnote 248Note de bas de page 307-313.

Figure 5 : Représentation schématique des nombreux effets de l'alcool sur les comportements à risque
Figure 5
Figure 5 - Équivalent textuel

L'image montre comment la consommation d'alcool peut avoir de nombreux effets sur les comportements à risque. La consommation d'alcool peut réduire l'inhibition, ce qui peut donner lieu à des comportements à risque. Un comportement à risque peut accroître la consommation d'alcool et les rapports sexuels non-protégés ou non-désirées, entraîner des accidents, des agressions, la conduite avec facultés affaiblies et l'utilisation d'autres drogues. L'augmentation de la consommation d'alcool peut donner lieu à une intoxication à l'alcool et d'autres effets à court terme. L'intoxication à l'alcool peut entraîner l'hospitalisation et/ou causer la mort. Les autres effets à court terme peuvent accroître le risque des effets à long terme. L'agression peut entraîner des abus et de la violence, lesquels sont interreliés et peuvent mener au crime. La conduite avec facultés affaiblies peut mener au crime et causer des accidents. Les rapports sexuels non-protégés ou non-désirées peuvent mener à les grossesses non-désirées et/ou entraîner des infections transmissibles sexuellement (ITS). L'utilisation d'autres drogues peut mener à une surdose, laquelle peut entraîner l'hospitalisation et/ou causer la mort.

Résumés de effets de l'alcool sur le comportement

  • La désinhibition causée par l'alcool peut favoriser des comportements à risque et avoir diverses conséquences négatives, comme la conduite avec facultés affaiblies, les accidents, le viol, les infections transmises sexuellement, les agressions et la violence.
  • L'effet de l'alcool sur le système cognitif peut nuire à la capacité qu'a une personne d'apprendre et de travailler efficacement, générer de mauvais résultats scolaires et perturber le fonctionnement professionnel. Cela peut, par la suite, entraîner le décrochage scolaire ou le chômage.
  • L'alcool peut nuire aux relations avec la famille et les amis. Les parents, les autres adultes et les frères et sœurs plus âgés peuvent servir de modèles aux enfants et aux jeunes, transmettant leurs habitudes de consommation à risque à la génération suivante.
  • Les habiletés motrices altérées à cause de la consommation d'alcool peuvent entraîner l'incapacité à conduire en toute sécurité, et donc multiplier les risques d'accident, ce qui peut nuire à la fois au conducteur et aux autres Canadiens.

Facteurs d'influence

Divers facteurs influencent les répercussions potentielles de l'alcool sur une personne ou une population. Certains sont des facteurs de risque, d'autres sont des facteurs de protection, mais la plupart sont associés aux déterminants sociaux de la santé. Ces derniers jouent un rôle dans les inégalités en santé et ils contribuent à définir l'environnement social, économique et physique d'une personne ou d'une population ainsi que les caractéristiques et les comportements individuelsNote de bas de page 328-329.

Historique

Les humains ont une relation - et sans doute une fascination -ancienne aux substances psychoactives, dont l'alcool Note de bas de page 266Note de bas de page 330Note de bas de page 331. Il n'y a pas si longtemps, l'alcool était illégal sur de nombreux territoires et il demeure fortement réglementé dans diverses régions du mondeNote de bas de page 48.

La prohibition de l'alcool en Amérique du Nord au début du 20e siècle découlait de préoccupations quant à ses effets néfastes. D'après des données provenant des États-Unis, la prohibition a eu pour effet de réduire les taux de consommation d'alcool au départ, mais, dans la décennie qui a suivi la fin de la prohibition, les taux sont remontés à leurs niveaux d'origineNote de bas de page 332.

Comme toutes les substances psychoactives, l'alcool a été étudié pour ses vertus médicinales. Plus précisément, l'idée qu'une consommation modérée d'alcool pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé a émergé au 19e siècleNote de bas de page 333. Toutefois, jusqu'à récemment, la distinction entre une consommation d'alcool saine et une consommation néfaste n'a pas été clairement établieNote de bas de page 42.

Acceptabilité sociale. Quand une drogue est socialement acceptable, on est davantage susceptible d'en faire usage et d'inciter les autres à en faire également usage. C'est le cas de l'alcool, drogue socialement acceptable dans certaines régions du monde malgré les risques. La plupart du temps, on boit de l'alcool pour se divertir, socialiser et célébrer, même en connaissant les risques encourusNote de bas de page 31Note de bas de page 32Note de bas de page 267. Dans certaines situations, la consommation d'alcool n'est cependant pas acceptable, par exemple lorsqu'elle mène à la violence, en lien avec la conduire automobile ainsi que chez les mineurs et durant la grossesse Note de bas de page 42.

Stigmatisation et discrimination. Bien que socialement acceptable, la consommation d'alcool peut engendrer stigmatisation et discrimination, en particulier à l'endroit des personnes traitées pour des troubles liés à l'alcoolFootnote 304Note de bas de page 334-336. À l'opposé, l'abstinence peut aussi engendrer la stigmatisation : les abstinents peuvent hésiter à divulguer leur situation, en raison de cette stigmatisation et afin d'être acceptés socialementNote de bas de page 336Note de bas de page 338.

Contexte local

Les habitudes de consommation diffèrent à l'échelle de la planète, modelées par le contexte : lieu de résidence, notamment lois, politiques et règlements locaux liés à l'alcool, histoire, culture et croyances religieuses ainsi que déterminants sociaux de la santéNote de bas de page 31Note de bas de page 48Note de bas de page 331.De plus, les événements politiques, économiques et sociaux d'importance majeure peuvent avoir une influence sur les habitudes de consommation d'alcool dans un pays Note de bas de page 339-341.

Les habitudes de consommation dans le monde. Les pays développés présentent de manière générale les plus hauts taux de consommation d'alcool, les pays à l'est de la Méditerranée présentant quant à eux des taux très faiblesNote de bas de page 48.Dans de nombreux pays développés, les taux de consommation d'alcool à risque sont en augmentation chez les jeunes, en particulier chez les jeunes femmesNote de bas de page 342. On constate aussi dans différentes régions du monde une évolution des taux de consommation. Par exemple, l'Inde et la Chine connaissent de fortes augmentations de consommation d'alcool. Ces augmentations influencent fortement le portrait global des habitudes de consommation d'alcool dans le mondeNote de bas de page 48.

Certaines évolutions ont également lieu au Royaume-Uni et en France, régions où sont ancrés des stéréotypes spécifiques liés à l'alcool. Ainsi, au Royaume-Uni, les taux d'excès occasionnel d'alcool sont en déclin, tandis qu'ils augmentent en France chez les jeunesNote de bas de page 343-345.

Le Canada et le monde Note de bas de page 48

Au Canada, entre 2008 et 2010, la consommation d'alcool moyenne par personne était inférieure à celle de nombreux pays développés.

Canada

  • Les Canadiens ont déclaré consommer 8,2 L d'alcool pur par année.
  • 23 % des buveurs ont consommé avec excès.

États-Unis

  • Les Américains ont déclaré consommer 8,7 L d'alcool pur par année.
  • 24,5 % des buveurs ont consommé avec excès.

Royaume-Uni

  • Les habitants du R.-U. ont déclaré consommer 10,4 L d'alcool pur par année.
  • 33,4 % des buveurs ont consommé avec excès.

Australie

  • Les Australiens ont déclaré consommer 10,4 L d'alcool pur par année.
  • 13 % des buveurs ont consommé avec excès.

* La moyenne a été établie à partir de la consommation pour 2008 à 2010 et mesurée en litres d'alcool pur par personne chez les Canadiens de 15 ans et plus.

** La consommation avec excès a été définie ici comme la consommation d'au moins 60 grammes d'alcool pur à au moins une occasion au cours du mois précédent.

Remarque : dix litres d'alcool pur équivalent à plus de 580 verres de bière ordinaire (en considérant un taux d'alcool de 5 % et 341 ml par verre).

Les habitudes de consommation au Canada. Les habitudes de consommation d'alcool sont variables au sein d'un même pays. Ainsi, en 2013, les taux les plus élevés de consommation d'alcool au cours de l'année précédente étaient au Québec et les plus faibles à Terre-Neuve-et-Labrador. Pourtant, les taux les plus élevés de consommation à risque chez les buveurs étaient à Terre-Neuve-et-Labrador et les plus faibles au Québec(voir figure 6)Note de bas de page 1. D'autres sondages révèlent que dans les provinces maritimes on consomme plus d'alcool en une même occasion, tandis que dans les Prairies on en consomme moins, autant en quantité qu'en fréquence. Au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, on boit plus fréquemment et la plupart du temps au cours d'un repasNote de bas de page 346.

Figure 6a : Dans quelles proportions les Canadiens ont-ils consommé de l'alcool au cours de l'année précédente?

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Estimation du pourcentage de Canadiens de 15 ans et plus ayant consommé durant la semaine précédente un sondage de 2013 des quantités l'alcool excédant les directives portant sur les méfaits à court ou à long terme. Aucune donnée n'a été recueillie au sujet des territoiresNote de bas de page 1.

Figure 6b : Dans quelles proportions les Canadiens ont-ils eu une consommation à risque en 2013?

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Estimation du pourcentage de Canadiens de 15 ans et plus ayant consommé de l'alcool durant l'année précédant un sondage de 2013. Aucune donnée n'a été recueillie au sujet des territoiresNote de bas de page 1.

Statistique Canada recueille aussi des données sur la consommaion dépassant les lignes directrices pour les risques à court terme (c.-à-d. 5 consommations ou plus pour les hommes et 4 consommations ou plus pour les femmes à une occasion et au moins une fois par mois au cours de l'année précédente). Cela donne une image plus exhaustive de la consommation à risque plutôt que de poser des questions sur la consommation de boisson au cours de la semaine précédenteNote de bas de page 347.

En 2014, près de 18 % des Canadiens ont affirmé boire beaucoupNote de bas de page 347. L'Ontario et la Colombie-Britannique ont constamment obtenu des taux inférieurs au taux global pour le Canada (les deux étant d'environ 16 % en 2014), alors que les données du Nunavut indiquent de même des taux inférieurs. Les Territoires du Nord-Ouest (32,7 %), le Yukon (27,8 %) et Terre-Neuve-et-Labrador (25,4 %) ont obtenu les taux les plus élevés (consultez le tableau 3) Note de bas de page 347.

Tableau 3 : Taux de consommation abusive d'alcool en 2014
Provinces et territoires Total Hommes Femmes

Le pourcentage estimé de Canadiens de 12 ans et plus en 2014 qui ont signalé avoir bu de façon excessive à une occasion au moins une fois par mois au cours de l'année précédente. Une consommation excessive d'alcool a été définie comme étant 5 verres ou plus pour les hommes et de 4 verres ou plus pour les femmes Note de bas de page 347.

* Les données devraient être utilisées avec précaution Note de bas de page 347.

Colombie-Britannique 15,8 19,9 11,8
Alberta 18,9 23,1 14,6
Saskatchewan 19,5 25,7 13,3
Manitoba 17,8 22,5 13,2
Ontario 16,2 20,7 11,8
Québec 20,2 25,8 14,8
Nouveau-Brunswick 21,4 27,8 15,3
Nouvelle-Écosse 20,1 24,5 15,9
Île-du-Prince-Édouard 16,9 21.0 13,1
Terre-Neuve-et-Labrador 25,4 33,2 18.0
Yukon 27,8 32,6 22,7
Territoires du Nord-Ouest 32,7 39,1 26,3
Nunavut 14,3* 17,4* 11.0*
Canada 17,9 22,7 13,2

Facteurs individuels

Les habitudes de consommation d'alcool diffèrent grandement non seulement d'une population à l'autre, mais aussi d'un individu à l'autre. Plusieurs facteurs ont une influence sur la quantité d'alcool bue et sur les risques que cette consommation ait des effets néfastes.

Comment les attentes influent-elles sur les effets de l'alcool?

Les effets de l'alcool sont modulés par les attentes du buveur. Les gens jugent mal leur degré d'intoxication, ce qui les amène à croire qu'ils sont plus aptes à réaliser certaines activités, comme conduire de façon sécuritaire, qu'ils ne le sont en réalité. Note de bas de page 353Note de bas de page 354

Les motifs de consommation fournissent les raisons pour lesquelles une personne boit de l'alcool. De manière générale, quatre raisons principales l'amènent à boire : pour socialiser, pour créer une atmosphère agréable, pour affronter l'adversité ou par souci de conformitéNote de bas de page 348-350. Affronter l'adversité et vouloir se conformer sont considérés comme des motifs négatifs, le premier étant davantage susceptible d'être associé à des troubles liés à l'alcoolNote de bas de page 348-351. La manière dont l'alcool est associé à l'identité d'une personne et à sa perception d'elle-même joue un rôle sur la manière dont la motivation a des répercussions sur les habitudes de consommationNote de bas de page 349.

La consommation excessive chez les jeunes adultes découle souvent d'une intention de consommation excessive. De nombreux facteurs influencent ce processus décisionnel, notamment les normes sociales et les plans d'avenirNote de bas de page 352. Les facteurs qui ont le plus de rôle au moment même de la consommation d'alcool sont l'argent disponible, le comportement des amis, l'humeur et les moyens de transportNote de bas de page 352.

Certains éléments déclencheurs propres à chaque individu et associés à l'alcool, comme la présence de certains amis ou un lieu particulier, peuvent augmenter le besoin de boire de l'alcool ainsi que les conséquences négatives potentiellesNote de bas de page 355-356.Le ressenti d'une personne lorsqu'elle boit de l'alcool peut avoir un effet sur son usage ultérieur. Un gros buveur consommant de l'alcool ressent un effet stimulant plus intense et un effet dépresseur moins intense qu'un petit buveur, phénomène qui a été associé à un risque accru qu'il se livre à des excès occasionnels d'alcool plus tard et qu'il développe un trouble lié à l'alcoolNote de bas de page 357-359.

Divers lieux peuvent avoir une forte influence sur les habitudes de consommation d'alcool. Certains lieux sont associés de manière générale à la consommation d'alcool et ont tendance à augmenter les potentialités de consommation excessiveNote de bas de page 360-364. Boire dans un pub ou dans un logement hors campus peut entraîner une consommation accrue chez les étudiants universitairesNote de bas de page 365-366. La consommation d'alcool au domicile d'un ami ou au restaurant est associée à une consommation plus faible chez les adultesNote de bas de page 364Note de bas de page 367. Le fait de devenir parent est associé à une baisse de la consommation d'alcool, ce qui est probablement attribuable, au moins en partie, au fait de passer moins de temps dans des lieux où la consommation excessive est plus courante (comme dans les bars)Note de bas de page 364.

Les amis ont une forte influence sur les habitudes de consommation d'alcool, qui est étroitement associée à la socialisation. En effet, les jeunes mettent l'accent sur les expériences positives associées au fait de boire de l'alcool pour contrebalancer les répercussions négativesNote de bas de page 267. Les habitudes de consommation au sein d'un réseau social ont une grande influence sur l'usage de l'alcoolNote de bas de page 26.Le fait d'avoir plusieurs amis qui consomment de l'alcool est associé à une consommation excessive, bien que la solitude soit également liée à une consommation excessiveNote de bas de page 365-366. Le soutien social peut parfois faire diminuer la quantité d'alcool consomméeFootnote 365Note de bas de page 367-370.

Le contexte est également important : la consommation d'alcool aux repas tend à ne pas avoir les mêmes répercussions négatives que la consommation à d'autres moments Note de bas de page 428-429. Lorsque de nombreuses personnes sont intoxiquées en même temps ou que l'on joue à des jeux pour boire, la tendance à consommer davantage d'alcool est plus forteNote de bas de page 360.

Des liens ont été établis entre certains traits de personnalité et un risque accru d'effets néfastes dus à l'alcool. L'impulsivité et la recherche de sensations fortes sont associées à une consommation d'alcool plus élevée. Ces caractéristiques sont de fait associées à des effets néfastes plus marqués de l'alcool sur la santé, notamment des troubles liés à l'alcoolFootnote 98Footnote 104Footnote 107Footnote 116Note de bas de page 430-435.

Pour certaines personnes, le stress peut déclencher le besoin de consommer de l'alcool afin de palier ses effets, créant ainsi un cycle où le stress entraîne la consommationFootnote 348Footnote 367Footnote 404Note de bas de page 406-411Note de bas de page 414Note de bas de page 415Note de bas de page 417Note de bas de page 419Note de bas de page 423Note de bas de page 427Note de bas de page 436.

Divers événements au cours de la vie agissent sur les habitudes de consommation d'alcool et le risque d'effets néfastes dus à l'alcool Footnote 93Note de bas de page 305-307Note de bas de page 348-427. En voici des exemples :

  • Rendement scolaire médiocre
  • Problèmes à l'école
  • Décrochage scolaire
  • Passage du secondaire au collège ou à l'université
  • Chômage
  • Stress au travail
  • Divorce
  • Conflit conjugal ou insatisfaction conjugale
  • Consommation excessive du partenaire
  • Événements stressants de la vie
  • Mariage
  • Nouveau rôle de parent
  • Départ à la retraite
  • Vieillissement

Modification des facteurs de risque

Outre ces spécificités personnelles, d'autres facteurs peuvent expliquer que certaines personnes courent davantage de risque de répercussions négatives.

  • Génétique et épigénétique. La génétique joue un rôle important dans le développement de la dépendance à l'alcoolNote de bas de page 437-442. Certaines données suggèrent que sa contribution atteindrait 50 %Note de bas de page 438Note de bas de page 440. Divers mécanismes font en sorte que la génétique a une influence sur les effets néfastes dus à l'alcool. Par exemple, les gènes peuvent influer sur la manière dont chacun métabolise l'alcool, ainsi que sur le développement de traits de personnalité associés à la consommation d'alcoolNote de bas de page 443-445.

    En épigénétique, on étudie comment différents facteurs peuvent activer ou désactiver certains gènes, et comment ces changements dans l'activation des gènes peuvent être transmis aux générations subséquentesNote de bas de page 446. C'est un domaine de recherche en développement, notamment en ce qui concerne l'alcool Note de bas de page 447-449. Les effets épigénétiques de l'alcool sont décelables dans les répercussions de la consommation d'alcool avant la conception. Par exemple, une consommation excessive pendant la phase préconceptuelle, que ce soit par la mère ou le père, peut avoir des répercussions sur le développement de l'enfantNote de bas de page 450-451. L'épigénétique a également une influence sur divers facteurs de risque comme le stress et le développement durant la petite enfance, qui influencent à leur tour la consommation d'alcoolNote de bas de page 452-457.

  • Biologie. L'alcool est consommé la plupart du temps sous la forme d'une boisson. Il entre dans la circulation sanguine par le tube digestif. La concentration d'alcool dans le sang augmente en fonction du métabolisme d'une personne, avec la quantité d'alcool consommé, avec une teneur plus élevée en graisse corporelle, s'il y a peu de nourriture dans le système digestif et avec l'usage de certains médicaments Note de bas de page 45Note de bas de page 100.
  • Problèmes de santé sous-jacents. L'alcool peut exacerber les problèmes de santé. De manière générale, l'alcool nuit au système immunitaire, dans une mesure proportionnelle à la quantitéFootnote 96Footnote 109Footnote 115Note de bas de page 127. Cela signifie qu'une consommation excessive est susceptible d'aggraver un problème de santé par ses effets sur le système immunitaireFootnote 96Footnote 109Footnote 115Note de bas de page 127. L'alcool contribue également au développement et à la progression de la stéatose hépatique non alcoolique, qui est causée en grande partie par l'obésitéNote de bas de page 467. L'alcool accélère aussi la progression du VIH et de l'hépatite C Note de bas de page 468-473. Il peut altérer l'efficacité de divers médicaments, dont ceux pour l'arthrite, le diabète, les cardiopathies, les maladies cardiovasculaires, l'hypertrophie de la prostate, un taux élevé de cholestérol, les brûlures gastriques, l'indigestion, l'hypertension artérielle, les infections, la dépression, l'anxiété, l'épilepsie, les crises épileptiques, le trouble de déficit de l'attention et l'hyperactivité, les caillots sanguins, la nausée, l'insomnie et les allergies. Les antidouleurs, les sirops contre la toux, les médicaments anticancéreux et les antirétroviraux font également partie de la listeNote de bas de page 474-476.
  • Statut socio-économique. Le statut socio-économique est un facteur fondé largement sur le revenu, le niveau de scolarité et l'emploiNote de bas de page 477. Le lien entre le statut socio-économique en tant que facteur de risque associé aux problèmes attribuables à l'alcool et l'alcool lui-même est complexe et influencé par d'autres facteurs, comme les habitudes de consommation, l'âge, le sexe, le statut socio-économique des parents ou durant l'enfance, les caractéristiques du quartier de résidence et le pays de résidenceNote de bas de page 478-493. Au Canada, les hommes et les femmes à statut socio-économique élevé sont plus susceptibles de consommer de l'alcool et d'avoir une consommation à risque que ceux à statut socio-économique faibleNote de bas de page 342. Les personnes ayant un statut socio-économique faible sont de manière générale plus susceptibles de subir les effets néfastes de la consommation d'alcool Note de bas de page 490Note de bas de page 492Note de bas de page 493.
  • Emploi. Outre son rôle dans la définition du statut socio-économique, l'emploi peut modifier les effets de l'alcool sur la santé. Au Canada, aucun lien n'a été établi entre les divers types d'emploi et une consommation d'alcool à risqueNote de bas de page 494. Ce sont les caractéristiques du travail ou du marché du travail plutôt que les fonctions comme telles qui seraient le plus susceptibles d'influer sur les habitudes de consommation. Par exemple, le soutien social, la motivation au travail et la satisfaction au travail ont été associés à une faible consommation d'alcool. Le stress, une surcharge de travail, de longues journées, le harcèlement et l'insécurité liée à l'emploi ont été associés à une consommation à risque. Le contrôle sur ses décisions a été associé autant à une consommation élevée d'alcool qu'à une faible consommationNote de bas de page 495-506. Les facteurs externes au milieu de travail semblent avoir des répercussions plus marquées sur les habitudes de consommation que les facteurs liés au travailNote de bas de page 494.

    Certains types d'emploi ou d'activité alimentent une sous-culture caractérisée par la consommation d'alcool. Par exemple, l'alcool fait partie intégrante de la vie des musiciens, et l'insécurité d'emploi, le stress et la nécessité de socialiser dans le cadre du travail contribuent à une consommation d'alcool à risqueNote de bas de page 507-508. L'alcool fait aussi partie de la culture sportive. Les étudiants athlètes sont davantage susceptibles de boire que les non-athlètes, quoique cela dépende dans certains cas de la période de l'année (en saison ou hors saison), du sexe, du niveau de compétition et du type de sportNote de bas de page 509-519. De plus, on a constaté que les étudiants de niveau collégial amateurs de sport étaient davantage susceptibles de consommer de l'alcool, et ce, de façon excessiveNote de bas de page 520. Certaines données montrent que l'intérêt pour le sport chez les adolescents pourrait entraîner plus tard une consommation d'alcool plus élevéeNote de bas de page 521-522.

  • Alcool et autres drogues. Les drogues sont souvent analysées séparément, alors que certaines sont fréquemment utilisées en combinaison. Les risques de préjudice augmentent en cas de consommation de drogues multiplesFootnote 97Footnote 318Footnote 324Footnote 326Note de bas de page 523.
    • o L'alcool combiné à la caféine constitue une préoccupation en matière de santé publique, surtout chez les jeunes et avec des boissons énergisantesNote de bas de page 524-525. L'association de la caféine et de l'alcool peut amplifier le risque d'effets néfastes causés par l'alcool. Les personnes qui combinent alcool et caféine augmentent souvent leur consommation d'alcool et se disent à la fois moins fatiguées et plus alertes et se sentent moins intoxiquées qu'elles ne le sont en réalitéNote de bas de page 525-532. Le mélange alcool-caféine est également souvent associé à une augmentation des comportements à risqueNote de bas de page 533-534.
    • o Combinés, l'alcool et la marijuana peuvent amplifier les troubles locomoteurs, créant un risque d'accident au volant plus élevé qu'avec l'un ou l'autreNote de bas de page 535. C'est fort probablement car l'alcool fait augmenter la concentration de métabolites de la marijuana dans le sang, ce qui accentue les effets de la marijuana sur le comportementNote de bas de page 536-537.
    • o L'alcool et le tabac pris séparément peuvent avoir de graves conséquences sur la santé à long terme. Lorsqu'ils sont consommés ensemble, ces conséquences peuvent être plus graves encore. Par exemple, le risque de développer un cancer buccal ou pharyngien est 300 fois plus élevé chez les personnes qui boivent et fument beaucoup que chez celles qui ne fument pas et ne boivent pasNote de bas de page 538.

Sexe : Les hommes et les femmes tendent à présenter un pourcentage de graisse corporelle différent et à métaboliser différemment l'alcool. Certaines enzymes en quantités moindres et d'autres différences métaboliques attribuables au sexe font qu'à consommation égale, davantage d'alcool qui entre dans la circulation sanguine chez les femmes que chez les hommes. Note de bas de page 45-100.

Vieillissement : Avec l'âge, les risques associés à l'alcool peuvent augmenter, car les gens deviennent plus sensibles et moins tolérants à l'alcool. Footnote 386Note de bas de page 458-464 En conséquence, l'alcool a des effets plus marqués sur les personnes de plus de 65 ans. On a tendance à consommer moins d'alcool en vieillissant, quoique cela puisse changer. Note de bas de page 465

Le stress, la dépression, ainsi que les événements de la vie et les transitions associées au vieillissement, comme le décès d'un partenaire ou un divorce, la dégradation des réseaux sociaux, un changement dans l'état de santé ou le départ à la retraite, peuvent influer sur les habitudes de consommation.Note de bas de page 466

Facteurs de protection

Certains facteurs peuvent protéger des effets néfastes de l'alcool en entraînant une baisse notable de la consommation. Beaucoup se retrouvent chez les adolescents comme chez les jeunes adultesNote de bas de page 539. La participation à des activités ou services religieux, un attachement plus fort aux parents, un degré élevé de soutien familial, une gestion familiale serrée (règles, surveillance, discipline cohérente, renforcement des bons comportements), de bonnes aptitudes sociales, un bon sens de la moralité et de la conformité sociale et une attitude sociable (travailler fort à l'école, aider à la maison, participer à des activités communautaires, etc.) sont des facteurs qui sont tous associés à une consommation d'alcool moindre chez les jeunes adultes Note de bas de page 539-540. Les facteurs de risque et les facteurs de protection ne sont pas les mêmes partout, leurs différences contribuant aux taux et aux habitudes de consommationNote de bas de page 541. Certains traits de personnalité, comme l'estime de soi, peuvent aussi avoir une influence sur la consommation d'alcool, bien que le phénomène soit complexe et puisse dépendre des motivationss et du contexte de la consommationNote de bas de page 542-543.

Certaines stratégies peuvent également contribuer à protéger des effets néfastes de l'alcool, notamment établir des limites, ajuster les limites aux facteurs de risque (comme l'âge et le poids), boire lentement, alterner boissons alcoolisées et non alcoolisées et manger avant et pendant la consommation d'alcoolNote de bas de page 544.

Perspectives de santé de la population

Selon l'information existante, il est question de la consommation d'alcool chez trois populations précises : les jeunes, les femmes et les populations autochtones.

Chez les jeunes

L'alcool constitue une préoccupation en matière de santé publique en ce qui concerne les jeunes.

  • Les habitudes de consommation qui s'établissent durant l'adolescence sont des facteurs prédictifs importants des habitudes à l'âge adulte et de leurs répercussions. Plus quelqu'un commence à consommer de l'alcool à un jeune âge, plus son risque est élevé de développer des problèmes de santé et des problèmes liés à l'alcool plus tard dans sa vieNote de bas de page 545-555.
  • Le cerveau des filles pourrait subir davantage d'effets néfastes causés par l'alcool que celui des garçonsNote de bas de page 556. En effet, les taux d'intoxication sont similaires chez les filles et chez les garçons alors que les taux de consommation d'alcool sont plus faibles chez les filles Note de bas de page 555.
  • Le cerveau adolescent, en particulier celui des filles, est plus vulnérable aux effets de l'alcool, ce qui peut entraîner diverses répercussions sur leurs facultés cognitives en développement et sur leur comportementFootnote 281Note de bas de page 555-567.La façon dont le cerveau influe sur les comportements de consommation d'alcool pourrait différer chez les garçons et chez les fillesNote de bas de page 556Note de bas de page 558.
  • Les jeunes qui consomment de l'alcool de façon excessive peuvent avoir des problèmes d'attention, de mémoire et de prise de décision ainsi que des problèmes sociaux, émotionnels et comportementauxNote de bas de page 559Note de bas de page 565. Les problèmes en lien avec l'alcool peuvent mener à de mauvais résultats scolaires, au décrochage, à de piètres perspectives d'emploi et à l'isolement socialFootnote 93Footnote 105Footnote 299Footnote 342Note de bas de page 569-572.
  • Les jeunes sont fortement influencés par leurs amis et leur famille. Par exemple, lorsqu'un jeune croit que ses amis boivent beaucoup, il boit beaucoup aussi. De plus, lorsque ses amis et ses parents approuvent la consommation d'alcool, un jeune est plus susceptible de s'y adonner et d'en subir les effets néfastesNote de bas de page 571.
  • Les jeunes ont tendance à être plus impulsifs, à être en quête de nouvelles expériences et à prendre plus de risques.
  • Les jeunes tendent également à manquer d'autocontrôle et à gérer le stress différemment des adultes.
  • Les zones du cerveau associées à la prise de décisions, à la motivation, aux émotions et aux récompenses sont encore en développement. En fait, le développement du cerveau se poursuit encore au début de la vie adulte.

Quel rôle les parents jouent-ils?

  • Les parents peuvent avoir une influence négative sur la consommation d'alcool, la santé et le bien-être futurs des enfants du fait de maltraitance, de négligence et de stressFootnote 94Footnote 99Footnote 101Footnote 305Note de bas de page 575-582.
  • La consommation d'alcool des parents est un facteur prédictif de la consommation d'alcool des jeunesNote de bas de page 583-585. Les motivations des parents, leurs règles et leur attitude ont également une influence sur la consommation des enfants Note de bas de page 585-590.
  • Des relations familiales et des méthodes parentales positives sont associées à une consommation d'alcool réduite chez les adolescents, alors que des relations familiales négatives, dont le divorce et la violence familiale, sont associées à une consommation d'alcool accrue et précoceNote de bas de page 591-598.

Données sur les jeunes et la consommation d'alcool au Canada. L'âge auquel les jeunes prennent leur premier verre a augmenté au CanadaNote de bas de page 599. On estime à 60 % le pourcentage de Canadiens de 15 à 19 ans qui ont consommé de l'alcool en 2013, et 15 % de ces jeunes ont consommé suffisamment pour dépasser les lignes directrices de consommation d'alcool à faible risque relatives aux effets immédiats pour les adultes, tandis que près de 20% ont dépassé les lignes directrices relatives aux effets chroniques, toujours pour les adultesNote de bas de page 1.

De nombreux Canadiens commencent à consommer de l'alcool avant l'âge de 15 ans. Le phénomène d'excès occasionnel (beuverie), où les jeunes sont « saouls », est peu fréquent aux degrés scolaires inférieurs, mais est de plus en plus répandu aux degrés supérieurs (voir figure 7)Note de bas de page 555Note de bas de page 599. Chez les élèves de la 10e à la 12e année, près de 60 % disent avoir consommé de l'alcool au cours de l'année précédente, et environ 46 % disent avoir participé à une beuverie en 2012-2013. Il s'agit là d'une diminution par rapport aux années précédentes. Par exemple, en 2008-2009, plus de 70 % des élèves de la 10e à la 12e année avaient déclaré avoir consommé de l'alcool au cours de l'année précédente et près de 60 % avaient déclaré avoir participé à des beuveriesNote de bas de page 599-601. En 2012-2013, environ 50 % des jeunes ont déclaré avoir consommé leur premier verre d'alcool entre 12 et 14 ansNote de bas de page 602.

Le pourcentage d'élèves de 6e, de 8e et de 10e année qui consomment de l'alcool au moins une fois par semaine a diminué au fil du temps, en particulier en ce qui concerne la bière, mais le pourcentage de jeunes qui s'intoxiquent est relativement stable depuis 1994Note de bas de page 555.

À tous les degrés scolaires, les garçons consomment systématiquement plus de bière que les filles, alors que la consommation de vin, de liqueurs et de panachés (coolers) est similaire chez les deux sexes. La consommation de bière augmente avec le degré scolaire, tandis que la consommation de vin et de liqueurs est plus stableNote de bas de page 555.

Environ 60 % des élèves de la 6e à la 10e année pensent que boire « de temps en temps » est peu ou pas risqué. La consommation régulière d'alcool est considérée comme risquée par environ 80 % des garçons et 87 % des filles de la 6e à la 10e annéeNote de bas de page 602. Le fait de s'être livré à un excès occasionnel d'alcool (c.-à-d. avoir consommé 5 verres ou plus en une seule occasion chez les garçons ou 4 verres ou plus chez les filles) au cours de l'année précédente a été associé à davantage de problèmes émotionnels et comportementaux, en particulier chez ceux qui s'y étaient adonnés le plus souventNote de bas de page 602.

Figure 7a : Dans quelles proportions des élèves ont-ils consommé de l‘alcool en 2012-2013?

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Pourcentage estimé de Canadiens de la 7e à la 12e année ayant consommé de l'alcool pendant l'année précédente l'Enquête sur le tabagisme chez les jeunes 2012-2013. Note de bas de page 599

Figure 7b : Dans quelles proportions des élèves ont-ils consommé occasionnellement avec excès en 2012-2013?

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Pourcentage estimé de Canadiens de la 7e à la 12e année ayant consommé occasionnellement avec excès (5 verres ou plus en une occasion) pendant l'année précédente l'Enquête sur le tabagisme chez les jeunes 2012-2013. Note de bas de page 599

Principaux faits concernant les étudiants et l'alcoolFootnote 11Footnote 555Footnote 599Note de bas de page 603-611:

  • Les taux de consommation d'alcool augmentent considérablement au fil des degrés scolaires, et de façon encore plus marquée après la transition vers le collège et l'université.
  • Bon nombre d'étudiants de niveau collégial et universitaire subissent les conséquences négatives de leur consommation d'alcool, comme la gueule de bois, les bagarres et de mauvais résultats scolaires.
  • Certains étudiants qualifient des conséquences négatives comme la gueule de bois et les pertes de conscience comme étant neutres ou positifs, ce qui peut les amener à consommer davantage et à en subir les effets néfastes pour la santé.
  • Pour certains étudiants, l'alcool peut avoir des effets positifs, comme rendre les événements ou les célébrations plus agréables. Les effets positifs ont davantage d'influence sur la consommation ultérieure que les effets négatifs.
  • Les jeux pour boire, populaires au secondaire, au collège et à l'université, peuvent entraîner beaucoup de conséquences négatives.
  • Les congés et les événements spéciaux, comme le fait d'atteindre l'âge légal pour consommer de l'alcool, la semaine de relâche et les événements sportifs, peuvent faire augmenter la consommation d'alcool, même chez les étudiants qui ont tendance à boire en moins grande quantité.

Chez les femmes

L'alcool est une préoccupation en matière de santé publique en ce qui concerne les femmes.

  • En tant que population, les femmes sont moins exposées au risque de subir les effets néfastes de l'alcool parce qu'elles ont tendance à consommer moins que les hommes. En tant qu'individus, les femmes sont davantage exposées au risque de subir les effets néfastes de l'alcool en raison de facteurs biologiques et sociauxFootnote 1Footnote 45Footnote 100Footnote 132Note de bas de page 326.
  • Étant donné que de plus en plus de femmes ont une consommation d'alcool à risque, le risque est plus grand que, avec le temps, les répercussions négatives soient plus importantes chez les femmesNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 342.
  • Les femmes peuvent être plus vulnérables aux agressions sexuelles ou à d'autres formes de violence lorsque leur consommation d'alcool est trop importante Note de bas de page 298-299.
  • La consommation d'alcool peut avoir des effets sur la fertilité. Bien qu'une consommation modérée d'alcool soit associée à une activité sexuelle accrue, elle peut aussi réduire la capacité des ovaires à libérer des ovules sains (fonction essentielle à la conception) chez les femmes en préménopause Note de bas de page 108Note de bas de page 612.
  • Les effets de la consommation d'alcool durant la grossesse sont bien connus. Pourtant, en 2006-2007, plus de 10 % des femmes ayant accouché ont déclaré avoir bu de l'alcool pendant leur grossesseNote de bas de page 613. La consommation d'alcool avant la conception peut également avoir des effets néfastes sur le développement de l'enfantNote de bas de page 450-451. On estime que 50 % des grossesses sont non planifiées, ce qui signifie que de nombreuses femmes consomment vraisemblablement de l'alcool avant d'apprendre qu'elles sont enceintesNote de bas de page 171.
  • Les effets de l'alcool chez les femmes pourraient être modérés par l'action de l'alcool sur les hormones. Par exemple, les concentrations d'œstrogène augmentent chez les femmes à chaque verre bu, quoique le lien entre l'alcool et cette hormone soit complexeNote de bas de page 112Note de bas de page 117Note de bas de page 614. Ces modifications de la concentration d'œstrogène sont à relier à l'incidence de l'alcool sur le cancer du sein et la fertilitéFootnote 102Footnote 111Note de bas de page 615-617.

Données sur la consommation d'alcool selon les sexes au Canada. Au Canada, le pourcentage des hommes qui consomment l'alcool est plus élevé que celui des femmes, tant en général que sur le plan de la consommation à risque (voir figure 8)Note de bas de page 1. La consommation d'alcool à risque chez les femmes a cependant augmenté au CanadaFootnote 1Footnote 131Footnote 132Note de bas de page 342, surtout chez les plus de 35 ansNote de bas de page 1Note de bas de page 132.

Les hommes ont tendance à commencer à boire et à avoir une consommation d'alcool à risque à un plus jeune âge que les femmesNote de bas de page 1Note de bas de page 618, bien que les femmes passent plus rapidement que les hommes de l'excès d'alcool à la dépendance physique et au traitement pour consommation problématiqueNote de bas de page 619. Les hommes ont également tendance à boire davantage que les femmes pour les effets positifs et les aspects sociaux de l'alcoolNote de bas de page 620.

Figure 8a : Dans quelles proportions les Canadiens ont-ils consommé de l‘alcool au cours de l‘année précédente ?

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Pourcentage estimé de Canadiens de 15 ans ou plus ayant a) consommé de l'alcool au cours de l'année précédente et b) consommé au cours de la semaine précédente un sondage en 2013 une quantité d'alcool dépassant les seuils préconisés par les directives de consommation d'alcool à faible risqueNote de bas de page 1.

Figure 8b : Dans quelles proportions les Canadiens ont-ils eu une consommation à risque?

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Pourcentage estimé de Canadiens de 15 ans ou plus ayant a) consommé de l'alcool au cours de l'année précédente et b) consommé au cours de la semaine précédente un sondage en 2013 une quantité d'alcool dépassant les seuils préconisés par les directives de consommation d'alcool à faible risqueNote de bas de page 1.

Chez les populations autochtones

L'alcool est une préoccupation en matière de santé publique en ce qui concerne certaines populations autochtones au Canada.

  • De nombreuses populations autochtones sont aux prises avec des difficultés majeures ayant des répercussions sur leur santé et leur bien-être, telles qu'un taux de chômage élevé, la pauvreté, un piètre accès à l'éducation, de mauvaises conditions de logement, l'éloignement des services de santé, le déclin de la langue et de la culture autochtones ainsi qu'une marginalisation sociale et économiqueNote de bas de page 621-629.
  • Pour résoudre ces questions de santé, il est nécessaire de comprendre l'incidence des déterminants sociaux de la santé chez les Autochtones d'un point de vue holistique, ainsi que leur contribution à celle-ci. Chez les populations autochtones, certains facteurs de nature historique et culturelle occupent une place particulièrement importanteNote de bas de page 621Note de bas de page 622Note de bas de page 625.

Déterminants de la santé des populations autochtones : Note de bas de page 621-623Footnote 625Footnote 627Note de bas de page 630

  • Préparation de la collectivité
  • Développement économique
  • Emploi
  • Gestion environnementale
  • Genre
  • Conditions historiques et colonialisme
  • Logement
  • Terres et ressources
  • Langue, patrimoine et forte identité culturelle
  • Équité juridique et politique
  • Apprentissage continu
  • Vie sur ou hors réserve
  • Racisme et discrimination
  • Autodétermination et non-domination
  • Services sociaux et soutien
  • Vie en milieu urbain ou rural

Données sur les populations autochtones et la consommation d'alcool au Canada. Les résultats de l'Enquête régionale sur la santé des Premières Nations (2008-2010) indiquent que le taux de consommation d'alcool déclaré par les membres des Premières Nations qui vivent dans les réserves est plus faible que celui de la population canadienne en général, mais le taux déclaré de consommation excessive est quant à lui est plus élevé que le taux canadienNote de bas de page 631.Environ 35 % des adultes des Premières Nations qui vivent dans des communautés des Premières Nations n'ont pas bu d'alcool au cours de la dernière année, mais parmi ceux qui en ont bu, plus de 60 % l'ont fait avec excès. Les jeunes des Premières Nations qui vivent dans des communautés des Premières Nations sont moins susceptibles de boire. Environ 60 % de ces jeunes ont déclaré n'avoir pas bu d'alcool au cours de l'année précédente. Parmi ceux qui en ont bu, environ 50 % l'ont fait avec excèsNote de bas de page 631. De plus, la consommation et l'abus d'alcool et de drogue ont été placés par les membres des Premières Nations qui vivent dans des réserves au premier rang des difficultés liées au bien-être des communautésNote de bas de page 631.

Selon l'Enquête auprès des peuples autochtones de 2012, 33 % des Inuits de 15 ans ou plus ont déclaré ne pas avoir consommé d'alcool au cours de l'année précédente, mais 26 % ont bu avec excèsNote de bas de page 632. Selon l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2007-2010), 27 % des Métis de 12 ans ou plus ont déclaré avoir consommé de l'alcool avec excès au cours de l'année précédenteNote de bas de page 633.

Réduire les effets néfastes sur la santé

La consommation d'alcool est enracinée dans la culture canadienne. Étant donné que de nombreux degrés et types d'influence agissent sur les habitudes de consommation d'alcool (voir figure 9), nombreux sont les acteurs qui peuvent contribuer à promouvoir une consommation responsable et des comportements sains. Si de nombreuses stratégies de prévention primaire visent à réduire les effets néfastes de l'alcool sur les individus et les populations, aucune n'est universellement efficace. L'ampleur de la variabilité chez les individus, les communautés et les sociétés signifie qu'il n'y a pas une seule et unique façon de réduire les conséquences associées à la consommation d'alcool chez les individus et au sein des populations Note de bas de page 5Note de bas de page 342.

Types de facteurs et niveaux d'influence sur la consommation d'alcool

Individu

Réaction à l'alcool:
  • Stimulation
  • Métabolisme
  • Génétique
  • Attentes
Transitions de la vie :
  • Départ aux études
  • Obtention ou perte d'un emploi
  • Mariage
  • Divorce
  • Nouveau rôle de parent
  • Retraite
Stress:
  • Gestion
  • Effet plus gratifiant de l'alcool
Personnalité:
  • Impulsivité
  • Recherche de sensations

Famille et  Amis

Famille:
  • Modèles de comportement
  • Méthodes parentales
  • Maltraitance, stress, violence familiale
  • Croyance et attitudes relatives à l'alcool
  • Permission donnée aux enfant de goûter à l'alcool
Amis:
  • Habitudes de consommation
  • Pression de conformité
  • Comportement
  • Soutien social

Communauté et  Société

Accessibilité:
  • Coût
  • Facilité d'accès
  • Points de vente au détail
Acceptabilité sociale:
  • Attentes sociales
  • Acceptabilité dans certaines situations (p. ex., les fêtes, les célébrations, à l'université ou au collège)
  • Non-acceptabilité dans d'autres situations (p. e.x., pendant la grossesse, avant ou pendant la conduite, avant l'âge légal, si cela mène à la violence)
  • Stigmatisation des personnes qui ne boivent pas
Exposition:
  • Commercialisation à grande échelle
  • À la télévision, à la radio, dans les films, dans la littérature
  • Dans les médias sociaux et sur les sites Web

Agir sur les facteurs individuels

On ne peut pas agir sur les facteurs qui influent sur la consommation d'alcool uniquement à l'échelle de l'individu. Cependant, un individu peut réduire sa consommation d'alcool en prenant conscience des facteurs qui l'influent et l'exposent davantage au risque d'effets néfastes causés par l'alcool.

Réduire sa consommation. La quantité d'alcool consommé contribue largement au risque d'effets néfastes, tant à court terme qu'à long termeNote de bas de page 42. Après avoir mesuré sa quantité d'alcool consommé, on peut utiliser les Directives de consommation d'alcool à faible risque du Canada afin de déterminer si cette consommation est dangereuse pour soi-même, pour sa famille et pour ses amis. Quelques pays, dont le Royaume-Uni, révisent actuellement leurs lignes directrices sur la consommation à faible risque Note de bas de page 634.

Interventions brèves. Les interventions brèves à la suite d'un processus de dépistage ont pour but de cibler les personnes à risque en leur offrant de la rétroaction et des conseils personnalisés afin qu'elles se fixent des objectifs et qu'elles trouvent des stratégies efficaces pour modifier leur comportement et afin de leur fournir des renseignements et de les orienter. En fonction des besoins de la personne, ces interventions prennent diverses formes, allant d'une courte séance unique aux séances multiples. Ce processus permet de repérer les personnes pouvant bénéficier d'un traitement et de les aiguiller vers des services adaptésNote de bas de page 635.

L'intervention brève a été considérée comme une composante importante dans la lutte contre les répercussions de l'alcool sur les individus et comme un pont entre la prévention et le traitementNote de bas de page 635-637. Un certain nombre d'études randomisées menées dans plusieurs pays ont démontré que l'intervention brève était efficace dans de nombreux contextesNote de bas de page 636. Les interventions brèves peuvent faire diminuer la consommation d'alcool et le taux de mortalité et améliorer la santéNote de bas de page 638-640.

Bien que les interventions brèves soient efficaces, celles axées sur les normes sociales (renseignant sur la quantité d'alcool consommée par les autres) sont dans une large mesure inefficacesNote de bas de page 641-642.

Reconnaître le risque et intervenir. Agir sur les facteurs de risque qui influent sur la consommation d'alcool est une étape importante vers l'atténuation des répercussions négatives. Par exemple, les raisons pour lesquelles une personne boit constitue un facteur important permettant de déterminer la méthode qui fonctionnera le mieux auprès d'elle
. Pour ceux qui utilisent l'alcool pour gérer leur stress, l'adoption de saines pratiques de gestion du stress et d'un mode de vie sain peut contribuer à réduire la consommation d'alcool et ses effets
. L'adoption de comportements protecteurs, par exemple manger avant de boire de l'alcool, alterner les boissons non alcoolisées et alcoolisées et espacer les verres peut réduire les effets néfastes de l'alcool
.

Les attitudes et les croyances sont également importantes. Par exemple, les compétences qui aident les jeunes à dire non à l'alcool semblent être utiles uniquement à ceux qui désapprouvent déjà la consommation d'alcoolNote de bas de page 648. Certaines données suggèrent également qu'un changement d'attitude des parents envers la consommation d'alcool avant l'âge légal en adoptant une position plus stricte peut faire diminuer la consommation excessive chez les adolescentsNote de bas de page 649-651. Le changement de comportement des parents semble être une composante nécessaire à la réduction de la consommation d'alcool chez les jeunes à long terme, en particulier chez les jeunes fortement à risqueNote de bas de page 652-655.

Les autres facteurs de risque sont plus difficiles à atténuer. Par exemple, les effets des interventions ciblant les traits de personnalité sont variables : certaines semblent efficaces, tandis que d'autres sont dans une large mesure inefficacesNote de bas de page 656-658.

Les professionnels de la santé peuvent également amener les individus à prendre conscience des risques d'effets néfastes attribuables à l'alcool auxquels ils s'exposent. Par exemple, il est important d'informer les femmes en âge de procréer des risques que peut représenter l'alcool pour leur santé et pour la santé de leur bébé en croissanceNote de bas de page 659.

Agir sur l'accessibilité et l'exposition

Les lois, règlements et politiques visent à protéger les Canadiens contre les dangers associés à l'alcool et à atténuer les risques en contribuant à la modification des comportements. Cette situation contribue aux écarts entre les tendances de consommation des différentes administrations, y compris les provincesNote de bas de page 5. La plupart de ces écarts sont liés au contrôle de la disponibilité. Par exemple:

  • La fixation des prix et la taxation sont des outils qui peuvent décourager l'achat d'alcool et par conséquent réduire les répercussions sociales et sanitaires associées à l'alcool, en particulier pour la conduite avec facultés affaiblies et les crimes associés à l'alcoolNote de bas de page 660-663. L'augmentation du prix minimal est l'une des méthodes les plus efficaces, capable de faire diminuer la consommation, les décès liés à l'alcool et les admissions en centre hospitalier Footnote 660Note de bas de page 662-665. La plupart des provinces ont instauré des prix minimaux, mais les politiques sur l'indexation et la fixation de prix en fonction de la teneur en alcool ne sont pas systématiquement implantées dans toutes les provinces canadiennes (les données concernant les territoires n'ont pas été analysées)Note de bas de page 5
  • Le contrôle des ventes et de l'accessibilité réduit les répercussions de l'alcool en restreignant le droit d'en acheter et d'en vendre ainsi que le nombre de points de vente et les jours et heures d'ouvertureNote de bas de page 666.Lorsque les ventes d'alcool ne sont pas contrôlées, on constate une tendance à une plus grande accessibilité, à une plus forte consommation, à plus de problèmes associés à l'alcool et à une acceptabilité accrue de la consommation d'alcool Footnote 5Footnote 128Note de bas de page 666-673. À l'heure actuelle, l'alcool est facilement accessible partout au CanadaNote de bas de page 5. Le nombre d'établissements autorisés à vendre de l'alcool dans une région est fixé en grande partie à l'échelon municipal, mais les provinces mettent en place diverses autres mesures pour contrôler la vente et l'accessibilitéNote de bas de page 5.
  • Les lois sur l'âge minimal ont également pour effet de restreindre l'accessibilité de l'alcool en fixant un âge légal à l'achat et à la consommation d'alcool. Leur application constitue le moyen le plus efficace de réduire la consommation d'alcool chez les mineursNote de bas de page 678. L'incidence de l'alcool sur la mortalité, les surdoses, les blessures, les accidents de véhicule et l'utilisation du système de soins de santé est de ce fait même également réduite Note de bas de page 679-684. Au Canada, les taux de décès, y compris d'accidents routiers, augmentent à l'âge légal pour consommer de l'alcool et augmentent davantage chez les hommes que chez les femmes Note de bas de page 681. L'âge légal de consommation d'alcool est fixé à 19 ans au Canada, sauf au Québec, au Manitoba et en Alberta, où il est de 18 ansNote de bas de page 685.
  • Publicité sur l'alcool. Au Canada, la publicité sur l'alcool est régie par divers lois et réglements fédéraux et provinciaux, notamment la Loi sur les aliments et drogues, le Régelement sur la télédiffusion et le Réglement des radiocommunications. Les messages commerciaux doivent également respecter les exigences du Code de la publicité radiodiffusée en faveur de boissons alcoolisées.

    Il n'existe qu'un nombre limité de recherches sur les effets sur les Canadiens de la publicité sur l'alcool. Des études menées aux États-Unis ont révélé que le marketing de l'alcool touchait un vaste auditoire, dont les jeunes d'âge mineurNote de bas de page 686-688. Certaines composantes des publicités sur l'alcool sont particulièrement séduisantes pour un jeune auditoire et l'exposition à une marque donnée augmente effectivement la probabilité que les jeunes consomment cette marqueFootnote 687Note de bas de page 689-691. Les études sont partagées sur l'existence et les modalités d'une influence de la publicité à propos de l'alcool sur les habitudes de consommation. Certains résultats laissent penser que la publicité contribue à faire augmenter la consommation des jeunes déjà plus réceptifs à ce type de publicité ou plus susceptibles de se livrer à un comportement à risqueNote de bas de page 692-694. Certaines études suggèrent l'existence d'une dose-réponse à la publicité : plus l'exposition à la publicité sur l'alcool est forte, plus la consommation des jeunes est importante Note de bas de page 695. La promotion de l'alcool se fait également par d'autres moyens. Par exemple, aux États-Unis, l'industrie de l'alcool parraine plusieurs grands événements sportifs ou musicaux. Les marques populaires auprès des jeunes sont plus susceptibles de parrainer de tels événements Note de bas de page 696.

Les programmes qui visent à améliorer la sécurité dans les débits de boissons (p. ex. le programme Sécuri Bars (en anglais) en Ontario) sont prometteurs en ce qui concerne la réduction de la violence et des agressions physiques. Note de bas de page 674-675.

La formation sur le service responsable de boissons alcoolisées est également efficace pour réduire la consommation d'alcool à risque.Note de bas de page 676-677. Parmi les exemples, notons les programmes SmartServe en Ontario et Serving it Right (en anglais) en Colombie-Britannique.

Changer son comportement. Réduire une consommation d'alcool à risque nécessite un changement de comportement. Pour cela, il est important de savoir :

  • ce qu'est une consommation d'alcool à risque;
  • comment réduire sa consommation d'alcool.

Le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies et Educ'alcool offrent divers outils pour aider à utiliser les Directives de consommation d'alcool à faible risque du Canada ainsi que des conseils et des ressources pour boire de façon responsable.

Des stratégies et des outils ont été élaborés pour aider les personnes à réduire leur consommation d'alcool. Par exemple :

Alcool sécuritaire, consommation sécuritaire. Les régies et les sociétés des alcools et l'industrie de l'alcool, que ce soient les fabricants, les restaurants ou les bars et les clubs de nuit, jouent un rôle important dans la réduction des risques liés à la consommation d'alcool. La sûreté de l'alcool est réglementée par différents documents législatifs, en particulier la Loi sur les aliments et drogues.Note de bas de page 697

De plus, l'industrie de l'Alcool au Canada travaille en collaboration avec le gouvernement, des organismes non gouvernementaux et d'autres groupes afin de promouvoir une consommation d'alcool responsable.

  • Les régies ou les sociétés des alcools provinciales et territoriales soutiennent un large éventail d'initiatives, comme les campagnes d'éducation et de sensibilisation du public. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les activités des régies et des sociétés des alcools du Canada, consultez le site de l'Association canadienne des sociétés des alcools (anglais).
  • Plusieurs représentants de l'industrie sont membres du Comité consultatif sur la Stratégie nationale sur l'alcool .
  • Bière Canada, l'Association des vignerons du Canada et Spirits Canada ont offert leur soutien à l'élaboration des outils de dépistage de l'abus d'alcool, d'intervention rapide et d'orientation du Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT) et du Collège des médecins de famille du Canada.
  • Bière Canada agit à titre de partenaire dans divers programmes de consommation responsable et appuie diverses activités de recherche et d'échange de connaissances.
  • L'Association des vignerons du Canada fait activement la promotion des Directives de consommation d'alcool à faible risque du Canada.
  • Les Brasseries Labatt du Canada et Anheuser-Busch InBev ont collaboré pour élaborer Discutons en famille, une ressource pour les familles visant à éviter la consommation d'alcool par des mineurs.

Agir sur l'acceptabilit é sociale

L'acceptabilité sociale constitue peut-être l'aspect le plus difficile à gérer à propos de la réduction des effets néfastes de la consommation d'alcool. Pour agir sur l'acceptabilité sociale, il faut agir à la fois à l'échelle de l'individu, à celle de la collectivité et à celle de la société.

Stigmatisation. Il est important d'agir sur la stigmatisation vécue tant par les personnes qui ne boivent pas que par celles qui sont en traitement. Pour des renseignements sur les mesures visant la stigmatisation, voir le site Web de la Commission de la santé mentale du Canada.

Stratégies relatives à l'alcool. L'alcool constitue une préoccupation en matière de santé publique, à la fois au Canada et à l'échelle mondiale.

  • L'Organisation mondiale de la santé a élaboré une Stratégie mondiale visant à réduire l'usage nocif de l'alcool, qui décrit dix champs d'action nationale : leadership, prise de conscience et engagement; action des services de santé; action communautaire; politiques et mesures de lutte contre l'alcool au volant; offre d'alcool; marketing des boissons alcoolisées; politiques de prix; réduction des conséquences néfastes de la consommation d'alcool et de l'intoxication alcoolique; réduction de l'impact sur la santé publique de l'alcool illicite ou produit par le secteur informel; suivi et surveillance.
  • Élaboré en 2007 en collaboration avec de nombreux intervenants de l'industrie des alcools, Réduire les méfaits liés à l'alcool: vers une culture de modération au Canada propose une gamme de recommandations visant à former la base d'une Stratégie nationale sur l'alcool.

Stratégie nationale sur l'alcool du Canada. Formé en 2008, le Comité consultatif sur la Stratégie nationale sur l'alcool (GCSNA) dirige la mise en œuvre, la surveillance et l'évaluation de la Stratégie nationale sur l'alcool. Le Comité est coprésidé par le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies, les mères contre l'alcool au volant (MADD Canada), et le ministère de la Santé et du Bien-être de la Nouvelle-Écosse et comprend des experts de partout au Canada, y compris des représentants des gouvernements fédéral et provinciaux, des organisations non gouvernementales, de la santé publique incluant des médecins hygiénistes, des fournisseurs de services des Premières Nations, des Inuits et des Métis, et de l'industrie des alcools.

Un certain progrès a été réalisé dans un certain nombre de ces recommandations, en particulier l'élaboration des Directives de consommation d'alcool à faible risque du Canada, lancées en 2011; les programmes de formation pour le personnel et les serveurs; les politiques et les programmes pour lutter contre la consommation d'alcool chez les mineurs et les campagnes de sensibilisation communautaires relatives à la consommation d'alcool.

En plus des progrès réalisés dans la Stratégie, l'Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada ont également fait avancer la question des troubles causés par l'alcoolisation fœtale.

Campagnes de sensibilisation. La création de messages à propos de l'alcool atteignant leur cible est difficile, ce qui complique l'élaboration de campagnes de sensibilisation efficacesNote de bas de page 342. Curieusement, l'alcool est l'un des rares enjeux liés à la santé au sujet duquel les campagnes médiatiques restent souvent sans écho Note de bas de page 698. Les campagnes portant sur la conduite avec facultés affaiblies sont celles qui ont connu le plus de succèsNote de bas de page 698-701, ce qui laisse penser que les enjeux concrets et précis, traités par des messages et des mesures clairs, feraient les meilleurs sujets de campagnes de sensibilisation.

Les campagnes de sensibilisation permettent d'enrichir les connaissances du public et de changer les comportements, mais elles ne modifient pas toujours les comportements de consommation d'alcool ou l'intention de boireNote de bas de page 342-699. Toutefois, il faut sensibiliser les Canadiens au sujet de l'incidence générale de l'alcool sur la santé. Par exemple, en 2008, près de 70 % des Canadiens ignoraient que l'alcool était lié au cancer alors que la moitié ignorait ses liens avec les maladies cardiaques et le diabèteNote de bas de page 702.

Les campagnes de sensibilisation à la santé publique qui exploitent la peur ou qui font la promotion d'une consommation d'alcool responsable peuvent faire augmenter la consommation d'alcool, et le fait de connaître les directives en matière de consommation n'entraîne pas toujours une baisse de la consommation à risque. Note de bas de page 703-705

L'amélioration des connaissances et la modification des attitudes représentent une étape cruciale dans ce processus ardu qu'est le changement des points de vue sociétaux sur la consommation d'alcool. Les campagnes de sensibilisation sont une composante importante d'une approche à volets multiples visant à réduire les effets néfastes de la consommation d'alcool.

Mot de la fin

Mon rôle, en tant qu'administrateur en chef de la santé publique du Canada, est de mobiliser les Canadiens. Ce rapport vise à soutenir le dialogue en santé publique à propos de la consommation d'alcool et de ses risques. Les données présentées dans ce rapport offrent un aperçu de ses répercussions sur la santé publique, alors que la culture canadienne normalise la consommation d'alcool. Elles sont organisées de manière ce que l'on puisse choisir de ne lire que certaines sections, dans la mesure où le rapport est disponible en ligne.

Comme l'a souligné l'Association canadienne de santé publique dans son exposé de position de 2011 sur l'alcool, lutter contre une consommation problématique d'alcool nécessite une combinaison de facteurs, dont le leadership et un vaste soutien à tous les niveaux.

Depuis l'élaboration de notre Stratégie nationale sur l'alcool, en 2007, les données montrant un lien entre le risque accru de cancer et une faible consommation d'alcool sont en hausse et les avantages de l'alcool suscitent de plus en plus de scepticisme. Notre connaissance et notre compréhension de la consommation d'alcool, des habitudes de consommation et des conséquences de l'alcool pour la santé au Canada sont inadéquates.

Je propose aux Canadiens et à nos institutions d'examiner de façon approfondie notre stratégie actuelle et de s'interroger quant à savoir si nous en faisons suffisamment pour réduire les blessures associées à la consommation d'alcool.

RÉFÉRENCES

Les données et les renseignements utilisés pour ce rapport ont été recueillis au moyen de différentes méthodes, en particulier des recherches par mots clés dans PubMed et Google Scholar, ainsi que des consultations avec des experts en santé publique du Canada. Les données et les renseignements les plus récents ont été utilisés et l'ensemble des recherches et des données citées ici proviennent d'articles scientifiques évalués par les pairs et de sources de données fiables, comme Statistique Canada. La terminologie sur la consommation d'alcool, comme la consommation excessive d'alcool, l'abus d'alcool, la dépendance à l'alcool et les troubles liés à la consommation d'alcool, a été utilisée comme il convient et correspond à la terminologie utilisée dans les recherches et les données citées. On a pris soin de ne pas utiliser les termes abus d'alcool, dépendance à l'alcool et troubles liés à la consommation d'alcool quand ils ne décrivaient pas ces états, qui doivent être diagnostiqués médicalement.

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